La Question des Vaccins

Moins parler des vaccins et des vaccinations que du discours fait sur eux. Mettre l'expertise à la portée de chacun en montrant le décalage entre ce qui est connu et ce qui est dit.

21 juin 2009

La vaccination hépatite B sur France Culture le 30 juin

Après avoir entendu l'émission, j'ai ajouté rapidement (1er et 2 juillet) quelques commentaires  sur les interventions. D'autres viendront plus tard, sans doute dans un autre article.

Voici le lien vers la présentation et les commentaires après diffusion :

http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/sur_docks/fiche.php?diffusion_id=74780 


Enfin ! Cette émission, d'abord programmée pour le 17 mars 2009 avait été curieusement décalée au jeudi 19 mars, jour de grève annoncé ! Elle sera annoncée pour le 19 juin, puis, aux dernières nouvelles, c'est pour le mardi 30 juin ! Espérons que ce sera la bonne cette fois-ci !

 

Son titre a changé depuis le mois de mars : ce n'est plus "Histoire du premier vaccin fabriqué par génie génétique : le vaccin hépatite B" mais "Débat autour d'une vaccination généralisée, 1994-1995 : le vaccin contre l'hépatite B". Par contre, le contenu sera sans doute le même car l'émission est enregistrée depuis longtemps.

 

En confrontant les 2 présentations, celle du 19 mars et celle du 30 juin, on constate qu'à part le titre elles sont identiques sauf les dernières lignes :

 

Version de mars :

 

« Pourquoi dans les médias, journalistes mais aussi médecins et ministres, ont-ils commis tant d’exagérations ? Pourquoi les organismes de surveillance sanitaire n’ont-ils pas sonné l’alerte ? Quels étaient les réels enjeux de cette vaccination ? Quelles conséquences cela a-t-il pu avoir sur la santé des Français ? Telles sont les questions soulevées, qui rejaillissent encore sur l’actuelle campagne de vaccination même si celle-ci est relancée sur des chiffres rigoureux. »

 

Version de juin : 

 

« Pourquoi dans les médias, journalistes mais aussi médecins et ministres, ont-ils commis tant d’exagérations ? Pourquoi les organismes de surveillance sanitaire n’ont-ils pas sonné l’alerte ? Quels étaient les réels enjeux de cette vaccination ? Telles sont les questions soulevées ici. Elles rejaillissent encore sur la campagne de vaccination contre l’hépatite B telle qu’elle a été relancée, plus rigoureusement qu’au départ, par les autorités sanitaires au printemps.

Elles annoncent la politique qui pourrait se développer si, cet automne, l’éventuelle pandémie H1N1 amenait le gouvernement à mettre en œuvre une vaccination obligatoire de tous les Français ! »

 

Nous constatons que la phrase ici en rouge dans la version de mars a disparu dans celle de juin. Par contre, une allusion est faite à une éventuelle  campagne de vaccination  contre le H1N1 à l'automne avec des méthodes qui pourraient être analogues.

 

Parmi les intervenants de cette émission notons Claude Béraud, professeur, hépatologue, il a crée un site :

"L'actualité de la médecine vue par Claude Béraud"

http://www.claudeberaud.fr/

 


Parmi les articles où il parle des vaccinations et en particulier de la vaccination hépatite B il y a "La subversion de la médecine" et "Que penser des controverses sur les vaccinations ?"


 

Au cours du documentaire de Lina B. Moreco " Silence on vaccine " diffusé sur la Cinq en janvier 2009 il avait déclaré que bien qu'hépatologue soignant des malades atteints d'hépatite B il ne s'était pas fait vacciner car, contrairement aux infirmières, il n'était pas en contact avec le sang des malades et n'était donc pas à risque*.

 

 

Commentaire après émission

Claude Béraud ne m'a pas déçu. Il a répété qu'il ne s'était pas fait vacciné alors qu'il soignait tous les jours des malades de l'hépatite B mais qui ne risquaient pas de le contaminer, et ce bien que la vaccination était obligatoire pour lui !

Il a commenté les affirmations chiffrées du ministre en 1994 telles qu'elles lui ont été rappelées par un extrait sonore. Ses appréciations furent "au pif", "à la cuillère", "même pas à la cuillère, c'est du pipo". Le ministre avait en particulier affirmé que 30% des contaminés évoluaient vers le cancer ou la cirrhose. Mais les vrais chiffres c'est 1 à 2% comme Claude Béraud l'a rappellé.

Fin du commentaire

Un autre intervenant promet d'être particulièrement intéressant, c'est Bernard Bégaud qui est pharmacologue à Bordeaux. Il fut en particulier collaborateur d'Annie Fourrier pour l'étude de pharmacovigilance Fourrier-Costagliola portant sur les années 1994-1996.

J'ai longuement étudié les réactions des comités d'experts confrontés à ses conclusions extrêmement significatives dans "Vaccin hépatite B et sclérose en plaques : il n'y a pas que les enfants" et aussi, de façon résumée, dans "Retrouver la confiance dans le vaccin hépatite B : quitte ou double ?"

 

Bernard Bégaud connait parfaitement les données de pharmacovigilance sur la sclérose en plaques et avait montré qu'il n'avait pas toujours sa langue dans sa poche. On peut espérer de sa part quelques déclarations percutantes sur le sujet comme cette phrase anonyme qu'on trouve page 10 du rapport Dartigues auquel il avait participé avec 9 autres experts mais dont il est probablement à l'origine car il avait déclaré pratiquement la même chose au journal Libération en 2000 :

 

"Il s’agit de l’une des plus grande série d’effets indésirables recueillis par la pharmacovigilance depuis sa naissance en 1974. Ce nombre est d’autant plus élevé qu’il existe une certitude de sous-notification".


Commentaire après audition

Bernard Bégaud ne m'a pas déçu non plus. Il a annoncé qu'il préparait un livre sur le sujet avec un journaliste du Monde afin de rétablir l'histoire de cette affaire et d'apaiser sa Conscience. Il affirme avoir été soumis à des pressions sans préciser leur nature et surtout leur objet...

Il évoque un colloque où on a fait croire aux représentants de la Justice que s'ils indemnisaient les victimes cela aurait pour conséquence que le public refuserait ce vaccin et que cela engendrerait de graves conséquences sanitaires pour le pays...

Il parle des obstructions rencontrées pour publier des études dès lors qu'elles ne sont pas favorables au vaccin. La revue répond qu'elle n'a pas reçu le texte...On lui renvoie 10 fois et elle finit par répondre...que maintenant c'est trop tard pour publier...

De quelle étude s'agit-il ? On peut formuler une hypothèse en raison de ceci :

Une méta-analyse avortée :

C'est ce qu'atteste le compte-rendu de février 2000 d'une commission internationale sur le site de l'Afssaps page 6 :

« Projet de méta-analyse : Le Pr B. Bégaud a présenté des résultats montrant la faible puissance des études réalisées pour mettre en évidence des odds-ratio (risques relatifs)  inférieurs à 2. C'est pourquoi il serait nécessaire de réaliser une méta-analyse qui combinerait l'ensemble des résultats. Cette méta-analyse disposerait d'une puissance supérieure aux études prises une à une, cependant sa puissance pour mettre en évidence un odd-ratio inférieur à 2 restera modérée. »

Ce projet de méta-analyse n'a jamais vu le jour.  Il faut savoir que les 3 études françaises donnaient toutes un risque relatif supérieur à 1 et auraient donc pu donner, en les regroupant, une étude significative, voire très significative...

Ceci explique-t-il cela, c'est à dire le fait que cette méta-analyse n'ait jamais vu le jour ? A titre purement indicatif disons que les cas cumulés chez les vaccinés et les non-vaccinés retenus par ces 3 études sont 121+242+520=883 et que les risques relatifs moyens avaient été évalués à 1,7, 1,8 et 1,4 comme on peut le lire dans le compte-rendu de la réunion de février 2000. Il y avait  matière pour travailler et tout indiquait que le cumul des données de ces 3 études avait le potentiel pour générer une étude très significative.

Compte tenu de la déclaration de Bernard Bégaud sur France Culture il n'est pas invraisemblable de penser qu'il en fut bien ainsi mais que cette étude n'a pu être publiée en raison d'obstructions.

Fin du commentaire

Il y aura aussi le Dr Marc Girard qui s'est souvent vertement opposé à cette vaccination mais malheureusement dans un style souvent très polémiste. Comme chacun pourra le vérifier sur la vidéo donnée plus haut en lien, Claude Béraud montre qu'il est possible de s'exprimer de façon très vigoureuse, explicite et convaincante sans aucun esprit polémiste, ce qui est, à mon sens, beaucoup plus efficace et infiniment préférable.

Attendons...mais c'était avant l'émission !

Commentaires après audition

Dans l'ambiance particulière de France Culture le caractère polémiste de Marc Girard restera contenu. Même s'il a commencé par une attaque contre le Genhevac de Sanofi par rapport à l'Engerix de GSK, société pour laquelle il écrit lui-même sur son site avoir travaillé. Il a proposé 2 hypothèses pour expliquer pourquoi le Genhevac n'a pas d'AMM en dehors de la France, mais il y en a peut-être une autre : l'Engerix de GSK utilise des brevets déposés par l'Institut Pasteur et ce dernier a reçu de l'argent pour cette utilisation comme cela a été rappelé au cours de l'émission. Aussi, Sanofi-Pasteur n'a peut-être pas jugé utile de dépenser  des sommes considérables pour concurrencer sur le marché mondial un vaccin qui lui verse des royalties.

De façon peut-être analogue et en raison d'une AMM strictement française, Sanofi n'avait pas hésité à lâcher le BCG Monovax qu'il produisait au profit du BCG SSI d'un laboratoire danois afin d'éviter d'engager des sommes considérables pour préparer le dossier européen du Monovax et sans doute devoir construire une autre usine pour le produire pour le seul marché français. Cet abandon fut à l'origine d'une grave crise sanitaire en 2006-2007. On peut voir à ce sujet mon autre blog http://vaccinbcg.canalblog.com

Marc Girard a pointé à juste titre que dans notre société capitaliste il est légitime que l'industrie du vaccin cherche à gagner de l'argent comme le font toutes les autres industries. Mais il souligne que les 3 verrous prévus par la société ont sauté :

le verrou de l'administration sanitaire; le verrou des médecins prescripteurs qui n'avaient aucune raison de vacciner des personnes âgées vivant tranquillement; le verrou de la commission des prix des vaccins qui a accepté sans broncher un prix exorbitant aggravé par la multiplication des injections vaccinales, 4 plus rappels tous les 5 ans contre 3 injections en tout ailleurs. J'approuve tout à fait cette analyse

Fin du commentaire


Annexe

Rédigée avec quelques regrets d'avoir à faire cela, mais il le faut.

Le Dr Marc Girard m'a impliqué dans ses polémiques tous azimuts : ce fut d'abord dans un article publié en juin 2008, Qui croire ? par la revue de la Ligue pour la liberté des vaccination puis il a mis cet article en ligne sur son site le 25 avril 2009. Il le fait  d'une façon assez étrange, voyez plutôt :

« Mais que penser, quelques jours plus tard, de l’intervention publique de quelqu’un qui se présente cette fois comme rien de moins que « Professeur des facultés en mathématique. Ancien chercheur du CNRS » et qui – toujours au nom de la « clarté » (Vaccin hépatite B et sclérose en plaques : peut-on y voir plus clair ?) – ne craint pas de balayer d’un revers de la main les chiffres que j’avais communiqués dans cette émission en les opposant… à l’étude de Zipp et coll. Pour quelqu’un qui prétend s’abriter ainsi derrière un professionnalisme éminemment connoté de rigueur et de logique, quelle rigueur de ravaler à la simple impression personnelle des chiffres épidémiologiques là encore parfaitement localisables dans les documents les plus officiels de l’administration sanitaire  ? Quelle logique, aussi, de m’opposer une étude dont même l’AFSSAPS* a fini (communiqué de février 2000) par admettre que ses résultats (pourtant très favorables au vaccin) devaient être « écartés » du débat ? Il faut quand même une certaine perversité intellectuelle pour contredire l’expert qui, dans cette affaire comme dans d’autres, a probablement le plus documenté la collusion administration-fabricants en lui opposant une étude réalisée, de façon délibérément opaque, par des fabricants et dont les incohérences sont telles que, pour une fois, même l’administration a été obligée de s’en désolidariser ! « Peut-on y voir plus clair », par conséquent, au travers de contributions qui s’assoient grossièrement sur des principes de méthode aussi élémentaires que le recensement exhaustif des sources et leur hiérarchisation critique ? »

* En réalité, il ne s'agissait pas seulement de l'Afssaps mais d'une réunion internationale de haut niveau dont un représentant de l'OMS. Elle s'était tenue dans les locaux de l'Afssaps et avait donné lieu à un compte-rendu publié sur son site. Quatre ans et demi plus tard, à l'occasion de la publication d'avis des différents Comités sur l'étude d'Hernan, l'étude Zipp sera reclassée parmi les études validées.

 

Cette affaire débuta par un article que j'avais mis en ligne le 5 mars 2008 sur ce blog sous le titre donné par Marc Girard.  Peu de temps après, je l'ai découvert sur AgoraVox où il avait été mis en ligne le 18 mars. Je ne vois aucun inconvénient à ce que mes articles soient repris sur d'autres sites, au contraire, et cela s'est déjà produit. Mais l'anomalie est qu'il y a eu usurpation d'identité auprès des responsables d'AgoraVox comme cela a pu être établi par la suite quand j'ai pu communiquer avec eux : un internaute n'a pas hésité à se présenter comme étant moi-même, donnant une adresse mail incluant mon nom explicite alors que je n'avais jamais ouvert cette adresse et me présentant comme Marc Girard l'a rapporté ci-dessus alors que je ne me présente jamais ainsi bien entendu. AgoraVox a pu vérifier que cette adresse avait rapidement cessé d'être en service. De tels procédés sont évidemment inadmissibles.

Après la publication écrite de son article en juin 2008, j'avais informé Marc Girard de cette anomalie. Il m'avait d'ailleurs répondu et nous avions pu avoir un échange sur le sujet traité. C'est pourquoi je suis un peu étonné qu'il ait maintenu la même version près d'un an plus tard. En effet, les propos qu'il m'attribue concernant l'étude Zipp ne correspondent pas du tout à ce que j'avais écrit, ce que chacun peut toujours aller lire sur AgoraVox et aussi sur ce blog.

Si j'ai demandé à AgoraVox de modifier un peu la présentation qui était faite de moi, je n'ai demandé aucune modification concernant l'article et c'est sur ce site que Marc Girard l'avait découvert. Je n'avais bien évidemment aucune raison, bien au contraire, de défendre l'étude  Zipp.  Voici le passage concerné : 

 

« L’expert Marc Girard estime, selon les informations dont il dispose, que le risque de SEP n’est pas un risque faible mais au contraire élevé, voire très élevé. Or, si ce risque est élevé des études auraient dû le mettre en évidence : les tailles de leurs échantillons dépassant les 100 000 (par exemple l’étude de Zipp et coll, 1998, a suivi une cohorte de 134 698 sujets) et en admettant un risque élevé de l’ordre de 1 pour 2500 cela ferait en moyenne 40 SEP en plus par tranche de 100 000 ce qui aurait dû donner des écarts significatifs. Par contre, si on admet un risque de 1 pour 25000 par exemple, cela donne 4 cas supplémentaires en moyenne pour 100 000, ce qui peut être insuffisant pour déceler une différence significative. Contrairement à Marc Girard, les experts de l’OMS, de l’Afssaps ou de la réunion de consensus de novembre 2004 ont toujours admis que si le risque existait il ne pouvait être que faible. Dans ces conditions, il est effectivement impossible de soutenir que le risque serait élevé, sauf à admettre que les données statistiques auraient été faussées et par exemple traitées comme je le suggérais, c’est à dire en classant comme non vaccinés les vaccinés ayant fait une SEP au delà du délai arbitraire imposé. 

Je le répète, pour l’honneur scientifique des auteurs de ces études ainsi que des institutions qui s’appuient sur elles pour définir leur politique de santé publique en la matière, et qui savent sans doute à quoi s’en tenir, j’ose espérer qu’il n’en est rien. J’espère seulement avoir un jour la possibilité de constater que mes interrogations n’étaient pas fondées. Cependant, vu ce à quoi j’ai assisté en matière de manipulations statistiques dans l’affaire du BCG SSI on peut malheureusement craindre que l’impensable puisse être la réalité.

 Voir à ce sujet mes 3 principaux articles : "descendue du Sinaï, l’expertise était dans la lune ! ", "Cas évités par le BCG, un calcul très simpliste", "Des défaillances de l’expertise vaccinale à la nécessité d’une critique citoyenne". »

Je me demande donc toujours comment Marc Girard a pu voir une quelconque opposition à ses propos sur l'étude Zipp. Il a sans doute lu un peu vite en s'arrêtant sur "il est effectivement impossible de soutenir que le risque serait élevé" et en explosant au quart de tour sans lire la suite... Je l'avais informé de cela et il est très regrettable qu'il n'ait rien changé à son texte mis en ligne près d'un an plus tard. Je veux bien croire qu'il est très occupé mais l'ensemble de son article dénote malgré toute une très forte tendance polémiste tous azimuts*, ce que ne dément pas l'article exposant la raison d'être de son site.

  • Il n'a pas hésité à s'en prendre au vice-président d'une association de victimes en faisant état d'une communication téléphonique qui est un échange en principe strictement privé entre 2 personnes. Il y a là une frontière à ne pas franchir. De même, si j'ai eu un échange de mails avec Marc Girard, je n'ai pas l'intention de faire état de leur contenu. J'ai d'ailleurs eu aussi sur le thème de la vaccination hépatite B un échange très correct et courtois de mails avec l'opposant du Dr Girard à l'émission du 8 février 2008 sur la Cinq, le Dr Robert Cohen qui anime Infovac. Cette émission fut en effet à l'origine de mon article.

  • Je pense qu'on peut être adversaires sans être ennemi, comme au tennis. Mais le jeu a ses règles qu'il faut s'efforcer de respecter même s'il n'y a pas d'arbitre. Si, l'arbitre c'est l'internaute qui pourra  comparer d'un œil critique les écrits des uns et des autres.

  • J'ajoute encore que j'ai informé Marc Girard de mon intention d'apporter sur mon blog les précisions ci-dessus. Je l'ai même invité à venir y déposer un commentaire ou, puisqu'il déclare cela contraire à sa philosophie, de m'envoyer sa réponse que j'ajouterai ici-même sans changement. Tout cela je l'ai fait avec le regret d'avoir eu à le faire.

 

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10 juin 2009

Lève-Toi, Pandémie Désirée* !

 

Objet de tous les désirs et de toutes les attentions, la pandémie ne pouvait que prendre forme. Avant d'exister elle avait déjà pris consistance, les plans étaient prêts, les médicaments stockés dans des dépôts militaires, des vaccins pré-pandémiques élaborés, des montagnes de masques soulevant des hangars...

 

C'était pour faire face au virus aviaire H5N1 doté d'une importante capacité de mortalité mais  dont les plus éminents vétérinaires avaient affirmé dès le début qu'il n'avait pas le profil d'un virus pandémique.


  • Quelques temps avant que la guerre de 1914 éclate, Nietzsche avait lancé ce célèbre "Levez-vous, orages désirés !"

  • On peut aussi lire l'analyse du Docteur Marc Girard sur son site : "L'art de créer des alertes en santé publique - l'exemple de la grippe porcine"

 


Puis survient la crise financière suivie d'une crise économique mondiale avec toutes ses conséquences sociales présentes et futures. Que faire pour se tirer d'affaire se disent nos dirigeants ? La recette est connue depuis longtemps : se trouver un ennemi commun, un ennemi mondial s'attaquant à l'humanité toute entière car, mondialisation oblige, il n'est plus possible de faire du voisin cet indispensable ennemi qui joue aussi, comme au tennis, le rôle du partenaire.

 

 

Une attaque imminente des Martiens ? Le 30 octobre 1938 Orson Welles y était parvenu sans même le vouloir : il avait affolé toute l'Amérique en cherchant seulement à mettre en scène de manière réaliste une œuvre littéraire, La Guerre des Mondes. Même le Ministère de l'Intérieur et le Président des États-Unis vont chacun à leur tour produire des communiqués dramatiques amplifiant  «un extraordinaire phénomène de schizophrénie collective» [2].   Aujourd'hui, le poisson d'avril serait quand même un peu gros.

 

Des analystes de cet événement pensent que le programme "cristallisait les tensions et les craintes" des Américains à la veille de la Deuxième guerre mondiale. Ils pensent [3] que

 

"La perspective d'une rencontre hostile avec l'inconnu était suffisamment réelle pour beaucoup d'Américains, aussi, l'émission radiophonique leur a permis de se faire peur pendant une heure".

Aujourd'hui aussi, avec la crise nous avons peur de l'avenir quand le plancher des vaches pourrait soudain se dérober sous nos pieds : sommes-nous, par exemple, totalement à l'abri d'une faillite bancaire généralisée qui nous ferait perdre toutes nos économies ?

 

Août 2005 : la pandémie H5N1 c'est pour demain !

 

La pandémie, voilà la solution rêvée pour donner un support à cette anxiété indéfinie et permettre aux autorités de manifester toute leur sollicitude pour les populations en péril même s'il faut pour cela aggraver encore plus le déficit budgétaire. En 2005,  sur fond de grippe espagnole, ça avait plutôt bien fonctionné. En lettres rouge sang sur fond noir de deuil c'est

 

 

      «Pandémie, 500 000 morts en France ?»

 

 

C'est le branle-bas de combat, la pandémie, c'est pour janvier-février 2006, c'est sûr ! "Elle ne viendra pas toute seule" dit l'un des auteurs à la télé,

"elle viendra avec la grippe saisonnière, c'est pourquoi il faut se vacciner contre elle".

Couac,...voici un Couac : (Quoique...)

Selon le Canard Enchainé du mercredi 22 février 2006, le préfet de Haute Normandie aurait demandé le 7 février à tous les maires de son département de recenser les capacités de leurs cimetières dans le cadre de la préparation à la pandémie aviaire !!! Cela est effectivement prévu dans le plan préparatoire mais uniquement quand on atteint la phase 6 alors que pour le H5N1 on a jamais dépassé la phase 3.

 

A la télé les émissions se succèdent sans relâche. Il s'agit d'une maladie typiquement animale touchant parfois des humains par contact direct avec l'animal ou ses plumes. L'Organisation mondiale de la santé animale, l'OIE, a son siège à Paris et Bernard Vallat, son directeur général, est Français ainsi que son brillant second mais ils ne seront pas invités aux débats télévisés alors qu'ils ont beaucoup à dire sur le sujet et d'abord qu'il est possible d'arrêter la maladie au niveau des élevages pourvu qu'on s'en donne les moyens.

 

Mais cela nous priverait de l'espérance d'une pandémie et des moyens gigantesques à mettre en œuvre pour la contrer une fois déclarée : au nom de la Prévention il vaut mieux  préparer des vaccins pandémiques !!!

 

 

C'est la ruée dans les pharmacies, comme après le lancement de la vaccination hépatite B en octobre 1994. Courant plus vite, les plus jeunes arrivent les premiers. Aussi, fin octobre il n'y a plus de vaccin et le ministère doit publier un communiqué piteux pour demander d'arrêter la campagne afin de garder encore quelques doses pour les personnes les plus à risques, ces personnes âgées qui, avec leurs cannes anglaises ou leur fauteuil roulant, se sont fait devancer par les plus jeunes encore profondément imprégnés par la propagande scolaire …

 

Début novembre 2005, réunion au sommet au siège de l'OMS à Genève. Un véritable match de boxe entre l'OMS d'une part, la FAO et l'OIE de l'autre. L'enjeu du combat : le pactole que la Banque mondiale est prête à accorder.

 

L'OMS veut tous les moyens pour protéger l'homme par des médicaments et des vaccins. La FAO et l'OIE affirment qu'il est possible de contenir le virus chez l'animal pourvu qu'on donne les moyens nécessaires pour cela. Le Directeur général de l'ONU menace : si vous ne parvenez pas à vous mettre d'accord, j'interviendrais, déclare-t-il.

 

Contrairement à un match de boxe il n'y a pas d'arbitre et même les coups bas sont permis. Par exemple, s'appuyant sur 14 cas dont 11 décès survenus en Thaïlande et au Vietnam, l'OMS  brandira une létalité monstrueuse pour affirmer l'imminence d'une terrible pandémie :

 

« Tous les ingrédients sont maintenant réunis pour que débute une pandémie susceptible de causer des millions de morts à travers le monde ».

Le 10 décembre 2005, la Maison Blanche procède à un exercice de simulation pour évaluer l'état de préparation du gouvernement américain au déclenchement d'une éventuelle épidémie de grippe aviaire. Le gouvernement américain, très critiqué pour son inertie lors du passage du cyclone Katrina qui a tué plus de 1200 personnes fin août dans le sud des États-Unis et pour la pénurie de vaccins antigrippes classiques l'hiver dernier, affirme qu'il se prépare au pire scénario de pandémie qui soit.


Tentant ainsi de faire oublier son inertie face au cyclone Katrina, Georges Bush prépare l'Amérique à affronter l'ouragan H5N1.



L'administration américaine table sur 92 millions de malades aux États-Unis en quatre mois. Lors de l'épidémie de grippe de 1918, 2% des personnes infectées aux États-Unis sont décédées de l'épidémie qui a tué au total  50 millions de personnes dans le monde. Une publicité très alarmiste publiée dans le Washington Post par des associations de médecins et de syndicats affirmait

 

"jusqu'où l'épidémie de grippe ira ? Le cyclone Katrina a tué plus de 1000 Américains, mais maintenant quelque chose de bien pire est en train d'arriver".



Par la suite, pendant des mois, le moindre canard malade fera la une des journaux et des télés. Tout bipède aérien  qui bat de l'aile laisse espérer à chacun qu'il va venir s'abattre dans son jardin et, s'il est porteur du H5N1 alors ce sera la gloire : la certitude d'être interviewé par les télés comme étant le premier Français que le virus pandémique aura bien voulu honorer  de sa présence. Imaginez les livres d'histoires racontant la pandémie aux survivants de l'Apocalypse : c'est dans le jardin de Monsieur et Madame Tartempion, à Trifouilli-les-Oies, que le virus venu de Chine est arrivé pour la première fois en France où il anéantira la moitié de la population... Et si le virus devait tuer Monsieur et Madame Tartempion, qu'importe puisqu'ils seront immortalisés par les livres d'histoire...

 

L'heureux élu sera dans le département de l'Ain. Normal qu'avec un nom pareil il passe en premier. Quant au département des 2-Sèvres, il devra attendre son tour, c'est la logique des chiffres !


 

Dans l'attente de la pandémie

Si certains attendent le Nouveau Messie, d'autres prient pour la Nouvelle Pandémie. Elle est devenue indispensable tant sa venue a été préparée et secrètement souhaitée. Nul ne connait l'heure et le jour de sa venue mais elle viendra. Alors ça y est, c'est-elle cette fois-ci ? Pourrions-nous de nouveau être frustrés par l'énergie ainsi mobilisée et qui ne trouverait pas son emploi ?

 

Comme l'avaient prévu les vétérinaires de l'OIE, de la FAO et de Maison Alfort, le virus H5N1 n'a toujours pas viré au virus pandémique. Il en fallait donc un autre et ce sera cette étrange combinaison de virus porcin, aviaire et de 2 virus humains. Mais d'où vient-il ? Comment la Nature a-t-elle pu élaborer un virus aussi hétéroclite ? Mystère ! Il ne vient pas du porc clame l'OIE ! Non, c'est l'homme qui contaminera le porc au Canada. L'Égypte musulmane en profitera pour éliminer les cochons qui nourrissent les chrétiens...

 

Débutant sa carrière au Mexique, il aurait dû normalement la poursuivre longtemps dans la population mexicaine profonde avant d'atteindre le premier touriste étranger. Mais le virus semble avoir un goût prononcé pour les grands voyages et recherche les touristes rentrant au pays plutôt que ceux qui débarquent au Mexique*, à croire qu'il aurait trouvé asile dans les toilettes des aéroports internationaux, côté départ !

 

  • Des touristes européens se rendant au Mexique n'y vont pas pour 3 jours. Or il ne semble pas que l'on ait jamais fait état de touristes européens qui seraient tombés malades pendant leur séjour comme cela serait statistiquement normal ?

 

Ce goût particulier du virus pour les avions internationaux va rapidement le conduire en Europe puis en Asie et en Océanie. Est-ce le début de la pandémie tant attendue ? Bien que la pandémie grippale soit annuelle, permanente, routinière avec un nombre considérable de malades et de décès, on ne lui attribue pas le qualificatif tant redouté et tant désiré de pandémie. Le terme pandémie est lié à l'exception avec l'image évocatrice de 1918 et ses dizaines de millions de morts, plus que la guerre...

 

Pourtant, selon les données actuelles, le virus en cause paraît plutôt moins dangereux que celui de la grippe saisonnière. Alors, pourquoi en faire des tonnes ? C'est qu'il va devenir beaucoup plus redoutable à l'automne, parole d'experts. Et s'il ne le devenait pas ? C'est trop tard, la machine est lancée et rien ne devra l'arrêter. Le vin va être tiré il faudra le boire, la vaccination pourrait devenir obligatoire...


 

30% de vaccinés pourrait suffire

 

Pourtant, nos plus éminents épidémiologistes pensent, en s'appuyant sur des modèles mathématiques, que 30% de vaccinés serait suffisant et qu'avec 70% on ne gagnerait pas grand-chose. C'est ce qu'écrit Antoine Flahault, directeur de l'école des hautes études de santé publique sur le site de l'école [1]:

 

Il souligne qu'avec une couverture vaccinale mondiale de 30% l'efficacité de la mesure serait "considérable" et que le gain apporté en passant de 30 à 70% serait au contraire "très marginal"

 

Autrement dit, il vaudrait mieux répartir les vaccins sur 30% de la population mondiale plutôt que de viser le 95% chez nous. Comme la production de vaccin sera relativement limitée, il serait contre-productif de préférer vacciner la totalité de notre population française plutôt que de laisser aux pays moins "favorisés" au moins 60% des vaccins qui seraient nécessaires pour cette opération.

 

La France aurait commandé 100 millions de doses de vaccin pour l'automne. Le meilleur usage qu'elle puisse en faire, selon la modélisation d'Antoine Flahault, serait de faire cadeau des deux tiers de cette commande aux pays qui ne pourront les payer. Ne soyons pas égoïstes, pour une fois !

C'est d'ailleurs la demande formulée par le Directeur général de l'OMS et le Secrétaire général des Nations Unies qui ont demandé aux pays riches de faire don d'une partie de leurs stocks (Le Monde du 29 mai 2009).

Confirmation dans Le Quotidien du Médecin du 10 juin qui rapporte les propos du Dr Marie-Paule Kieny de l'OMS : celle-ci "ne recommandera pas la vaccination universelle " et  "s'inquiète que des pays passent actuellement commande de vaccins avec des volumes réservés tels qu'ils compromettent la fourniture de doses aux pays en développement et aggravent par anticipation leur pénurie".

Lire le texte sur  http://www.dorffer-patrick.over-blog.fr/article-32495378.html

En novembre il pourrait y avoir au maximum 500 millions de doses. La France en voudrait 100 millions, les Etats Unis 600 millions et le Québec se prépare pour une vaccination massive...ça fait pas monter les prix !!!

Le 12 juin, lendemain de l'annonce par l'OMS du passage au niveau 6, notre ministre de la santé déclare que si les experts disent qu'il faut vacciner les 65 millions de Français avec 2 doses elle veut être en mesure de fournir les 130 millions de doses nécessaires !

La décision serait donc entre les mains des experts ?

 

 

Si l'Afrique ne déclare pas de cas H1N1 c'est d'abord parce qu'elle a d'autres priorités qui s'appellent paludisme, tuberculose sida comme le disent des responsables de santé publique de ces pays qui considèrent aussi que ce virus H1N1 n'étant pas plus virulent qu'un virus saisonnier il n'est pas utile d'en faire plus.

 

Le 4 mars 2009 j'ai assisté à un colloque organisé à la Maison de la Chimie à Paris sur le thème : "Les vaccins : une excellence française à préserver". Il était organisé par des parlementaires et madame la ministre était venue y faire une allocution.

 

Il y fut dit que l'élaboration d'un vaccin coûtant très cher, plusieurs milliards d'euros, les laboratoires voulaient avoir l'assurance qu'ils pourront écouler leur vaccin avant que celui-ci soit mis au point. Autrement dit, ils veulent une AMM en blanc, voire une recommandation en blanc, c'est à dire le remboursement du vaccin. Et pourquoi-pas son obligation en blanc ?

 

Envisager de généraliser voire de rendre obligatoire un vaccin alors que le produit n'existe pas encore et qu'on en ignore les propriétés est une folie pure et simple. S'il était rendu obligatoire à l'automne comme cela serait envisagé par nos autorités, ses propriétés de nuisances seront découvertes plus tard et, comme d'habitude, elles seront dissimulées pour ne pas casser la campagne...

 

La leçon de la vaccination hépatite B n'a toujours pas été comprise par les autorités qui paraissent de nouveau prêtes à offrir une population captive aux laboratoires, la gravité supposée de la pandémie modèle 1918 justifiant a priori toutes les précipitations, tous les excès et toutes les bavures.

 

 

[1]http://blog.ehesp.fr/pandemie-de-grippe-vacciner-tout-le-monde-est-ce-possible-est-ce-necessaire/

 

[2] http://fr.wikipedia.org/wiki/Orson_Welles

[3] http://www.telesatellite.com/infos/idisp.asp/i/3466   

 

 

 

 

 

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21 mai 2009

Retrouver la confiance dans le vaccin hépatite B : Quitte ou double ?

Additif : 26 juin 2009


Dans son édition du 25 juin 2009 Libération annonce que le laboratoire GSK a été reconnu responsable par la justice d'une sclérose en plaques survenue après un rappel de vaccination hépatite B chez une adolescente de 15 ans. Il s'agissait sans doute de la quatrième injection après les 3 premières en 1994 selon le protocole en usage à l'époque. Un an et demi plus tard, cette quatrième injection sera supprimée et la vaccination dans les collèges suspendue par le ministre Bernard Kouchner...L'OMS protestera très vivement contre cette décision qui risquait de compromettre la campagne mondiale de vaccination contre l'hépatite B.

Additif du 27 juin 2009

Pour aider à retrouver la confiance !

Le site du ministère avait mis en ligne en 1998 un tableau donnant le nombre de cas d'atteintes démyélinisantes validés en relation avec le nombre de doses vendues [a]. La confrontation paraît impressionnantes :

RÉPARTITION PAR ANNÉE DES CAS D'ATTEINTES DÉMYÉLINISANTES CENTRALES ET PÉRIPHÉRIQUES VALIDÉS ET RAPPORTÉS JUSQU'AU 31 MARS 1998


Année

1990

1991

1992

1993

1994

1995

1996

1997

1998

Cas

1

3

8

19

51

83

98

37

2

Doses vendues

804306

2287018

3734662

5018418

14917107

23325138

15134845

8480338

1374590

Arrondies en millions

0,8

2,3

3,7

5

14,9

23,3

15,1

8,5

1,4


A vue on voit clairement une forte corrélation linéaire entre le nombre de cas et le nombre de doses vendues pendant l'année. D'ailleurs le coefficient de corrélation linéaire est 0,92 est déjà très élevé (maximum 1) bien qu'il paraît plausible que les cas vaccinés en 1995 débordent sur 1996.

Pour estomper cette possibilité on peut regrouper les données sur 2 années consécutives :

 

Année

1991-92

1993-94

1995-96

1997-98

Cas

11

70

181

39

Doses vendues

6021680

19935525

38459983

9854928

arrondis en millions

6

20

38,5

9,8

 

Le coefficient de corrélation linéaire est alors 0,9929, ce qui est énorme. Il faut noter que les données de 98 s'arrêtent aux 3 premiers mois, ce qui n'est pas gênant  car la corrélation s'établit entre les cas et les doses et non les durées. Cependant, il ne faut pas comparer directement les 181 cas sur 2 ans avec les 39 cas sur 15  mois. A la proportionnelle ces 39 cas donneraient  45 cas : 37+4x2. Il y a effectivement eu une réduction des doses vendues en 1998 par rapport à 1997 : environ 4,5 millions de doses.

A l'objection que la notification des cas aurait pu augmenter avec la notoriété du problème afin d'expliquer le phénomène on peut rétorquer que dès 1997 le nombre de cas a considérablement diminué alors que le problème était déjà sur la place publique.

 

[a] http://www.sante.gouv.fr/htm/actu/hepat_b/epidemio.htm


Fin de l'additif

 Le dernier BEH du 19 mai 2009 porte sur les hépatites B et C et s'intéresse bien sûr à la vaccination hépatite B,  c'est le contraire qui serait étonnant ! Dans son éditorial, le Professeur Daniel Dhumeaux* déclare :

 

"La nécessité d’une relance de la vaccination contre l’hépatite B dans notre pays est une évidence. Cette action est rendue difficile par les réticences d’une partie de la population, mais aussi une certaine perplexité des professionnels de santé à la suite des polémiques répétées et sans fondement dont cette vaccination a été l’objet.

Dans la perspective d’une reprise de la vaccination chez les nourrissons et les adolescents, des campagnes d’information seront organisées en direction du grand public et des personnels de santé (médecins généralistes, pédiatres, sages-femmes, médecins du travail) dont la confiance doit être restaurée. 

L’incitation à une vaccination systématique des nourrissons par les pouvoirs publics (le taux actuel de couverture est en France un des plus bas des pays d’Europe) sera alors possible dans des conditions plus sereines.

Cette initiative ne doit pas tarder : les enfants ayant bénéficié d’une couverture élevée lors des campagnes vaccinales effectuées en milieu scolaire entre 1994 et 1998 vont en effet progressivement quitter la tranche d’âge des 20-30 ans, qui constitue la période de risque maximal d’infection par le virus de l’hépatite B, tandis que ceux qui ont échappé à la vaccination, à partir de 1998, vont maintenant entrer dans cette phase de risque, laissant prévoir, si rien n’est fait, une recrudescence des contaminations dans les années à venir."

*Président du Comité stratégique du programme national hépatites virales, Inserm U955, CHU Henri Mondor, Université Paris XII,

 

Restaurer la confiance, vaste programme !

 

L'un des objectifs poursuivis sera donc  de trouver les moyens pour que le grand public retrouve la confiance perdue dans le vaccin hépatite B. Mais il faudrait d'abord se demander pourquoi et comment le public a soudain perdu confiance dans ce vaccin alors qu'il s'était précipité les yeux fermés sur cette vaccination, allant même bien au delà de l'objectif initial visé par les autorités. Il faut aussi distinguer entre la confiance dans le vaccin et la confiance dans les autorités sanitaires. Ces dernières devraient prendre garde à ne pas risquer de perdre le crédit qui leur reste encore auprès de la population, - après les nombreuses et graves affaires de santé publique - en voulant passer en force.


La perte de confiance : comment ?

La campagne lancée à la télévision en octobre 1994 par le ministre de la santé en personne a dramatisé à l'excès la maladie, occulté les risques du vaccin, vanté son efficacité au delà de la réalité. Claude Béraud, professeur, chef de service, hépatologue, médecin conseil de l'assurance maladie, a parfaitement résumé la situation dans le documentaire "Silence on vaccine" de Lina Moreco diffusé sur la Cinq (janvier 2009) :


« L'exemple de la vaccination hépatite B en France sera pris plus tard, dans les écoles de santé publiques, comme  l'exemple de ce qu'il ne faut pas faire en matière de vaccination.

On estimait entre 0,1 et 0,3% le nombre de porteurs du virus en France, donc un pourcentage très réduit. Les jours qui ont suivi (le lancement de la campagne) ce fut la panique. Les gens se sont précipités dans les pharmacies pour acheter du vaccin. On a vacciné depuis l'âge de 1 an jusqu'à  l'âge de 75 ans. Les  grands-parents qui amenaient des enfants se faire vacciner disaient et moi, et moi, et moi, je ne peux pas être vacciné ? Mais si madame, bien sûr, on va aussi vous vacciner! On a ainsi vacciné des gens qui n'avaient absolument aucun risque d'attraper l'hépatite B.


Moi qui suis médecin, qui soignait des hépatite B, je ne me suis pas fait vacciner car je n'avais aucun risque majeur. Il aurait fallu que je sois en contact avec le sang des malades, or c'étaient les infirmières qui étaient en contact, pas moi.

Dans le service dont j'étais responsable on a vacciné les secrétaires parce qu'elles étaient en contact avec les dossiers des malades atteints d'hépatite B !!! C'était une véritable folie ! »


Le Dr Anne Castot, expert à l'Afssaps, a fait une communication sur le thème de la vaccination hépatite B et de ses leçons aux journées de veille sanitaire des 29-30 novembre 2007:


"Nous allons alors entrer en France, dit-elle, dans une véritable crise sanitaire avec une campagne médiatique, des témoignages publiques de victimes, l’interpellation de l'État et les premiers procès au tribunal de Nanterre.

Elle rappelle les incidents en milieu scolaire avec l’utilisation du vaccin HbVax 10 µg/ml mal toléré et en fait mal adapté alors qu’il aurait fallu utiliser un vaccin dosé à 5 µg/0,5ml non disponible malgré une AMM européenne.

Elle souligne l'insuffisance du dispositif mis en place : la première étude commence en octobre 1997 avec une association causale mal établie, des enquêtes épidémiologiques qui ont tardé. Si les résultats sont convergents ils sont non significatifs. On a compris qu’il existait un risque mal identifié. Il y avait obligation d’aller à l’Europe mais on n’a pas été suivi au niveau européen.

 

Quand le Revahb (réseau vaccination hépatite B) sera crée en 1997 pour recueillir les témoignages des victimes, l’Afssaps rencontrera cette association et étudiera les témoignages recueillis. Pour l’Afssaps, la conclusion principale de ces enquêtes sera qu’on ne peut écarter un risque faible".

 

Ce fut d’ailleurs la conclusion de la réunion de consensus de septembre 2003 et de l'audition publique de novembre 2004, présidées par le professeur Marc Brodin. Pour le Dr Anne Castot, en octobre 1998, soit 4 ans exactement après le lancement de la campagne, il y avait urgence pour les pouvoirs publics de prendre une décision. La conférence de presse  de Bernard Kouchner (01/10/1998)  va redéfinir une politique vaccinale très en retrait :

 

1- La vaccination doit être ciblée sur les personnes à risque d’exposition à l’hépatite B

2- Le geste vaccinal est un acte médical à part entière

3- Le rapport bénéfice/risque doit être évalué au cas par cas

4- La vaccination doit être réservée  aux adultes relevant d’un groupe à risque et aux nourrissons.

Ainsi, la quatrième injection dans le cadre de la primo-vaccination est supprimée ainsi que les rappels obligatoires chez les professionnels. Aujourd'hui, 3 injections terminées à l'âge de 13 ans libèrent de toute obligation vaccinale future et pour les adultes non vaccinés et soumis à l'obligation, un titrage d'anticorps et d'antigène est réalisé, la vaccination n'étant pas effectuée si l'un est positif.


La suspension par le ministre de la vaccination dans les collèges sera particulièrement spectaculaire :

«J'ai suspendu provisoirement la campagne dans les collèges, parce que j'estime que ses modalités actuelles ne permettent pas toujours un dialogue approfondi avec le jeune et sa famille. Or, il me parait indispensable de rappeler que la vaccination contre l'hépatite B demeure un acte médical et volontaire, qui doit comprendre un entretien à la recherche d'antécédents (antécédents personnels ou familiaux de maladie démyélinisante ou d'affection auto-immune) et d'éventuelles contre-indications.»


Les leçons de la vaccination hépatite B

Le Dr Anne Castot reconnaît que les études préliminaires, avant l’obtention de l’AMM, étant réalisées sur un nombre limité de personnes, ne peuvent exclure des effets nocifs pouvant apparaître sur des populations plus importantes. Aussi,

  "on doit admettre la possibilité de risques émergents après l’obtention de l’AMM" 

dira-t-elle en soulignant "la nécessité de connaître l’épidémiologie de la maladie prévenue par le vaccin" et reconnaît d’une manière générale "une sous notification très nette des effets indésirables des vaccins" ainsi que "la nécessité de faire de la détection de signal, d’avoir une démarche plus prospective  pour capter un signal faible, pour ne pas attendre trop longtemps".

La perte de confiance : pourquoi ?

Il ressort de l'ensemble de l'affaire que la vaccination hépatite B est certainement capable de déclencher des scléroses en plaques et autres affections démyélinisantes dans certaines circonstances. En lançant prématurément une campagne généralisée avec un vaccin aux propriétés encore mal connues, l'autorité sanitaire a pris un risque énorme qu'elle a par la suite refusé d'assumer. Elle considère, peut-être à tort, que le public refuserait la vaccination si de graves effets secondaires étaient reconnus. Ce principe l'a conduit à nier systématiquement ces effets, à s'enfermer dans des contradictions criantes et à laisser de nombreuses victimes sur la route, les contraignant ainsi à manifester leur problème d'une manière où d'une autre.

Utiliser un vaccin potentiellement dangereux demande de le faire de façon mesurée et ciblée afin d'éviter que le cumul des accidents s'apparente à un accident d'autocars ou d'airbus A380. La grande concentration de victimes sur une courte durée a crée un événement national et même international. La négation de l'événement, contre toute vraisemblance et effroyablement injuste pour les victimes, a fait le reste.

Des polémiques sans fondements ? 

On peut vacciner même en reconnaissant que le vaccin pourrait être dangereux dans certaines circonstances qui resteraient à préciser. Personne n'envisage de renoncer à circuler sur la voie publique bien que la dangerosité de l'opération soit chaque jour démontrée. Mais les morts et les blessés sont reconnus, soutenus; les routes sont améliorées ainsi que les véhicules et les conducteurs sont mieux formés. La nocivité du vaccin hépatite B n'interdit pas de faire la guerre avec lui contre la maladie. Il a sans doute été trop facilement admis par les autorités que la reconnaissance des dangers du vaccin nuirait à son utilisation. Et si c'était l'inverse ? Si c'était moins la nocivité du vaccin que la non reconnaissance des cas qui avait crée et entretenu la polémique ? Accepter la vaccination en sachant que si ça tourne mal la société vous laissera tomber n'est guère encourageant il faut bien le reconnaître.

Voici l'imbroglio dans lequel nos comités d'experts se sont ainsi laissés enfermés en voulant dissimuler une étude sans doute fort gênante. Ce faisant ils ne font que souligner un peu plus à la fois leurs manœuvres et le caractère non seulement des plus significatifs mais pratiquement probant de cette étude :


L'étude de pharmacovigilance Fourrier-Costagliola :

                      un étrange destin

 

Voici une expérience très intéressante à faire à partir de seulement 2 documents de quelques pages en ligne sur le site de l'Afssaps : le compte-rendu de la réunion de la Commission nationale de pharmacovigilance du 21 septembre 2004 d'une part [1] et le compte-rendu d'une réunion internationale de haut niveau en février 2000, [2]. Nous allons y constater 8 anomalies, pas moins * :

Allez page 4 de [1] avec un tableau récapitulant les 11 études réalisées à ce jour.

1- On constate qu'il contient 2 études classées significatives : celle d'Hernan de septembre 2004 et celle de Costagliola (1998). Pourtant, à l'époque, tout le monde disait qu'Hernan était la première et la seule étude significative jusqu'alors.

2- Page précédente on lit qu'il existe à ce jour 10 études sur le sujet mais qui se font 11 en tournant la page.

3- Quelques lignes au dessus on lit  qu'Hernan est la seule étude significative et que les 5 études réalisées ou financées par l'Afssaps ne le sont pas. Parmi ces 5 études, cochées dans le tableau, figure Costagliola ainsi classée significative page 4 et non significative page 3.

4- Page 4 on lit que Costagliola est non publiée. Pourtant, le document [2] publié le 6 mars 2000 expose largement en quoi consistait cette étude (pages 3 et 4). De plus, ces 2 documents sont sur le même site.

5- On y découvre alors que cette étude prolonge et complète l'étude réalisée par Fourrier : Fourrier a évalué les cas attendus en l'absence de vaccination à 102,73 ainsi que le nombre de cas notifiés à 111. Comme tous les cas ne sont pas notifiés il est dit qu'il est impératif de tenir compte de la très importante sous-notification pour évaluer valablement le nombre réel de cas. Ce fut le travail de Costagliola qui a estimé la sous-notification entre 2 et 2,5. Ainsi, la différence entre les cas réels et attendus a pu être jugée significative.

On découvre ainsi que l'étude réalisée par Fourrier et classée non significative dans le tableau de [1] et l'étude réalisée par Costagliola ne sont que 2 parties indissociables d'une seule et même étude :

 

« la combinaison de ces deux études suggère un nombre réel de cas significativement supérieur au nombre de cas attendus. » [2] page 4

Or, le tableau récapitulatif dissocie les études de Fourrier et Costagliola, ce qui est un non sens total.

6- Le nombre de cas attendus a été évalué à 102,73 alors qu'on doit s'attendre à une assez large fourchette. Or, cette fourchette existait et a été publiée sur le site du ministère en 1998 dans un document provisoire [3]: c'est [79  104]. Elle a disparu dans la version définitive pour être remplacée par une valeur située en haut de la fourchette et avec 2 décimales s'il-vous-plait !

En comparant les modes de calcul de la fourchette [79 104] présentée par les auteurs à la réunion internationale du 21 septembre 1998 et du 102,73 présenté à la réunion analogue de février 2000 et publié dans une revue britannique [10] en mai 2001, on constate que le calcul plus récent est moins élaboré que l'ancien : en effet, en 1998 les auteurs avaient dissocié les hommes des femmes, ce qui est indispensable car ils avaient retenu que 2/3 des cas de sclérose en plaques se produisaient chez des femmes et que les hommes représentaient 46% des vaccinés alors qu'en population générale ils sont à égalité avec les femmes dans la tranche considérée des 20-44 ans. Il n'était donc pas valable de transporter directement sur la population vaccinée l'incidence observée sur la population générale.

Par contre, en 2000 les auteurs ont utilisé le même nombre global d'hommes et de femmes vaccinés qu'en 1998 mais sans dissocier et ils ont utilisé une seule incidence pour les maladies démyélinisantes centrales considérées, soit 42,9 par million au lieu d'une large fourchette pour l'incidence alors que le Livre Blanc de la sclérose en plaques publié en 2006 [11] reconnaît une large indétermination de cette incidence.

En résumé, pourquoi avoir produit en 2000 une procédure de calcul en nette régression par rapport à la première et pourquoi avoir effacé la fourchette [79  104] large de 25 unités au profit d'une très illusoire précision au centième avec 102,73 ?

Constatons seulement qu'en 1998 le nombre de cas notifiés était 83 qui était non significatif même avec 79. Par contre, en 2000 il y avait 111 cas notifiés dont  la différence avec 92 devenait significative, et donc aussi avec la moitié de la fourchette de 1998, sans avoir à faire appel à la sous-notification.

7- Dans leur tableau récapitulatif, l'avis du CTV-CSHPF et le compte-rendu de pharmacovigilance de septembre 2004 font référence à la publication en 2001 de l'étude Fourrier dans une revue britannique. Les nombres rapportés auraient donc dû être ceux de cette publication. Si cela est vrai pour le nombre 102,7 des cas attendus, c'est faux pour les cas notifiés qui sont mentionnés à 111 alors que  2001 donne 108.

Le compte-rendu de la réunion internationale de février 2000 donne 111, ce qui signifie que les auteurs de l'étude qui l'avaient présentée au cours de cette réunion avaient bien indiqué 111. Le texte destiné à la revue britannique lui fut remis le 8 mai 2000, moins de 3 mois plus tard. Pour quelle raison les auteurs ont-ils supprimés 3 cas notifiés entre février 2000 et le 8 mai 2000 alors que ces cas avaient été présentés en février comme dûment vérifiés? Les auteurs ont-ils eu de nouveaux éléments les concernant ? Pourquoi alors ne pas l'avoir mentionné par une petite note dans la publication de 2001 ? Et si c'était cela la raison, pourquoi nos Comités d'experts ont-ils maintenu 111 en septembre 2004 alors qu'il faut aller chercher ce nombre dans un autre document que celui référencé ? Pourtant, de façon certaine, de nombreux membres du CTV-CSHPF et de la commission de pharmacovigilance étaient parfaitement au courant du contenu et de l'évolution de cette étude au cours de ses 3 publications successives.

8- Après la publication de cette étude en mars 2000, aucun comité d'experts, CTV, CSHPF, Commission de pharmacovigilance, Académie de médecine, comité ad hoc de l'OMS n'a manifesté la moindre réaction à cette étude. Pourtant, ils ont montré qu'ils étaient très prompts à réagir dès qu'une étude était défavorable au vaccin (Hernan, Tardieu) où qu'un ministre reculait (communiqué OMS du 2/10/1998, le lendemain de la conférence de presse de Bernard Kouchner).

Pendant plus de 4 ans l'étude Fourrier-Costagliola sera totalement ignorée : rapport Dartigues de février 2002 [4] et communiqué de l'Afssaps du 14 novembre 2002 [5]. Elle refait surface un bref instant dans le compte-rendu de pharmacovigilance de septembre 2004  ainsi que dans l'avis de septembre 2004 du CTV-CSHPF qui reproduit le même tableau de 11 études tout en affirmant dans le texte qu'il n'y en avait que 10 [6].

Par la suite, ce sera à nouveau le silence totale sur cette étude, y compris à l'audition publique du 9 novembre 2004 sur le sujet 50 jours plus tard.

* Voir aussi sur ce blog : "vaccin hépatite B et sclérose en plaques, Il n'y a pas que les enfants " du 26 septembre 2008

Le Revahb a aussi mentionné quelques anomalies autour de cette étude dans son article du 22 mai 2009 :

"Sclérose en plaques et vaccin hépatite B : mythe et réalité "

* On peut consulter  l'étude de A.Fourrier en accès libre sur PubMed.

Inciter à la vaccination systématique des nourrissons

Si certaines études en défaveur de l'innocuité du vaccin hépatite B ont défrayé la chronique, il n'en est pas de même pour celles relatives à son efficacité qui pourrait être bien inférieure à celle annoncée et remettre en cause la vaccination généralisée des nourrissons dans les pays de faible endémie.


Vaccination des nourrissons : durée d'efficacité trop limitée*

Quand l'OMS a demandé en 1991 à l'Assemblée mondiale de la santé de lancer la campagne mondiale de vaccination des nourrissons contre l'hépatite B, le vaccin recombinant n'existait que depuis 1982. Il était donc impossible d'avoir des données fiables sur la durée de son efficacité. Il y avait déjà des données favorables en provenance de Taïwan qui seront confirmées par des résultats observés dans d'autres pays : Thaïlande, Singapour, Chine, Alaska. Mais ces pays étant tous  à forte endémie, des nourrissons pouvaient être contaminés quelques années après leur vaccination, permettant ainsi au vaccin de se montrer utile en étant encore efficace.

Qu'en est il dans les pays de faible endémie où le gros des contaminations va se produire entre 20 et 30 ans ? Pour que la vaccination généralisée des nourrissons puisse être utile il faudrait qu'elle soit efficace pendant au moins 25 ans.  Constatons que cette vaccination a été recommandée et appliquée dans de nombreux pays alors qu'aucune preuve n'était disponible. En 2001, la vaccinologue Claire-Anne Siegrist écrivait sur le site de la Société suisse de pédiatrie [7]:


"la façon la plus simple de mettre en évidence la persistance de l'immunité mémoire est de donner une dose de rappel vaccinal à des sujets ayant déjà perdu la majorité, voire la totalité de leurs anticorps de vaccination. Au contraire des réponses à une première dose vaccinale, caractérisées par la lente augmentation de taux modérés d'anticorps, la réactivation des cellules mémoire conduit à une production très rapide de taux d'anticorps beaucoup plus élevés et possédant une affinité accrue pour l'antigène.

Plusieurs études ont démontré la forte augmentation des taux d'anticorps en réponse à une injection de rappel, traduisant la persistance de la mémoire plus de 10 ans après vaccination des nourrissons. Cette compréhension est à la base des recommandations actuelles de ne pas administrer de rappel vaccinal après une primo-vaccination correctement effectuée.

Et même si le recul n'est pas suffisant pour permettre la démonstration qu'un rappel vaccinal ne sera jamais nécessaire, ces mêmes considérations sont à la base de la stratégie de vaccination des nourrissons."

Deux études récentes viennent cependant de mettre à mal ces affirmations péremptoires :

L'étude réalisée par Hammitt ([8] 2007) en Alaska et celle réalisée par Bialek ([9] 2008) dans une île du Pacifique. Les résultats sont les mêmes : 50% des enfants testés par un rappel 15 ans après leur vaccination  ne manifestent pas la réaction immunitaire attendue, ce qui laisse craindre qu'ils ne seraient pas protégés en cas d'infection et même qu'il ne soit plus possible de relancer la protection par une dose de rappel.

Dans ces conditions, faut-il relancer la vaccination généralisée des nourrissons  dans notre pays ? En vaccinant seulement les nourrissons dont la mère est contaminée, la Grande Bretagne, l'Irlande, le Pays-Bas et les pays scandinaves ont probablement opté pour une stratégie beaucoup moins coûteuse et nocive tout en étant mieux adapté à la réalité épidémiologique et aux propriétés réelles du vaccin.

*Voir aussi sur ce blog cet article sur le sujet : 50% des nourrissons ne seraient pas protégés 15 ans après

La folle communication autour de l'étude de Marc Tardieu

Entre le 25 septembre et le 8 octobre 2008 on a assisté à une communication délirante autour de l'étude dirigée par le professeur Marc Tardieu sur la cohorte d'enfants KIDSEP.

Marc Tardieu avait annoncé qu'il tiendrait une conférence de presse le 8 octobre, jour de la publication de l'étude par la revue Neurology, publication qui avait été accélérée par la revue en raison de son importance. Cette conférence sera annulée moins d'une heure avant. Le journal Le Monde en fera état 3 semaines plus tard, le 29 octobre, dans un article intitulé "une communication mal maîtrisée ", rapportant que le ministère déclarera aux journalistes qu'il n'était pas envisageable que cette conférence se tienne le jour même de la publication de l'avis du Haut conseil de santé publique. Le journal notera que 3 semaines après, elle ne s'était toujours pas tenue...Huit mois après il en est toujours ainsi.

Marc Tardieu devait participer au colloque organisé par des parlementaires le 4 mars 2009 à la Maison de la Chimie à Paris sur le thème « Les vaccins : une excellence française à préserver ». L'un des organisateurs, le sénateur Paul Blanc, nous annoncera qu'il devait être présent mais qu'en définitive il n'est pas venu...

Auparavant, dans sa conférence de presse du 25 septembre 2008, le professeur Daniel Floret, président du CTV, occultera 2 points essentiels relatifs à cette étude et qui sont mentionnés dans son résumé en accès libre sur internet : le sous-groupe donnant un risque relatif significatif de scléroses en plaques était constitué d'enfants qui avaient respecté le calendrier vaccinal et le risque relatif était de 2,77.  Les informations transmises par Daniel Floret étaient que ce groupe avait été vacciné avec l'Engerix B et que le risque relatif était de 1,74 qui se rapportait à l'ensemble des affections démyélinisantes centrales.

Seul, le compte-rendu de la réunion de la Commission nationale de pharmacovigilance fera état du 2,77. Si les avis du HCSP,  de l'Académie de médecine et du comité OMS sur la sécurité des vaccins feront mention du caractère d'observants au calendrier vaccinal ils occulteront le risque relatif de 2,77.

Pourquoi une communication publique d'une telle intensité AVANT la publication de l'étude ? On peut objectivement constater que l'effet produit fut de couper l'herbe sous le pied de Marc Tardieu en occupant le terrain médiatique à sa place et avant lui. Il est assez vraisemblable de penser qu'il n'aurait pas pu  en dire moins au cours de sa conférence de presse que le contenu du résumé de l'étude qui est en accès libre. Il aurait donc fait état du 2,77 et du caractère d'observants au calendrier pour ces enfants alors que ces 2 points n'ont pas été communiqués au public par les médias. Faut-il en déduire que l'agitation qui débuta le 25 septembre aurait eu en réalité pour objectif  "d'en lâcher un peu" pour cacher l'essentiel en occupant le terrain à la place de celui qui aurait lâcher le reste ?

Mais quel fut l'événement qui "justifia" la conférence de presse de Daniel Floret ? Un article du Monde publié uniquement sur son site le jeudi 25 septembre vers 9h30. Dans cet article, le journal disait s'être procuré cette étude. Mais comment avait-il pu dénicher une étude non publiée ? La veille, le ministère avait provoqué une réunion d'experts pour examiner le problème posé par cette étude. Faut-il penser que ce serait  la femme de ménage qui vida les poubelles ou que  ce serait  l'un au moins de ces experts qui aurait informé le journal ?

Dans quel but ? Pour attaquer le vaccin ou pour le protéger ? On peut noter que dans son article le journal Le Monde ne mentionna ni le caractère d'observants au calendrier vaccinal ni le risque relatif 2,77. Autrement dit, il adopta par avance et anticipation la communication de Daniel Floret...

Que comprendre ?

Pour les citations exactes et les liens voir mon article sur l'étude de Marc Tardieu.

 

Comment retrouver la confiance du public ?

Aujourd'hui, des familles sont trompées avec l'hexavalent : certaines, qui ne voulaient pas que leur enfant reçoive le vaccin hépatite B, découvrent avec stupeur et colère que le médecin l'a fait sans le dire explicitement. Pour quelques vaccinés de plus, la perte de confiance va s'étendre aux médecins de terrain.

Non, il faut en finir avec de telles méthodes et comprendre que l'obsession de la couverture vaccinale est aussi désuète que celle de la ligne Maginot. Cette couverture ne justifie en aucun cas de mettre les praticiens en fâcheuse posture ni de saper la confiance que le public accorde encore aux autorités de santé.

Avoir le langage de la vérité : reconnaître qu'il y a eu des victimes dans le passé, qu'il y en aura encore et les indemniser correctement. Exposer l'enjeu de la vaccination sans exagérer les risques de la maladie.

Cesser de vacciner inutilement : la vaccination généralisée des nourrissons est inutile, voire contre-productive dans notre pays. Limiter la vaccination des personnels de santé à ceux qui sont réellement exposés comme le recommandaient le CTV et le CSHPF (avis du 23 juin 1998 du Comité technique des vaccinations et du Conseil supérieur d'hygiène publique de France) :

« Le CTV et le CSHPF ne remettent  pas en cause l'obligation vaccinale des personnes soumises à l'article L 10 du code de la santé publique  mais ils suggèrent de préciser dans les arrêtés d'application qu'il s'agit uniquement des personnes en contact avec les patients et avec le sang et autres produits biologiques »


En résumé :

1- Expliquer pourquoi il faut faire la guerre à l'hépatite B.

2- Exposer clairement la stratégie,  ses moyens et les effets attendus.

3- Reconnaître l'existence des morts et des blessés de cette guerre et les soutenir.

4- Reconnaître les inévitables bévues, générales ou ponctuelles, accompagnant toute guerre.

5- Accepter de réviser la stratégie quand des éléments nouveaux apparaissent.


[1] http://www.afssaps.fr/content/download/10351/121225/version/3/file/040905.pdf

[2] http://www.afssaps.fr/content/download/13413/163122/version/2/file/vhbrap.pdf

[3] http://www.sante.gouv.fr/htm/actu/hepat_b/etudes.htm 

[4] http://www.sante.gouv.fr/htm/pointsur/vaccins/dartigues.pdf

[5] http://www.hosmat.eu/pharmacovigilance/communique141102.pdf 

[6] http://www.hcsp.fr/hcspi/docspdf/cshpf/a_mt_260904_vac_hepBHernan.pdf

[7] http://www.swiss-paediatrics.org/paediatrica/vol12/n2/hepbprot-fr.htm   Siegrist

[8] http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=19110214 Hammitt

[9] http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18756185  Bialek

[10] 

http://www.pubmedcentral.nih.gov/articlerender.fcgi?tool=pubmed&pubmedid=11422009

[11]

Le Livre Blanc de la SEP  est en ligne en 2 parties :

Partie 1 : http://www.arsep.org/_files/78.pdf    et partie 2 : http://www.arsep.org/_files/77.pdf

[12 ]  http://www.sante.gouv.fr/htm/actu/hepat_b/benef.htm

 

 

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02 mai 2009

Grippe A (H1N1) : plus de 100 000 cas au Mexique ?


On peut aussi suivre le fil rouge de la nouvelle grippe A (H1N1) sur ce blog

 

Une question se pose : comment est-il possible que des touristes étrangers puissent avoir été  contaminés au Mexique en aussi grand nombre si on admet qu'il n'y a guère plus de 2000 cas dans une population de 107 millions d'habitants et dans une ville de 20 millions d'habitants comme Mexico ?

Additif (15 mai) : cet article a été publié le 2 mai. Le 11 mai, une étude publiée par la revue Science, en s'appuyant sur les données de l'OMS, indique qu'il y aurait 23000 cas au Mexique. A ce sujet, voir par exemple l'article de Radio Canada.


Faut-il imaginer que des contagieux auraient pu travailler aux guichets des aérogares internationaux  avec une constance suffisante ou en étant relayer pas d'autres contagieux? Ou plus vraisemblablement, d'admettre que le nombre de contagieux, malades ou pas, a largement dépassé les 100 000 ?


C'est ce que suggérait Jean-François Saluzzo, le Monsieur vaccin de Sanofi, au journal de la santé du 28 avril, sur la Cinq : le présentateur Michel Cymes faisant remarquer que la proportion de décès parmi les cas reconnus était très élevé (105 morts sur 1600 cas*), mais J.F. Saluzzo fait valoir qu'il pourrait y avoir 150 000 contaminés (voir la vidéo). Même si ce nombre était avancé seulement pour l'exemple, il paraît presque certain qu'il pourrait être au moins de cet ordre là pour la seule ville de Mexico si on veut expliquer un aussi grand nombre de touristes étrangers contaminés.

Une conséquence est que le plus souvent la maladie sera bénigne et que beaucoup des Mexicains contaminés auraient guéri sans Tamiflu ni Relenza.

*Ces nombres ont été revus à la baisse d'après le bilan publié par l'InVS le 2 mai à 17h :

« Le ministère de la Santé (du Mexique) fait aujourd’hui état de 397 cas confirmés dont 16 décès. » 

Le lendemain l'OMS donne 506 cas dont 19 décès pour le Mexique.

Notons aussi que si les 2 cas avérés en France ont été obtenus par séquençage et paraissent donc sûrs, il n'en va pas de même pour ceux considérés comme avérés dans d'autres pays européens : en effet, certains déclarent comme cas avérés ceux qui sont atteints d'une grippe A non saisonnière, ce qui est pour la France une définition des cas probables. Or sur 5 cas probables la France en a écarté 3. Aussi, le nombre de cas avérés réels en Europe est sans doute sensiblement inférieur aux cas déclarés.

Bilan InVS au 2 mai 2009 : 15 cas en Espagne et en Grande-Bretagne, 6 en Allemagne, 2 en France,  1 en Autriche, Suisse, Pays-Bas, Italie.

Voir aussi le site http://www.internationalsos.com/pandemicpreparedness/


La grippe porcine de 1976

Saluzzo fit aussi allusion à l'épisode de grippe porcine de 1976 survenue aux États Unis dans la base militaire de Fort Dix (New Jersey). Après le décès d'une recrue par grippe, on découvre que c'était la grippe porcine qui fera en tout  12 malades. Sur ce seul constat, le président des États Unis, Gérald Ford, affirme qu'une pandémie mondiale est imminente et qu'il est de son devoir et du devoir de son pays de s'y opposer. Il lance en mars l'élaboration et la fabrication d'un vaccin avec lequel 40 millions d'américains seront vaccinés en septembre-octobre, juste avant l'élection présidentielle du 4 novembre.


Cette campagne de vaccination avec un vaccin bricolé à la hâte va tourner au cauchemar avec de multiples incidents graves et des décès. La campagne, qui prévoyait la vaccination de tous les américains, devra être arrêtée et Ford perdra l'élection présidentielle au profit de Jimmy Carter. Il avait fondé l'essentiel de sa campagne électorale sur son rôle de Chevalier Blanc organisant la lutte contre le terrible fléau qui allait s'abattre sur l'Amérique puis le monde entier...


Comme le dit Jean-François Saluzzo, les recherches avaient permis de trouver 230 personnes qui avaient été contaminées sans en souffrir particulièrement. Le virus s'était en fait mal transmis car il était peu adapté à la transmission inter-humaine. Le taux observé de létalité (proportion de décès parmi les contaminés) était donc de 1 sur 230 alors qu'on avait fondé le risque pandémique type grippe espagnole de 1918 sur un taux de 1/12. A noter que le jeune soldat était décédé au cours d'un exercice militaire peut-être trop intense quand on vient d'être infecté.


Voir des vidéos sur les spots de la campagne de 1976 :

http://videos.nouvelobs.com/video/iLyROoafMJXN.html

Une Américaine vaccinée en 1976 contre la peste porcine témoigne (en français) :

http://mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=13409

 

Voir aussi le blog SOS-Crise qui reprend des articles publiés aux États Unis :

Mensonge politique et désinformation médiatique concernant la grippe porcine

http://sos-crise.over-blog.com/article-30956342.html

 

Le virus de la grippe porcine a t-il été crée par l'homme ?

http://sos-crise.over-blog.com/article-30920810.html

 

 

Posté par BernardGue à 22:13 - Grippe et pandémie grippale - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Le fil rouge de la nouvelle grippe A (H1N1)

Cette page sera actualisée selon les infos et les événements.

Voir aussi le blog de la grippe H1N1 : http://grippe-a-h1n1.over-blog.com/

29 juin : l'InVS met en ligne une série d'articles sur la pandémie H1N1 : les pandémies du passé; le point sur le virus; les outils de surveillance; les paramètres épidémiologiques...

On trouve aussi un bilan par région

3 juillet

333 cas en France.

Bilan InVS: (sera réactualisé le 6 juin) Total mondial selon l'OMS : 89921 dont 382 morts (3 juillet).

Amériques : 55959 cas dont 314 décès; Europe : 6174 dont 2 décès; Asie : 5831 dont 4 décès; Océanie : 4242 dont 7 décès;  Monde : 73018 pour 327 décès.

On peut aussi noter une augmentation des transmissions communautaires, du nombre de pays touchés ainsi que le Royaume Uni : 4250 cas, 2 décès.

Sur le site de France Info : "Pour le professeur Jean-Paul Stahl chef de service des maladies infectieuses au CHU de Grenoble, les autorités en font beaucoup trop pour ce qui est une maladie bénigne". Une interview de 7 minutes.

Au magazine de la santé, sur la Cinq, le professeur François Bricaire estimait que le virus actuel se comportait comme un vaccin en raison de son caractère peu virulent et que les personnes qui tombent malades aujourd'hui seront protégées plus tard contre une forme plus dangereuse de ce virus.

Autrement dit, on pourrait avoir intérêt à laisser filer la maladie sous  sa forme bénigne afin d'immuniser un maximum de personnes. On peut même se demander si les pays qui agissent ainsi comme en Afrique ne se défendront pas mieux face à une forme dangereuse de la maladie que les pays qui, comme la France, dépensent des moyens considérables pour rien, comme par exemple 300 kilomètres en ambulance pour transporter une boite de Tamiflu pour soigner avec ce produit dangereux un malade très peu atteint...


3 juillet

333 cas en France.

Bilan InVS: Amériques : 55959 cas dont 314 décès; Europe : 6174 dont 2 décès; Asie : 5831 dont 4 décès; Océanie : 4242 dont 7 décès;  Monde : 73018 pour 327 décès.

On peut aussi noter une augmentation des transmissions communautaires, du nombre de pays touchés ainsi que le Royaume Uni : 4250 cas, 2 décès.

Le Tamilu est inutile en prévention souligne le fabricant. Il peut même être contre-productif en créant des résistances.

24  juin

L'InVS publie un descriptif des cas qui se sont produits en France en récapitulant leur provenance ainsi que les caractéristiques cliniques.

18 juin

Premier cas avec complications en France. Communiqué de l'InVS

L'éducation nationale a prévu des cours enregistrés pour diffusion sur France Culture et France 5 en cas de pandémie.

16 juin

Le professeur Marchou, de l'hôpital Purpan de Toulouse, se fâche : "on en fait trop ! l'hospitalisation des malades (bénins) du H1N1 met en danger la vie des vrais malades"

12 juin

Madame la Ministre déclare que SI les experts disent qu'il FAUT vacciner les 65 millions de Français avec 2 doses elle veut être en mesure de fournir les 130 millions de doses nécessaires. Voir la conférence de presse du 12 juin.

Le REH de l'OMS porte sur la grippe H1N1 : données cliniques observées au Japon


12 juin : Novartis annonce qu'il a déjà réussi à produire un vaccin contre le H1N1 et que ces doses serviront à le tester. La méthode de fabrication sur cellules est beaucoup plus rapides que sur des œufs.

11 juin : l'OMS décrète le niveau 6.

"Cette souche particulière, H1N1, n’a pas circulé précédemment chez l’homme. Le virus est entièrement nouveau."

8 juin

Nouvel article d'Antoine Flahault sur son blog de l'Ecole des hautes études en santé publique :

"vacciner tout le monde, est-ce possible ? Est-ce nécessaire ?"

"Savoir que seule une couverture de 30%  serait probablement suffisante à l’échelon collectif (si nos modèles sont bons) est très encourageant. Ces résultats ont été présentés aux journées de la Société Française d’Hygiène Hospitalière, à Nice le 5 juin 2009,"

5 juin

"H1N1 : «Il va falloir vacciner tout le monde»" : lire les propos d'une spécialiste de l'Institut Pasteur, Sylvie Van der Werf, dans "Le Figaro"

2 juin : l'InVS publie une nouvelle définition des cas.

21 mai

Sur le blog d'Antoine Flahault, directeur de l'école des hautes études en santé publique, un nouveau billet : "H1N1 la guérilla urbaine" : "Ne va-t-il pas falloir rapidement adapter notre stratégie ?"

Pour un suivi et des analyses : http://diablogtime.free.fr/?p=1101

19 mai :

"Les responsables de l'ONU et de l'OMS rencontrent les fabricants de vaccins"

C'est le titre du communiqué de presse de l'OMS qui poursuit :

"Le Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Dr Margaret Chan et le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, Ban Ki-moon ont rencontré plus de trente fabricants de vaccins de pays développés et en développement au siège de l’OMS aujourd’hui.  

Tant le Directeur général que le Secrétaire général ont souligné l’importance de garantir qu’un futur vaccin contre la grippe A(H1N1) soit mis à disposition dans un esprit d’équité et de justice, et ont invité les fabricants à poursuivre la collaboration avec ces deux organismes en vue d’élaborer une stratégie allant dans ce sens. Les représentants de l’industrie ont affirmé leur souhait de coopérer pour mettre des approvisionnements à la disposition des pays en développement et déclaré qu’ils étaient prêts à produire le vaccin dès que cela leur serait demandé."

Sur les phases de préparation pandémique le Directeur général de l'OMS reconnaît qu'on a appliqué celles élaborées avec le H5N1 alors que le virus en cours n'a pas les mêmes propriétés :

"le Dr Chan a expliqué que la définition des phases de préparation de l’OMS avait été élaborée dans le contexte de la grippe aviaire H5N1. La grippe A(H1N1) présente un tableau clinique très différent, jusqu'ici beaucoup plus bénin, la maladie guérissant spontanément, contrairement au virus H5N1, qui entraîne un taux de mortalité de 50 à 60%. Elle a expliqué qu'au cours de l’Assemblée de la Santé, les États Membres ont demandé à l’OMS de tenir compte de critères autres que la propagation géographique pour passer à la phase 6"

 

Le tiers de la population mondiale touché ? Selon radio Canada

L'épidémiologiste Antoine Flahault ( directeur de l'école des haute études en santé publique) annonce ses prévisions pour l'automne et pour le vaccin pandémique. Pour lui, nous sommes déjà en situation pandémique.

On peut aller lire son blog "Le blog d'Antoine Flahault" sur ce sujet. Son dernier article : "Observer l'univers c'est bien, observer la pandémie c'est indispensable aussi."


Tous les cas en France on été importés dont 4 des États-Unis.

 Il n'y a pas encore eu en France de cas secondaires.

 

Le rapport de notification immédiate à l'OIE concernant l'élevage de porcs contaminés au Canada. Il mentionne en particulier que :

"Un charpentier engagé par le propriétaire de la ferme (ALB-001) s’était récemment rendu au Mexique et était rentré au Canada le 12 avril 2009. Le charpentier, le producteur et la famille du producteur ont été malades avec des signes évoquant l’influenza entre les 14 et 29 avril. L’enquête sur les cas humains menée par les autorités de la santé publique est en cours."

Les recommandations de la FAO concernant les porcs :

"une surveillance étroite des porcs s’impose"


  "L'OMS ne recommande pas de restreindre les voyages à cause de la flambée épidémique de grippe A(H1N1). Les recherches scientifiques basées sur les modèles mathématiques montrent que des restrictions aux voyages auront un effet limité voire nul sur la propagation de la maladie, ce que confirment les archives sur les pandémies de grippe qui se sont produites par le passé ainsi que l'épisode du SRAS."

Cependant elle ajoute

"Les voyageurs peuvent se protéger et protéger les autres en suivant des recommandations simples visant à prévenir la propagation de l'infection. Les personnes malades doivent différer leur voyage"

La bataille du porc entre la Chine et le Canada par Radio Canada

 

Au Mexique : "le pic de l'épidémie est passé" selon les autorités .

Les experts s'accordent à penser que ce virus ne semble pas plus virulent qu'une souche de grippe saisonnière : Le Figaro du 4 mai

Lire aussi : la folle semaine de l'OMS

Conférence de presse du 3 mai :


Voir la fiche d'identité du virus sur Wikipédia ou sur le journal Le Monde du 30 avril 2009.

A noter aussi que les cas français ont été vérifiés par séquençage, méthode permettant l'identification du virus alors que d'autres pays se contentent de considérer comme avérés les cas atteints d'une grippe de type A non saisonnière. En France, ces cas seraient seulement considérés comme probables.

Il est donc possible que l'impact en Europe soit surestimé alors qu'il est pratiquement certain que le nombre de cas au Mexique  ait été très largement sous-estimé. Voir sur ce blog "plus de 100 000 cas au Mexique ?"

 

Un charpentier canadien contamine 200 porcs !

Un charpentier canadien est revenu du Mexique le 12 avril avec des symptômes de grippe. Il est aujourd'hui guéri ainsi que les 200 bêtes qu'il avait contaminées alors qu'il travaillait dans un élevage de 2200 bêtes. Le troupeau a été placé en quarantaine. Les animaux ont guéri mais ils seront abattus par précaution.

Bernard Vallat, Directeur général de l'Organisation mondiale de la santé animale, commente l'événement : des porcs infectés par le H1N1, « ce n'est pas une grande surprise". Lire la suite.



 

Sur le rôle du porc dans l'affaire

Sur le site de l'OMS, le 30 avril 2009, cette très importante déclaration qui laisse supposer qu'il pourrait y avoir des porcs malades de ce virus :

Déclaration conjointe FAO/OMS/OIE sur la grippe A(H1N1) et la sécurité de la viande de porc

"Alors que la grippe A(H1N1) se propage, on s'inquiète de la présence éventuelle du virus chez le porc ainsi que de la sécurité de la viande de porc et des produits à base de viande porc. D'après ce que l'on sait, les virus grippaux ne se transmettent pas à l'homme par l'ingestion de viande de porc transformée ou d'autres produits alimentaires élaborés à partir de viande de porc. Le traitement par la chaleur habituellement utilisé pour cuire la viande (température à cœur de 70° C/160° F) suffit à inactiver tout virus pouvant se trouver dans les produits carnés crus. La viande de porc et les produits à base de viande de porc, s'ils sont manipulés conformément aux bonnes pratiques d'hygiène recommandées par l'OMS, la Commission du Codex Alimentarius et l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE), ne sont pas une source d'infection.

Les autorités et les consommateurs doivent s'assurer qu'en aucun cas la viande de porcs malades ou morts n'est préparée ou utilisée en vue de sa consommation par l'homme."

Rappelons que l'OIE est l'organisation mondiale de la santé animale et que la FAO est l'organisation mondiale de l'alimentation.

Notons aussi que sur son site, l'OIE déconseille l'abattage des porcs :

"En dépit du fait que le virus de l'influenza A/H1N1 qui circule actuellement n'est pas un virus classique de l'influenza porcine (il contient du matériel génétique réassorti d'origine humaine, aviaire et porcine), il est important de rappeler que la contamination de l'homme par la consommation de viande de porc ou d'autres produits à base de porc n'a pas été démontrée.

L'OIE indique à ses Membres que l'abattage des porcs n'est pas une solution de protection contre les risques de santé publique et de santé animale que présentent ce nouveau virus A/H1N1 et rappelle que cette mesure est inappropriée."

Voici aussi un extrait d'un communiqué de presse de l'OIE du 28 avril 2009 :

"Position de l'OIE concernant la sécurité sanitaire du commerce international des porcs et des produits d'origine porcine"

"Les informations à disposition de l'OIE n'indiquent pas pour le moment que l'épidémie de grippe sévissant au Mexique et aux Etats-Unis ait été précédée par un foyer de grippe porcine. Des investigations scientifiques en cours indiqueront dans quelques jours si le virus circulant chez l'homme est capable d'infecter ou non certaines espèces animales comme le porc, le poulet ou le cheval."

On constate donc ici que l'OIE envisagerait la possibilité d'une contamination de l'homme vers l'animal.

La FAO et l'OIE en visite au Mexique

Le communiqué de presse de la FAO du 27 avril 2009 titre :

 

« La FAO exhorte les gouvernements et la communauté internationale à renforcer le contrôle des populations porcines »

Ce communiqué poursuit

 

« Pour l’instant, il semble que le virus grippal se transmette d’homme à homme seulement et rien n’indique, jusqu'ici, que la nouvelle souche du virus influenza A ait été transmise directement à l’homme par les porcins. Des analyses supplémentaires sont prévues, qui permettront d'en savoir davantage.

“Il n’y a pas de preuve d'une menace sur la chaîne alimentaire; à ce stade, il s’agit d’une crise humaine et non animale, mais nous devons être vigilants et préparés”, indique M. Joseph Domenech, vétérinaire en chef à la FAO.

Selon M. Domenech, les premières mesures que la FAO et d’autres doivent entreprendre consitent à: -  vérifier si la nouvelle souche circule parmi les porcins; -  établir s’il existe des liens directs entre la maladie au sein de la population humaine et les animaux; -  et expliquer comment ce nouveau virus a-t-il réuni du matériel génétique provenant de souches grippales humaine, aviaire et porcine. »

Mais où les experts de la FAO et de l'OIE veulent-ils conduire leurs investigations ? Au Mexique :

 

« Une mission du Centre de gestion des crises FAO/OIE se rend cette semaine au Mexique pour aider le gouvernement de ce pays à évaluer la situation épidémiologique. 

La FAO a également demandé à son personnel technique à travers le monde de rester en état d’alerte maximum, de lui signaler immédiatement tout épisode d'influenza inhabituelle parmi les populations porcines et d'expédier des spécimens pour analyse aux laboratoires de référence. »

 

Le Figaro (par exemple) donne plus d'indications sur cette mission d'experts au Mexique :
 

"Nos experts vont bien entendu essayer de visiter tous les principaux sites suspects mais leur itinéraire sera établi en accord avec les autorités locales", a expliqué à l'AFP Jan Slingenbergh, un responsable du département de la santé animale de cette agence spécialisée de l'ONU.

Notre équipe sera une équipe conjointe FAO-OIE, elle sera renforcée par une épidémiologiste d'Atlanta (Etats-Unis) et elle travaillera sur place avec les experts de l'Organisation mondiale de la santé (OMS)", avait déclaré la veille Joseph Domenech, vétérinaire en chef de la FAO.


 

Le Mexique ne veut pas porter le chapeau !

L'épidémiologiste en chef du Mexique accuse l'OMS d'avoir tardé à réagir après avoir été informée de l'existence de pneumonies atypiques. Il demande une enquête.

30 avril 2009 : l'OMS décide de baptiser cette grippe A (H1N1).

Cette dénomination semble avoir été aussitôt adoptée mais le nom de baptême n'a pas été simple à attribuer : la dénomination de grippe porcine pouvant posant problème à la filière porcine, chacun s'est employé à lui trouver un autre nom : comme "grippe mexicaine" ne convenait pas au Mexique certains proposaient "grippe nouvelle", "grippe nord-américaine". Finalement, pour contourner toutes les susceptibilités, l'OMS a choisi définitivement grippe A (H1N1).

Les cyclones reçoivent des prénoms féminins comme Catherina, alors pourquoi-pas la grippe Jacqueline par exemple, en choisissant le prénom de la première femme touchée de façon reconnue par cette grippe ?


Usage des médicaments et des masques en France

Voici la mise au point du Directeur général de la santé (conférence de presse du 30 avril) :

"Le Directeur général de la santé a rappelé que les antiviraux (Tamiflu® et Relenza®) doivent uniquement être pris dès lors que les premiers symptômes apparaissent et ne constituent en aucun cas un traitement préventif. Ils sont prévus pour être donnés aux personnes malades sur prescription médicale. 33 millions de traitements antiviraux sont stockés par les autorités sanitaires françaises.

· Le Directeur général de la santé a également rappelé la doctrine des autorités sanitaires en matière de masques :

1- le port du masque chirurgical (1 milliard de masques chirurgicaux en stock) est réservé aux personnes malades afin qu’elles évitent de contaminer d’autres personnes.

2- Le port du masque FFP2 (environ 700 millions en stock) est réservé aux professionnels dont le rôle en situation de pandémie serait capital (professionnels de santé, services de secours…)."

 

 

Mercredi soir, 29 avril, l'OMS décide de relever le niveau d'alerte au niveau 5

Voir http://www.who.int/fr/ 

Définition de la phase 5 :

Phase 5 : elle se caractérisée par une propagation interhumaine du virus dans au moins deux pays d’une Région de l’OMS. Si la plupart des pays ne sont pas touchés à ce stade, la déclaration de la phase 5 est un signal fort indiquant qu’une pandémie est imminente et qu’il reste peu de temps pour finaliser l’organisation, la diffusion et la mise en œuvre des mesures d’atténuation prévues.

Les 2 pays en question sont évidemment le Mexique et les États Unis. Pour le moment, ils ne sont que 2. Jeudi soir 30 avril, la France  passe officiellement au niveau 5A.

 

 

Pas question pour le moment de commenter et de donner des analyses pertinentes sur cette épidémie ! Voici seulement quelques infos qui paraissent sûres et des liens officiels ou utiles.


Directeur général de l'OMS :                

 

  " Ce passage à une phase supérieure constitue un signal adressé aux gouvernements, aux ministères de la santé et aux autres ministères, à l'industrie pharmaceutique et à l'ensemble des entreprises pour qu'ils prennent maintenant certaines mesures avec un niveau d'urgence accru et à un rythme accéléré. "         

 

    

   

La définition des 6 phases d'alertes de pandémie par l'OMS :

http://www.who.int/csr/disease/avian_influenza/phase/fr/index.html

 

Sur la vaccination

« Le Directeur général a estimé que la production du vaccin contre la grippe saisonnière devait être poursuivie à ce stade, sous réserve d'une réévaluation suivant l'évolution de la situation. L'OMS facilitera le processus nécessaire à la mise au point d'un vaccin efficace contre le virus A/H1N1. »

Il ne sera en effet pas possible de mener de front la fabrication du vaccin saisonnier et d'un vaccin pandémique.


Voir le plan français de préparation pandémique sur

http://www.grippeaviaire.gouv.fr/IMG/pdf/PLAN_PG_2009.pdf

A partir de la page 48 et 54 sont exposées les mesures liées aux niveaux  4A et 5A qui devraient correspondre à la situation actuelle de la France (absence de cas sur le territoire). Officiellement, au 30 avril, c'est le 4A qui est en vigueur.

 

Parmi les faits avérés :

 

1- La maladie se transmet d'homme à homme par les voies respiratoires.

2- La viande de porc n'est pas contaminante.

3- Il n'existe pas de vaccin humain contre ce virus.

4- C'est un nouveau virus du type H1N1 comme pour la grippe espagnole de 1918, combinaison d'un virus aviaire, humain et porcin. Une telle combinaison n'a encore jamais été observée.

5- Deux médicaments, le Tamiflu de Roche (Suisse) et le Relenza de GSK (britannique) ont été testés efficaces in vitro sur le virus par des laboratoires des CDC américains. Du moins c'est ce qui fut dit. Notons cependant cette info du 2 mars 2009 :

"Le virus H1N1 résiste à l'oseltamivir" par RadioNews

 

Donc toute tentative pour se protéger individuellement ou de stopper la propagation par une vaccination serait illusoire. Pourtant, la mairie de Mexico avait annoncé vendredi 24 avril une campagne de vaccination...

Stratégies et appréciations différentes

Si l'OMS ne recommande pas pour l'instant de limiter les échanges internationaux, la France a déjà formulé des recommandations en ce sens vers le Mexique : voyage fortement déconseillé, sauf raisons impératives.

Au journal de la santé, sur la Cinq, Madame Van  der Werf chercheur à l'Institut Pasteur se disait préoccupée (27 avril) alors que le lendemain, Jean-François Saluzoo, expert auprès de l'OMS et chez Sanofi se disait assez optimiste, jugeant que le virus s'était montré encore peu contagieux et que l'arrivée de l'été dans l'hémisphère nord ne devrait pas lui être favorable.

Causes de l'épidémie ?

Officiellement, nous sommes dans le brouillard le plus total. Deux thèses se manifestent sur des sites indépendants :

1- Le virus serait apparu dans un élevage de porcs au Mexique en raison des concentrations excessives d'animaux, de la très mauvaise tenue de l'élevage  (carcasses laissées à l'air etc) et de la promiscuité avec des élevages de volailles : http://www.grain.org/nfg/?id=644

Le journal Le Monde publie un article (28/04/09) allant dans le même sens et sur le même élevage de porcs : " Au Mexique, l'origine de l'épidémie demeure mystérieuse"

Un échantillon prélevé sur un garçonnet a été envoyé à Atlanta. On y détecte le H1N1. La question se pose alors : comment ce virus mutant a pu se trouver dans une communauté isolée de Veracruz ?

Le journal Le parisien, conclut un article du 30 avril 2009 "Alerte maximale contre la grippe mexicaine" :

"bon nombre de scientifiques qui s’accordent à dire que cette grippe n’a de porcine que le nom. « Le génome de ce virus contient une séquence similaire à celui du porc mais, à ce jour, il n’y a pas d’animal malade », poursuit le spécialiste. Des rumeurs disent cependant l’inverse au Mexique."

Sur ce thème, on peut aussi consulter l'article du site Mondialisation sur les porcheries industrielles et plus particulièrement celle de la Gloria au Mexique.

2- Le virus serait une création de laboratoires : voir le site "Les 7 du Québec".

Et aussi : "Le virus de la grippe porcine a t-il été crée par l'homme ?"

http://sos-crise.over-blog.com/article-30920810.html

Comment savoir ?  A suivre, donc...Mais si cet élevage continue de répandre le virus il serait urgent de l'arrêter ! A moins que :

3- Le 30 avril sur Europe 1, Jean-Philippe Derenne, professeur à la Pitié Salpétrière et coauteur de "Pandémie La Grande menace" (2005 Fayard) déclare que compte tenu de la structure du virus il est plus probable qu'il provienne des USA que du Mexique et parle de la grippe nord-américaine comme il le confirmait au journal Libération le 29 avril :

"Il n'est pas tout à fait correct par ailleurs de dire «grippe mexicaine» car on n'est pas sûr que le foyer se trouve réellement au Mexique, avec de nombreux cas aux Etats-Unis et au Canada."

 

Liens officiels ou utiles

Site de l'OMS

http://www.who.int/fr/

Ou le site en anglais :

http://www.who.int/en

qui donne les dernières infos plus rapidement.


Site gouvernemental sur la grippe aviaire et la pandémie :

http://www.grippeaviaire.gouv.fr/

Site du ministère :

http://www.sante-sports.gouv.fr/

puis aller sur alertes sanitaires.

Site de l'Institut de veille sanitaire :

http://www.invs.sante.fr

Site de l'OIE

http://www.oie.int/fr/fr_index.htm

Site de la FAO

www.fao.org/index_fr.htm

La carte google des maladies dans le monde : http://healthmap.org/fr

La carte Google spéciale grippe mexicaine

http://www.internationalsos.com/pandemicpreparedness/ 

Grippe : pandémie, éthique et société :

http://www.espace-ethique.org/fr/grippe.php


Un site utile :

 

http://www.influenza-h5n1.org/

avec un tableau récapitulatif des cas qui, n'en doutons pas, sera très régulièrement et très vite mis à jour :

http://pagesperso-orange.fr/gerarddesaintmars/



Posté par BernardGue à 10:45 - Grippe et pandémie grippale - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 avril 2009

Analyser la communication : une méthode de travail fructueuse

Application de la méthode au décès par rougeole en France

L'objectif de cet article est de montrer comment il est possible d'arriver à des conclusions intéressantes en analysant la communication faite sur une affaire de santé. L'exemple choisi est la communication sur le décès par rougeole survenu fin janvier 2009 en France.

La communication sur ce décès par rougeole peut laisser très perplexe  : bien qu'on ne nous ait rien dit sur les conditions et causes de ce décès (ce qui peut être tout à fait normal car elles appartiennent à la famille que l'on peut respecter), il a été aussitôt exploité pour booster la campagne de vaccination contre la rougeole et culpabiliser les parents qui ne font pas faire ce vaccin, c'est à dire le ROR.

Cette instrumentalisation d'un événement familial malheureux donne alors à tous et à chacun le droit et le désir d'en savoir un peu plus. L'enfant avait-elle été vaccinée ou pas ? Et si non, pour quelles raisons ? Opposition de la famille, négligence, contre-indication, autant de questions restées sans réponses et dont nous pourrions accepter qu'elle soient sans réponse pour nous.

Mais si les autorités veulent utiliser de tels événements pour justifier des objectifs de campagne de vaccination, elles devraient d'abord nous informer sur ces conditions qui pourraient changer considérablement l'interprétation.

Or, la communication sur ce décès a donné lieu à des non-dits et des incohérences qui interpellent fortement. L'ensemble de cette communication conduit à penser que soit cette enfant était vaccinée soit elle avait une sérieuse contre-indication au vaccin.

J'ai rassemblé ci-dessous les éléments qui conduisent à conclure ainsi.

Il s'agira du même coup  de peaufiner une méthode de travail* pouvant permettre d'aller plus loin que les informations et affirmations directement transmises pour ceux (fort nombreux) qui n'ont pas accès à toutes les données d'une affaire (c'est mon cas).

*Avoir une méthode de travail bien rodée pourrait s'avérer utile  s'il devenait nécessaire d'y voir plus clair dans cette nouvelle affaire sanitaire déclenchée par la grippe porcine.

 

Premier constat :

Le communiqué du 30 janvier 2009 de la préfecture de Haute-Savoie annonçant le décès faisait état d'un contexte d'enfants et d'adultes non ou mal vaccinés sans indication sur le statut vaccinal du décès.

Les 3 bilans provisoires de l'InVS des 29 janvier, 13 février et 20 avril mentionnent ce décès par encéphalite mais ne disent rien sur son statut vaccinal.

Dans son éditorial présentant le calendrier vaccinal 2009, Daniel Floret, président du CTV, mentionne ce décès sans aucune allusion à son statut vaccinal.

Quatre ans auparavant, Daniel Floret présidait l'élaboration du plan d'élimination de la rougeole en France. Ce plan officiel formule la recommandation tactique suivante, page 9 :

« il ne faut pas manquer l’occasion de communiquer sur les épidémies récentes en France et dans les pays voisins, en citant les cas d’enfants ayant subi les méfaits de la rougeole du fait de leur statut non vacciné."

Second constat :

InfoVac France n'a rien dit sur le statut vaccinal de l'enfant alors que son jumeau en Suisse a affirmé qu'elle n'était pas vaccinée*.

Ce constat se prolonge à l'identique quand on compare sur leurs sites les grands journaux français qui n'ont pas communiqué sur le statut vaccinal de l'enfant contrairement aux journaux suisses qui ont affirmé sa non vaccination.

*Ces 2 sites avaient parlé de ce cas dans leur  rubrique Actualité dont ils ne semblent pas conserver d'archives accessibles.

 

Face à ces constats, les questions suivantes se posent :

1- Pourquoi le statut vaccinal de cette enfant est-il systématiquement occulté en France ?

2- Comment les médias suisses et InfoVac Suisse ont-ils eu connaissance de ce statut ?

3- Si cette enfant n'avait effectivement pas été vaccinée, pourquoi ce fait n'a-t-il pas été mentionné  dans les déclarations citées alors qu'il est officiellement recommandé de le faire en pareil cas dans un document élaboré sous la direction de notre actuel président du CTV qui a lui-même communiqué sur le cas ?

Étudions 2 hypothèses :

Hypothèse 1 : l'enfant était vaccinée

En pareil cas on comprend le silence côté français. La preuve étant détenue par les parents, ceux-ci pourraient lâcher le morceau en montrant les certificats, ce qui serait fâcheux pour nos institutions. Ce serait moins gênant côté suisse car la famille est française et les autorités n'étaient donc pas impliquées dans cette affaire.

 

Hypothèse 2 : l'enfant n'était pas vaccinée

Il faut alors se demander pour quelles raisons. Si c'était des opposants fermes à la vaccination, le statut vaccinal aurait certainement été communiqué en insistant même sur ce caractère d'opposants.

Si c'était par négligence les communiqués ne se seraient sans doute pas privés non plus de signaler l'absence de vaccination puisque cela est officiellement prévu.

Reste la contre-indication : l'enfant pouvait avoir une contre-indication notoire*. Inciter la population à accepter la vaccination en s'appuyant sur un décès non vacciné pour raison de contre-indication serait sans doute jugé peu propagandiste. Donc il n'était pas envisageable pour les autorités de mentionner cette contre-indication.

* Contre-indications absolues :

  • Allergie aux protéines de l'oeuf.

  • Allergie à la néomycine.

  • Déficits immunitaires congénitaux ou acquis, car il s'agit de virus vivants atténués.

Il y avait alors 2 options : soit parler seulement de la non-vaccination de l'enfant soit ne pas faire état de son statut vaccinal. Nous avons eu droit aux 2 variantes de part et d'autre de la frontière.

 

Première conclusion

Il semble qu'il n'y ait que 2 solutions permettant d'expliquer les déclarations observées en France : soit l'enfant était vaccinée soit elle avait une contre-indication sérieuse.

 

Dans ce dernier cas, on pourrait même envisager que la raison de santé interdisant la vaccination et celle qui a précipité le décès seraient une seule et même cause. Autrement dit, cette enfant pouvait être condamnée soit à connaître de graves dommages en raison du vaccin soit en raison de la maladie si elle était contaminée.

 

Si on admet qu'InfoVac Suisse n'aurait pu affirmer une contre-vérité mais seulement des demi-vérités, on peut alors opter résolument pour la contre-indication.

 

La Tribune de Genève rapporte le 5 février 2009 sur son site [3] :

 

« Et pourtant, déplore la vaccinologue Claire-Anne Siegrist, un vaccin aurait sauvé la jeune fille. »

 

Un vaccin l'aurait sauvé ? Pas si elle avait une contre-indication sérieuse...Les vaccinologues ignoreraient-ils qu'il puisse exister des contre-indications ? Imaginons par exemple qu'un autre enfant de la famille ait eu une réaction violente après son vaccin contre la rougeole et que le médecin, jugeant que la cause pourrait être génétique, pose une contre-indication ferme aux autres enfants de la fratrie. Est-ce totalement invraisemblable ? (Voir un témoignage en annexe)

 

Il devient alors possible d'avoir une autre lecture du communiqué de la préfecture : ce décès survient dans un contexte d'enfants et d'adultes non ou mal vaccinés nous dit-il. Ce serait donc le contexte qui devait protéger l'enfant et non le vaccin qu'elle ne pouvait recevoir.

 

Sous cette hypothèse de contre-indication on peut alors mesurer la différence entre l'attitude française et celle affirmée en Suisse. Il y avait alors sur ce cas matière à argumenter en faveur de la vaccination en avançant la protection collective qu'on veut lui attribuer. Mais faute d'avoir voulu, sous l'hypothèse de la contre-indication, en faire état pour ne pas jeter le trouble dans les esprits, on en arrive à une communication des plus troublantes par ses non-dits et des plus incohérentes sans même avoir à jeter un coup d'œil au dessus d'une frontière dont le net et le virus se moquent totalement.

 

Résultats : d'odieuses injures aux parents qui même s'ils ne les ont pas toutes lues ou entendues pourraient les laisser meurtris pour longtemps.

 

Le déchaînement contre les parents sur internet

Malgré l'ignorance du statut vaccinal de l'enfant, des motifs de ce statut et des raisons médicales de ce décès, certains s'en sont pris à cette famille avec une violence verbale inouïe dans des forums associés à des articles de journaux ou sur d'autres sites :

 

Par exemple sur le site des étudiants en médecine de France [1] : après avoir lancé le sujet en reprenant  une info ne précisant pas le statut vaccinal de l'enfant, c'est le déchaînement contre ces parents qui ont perdu leur enfant pour ne pas l'avoir délibérément fait vacciner :

"Et quand ils ne meurent pas, ils risquent le handicap psychomoteur gravissime à vie...Je ne comprends pas comment des parents responsables peuvent refuser de vacciner leurs enfants contre la rougeole en prétendant que les vaccins, c'est le poison. Est-ce un manque d'information ? Ou plus malheureusement une bêtise brute ?"

 

Ou encore un site qui fustige toutes les médecines parallèles et qui, après avoir rapporté une info neutre sur le statut vaccinal de l'enfant, s'excite en ces termes (en rouge dans le texte) :

 

« Un exemple des effets néfastes de la propagande des anti-vaccinations et de la crédulité de leurs victimes. On remarque que le cas s'est déclaré à 40km du siège social* d'une de ces associations de nuisibles. Est-ce simplement une coïncidence ? »

 

* Il est possible qu'il s'agisse d'une école Steiner.

 

Ce ne sont que des échantillons, tous écrits par des personnes qui non seulement ignorent tout de l'affaire mais ne se posent aucune question sur elle. On peut alors se demander quel niveau aurait été atteint dans ce domaine s'il avait été affirmé par le communiqué de la préfecture que l'enfant n'était pas vaccinée, à plus forte raison s'il avait été mentionné que les parents étaient des opposants aux vaccinations, voire des militants actifs.

 

Les ultravaccinalistes qui agissent ainsi ont-ils conscience de ce qu'ils font ? Mais leur comportement est aussi l'une des conséquences délétères de  toute une propagande qui commence au moins à l'école primaire. On espérerait plus de réflexion et de tempérance de la part de nos futurs médecins que les propos tenus sur leur site. Mais ils sont aussi "fabriqués" pour réagir ainsi.

 

Au nom de la protection de l'enfance

Tout cela sous couvert du devoir de protection des enfants. Que ne fait-on au nom de cette protection* ! L'affaire d'Outreau en fut une démonstration. Ce ne fut pas une affaire de trop cette affaire d'Outreau car elle révéla surtout, si on voulait bien regarder, les couacs provoqués par notre cerveau lymbique quand des événements sollicitent les programmes ancestraux qui s'y trouvent. L'un d'entre-eux, qu'on pourrait nommer le programme "justice de Far West", se mobilise dès qu'on désigne des coupables à la vindicte populaire. La jouissance éprouvée par nos ancêtres devant des exécutions sommaires remonte à la surface et nous pousse à la satisfaire dans "l'exécution" des personnes désignées.

 

Il faut savoir que ce programme est très puissant et que beaucoup ne se maîtrisent pas suffisamment pour en contenir les manifestations. C'est pourquoi il faudrait que les responsables y regardent à deux fois avant de désigner publiquement des coupables. Mais ont-ils conscience des forces obscures qu'ils risquent ainsi de déclencher ?

 

* Par exemple encore, dans le cadre de la loi sur la protection de l'Enfance, le vote définitif, le 22 février 2007, d'un texte classant dérive sectaire le refus de BCG obligatoire pour les enfants !!! De même pour le DTP...

 

Faute d'une communication suffisamment précise et claire, ces malheureux parents ont ainsi été exposés à de multiples manifestations  d'internautes saoulés de propagande et de slogans simplistes qui pensaient détenir en cet événement les preuves de leurs certitudes


Pourquoi la prudence française ?

Côté français on s'est montré plus prudent que côté suisse en ne donnant pas le statut vaccinal de l'enfant. Pourquoi ? Il faut noter que côté français il s'agissait d'abord d'autorités ou d'une agence sanitaire alors que les autorités suisses n'étaient pas concernées par ce décès. Il faut aussi noter que  c'est la famille qui détient les preuves de la vaccination ou de la contre-indication, selon l'hypothèse retenue, et qu'elle pourrait les révéler si elle était par trop harcelée. Ceci  pourrait peut-être expliquer cela.

 

Toutes ces réactions montrent aussi que la disposition du plan d'élimination de la rougeole qui prévoit de communiquer sur les méfaits de celle-ci quand elle frappe des non vaccinés (mais pas quand elle touche des vaccinés...) pourrait être une disposition délicate à utiliser, voire dotée d'un effet boomerang. La preuve : même l'auteur de cette recommandation n'a pas osé en faire usage dans ce cas en ne mentionnant pas dans son éditorial que l'enfant n'était pas vaccinée.

 

 

 

[1] http://www.e-carabin.net/showthread.php?p=1093614

[2] http://sens-commun.blogspot.com/2009/01/une-adolescente-de-12-ans-decede-de-la.html

[3] http://www.tdg.ch/geneve/actu/decede-hug-suites-rougeole-2009-02-04

 

                                                            Annexe

 

Sur la même page de La Tribune de Genève, dans les commentaires, on trouve des "témoignages". Bien sûr, n'importe qui peut inventer des accidents de vaccination ou de non vaccination à volonté. Mais allez les lire quand même :

 

« Je suis une maman qui a vacciné ses deux premiers enfants de tout, la seconde est entrain de sortir de l'autisme. Elle est quasiment guérie, mais quelle galère. »

 

Voir sur le site la suite du message posté le 05.02.2009 - 15:47 

 

Voir aussi celui du 05.02.2009 - 09:56 où une maman raconte que sa fille a fait une rougeole grave 1 an après avoir été vaccinée.

 

Posté par BernardGue à 12:03 - La rougeole - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 avril 2009

Le calendrier vaccinal 2009 est arrivé

Privilège exceptionnel, le nouveau calendrier vaccinal a été mis en ligne avec un jour d'avance, ce lundi 20 avril au lieu du mardi jour habituel pour la sortie du BEH. Il s'agit bien sûr d'être en phase avec le début de la semaine de la vaccination. Si des vaccinations pourront être proposées gratuitement, comme la dégustation des vins dans les foires, espérons que ce ne sera pas la grande braderie des arguments...

 

Mais que dit ce nouveau calendrier [1] ?

 

La Rougeole

(D'autres aspects du calendrier vaccinal seront abordés plus tard)

 

Ce calendrier débute par l'éditorial de Daniel Floret président du CTV. Comme la reine de la semaine sera la vaccination contre la rougeole, il se devait d'en parler et bien sûr il fait allusion au décès :

Sur le décès

"Une fillette est malheureusement décédée d’une encéphalite."

Mais il ne donne pas le statut vaccinal de cette enfant, tout comme le communiqué de presse de la préfecture de Haute-Savoie du 29 janvier qui parlait d'un contexte d'enfants et d'adultes mal vaccinés ou encore le bilan de janvier 2009 publié  : il signale ce décès par une encéphalite aiguë sans en dire plus.

 

En 2005 Daniel Floret avait présidé à la réalisation du plan officiel [2] d'élimination de la rougeole en France. On pouvait y lire, page 9 :

"Puisque la rougeole peut être perçue par certains comme une maladie « invisible » et/ou bénigne, il ne faut pas manquer l’occasion de communiquer sur les épidémies récentes en France et dans les pays voisins, en citant les cas d’enfants ayant subi les méfaits de la rougeole du fait de leur statut non vacciné."

Et s'ils ont été vaccinés ?

Compte tenu de cette directive quasi officielle, la question se pose vraiment ici à propos de ce décès : est-il vraisemblable de penser que si l'enfant n'avait pas été vaccinée ils se seraient privés de le dire officiellement ?


La rougeole en 2008

Bien sûr, il ne faut pas s'arrêter à ce décès et fonder une politique vaccinale sur un cas malheureux, quelque soit son statut vaccinal. Daniel Floret dresse aussi un tableau de la rougeole en 2008 en France :

 

« L’année 2008 a été marquée en France par une très forte résurgence de la rougeole. Alors que cette maladie semblait avoir disparu (une quarantaine de cas déclarés en 2006 et 2007), près de 600 cas ont été notifiés en 2008 ce qui, compte-tenu du non respect de l’obligation à déclarer, laisse à penser que plusieurs milliers de cas sont survenus ».

 

Si plusieurs milliers de cas sont survenus sans être déclarés c'est sans doute qu'ils étaient bénins, en tout cas non hospitalisés. Ainsi quand il écrit que

« 19 % des cas déclarés et 54 % des adultes ont été hospitalisés »

cela peut paraître impressionnant mais ces pourcentages n'exprimeraient nullement la réalité, il faudrait aussi le souligner.

Le président du CTV insiste aussi dans son éditorial sur la rougeole qui toucherait tout particulièrement les écoles confessionnelles dont les enfants seraient peu vaccinés :

« Des flambées épidémiques ont été observées dans des écoles (notamment des écoles confessionnelles où les enfants sont très peu vaccinés) »

Mais le bilan provisoire publié le même jour par l'InVS indique que les autres écoles sont tout autant touchées :

« Beaucoup de foyers ont concerné des collectivités scolaires (confessionnelles et non confessionnelles) et leurs fratries »

Le président du CTV prend ses informations dans les bilans établis par l'InVS. Il ne serait plus dans son rôle s'il en arrivait à s'engager en orientant ainsi les bilans établis. En Suisse, le bruit avait été lancé que la jeune française décédée de la rougeole était scolarisée dans une école Steiner suisse alors que le communiqué de la préfecture de Haute-Savoie précise  qu'il s'agissait d'une

« fillette de 12 ans, scolarisée dans un collège de Haute-Savoie...Les personnels, parents et élèves de l'établissement scolaire qu'elle fréquentait ont été informés. Les services de médecine scolaire vont procéder à une vérification et une mise à jour sera proposée pour les enfants qui ne seraient pas complètement vaccinés »

Il est vrai qu'en France comme en Suisse certains voudraient "avoir la peau" des écoles Steiner. On peut penser ce qu'on veut de ces écoles, mais de là à falsifier ainsi la réalité il y a un pas à ne pas franchir.

* Voir la polémique sur la rougeole et les écoles Steiner en Suisse : "Ecole Steiner : elle propage la rougeole".

Voir aussi  l'école Steiner exporte la rougeole  ou un autre point de vue par un groupe médical suisse de réflexion sur les vaccins.


 

L'évolution de l'épidémiologie de la rougeole

Le président du CTV décrit aussi la réalité du déplacement de la maladie :

 

« La rougeole n’est plus une maladie du jeune enfant : un tiers des cas déclarés est âgé de plus de 15 ans. Des cas ont également été observés chez des nourrissons de 3 à 9 mois. La rougeole est plus grave chez l’adolescent, l’adulte et le jeune nourrisson. »

J'ai souvent parlé de ce phénomène au processus parfaitement élucidé. Il est une conséquence de la vaccination contre la rougeole et des limites du vaccin qui ne peut immuniser tous les vaccinés ou ne les immunise pas aussi longtemps qu'on a voulu le dire ou le croire. De nombreuses études de part le monde ont établi cela quoiqu'on en dise.

Bien sûr, Daniel Floret est dans son rôle en désignant l'insuffisance de la couverture vaccinale comme responsable de la situation :

« nous avons accumulé durant ces 25 années un réservoir de plusieurs centaines de milliers (voire davantage) de sujets qui ont échappé à la fois à la vaccination et à la maladie. Ces personnes risquent maintenant de présenter la rougeole à un âge où le risque de complications est élevé.»

C'est certain, mais nos experts devraient savoir qu'on ne peut lancer ainsi toute une population dans une vaccination généralisée contre une maladie très souvent bénigne sous nos latitudes,  que les parents ont connue, et dont le vaccin a été suspecté en Grande Bretagne et aux USA de déclencher l'autisme.


Les cas en règle avec le calendrier

Mais tout cela n'est qu'une partie de la réalité : l'autre partie est que des personnes parfaitement en règle avec le calendrier vaccinal font aussi des rougeoles comme un enfant de 9 ans à Nice en 2008. Il avait pourtant reçu ses 2 doses comme l'atteste le bilan de l'InVS [3].

Dans son bilan sur 24 mois (juillet 2005-juin 2007) publié dans le BEH du 25 décembre 2007 [4], l'InVS  affirme que 62,6% des cas étaient non vaccinés. C'est vrai, mais ce qu'elle n'explicite pas c'est qu'au moins 60% des cas étaient en règle avec le calendrier. Le président du CTV fait de même :

 « Parmi les cas déclarés dont le statut vaccinal est connu, 88,5 % n’étaient pas vaccinés et 9 % n’avaient reçu qu’une dose. » 

Cette méthode d'investigation qui consiste à dire si les cas étaient vaccinés ou pas (sauf quand ça pourrait déranger, comme pour  le décès), n'est absolument pas satisfaisante. Elle conduit à regrouper des nourrissons de 3 mois qu'il n'est pas possible de protéger par le vaccin à cet âge avec des personnes de 56 ans qui, comme en 2008, ont pu à cet âge faire la rougeole (en l'ayant très probablement déjà faite) et qui ne sont évidemment pas vaccinées. Ou encore des personnes nées en 1985 par exemple et qui ont, très normalement, qu'une seule dose.

* Record battu puisque le dernier bilan rougeole publié ce jour 20 avril 2009 par l'InVS fait état d'un cas de 76 ans ! Bien entendu, impossible de savoir s'il avait déjà eu la rougeole... 

 

En 2008, une trentaine de nourrissons de moins d'un an, dont plusieurs de 3 mois, ont fait la rougeole, ce qui est très préoccupant aussi jeune. Cela signifie sans doute que leurs mères ne les avaient pas immunisés. Il serait donc très intéressant de connaître le statut de ces mères par rapport aux recommandations vaccinales et à la rougeole.

Le calendrier fixe l'âge de 12 mois pour la première dose, 9 si l'enfant entre en collectivité et 15 pour la seconde mais il serait utile que le médecin tienne compte du statut de la mère avant  de vacciner l'enfant car la vaccination sera inopérante si l'enfant dispose encore des anticorps maternels. Si la mère a eu la rougeole à 12 ans et son bébé à 20 ans il n'est pas forcément très judicieux de le vacciner à 9 mois sous prétexte qu'il entre en collectivité : le vaccin risque alors d'être inefficace. Le calendrier propose des dates pour tous mais cela n'est pas judicieux.

Le problème essentiel est d'abord de savoir s'il sera possible d'éradiquer mondialement la rougeole car sa seule élimination de certains pays et son maintien dans d'autres pourrait s'avérer catastrophique. Citer l'exemple de la Finlande qui a éliminé la rougeole n'est pas un bon exemple car ce pays reste encore isolé, ce qui n'est pas le cas de la France en contact permanent avec l'Afrique.


Limites d'efficacité du vaccin contre la rougeole

Voici des extraits d'une thèse relatant de nombreuses études sur la vaccination contre la rougeole (Grenoble 2002) [5]. L'auteur est une biologiste qui a en particulier travaillé sur le virus de la rougeole à l'Institut Pasteur de Yaoundé au Cameroun :

 

"Une épidémie de rougeole s’est déclarée aux États Unis dans une population où 99% des enfants avaient été vaccinés (Gustafson; 1987). Ces échecs peuvent s'expliquer quand le vaccin est administré aux enfants de moins de 12 mois (Shaby, 1977) en présence des anticorps maternels contre la rougeole (Barrata, 1970). On estime que ces anticorps ont généralement disparu à 12 mois mais ils persistent encore plusieurs mois chez certains enfants et diminuent l’efficacité de la vaccination. Le taux de décroissance des anticorps maternels est inversement corrélé au niveau socioéconomique.

 

La rougeole qui sévit dans les populations vaccinées est différente de la rougeole classique. Elle présente parfois des formes asymtomatiques ou des signes cliniques atténués. Le diagnostic clinique s’avère très difficile, ce qui augmente considérablement le nombre de personnes malades qui échappent au diagnostic. Le virus de la rougeole peut alors circuler sans être détecté dans une population vaccinée, ce qui augmente faussement l’estimation de l’efficacité de la vaccination (Orenstein  1988)."

 

"Plusieurs études mettent en évidence une diminution significative du taux d’anticorps avec le temps. Paradoxe entre la grande efficacité du vaccin contre la rougeole et l’apparition des épidémies soutenues au sein des populations vaccinées. Il existe une différence d’antigénicité significative entre certaines souches sauvages et les souches vaccinales, qui rend les premières plus résistantes aux anticorps induits par la vaccination. De telles souches seraient à l’origine de l’infection observée dans les populations vaccinées (page 130). Le passage du virus de la rougeole dans les populations vaccinées exposerait le virus à une immunosélection et à la production de variants qui seraient éventuellement moins efficacement neutralisés par l'immunité induite par le vaccin (page 76)."


"Les mères immunisées par la vaccination ont peu d’anticorps et sont donc prédisposées à transmettre un faible taux d’anticorps à leurs enfants (Markowitz, 1996 ; Zanetta, 2002). Les enfants nés de mères vaccinées perdent plus tôt leurs anticorps maternels et sont donc susceptibles à un très jeune âge."


"La vaccination ROR induit des taux de séroconversion plus faible chez des enfants âgés de 15 à 18 mois, enrhumés, par rapport à des enfants non enrhumés (Pabst, 1992 ; Maldonado, 1995).  En Chine, on a observé une diminution des anticorps pendant les quatre années suivant l’administration du vaccin. Huit ans après la vaccination, 12,9% des sujets n’avaient pas d’anticorps détectables (Xiang & Chen, 1983)."


"Le VIH augmente la transmission du virus de la rougeole et empiète sur les efforts d’éradication de cette maladie : la prévention est entravée par l’immunogénicité réduite du vaccin contre la rougeole chez les personnes infectées par le VIH.  (Oxtoby,1989). La période de contagion est rallongée chez les sujets immunodéprimés (plus de 45 jours)."

 

"Au regard de toutes ces études,nous pouvons dire que l’immunité acquise par le vaccin contre la rougeole semble être un continuum, allant d’une protection totale et durable à une protection minimale ou nulle, en passant par une protection partielle ou temporaire. Cette flexibilité de la réponse immunitaire est responsable de la circulation occulte du virus de la rougeole dans la population vaccinée."


[1] http://www.invs.sante.fr/beh/2009/16_17/beh_16_17_2009.pdf

[2] http://www.euvac.net/graphics/euvac/pdf/plan_france_fr.pdf

[3] http://www.invs.sante.fr/surveillance/rougeole/rougeole_nice_28mai2008.pdf

[4] http://www.invs.sante.fr/beh/2007/51_52/beh_51_52_2007.pdf

[5] http://hvd.ens-lyon.fr/human_virology_dpt/teams/gs_immunoviro/theses/these-diane-waku/attachment_download/file


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19 avril 2009

Prevenar : la pharmacovigilance décide de casser le thermomètre !


 

Oui, notre Commission nationale de pharmacovigilance a décidé d'arrêter la surveillance des effets indésirables du vaccin Prevenar alors qu'il existe beaucoup d'inconnues et d'interrrogations à son sujet ! C'est au cours de sa réunion du 27 janvier 2009 que cette Commission a pris cette incroyable décision à l'unanimité  :


 

« Au vu des données actualisées de pharmacovigilance, la Commission Nationale de Pharmacovigilance a voté à l’unanimité (27 voix) en faveur de l’arrêt du suivi national de pharmacovigilance de Prévenar »

Cette décision est d'autant plus surprenante que 100 jours auparavant, le Haut conseil de santé publique  (HCSP) rendait  un avis (17 octobre 2008) [3] où le HCSP insistait sur l’importance de poursuivre... le suivi de la pharmacovigilance !!!

 

* On peut aussi lire un article détaillé sur le même sujet sur Pharmacritique


Est-ce à dire que tout serait devenu soudain tout rose dans le monde du Prevenar au point qu'on puisse se permettre de ne plus en surveiller les effets alors que ce vaccin est encore très récent ? Non, loin de là bien sûr et il existe encore beaucoup d'inconnues comme on va le voir. La surveillance de ce vaccin porte sur 2 aspects très différents :

1- Sa capacité à réduire de manière durable  les infections invasives à pneumocoque;

2- La nature, la fréquence et la gravité des effets secondaires.

 

Il existe de nombreuses souches de pneumocoques et le vaccin Prévenar pour les enfants correspond à 7  sérotypes : 4, 6B, 9V 14, 18C, 19F et 23F  alors qu'il existe un vaccin avec 23 valences pour les adultes et qu'il y a plus de 90 sérotypes de pneumocoques. Aussi, l'une des interrogations majeures avec l'utilisation généralisée du Prévenar est de savoir s'il pourrait favoriser des souches non contenues dans le vaccin.

Il a obtenu une AMM pour la vaccination des enfants de 2 mois à 2 ans alors que Pneumo23 est prévu pour les enfants de plus de 5 ans et les adultes. Entre les deux, c'est à dire pour les enfants ayant de 2 à 4 ans inclus, le calendrier vaccinal préconise la vaccination avec 2 doses de Prevenar à 2 mois d'intervalle puis une dose du vaccin à 23 valences au moins 2 mois après.

L'objectif de la vaccination Prevenar est de prévenir des maladies invasives à pneumocoques comme des méningites, des septicémies et des pneumonies.


 

Efficacité du Prévenar

 

Elle paraît difficile à évaluer pour plusieurs raisons : d'une part le nombre de cas est faible et d'autre part une action sur les souches contenues dans le vaccin peut favoriser l'émergence d'autres souches. De ce fait il devient difficile d'apprécier d'une part si les diminutions observées sont liées au vaccin (absence de significativité en raison des nombres trop faibles) et d'autre part si les bénéfices qu'on pourrait attribuer au vaccin ne sont pas perdus par l'émergence des autres souches.

 

Il est reconnu

 

« Aucune étude contrôlée prospective n'a pu être réalisée pour juger de l'efficacité du vaccin contre les méningites à pneumocoque du fait de leur trop faible incidence »


 

Ainsi, aux journées de veille sanitaire de novembre 2007 Christian Perronne, ancien président du CTV et du CSHPF, président de la commission sécurité sanitaire du HCSP,  avait déclaré qu’on a sur ce vaccin une expérience limitée dans le temps avec 800 000 vaccination par an aux USA où on a observé une décroissance de la mortalité (30 cas en moins par an) par infection invasive à pneumocoque. Mais aussi une perte du bénéfice chez les Inuits d’Alaska après quelques années d’utilisation : absence de diminution de la mortalité globale par les infections invasives à pneumocoques avec accroissement de l’incidence chez les sujets jeunes immunodéprimés.

En France on a noté une réduction de 7 cas chez l’enfant mais avec une légère augmentation des infections à pneumocoques tous âges confondus.


 

La Commission de pharmacovigilance distingue :

1- Les échecs directs du Prévenar

C'est à dire des enfants vaccinés et qui ont malgré cela fait une infection à pneumocoques par une souche incluse dans le vaccin. Ces échecs sont au nombre de 4 parmi les 77 cas enregistrés.

2- Les échecs indirects

C'est à dire les cas liés à l'émergence de souches non incluses dans le vaccin et favorisées par l'affaiblissement des souches sur lesquelles le vaccin est actif. Il s'agit tout particulièrement du sérotype 19A,  17 cas sur 77.


La Commission nationale de pharmacovigilance note chez les enfants de moins de 2 ans :

 

    - une stabilisation des méningites à pneumocoques en 2007 après une diminution non significative entre 2005 et 2007.

    -   une diminution significative des méningites dues à des sérotypes vaccinaux entre 2001 et 2007.

    - l'émergence de souches de remplacement, particulièrement le sérotype 19A, qui représentent 22% (17/77) des méningites chez l'enfant de moins de 2 ans en 2007.


 

La Commission juge que

 

« l’émergence du sérotype 19A est préoccupante dans la mesure où il s’agit d’un pneumocoque virulent qui est souvent mis en cause dans les syndromes hémolytiques et urémiques associés aux infections graves à pneumocoques. »


 

Effets secondaires graves

 

La Commission dresse le bilan des notifications graves rapportées au décours de l'administration du Prevenar entre le 1er octobre 2004 et le 31 décembre 2007, soit sur une période de 39 mois, qu'elle compare à la période d'observation du 28 février 2003 au 30 septembre 2004. A aucun moment elle n'envisage le rôle et l'importance de la sous-notification.


 

Il y a eu un total de 221 réactions postvaccinales notifiées pour plus de 7,8 millions de doses vendues, parmi lesquelles :

 

1- des méningites à pneumocoques (19%)

2- des convulsions (12%)

3- de la fièvre (9%)

4- 10 cas de purpura thrombopénique (4,5%)

5- 6 cas de purpura vasculaire (2,7%)

6- 4 cas de maladie de Kawasaki (1,8%)

7- 11 cas de mort subite (4,9%)

 

Cela ne signifie pas que Prevenar serait responsable de tous ces événements indésirables mais la Commission note que

sur l'ensemble des ces 221 cas notifiés le Prevenar était le seul médicament suspect dans 37% des cas. De plus, l'événement indésirable a récidivé lors d'une injection suivante dans 6 cas : 

 

il s'agissait d’apnée (1), de convulsion fébrile (1), de fièvre (2), de bronchiolite (1) et d'oedème localisé (1).

 

La guérison a été constaté dans 147 cas. Il y a eu des séquelles dans 15 cas (4 auditives, 4 neurologiques, auditive et neurologique 1, retard psychomoteur 3, boiterie 1, non précisée 2). Il y a eu aussi 12 cas de décès (mort subite exclue): pour 11 d'entre eux il s'agissait d'une complication d'une infection invasive à pneumocoque et un choc (anaphylactique ?) pour le douzième.


 

Dans sa discussion la Commission considère que la comparaison entre les 2 périodes d'observation montre une stabilité des effets indésirables. Elle note cependant :


 

« L'incidence de notification des purpuras thrombopéniques, tout en restant très basse, semble être en augmentation passant de 0.05  à 0.13 .Elle pourrait constituer un signal dans la mesure où Prévenar® n’était associé au ROR Vax® que dans un cas, que le délai médian de survenue (1-20 jours) est très compatible avec le rôle du médicament et que cet effet est potentiellement grave. »

 

Elle note aussi que

 

« l'incidence de notification des infections invasives à pneumocoques a légèrement augmenté, passant ainsi de 0.59  à 0.76. Cette augmentation concerne également les échecs du Prévenar® (sérotype vaccinal confirmé en dépit d'une vaccination complète) absents dans la période précédente de l’étude. »


 

On pourrait penser que ces 2 derniers constats devraient être suffisants pour justifier le maintien de la surveillance. Mais non ! C'est à l'unanimité que la Commission a alors voté l'arrêt de la surveillance des effets indésirables du Prevenar !!!


 

Des témoignages 

 

Il suffit d'aller sur des blogs où les mamans témoignent pour avoir une idée plus explicite des drames vécus par les familles [2] :


 

 

« Mon fils de 2 ans est dans le coma depuis 3 mois deux jours après le vaccin PREVENAR( 4eme injection ). Les médecins disent que c'est une encéphalite d'origine inconnue car il n'y a aucun virus ou bactérie dans les analyses !! Il est resté 80 jours en réanimation avant le transfert vers un centre de réadaptation.   
C’est un BB qui était en pleine forme sans problème de santé particulier, tout a commencé 30 heures après le vaccin…Les IRM sont catastrophiques et le diagnostic n'est pas optimiste. Pour le moment il fait des petits progrès mais pas de moyen de rentrer en contact avec lui. Actuellement il respire seul mais il est toujours inconscient. Notre vie est un calvaire depuis 3 mois. »


 

 

« Maman de 3 enfants, je ne connaissais pas le vaccin prévenar lorsqu'il m'a été fortement conseillé pour ma dernière. Il se trouve qu'elle a fait une complication importante après la 3me injection (elle avait 6 mois), en effet elle a fait des crises de convulsions assez compliquée et ce qui est plutôt inhabituel chez d'aussi jeunes enfants. Il a bien été reconnu que le vaccin prévenar était en cause. Aujourd'hui ma fille a 18 mois et est surveillée de prés par un neuro pédiatre car il est probable qu'elle ait des séquelles de ses convulsions. Elle bénéficie d'un traitement anticonvulsif à ce jour (DEPAKINE).

Apparemment je ne suis pas la seule dans ce cas aux vues des infos que j'ai pu glaner chez les médecins mais  ils sont dans le secret médical donc silence. Il n'existe pas encore d'association je le pense mais je trouve ça dommage car les langues vont commencer à se délier et on risque d'avoir bien des surprises. Je me sens trop seule et pas assez solide pour mener un combat de fer contre tout ça et en même temps quand je repense à ce que j'ai vécu je voudrai tellement épargner d'autres victimes. D'après moi et je me lance tant pis cela peu aller jusqu'au décès de l'enfant. Maëlle était en arrêt respiratoire quand elle a été emmenée par les pompiers aux urgences. »


 

 

[1] http://www.afssaps.fr/var/afssaps_site/storage/original/application/ab6de4eceefb6b2645865f74256fbaeb.pdf

 

[2] http://www.confidentielles.com/ttopic-36814-LES-RISQUES-LIES-A-LA-VACCINATION-AVEC-PREVENAR.htm

[3] http://www.hcsp.fr/hcspi/docspdf/avisrapports/hcspa20081017_schemaVaccVPC7.pdf

 

Autres articles sur le Prevenar sur ce blog :

 

Le vaccin contre le pneumocoque favorise-t-il les souches non vaccinales ?

 

Prevenar : une injection vaccinale supprimée pour les nourrissons

Posté par BernardGue à 11:02 - La méningite - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 avril 2009

Un vaccin pandémique obtient une AMM européenne

 


L'Agence européenne du médicament vient d'accorder une AMM au vaccin pandémique Celvapan. Ce vaccin ne pourra cependant être commercialisé que si une pandémie était officiellement déclarée. Ce vaccin est produit par la société tchèque Baxter.

On peut consulter le sumé du rapport européen public d'évaluation (EPAR). On y apprend que

« Celvapan est un vaccin administré par injection. Il contient des virus de la grippe qui ont été inactivés (tués). Celvapan contient une souche de grippe appelée A/VietNam/1203/2004 (H5N1). »


« Il ne doit être utilisé que lorsqu’une pandémie de grippe a été officiellement déclarée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ou par l’Union européenne (UE). Une pandémie de grippe survient en cas d’apparition d’un nouveau type (souche) de virus de la grippe, susceptible de se propager facilement d’une personne à l’autre en raison de l’absence d’immunité (protection) des personnes contre cette souche. Une pandémie peut toucher la majorité des pays et des régions à travers le monde. Celvapan doit être administré conformément aux recommandations officielles. Celvapan a été étudié chez les adultes, y compris les personnes âgées (de plus de 60 ans). Le vaccin n’est délivré que sur ordonnance. »



« Celvapan est administré par injection dans le muscle de l’épaule en deux doses, à au moins trois semaines d’intervalle.  Celvapan est un vaccin «prototype. Il s’agit d’un type de vaccin spécial développé pour aider à faire face à une pandémie. »


« Dans le cas où une pandémie débuterait, la souche virale présente dans Celvapan serait remplacée par la souche à l’origine de la pandémie avant que le vaccin ne puisse être utilisé. »


Effets indésirables

 

Le vaccin a été testé cliniquement chez 606 adultes, 326 âgés de 18 à 59 ans et 280 de 60 ans et plus.  

La plupart des effets indésirables ont été considérés comme étant d'intensité légère, de courte durée et qualitativement similaires à ceux induits par les vaccins grippaux. Ils ont été moins nombreux lors de la deuxième dose du vaccin que lors de la première dose.

Pour les médicaments, ce terme incluant les vaccins, l'importance des effets indésirables est appréciée selon des fréquences, c'est à dire des probabilités, et non pas en fonction du nombre de cas attendus qui dépend du nombre de personnes vaccinées :

 

Très fréquent (≥1/10)

Fréquent (≥1/100, <1/10)

Peu fréquent (≥1/1 000, <1/100)

Rare (≥1/10 000, <1/1 000)

Très rare (<1/10 000).


Partout où on doit apprécier un risque, comme par exemple les compagnies d'assurances, il est évalué sur le nombre de cas attendus obtenu en multipliant la probabilité du risque par le nombre d'individus qui vont courir ce risque. Partout sauf en médecine !Ainsi, si le risque de décès  est de 1/20000 et qu'on vaccine 40 millions de personnes il y aura 2000 décès.  Peut-on vraiment qualifier de très rare un risque qui provoquera à coup sûr une grave affaire de santé publique ?


En fait, il y a une erreur conceptuelle majeure dans cette classification en apparence aussi arbitraire qu'anodine. Je n'ai pas installé de micros dans le bureau du ministre de la santé mais on peut imaginer qu'il s'interroge sur les risques de décès . "Très rare lui répond-t-on". "Alors, allons-y" lance le ministre ! Quand il aura 2000 morts sur les bras il ne faudra pas qu'il s'étonne s'il est mis en examen. Si le risque se sclérose en plaques après vaccination hépatite B est 1/11000 il sera classée très rare mais les 22 millions de vaccinations réalisées en quelques années pouvaient provoquer 2000 cas et déclencher une vraie crise sanitaire.


Il faut aussi réaliser qu'une étude sur 606 personnes ne permet même pas d'évaluer des risques inférieurs à 1/1000 et souvent les risques les moins fréquents sont aussi les plus graves.


L'effet indésirable le plus fréquemment observé a été une douleur au point d'injection, "généralement légère" mentionne le RCP (résumé des caractéristiques du produit).


Parmi les risques classés fréquents on trouve des rhinopharingites, des céphalées, sensations de vertiges, arthralgies, myalgies, hyperhidrose (Affections de la peau et du tissu sous-cutané ), pyrexie, frissons, fatigue, malaise, induration, érythème, gonflement et hémorragie au point d'injection .

 

Une lymphadénopathie, l'insomnie, l'agitation, de la somnolence, une conjonctivite, une perte soudaine d'audition, de l'hypotension, dyspnée, toux, rhinorrhée, congestion nasale, nausées, vomissements, diarrhées, douleurs abdominales, éruption cutanée, prurit, irritation au point d'injection sont classés peu fréquents.

Si le vaccin devait être utilisé, le virus  serait celui correspondant à la pandémie. Le vaccin devrait donc être élaboré en toute hâte pour être ensuite produit en grande quantité le plus rapidement possible puis injecté au cours d'une campagne de vaccination organisée dans la précipitation et l'anxiété. Il sera donc fort peu probable que le vaccin pandémique réel soit moins à risque que ce vaccin prototype dont les études très limitées laissent la possibilité d'effets secondaires très graves apparaissant sur des populations beaucoup plus nombreuses.

On peut aussi noter qu'il n'a pas été testé sur des enfants, ce qui est normal (éthique) pour un tel essai. Mais face à une pandémie il sera sans doute aussi utilisé sur des enfants et nul n'en connait les effets.

Dans la précipitation d'une préparation vaccinale alors que la pandémie serait commencée il y a un fort risque que des erreurs de manipulations virales se produisent. En effet, tout récemment, dans des conditions beaucoup plus sereines, le laboratoire Baxter, celui qui produit le Celvapan, s'est un peu mélangé les pinceaux. Voir à ce sujet mon article sur ce blog : l'énorme bévue d'un laboratoire.


Des informations détaillées sur ce médicament sont disponibles sur le site internet de l'Agence européenne du médicament (EMEA) : http://www.emea.europa.eu/.


Posté par BernardGue à 21:34 - Grippe et pandémie grippale - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 avril 2009

Vaccinations : budget en baisse pour 2009

 

Sans doute un effet de la crise, le budget de l'État consacré à la politique vaccinale et à la lutte contre la tuberculose va diminuer de 6% en 2009 par rapport à 2008. Notons cependant que la lutte contre la tuberculose, dont l'essentiel n'est pas le BCG, chute de 7,5% contre 4% pour la politique vaccinale et que 0,4 millions d'euros seront consacrés par l'État à la semaine de la vaccination, sans compter l'apport des régions.

Voici le financement prévu pour 2009 pour les vaccinations, selon le rapporteur spécial M.Gérard Bapt, député, sur le site de l'Assemblée Nationale :



«  La politique vaccinale et de lutte contre la tuberculose


Les disparités géographiques et sociales qui marquent les évolutions épidémiologiques de la tuberculose ont conduit à recentraliser la politique de lutte contre cette maladie. Ainsi, depuis 2006, en application de la loi du 13 août 2004 relative aux libertés et aux responsabilités locales, l’État a retrouvé cette responsabilité qui l’a conduit à mettre en place un programme national de lutte contre la tuberculose couvrant la période 2007-2011, en même temps qu’il a prévu, à compter de juillet 2007, la levée de l’obligation vaccinale des enfants et des adolescents par le bacille de Calmette-Guérin (BCG), au profit d’une recommandation de vaccination des enfants à risque.

La mise en œuvre du programme est essentiellement assurée par les services déconcentrés, qui bénéficient de 26,22 millions d’euros sur les 26,4 millions d’euros prévus au total à ce titre. Ces crédits, qui s’inscrivent en diminution de 7,5 % par rapport à 2008, iront principalement financer, au travers des groupements régionaux de santé publique (GRSP), des établissements publics de santé et des centres de santé dans les 54 départements dans lesquels les conseils généraux ont renoncé à gérer directement cette compétence. Les efforts porteront notamment sur la réalisation d’enquêtes, le dépistage, l’accès aux soins des publics précaires, le renforcement de la connaissance épidémiologique et l’harmonisation des pratiques sur le territoire.

La loi du 13 août 2004 a également procédé à la recentralisation de la politique de vaccination, qui bénéficiera de 16,9 millions d’euros en 2009 : au niveau central, 0,4 million d’euros sera consacré à la semaine de la vaccination, organisée en collaboration avec l’INPES, qui devrait réunir une vingtaine de régions en 2009. Le reste des crédits est entièrement affecté au niveau local, pour le financement des structures habilitées pour réaliser des vaccinations dans la moitié des régions qui ont transféré cette compétence à l’État. »

Il s'agit donc bien du financement par l'État auquel s'ajoute celui des régions.

Il est possible que ce budget en baisse se traduise aussi par le maintien de la non recommandation -donc du non remboursement- de la vaccination contre le rotavirus dans le calendrier vaccinal 2009 alors que certains indices présentés aux journées de veille sanitaire de novembre 2008 laissaient penser le contraire. Réponse très bientôt avec le nouveau calendrier vaccinal qui sortira sans doute juste avant la semaine de la vaccination, le mardi 14 avril ou au plus tard 21 avril.

Un indice : pas encore d'avis du HCSP (Haut conseil de santé publique) pour recommander cette vaccination alors que cet avis est indispensable.

Voir l'article sur cette affaire du rotavirus sur ce blog :

"Vaccins contre les rotavirus : bientôt recommandés pour les nourrissons ? ".

 

 

Plan financement 2008

Plan financement 2009

Évolution

Tuberculose

28,55

26,4

-7,50%

Politique vaccinale

17,62

16,9

-4,10%

Total

46,18

43,3

-6,20%

 

Posté par BernardGue à 19:09 - Actualités - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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