La Question des Vaccins

19 janvier 2019

Lévothyrox Nouvelle Formule : tout va bien !

 

Chacun sait que le changement de formule pour le Lévothyrox a défraillé la chronique, beaucoup d'utilisateurs se plaignant du changement de formule. L'ANSM, l'Agence nationale de sécurité du médicament, vient de publier le 20 décembre 2018 le résultat d'une étude épidémiologique sur les effets comparés des 2 formules, l'ancienne (AF) et la nouvelle (NF) sur deux groupes de patients constitués chacun du même nombre 1 037 553, ce qui représente pratiquement l'ensemble des français traités par Lévothyrox [1].

En fait, les patients suivis en 2017 sont probablement, pour la plupart, les mêmes qu'auparavant en 2016 puisque ces derniers avaient du renoncer à l'ancienne formule qui n'était plus disponible pour poursuivre leur traitement avec la nouvelle formule.

 

Voici la synthèse des résultats tels que présentés par l'ANSM.

Il s'agit de la première étude fournissant des chiffres sur l’état de santé des personnes ayant initié le Lévothyrox NF au printemps 2017 à l’échelle de l’ensemble de la population traitée par lévothyroxine en France

 

Le rapport note qu'il n'existe pas d’argument en faveur d’un risque augmenté de problèmes de santé graves dans les mois suivant l’initiation du Lévothyrox NF. Plus précisément, il note qu'il n'y a pas eu plus d’hospitalisations, pas plus de décès et qu'il n'y a

pas eu non plus d’augmentation spécifique des arrêts de travail ni de l’utilisation des traitements symptomatiques des troubles notifiés en pharmacovigilance

 

Par contre les auteurs reconnaissent :

1- Une augmentation nette du nombre de consultations chez les généralistes et les endocrinologues parmi la population traitée par Lévothyrox NF. Elle fut concentrée sur la période d’août, septembre et octobre 2017

2- Une augmentation relative de l’utilisation des traitements chroniques (psychotropes, antihypertenseurs, hypolipémiants) parmi la population traitée par Lévothyrox NF comparé à la population témoin. En particulier parmi les patients qui utilisaient déjà ces traitements avant l’inclusion.

 

Pour effectuer les comparaisons entre les 2 groupes les auteurs annoncent que la durée moyenne du suivi pour l'ensemble cumulé des 2 groupes était 7,5 mois c'est à dire 7 mois et 15 jours. Il est a priori surprenant que 2 groupes aussi importants puissent avoir la même durée de suivi. Ils ne communiquent pas les durées de suivis pour chacun des 2 groupes. Or cela a sans doute beaucoup d'influence sur les résultats obtenus.

 

Prenons par exemple l'affirmation qu'il n'y a pas significativement plus de décès dans un groupe que dans l'autre. Le groupe AF a eu 6387 décès au cours de la période d'observation contre 6355 pour le groupe NF. L'écart est très faible et il est inutile de faire des calculs pour confirmer la conclusion des auteurs à ce sujet, du moins si la durée du suivi est la même pour les 2 groupes.

 

Mais il suffit de modifier très peu ces durées tout en conservant la moyenne
globale 7,5 pour créer un signal en faveur des AF. Prenons 7,7 mois de moyenne au lieu
de 7,5 pour les AF contre 7,3 mois pour les NF. 7,7 mois représente 7 mois et 21
jours alors que 7,3 représente 7 mois et 9 jours. J'ai ainsi fait varier la moyenne de 7 mois et 15 jours de seulement plus ou moins 6 jours, ce qui pourrait paraître négligeable. Aussi, il est possible que les auteurs n'y aient pas prêté attention. Pourtant, cela va suffire pour changer les résultats en faveur des AF.

En effet le nombre moyen de décès par mois sera 6355/7,3=870,55 pour les NF contre 6387/7,7=829,48 pour les AF. On constate ainsi que le nombre de décès chez les AF devient plus faible que chez les NF alors que c'était l'inverse initialement.

 

Mais cette différence qui est 41,07 sur un mois est elle significative ? Cela devient plus compliqué. Pour apprécier si cet écart est important (significatif) ou faible (non significatif, c'est à dire compatible avec des variations aléatoires) il faut estimer la variance et pour cela modéliser par une loi de POISSON pour lesquelles la variance théorique est
égale aux nombre de cas attendus. On estime les cas attendus par les cas
observés qui sont 6387 et 6355. La division par 7,7 et 7,3 pour effectuer une comparaison sur une même durée d'un mois demande de diviser par les carrés de ces nombres pour estimer les variances qui s'ajoutent pour estimer la variance de la différence 6355/7,3-6387/7,7 entre les 2 groupes.

 

L'estimation de la variance théorique sera 6387/7,7²+6355/7,3²=226,98 dont la racine carrée est 15,07 qui donne une estimation de l'écart-type. On évalue 41,07 en nombre d'écarts-type soit 41,07/15,07=2,73 écarts-type.

C'est significatif au niveau habituel de 5% quand l'écart est d'au moins 2 écarts-type. C'est très significatif quand l'écart est d'au moins 2,6 écarts-type, ce qui est le cas. Avec une simple calculette pour faire son marché on peut savoir ainsi que l'écart sera très significatif en faveur du groupe AF.

De façon plus précise on peut calculer la probabilité d'un tel écart qui est 3,2/1000 ou 0,32% <0,5% qui est très significatif.

 

Autrement dit, il y a très significativement plus de décès dans le groupe NF que dans le groupe AF quand les durées moyennes du suivi sont de 7 mois et 9 jours pour le groupe NF et de 7 mois et 21 jours pour le groupe AF.

L'écart resterait encore significatif en faveur du groupe AF en prenant 7,65 mois et 7,35 mois pour les durées de suivi pour les groupes AF et NF. La probabilité d'obtenir un tel écart par les fluctuations du hasard étant 2,42%<2,5% qui est le seuil habituel de significativité.

 

Voici un second exemple avec les pathologie de l’appareil cardiocirculatoire  : 

 

Groupe AF : 8 702 cas contre 8 472 pour le groupe NF. Non seulement elles sont plus nombreuses chez les AF que chez les NF mais les auteurs affirment un écart significatif en faveur du groupe NF qui aurait donc significativement moins de pathologies cardiocirculatoires qu'avec l'ancienne formule.

Pour ma part, avec des durées de suivis égales je trouve une probabilité de 3,96% pour obtenir un tel écart en faveur des NF. Ce résultat n'est pas significatif au seuil 5% car >2,5% mais il le devient au seuil 10% car <5%.

Je suppose maintenant que la durée moyenne du suivi est 7,75 mois pour les AF (7 mois et 23 jours) et 7,25 mois pour les NF (7 mois et 7 jours). La moyenne globale du suivi reste ainsi à 7,5 mois. La probabilité d'un tel écart entre les nombres de pathologies observées sera 0,45% très significative (<0,5%) en faveur des AF

Autrement dit, il y a très significativement plus de pathologies cardiocirculatoires dans le groupe NF que dans le groupe AF quand les durées moyennes du suivi sont de 7 mois et 7 jours pour le groupe NF et de 7 mois et 23 jours pour le groupe AF.

 

En conclusion de ces calculs, les auteurs devraient préciser les durées moyennes de suivis pour chacun des 2 groupes AF et NF.

 

Cela s'imposerait pour le moins car il y a un paradoxe flagrant dans ces données : d'une part, les auteurs notent qu'il y a eu 360000 consultations médicales supplémentaires chez les NF en soulignant ce fait qu'ils ont entourés en rouge tout en reconnaissant un accroissement sensible de la consommation de certains médicaments, les durées de suivis étant supposées égales ; d'autre part ils affirment la réduction d'un certain nombre de pathologies avec la nouvelle formule. Reconnaissons le paradoxe qui trouverait une explication immédiate si la durée du suivi était plus longue de seulement quelques jours chez les AF.

Voci ce qu'écrivait Libération [2] :

"Jeudi 20 décembre s’est tenue une cinquième réunion du comité de suivi et, le lendemain, la Direction générale de la santé (DGS) a publié un communiqué faisant état de la vaste étude de pharmaco-épidémiologie portant sur plus de deux millions de personnes traitées par ce médicament qui vise à réguler une hormone de la thyroïde. Des données en forme de conclusion: «Les résultats ne mettent pas en évidence une augmentation de problèmes de santé graves (décès, hospitalisation, arrêt de travail d’au moins sept jours) en lien avec la prise de la nouvelle formule du Levothyrox.»

"Et donc il y a eu… affaire. Aujourd’hui, chacun va garder ses convictions. Alors que comme le montre la très sérieuse enquête de pharmaco-épidémiologie, il n’y a eu aucun décès, ni aucune hospitalisation grave.»

"près de 1 million de patients ont arrêté de prendre la nouvelle formule. Un vrai désamour. «On observe une augmentation croissante de l’utilisation des nouvelles spécialités à base de lévothyroxine autres que Levothyrox nouvelle formule par les patients souffrant de troubles de la thyroïde.» Alors qu’au dernier trimestre 2017, 15% des personnes traitées l’étaient au moyen d’une autre spécialité à base de lévothyroxine, ce chiffre s’élève au dernier trimestre 2018 à 21 %. «Parmi les patients pour lesquels un traitement par lévothyroxine a été débuté au cours du deuxième trimestre 2018, ce chiffre atteint 27 %.» En clair, des patients se sont détournés de façon significative de cette nouvelle formule.

Bref, aujourd’hui, un an et demi plus tard, on peut dire que le dossier Levothyrox, ancienne ou nouvelle formule, est rentré dans les rangs. Mais à quel prix ? En termes financiers, ce sont des millions d’euros qui ont été gaspillés. Des milliers d’effets secondaires ont fragilisé des patients (17 000 au 1er janvier 2018). Et plus généralement, la confiance a été de nouveau ébréchée entre les autorités sanitaires, les industriels et les usagers de la santé"

 

 [1] https://ansm.sante.fr/var/ansm_site/storage/original/application/7065c9d2946e0128a3231f56d5865471.pdf

 [2]  https://www.liberation.fr/france/2018/12/24/levothyrox-une-crise-finie-qui-laissera-des-traces_1699444 

 

 

 

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27 décembre 2018

La revue PRESCRIRE analyse l'hésitation vaccinale ...

La revue Prescrire "analyse" l'hésitation vaccinale dans cet article en accès libre :

http://www.prescrire.org/fr/3/31/55787/0/NewsDetails.aspx 

 

 

Hésitation vaccinale : mieux comprendre

 

pour mieux accompagner

 

 

Plutôt que de considérer les personnes hésitantes à l'égard des vaccinations comme irresponsables, mieux vaut chercher à rétablir la confiance en renforçant le socle de connaissances et étudier les blocages et les moyens de les lever.

 

"En France, depuis les années 2000, la défiance vis-à-vis des vaccins, probablement aussi ancienne que la vaccination elle-même, s'est accrue. Cette défiance serait en partie responsable d'une couverture vaccinale relativement faible pour certaines maladies. Cette défiance se manifeste parfois par une opposition à toute vaccination, mais souvent par un ensemble de comportements plus nuancés, regroupés sous la notion "d'hésitation vaccinale".

Complexe et multidimensionnel, le processus de décision vaccinale est souvent davantage influencé par des opinions et expériences personnelles ou de proches que par des données scientifiques.

Au sein de la population, la médiatisation de controverses vaccinales et de scandales sanitaires a contribué à alimenter le doute à l'égard de l'utilité et de la sécurité de tel ou tel vaccin. La gestion défaillante par les autorités de différents événements (grippe A/H1N1, hépatite B, Mediator°, etc.) et la suspicion de l'influence des firmes pharmaceutiques ont aussi eu un effet sur l'adhésion vaccinale de la population.

Les soignants sont la source privilégiée d'informations sur les vaccins. Ils jouent un rôle important auprès de la population dans sa confiance ou défiance à l'égard des différents vaccins. Comme pour les autres traitements ou moyens de prévention, les soignants ont à répondre aux interrogations et craintes exprimées à l'égard de leurs effets indésirables. Les autorités sanitaires ont aussi un rôle majeur à jouer afin de garantir un haut degré de transparence dans les choix et les décisions prises dans le cadre des politiques vaccinales. Fin 2018, il est illusoire de miser sur une adhésion complète de tout le public. Mieux vaut en tenir compte, chercher à rétablir la confiance en renforçant le socle de connaissances, et étudier les blocages et les moyens de les lever."

CONCLUSION : "l'hésitant" ne saurait être que dans l'erreur !

Pour ma part, je ne pense pas avoir de blocages par rapport à la vaccination, je pense plutôt que le socle de connaissances que j'ai pu acquérir me donne confiance dans les choix que je pourrais avoir à faire sans qu'il soit nécessaire de m'envoyer une équipe de psychothérapeutes spécialisés pour lever mes blocages ... De plus, je ne pense pas du tout agir de façon irresponsable, bien au contraire, en publiant les nombreux articles de ce blog ou sur d'autres comme actuellement (décembre 2018, janvier 2019) sur le site de l'AIMSIB sur l'affaire du BCG,  de la tuberculine et de la marche lente vers la suspension de la pratique généralisée, et donc obligatoire, du BCG :

https://aimsib.org/2018/12/10/bcg-episode-1-comment-cette-affaire-eclaire-lactualite-vaccinale/

https://aimsib.org/2018/12/18/bcg-episode-2-guerir-la-tuberculose-avec-de-la-tuberculine/

https://aimsib.org/2019/01/13/bcg-episode-3-la-marche-lente-vers-sa-suspension-dobligation/

En réalité, l'adhésion à la vaccination repose plutôt sur des pseudos connaissances complaisamment déversées dans l'espace public. Une meilleure connaissance des problèmes, et pas seulement des effets indésirables mais aussi de l'impact délétère que les vaccinations peuvent avoir sur la circulation des virus et bactéries (pneumocoques, méningocoques, papillomas virus, rougeole ...), ferait voir les politiques vaccinales sous un tout autre jour.

Savoir par exemple que les vastes campagnes répétées de vaccinations contre la variole ont contribué à répandre les hépatites dans les populations africaines et asiatiques en raison d'aiguilles qui n'étaient pas à usage unique, sans parler du VIH.

RAPPEL : après l'échec des campagnes massives de vaccination, la variole fut vaincue par la recherche active des malades et des contacts suivie de leur isolement. la vaccination de ces mêmes contacts, pratiquée de façon de plus en plus sytématique n'ayant fait  qu'aggraver la variole chez ces contacts et accroitre le nombre de cas.

La "connaissance" déversée au brave public est que ce sont ces vaccinations qui ont vaincu la variole ...

A ce sujet voir, par exemple, cet article de mon blog :

http://questionvaccins.canalblog.com/archives/2017/12/28/35996585.html

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26 décembre 2018

Le vaccin hépatite B favoriserait le cancer du foie ?

 

 

Voici un extrait de l'article du Docteur Gérard DELEPINE sur l'effet paradoxal de la vaccination hépatite B sur les cancers du foie

A lire sur AGORAVOX :

 https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/effet-paradoxal-du-vaccin-anti-211018?fbclid=IwAR3BBzoufiS_x_HWhes0HpzRPaNldDXkm_rlT2e844jbGzS3FSlA5qo5ppQ

 

 En relation avec un résultat analogue par le même auteur pour le Gardasil. Mon article :

http://questionvaccins.canalblog.com/archives/2018/11/09/36854298.html

 

 

RESULTATS A LONG TERME (25 ans) DES LARGES CAMPAGNES DE VACCINATION : discordance entre infection et cancer.

 

Près de 25 ans sont passés depuis le début des campagnes de vaccination, et un premier bilan objectif peut être tiré des points de vue infectieux et cancérologique.

 

 Comme pour le vaccin anti HPV (gardasil), la discordance entre efficacité contre l’infection et nocivité pour le cancer est frappante. Ces constatations devraient susciter beaucoup de réflexion et de travaux de chercheurs à l’échelle mondiale.

 

Contre l’infection, les campagnes de vaccination contre l’hépatite B ont été très efficaces, entraînant une baisse spectaculaire de l’incidence des hépatites aigues : 90% aux Etats-Unis (passant de 10.8 en 1990 à 0.9 en 2014)[23], 62% en Italie (de 5,4 en 1990 à 2 en 2000), plus de 80% en Allemagne[24].

 

Au Canada, où la stratégie vaccinale a été similaire à celle mise en place aux Etats-Unis, le taux d’incidence de l’hépatite B aiguë en 1998-99 a été estimé à 2,3 pour 100 000, selon les données du Registre national des maladies à déclaration obligatoire.

 

En France, chez les femmes enceintes, la prévalence du portage de l’antigène de l’hépatite B (AgHBs) a été estimée à 0,41 %. Chez les donneurs de sang, la prévalence de l’AgHBs est passée de 5,3 pour 100 000 en 1991 à 1,8 pour 100 000 en 2003.

 

 

 INFECTION ET CANCER, DES DESTINS PARFOIS OPPOSES

 

Les succès considérables du vaccin contre l’infection ont suscité l’espoir d’une réduction comparable de l’incidence des cancers du foie. Mais contrairement aux espoirs et aux affirmations de l’INCa et du ministère, la vaccination dans les pays occidentaux n’a pas entraîné une diminution de l’incidence du cancer du foie, mais au contraire une augmentation considérable de celle-ci.

 

Ainsi, en Grande-Bretagne entre 1993 et 2015, l’incidence du carcinome hépatique a été multiplié par 2.5 [25]

 

En Australie, l’incidence et le taux de mortalité standardisés par cancer du foie ont triplé en trente ans (de 2 /100000 en 1980 à 6 en 2013[26].

 

Aux USA, le vaste plan d’éradication de l’hépatite virale, débuté en 1991, a abouti au triplement de l’incidence des cancers du foie celle-ci atteignant 14/100000 en 2015.[27]

Parallèlement, le taux de mortalité aux États-Unis a augmenté de 40% entre 1990 et 2004 et continue d’augmenter.

 

Au Canada, entre1992 et 2012, l’incidence des cancers du foie a plus que triplé, passant de 2.0 en 1970 à 6.2 en 2007 et 9.9 en 2017 chez les hommes. Les taux de mortalité par cancer du foie ont également augmenté davantage chez les hommes (2.8% par an) que chez les femmes (1.7% par an)[28].

 

En France, la vaccination anti-hépatite B a été suivie d’une augmentation considérable de l’incidence du cancer du foie (3,2 % par an), aboutissant à doubler son incidence en 20 ans(de 6.8 pour 100000 en 1995 à 13,4 en 2017[29]). Pourtant, pendant cette période, la consommation d’alcool, principale cause de ce cancer, a régressé considérablement.

 

ESTIMATION GLOBALE MONDIALE

Du point de vue cancérologique, la généralisation de la vaccination contre l’hépatite B a été paradoxalement suivie d’une augmentation sans précédent de l’incidence du cancer du foie.

Au niveau mondial, depuis la vaccination, l’incidence et la mortalité par cancer du foie ont, en moyenne, triplé dans les régions dans lesquelles elles étaient faibles, telles que les Amériques et l’Europe.

Et cette augmentation considérable, parfois même comparée à un tsunami[30], ne peut guère être attribué au tabac ou à l’alcoolisme, car ces deux intoxications ont fortement diminué durant cette période. Certes la prévalence de l’hépatite C, de l’obésité et de la stéatose non alcoolique ont augmenté, mais dans des proportions incapables d’entraîner une augmentation d’une telle rapidité et d’une telle ampleur.

 

On peut s’étonner que cet échec cuisant n’ait pas suscité d’études en vue de l’expliquer et regretter que ces données scientifiques indiscutables et publiques, n’aient pas été prises en compte par le ministère de la santé et les parlementaires, lorsqu’ils ont voté la loi d’obligation vaccinale en décembre 2017, incluant ce vaccin dangereux."

EXTRAITS de l'étude américaine citée par le Dr Delépine (traduction Google) :

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24839253

 

 

Le carcinome hépatocellulaire (CHC) aux États-Unis: tendances épidémiologiques actuelles

L'incidence du CHC a presque triplé depuis le début des années 1980 aux États-Unis, où il s'agit de la cause la plus rapide de décès par cancer 1 . Selon les données du registre d'épidémiologie de la surveillance et de résultats finaux basées sur la population, les taux d'incidence globaux ajustés pour l'âge des cancers du foie et des canaux intrahépatiques du CHC atteignent 8 pour 100 000 habitants de moins de 10 ans en 2010 ( Fig. 1).) dont au moins 6 pour 100 000 étaient liés au CHC. Les hommes courent un risque environ trois fois plus élevé que les femmes. 

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09 novembre 2018

Le Gardasil favoriserait le cancer du col !

 

Voici des extraits de la lettre envoyée par le docteur Gérard Delépine aux parlementaires à propos de la vaccination par le Gardasil souvent présentée comme une vaccination contre le cancer du col de l'utérus et qui en réalité, le favoriserait !

Le texte complet :

2018_10_12_lettre_aux_parlementaires_Gardasil

 

Rapport pour Messieurs et Mesdames de la représentation nationale.


« Analyse des résultats avérés du Gardasil contre le cancer invasif du col de l’utérus.

Par Gérard Delépine. Chirurgien cancérologue, diplômé de statistiques médicales.

L’obligation vaccinale française a déclenché une véritable guerre de religion entre ceux qui croient en l‘effet toujours bienfaisant des vaccinations, et ceux qui ne comptabilisent que leurs complications. Afin de dépassionner le débat, je ne présenterai ici que des résultats avérés, officiels et indiscutables extraits des registres officiels et m’abstiendrai dans ce texte de commentaires et hypothèses qui pourraient pourtant permettre de mieux les expliquer.

Après 12 ans de commercialisation du Gardasil et plus de 200 millions de doses vendues, l’examen des registres officiels du cancer permet de tirer un premier bilan objectif d’efficacité anticancéreuse qui se révèle angoissant.

En effet on observe, dans tous les pays qui ont mis en oeuvre un programme de vaccination, une augmentation importante et significative de la fréquence des cancers invasifs touchant préférentiellement les groupes les plus vaccinés. »

Il cite alors l'Australie puis la Grande Bretagne avec cette courbe

 

 

 

"MEME PHENOMENE PARADOXAL EN SUEDE" écrit-il encore.

« Dans ce pays, l’incidence standardisée du cancer du col de l’utérus a augmenté progressivement depuis la vaccination passant de 9.6 en 2006, à 9.7 en 2009, 10.3 en 2012 et 11,49 en 2015. »

 

« En Suède, le Gardasil est utilisé depuis 2006, et le programme de vaccination a été généralisé en 2010, avec une couverture vaccinale des adolescentes âgées de 12 ans de près de 80%. En 2012–2013, avec un programme de rattrapage, la quasi-totalité des jeunes filles de 13 à 18 ans étaient vaccinées.

 

Le cancer du col de l'utérus a augmenté en Suède ces dernières années avec une augmentation de 27% du nombre de nouveaux cas annuels (de 440 à 562).[1] Dans ce pays, l’incidence standardisée du cancer du col de l’utérus a augmenté progressivement depuis la vaccination passant de 9.36 en 2006, à 9.7 en 2009, 10.3 en 2012 et 11,51 en 2015. [2]

 

 Les femmes de 20 à 24 ans ont vu leur risque doubler passant de 1.86 à 3.72 ; »

 

 

 

« En Norvège, depuis la vaccination, le registre du cancer montre une augmentation de l’incidence standardisée du cancer invasif du col de l’utérus de 12.2 en 2009, à 13.2 en 2012 et 14.3 en 2015 . Cette augmentation est due presque exclusivement aux jeunes femmes qui regroupent toutes celles qui ont été vaccinées. »

« Aux USA ... les femmes de plus de 50 ans, qui ont échappé à la vaccination bénéficient d’une diminution de 5% de leur risque (de 10.37 en 2007 à 9.87 en 2015), tandis que les femmes plus jeunes, qui regroupent les vaccinées, ont vu leur risque augmenter de 4% (5.24 en 2007 à 5.47 en 2015). »

« L’évolution de ces pays à forte couverture vaccinale peut être comparée à l’évolution constatée en France métropolitaine où la couverture vaccinale anti HPV est très faible (environ 15%) et qui peut être considérée pour cette raison comme un pays témoin. En France5, l’incidence du cancer du col de l’utérus a constamment diminué passant de 15 en 1995 à 7,5 en 2007, 6,7 en 2012 et 6 en 2017. Cette diminution de l’incidence s’est accompagnée d’une diminution de la mortalité de 5 en 1980 à 1,8 en 2012 et 1,7 en 2017. Ainsi dans tous les pays qui ont atteint un taux de couverture vaccinale anti HPV élevée, les registres officiels du cancer révèlent une augmentation de l’incidence des cancers invasifs du col de l’utérus, qui apparaît 3 à 5 ans après le début de la campagne de vaccination et qui affecte exclusivement les groupes d’âge qui ont été les plus vaccinés. »

Pour conclure :

« Ce risque de faciliter le cancer additionné aux effets secondaires connus enlève toute légitimité à cette vaccination, Les défenseurs du vaccin plaident pour la rareté supposée des « effets indésirables », mais peuvent-ils aussi prétendre que l’objectif officiel de la vaccination, diminuer l’incidence du cancer du col a encore des chances d’être atteint ?

Catastrophe sanitaire avérée. Peut-on éviter un nouveau scandale ?

L’augmentation du risque de cancer du col constatée dans tous les pays à forte couverture vaccinale constitue d’ores et déjà une catastrophe sanitaire qui justifie de diligenter en urgence des études complémentaires par des acteurs indépendants pour expliquer ce résultat paradoxal et de suspendre immédiatement la recommandation de ce vaccin.

En l’absence de mesures de précaution fortes, cette catastrophe sanitaire risque de se transformer en scandale sanitaire. »

Comment expliquer ce phénomène ?

La première idée qui vient à l'esprit serait que la réduction de la circulation des virus qui correspondent au vaccin favorise la circulation des autres virus. Ce phénomène est maintenant bien identifié pour les 91 souches de pneumocoques alors que le  vaccin contre des pneumocoques correspondait à 7 souches puis 13. La vaccination favorise la circulation d'autres pathogènes et pas uniquement de pneumocoques.

 

 

A lire aussi l'article de  Delépine sur AgoraVox :

 

Quand les résultats de simulations mathématiques remplacent les résultats réels dans l’information médicale diffusée par les médias

 

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/quand-les-resultats-de-simulations-208775

 

 [1] Dillner J1, Sparén P2, Andrae B2, Strander B3. [Cervical cancer has increased in Sweden in women who had a normal cell sample]. Lakartidningen. 2018 Jun 5;115. pii: E9FD.

[2] Nationellt Kvalitetsregister för Cervix cancer prevention (NKCx), http://nkcx.se/templates/_rsrapport_2017.pdf [en suédois]

 

L'auteur a aussi publié avec sa femme Nicole Delépine, oncologue, cet ouvrage  Hystérie Vaccinale

 
https://www.amazon.fr/Gerard-Delepine-Livres/s?ie=UTF8&page=1&rh=n%3A301061%2Ck%3AGerard%20Delepine

 

 Voici des extraits d'une traduction Google d'un article sur la modélisation de l'évolution du cancer du col de l'utérus dans l'avenir en Australie :

https://www.thelancet.com/journals/lanpub/article/PIIS2468-2667(18)30183-X/fulltext

"Dans cette étude de modélisation, nous avons utilisé Policy1-Cervix - un modèle dynamique largement validé de vaccination contre le VPH, d'antécédents naturels et de dépistage du col utérin - pour estimer l'incidence du cancer du col utérin normalisée selon l'âge en Australie entre 2015 et 2100.

Nous estimons qu'en Australie l'incidence annuelle normalisée selon l'âge du cancer du col utérin diminuera pour atteindre moins de six nouveaux cas pour 100 000 femmes d'ici 2020 (fourchette 2018-2022) et moins de quatre nouveaux cas pour 100 000 femmes d'ici 2028. (2021-2035)

 

Scénarios et résultats modélisés

Nous avons prédit l'incidence du cancer du col utérin normalisée selon l'âge et les taux de mortalité associés en Australie chaque année de 2015 à 2100, en tenant compte de toutes les femmes âgées de moins de 84 ans. 
La mortalité par cancer du col de l'utérus devrait diminuer pour atteindre un nouveau cas par 100 000 femmes par an d'ici 2034 et rester autour de ce taux."
Ce sont des prédictions qui reposent en particulier sur l'hypothèse que la forme aigüe des maladies provoquées par le papilloma virus serait indispensable pour que le virus puisse, par la suite, générer un cancer. Il n'en existe aucune preuve. De plus, il existe de très nombreuses souches de ces virus et la vaccination contre certaines favorise la circulation des autres selon un phénomène bien connu désormais. De plus encore, selon les données rapportées par Nicole et Gérard Delépine, le cancer du col est en augmentation en Australie et dans d'autres pays ayant  déjà beaucoup vacciné ... 

"L’Australie, écrivent ces auteurs,  fut le premier pays à organiser la vaccination systématique pour les filles (dès 2007). Depuis cette date, ce n’est plus une diminution que les statistiques officielles révèlent, mais une augmentation, tant du nombre annuel de nouveaux cancers : (692 en 2006 contre 863 en 2014 et une estimation de 912 cas en 2017), que de l’incidence : 6.8 en 2006 vs 7.4 en 2014 !

De plus, la hausse d’incidence touche spécifiquement les femmes vaccinées et parallèlement au taux de couverture vaccinale du groupe d’âge auquel elles appartiennent. 

Celles qui ont été vaccinées lorsqu’elles avaient entre 8 et 12 ans ont vu leur risque augmenter de 100% (de 0.1 en 2007 à 0.2 en 2014). Celles qui avaient entre 13 et 17 ans lors de la vaccination : 113% d’augmentation (de 0.7 à 1.5 dans le groupe des 20 à 24 ans vaccinées pour plus de 80% d’entre elles). Et l’augmentation d’environ 33% pour les femmes plus âgées moins vaccinées, car seulement exposées aux vaccinations « de rattrapage : de 5.9 à 8 pour le groupe 25-29ans et de 9.9 à 13.2 pour celles de 30-34.

Cet accroissement du risque de cancer après la vaccination a été dramatiquement illustré par la triste histoire de Sarah Tait, championne olympique d’aviron au deux sans barreur, lors des JO de Londres en 2012. Cette championne a vu sa vie brisée en pleine gloire : elle a souffert de cancer invasif du col quelques années après avoir été vaccinée et en est morte à 33 ans. On ne peut bien sûr pas affirmer que la vaccination a été à l’origine de son cancer mais ..."

"Durant la même période, les femmes plus âgées (et donc non vaccinées) ont vu leur risque de cancer diminuer : -17% pour les femmes de 55 à 59 ans (de 9.7 à 8.1), -13% pour celles de 60 à 64ans (de 10.3 à 8.9), -23% pour celles de75 à 79 ans (de11.5 à 8.8) et même -31% pour celles de 80 à 84 ans (de 14.5 à 10).

Comment l’auteur de l’article Maxi-science peut-il qualifier la vaccination comme «  une politique de santé publique efficace …une situation sanitaire privilégiée  » alors qu’elle a abouti à une augmentation de l’incidence globale du cancer du col d’environ 10% en six ans !"

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16 octobre 2018

Rougeole : faut-il une nouvelle approche vaccinale ?

 

C'est l'idée lancée en particulier par Didier Raoult dans un article paru en octobre 2018 dans The Lancet [1]

 

Rougeole : une nouvelle approche vaccinale est-elle nécessaire ?
 
 
“Deux particularités sont apparues depuis 2017.
 
Premièrement, les épidémies touchent à la fois les personnes non vaccinées et les personnes vaccinées ...
 
Deuxièmement,  la souche B3, initialement importée d'Afrique, puis d'Europe orientale, d'Europe centrale et des États-Unis, participe à la réémergence mondiale de la rougeole, en plus du génotype D8.
 
De plus, la rougeole a été définie comme une maladie liée aux voyages et elle se propage dans les écoles et les hôpitaux. La réémergence de la rougeole dans des zones post-élimination telles que le Portugal, un pays sans transmission endémique de la rougeole depuis 12 ans, est alarmante.
 
Comparé à la distribution de 2011, le génotype B3 est maintenant distribué à l'échelle mondiale. Il a été rapporté comme étant plus transmissible que les autres génotypes.
 
De manière frappante, une seule étude a recherché si le vaccin utilisé dans le monde entier était efficace contre cette souche B3. En ce qui concerne l'efficacité protectrice du vaccin contre les génotypes du virus de la rougeole actuellement en circulation, Fatemi Nasab et coll. ont montré que les titres en anticorps neutralisants étaient plus faibles pour le génotype B3 que pour les génotypes H1, D4 et A.
 
Les conséquences de l’émergence de cette nouvelle souche B3 sur l’efficacité du schéma vaccinal actuel et sur l’objectif d’éradication proposé par Fenner en 1998 sont inconnues
 
En Europe, la question se pose de savoir si une troisième ou même une quatrième dose de vaccin devrait être proposée aux personnels de santé et si une nouvelle vaccination tous les 5 ans permettrait de garantir une couverture vaccinale suffisante contre les nouvelles souches."
 Il n’y a pas si longtemps on disait que le vaccin protégeait toute la vie ...En octobre 2013 j'assistais au congrès Adelf-Sfsp de Bordeaux. J'avais soulevé le problème de la durée de l'efficacité du vaccin contre la rougeole. Il me sera répondu par un jeune membre du CTV qu'on disposait maintenant d'études qui confirmaient cette efficacité à vie ...
 
"Nous sommes confrontés à des épidémies de rougeole et à des flambées qui touchent les personnes immunisées et dans lesquelles les souches B3 et D8 sont impliquées."
Même si l'auteur n'en parle pas, il est plus que vraisemblable que l'émergence mondiale de cette souche B3 est la conséquence de la généralisation mondiale de la vaccination contre la rougeole. Cette vaccination a sélectionné en les favorisant, les souches les moins réceptives au vaccin utilisé.
[1]  The Lancet Volume 18, ISSUE 10, P1060-1061, October 01, 2018 DOI :
https://doi.org/10.1016/S1473-3099(18)30543-7

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30 septembre 2018

L'OMS fait le point sur l'éradication de la polio

 

 

Le REH n°39 de l'OMS du 28 septembre 2018 fait le point sur la circulation des poliovirus dans le monde [1].

 « L’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite (IMEP) continue de progresser vers l’éradication de la maladie. »

 Notons qu'ici l'OMS parle de l'éradication de la maladie, ce qui signifie arrêt de la circulation de tous les poliovirus, qu'ils soient qualifiés de sauvages ou de dérivés de souches vaccinales. Or, si l'arrêt de la circulation des virus sauvages est envisageable à court terme, celle des poliovirus dérivés de souches vaccinales ne peut être envisagée à court et moyen terme car elle ne pourra être obtenue que par une protection suffisante des eaux consommées par les populations, ce qui paraît hors d'atteinte actuellement.

 

« En 2017, seuls 22 cas de poliomyélite, dus à un sérotype unique (PVS1), ont été notifiés par l’Afghanistan et le Pakistan, 2 des 3 pays où persiste une transmission endémique des poliovirus. Aucun cas de PVS n’a été détecté au Nigéria en 2017. »

 Ces données montrent qu'on peut envisager que dans quelques années l'OMS proclame officiellement l'éradication des 3 virus sauvages, comme elle l'a déjà fait en septembre 2015 pour le type 2. Il est alors très vraisemblable que partout cette annonce limitée sera reprise comme signifiant l'éradication de la polio, ce qui sera FAUX !

 

« Le dernier cas détecté de PVS2 autochtone date de 1999. Suite à la certification mondiale de l’éradication du PVS2 en 2015, la composante de type 2 a été retirée du vaccin antipoliomyélitique de manière synchronisée à l’échelle mondiale en mai 2016, le vaccin antipoliomyélitique oral (VPO) trivalent (contenant les virus vaccinaux de types 1, 2 et 3) étant remplacé par le VPO bivalent (contenant uniquement les types 1 et 3). »

Ce fut une opération simultanée de très grande envergure pour les 145 pays utilisant le vaccin oral, de retirer le vaccin triple de tous les réfrigérateurs pour le remplacer par des vaccins bivalents. L'OMS espère ainsi que cela suffira pour arrêter la circulation du type 2 dérivé de souches vaccinales mais c'est plus que douteux. La preuve :

 

« Bien que cette transition mondiale se soit déroulée sans difficultés majeures dans la plupart des pays, la détection de poliovirus de type 2 dérivés d’une souche vaccinale (PVDV2, correspondant à des souches de poliovirus qui ont muté à partir du virus vaccinal et qui ont retrouvé leur neurovirulence en raison d’une circulation exceptionnellement longue parmi des populations faiblement immunisées) a nécessité la distribution de 126 millions de doses de VPO monovalent de type 2 (VPOm2) pour juguler des flambées dans 11 pays (Cameroun, Éthiopie, Kenya, Mozambique, Niger, Nigéria, Pakistan, République arabe syrienne, République démocratique du Congo, Somalie et Tchad).

 En 2018, il a fallu de nouveau recourir aux réserves mondiales de VPOm2 pour combattre des flambées en République démocratique du Congo, dans la Corne de l’Afrique (Éthiopie, Kenya et Somalie) et dans le nord du Nigéria. »

 Nous sommes obligés de constater qu'après avoir supprimé en mai 2016 le vaccin oral de type 2, il fut décidé en 2017 d'utiliser 126 millions de doses de vaccin oral de type 2 puis, en 2018, de recourir aux réserves mondiales .de ce vaccin de type 2 ...

 

« Depuis le retrait mondial du VPO contenant le virus de type 2 en 2016, toute détention de PV2 (PVS2, PVDV2 et VPO2) est soumise à des conditions strictes de confinement afin de limiter le risque de dissémination de poliovirus en provenance des établissements, ce qui conduirait à la survenue de maladies paralytiques et au rétablissement de la transmission. »

Voir aussi mes articles sur l'éradication mondiale du poliovirus sauvage de type 2

[2] http://questionvaccins.canalblog.com/archives/2015/09/24/32675770.html

[3]  http://questionvaccins.canalblog.com/archives/2015/09/08/32601211.html

 [1]  http://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/275001/WER9339.pd

 

 

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18 septembre 2018

Un nouveau signal statistique sur la vaccination hépatite B !

 

 NOUVEAU

Il existe un pic statistique

du nombre d'atteintes démyélinisantes centrales

selon le délai écoulé depuis la vaccination hépatite B

 

La publication américaine Langer Gould (octobre 2014) [1] a voulu étudier le lien entre vaccination hépatite B et atteintes démyélinisantes. Elle a retenu 6 cas apparus dans l'année qui suit cette vaccination et 25 pour les 2 années suivantes sans préciser davantage. La méta-analyse de mars 2018 réalisée à Bordeaux [2] en incluant 13 études sur le sujet donne une information complémentaire : 43 cas en tout, soit donc 12 au delà des 3 premières années.

Avec ces données et en testant en cas-témoins les auteurs ne trouvent pas de signal, ce qui est normal mais ne signifie pas qu'on ne puisse en trouver un sur les cas.

  Malgré l'indigence des données publiées,

il est possible de montrer que quelle que soit la répartition des 12 cas

parmi les années 4,5, 6 …

on obtient un pic statistiquement significatif.

Le principe du test repose sur une modélisation par une loi de Poisson.  Xi désignera la variable aléatoire donnant le nombre de cas apparus l'année i qui suit la vaccination hépatite B.

Premier cas :

Les 12 cas sont apparus au cours de l'année 4.

On regroupe alors les années 2, 3 et 4. La variable aléatoire X2+X3+X4=Y suivra une loi de Poisson (selon la modélisation adoptée). Pour ces lois, la moyenne et la variance théorique sont égales. On approxime la loi de probabilité de Y par la loi normale de même moyenne et variance que Y.

On forme Z=Y/3-X1. Sous l'hypothèse que chaque Xi a une même moyenne théorique (pour traduire que le nombre de cas apparaissant chaque année est indépendant de l'année), la moyenne théorique de Z sera nulle. On estime la variance de X1 par la valeur observée 6 et celle de Y par (25+12)/3²=37/9. La variance de Z sera alors estimée par 37/9+6. La valeur observée de Z étant 37/3-6 il devient alors possible de calculer la probabilité d'obtenir un écart de Z par rapport à 0 qui soit au moins aussi important que celui observé. Elle vaut 2,3% < 2,5%. Elle est donc significative au niveau habituel du test.

 

Second cas :

Les 12 cas se répartissent sur les années 4 et 5.

On va alors regrouper X1+X4+X5=Y qui prend la valeur 6+12=18 contre X2+X3=U qui prend la valeur 25.

On forme alors Z=U/2-Y/3 dont la moyenne théorique sera 0 sous l'hypothèse à tester.

La variance de Z sera estimée par 25/2²+18/3² alors que Z prend la valeur 25/2-18/3.

La probabilité associée au test vaut 1,18% significative.

 

Troisième cas :

Les 12 cas se répartissent sur les années 4, 5 et 6.

On procède de même avec X2+X3=U d'une part et X1+X4+X5+X6=Y d'autre part. Ici on peut tester sur 2 années cumulées en formant U-Y/2. La probabilité associée au test vaut 0,16% très significative.

 

Autres cas :

Si ces 12 cas pouvaient être répartis sur un plus grand nombre d'années, le signal deviendrait de plus en plus fort.

 

CONCLUSION

Quelle que soit la répartition de ces 12 cas, au delà des 3 premières années,

il existe un signal statistique en faveur

d'un pic de cas sur les années 2+3+4 si les 12 cas sont concentrés sur l'année 4

ou d'un pic sur les années  2+3 dans toutes les autres situations.

 

[1]  http://archneur.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1917549
Résumé de la publication américaine Langer Gould et al. d’octobre 2014 sur l’apparition d’atteintes démyélinisantes et SEP après vaccinations Le texte complet n’est pas en accès libre.

 

[2] Une nouvelle publication sur la relation éventuelle entre vaccination hépatite B et atteintes démyélinisantes a été publiée récemment (14 mars 2018). Trois de ses auteurs sont de l’Inserm de Bordeaux, dont l’auteure référent auquel on peut écrire. Résumé :

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29454521

 

Extraits du résumé : «  le débat est toujours actif sur un lien possible entre ce vaccin et la démyélinisation centrale. Cette étude fournit une estimation globale de ce risque basée sur une revue complète et une méta-analyse de toutes les études épidémiologiques disponibles. »

« Seules les études d’observation comprenant un groupe témoin ont été retenues. »

« 13 études avec un groupe témoin ont été analysées. Aucune des estimations de risque regroupées pour la sclérose en plaques ou la démyélinisation centrale après immunisation contre l’hépatite B n’a atteint une signification statistique. »
« Conclusions
Aucune preuve d’association entre la vaccination contre l’hépatite B et la démyélinisation centrale n’a été trouvée. »

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05 juillet 2018

Lettre ouverte au Conseil de l'Ordre des médecins sur les vaccinations

 

Voici successivement la lettre ouverte que j'ai envoyée au CNOM (Conseil national de l'Ordre des médecins) le 3 juillet 2018 puis la réponse du CNOM ainsi que ma réponse

Lettre d'accompagnement



                                          Madame, Monsieur, Bonjour,

 

Je suis mathématicien ayant enseigné la statistique pendant 20 ans à des étudiants en sciences de la vie. Mon expérience scientifique et pédagogique m'a conduit, une fois à la retraite, à m'intéresser aux conséquences que pouvaient avoir le non respect des conditions de validité des tests statistiques en épidémiologie.

Cette recherche m'a permis de présenter 6 communications dont 3 orales au cours d'importants congrès de santé publique et d'épidémiologie organisés par l'Adelf et la Sfsp (Association des épidémiologistes de langue française et Société française de santé publique).

En particulier, j'ai présenté récemment une communication orale au congrès Adelf-Sfsp des 4-6 octobre 2017 à Amiens sur les questions qui sont l'objet de cette lettre ouverte. Le résumé de ma communication ainsi que le diaporama  sont sur le site du congrès (lien dans le dossier joint).

Je reste bien entendu à votre écoute pour vous apporter toutes les explications complémentaires que vous souhaiteriez avoir sur ces questions un peu techniques mais aux conséquences très importantes.

 

Lettre ouverte au Conseil national de l'Ordre des médecins

Version pdf :  Lettre_au_Conseil_de_l_Ordre

 

 

par Bernard Guennebaud mathématicien

J'ai pu constater que les positions très tranchées du CNOM sur les vaccinations s'appuyaient tout particulièrement sur les conclusions d'études épidémiologiques. Il est tout à fait normal que vous n'en contestiez pas la méthodologie, ce n'est ni votre rôle ni votre fonction institutionnelle.  Votre position vous conduit à les utiliser sans restrictions dans le débat public en considérant leurs conclusions comme des certitudes qui ne sauraient être contestées. Pourtant, souvent les auteurs eux-mêmes formulent des restrictions sur la portée de leurs résultats. Il est même fréquent que les conclusions attribuées à ces études ne soient en réalité que celles de commentateurs qui négligent les nuances apportées par les auteurs.

 

Généralement la contestation des études épidémiologiques porte sur des biais de sélection dans la collecte des données. Cependant, une fois l'échantillon retenu, il est analysé par des méthodes statistiques. Cette phase, tout aussi importante que la première, est rarement contestée. Comme vous le savez certainement, elle s'appuie sur des tests statistiques. Mais on oublie trop souvent qu’ils reposent eux-mêmes sur des modélisations par des lois de probabilités qui sont soumises à des conditions de validité. Quand ces conditions ne sont pas suffisamment satisfaites, cela peut conduire à voir dans l'échantillon des faits qui ne s'y trouvent pas et à ne pas voir ceux qui s'y trouvent. J'avais fait une communication orale au congrès Adelf-Sfsp des 4-6 octobre 2017 à Amiens. Le résumé de ma communication ainsi que le diaporama (muet) sont sur le site du congrès [0].

 

 

 

Cette lettre ouverte trouve sa justification dans vos affirmations rappelées ci-dessous et qu'on peut lire page 27 de votre bulletin n°55 de mai-juin 2018 [1] (copie d'écran) :

J'ai constaté que l'affichage des copies d'écran était instable. On peut les trouver dans la version pdf.  Aussi j'ai recopié les textes que je proposais en copie d'écran :

"La vaccination peut-elle déclencher l'apparition d'une sclérose en plaques ?

La relation supposée entre la vaccination hépatite B et la sclérose en plaques (SEP) est au coeur de polémiques médiadico-judiciaires depuis les années 1990. Pourtant, en France, une dizaine d'études scientifiques se sont penchées sur cette question sanitaire. Aucune ne met en évidence un lien causal entre ce vaccin et l'apparition de la pathologie. En 2014 une étude menée par le Dr Annette Langer-Gould confirme cette tendance. Mais, selon l'auteur, les vaccins pourraient accélérer l'apparition des symptômes d'une  maladie de démyélinisation -dont la SEP - préexistante."

 

  Vous faites référence à la publication Langer Gould d'octobre 2014, où l'on trouve ce tableau que vous n'avez peut-être pas consulté [2] :

Je proposais le tableau en copie d'écran. Voici les données utiles ici :

Données retenues pour les moins de 50 ans. Le délai est entre la date de la dernière vaccination reçue et la date retenue pour l'apparition d'une atteinte démyélinisante du système nerveux central (CNS-ADS).

 

 

Délai

Cas

Témoins

1 an

195

854

3 ans

301

1362

 

 

Il indique que 195 cas d'atteintes démyélinisantes du système nerveux central sont apparus dans l'année qui suit la dernière vaccination reçue (quel que soit le vaccin) et que 301 cas sont apparus au cours des 3 années qui suivent la dernière vaccination reçue.

 

En pratique, on part de la date d'apparition de la maladie chez un cas puis on cherche dans son dossier médical la date de sa dernière vaccination.

 

Il y a donc 106 cas (301-195=106) qui sont apparus au cours des années 2 et 3 qui suivent cette dernière vaccination. Avec 106 cas sur 2 années cumulées contre 195 sur une seule année, il y a un signal statistique qui devrait interpeler car il apparaît immédiatement comme étant énorme sans qu'il soit nécessaire de faire le moindre calcul. C'est une évidence rare que les calculs confirmeraient bien entendu ! Pourtant, les auteurs vont conclure à l'absence de signal et les commentateurs ''autorisés'' vont confirmer cette absence de signal, ce qui est pour le moins surprenant !

 

Voici d'abord la conclusion des auteurs sur ce point :

"Findings from the present study show no long term association of vaccines with an increased risk of MS and other CNS-ADS."

* MS : scléroses multiples soit SEP

Puis voici ce qu'en disait le président du CTV Daniel Floret dans ''Mesvaccins.net '' [3]:

 

 

« Cette étude est très rassurante dans la mesure où elle démontre à 3 ans l'absence de lien entre toute vaccination et la révélation d'un ADSN» ADSN : atteinte démyélinisante du système nerveux."

 

Il n'y aurait pas de signal statistique alors qu'il y en a un énorme, parfaitement et immédiatement visible à l'œil nu ! Comment les auteurs sont-ils parvenus à une telle conclusion ?

 

C'est simple, ils travaillent en cas-témoins en testant si les cas et les témoins se comportent de la même façon sur un délai donné et son délai complémentaire soit ici la première année et les 2 années suivantes cumulées.

 

On constate sur le tableau qu'il y a 854 témoins associés à la première année et 1362 pour les 3 premières années, soit 508 pour les années 2+3 cumulées. On voit immédiatement qu'il y a aussi un signal énorme sur les témoins : 854 sur 1 an contre 508 sur 2 années cumulées. En clair, la répartition des témoins selon les années 1, 2 et 3 n'est pas du tout uniforme où, si vous préférez, les témoins ne sont pas du tout neutres par rapport aux différentes années.

 

Auteurs et commentateurs supposent implicitement comme allant de soi que les témoins seraient neutres puisque ce sont des témoins ! L'erreur principale commise ici se situe d'abord à ce niveau là : les témoins sont affirmés neutres par principe. Pourtant, par construction d'une étude cas-témoins ils sont sélectionnés a posteriori en association spécifique avec chaque cas. En l'occurrence, dans cette publication il y a 5 témoins par cas, du même sexe, du même âge et d'une grande proximité géographique. Aussi, les témoins seront vaccinés le plus souvent à peu près à la même date que leurs cas associés. Or c'est le délai entre la date de leur vaccination et la date retenue pour le début de la maladie du cas associé qui est pris en compte. C'est pourquoi, si les nombres de cas apparus connaissent des fluctuations d'une année à l'autre, les nombres de témoins connaitront les mêmes fluctuations. Ils seront structurellement en phase avec les cas.

 

Pour approfondir un peu cette affaire au niveau des tests on peut affirmer que le test cas-témoins n'est pas du tout adapté pour tester sur des délais. Si ce test est adapté quand le facteur d'exposition est, par exemple, ''avoir été vacciné avant l'apparition de la maladie'', il ne l'est pas du tout quand le facteur d'exposition devient ''la maladie apparaît dans l'année qui suit une vaccination'' ce qui n'est pas du tout la même chose.

 

Si par exemple les 301 cas apparus au cours des 3 premières années qui suivent une vaccination se répartissaient de façon uniforme avec 100 cas chaque année et de même pour les témoins avec 454 témoins chaque année, le test cas-témoin sur ces délais ne donnera évidemment pas de signal : en testant sur la première année par exemple, l'odds ratio vaudra 1 car il y a 2 fois plus de cas et de témoins sur les années 2+3 cumulées que sur la première année : numériquement, l'odds ratio sera 100/200 divisé par 454/908 soit 1. Pour les données traitées, les auteurs ont trouvé un odds ratio très proche de 1 (1,05). Sur cet exemple nous constatons que le test cas-témoins ne fait pas la distinction entre ces deux situations pourtant très différentes.

 

Le test adapté à une telle situation est celui par une loi de Poisson qui ne fait pas appel aux témoins qui sont inutiles ici. Un test statistique demande un système de référence avec lequel on va comparer la répartition des cas. Les délais sont par eux-mêmes un système de référence : pour la neutralité il faut 2 fois plus de cas sur une durée de 2 ans que sur une durée d'un an. La modélisation par une loi de Poisson permet de tester si les écarts observés entre ces deux durées sont compatibles avec des variations aléatoires, ce que le test cas-témoins ne peut pas faire.

 

Quelle signification pour ces signaux ?

 

Le lecteur s'interrogera sans doute sur la signification de signaux aussi énormes sur les cas et les témoins. Pourrait-on en déduire que les vaccinations précipiteraient l'apparition d'une atteinte démyélinisante dans l'année qui suit, provoquant ainsi un très important déficit de cas les années suivantes ? Non, on ne saurait conclure aussi vite. L'interprétation de ces signaux n'est pas l'objet de ce courrier. Néanmoins on ne peut éviter que le lecteur s'interroge à leur sujet.

 

En fait, la cause la plus vraisemblable est la répartition des vaccinations dans le temps. Supposons que chacun reçoive une vaccination chaque année, il n'y aura alors aucun cas ni aucun témoin au delà de la première année. Ce sera un super-signal, mais de quoi ? Il pointera seulement la répartition des vaccinations dans le temps et rien d'autres !

 

Il est fort probable que beaucoup de cas et de témoins de l'étude ont reçu des vaccinations annuelles comme celle contre la grippe. Les données détaillées dont les auteurs disposent permettraient de le vérifier. D'ailleurs l'année 2009 est incluse dans la période d'étude. Si les 2/3 des cas et témoins reçoivent une vaccination tous les ans, il ne faudra pas être surpris si les 2/3 des cas et témoins sont classés dans la première année. Avec les données publiées, il n'est pas possible d'étudier si ces vaccinations auraient favorisé ou non l'apparition d'atteintes démyélinisantes, contrairement aux affirmations péremptoires des auteurs et des commentateurs ''autorisés'' qui, ne trouvant pas de signal en cas-témoins, ce qui est logique, en concluent qu'il n'y a pas de signal sur les cas, ce qui est complètement faux. Ils se croient alors fondés à en déduire que sur ces délais les vaccinations pratiquées n'ont eu aucune action sur l'apparition des atteintes démyélinisantes. Dans ces conditions, une telle conclusion n'a aucune valeur.

 

Où sont les responsabilités ?

 

Devant un tel constat de carence, on doit s'interroger : où sont les responsabilités ?

 

Les auteurs ? Ils ne font que reproduire les méthodes de travail qu'ils ont apprises au cours de leur formation. Les commentateurs ''autorisés'' font de même comme par exemple le président du CTV dans ses commentaires. N'ayant aucune véritable compréhension des conditions d'utilisation et de validité des tests statistiques, ils reproduisent fidèlement ce qu'ils ont appris très superficiellement.

 

Il faut alors remonter jusqu'aux maîtres de la discipline qui les a formés. Sur ce seul constat - et il y en a d'autres – elle démontre ses limites, ce qui la rend dangereuse.

 

On retrouve en effet la même erreur dans d'autres publications comme celles de Marc Tardieu et al sur le lien entre vaccination hépatite B et l'apparition de sclérose en plaques chez les enfants :

 

Dans la publication de décembre 2007 (accès libre [4] tableau 2) les auteurs ont retenu 62 cas apparus au cours des 4 années qui suivent leur vaccination hépatite B contre 12 pour les 2 années suivantes, soit 5,1 fois moins alors qu'il en faudrait 2 fois moins. En modélisant par une loi de Poisson, on peut calculer qu'il y a 1,5 chances sur 10000 d'observer un tel écart par le seul fait du hasard.

 

Pourtant, les auteurs vont aussi conclure à l'absence de signal statistique car ils traitent la question en cas-témoins. Mais il y a 476 témoins classés dans les 4 premières années contre 102 pour les 2 années suivantes, soit 4,7 fois moins alors qu'il en faudrait 2 fois moins. Vu l'importance des nombres, on réalise sans calculs qu'il y a certainement un signal très fort chez les témoins. Mais comme les variations des nombres de cas et de témoins sont en phase quand on passe des 4 premières années aux 2 années suivantes, les auteurs ne trouvent pas de signal. Leur erreur est d'en conclure qu'il n'y a pas de signal sur les cas. Pour conclure ainsi il faudrait qu'il n'y ait pas de signal sur les témoins.

 

D'autres erreurs préjudiciables

 

On trouve d'autres types d'erreurs dans l'utilisation des tests statistiques. En voici deux.

 

1- Confusion entre une exploration de données et le risque de première espèce.

 

Dans les 2 situations il y a une multiplicité de tests. Au cours d'une exploration de données, ce qui change pour chaque test c'est l'objet du test mais au sein des mêmes données. Par exemple, ayant lancé un dé 120 fois, on teste s'il est équilibré par rapport à l'as, le 2, le 3 , les jets de rang pair, de rang impair etc.

 

Par contre, le risque de première espèce peut apparaître quand on teste la même chose après avoir renouvelé les données. Quand on teste à 5% il faut renouveler les données 20 fois pour avoir en moyenne une expérience donnant à tort un résultat significatif. Par exemple si on réalise 20 séries de chacune 120 jets d'un dé (soit 2400 jets) et que pour chaque série on teste si le dé est équilibré par rapport à l'as, il y aura en moyenne une expérience donnant un résultat significatif d'un déséquilibre alors que le dé est équilibré. C'est pratiquement irréalisable avec des données médicales qui ont peu de chances d'être concernées par un risque de première espèce suffisamment élevé pour pouvoir être évoqué.

 

Cette confusion pour le moins grossière a été faite publiquement à propos du résultat significatif publié par l'équipe de Marc Tardieu en octobre 2008 sur ''les observants au calendrier vaccinal''. Selon ce que les auteurs affirmaient avoir trouvé, ils seraient significativement plus à risque de sclérose en plaques quand on les vaccinait plus tard contre l'hépatite B par Engerix B et pour ceux pour lesquels la première atteinte apparaissait au delà des 3 premières années qui suivaient cette vaccination. L'existence de ce signal ne sera pas contesté par les ''commentateurs autorisés'' mais sera mise sur le compte du risque de première espèce qui ne peut être évoqué ici en raison de l'absence de renouvèlement des données, les auteurs ayant évidemment exploré les données en faisant varier l'objet du test au sein des mêmes données.

 

2- Une autre erreur grossière et généralisée consiste à conserver dans les calculs les cas et les témoins non vaccinés pour étudier l'existence et la durée de l'incubation d'une maladie à partir d'une vaccination.

 

C'était l'objectif poursuivi dans les publications précédemment citées. Comme pour la recherche d'une durée de gestation, l'objectif est de rechercher s'il existe une concentration de cas autour d'une même durée, ce qui pourrait indiquer l'existence d'une incubation à partir de cette vaccination.

 

Indépendamment du fait que c'est un non sens de conduire cette recherche en cas-témoins comme je viens de l'expliquer, il est aberrant de conserver dans les calculs les cas non vaccinés pour lesquels l'incubation de la maladie étudiée à partir de cette vaccination ne saurait exister. Cela reviendrait à utiliser des souris non fécondées pour étudier une durée de gestation !!! Cette erreur a en particulier été commise systématiquement dans les publications que je viens de citer, ce qui peut être très lourd de conséquences comme je vais le montrer.

 

Par exemple, le signal obtenu par Marc Tardieu sur les ''observants au calendrier vaccinal'' [5] en 2008 a en réalité été obtenu grâce aux 42 cas et 256 témoins non vaccinés Engerix B (soit 6 témoins pour un cas) alors que les ''exposés'' sont 19 cas et 48 témoins soit 2,5 témoins pour un cas au lieu de 6 pour 1. C'est cette différence qui crée le signal statistique, d'autant plus que les non vaccinés par Engerix sont beaucoup plus nombreux que les ''exposés''. En conséquence, ce sont les non vaccinés qui s'imposent dans les calculs alors qu'ils n'ont rien à faire dans l'histoire.

 

 

« Observants au calendrier vaccinal »

 

Vaccinés hépatite B

72 cas dont 30 vaccinés Engerix B

347 témoins dont 91 vaccinés Engerix B

Engerix B < 3 ans

11

43

Engerix B > 3 ans

19

48

Non Vaccinés Engerix B

42

256

 

 

On peut calculer directement l'odds ratio qui est 19/(11+42) divisé par 48/(43+256) soit 2,23. On voit ainsi aisément que 42 et 256 contribuent fortement à l'obtention d'un odds ratio élevé.

 

Quand on pense au bruit qui fut fait à propos de cette affaire alors que tous les acteurs seraient ridicules si les explications que je donne ici étaient comprises, on a le droit de juger cette carence comme effrayante vu les responsabilités immenses des acteurs et décideurs qui pilotent un avion bourré de passagers alors qu'ils ne savent pas lire les cadrans.

 

Un intervalle de confiance très élastique

 

Pour terminer cette revue non exhaustive des affirmations pour le moins aventureuses de l'expertise, voici ce que Dominique Costagliola, considérée comme une de nos meilleures épidémiologistes sur le plan théorique, avait affirmé sur ces questions d'intervalles de confiance au cours de la Conférence de consensus des 10-11 septembre 2003 sur la vaccination hépatite B :

 

«Le résultat d'une étude d'association s'exprime par un risque relatif ou un odds ratio associé d'un intervalle de confiance (IC). Ces éléments sont plus importants à considérer que la simple interprétation du test d'association en significatif/non significatif. »

« Ainsi un risque de 3 avec un intervalle [1,1 ; 600] nous dit que l'étude manque grossièrement de puissance puisque le risque peut être à peu près n'importe quoi. »

On sait que le carré de l'odds ratio est le produit des bornes de l'intervalle de confiance : OR²=(inf)x(sup) où inf et sup sont les bornes inférieure et supérieure de cet intervalle*. On devrait donc avoir 3²=600x1,1=660 ! Si on fixe la borne inférieure inf=1,1 et OR=3 on en déduit aussitôt sup=9/1,1=8,18 et non pas 600 !

Qu'un expert de ce niveau puisse faire de telles erreurs en faisant un cours sur le sujet devant une salle d'experts de haut niveau pose la question de la formation. Voilà ce qui arrive quand on a appris les tests statistiques sur logiciels sans aucun support théorique réellement assimilé. Un étudiant m'a dit un jour :  « Pas besoin d'apprendre la statistique, y'a des logiciels pour ça ! » Oui, bien sûr … mais les conséquences peuvent en être très graves...

 

* La formule est simplement la version multiplicative, après avoir pris l'exponentielle des nombres considérés, de l'intervalle de confiance centré de la forme [m-a m+a] dont la somme des bornes vaut 2m.

 

Conclusion

Pour moi, le CNOM n'est évidemment pas responsable des erreurs systématiques, pour ne pas dire systémiques, commises par l'expertise dans le mésusage qu'elle fait des tests statistiques dans les études épidémiologiques. On pourrait cependant vous reprocher de ne pas tenir compte des conclusions nuancées des auteurs qui reconnaissent souvent une part des limites inhérentes à toute étude épidémiologique.

Mais ce n'était pas là l'essentiel de mon propos qui a été de tenter de vous faire prendre conscience des erreurs techniques invraisemblables commises par l'expertise et non seulement par tel ou tel auteur qui aurait mal compris les enseignements qu'il a reçu. Non, ce sont ces enseignements eux-mêmes qui sont en cause et ce au niveau international.

L'affaire est donc très importante et j'ai saisi l'occasion de vous en faire part.

Conscient des difficultés techniques que vous pourriez rencontrer à la lecture de cette lettre, je reste bien entendu à votre disposition pour répondre à vos interrogations.

 LIENS

 

 [0] ''Sur le mésusage des tests statistiques en épidémiologie'' résumé et diaporama.

 

www.adelf-sfsp.fr/?p=15493

 

[1] https://www.conseil-national.medecin.fr/sites/default/files/cn_bulletin/2018-06-01/medecins_55_web.pdf

 

[2] http://archneur.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1917549

Résumé de la publication américaine Langer Gould et al. d'octobre 2014 sur l'apparition d'atteintes démyélinisantes et SEP après vaccinations Le texte complet n'est pas en accès libre.

 

[3] https://www.mesvaccins.net/web/news/6111-vaccinations-et-affections-

 

demyelinisantes-du-systeme-nerveux-une-nouvelle-etude 

 

[4] Publication de décembre 2007 de M. Tardieu et al. en accès libre

 

http://archpedi.ama-assn.org/cgi/content/full/161/12/1176

 

[5] Publication de M. Tardieu et al. du 8 octobre 2008. Elle n'est pas en accès libre.

Résumé : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18843097

 

 

 

Réponse du CNOM

 

"Comme vous le rapelez très justement, notre institution n'est pas une société savante et n'a pas pour mission d'effectuer des études épidémiologiques.

Le code de la santé publique définit ses missions qui sont essentiellement de faire respecter la déontologie médicale et d'informer les médecins de la réglementation très importante qui encadre leur exercice.

La vaccination relève de l'autorité de l'Etat qui s'appuie sur les recommandation du Haut Conseil de la Santé Publique.

Il est de notre devoir de rappeler aux médecins que les vaccinations sont des obligations légales et que de ce fait, ils doivent les effectuer chez leurs patients.

De la même façon, il n'appartient pas à notre institution de prendre parti sur les effets secondaires des vaccinations.

Les spécialistes chercheurs et les juridictions sont les autorités compétentes d'une part pour rechercher le lien de causalité possible et arriver éventuellement à l'indemnisation des patients le cas échéant."

 

Ma réponse

 

 

Je vous remercie pour votre réponse très rapide, trop peut-être ? La justification de vaccinations généralisées, qu'on a estimé devoir rendre obligatoires pour obtenir cette généralisation, s'appuie sur des évaluations qui elles-mêmes reposent sur les conclusions d'études épidémiologiques.

 

En un mot, ce que vous désignez par ''les autorité compétentes'' tirent leur compétence du fait que c'est la société qui leur attribue cette compétence. Elle est une fonction sociale qui ne garantie pas automatiquement une réelle capacité d'investigation. Je vous ai donné quelques exemples démonstratifs de cette incompétence caractérisée dont ces autorités dotées d’une compétence officielle n'ont aucune conscience.

 

Si l'épidémiologie accorde beaucoup de soins et d'attention à la collecte des données ainsi qu’au respect de l'éthique tout en cherchant à éviter les biais de sélection, elle se contente de confier aux logiciels le soin de traiter l'échantillon collecté comme des épidémiologistes ont pu me le dire.

 

Comme je vous l'ai montré, cette incompétence conduit à faire apparaître des signaux statistiques qui n'existent pas ou à gommer des signaux très fort pour ne pas dire criants. On peut affirmer que dans ce domaine, sans préjuger pour les autres champs de son action, l'épidémiologie n'est pas du tout fiable.

 

Bien sûr, vous n'êtes pas responsables de ces évaluations ni des erreurs monumentales commises par des auteurs et validées par les Comités d'experts mais vous restez quand même responsables de l'usage que vous pourriez choisir d'en faire et ce d'autant plus que maintenant vous ne pouvez ignorer qu'il existe de très gros problèmes sur la fiabilité de ces évaluations.

 

L'Italie n'est pas suspecte d'être opposée aux obligations vaccinales et à leur extension. Pourtant elle n'avait pas mis le Prévenar dans sa liste initiale des 12 vaccins puis elle supprima  le vaccin contre le méningocoque C. Il y a sûrement des raisons très valables et je pourrais vous en donner.

 

Toutes nos institutions, la vôtre, les diverses académies, le HCSP, la HAS, le ministère et des dizaines de sociétés savantes pourraient être unanimes pour soutenir haut et fort certaines affirmations. Tous les médias pourraient les reprendre à l'unisson, cela ne changera rien au fait qu'elles pourraient être totalement fausses et que le préjudice pourrait être très graves pour les populations, que ce soit par rapport à la lutte contre les maladies directement visées par ces vaccinations que par rapport aux effets indésirables de celles-ci et l'indemnisation des victimes.

 

Je n'affirme pas ici qu'il en est ainsi. Je dis seulement qu'il existe de façon indiscutable des erreurs systémiques, c'est à dire qui affectent la discipline et non seulement tel ou tel auteur. Elles sont aussi incroyables qu'énormes quand elles ne sont pas ridicules. Un tel constat devrait impliquer que toutes les données soient reprises et étudiées avec une méthodologie complètement repensée pour ce qui est du traitement de ces données par des tests statistiques.

 

D'ailleurs les conséquences ne s'appliquent pas uniquement aux études épidémiologiques ayant pour thème les vaccinations. En fait il faudrait reprendre tout particulièrement toutes les études où des tests ont été effectués sur des délais, que ce soient avec des vaccins, des médicaments, la radioactivité etc.

 

Devant un tel constat, le mot d'ordre devrait être prudence, modestie et retenue plutôt que d'avancer avec une cascade d'affirmations péremptoires qui ne devraient pas avoir leur place dans un tel contexte de fautes méthodologiques aussi caractérisées que systémiques.

 

Pour illustrer combien il faut se montrer prudent, voici ce qu'à pu dire Roger Salamon, 10 ans président du HCSP, au cours d'une émission sur une radio bordelaise le 19 mars 2018 à propos du lien entre vaccination hépatite B et sclérose en plaques :

 

« je suis sûr qu'il y a eu des cas, je suis sûr qu'il y en a eu »

 

C'est sur Youtube (vers 40mn) :

 

https://www.youtube.com/watch?v=Ga_EPBp7ubk

 

En restant à votre écoute, veuillez....

 

 

 Réponse du CNOM :

 

Posté par BernardGue à 18:13 - Commentaires [0] - Permalien [#]

07 juin 2018

Vaccinations : le jeu des 2 vérités

 

 

Je vous propose une petite expérience à faire. C'est le jeu des 2 vérités, l’une pour les experts et l’autre pour les "braves", le brave public, les braves médecins, les braves parlementaires, les braves juristes, enfin tous les "braves" quoi  ...
 
1- allez sur le site de l’OMS  http://www.who.int/fr
 
2- cliquez sur “Thèmes de santé” sur un bandeau bleu en haut
 
3- allez sur variole. Vous arrivez sur la page d’accueil variole avec la copie d’écran ci-dessous :
 
vous lisez :”Suite à une campagne de vaccination mondiale menée par l’OMS la variole a été déclarée éradiquée en 1980.”  Rien de plus sur le sujet. C’est pour les “braves !”
 
 
 
 4-En bas de la page, vous cliquez sur “Autres publications sur la variole” pour obtenir ceci :
 
5- Puis, vous allez sur “Analyse scientifique de la recherche sur ...”  Copie d'écran :

 

 

http://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/70609/WHO_HSE_GAR_BDP_2010.3_fre.pdf?sequence=1

6- Vous trouverez page 4 (attention les premières pages sont en chiffres romains) Copie d'écran :

 

 
7- On y lit : “La politique de vaccination .... mettait l’accent sur la surveillance de la maladie ....On pouvait ainsi identifier les nouveaux cas de variole, les mettre en quarantaine, puis vacciner les personnes en contact étroit avec les sujets infectés et les mettre également en quarantaine. Cette politique a permis d’éradiquer la variole."
 
Puis, § suivant : “L’éradication de la variole ... montre qu’une prophylaxie fondée sur la vaccination de masse peut permettre d’éradiquer une maladie infectieuse.”
 
Constat  : d’une part c’est la vaccination des contacts et non la vaccination de masse qui est affirmée ici comme composante de la politique ayant permis l’éradication. D’autre part l’isolement  des cas et des contacts est “oublié” dans ce  jugement récapitulatif ...où transpire la gène des auteurs pour dire sans dire que la vaccination de masse fut un échec (on a fait autre chose alors qu’on était parti avec la seule vaccination de masse). De plus il n’existe aucune preuve bien au contraire de l’efficacité de la vaccination sur les contacts (délai trop court et superposition de 2 virus, le vaccinal et le sauvage)
 
Au congrès Adelf-Sfsp des 17-19 octobre 2013 à Bordeaux, un membre important du CTV m’a dit,  alors que nous ne parlions que de la vaccination des contacts pour la variole (devant mon poster sur le sujet [1]) “Je ne connais qu’une seule vaccination efficace après contage, la vaccination contre la rougeole dans les 72 heures”. Autrement dit, il venait de me dire que la vaccination antivariolique sur les contacts n’était pas efficace.
 
Voici deux citations officielles attestant du changement de stratégie qui s’opéra dans la lutte contre la variole.
 
 Conseil exécutif de l'OMS janvier 1959 [2] :
"qu'il a été démontré que l'éradication de la variole dans une zone d'endémicité peut être obtenue par la vaccination ou la revaccination effective de 80% de la population en l'espace de quatre à cinq ans;”
 
Il fut démontré par les faits au cours des années 60 que cela ne fonctionnait pas...d'où une évolution très significative de la stratégie :
 
  Conseil exécutif OMS janvier 1970  [3] :
"Notant l'importance que présente la surveillance dans l'état actuel des programmes et estimant qu'il est désormais souhaitable de mettre beaucoup plus fortement l'accent, dans tous les pays, sur le dépistage, les enquêtes et les mesures d'endiguement afin de parer à tous les cas et poussées endémiques de variole."
"      [1]  http://p0.storage.canalblog.com/02/21/310209/90757466.pdf 
[2] page 35  http://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/89725/Official_record91_fre.pdf?sequence=1&isAllowed=y
 
 
[3] page 14  http://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/90001/Official_record181_fre.pdf?sequence=1&isAllowed=y  
Copies d'écrans pour vérifications immédiates pour le lecteur:
 

Posté par BernardGue à 12:11 - Commentaires [0] - Permalien [#]

29 mai 2018

Éradication mondiale de la polio : L'OMS prépare la mystification

 

A l'occasion de la 71è Assemblée mondiale de la santé en mai 2018 l'OMS a évidemment abondamment traité le problème de l'éradication mondiale de la poliomyélite, tout particulièrement dans 2 documents A71/26 du 20 mars 2018 et A71/9 du 24 avril 2018 :

 

Éradication de la poliomyélite  Rapport du Directeur général

http://apps.who.int/gb/ebwha/pdf_files/WHA71/A71_26-fr.pdf

 

Transition pour la poliomyélite et activités postérieures à la certification

Projet de plan d’action stratégique pour la transition Rapport du Directeur général

http://apps.who.int/gb/ebwha/pdf_files/WHA71/A71_9-fr.pdf

 

Pour bien comprendre le problème il faut avoir conscience qu'il existe de poliovirus dits sauvages qui peuvent circuler à travers les intestins de millions d'êtres humains, l'essentiel de la transmission se faisant par les excréments humains quand ils polluent les eaux consommées par les populations. Pour tenter d'arrêter cette circulation, on a utilisé très massivement un vaccin oral à virus vivant qui peut créer une immunité intestinale capable de stopper les virus polio qui arriveraient par la suite dans l'intestin ainsi immunisé. Mais, cette immunité n'existant pas à la première ingestion du vaccin oral, les virus de ce vaccin peuvent poursuivre leur route dans l'intestin et se retrouver là où iront les selles.

En conséquence, en l'absence d'un contrôle adapté des excréments humains dans l'environnement et d'une maitrise suffisante des eaux consommées par les populations, les virus vaccinaux pourront être consommés par d'autres personnes et ainsi se répandre dans la population de la même façon que les virus sauvages comme cela a été démontré.

Ce ne serait pas grave si ces virus étaient et restaient inoffensifs. Malheureusement, en circulant d'un intestin à un autre ils peuvent rencontrer d'autres virus intestinaux (des entérovirus) et devenir virulents en se combinant avec eux. On obtient alors de nouveaux virus désignés par virus dérivés de souches vaccinales potentiellement capables de déclencher des paralysies.

 

L'objectif affiché de l'OMS est d'éradiqué les 3 virus polio sauvages de types 1, 2 et 3. C'est déjà fait pour le type 2 qui n'a pas été vu depuis octobre 1999 et dont l'éradication officielle a été proclamée en septembre 2015. Pourtant, quasi simultanément et après, il fut observé des paralysies par des poliovirus dérivés de souches vaccinales de type 2.

 

Quand on sait cela, on comprend qu'on ne peut confondre l'éradication de la polio avec l'éradication des 3 virus polio sauvages mais qu'il faudra aussi éradiquer (c'est à dire arrêter la circulation) des virus dérivés de souches vaccinales. Le vaccin oral ne peut y parvenir puisqu'il introduit ces virus dans les intestins et le vaccin injectable ne peut créer aucun immunité intestinale, laissant ainsi le champ libre à la circulation des virus polio, qu'ils soient suvages ou non.

 

On comprend alors que la SEULE façon d'éradiquer vraiment la polio sera d'avoir la maitrise de l'eau consommée par les populations partout dans le monde et surtout de leur protection par rapport aux excréments humains. Chacun comprendra que ce n'est pas pour demain ! L'OMS le sait et a très bien compris que son objectif d'éradication de la polio, annoncé en 1988 comme devant être réalisé en 2003, ne pourra être atteint dans un avenir prévisible.

Rappelons que ce plan prévoyait l'arrêt de toute vaccination contre la polio en 2003 et que l'argent ainsi économisé pourrait alors être utilisé pour d'autres programmes de santé …

Le seul vrai critère qui nour permettra - à nous observateurs - de juger si la polio a bien été éradiquée sera la décision de suppression de la vaccination contre la polio,

que ce soit par le vaccin oral (ce qui devrait se produire) ou par le vaccin injectable (on n'en prend pas le chemin ...)

 

Alors l'OMS tente de sauver la face pour accréditer l'idée que la polio aurait été éradiquée quand les 3 virus sauvages l'auront été. C'est ce que l'on constate dans le document OMS d'avril 2018 (page 2) :

"Le projet de plan d’action stratégique qui est aligné sur les spécifications énoncées dans la décision WHA70(9) a trois objectifs essentiels :

a) maintenir un monde exempt de poliomyélite après l’éradication du poliovirus ;

b) renforcer les systèmes de vaccination, y compris la surveillance des maladies à prévention vaccinale, afin d’atteindre les buts du Plan d’action mondial pour les vaccins ;

c) renforcer la préparation aux situations d’urgence, la détection et la capacité de riposte dans les pays afin de mettre en œuvre complètement le Règlement sanitaire international (2005)."

On constate que la mesure a) ne précise pas "éradication du poliovirus sauvage" alors que ce sera seulement le sauvage qui sera peut-être bientôt éradiqué.

La mesure b) veut "renforcer les systèmes de vaccination" alors que l'éradication d'un virus permet au contraire d'abandonner les mesures de lutte et donc la vaccination comme ce fut fait pour la variole. Il s'agit effectivement de renforcer partout dans le monde la vaccination injectable contre la polio afin de tenter d'éviter qu'une contamination par un virus dérivé de souche vaccinale provoque une paralysie.

La mesure c) veut "renforcer la préparation aux situations d'urgence" (détection, riposte). Or de telles situations d'urgence ne devraient pas se produire si les virus avaient réellement été éradiqués. On sait et l'OMS sait parfaitement qu'il n'en sera rien. Voici en effet le bilan dressé par l'OMS sur la circulation des virus dérivés de souches vaccinales (doc de mars 2018 page 3) :

 

"Transmission du poliovirus circulant dérivé d’une souche vaccinale 

 

En 2017, deux pays ont été touchés par de nouvelles flambées de poliovirus circulant (type 2) dérivé d’une souche vaccinale : la République arabe syrienne et la République démocratique du Congo, avec respectivement 74 et 17 cas signalés. Le suivi et la riposte face à la transmission du poliovirus circulant de type 2 dérivé d’une souche vaccinale restent une priorité stratégique mondiale, à la suite du retrait synchronisé au niveau international de la composante de type 2 du vaccin antipoliomyélitique oral en avril 2016 et du remplacement du vaccin antipoliomyélitique oral trivalent (contenant les trois sérotypes de poliovirus) par le vaccin antipoliomyélitique oral bivalent (contenant les types 1 et 3)."

Comme on pouvait le prévoir, ce n'est pas le fait de ne plus introduire de virus de souche vaccinale de type 2 dans la bouches des enfants qui peut stopper la circulation des virus du même type qui sont déjà en circulation.

"Des protocoles de riposte aux flambées, ayant fait l’objet d’un accord international, sont disponibles afin de guider les pays et le programme dans leur réponse rapide face aux souches de poliovirus de type 2 dérivé d’une souche vaccinale au cours de la période qui suit le remplacement des vaccins, par exemple en conservant un stock mondial de vaccins antipoliomyélitiques oraux monovalents de type 2. Des interventions de riposte sont actuellement en cours dans les deux pays pour mettre rapidement un terme à ces flambées."

Voilà une information très intéressante : en mai 2016 on a arrêté partout dans le monde l'utilisation du vaccin vivant oral de type 2 afin de ne plus réintroduire le virus mais on le remet quand même en circulation là où il circule encore pour tenter de l'arrêter ...

" En République arabe syrienne, on a recours à des stratégies de riposte identiques à celles qui ont été utilisées avec succès en 2013-2014, dans la même zone du pays, pour mettre fin à une flambée de poliomyélite due à un poliovirus sauvage de type 1. Une première campagne de vaccination menée en août 2017 a permis de vacciner plus de 350 000 enfants dans les gouvernorats de Deir Ez-Zor et de Raqqa. La phase deux de la riposte a débuté en janvier 2018. La République démocratique du Congo poursuit ses activités de riposte aux flambées dans les provinces touchées et celles à haut risque, avec le vaccin antipoliomyélitique oral monovalent de type 2, conformément aux protocoles de riposte ayant fait l’objet d’un accord international. L’accent est mis sur les enfants qui n’ont pas encore été vaccinés et en particulier ceux qui vivent dans les zones infectées."

Les enfants non vaccinés auront  un intestin non immunisés, ce qui signifie qu'en les vaccinant avec le vaccin oral de type 2 ils vont relarguer le virus dans leurs selles. Tout dépendra alors de la destinée de ces selles pour éviter que le virus vaccinal qu'elles contiennent se retrouve dans l'environnement et puisse circuler à son tour.

"Ces flambées mettent en lumière le risque permanent que représentent les lacunes dans l’immunité partout dans le monde. Dans les zones où le niveau d’immunité est suffisant, la surveillance visant à déceler les poliovirus circulants de type 2 dérivés d’une souche vaccinale, quelle qu’en soit la source, montre que la persistance de ces souches décroît “

Espérons ...

Page 4 du document de mars 2018 on peut lire :

"Le remplacement du vaccin antipoliomyélitique oral trivalent par le vaccin antipoliomyélitique oral bivalent, qui a eu lieu entre le 17 avril et le 1er mai 2016, a concerné 155 pays et territoires et devrait entraîner des conséquences positives importantes pour la santé publique.

Près de 40 % de l’ensemble des cas de poliomyélite paralytique associée au vaccin (environ 200 cas par an) et de 90 % des flambées de poliovirus circulant dérivé d’une souche vaccinale survenues au cours des 10 dernières années étaient associés à la composante de type 2 du vaccin antipoliomyélitique oral trivalent. De tels cas ne devraient plus se produire."

Rien ne permet d'affirmer que de ne plus vacciner avec le type 2 vivant devrait stopper la circulation des virus de type 2 qui circulent depuis des années.

"Les efforts se poursuivent pour maintenir la surveillance en vue de détecter l’éventuelle émergence d’un poliovirus circulant de type 2 dérivé d’une souche vaccinale (comme lors des flambées récentes en République arabe syrienne et en République démocratique du Congo) ; conserver de solides capacités de riposte face aux flambées au moyen du vaccin antipoliomyélitique oral monovalent de type 2 ; et veiller à ce qu’aucun vaccin antipoliomyélitique oral trivalent ne soit plus utilisé nulle part."

On le sait depuis longtemps qu'il faudrait supprimer le trivalent. Mais il en ira de même avec le bivalent 1 et 3 et le monovalent de type 2 est encore utilisé. Ce n'est pas le fait que les 3 virus soient ensemble qui crée le problème !

"Pour préparer le remplacement du vaccin antipoliomyélitique oral trivalent par le vaccin antipoliomyélitique oral bivalent, tous les pays s’étaient engagés à introduire au moins une dose du vaccin antipoliomyélitique inactivé dans leurs programmes de vaccination systématique."

Pourquoi supprimer le vaccin oral de type 2 pour le remplacer par l'injectable trivalent ? On sait et c'est facile à comprendre, l'injectable ne pouvant créer aucune immunité intestinale, il ne peut enrayer la circulation des virus polio. Son rôle se borne donc à tenter d'éviter une paralysie au cas où un virus polio pathogène venait à passer. L'objectif n'est donc pas de stopper la circulation des virus polio mais d'éviter les conséquences les plus graves. C'est pourquoi, là où les virus se souches vaccinales de type 2 circulent, on utilise le vaccin oral de type 2 tout en en ayant supprimé et même interdit l'usage sous la forme trivalente. On voit ainsi clairement que l'OMS est dans la panade ...ce que confirme le paragraphe suivant :

"Les problèmes mondiaux d’approvisionnement qui sont apparus du fait des difficultés techniques rencontrées par les fabricants pour augmenter la production de vaccins (inactivé) ont abouti à des retards dans l’approvisionnement de 35 pays au total. Compte tenu des prévisions des fabricants, tous les pays qui ont dû faire face à ces retards devraient recevoir le vaccin au cours du premier semestre 2018. Au cours de cette période de rupture de stocks, les vaccins disponibles ont été réservés en priorité aux campagnes de vaccination dans les pays où le risque de flambée de poliovirus circulant de type 2 dérivé d’une souche vaccinale était le plus élevé."

Cela parait clair : il s'agit de parer au plus pressé en tentant d'éviter des paralysies qui seraient de plus mauvais effet mais cela n'arrêtera pas la circulation des virus., au contraire même car l'absence de cas paralytiques, -  ce qui est souhaitble évidemment -  fait aussi perdre la trace du virus et donc l'opportunité de l'endiguer là où il se trouve.

"L’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite continue à étudier avec les États Membres et les bureaux régionaux de l’OMS la faisabilité d’une adoption de stratégies visant à économiser les doses, telles que l’administration intradermique du vaccin antipoliomyélitique inactivé en doses fractionnées, comme le recommande le Groupe stratégique consultatif d’experts sur la vaccination.

Plusieurs États Membres ont déjà adopté cette approche, notamment le Bangladesh, l’Inde et Sri Lanka, et plusieurs pays de la Région des Amériques sont en train de faire de même. Cette approche permet de garantir la disponibilité de quantités suffisantes de vaccin antipoliomyélitique inactivé dans ces pays pour continuer à vacciner leurs cohortes de naissance respectives."

 

 

Document avril 2018 page 4 :

"Le risque de voir émerger des poliovirus dérivés d’une souche vaccinale avant l’arrêt de la vaccination par le vaccin antipoliomyélitique oral et le risque de flambées possibles dues à une réémergence du poliovirus après l’éradication augmenteront en l’absence d’une constante amélioration des taux de couverture par la vaccination systématique."

Là on est en pleine incohérence : après l'éradication (des 3 types de virus polio sauvages) les vaccins oraux ne seront plus utilisés, sauf flambées locales et ponctuelles. Comme éradication signifie "le virus ne circule plus", pourquoi envisager ainsi son retour ? Si non parce qu'ils savent parfaitement que l'éradication sera annoncée prématurément car cela fait déjà très longtemps que le programme s'est enlisé et que l'OMS ne sait comment s'en sortir.

En fait l'objectif réel n'est plus l'éradication des virus polio

mais l'élimination de la maladie, c'est à dire des paralysies, par le vaccin injectable.

En réalité, l'OMS a renoncé à éradiquer la polio mais elle ne peut le dire

 


Posté par BernardGue à 15:49 - Commentaires [0] - Permalien [#]