La Question des Vaccins

Moins parler des vaccins et des vaccinations que du discours fait sur eux. Mettre l'expertise à la portée de chacun en montrant le décalage entre ce qui est connu et ce qui est dit.

08 novembre 2007

Evaluation vaccinale : les parlementaires s'interrogent

Le 6 juin 2007 : l ‘Opeps (Office parlementaire d’évaluation des politiques de santé) était réuni autour du président de séance Jean-Michel Dubernard, député et chirurgien de profession. Il déclarera au cours de cette réunion « qu'il manque des données scientifiques permettant d'apprécier l'utilité des vaccins ». De quoi faire rebondir l’auditoire constitué non seulement de parlementaires très motivés par le sujet mais aussi de très hauts représentants de l’Industrie pharmaceutique. Selon le compte-rendu, le débat s’est alors poursuivi ainsi :

« M. Nicolas About, sénateur, vice-président, a fait valoir qu'il est important, dans le cadre du projet de loi de financement de la sécurité sociale, de disposer d'une veille portant sur tous les inconvénients qui découlent des vaccins. Il a demandé s'il existe une banque de données réellement opposable, qui permettrait de définir une politique de la vaccination plus efficace. Il a également souhaité savoir s'il existe une politique de vaccination des personnes immigrées.

M. Eric Lecocq, directeur général France de Sanofi Pasteur MSD, a rappelé que le conseil supérieur d'hygiène publique a récemment souligné la nécessité de mettre en place des outils épidémiologiques, dont l'absence est particulièrement dommageable en France. Il a considéré que l'association française de sécurité sanitaire et des produits de santé (Afssaps), la direction générale de la santé (DGS) et la caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) devraient créer un outil épidémiologique commun. Il a indiqué que la psychose autour du vaccin contre l'hépatite B est si puissante que l'une des craintes que suscite la mise en place d'un vaccin contre le papillomavirus est qu'une jeune fille vaccinée ne soit ensuite atteinte d'une sclérose en plaques.

Or, les autorités sanitaires ne sont pas capables de dire combien de scléroses en plaques touchent la population générale, ce qui permettrait pourtant d'établir une comparaison avec le nombre de cas qui surviendraient au sein d'une population vaccinée.

L'une des raisons pour lesquelles la vaccination contre le rotavirus ne se développe pas est que l'on ne connaît pas exactement le nombre d'invaginations intestinales dans la population générale. »

Pourtant, à propos du lien qui a fait polémique entre la vaccination hépatite B et la sclérose en plaques on nous a assuré que la fréquence des SEP était suffisamment bien connue pour pouvoir affirmer qu’aucune étude faite à ce jour ne pouvait établir de lien, ce qui fut aussitôt transformé en « il n’y a pas de lien entre la vaccination et l’apparition d’une SEP ». On reconnaît aujourd’hui que la fréquence des SEP n’est pas suffisamment bien connue pour affronter sereinement la vaccination contre le papillomavirus…

Pour les vaccins contre le rotavirus, responsable de certaines gastros, on a observé des invaginations intestinales chez des enfants vaccinés. Elles ont fait craindre que le vaccin en soit la cause.

« M. Bertrand Alexandre, directeur de la BU de GSK France, a déploré que l'invocation du principe de précaution ne soit pas accompagnée des outils permettant de mesurer l'impact de telle ou telle vaccination.

M. Eric Lecocq a rappelé que l'institut de veille sanitaire (InVS) a rendu un avis sur un vaccin contre le rotavirus, en considérant que son coût était trop élevé, sans apporter aucune confrontation d'idées, ni aucune proposition d'un prix différent, ni aucune précision sur les bases épidémiologiques qui ont été utilisées pour évaluer le vaccin. Par exemple, il n'est tenu aucun compte des arrêts maladie et cela, parce que chaque organisme payeur refuse de prendre en considération l'ensemble des prises en charge.

M. Nicolas About, sénateur, vice-président, s'est étonné de la couverture vaccinale moyenne de la France, alors qu'il s'agit de l'un des pays les plus contraignants en matière d'obligation vaccinale.

M. Claude Le Pen, membre du comité d'experts, a estimé que ce résultat est plutôt le fait d'un lobby anti-vaccinal plus fort que dans les autres pays. »

Peut-être, mais pourquoi un lobby anti-vaccinal plus fort qu’ailleurs ? En raison d’abord des obligations vaccinales et de pressions liées depuis très longtemps à la situation particulière de la France en matière de vaccins : ce n’est pas le hasard si la France est numéro 1 pour la production de vaccins. Il a d’abord fallu pour cela soutenir le développement de cette industrie sur notre territoire. Comment ? En vaccinant massivement notre population et plus qu’ailleurs. Il n’y a pas de secrets, si la France occupe une place aussi privilégiée dans le commerce mondial du vin et des alcools, c’est d’abord parce que sa population en a beaucoup consommé, ce qui a permis un développement suffisant de la production, du savoir-faire et d’une certaine culture pour ensuite permettre l’exportation mondiale. Ce ne fut pas sans excès et sans drames. Tout cela a aussi engendré une réaction de nature hygiéniste. Il en est allé de même avec les vaccins. On peut d’ailleurs observer que le DTP, de production nationale, est obligatoire alors que le ROR, qui est une production américaine, ne l’est pas comme cela fut rappelé au cours de cette réunion :

M. Fabian Wild, Inserm, a fait valoir que les enfants sont vaccinés en France avec des vaccins américains comme le ROR (rougeole-oreillons-rubéole).

Quand on pense aux difficultés récemment rencontrées pour abandonner l’obligation du BCG. Quand on constate que la France fut un des derniers pays à avoir abandonné la vaccination antivariolique et qu’elle s’était même fait tirer l’oreille en 1978 par un haut représentant de l’OMS qui était venu à Lyon pour tenir une conférence de presse où il demandait instamment aux autorités françaises d’abandonner cette vaccination fort dangereuse et devenue inutile. Quand on pense que la France n’a pas hésité à précipiter sa population dans une gigantesque et ruineuse campagne de vaccination contre l’hépatite B, ce qu’aucun autre pays n’a fait. Quand on constate le mépris dans lequel on tient les victimes de ces vaccinations. Quand…(on n’en finirait pas !). 

Comment s’étonner qu’il y ait eu une réaction ? L’antivaccinalisme est une réaction au vaccinalisme qui est l’idéologie de la vaccination. Toute action engendre une réaction. C’est une loi en Physique. Elle régit aussi les comportements humains. On ne supprimera pas l’antivaccinalisme en bombardant avec des B52 mais en éliminant le vaccinalisme, c’est aussi simple que cela.

Selon le compte-rendu, le débat s’est poursuivi ainsi :

M. Alain Sabouraud, pharmacien responsable de Sanofi Pasteur, a ajouté qu'il n'existe pas en France de promotion de la politique vaccinale, à la différence de celle menée au niveau mondial par l'OMS ou aux Etats-Unis par le Center for Disease Control. Il a estimé que, face au lobby anti-vaccinal, les laboratoires sont mal placés pour faire la promotion du vaccin. Ce rôle pourrait en revanche être confié au comité technique des vaccins (CTV).

M. Eric Guez de Novartis Vaccines, a considéré que la défiance à l'égard du vaccin relève, en France, d'un manque de confiance dans les résultats.

Jean-Michel Dubernard  en a convenu, rappelant qu'il n'existe pas de preuve scientifique sur l'utilité des vaccins.

M. Nicolas About, a constaté la meilleure pénétration des vaccins dans les autres pays.

M. Bertrand Alexandre a estimé que l'épisode de l'hépatite B explique pour beaucoup cette situation particulière. Un effort de communication de la part des pouvoirs publics est donc particulièrement nécessaire.

Le président de séance, député et chirurgien, a donc confirmé et réaffirmé son propos « il n’existe pas de preuve scientifique sur l’utilité des vaccins ». Le compte-rendu ne fait état d’aucune contestation de cette affirmation par les personnalités présentes. Cette affirmation, reprise sur le site AgoraVox par le journaliste d’investigation Jean-Luc Martin-Lagardette y fait couler beaucoup de salive…

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04 octobre 2007

Les obligations vaccinales abrogées ?

C’est une question dans l’air du temps !

Cela peut surprendre mais oui, c’est vrai, la question de l’abrogation des obligations vaccinales fait partie depuis plusieurs années des préoccupations du ministère. J’en prends pour preuve la publication d’un ouvrage de 436 pages, 56 euros, « Droit, éthique et vaccination – L’obligation vaccinale en question » par « Les Etudes Hospitalières » de Bordeaux (www.leh.fr). On lit en quatrième de couverture :

« Cet ouvrage est l’édition commerciale d’un rapport portant commande de l’Etat au Centre d’étude et de recherche en droit européen de la santé (Cerdes), pour la détermination de l’impact juridique et éthique d’une éventuelle abrogation de l’obligation vaccinale en France. Ce rapport a été remis au ministre de la Santé en octobre 2005.

Les décideurs étatiques ont engagé, depuis plusieurs années, une réflexion générale sur le sujet. Il manquait une analyse axée sur le droit et l’éthique. Il est revenu à une équipe pluridisciplinaire d’universitaires de rédiger cette étude. Le ministère de la Santé a accepté que cette analyse soit livrée à tous. »

Donc, le sujet est dans l’air comme le démontrent, par exemples, la levée récente de l’obligation du BCG et la position du président du CTV exprimée dans l’enquête menée par AgoraVox. Il paraît tout naturel, et sans doute nécessaire, que les citoyens, experts ou pas, s’interrogent aussi sur la question. Elle a 3 composantes principales :

L’obligation vaccinale faite aux enfants : après la levée de l’obligation du BCG il reste le DTP en 4 injections devant être réalisées avant l’âge de 18 mois. Les autres rappels ne sont pas obligatoires mais recommandés. Ces 4 injections obligatoires (sauf contre-indication) restent exigibles jusqu’à 10 ans pour le DT et 15 ans pour le vaccin polio.

Les obligations vaccinales pour les professionnels et certains étudiants.

La possibilité de rendre obligatoire une nouvelle vaccination en situation d’urgence épidémique grave, l’exemple type présent dans l’imaginaire de nos dirigeants étant le retour de la variole.

Pas obligatoire, juste indispensable…

Il faut certainement distinguer entre ces 3 situations très différentes afin d’éviter que des considérations faites en faveur du maintien de l’obligation de telle ou telle vaccination pour certains professionnels ou en cas de retour important de la variole ne vienne interférer sur l’utilité du maintien de l’obligation du DTP pour les enfants. La grande crainte est que la levée de l’obligation ne s’accompagne d’une chute de la couverture vaccinale. Pourtant, le vaccin ROR non obligatoire jouit d’une couverture vaccinale élevée et a démontré que l’obligation n’était pas nécessaire pour cela. Mais il pâtit du maintien de l’obligation du DTP : en effet, l’existence du DTP obligatoire fait apparaître le ROR comme moins important puisque seulement recommandé. En supprimant l’obligation on donnerait à tous les vaccins recommandés la même importance. C’est le principe de la pub pour le port du casque en vélo : pas obligatoire, juste indispensable. C’est en effet un des arguments en faveur de la levée de cette obligation.

De plus, la menace de la diphtérie ou de la polio n’est pas si grande qu’il faille maintenir ainsi une telle obligation pour ces vaccins. Le tétanos n’étant pas une maladie contagieuse, les arguments de nature collective ne s’appliquent pas à cette vaccination. La crainte du tétanos est suffisamment partagée pour que la levée de l’obligation de vaccination n’entraîne pas une chute de la couverture vaccinale. Le vaccin DTP est souvent pratiqué avec la coqueluche, maladie fortement contagieuse beaucoup plus redoutée que la diphtérie ou la polio alors que sa vaccination n’est pas obligatoire. La plupart des médecins insistent beaucoup sur cette vaccination. On constate ainsi que ce sont les vaccins contre une maladie non contagieuse et contre la coqueluche (non obligatoire) qui conduisent à accepter aussi les vaccins contre la diphtérie et la polio.

Une obligation dévaluée

Maintenir des obligations vaccinales contre des maladies non contagieuses ou dont le risque est très réduit compromet la force de l’impact psychologique d’une décision d’obligation en cas de menace épidémique vraiment grave. Cette arme de l’obligation devrait être réservée à ces seules situations. En maintenant l’obligation du BCG pendant 18 mois, de janvier 2006 à juillet 2007, alors que la plupart des médecins ne voulaient plus le pratiquer et que la couverture vaccinale était tombé en dessous de 50%, les autorités ont dévalué le principe de l’obligation vaccinale dans la population. 

Une clause de conscience pour les professionnels ?

Reste l’obligation faite à certains professionnels. Même l’obligation du BCG n’a pas encore été levée pour eux alors que l’OMS ne recommande pas cette vaccination pour les adultes en raison de son inefficacité. Comme mesure transitoire puisque notre pays ne semble capable d’évoluer que très lentement sur ces questions, on pourrait proposer pour eux une clause de conscience, quitte à ce qu’ils ne puissent occuper certains postes ou aller dans certains services comme dans les hôpitaux.

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02 octobre 2007

AgoraVox : L'obligation vaccinale est-elle justifiée ?

Le site AgoraVox (http://agoravox.fr) vient de publier les résultats d’une vaste enquête participative. Son thème : « L’obligation vaccinale est-elle encore justifiée ? » L’enquête relatée en 58 pages a été menée par un journaliste Jean-Luc Martin Lagardette. Le sujet est très délicat comme en témoigne les contenus des forums avant et après la publication de l’enquête. Disons que…c’est pas triste ! Ou plutôt si, en un certain sens, mais ces attitudes ne font que révéler la formidable imprégnation dogmatique bloquant toute réflexion, allant même jusqu’à faire écrire à certains qu’on n’a pas à aborder un tel sujet. Les vaccinations ayant rendu d’immenses services à l’humanité et puisque des gens sérieux et compétents s’en occupent il leur paraît puéril et un tantinet présomptueux et ridicule que tout un chacun, fut-il journaliste, puisse aborder valablement un tel sujet.

Mais Agoravox et Jean-Luc Martin Lagardette ont eu le courage de descendre dans l’arène et d’affronter les idées préconçues, ce qui n’est pas simple, surtout dans un tel domaine ! Je tiens donc à saluer ici le courage, l’audace et la bonne tenue du compte rendu de l’enquête qui a soulevé un certain nombre de lièvres comme « le vrai-faux exemple de la variole », la sous-notification des effets secondaires, les interrogations du discours officiel…

Voici le sommaire de ce compte rendu :

LES RESULTATS de l’ENQUÊTE

Les interrogations de départ

La méthode

Une interrogation croissante sur la politique vaccinale

Un sujet « éminemment complexe »

Les risques… du débat public

Le vrai-faux exemple de la variole

Variole : l’OMS abandonne la vaccination de masse

Les risques sont notoirement sous-notifiés

Coupables d’avoir mal réagi aux vaccins

Inverser la charge de la preuve

Sectes et vaccination : où est le problème ?

Les vaccins ont-ils des effets secondaires indésirables ?

L’interrogation autour des discours officiels

Vaccins anciens : des bénéfices somme toute limités

Les risques en relation avec les particularités de l’individu

Les risques liés aux composés vaccinaux

La myofasciite à macrophages est-elle ou non d’origine vaccinale ?

« Pas de vaccin sur l’individu en bonne santé »

La formation et l’information des médecins vues par le Sénat

L’obligation vaccinale en sursis ?

LES INTERVIEWS

Christian Perronne, président du Comité technique des vaccinations (CTV)

Alain Fisch, chef de service urgence médecine tropicale (Villeneuve-Saint-Georges)

REFLEXIONS SUR LA VACCINATION EN GENERAL

Des nouvelles maladies qui se propagent rapidement

Des virus atténués peuvent retrouver de la virulence

Peut-on vraiment éradiquer un virus ?

Virus : amis et ennemis ?

POUR CONCLURE

ANNEXES

Avertissement

Le discours officiel

Les constats sur le terrain

Quelques documents et sites

Principales associations militant pour la liberté de vaccination

Le site du Dr Marc Girard

Pour la liberté vaccinale : la proposition de Christine Boutin

Aluminium et vaccins

L’information institutionnelle

Vaccins obligatoires en Europe

Articles publiés sur AgoraVox

1) Présentation

2) Vaccination : les problématiques

3) Les questions aux internautes

Je n’ai pas encore pu faire le tour de l’ensemble des problèmes soulevés ni d’aller visiter tous les liens indiqués. J’ai cependant noté 2 points sur lesquels j’ai posté des commentaires sur le site d’agoravox. Les voici :

Premier point :

Je voudrais d’abord commenter l’affirmation de Christian Perronne, président du Comité technique des vaccinations, dans son interview :

«  La polio aurait pu être éradiquée si le Nigeria ne s’était pas opposé au programme de vaccination par soupçon envers de supposées arrière-pensées occidentales. »

Faux ! Les épidémies de polio qui sévissent par exemple dans le nord de l’Inde mais qui existent aussi en Afghanistan et au Pakistan n’ont RIEN à voir avec les virus polio du Nigeria. Il y a eu en Inde en 2006 plus de 660 cas de polio et même si le Nigeria n’avait pas refusé les campagnes de vaccination en 2003-2004 cela n’aurait rien changé à la situation de l’Inde (par exemple) et qui a même exporté des virus polio en Angola, provoquant une épidémie…En 2007 l’Inde ne parviendra toujours pas à éradiquer la polio, loin de là.

De plus on vient d’apprendre que des PVDV (poliovirus dérivés d’une souche vaccinale) avaient provoqué 69 cas de paralysie au nord du Nigeria. Ce n’est pas un accident, c’est la problématique majeure des campagnes de vaccination par le VPO (vaccin polio oral) : le virus vit dans les intestins et a la possibilité de se recombiner avec d’autres entérovirus et ainsi de redevenir capable de déclencher des polio paralysante et de circuler en provoquant des épidémies.

Voir par exemple sur le sujet sur http://questionvaccin.canalblog.com « Le vaccin mettra-t-il l’éradication de la polio en échec ? »

Second point

Certains internautes, sur AgoraVox, se sont gaussés de notre ambition (dit AgoraVox) : « Demander au tout-venant d’instruire une enquête sérieuse sur un sujet biologique aussi éminemment complexe que la vaccination (puisque que le système immunitaire est très complexe) est une démarche totalement farfelue. Pourquoi ne pas demander au bistrot de la gare comment améliorer la sécurité des centrales nucléaires, tant qu’on y est ? ».

Ma réponse

Si le vaccin est un produit biologique agissant sur un organisme humain fort complexe, la vaccination est un acte aux multiples composantes, individuelles et collectives et le discours sur la vaccination ne se limite pas à des considérations immunologiques. J’ai assisté pendant 2 jours à l’audition sur le BCG les 13 et 14 novembre 2006. Il n’y eut aucune intervention de nature immunologique comme on peut le vérifier sur le site de la Sfsp où les interventions sont en lignes.

Par contre nous avons eu droit à de nombreuses comparaisons statistiques et à des modélisations dites mathématiques pour évaluer le nombre de cas évités par le BCG. Ce dernier point repose sur une règle de 3 comme au primaire : 3 choux coûtent tant, combien coûtent 10 choux ? C’est simple, trop simple et cela suppose que tous les choux soient au même prix… Ce calcul ne s’appliquerait même pas au marché local du samedi, alors pense-t-on qu’il puisse s’appliquer à la tuberculose sur toute la France ?

Nos experts de l’Inserm n’ont pas été capables de voir le problème. Je l’ai étudié en détail sur http://vaccinbcg.canalblog.com dans « Cas évités par le BCG : un calcul très simpliste » (catégorie expertise). Cette soi-disant modélisation mathématique qualifiée de  "belle" n’est qu’un petit calcul sans aucune justification. La différence entre faire des calculs comme au primaire et faire des mathématiques est que dans le second cas on cherche les conditions de validité des calculs.

Pour l’analyse statistique des données cela n’est guère mieux : ces données sont très peu nombreuses, trop peu  et comparées à la proportionnelle, ce qui gomme l’action de la loi des grands nombres qui est pourtant la base même de la statistique…D’une manière générale, les procédés mis en œuvre par des médecins-épidémiologiste témoignent d’une ignorance totale des bases mêmes de l’analyse statistique et c’est assez navrant vu les conséquences. Dans plusieurs articles je me suis livré à une étude critique des méthodes utilisées. J’en donne les liens sur vaccinbcg (voir « L’affaire du BCG : une thérapie psychologique ? » catégorie Expertise. En particulier : http://gestionsante.free.fr/expertise_bcg.html ).

Ma formation sur ces questions ne vient pas du bistrot de la gare, j’ai enseigné la statistique pendant 20 ans dans une université. Des internautes pensent-ils que tous ceux qui ne sont pas experts en épidémiologie vaccinale passent leur temps au bistrot de la gare ? A partir de l’affaire du BCG, les lecteurs patients et rigoureux pourront constater quel est le niveau technique réel de notre expertise. Comme ce sont les mêmes experts pour les autres vaccins…Ils sont experts, oui assurément, mais certainement pas en analyse statistique de données ni en modélisation mathématique. Je ne veux pas en faire une querelle de discipline mais simplement souligner que si des médecins de formation pourraient tout à fait devenir de bons statisticiens et comprendre les conditions d’utilisation de la règle de 3, cela ne s’improvise pas. Ce qui est clairement démontré par les faits que j’ai étudié.

Posté par BernardGue à 22:01 - Ethique et obligation vaccinale - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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