La Question des Vaccins

17 avril 2019

Rougeole : il faut changer de stratégie !

A voir sans délais !!!

Une plus qu’intéressante vidéo de 15mn sortie ce jour [1], avec Didier Raoult qui dirige à Marseille le plus grand centre de traitement des maladies contagieuses en France. Il taille en pièces la stratégie actuelle de lutte contre la rougeole ! D’une part le génotype viral contenu dans le vaccin n’a pas été vu depuis 2008. Autrement dit on vaccine contre un virus qui ne circule plus ! Par contre, comme dit ici-même sur ce blog, d’autres souches de la rougeole circulent désormais comme les souches B3 et D8 que le vaccin ne cible pas très bien. D’où des rougeoles chez des vaccinés à 2 doses.

De plus, même avec un vaccin adapté aux souches (ou clones) qui circulent réellement, il faudrait adapter la stratégie vaccinale. Pour Raoul une couverture générale ne convient pas, il faut, comme pour la variole dit-il, suivre le virus, le pister pour intervenir localement de façon ciblée, en particulier auprès du personnel hospitalier.

Il est tout à fait exact que c’est aussi la stratégie générale utilisée contre les maladie du bétail avec des interventions drastiques que chacun connait sur les élevages où un cas est découvert. Raoult commet une erreur en attribuant la victoire sur la variole à la stratégie de vaccination dite en anneaux c’est à dire autour d’un cas, la population locale ainsi visée correspondant au troupeau pour les maladies du bétail.
Pour la variole on ne s’est pas contenté de cette vaccination locale et ciblée. On isolait aussi les malades et leurs contacts. d’un point de vue strictement épidémiologique cette mesure correspond à l’abattage du troupeau en ce sens que les personnes isolées ne transmettaient pas la maladie en dehors du groupe où elles étaient confinées car il s’agissait le plus souvent de mise en quarantaine plutôt que de l’isolement, le malade restant avec les contacts qui devaient le prendre en charge.

Pour la variole, Raoult semble ignorer que tant qu’on se contentait de vacciner les contacts sans les isoler, cela provoquait des épidémies qui furent qualifiées de désastres par Donald Henderson directeur du programme d’éradication à l’OMS.

En fait ce fut l’isolement des malades et contacts qui a réellement permis d’interrompre la transmission et non la vaccination des contacts. Aussi, transposer à la rougeole la stratégie victorieuse de la variole sans l’avoir vraiment analysée comporte quelques risques, surtout que l’épidémiologie de la rougeole est très différente de celle de la variole, en particulier la bien plus grande facilité de transmission de la rougeole. On admet qu’un malade de la rougeole peut contaminer 19 personnes alors que pour la variole c’était généralement entre 1 et 4 selon les données de l’OMS.

Je serai tenté de dire qu’il faudrait surtout isoler les malades et les contacts de la rougeole dans la mesure où on pourrait les définir pour qu’ils ne soient pas trop nombreux. Stratégie qui serait sans doute très difficile à mettre en oeuvre et à faire accepter.

 

Voici quelques extraits (sans faire du mot à mot) de cette vidéo avec Didier Raoult dont on sait qu’il ne mâche pas ses mots.
Tout le monde avait parié que la rougeole allait disparaître au XXè siècle, ce ne fut pas le cas, ce fut une surprise. J’ajoute qu’il en ira sans doute de même avec les paris du genre « le cancer du col sera éradiqué en Australie d’ici 20 ans ».

 

J’ajoute encore qu’en 1988 l’OMS avait parié que la polio serait éradiquée en 2003. Aujourd’hui l’OMS a en réalité abandonné son projet d’éradication de la polio pour tenter d’éradiquer seulement les 3 types de poliovirus sauvages qui seront remplacés, là où l’assainissement fait défaut, par des poliovirus dérivés de souches vaccinales et dotés des mêmes propriétés de circulation et de virulence potentielle.

 

Il faut une réflexion plus sophistiquée que « les gens sont idiots et ne veulent pas se vacciner »

 

Il a vu le cas d’un interne qui a fait une rougeole avec des taux d’anticorps extrêmement élevés.
Chercher à faire produire des anticorps ne suffit pas. On observe des « échecs vaccinaux secondaires » avec une maladie clinique malgré des anticorps.

 

En Mongolie il y a eu une épidémie majeure malgré une couverture vaccinale de plus de 97%. De même en Russie, au Portugal.

 

Le vaccin est fabriqué pour le monde entier avec un génotype A dont la dernière détection a été faite aux USA en 2008. Il y a une pression de sélection des souches par le vaccin, d’où d’autres souches qui circulent désormais (B3, D8).

 

Il faut produire des vaccins différents, ne pas les généraliser mais avoir une action ciblée autour des cas, tout particulièrement sur le personnel de soins.

 

« Contre la rougeole on mène un combat qui n’est pas intelligent. L’emballement médiatique empêche la réflexion. Le temps pour réfléchir n’est plus présent. Il est interdit de réfléchir et d’être intelligent. Il faut mettre les choses à plat. »

 

[1] https://www.youtube.com/watch?v=ZPE-117rdd0&fbclid=IwAR1q85Gkdfc_POO-cjB1C0MxoTXi0dKM7TrZpTK2t58j1RUsKfo6xMqjsD4

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13 avril 2019

Le cancer du col bientôt éradiqué en Australie ?

 

Le cancer du col de l'utérus éradiqué

dans 20 ans en Australie ?

 

C'est la nouvelle annoncée partout par les médias français comme par exemple sur RTL  par Michel Cymes [1] ;

« il existe un pays sur la planète où ce cancer est un mauvais souvenir, un peu comme la variole, quasiment en passe d'être oublié. Il sera éradiqué dans moins de 20 ans, il s'agît de l'Australie

Dans ce pays, on a mené une campagne de vaccination gratuite auprès des adolescentes. Si bien que la proportion de jeunes femmes de 18 à 24 ans porteuses du papillomavirus a chuté de manière spectaculaire. En dix ans, on est passé de 23% à... 1%. Le pays est un modèle de couverture vaccinale. 80 % des Australiennes sont vaccinées, chez les garçons on en est à 75%.

 L'Australie est passée de 23% à 1% de personnes infectées par le papillomavirus, grâce à une politique de vaccination qui s'est avérée efficace. En France, le taux de couverture a du mal à atteindre 20%. ... il y a chaque année dans le pays 3.000 cancers du col de l'utérus diagnostiqués. ..»

Ou encore, par exemple, Le Figaro [2] :

« Dans moins de vingt ans, l’Australie n’aura plus de nouveaux cas de cancer du col de l’utérus, se sont félicités des spécialistes du pays à la suite d’une étude épidémiologique pilote financée par le département de la Santé australien. Elle révèle que la proportion des femmes âgées de 18 à 24 ans porteuses des deux principaux types du virus responsables de la maladie a chuté de 23 % à 1 % entre 2005 et 2015! C’est le résultat d’une campagne de vaccination gratuite lancée depuis 2007 auprès des jeunes filles de 12-13 ans et depuis 2013 auprès des garçons dans les collèges. »

«Même les populations non vaccinées ne sont plus infectées», souligne Jean Gondry, président de la Société française de colposcopie et de pathologie cervico-vaginale (SFCPCV) et chef de service du département de gynéco-obstétrique au CHU d’Amiens. Avec une couverture vaccinale qui atteint maintenant 80 % des Australiennes et 75 % des Australiens de 15 ans, la circulation du virus, et donc tout nouveau risque d’infection et de cancers du col de l’utérus, devrait cesser selon les modélisations épidémiologiques. De plus, un vaccin ciblant cinq autres types cancérigènes minoritaires du virus va compléter cette année la protection des nouvelles générations. »

[1] https://www.rtl.fr/actu/bien-etre/papillomavirus-l-australie-en-passe-d-eradiquer-le-cancer-du-col-de-l-uterus-7794956907

[2] http://sante.lefigaro.fr/article/l-australie-sur-le-point-d-eradiquer-le-cancer-du-col-de-l-uterus/

Eradication ou élimination ?

Ces deux termes pourraient paraître synonymes mais ils ont des définitions précises très différentes données par l'OMS. On n'éradique pas une maladie mais un virus, un pathogène qui sera déclaré éradiqué quand on aura constaté qu'il ne circule plus dans une population donnée. Ainsi, le virus de la variole majeure et celui de la variole mineure appelée aussi alastrim ont été déclarés mondialement éradiqués par l'Assemblée mondiale de la santé (AMS) le 8 mai 1980. Il en a été de même pour le poliovirus sauvage de type 2 le 7 septembre 2015 qui n'a pas été retrouvé depuis octobre 1999. Si la variole humaine provoquée par ces virus a aussi disparu, il n'en va pas de même pour la poliomyélite provoquée par des poliovirus de type 2 car de tels poliovirus dérivés de souches vaccinales de type 2 continuent de circuler et de provoquer des paralysies.

Selon les définitions de l'OMS, une maladie est considérée comme étant éliminée, non pas lorsqu'elle a disparu mais lorsque le nombre de cas est jugé suffisamment faible pour ne plus provoquer d'épidémies et ne plus être considéré comme un problème de santé publique. Mais les mesures de lutte contre cette maladie doivent être maintenues alors que dans le cas de l'éradication mondiale de virus, on peut alors les abandonner comme ce fut fait pour la vaccination antivariolique.

Les déclarations de Michel Cymes et les affirmations de nombreux médias sur l'éradication prochaine du cancer du col de l'utérus en Australie s'appuyaient sur une publication titrée :

 

« The projected timeframe until cervical cancer elimination

in Australia : a modelling study »

https://www.thelancet.com/journals/lanpub/article/PIIS2468-2667(18)30183-X/fulltext

 

C'est écrit en toutes lettres dans le titre : il s'agit d'une élimination de la maladie et non d'une éradication ! Ce qui implique, quand on connait les définitions de ces mots telles que définis par l'OMS, que les auteurs n'annoncent pas la disparition du cancer du col en Australie, ce que le texte confirme totalement par la suite :

« Résultats

Nous estimons qu'en Australie l'incidence annuelle normalisée selon l'âge du cancer du col utérin diminuera pour atteindre moins de six nouveaux cas pour 100 000 femmes d'ici 2020 (fourchette 2018-2022) et moins de quatre nouveaux cas pour 100 000 femmes d'ici 2028. (fourchette 2021-2035). L'année précise de l'atteinte de ces taux dépend de la population utilisée pour la normalisation de l'âge, du comportement et des caractéristiques du test de dépistage du VPH, des effets supplémentaires de la vaccination des hommes sur l'immunité collective chez les femmes et des hypothèses sur la fréquence future des hystérectomies bénignes. D'ici 2066 (fourchette 2054-2077), l'incidence annuelle du cancer du col utérin diminuera et restera inférieure à un cas pour 100 000 femmes si le dépistage du VPH se poursuit tous les cinq ans pour les cohortes à qui le vaccin non aval a été offert, ou moins de trois cas pour 100 000 femmes si ces cohortes ne sont pas dépistées. »

 

Les auteurs estiment donc que dans 20 ans il y aura en Australie moins de 4 cas pour 100000 et non pas zéro comme le terme éradication le laissait croire !

 

« Si la vaccination et le dépistage à couverture élevée sont maintenus et si un seuil d’élimination de quatre cas sur 100 000 femmes est choisi, le cancer du col de l’utérus est en passe d’être éliminé en tant que problème de santé publique en Australie d’ici 20 ans. »

Pour 20 millions de femmes concernées en France par ce cancer, ce serait 800 cas par an. On voit qu'il y a loin entre ce que disent les auteurs et ce quel certains leur font dire !

C'est très clair : ayant choisi un seuil dit d'élimination avec évidemment une large part d'arbitraire, il sera annoncé que la maladie aura été éliminée lorsque le nombre de cas sera en dessous de ce seuil. Tout le monde comprendra que la maladie a disparu alors que ce ne sera pas le cas.

Cette ''élimination'' qui n'en est pas une demandera de maintenir les moyens de lutte, contrairement à une éradication :

« Cependant, les initiatives de dépistage et de vaccination devront être maintenues par la suite pour continuer à atteindre une très faible incidence de cancer du col utérin et de mortalité par cancer. »

De plus, cette modélisation repose, comme toutes les modélisations, sur des hypothèses qui ne sont pas établies ou qui auront peu de chances d'être réalisées :

1- La modélisation repose en particulier sur la diminution observée des lésions dites précancéreuses consécutives à la vaccination et non sur une réduction du nombre de cancers. Or il n'y a pas de liens démontrés entre ces deux types d'événements médicaux, la genèse d'un cancer pouvant prendre des voies plus souterraines.

A ce sujet on pourra llre la publication Cochrane en français :

https://www.cochrane.org/fr/CD009069/la-vaccination-prophylactique-contre-les-papillomavirus-humains-pour-prevenir-le-cancer-du-col-de

Extraits :

«Il existe des preuves d’un haut niveau de certitude que les vaccins anti-HPV protègent contre les lésions précancéreuses du col de l’utérus chez les adolescentes et les femmes qui sont vaccinées entre 15 et 26 ans.

Chez les femmes plus âgées, vaccinées entre 25 et 45 ans, ... le risque de lésions précancéreuses de n’importe quel type est probablement comparable entre les femmes non vaccinées et les femmes vaccinées. »

«… 26 études … s’intéressaient à la protection contre les lésions précancéreuses. Les résultats concernant le cancer du col de l’utérus ne sont pas disponibles. »

Un exemple analogique : la varicelle et le zona sont provoquées par le même virus. On sait que la vaccination généralisée contre la varicelle favorise le zona. C'est ce qui avait fait dire à Daniel Lévy Bruhl, aux journées de veilles sanitaire organisées par l'InVS en novembre 2005 ''qu'avec la vaccination contre la varicelle, on joue avec le feu à cause du zona''.

 

2- De plus, les auteurs supposent « la pleine efficacité du vaccin à deux doses si elles sont espacées de manière appropriée. »

Ils précisent que dans leur modélisation « L'efficacité du vaccin était supposée être de 100% contre les types inclus dans le vaccin, et la durée était supposée durer toute la vie. »

Ils n'en ont évidemment aucune preuve. Une telle affirmation pour un nouveau vaccin est très habituelle. En voici quelques exemples.

 

Exemples d'affirmations d'une efficacité à vie

Ce fut le cas pour la vaccination antivariolique qui, au 19è siècle avait été affirmée comme protégeant toute la vie. Dans un premier temps, les vaccinateurs ne voulurent pas reconnaître cette limite à la vaccination pour ne pas nuire au prestige d'un vaccin protecteur à vie. Mais la confrontation avec la réalité des échecs contraindra à amender cette affirmation. L'attitude s'inversera alors pour attribuer les échecs à l'absence de rappels...

Gaston Ramon, l'inventeur du vaccin antitétanique, affirmera aussi dès le début, que son vaccin était protecteur à vie alors qu'il n'en avait, et pour cause, aucune expérience. Les échecs constatés le conduiront à recommander un rappel après blessure quand la dernière vaccination datait de plus de 2 ans. Cette disposition était encore soutenue par notre CTV en 1975. Elle sera abandonnée quand on se rendra compte qu'un rappel sur une personne chargée d'anticorps pouvait avoir des conséquences très graves, en particulier rénales. Aujourd'hui, depuis 2013, on recommande un rappel tous les 20 ans pour les adultes...

L'efficacité à vie sera aussi affirmée pour la vaccination contre l'hépatite B dès son origine et donc sans aucune preuve. Comme les anticorps peuvent disparaître assez rapidement, on évoquera la mémoire immunitaire qui provoquerait une bouffée d'anticorps venant neutraliser le virus en cas d'infection.

La question se pose alors : est-ce qu’un adulte de 25 ans vacciné dans l’enfance contre l’hépatite B est encore protégé par sa vaccination à l’âge où, dans notre pays, les risques de contaminations sont les plus grands ?

 

Deux études (Hammitt et Bialeck) avaient apporté des éléments défavorables 15 ans après cette vaccination. Le protocole était le suivant : comme il n’est pas possible de tester avec un virus, on pratique un rappel de vaccination et on observe si ce rappel provoque une bouffée d’anticorps (réponse anamnestique ).

 

Résultats : dans ces 2 études, la bouffée d’anticorps s’est produite chez 50% des adolescents testés. Par contre elle ne s’est pas produite chez les autres, ce qui peut donner à penser que ces adolescents pourraient ne plus être protégés par leur vaccination 15 ans après. Les auteurs posent deux questions :

 

1- Un vaccin n’est pas le virus. Il reste possible que certains adolescents qui n’avaient pas réagi à la stimulation vaccinale auraient réagi  au virus par une bouffée d’anticorps. Mais la réponse n’est pas connue.

 

2- L’absence de réaction au rappel vaccinal chez 50% des adolescents testés laisse craindre que ce rappel n’aurait pas relancé leur immunité. Autrement dit, il n’est pas certain que l’on puisse entretenir cette immunité par des rappels successifs.

Extraits des résumés :

 

HAMMITT  http://europepmc.org/abstract/MED/17714836

 

« La durée de protection après la vaccination des nourrissons contre l'hépatite B est inconnue ...la moitié des enfants qui avaient reçu le vaccin anti-hépatite B dès la naissance ne présentaient pas de signes de mémoire immunitaire, ce qui était mesuré par le développement de réponses anamnestiques à la vaccination de rappel. Des études supplémentaires sont nécessaires pour déterminer si cela indique une susceptibilité à l'infection et si les personnes vaccinées à partir de la naissance pourraient bénéficier d'un rappel du vaccin contre l'hépatite B afin de maintenir une protection à long terme. »

 

BIALECK    https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18756185

« L'absence de réponse anamnestique à une dose de vaccin supplémentaire, observée chez la moitié des participants, pourrait indiquer une baisse de l'immunité. »

 

On retrouve cette même affirmation d'efficacité à vie pour la vaccination contre la rougeole. D'où le schéma à 2 doses à 1 an et 15 mois, la seconde dose n'étant pas un rappel mais une seconde chance donnée à ceux qui ne s'étaient pas immunisés à la première. Les enfants ayant séroconvertis après l'une de ces doses sont considérés comme étant immunisés à vie. Là encore, la dure réalité des faits contraint à reconnaître que ce n'est pas vrai. C'est Didier Raoult qui, le premier, va mettre les pieds dans le plat dans son livre de janvier 2018 ''La vérité sur les vaccins'' page 175 :

« Notre stratégie vaccinale contre la rougeole est mauvaise. La ministre de la Santé a annoncé vouloir porter la couverture vaccinale de 75% à 95%, alors que le vrai problème tient surtout à la durée de la protection vaccinale. Nous nous sommes rendu compte qu’elle était bien plus faible que celle que procurait l’infection naturelle »

Aussi, il en arrive à recommander la vaccination, après contrôle immunologique, des personnels s’occupant des enfants.

Dans une étude dont il est coauteur il écrit [3] :

« En Europe, la question se pose de savoir si une troisième ou même une quatrième dose de vaccin devrait être proposée aux personnels de santé et si une nouvelle vaccination tous les 5 ans permettrait de garantir une couverture vaccinale suffisante contre les nouvelles souches. »

[3] The Lancet Volume 18, ISSUE 10, P1060-1061, October 01, 2018 DOI :

https://doi.org/10.1016/S1473-3099(18)30543-7

 Avec de telles expériences, l'affirmation que la vaccination contre des papillomavirus serait efficace à vie ne doit ni nous surprendre ni nous impressionner. Le vaccin est très récent, aussi ils ne peuvent avoir preuve d'une telle efficacité à vie. Chacun comprend que cela facilite grandement le lancement du vaccin mais que plus tard, comme pour les autres vaccins, on constatera sans doute qu'il n'en est rien.

Mais avec ce vaccin la situation se complique car il n'est pas certain que des rappels soient praticables. En effet, chacun sait que cette vaccination doit être réalisée avant le premier rapport sexuel afin d'éviter de vacciner une femme qui aurait été contaminé par un tel virus. On peut penser qu'il en ira de même en cas de rappels. Autrement dit il n'y aura pas de rappels possibles.

Dans ces conditions, la modélisation australiennes pourrait rapidement s'écrouler comme un château de cartes et ce n'est pas tout.

Le déplacement des souches

De plus, il existe 150 souches de papillomavirus. Bien sûr, il est affirmé que les souches les plus souvent rencontrées dans les cancers du col sont présentes dans le vaccin. Mais on commence à avoir une bonne expérience de ce qui se produit quand on vaccine contre des pathogènes à souches multiples. L'efficacité du vaccin contre les souches qu'il contient favorise la circulation des autres souches qui deviennent alors capables de provoquer la maladie aussi gravement et aussi souvent que les souches éliminées par la vaccination.

Mais cela ne semble pas troubler nos modélisateurs quand ils écrivent:

«  D'ici 2066 (entre 2054 et 2077), l'incidence annuelle du cancer du col utérin diminuera et restera inférieure à un cas pour 100 000 femmes.... »

Ils avancent ainsi, sans trembler, des prévisions pour 2070 et même pour 2100 !

« ...nous avions pour objectif d'estimer l'incidence du cancer du col utérin jusqu'en 2100, »

Autant tenter de prévoir le temps qu'il fera en 2100 en Australie !!! Non, franchement, ce n'est pas sérieux. Voici quelques exemples qui devraient faire réfléchir sur la valeur des pronostics d'évolution d'une maladie sous le feu d'une vaccination.

Exemple de la rougeole

Il existe 26 souches du virus de la rougeole, toutes n'étant pas également sensibles au vaccin. Aussi, la vaccination généralisée peut fort bien favoriser la circulation des souches les moins sensibles au vaccin. Cette substitution de souches a été étudiée dans un article paru en octobre 2018 dans The Lancet, l'un des auteurs étant Didier Raoult ''Rougeole : une nouvelle approche vaccinale est-elle nécessaire ? '' Extraits [3] :

"Nous sommes confrontés à des épidémies de rougeole et à des flambées qui touchent les personnes immunisées et dans lesquelles les souches B3 et D8 sont impliquées. ...Deux particularités sont apparues depuis 2017.

Premièrement, les épidémies touchent à la fois les personnes non vaccinées et les personnes vaccinées ...

Deuxièmement,  la souche B3, initialement importée d'Afrique, puis d'Europe orientale, d'Europe centrale et des États-Unis, participe à la réémergence mondiale de la rougeole, en plus du génotype D8.

De plus, la rougeole a été définie comme une maladie liée aux voyages et elle se propage dans les écoles et les hôpitaux. La réémergence de la rougeole dans des zones post-élimination telles que le Portugal, un pays sans transmission endémique de la rougeole depuis 12 ans, est alarmante.

Comparé à la distribution de 2011, le génotype B3 est maintenant distribué à l'échelle mondiale. Il a été rapporté comme étant plus transmissible que les autres génotypes.

 

De manière frappante, une seule étude a recherché si le vaccin utilisé dans le monde entier était efficace contre cette souche B3. En ce qui concerne l'efficacité protectrice du vaccin contre les génotypes du virus de la rougeole actuellement en circulation, Fatemi Nasab et coll. ont montré que les titres en anticorps neutralisants étaient plus faibles pour le génotype B3 que pour les génotypes H1, D4 et A.

 

Les conséquences de l’émergence de cette nouvelle souche B3 sur l’efficacité du schéma vaccinal actuel et sur l’objectif d’éradication proposé par Fenner en 1998 sont inconnues

 

En Europe, la question se pose de savoir si une troisième ou même une quatrième dose de vaccin devrait être proposée aux personnels de santé et si une nouvelle vaccination tous les 5 ans permettrait de garantir une couverture vaccinale suffisante contre les nouvelles souches."

Même si les auteurs n'en parlent pas, il est plus que vraisemblable que l'émergence mondiale de cette souche B3 est la conséquence de la généralisation mondiale de la vaccination contre la rougeole. Cette vaccination a sélectionné en les favorisant, les souches les moins réceptives au vaccin utilisé.

[3] The Lancet Volume 18, ISSUE 10, P1060-1061, October 01, 2018 DOI :

https://doi.org/10.1016/S1473-3099(18)30543-7

 

Pneumocoques et méningocoques

 

Christian Perronne fut président du CTV et du CSHPF de 2002 à 2007 puis deviendra président de la commission sécurité sanitaire au HCSP qui remplacera le CSHPF. Fin novembre 2007 il présentera une communication aux journées de veille sanitaire organisées par l'InVS. Extraits du résumé en ligne [4 ] avec le dernier paragraphe :

 

« pour certains microbes à sérogroupes multiples et en l’absence de couverture sur l’ensemble des souches, le déplacement de souches microbiennes dans la population, dont l’impact épidémiologique pourrait, dans certains cas, faire perdre le bénéfice de la vaccination (pneumocoques, méningocoques). »

Son propos s'applique donc aux vaccins prévenar et méningocoque C devenus obligatoires pour les enfants.

J'avais aussi noté les propos oraux de Christian Perronne sur les vaccins pneumococciques :

«  connu sous le nom de Prévenar et recommandé depuis 2006  en vaccination généralisée des enfants en France. Il mentionne qu’on a sur ce vaccin une expérience limitée dans le temps avec 800 000 vaccination par an aux USA où on a observé une décroissance de la mortalité (30 cas en moins par an) par infection invasive à pneumocoque. Mais aussi une perte du bénéfice chez les Inuits d’Alaska après quelques années d’utilisation : absence de diminution de la mortalité globale par les infections invasives à pneumocoques avec accroissement de l’incidence chez les sujets jeunes immunodéprimés.

En France on a noté une réduction de 7 cas chez l’enfant mais avec une légère augmentation des infections à pneumocoques tous âges confondus. »

Il écrit encore dans son résumé :

« Le vaccin méningococcique de type C ou le vaccin varicelleux ne sont recommandés que pour des personnes à risques ou dans des conditions épidémiologiques bien particulières. »

Le revirement de Christian Perronne : 10 ans plus tard, il signera la pétition des 200 grands médecins en faveur des 11 vaccins obligatoires ...

[4] http://invs.santepubliquefrance.fr//publications/2007/jvs_2007/vaccination/1.pdf

 

Lu dans « Epidémiologie de terrain - Méthodes et applications »

 Un ouvrage collectif de 790 pages (2017)

 

 PNEUMOCOQUES

 Impact du vaccin anti-pneumocoque du nourrisson sur l'épidémiologie des infections invasives à pneumocoques (page 651)

 Par Daniel Lévy Bruhl et Jean-Paul Guthman de Santé Publique France

 

« Le réseau EPIBAC a permis, en associant à la surveillance des infections invasives bactériennes communautaires les données microbiologiques (sérotypes) issues du réseau des Observatoires régionaux du pneumocoque en association avec le Centre national de référence du pneumocoque (CNRP), d'évaluer l'impact de la vaccination anti-pneumococcique du nourrisson introduite en 2003, avec le vaccin conjugué heptavalent (PCV-7).

 L'incidence par âge des infections invasives à pneumocoques (IIP ; méningites et bactériémies) et la distribution des sérotypes ont été comparées entre les périodes pré et post vaccinale.

 L'incidence, tous âges confondus, a augmenté de 9,2/100000 en 1998-2002 à 10,4/100000 en 2007-2008. Seule, la tranche d'âge ciblée par la vaccination (<2 ans) a vu son incidence d'IIP diminuer de 32,5% de 1998-2002 et 2007-2008. Dans toutes les tranches d'âge, l'incidence des IIP à sérotype vaccinal est plus faible en 2007-2008 par rapport à 2001-2002, surtout avant l'âge de 2 ans ((3,0/100000 versus 20,5/100000, respectivement, soit une baisse de 85,5%).

 Parallèlement, l'incidence des IIP à sérotypes non vaccinaux a augmenté entre 2001-2002 et 2007-2008 dans tous les groupes d'âges. Chez les enfants de moins de deux ans, elle a pratiquement doublé entre 2001-2002 et 2007-2008 ….

 ….. La concomitance dans les différents pays de l'introduction de la vaccination du nourrisson et de l'augmentation de l'incidence des infections à sérotypes non vaccinaux ne laisse guère de doutes sur la part importante de la vaccination dans ce phénomène.

 Ces résultats décevants ont largement contribué à recommander, en 2010, la substitution du vaccin 7-valent par le vaccin 13-valent qui, outre sa plus large couverture des sérotypes circulants, présente l'avantage de contenir la plupart des sérotypes impliqués dans le phénomène de remplacement.

 Entre 2008-2009 et 2014, une diminution de l'incidence des infections invasives à pneumocoques de 41%, tous âges confondus, a été observée. »

 

Le problème est et sera qu'il y a plus de 90 sérotypes …

A la conférence de presse très solennelle du 22 décembre 2017 à l'université Paris Descartes, Lévy Bruhl avait déclaré qu'on allait s'occuper des sérotypes contenus dans le vaccin, pour les autres on verra plus tard ….

CONCLUSION

Peut-on vraiment qualifier d'étude un tel document ? On devrait plutôt s'interroger sur le rôle que cette publication joue pour comprendre le pourquoi de cette publication aux conclusions assez invraisemblables et à l'exploitation médiatique qui en est faite comme par l'inénarrable Michel Cymès.

Pour qui connait un peu l'histoire des vaccinations, cela ne devrait pas surprendre car ce n'est pas nouveau. Le vaccin antivariolique, le BCG etc furent accueillis par des discours dithyrambiques et ça continue avec le Gardasil qu'il s'agit de promouvoir et si possible de le rendre obligatoire. Plus tard quand les limites du vaccins apparaitront à tous il sera très difficile de revenir en arrière. Pour le BCG il fallut attendre le 1er avril 2019 pour en supprimer l'obligation pour certains personnels de santé alors qu'on connaissait depuis très longtemps son inutilité, sans parler de la plaisanterie des tests tuberculiniques censés tester l'immunité contre la tuberculose.

Voici comment avait été annoncé en 1962 la victoire prochaine sur la variole 

 

« La variole sera bientôt vaincue par une campagne systématique généralisée avec

une couverture vaccinale à 80% » :

 

C'est ce qu'affirmait l'OMS en 1962 dans les ''Cahiers de santé publique 1962'' page 10  [5]:

 

 

 

Mais ces campagnes furent un échec cuisant qui conduisit à changer radicalement de stratégie comme on peut le lire dans le document de 1979 présenté ci-dessous sur lequel s'appuya l'Assemblée mondiale de la santé le 8 mai 1980 pour proclamer officiellement l'éradication mondiale de la variole (plus précisément des 2 virus de la variole majeure et de la variole mineure appelée aussi alastrim).

« La variole vaincue par la recherche active des malades et de leurs contacts suivie de leur isolement » :

.

Page 22, ce document décrit le rôle de l'isolement des malades et de leurs contacts [6]

 

 

 

J'ajoute ici une "pensée" du philosophe Luc Ferry sur la vaccination (dans Le Figaro), ce qui donne une idée de la façon dont nos "penseurs" fonctionnent, en manipulant des mots sans les confronter aux faits, comme avec la variole par exemple :

Luc Ferry : «Sur la vaccination, Agnès Buzyn

 

a mille fois raison !»

CHRONIQUE - Toutes les études scientifiques depuis plus d'un siècle montrent que la vaccination est vitale pour la collectivité, et qu'elle sauve des millions de vies.

C'est là encore un des méfaits pervers de l'obscurantisme qui sévit de plus en plus en Occident depuis la naissance de l'écologie politique dans les années 1970. 55 % des Français pensent que le ministère de la Santé est de mèche avec l'industrie pharmaceutique pour cacher la nocivité des vaccins! On nage donc en plein délire. On craint la science plus que la nature, la médecine «officielle» plus que les fadaises des médecines «alternatives». On est entré dans l'ère de la postvérité et c'est à brève échéance un désastre pour la collectivité. Car ceux qui s'opposent au vaccin le font au nom de leur sacro-saint droit individuel à décider par soi seul de ce qui est bon pour soi seul!

Or, disons-le d'emblée, la vaccination n'est pas seulement affaire de choix individuel, c'est une décision qui nous engage tous. Non seulement ceux qui ne se vaccinent pas mettent la santé des autres en danger, mais ils dépensent en outre leur argent, car loin de se soigner avec leurs propres ...

 La suite est payante

 

[5] http://whqlibdoc.who.int/php/WHO_PHP_8_fre.pdf

 

[6] http://apps.who.int/iris/bitstream/10665/39258/1/a41464_fre.pdf

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17 mars 2019

Sur des fautes méthodologiques dans l'évaluation d'actions de santé publique

 

Voici une nouvelle version que j'espère plus pédagogique sur les fantaisies de l'expertise quand elle traite

des données épidémiologiques avec des tests statistiques ...

 

 

Sur des fautes méthodologiques

 

et leurs conséquences

 

dans l'évaluation

 

d'actions de santé publique

 

 

 

Orientation générale

 

Un vote pour une élection comporte deux grandes phases. D'une part le vote des électeurs c'est à dire la collecte des données ; d'autre part le dépouillement qui va correspondre à l'analyse des données dans une étude épidémiologique. Les seules critiques généralement formulées sur les études épidémiologiques portent sur la collecte des données avec la question : ''pourra-t-on appliquer à la population les informations trouvées sur les données collectées ? '' On pourra alors éventuellement parler de biais de sélection.

 

Par contre, les procédés utilisés pour analyser les données collectées font rarement l'objet de contestations. C'est de cela dont il sera question ici. Il s'agit donc d'un type de critiques très inhabituelle. Les erreurs techniques présentées seront illustrées par des exemples pris dans des études publiées dans des revues avec comités de lecture.

 

Les fautes techniques pointées dans ce document ne sont pas que le fait des auteurs des études prises pour exemples. Elles puisent leur origine beaucoup plus en amont, au niveau des concepteurs de la discipline qui a formé les auteurs, que ce soit en France ou à l'internationale. Les exemples présentés ont été pris dans des publications portant sur l'impact d'une campagne de vaccination sur une population mais les erreurs techniques sous jacentes sont générales et indépendantes de cette situation particulière. Elles pourraient donc aussi impacter les études épidémiologiques portant sur d'autres thèmes que les vaccinations.

 

Les erreurs techniques décrite sont incontestables car de nature mathématique. Ce terme ne doit ni effrayer ni décourager. En fait c'est plutôt très simple à comprendre, beaucoup plus simple et plus assuré que l'immunologie. Dans un but pédagogique, j'ai illustré dans la mesure du possible avec des exemples ''fabriqués'' qui devraient aider à la compréhension des problèmes majeurs car très lourds de conséquences qui sont soulevés dans ce texte qui n'est pas exhaustif. Il existe en effet d'autres problèmes de même nature et aux conséquences tout aussi importantes et graves.

La suite dans le document PDFLimites_de_l_expertise

 

https://p8.storage.canalblog.com/87/61/310209/123082925.pdf

 

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19 janvier 2019

Lévothyrox Nouvelle Formule : tout va bien !

 

Chacun sait que le changement de formule pour le Lévothyrox a défraillé la chronique, beaucoup d'utilisateurs se plaignant du changement de formule. L'ANSM, l'Agence nationale de sécurité du médicament, vient de publier le 20 décembre 2018 le résultat d'une étude épidémiologique sur les effets comparés des 2 formules, l'ancienne (AF) et la nouvelle (NF) sur deux groupes de patients constitués chacun du même nombre 1 037 553, ce qui représente pratiquement l'ensemble des français traités par Lévothyrox [1].

En fait, les patients suivis en 2017 sont probablement, pour la plupart, les mêmes qu'auparavant en 2016 puisque ces derniers avaient du renoncer à l'ancienne formule qui n'était plus disponible pour poursuivre leur traitement avec la nouvelle formule.

 

Voici la synthèse des résultats tels que présentés par l'ANSM.

Il s'agit de la première étude fournissant des chiffres sur l’état de santé des personnes ayant initié le Lévothyrox NF au printemps 2017 à l’échelle de l’ensemble de la population traitée par lévothyroxine en France

 

Le rapport note qu'il n'existe pas d’argument en faveur d’un risque augmenté de problèmes de santé graves dans les mois suivant l’initiation du Lévothyrox NF. Plus précisément, il note qu'il n'y a pas eu plus d’hospitalisations, pas plus de décès et qu'il n'y a

pas eu non plus d’augmentation spécifique des arrêts de travail ni de l’utilisation des traitements symptomatiques des troubles notifiés en pharmacovigilance

 

Par contre les auteurs reconnaissent :

1- Une augmentation nette du nombre de consultations chez les généralistes et les endocrinologues parmi la population traitée par Lévothyrox NF. Elle fut concentrée sur la période d’août, septembre et octobre 2017

2- Une augmentation relative de l’utilisation des traitements chroniques (psychotropes, antihypertenseurs, hypolipémiants) parmi la population traitée par Lévothyrox NF comparé à la population témoin. En particulier parmi les patients qui utilisaient déjà ces traitements avant l’inclusion.

 

Pour effectuer les comparaisons entre les 2 groupes les auteurs annoncent que la durée moyenne du suivi pour l'ensemble cumulé des 2 groupes était 7,5 mois c'est à dire 7 mois et 15 jours. Il est a priori surprenant que 2 groupes aussi importants puissent avoir la même durée de suivi. Ils ne communiquent pas les durées de suivis pour chacun des 2 groupes. Or cela a sans doute beaucoup d'influence sur les résultats obtenus.

 

Prenons par exemple l'affirmation qu'il n'y a pas significativement plus de décès dans un groupe que dans l'autre. Le groupe AF a eu 6387 décès au cours de la période d'observation contre 6355 pour le groupe NF. L'écart est très faible et il est inutile de faire des calculs pour confirmer la conclusion des auteurs à ce sujet, du moins si la durée du suivi est la même pour les 2 groupes.

 

Mais il suffit de modifier très peu ces durées tout en conservant la moyenne
globale 7,5 pour créer un signal en faveur des AF. Prenons 7,7 mois de moyenne au lieu
de 7,5 pour les AF contre 7,3 mois pour les NF. 7,7 mois représente 7 mois et 21
jours alors que 7,3 représente 7 mois et 9 jours. J'ai ainsi fait varier la moyenne de 7 mois et 15 jours de seulement plus ou moins 6 jours, ce qui pourrait paraître négligeable. Aussi, il est possible que les auteurs n'y aient pas prêté attention. Pourtant, cela va suffire pour changer les résultats en faveur des AF.

En effet le nombre moyen de décès par mois sera 6355/7,3=870,55 pour les NF contre 6387/7,7=829,48 pour les AF. On constate ainsi que le nombre de décès chez les AF devient plus faible que chez les NF alors que c'était l'inverse initialement.

 

Mais cette différence qui est 41,07 sur un mois est elle significative ? Cela devient plus compliqué. Pour apprécier si cet écart est important (significatif) ou faible (non significatif, c'est à dire compatible avec des variations aléatoires) il faut estimer la variance et pour cela modéliser par une loi de POISSON pour lesquelles la variance théorique est
égale aux nombre de cas attendus. On estime les cas attendus par les cas
observés qui sont 6387 et 6355. La division par 7,7 et 7,3 pour effectuer une comparaison sur une même durée d'un mois demande de diviser par les carrés de ces nombres pour estimer les variances qui s'ajoutent pour estimer la variance de la différence 6355/7,3-6387/7,7 entre les 2 groupes.

 

L'estimation de la variance théorique sera 6387/7,7²+6355/7,3²=226,98 dont la racine carrée est 15,07 qui donne une estimation de l'écart-type. On évalue 41,07 en nombre d'écarts-type soit 41,07/15,07=2,73 écarts-type.

C'est significatif au niveau habituel de 5% quand l'écart est d'au moins 2 écarts-type. C'est très significatif quand l'écart est d'au moins 2,6 écarts-type, ce qui est le cas. Avec une simple calculette pour faire son marché on peut savoir ainsi que l'écart sera très significatif en faveur du groupe AF.

De façon plus précise on peut calculer la probabilité d'un tel écart qui est 3,2/1000 ou 0,32% <0,5% qui est très significatif.

 

Autrement dit, il y a très significativement plus de décès dans le groupe NF que dans le groupe AF quand les durées moyennes du suivi sont de 7 mois et 9 jours pour le groupe NF et de 7 mois et 21 jours pour le groupe AF.

L'écart resterait encore significatif en faveur du groupe AF en prenant 7,65 mois et 7,35 mois pour les durées de suivi pour les groupes AF et NF. La probabilité d'obtenir un tel écart par les fluctuations du hasard étant 2,42%<2,5% qui est le seuil habituel de significativité.

 

Voici un second exemple avec les pathologie de l’appareil cardiocirculatoire  : 

 

Groupe AF : 8 702 cas contre 8 472 pour le groupe NF. Non seulement elles sont plus nombreuses chez les AF que chez les NF mais les auteurs affirment un écart significatif en faveur du groupe NF qui aurait donc significativement moins de pathologies cardiocirculatoires qu'avec l'ancienne formule.

Pour ma part, avec des durées de suivis égales je trouve une probabilité de 3,96% pour obtenir un tel écart en faveur des NF. Ce résultat n'est pas significatif au seuil 5% car >2,5% mais il le devient au seuil 10% car <5%.

Je suppose maintenant que la durée moyenne du suivi est 7,75 mois pour les AF (7 mois et 23 jours) et 7,25 mois pour les NF (7 mois et 7 jours). La moyenne globale du suivi reste ainsi à 7,5 mois. La probabilité d'un tel écart entre les nombres de pathologies observées sera 0,45% très significative (<0,5%) en faveur des AF

Autrement dit, il y a très significativement plus de pathologies cardiocirculatoires dans le groupe NF que dans le groupe AF quand les durées moyennes du suivi sont de 7 mois et 7 jours pour le groupe NF et de 7 mois et 23 jours pour le groupe AF.

 

En conclusion de ces calculs, les auteurs devraient préciser les durées moyennes de suivis pour chacun des 2 groupes AF et NF.

 

Cela s'imposerait pour le moins car il y a un paradoxe flagrant dans ces données : d'une part, les auteurs notent qu'il y a eu 360000 consultations médicales supplémentaires chez les NF en soulignant ce fait qu'ils ont entourés en rouge tout en reconnaissant un accroissement sensible de la consommation de certains médicaments, les durées de suivis étant supposées égales ; d'autre part ils affirment la réduction d'un certain nombre de pathologies avec la nouvelle formule. Reconnaissons le paradoxe qui trouverait une explication immédiate si la durée du suivi était plus longue de seulement quelques jours chez les AF.

Voci ce qu'écrivait Libération [2] :

"Jeudi 20 décembre s’est tenue une cinquième réunion du comité de suivi et, le lendemain, la Direction générale de la santé (DGS) a publié un communiqué faisant état de la vaste étude de pharmaco-épidémiologie portant sur plus de deux millions de personnes traitées par ce médicament qui vise à réguler une hormone de la thyroïde. Des données en forme de conclusion: «Les résultats ne mettent pas en évidence une augmentation de problèmes de santé graves (décès, hospitalisation, arrêt de travail d’au moins sept jours) en lien avec la prise de la nouvelle formule du Levothyrox.»

"Et donc il y a eu… affaire. Aujourd’hui, chacun va garder ses convictions. Alors que comme le montre la très sérieuse enquête de pharmaco-épidémiologie, il n’y a eu aucun décès, ni aucune hospitalisation grave.»

"près de 1 million de patients ont arrêté de prendre la nouvelle formule. Un vrai désamour. «On observe une augmentation croissante de l’utilisation des nouvelles spécialités à base de lévothyroxine autres que Levothyrox nouvelle formule par les patients souffrant de troubles de la thyroïde.» Alors qu’au dernier trimestre 2017, 15% des personnes traitées l’étaient au moyen d’une autre spécialité à base de lévothyroxine, ce chiffre s’élève au dernier trimestre 2018 à 21 %. «Parmi les patients pour lesquels un traitement par lévothyroxine a été débuté au cours du deuxième trimestre 2018, ce chiffre atteint 27 %.» En clair, des patients se sont détournés de façon significative de cette nouvelle formule.

Bref, aujourd’hui, un an et demi plus tard, on peut dire que le dossier Levothyrox, ancienne ou nouvelle formule, est rentré dans les rangs. Mais à quel prix ? En termes financiers, ce sont des millions d’euros qui ont été gaspillés. Des milliers d’effets secondaires ont fragilisé des patients (17 000 au 1er janvier 2018). Et plus généralement, la confiance a été de nouveau ébréchée entre les autorités sanitaires, les industriels et les usagers de la santé"

 

 [1] https://ansm.sante.fr/var/ansm_site/storage/original/application/7065c9d2946e0128a3231f56d5865471.pdf

 [2]  https://www.liberation.fr/france/2018/12/24/levothyrox-une-crise-finie-qui-laissera-des-traces_1699444 

 

 

 

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27 décembre 2018

La revue PRESCRIRE analyse l'hésitation vaccinale ...

La revue Prescrire "analyse" l'hésitation vaccinale dans cet article en accès libre :

http://www.prescrire.org/fr/3/31/55787/0/NewsDetails.aspx 

 

 

Hésitation vaccinale : mieux comprendre

 

pour mieux accompagner

 

 

Plutôt que de considérer les personnes hésitantes à l'égard des vaccinations comme irresponsables, mieux vaut chercher à rétablir la confiance en renforçant le socle de connaissances et étudier les blocages et les moyens de les lever.

 

"En France, depuis les années 2000, la défiance vis-à-vis des vaccins, probablement aussi ancienne que la vaccination elle-même, s'est accrue. Cette défiance serait en partie responsable d'une couverture vaccinale relativement faible pour certaines maladies. Cette défiance se manifeste parfois par une opposition à toute vaccination, mais souvent par un ensemble de comportements plus nuancés, regroupés sous la notion "d'hésitation vaccinale".

Complexe et multidimensionnel, le processus de décision vaccinale est souvent davantage influencé par des opinions et expériences personnelles ou de proches que par des données scientifiques.

Au sein de la population, la médiatisation de controverses vaccinales et de scandales sanitaires a contribué à alimenter le doute à l'égard de l'utilité et de la sécurité de tel ou tel vaccin. La gestion défaillante par les autorités de différents événements (grippe A/H1N1, hépatite B, Mediator°, etc.) et la suspicion de l'influence des firmes pharmaceutiques ont aussi eu un effet sur l'adhésion vaccinale de la population.

Les soignants sont la source privilégiée d'informations sur les vaccins. Ils jouent un rôle important auprès de la population dans sa confiance ou défiance à l'égard des différents vaccins. Comme pour les autres traitements ou moyens de prévention, les soignants ont à répondre aux interrogations et craintes exprimées à l'égard de leurs effets indésirables. Les autorités sanitaires ont aussi un rôle majeur à jouer afin de garantir un haut degré de transparence dans les choix et les décisions prises dans le cadre des politiques vaccinales. Fin 2018, il est illusoire de miser sur une adhésion complète de tout le public. Mieux vaut en tenir compte, chercher à rétablir la confiance en renforçant le socle de connaissances, et étudier les blocages et les moyens de les lever."

CONCLUSION : "l'hésitant" ne saurait être que dans l'erreur !

Pour ma part, je ne pense pas avoir de blocages par rapport à la vaccination, je pense plutôt que le socle de connaissances que j'ai pu acquérir me donne confiance dans les choix que je pourrais avoir à faire sans qu'il soit nécessaire de m'envoyer une équipe de psychothérapeutes spécialisés pour lever mes blocages ... De plus, je ne pense pas du tout agir de façon irresponsable, bien au contraire, en publiant les nombreux articles de ce blog ou sur d'autres comme actuellement (décembre 2018, janvier 2019) sur le site de l'AIMSIB sur l'affaire du BCG,  de la tuberculine et de la marche lente vers la suspension de la pratique généralisée, et donc obligatoire, du BCG :

https://aimsib.org/2018/12/10/bcg-episode-1-comment-cette-affaire-eclaire-lactualite-vaccinale/

https://aimsib.org/2018/12/18/bcg-episode-2-guerir-la-tuberculose-avec-de-la-tuberculine/

https://aimsib.org/2019/01/13/bcg-episode-3-la-marche-lente-vers-sa-suspension-dobligation/

En réalité, l'adhésion à la vaccination repose plutôt sur des pseudos connaissances complaisamment déversées dans l'espace public. Une meilleure connaissance des problèmes, et pas seulement des effets indésirables mais aussi de l'impact délétère que les vaccinations peuvent avoir sur la circulation des virus et bactéries (pneumocoques, méningocoques, papillomas virus, rougeole ...), ferait voir les politiques vaccinales sous un tout autre jour.

Savoir par exemple que les vastes campagnes répétées de vaccinations contre la variole ont contribué à répandre les hépatites dans les populations africaines et asiatiques en raison d'aiguilles qui n'étaient pas à usage unique, sans parler du VIH.

RAPPEL : après l'échec des campagnes massives de vaccination, la variole fut vaincue par la recherche active des malades et des contacts suivie de leur isolement. la vaccination de ces mêmes contacts, pratiquée de façon de plus en plus sytématique n'ayant fait  qu'aggraver la variole chez ces contacts et accroitre le nombre de cas.

La "connaissance" déversée au brave public est que ce sont ces vaccinations qui ont vaincu la variole ...

A ce sujet voir, par exemple, cet article de mon blog :

http://questionvaccins.canalblog.com/archives/2017/12/28/35996585.html

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26 décembre 2018

Le vaccin hépatite B favoriserait le cancer du foie ?

 

 

Voici un extrait de l'article du Docteur Gérard DELEPINE sur l'effet paradoxal de la vaccination hépatite B sur les cancers du foie

A lire sur AGORAVOX :

 https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/effet-paradoxal-du-vaccin-anti-211018?fbclid=IwAR3BBzoufiS_x_HWhes0HpzRPaNldDXkm_rlT2e844jbGzS3FSlA5qo5ppQ

 

 En relation avec un résultat analogue par le même auteur pour le Gardasil. Mon article :

http://questionvaccins.canalblog.com/archives/2018/11/09/36854298.html

 

 

RESULTATS A LONG TERME (25 ans) DES LARGES CAMPAGNES DE VACCINATION : discordance entre infection et cancer.

 

Près de 25 ans sont passés depuis le début des campagnes de vaccination, et un premier bilan objectif peut être tiré des points de vue infectieux et cancérologique.

 

 Comme pour le vaccin anti HPV (gardasil), la discordance entre efficacité contre l’infection et nocivité pour le cancer est frappante. Ces constatations devraient susciter beaucoup de réflexion et de travaux de chercheurs à l’échelle mondiale.

 

Contre l’infection, les campagnes de vaccination contre l’hépatite B ont été très efficaces, entraînant une baisse spectaculaire de l’incidence des hépatites aigues : 90% aux Etats-Unis (passant de 10.8 en 1990 à 0.9 en 2014)[23], 62% en Italie (de 5,4 en 1990 à 2 en 2000), plus de 80% en Allemagne[24].

 

Au Canada, où la stratégie vaccinale a été similaire à celle mise en place aux Etats-Unis, le taux d’incidence de l’hépatite B aiguë en 1998-99 a été estimé à 2,3 pour 100 000, selon les données du Registre national des maladies à déclaration obligatoire.

 

En France, chez les femmes enceintes, la prévalence du portage de l’antigène de l’hépatite B (AgHBs) a été estimée à 0,41 %. Chez les donneurs de sang, la prévalence de l’AgHBs est passée de 5,3 pour 100 000 en 1991 à 1,8 pour 100 000 en 2003.

 

 

 INFECTION ET CANCER, DES DESTINS PARFOIS OPPOSES

 

Les succès considérables du vaccin contre l’infection ont suscité l’espoir d’une réduction comparable de l’incidence des cancers du foie. Mais contrairement aux espoirs et aux affirmations de l’INCa et du ministère, la vaccination dans les pays occidentaux n’a pas entraîné une diminution de l’incidence du cancer du foie, mais au contraire une augmentation considérable de celle-ci.

 

Ainsi, en Grande-Bretagne entre 1993 et 2015, l’incidence du carcinome hépatique a été multiplié par 2.5 [25]

 

En Australie, l’incidence et le taux de mortalité standardisés par cancer du foie ont triplé en trente ans (de 2 /100000 en 1980 à 6 en 2013[26].

 

Aux USA, le vaste plan d’éradication de l’hépatite virale, débuté en 1991, a abouti au triplement de l’incidence des cancers du foie celle-ci atteignant 14/100000 en 2015.[27]

Parallèlement, le taux de mortalité aux États-Unis a augmenté de 40% entre 1990 et 2004 et continue d’augmenter.

 

Au Canada, entre1992 et 2012, l’incidence des cancers du foie a plus que triplé, passant de 2.0 en 1970 à 6.2 en 2007 et 9.9 en 2017 chez les hommes. Les taux de mortalité par cancer du foie ont également augmenté davantage chez les hommes (2.8% par an) que chez les femmes (1.7% par an)[28].

 

En France, la vaccination anti-hépatite B a été suivie d’une augmentation considérable de l’incidence du cancer du foie (3,2 % par an), aboutissant à doubler son incidence en 20 ans(de 6.8 pour 100000 en 1995 à 13,4 en 2017[29]). Pourtant, pendant cette période, la consommation d’alcool, principale cause de ce cancer, a régressé considérablement.

 

ESTIMATION GLOBALE MONDIALE

Du point de vue cancérologique, la généralisation de la vaccination contre l’hépatite B a été paradoxalement suivie d’une augmentation sans précédent de l’incidence du cancer du foie.

Au niveau mondial, depuis la vaccination, l’incidence et la mortalité par cancer du foie ont, en moyenne, triplé dans les régions dans lesquelles elles étaient faibles, telles que les Amériques et l’Europe.

Et cette augmentation considérable, parfois même comparée à un tsunami[30], ne peut guère être attribué au tabac ou à l’alcoolisme, car ces deux intoxications ont fortement diminué durant cette période. Certes la prévalence de l’hépatite C, de l’obésité et de la stéatose non alcoolique ont augmenté, mais dans des proportions incapables d’entraîner une augmentation d’une telle rapidité et d’une telle ampleur.

 

On peut s’étonner que cet échec cuisant n’ait pas suscité d’études en vue de l’expliquer et regretter que ces données scientifiques indiscutables et publiques, n’aient pas été prises en compte par le ministère de la santé et les parlementaires, lorsqu’ils ont voté la loi d’obligation vaccinale en décembre 2017, incluant ce vaccin dangereux."

EXTRAITS de l'étude américaine citée par le Dr Delépine (traduction Google) :

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24839253

 

 

Le carcinome hépatocellulaire (CHC) aux États-Unis: tendances épidémiologiques actuelles

L'incidence du CHC a presque triplé depuis le début des années 1980 aux États-Unis, où il s'agit de la cause la plus rapide de décès par cancer 1 . Selon les données du registre d'épidémiologie de la surveillance et de résultats finaux basées sur la population, les taux d'incidence globaux ajustés pour l'âge des cancers du foie et des canaux intrahépatiques du CHC atteignent 8 pour 100 000 habitants de moins de 10 ans en 2010 ( Fig. 1).) dont au moins 6 pour 100 000 étaient liés au CHC. Les hommes courent un risque environ trois fois plus élevé que les femmes. 

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09 novembre 2018

Le Gardasil favoriserait le cancer du col !

 

Voici des extraits de la lettre envoyée par le docteur Gérard Delépine aux parlementaires à propos de la vaccination par le Gardasil souvent présentée comme une vaccination contre le cancer du col de l'utérus et qui en réalité, le favoriserait !

Le texte complet :

2018_10_12_lettre_aux_parlementaires_Gardasil

 

Rapport pour Messieurs et Mesdames de la représentation nationale.


« Analyse des résultats avérés du Gardasil contre le cancer invasif du col de l’utérus.

Par Gérard Delépine. Chirurgien cancérologue, diplômé de statistiques médicales.

L’obligation vaccinale française a déclenché une véritable guerre de religion entre ceux qui croient en l‘effet toujours bienfaisant des vaccinations, et ceux qui ne comptabilisent que leurs complications. Afin de dépassionner le débat, je ne présenterai ici que des résultats avérés, officiels et indiscutables extraits des registres officiels et m’abstiendrai dans ce texte de commentaires et hypothèses qui pourraient pourtant permettre de mieux les expliquer.

Après 12 ans de commercialisation du Gardasil et plus de 200 millions de doses vendues, l’examen des registres officiels du cancer permet de tirer un premier bilan objectif d’efficacité anticancéreuse qui se révèle angoissant.

En effet on observe, dans tous les pays qui ont mis en oeuvre un programme de vaccination, une augmentation importante et significative de la fréquence des cancers invasifs touchant préférentiellement les groupes les plus vaccinés. »

Il cite alors l'Australie puis la Grande Bretagne avec cette courbe

 

 

 

"MEME PHENOMENE PARADOXAL EN SUEDE" écrit-il encore.

« Dans ce pays, l’incidence standardisée du cancer du col de l’utérus a augmenté progressivement depuis la vaccination passant de 9.6 en 2006, à 9.7 en 2009, 10.3 en 2012 et 11,49 en 2015. »

 

« En Suède, le Gardasil est utilisé depuis 2006, et le programme de vaccination a été généralisé en 2010, avec une couverture vaccinale des adolescentes âgées de 12 ans de près de 80%. En 2012–2013, avec un programme de rattrapage, la quasi-totalité des jeunes filles de 13 à 18 ans étaient vaccinées.

 

Le cancer du col de l'utérus a augmenté en Suède ces dernières années avec une augmentation de 27% du nombre de nouveaux cas annuels (de 440 à 562).[1] Dans ce pays, l’incidence standardisée du cancer du col de l’utérus a augmenté progressivement depuis la vaccination passant de 9.36 en 2006, à 9.7 en 2009, 10.3 en 2012 et 11,51 en 2015. [2]

 

 Les femmes de 20 à 24 ans ont vu leur risque doubler passant de 1.86 à 3.72 ; »

 

 

 

« En Norvège, depuis la vaccination, le registre du cancer montre une augmentation de l’incidence standardisée du cancer invasif du col de l’utérus de 12.2 en 2009, à 13.2 en 2012 et 14.3 en 2015 . Cette augmentation est due presque exclusivement aux jeunes femmes qui regroupent toutes celles qui ont été vaccinées. »

« Aux USA ... les femmes de plus de 50 ans, qui ont échappé à la vaccination bénéficient d’une diminution de 5% de leur risque (de 10.37 en 2007 à 9.87 en 2015), tandis que les femmes plus jeunes, qui regroupent les vaccinées, ont vu leur risque augmenter de 4% (5.24 en 2007 à 5.47 en 2015). »

« L’évolution de ces pays à forte couverture vaccinale peut être comparée à l’évolution constatée en France métropolitaine où la couverture vaccinale anti HPV est très faible (environ 15%) et qui peut être considérée pour cette raison comme un pays témoin. En France5, l’incidence du cancer du col de l’utérus a constamment diminué passant de 15 en 1995 à 7,5 en 2007, 6,7 en 2012 et 6 en 2017. Cette diminution de l’incidence s’est accompagnée d’une diminution de la mortalité de 5 en 1980 à 1,8 en 2012 et 1,7 en 2017. Ainsi dans tous les pays qui ont atteint un taux de couverture vaccinale anti HPV élevée, les registres officiels du cancer révèlent une augmentation de l’incidence des cancers invasifs du col de l’utérus, qui apparaît 3 à 5 ans après le début de la campagne de vaccination et qui affecte exclusivement les groupes d’âge qui ont été les plus vaccinés. »

Pour conclure :

« Ce risque de faciliter le cancer additionné aux effets secondaires connus enlève toute légitimité à cette vaccination, Les défenseurs du vaccin plaident pour la rareté supposée des « effets indésirables », mais peuvent-ils aussi prétendre que l’objectif officiel de la vaccination, diminuer l’incidence du cancer du col a encore des chances d’être atteint ?

Catastrophe sanitaire avérée. Peut-on éviter un nouveau scandale ?

L’augmentation du risque de cancer du col constatée dans tous les pays à forte couverture vaccinale constitue d’ores et déjà une catastrophe sanitaire qui justifie de diligenter en urgence des études complémentaires par des acteurs indépendants pour expliquer ce résultat paradoxal et de suspendre immédiatement la recommandation de ce vaccin.

En l’absence de mesures de précaution fortes, cette catastrophe sanitaire risque de se transformer en scandale sanitaire. »

Comment expliquer ce phénomène ?

La première idée qui vient à l'esprit serait que la réduction de la circulation des virus qui correspondent au vaccin favorise la circulation des autres virus. Ce phénomène est maintenant bien identifié pour les 91 souches de pneumocoques alors que le  vaccin contre des pneumocoques correspondait à 7 souches puis 13. La vaccination favorise la circulation d'autres pathogènes et pas uniquement de pneumocoques.

 

 

A lire aussi l'article de  Delépine sur AgoraVox :

 

Quand les résultats de simulations mathématiques remplacent les résultats réels dans l’information médicale diffusée par les médias

 

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/quand-les-resultats-de-simulations-208775

 

 [1] Dillner J1, Sparén P2, Andrae B2, Strander B3. [Cervical cancer has increased in Sweden in women who had a normal cell sample]. Lakartidningen. 2018 Jun 5;115. pii: E9FD.

[2] Nationellt Kvalitetsregister för Cervix cancer prevention (NKCx), http://nkcx.se/templates/_rsrapport_2017.pdf [en suédois]

 

L'auteur a aussi publié avec sa femme Nicole Delépine, oncologue, cet ouvrage  Hystérie Vaccinale

 
https://www.amazon.fr/Gerard-Delepine-Livres/s?ie=UTF8&page=1&rh=n%3A301061%2Ck%3AGerard%20Delepine

 

 Voici des extraits d'une traduction Google d'un article sur la modélisation de l'évolution du cancer du col de l'utérus dans l'avenir en Australie :

https://www.thelancet.com/journals/lanpub/article/PIIS2468-2667(18)30183-X/fulltext

"Dans cette étude de modélisation, nous avons utilisé Policy1-Cervix - un modèle dynamique largement validé de vaccination contre le VPH, d'antécédents naturels et de dépistage du col utérin - pour estimer l'incidence du cancer du col utérin normalisée selon l'âge en Australie entre 2015 et 2100.

Nous estimons qu'en Australie l'incidence annuelle normalisée selon l'âge du cancer du col utérin diminuera pour atteindre moins de six nouveaux cas pour 100 000 femmes d'ici 2020 (fourchette 2018-2022) et moins de quatre nouveaux cas pour 100 000 femmes d'ici 2028. (2021-2035)

 

Scénarios et résultats modélisés

Nous avons prédit l'incidence du cancer du col utérin normalisée selon l'âge et les taux de mortalité associés en Australie chaque année de 2015 à 2100, en tenant compte de toutes les femmes âgées de moins de 84 ans. 
La mortalité par cancer du col de l'utérus devrait diminuer pour atteindre un nouveau cas par 100 000 femmes par an d'ici 2034 et rester autour de ce taux."
Ce sont des prédictions qui reposent en particulier sur l'hypothèse que la forme aigüe des maladies provoquées par le papilloma virus serait indispensable pour que le virus puisse, par la suite, générer un cancer. Il n'en existe aucune preuve. De plus, il existe de très nombreuses souches de ces virus et la vaccination contre certaines favorise la circulation des autres selon un phénomène bien connu désormais. De plus encore, selon les données rapportées par Nicole et Gérard Delépine, le cancer du col est en augmentation en Australie et dans d'autres pays ayant  déjà beaucoup vacciné ... 

"L’Australie, écrivent ces auteurs,  fut le premier pays à organiser la vaccination systématique pour les filles (dès 2007). Depuis cette date, ce n’est plus une diminution que les statistiques officielles révèlent, mais une augmentation, tant du nombre annuel de nouveaux cancers : (692 en 2006 contre 863 en 2014 et une estimation de 912 cas en 2017), que de l’incidence : 6.8 en 2006 vs 7.4 en 2014 !

De plus, la hausse d’incidence touche spécifiquement les femmes vaccinées et parallèlement au taux de couverture vaccinale du groupe d’âge auquel elles appartiennent. 

Celles qui ont été vaccinées lorsqu’elles avaient entre 8 et 12 ans ont vu leur risque augmenter de 100% (de 0.1 en 2007 à 0.2 en 2014). Celles qui avaient entre 13 et 17 ans lors de la vaccination : 113% d’augmentation (de 0.7 à 1.5 dans le groupe des 20 à 24 ans vaccinées pour plus de 80% d’entre elles). Et l’augmentation d’environ 33% pour les femmes plus âgées moins vaccinées, car seulement exposées aux vaccinations « de rattrapage : de 5.9 à 8 pour le groupe 25-29ans et de 9.9 à 13.2 pour celles de 30-34.

Cet accroissement du risque de cancer après la vaccination a été dramatiquement illustré par la triste histoire de Sarah Tait, championne olympique d’aviron au deux sans barreur, lors des JO de Londres en 2012. Cette championne a vu sa vie brisée en pleine gloire : elle a souffert de cancer invasif du col quelques années après avoir été vaccinée et en est morte à 33 ans. On ne peut bien sûr pas affirmer que la vaccination a été à l’origine de son cancer mais ..."

"Durant la même période, les femmes plus âgées (et donc non vaccinées) ont vu leur risque de cancer diminuer : -17% pour les femmes de 55 à 59 ans (de 9.7 à 8.1), -13% pour celles de 60 à 64ans (de 10.3 à 8.9), -23% pour celles de75 à 79 ans (de11.5 à 8.8) et même -31% pour celles de 80 à 84 ans (de 14.5 à 10).

Comment l’auteur de l’article Maxi-science peut-il qualifier la vaccination comme «  une politique de santé publique efficace …une situation sanitaire privilégiée  » alors qu’elle a abouti à une augmentation de l’incidence globale du cancer du col d’environ 10% en six ans !"

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16 octobre 2018

Rougeole : faut-il une nouvelle approche vaccinale ?

 

C'est l'idée lancée en particulier par Didier Raoult dans un article paru en octobre 2018 dans The Lancet [1]

 

Rougeole : une nouvelle approche vaccinale est-elle nécessaire ?
 
 
“Deux particularités sont apparues depuis 2017.
 
Premièrement, les épidémies touchent à la fois les personnes non vaccinées et les personnes vaccinées ...
 
Deuxièmement,  la souche B3, initialement importée d'Afrique, puis d'Europe orientale, d'Europe centrale et des États-Unis, participe à la réémergence mondiale de la rougeole, en plus du génotype D8.
 
De plus, la rougeole a été définie comme une maladie liée aux voyages et elle se propage dans les écoles et les hôpitaux. La réémergence de la rougeole dans des zones post-élimination telles que le Portugal, un pays sans transmission endémique de la rougeole depuis 12 ans, est alarmante.
 
Comparé à la distribution de 2011, le génotype B3 est maintenant distribué à l'échelle mondiale. Il a été rapporté comme étant plus transmissible que les autres génotypes.
 
De manière frappante, une seule étude a recherché si le vaccin utilisé dans le monde entier était efficace contre cette souche B3. En ce qui concerne l'efficacité protectrice du vaccin contre les génotypes du virus de la rougeole actuellement en circulation, Fatemi Nasab et coll. ont montré que les titres en anticorps neutralisants étaient plus faibles pour le génotype B3 que pour les génotypes H1, D4 et A.
 
Les conséquences de l’émergence de cette nouvelle souche B3 sur l’efficacité du schéma vaccinal actuel et sur l’objectif d’éradication proposé par Fenner en 1998 sont inconnues
 
En Europe, la question se pose de savoir si une troisième ou même une quatrième dose de vaccin devrait être proposée aux personnels de santé et si une nouvelle vaccination tous les 5 ans permettrait de garantir une couverture vaccinale suffisante contre les nouvelles souches."
 Il n’y a pas si longtemps on disait que le vaccin protégeait toute la vie ...En octobre 2013 j'assistais au congrès Adelf-Sfsp de Bordeaux. J'avais soulevé le problème de la durée de l'efficacité du vaccin contre la rougeole. Il me sera répondu par un jeune membre du CTV qu'on disposait maintenant d'études qui confirmaient cette efficacité à vie ...
 
"Nous sommes confrontés à des épidémies de rougeole et à des flambées qui touchent les personnes immunisées et dans lesquelles les souches B3 et D8 sont impliquées."
Même si l'auteur n'en parle pas, il est plus que vraisemblable que l'émergence mondiale de cette souche B3 est la conséquence de la généralisation mondiale de la vaccination contre la rougeole. Cette vaccination a sélectionné en les favorisant, les souches les moins réceptives au vaccin utilisé.
[1]  The Lancet Volume 18, ISSUE 10, P1060-1061, October 01, 2018 DOI :
https://doi.org/10.1016/S1473-3099(18)30543-7

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30 septembre 2018

L'OMS fait le point sur l'éradication de la polio

 

 

Le REH n°39 de l'OMS du 28 septembre 2018 fait le point sur la circulation des poliovirus dans le monde [1].

 « L’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite (IMEP) continue de progresser vers l’éradication de la maladie. »

 Notons qu'ici l'OMS parle de l'éradication de la maladie, ce qui signifie arrêt de la circulation de tous les poliovirus, qu'ils soient qualifiés de sauvages ou de dérivés de souches vaccinales. Or, si l'arrêt de la circulation des virus sauvages est envisageable à court terme, celle des poliovirus dérivés de souches vaccinales ne peut être envisagée à court et moyen terme car elle ne pourra être obtenue que par une protection suffisante des eaux consommées par les populations, ce qui paraît hors d'atteinte actuellement.

 

« En 2017, seuls 22 cas de poliomyélite, dus à un sérotype unique (PVS1), ont été notifiés par l’Afghanistan et le Pakistan, 2 des 3 pays où persiste une transmission endémique des poliovirus. Aucun cas de PVS n’a été détecté au Nigéria en 2017. »

 Ces données montrent qu'on peut envisager que dans quelques années l'OMS proclame officiellement l'éradication des 3 virus sauvages, comme elle l'a déjà fait en septembre 2015 pour le type 2. Il est alors très vraisemblable que partout cette annonce limitée sera reprise comme signifiant l'éradication de la polio, ce qui sera FAUX !

 

« Le dernier cas détecté de PVS2 autochtone date de 1999. Suite à la certification mondiale de l’éradication du PVS2 en 2015, la composante de type 2 a été retirée du vaccin antipoliomyélitique de manière synchronisée à l’échelle mondiale en mai 2016, le vaccin antipoliomyélitique oral (VPO) trivalent (contenant les virus vaccinaux de types 1, 2 et 3) étant remplacé par le VPO bivalent (contenant uniquement les types 1 et 3). »

Ce fut une opération simultanée de très grande envergure pour les 145 pays utilisant le vaccin oral, de retirer le vaccin triple de tous les réfrigérateurs pour le remplacer par des vaccins bivalents. L'OMS espère ainsi que cela suffira pour arrêter la circulation du type 2 dérivé de souches vaccinales mais c'est plus que douteux. La preuve :

 

« Bien que cette transition mondiale se soit déroulée sans difficultés majeures dans la plupart des pays, la détection de poliovirus de type 2 dérivés d’une souche vaccinale (PVDV2, correspondant à des souches de poliovirus qui ont muté à partir du virus vaccinal et qui ont retrouvé leur neurovirulence en raison d’une circulation exceptionnellement longue parmi des populations faiblement immunisées) a nécessité la distribution de 126 millions de doses de VPO monovalent de type 2 (VPOm2) pour juguler des flambées dans 11 pays (Cameroun, Éthiopie, Kenya, Mozambique, Niger, Nigéria, Pakistan, République arabe syrienne, République démocratique du Congo, Somalie et Tchad).

 En 2018, il a fallu de nouveau recourir aux réserves mondiales de VPOm2 pour combattre des flambées en République démocratique du Congo, dans la Corne de l’Afrique (Éthiopie, Kenya et Somalie) et dans le nord du Nigéria. »

 Nous sommes obligés de constater qu'après avoir supprimé en mai 2016 le vaccin oral de type 2, il fut décidé en 2017 d'utiliser 126 millions de doses de vaccin oral de type 2 puis, en 2018, de recourir aux réserves mondiales .de ce vaccin de type 2 ...

 

« Depuis le retrait mondial du VPO contenant le virus de type 2 en 2016, toute détention de PV2 (PVS2, PVDV2 et VPO2) est soumise à des conditions strictes de confinement afin de limiter le risque de dissémination de poliovirus en provenance des établissements, ce qui conduirait à la survenue de maladies paralytiques et au rétablissement de la transmission. »

Voir aussi mes articles sur l'éradication mondiale du poliovirus sauvage de type 2

[2] http://questionvaccins.canalblog.com/archives/2015/09/24/32675770.html

[3]  http://questionvaccins.canalblog.com/archives/2015/09/08/32601211.html

 [1]  http://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/275001/WER9339.pd

 

 

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18 septembre 2018

Un nouveau signal statistique sur la vaccination hépatite B !

 

 NOUVEAU

Il existe un pic statistique

du nombre d'atteintes démyélinisantes centrales

selon le délai écoulé depuis la vaccination hépatite B

 

La publication américaine Langer Gould (octobre 2014) [1] a voulu étudier le lien entre vaccination hépatite B et atteintes démyélinisantes. Elle a retenu 6 cas apparus dans l'année qui suit cette vaccination et 25 pour les 2 années suivantes sans préciser davantage. La méta-analyse de mars 2018 réalisée à Bordeaux [2] en incluant 13 études sur le sujet donne une information complémentaire : 43 cas en tout, soit donc 12 au delà des 3 premières années.

Avec ces données et en testant en cas-témoins les auteurs ne trouvent pas de signal, ce qui est normal mais ne signifie pas qu'on ne puisse en trouver un sur les cas.

  Malgré l'indigence des données publiées,

il est possible de montrer que quelle que soit la répartition des 12 cas

parmi les années 4,5, 6 …

on obtient un pic statistiquement significatif.

Le principe du test repose sur une modélisation par une loi de Poisson.  Xi désignera la variable aléatoire donnant le nombre de cas apparus l'année i qui suit la vaccination hépatite B.

Premier cas :

Les 12 cas sont apparus au cours de l'année 4.

On regroupe alors les années 2, 3 et 4. La variable aléatoire X2+X3+X4=Y suivra une loi de Poisson (selon la modélisation adoptée). Pour ces lois, la moyenne et la variance théorique sont égales. On approxime la loi de probabilité de Y par la loi normale de même moyenne et variance que Y.

On forme Z=Y/3-X1. Sous l'hypothèse que chaque Xi a une même moyenne théorique (pour traduire que le nombre de cas apparaissant chaque année est indépendant de l'année), la moyenne théorique de Z sera nulle. On estime la variance de X1 par la valeur observée 6 et celle de Y par (25+12)/3²=37/9. La variance de Z sera alors estimée par 37/9+6. La valeur observée de Z étant 37/3-6 il devient alors possible de calculer la probabilité d'obtenir un écart de Z par rapport à 0 qui soit au moins aussi important que celui observé. Elle vaut 2,3% < 2,5%. Elle est donc significative au niveau habituel du test.

 

Second cas :

Les 12 cas se répartissent sur les années 4 et 5.

On va alors regrouper X1+X4+X5=Y qui prend la valeur 6+12=18 contre X2+X3=U qui prend la valeur 25.

On forme alors Z=U/2-Y/3 dont la moyenne théorique sera 0 sous l'hypothèse à tester.

La variance de Z sera estimée par 25/2²+18/3² alors que Z prend la valeur 25/2-18/3.

La probabilité associée au test vaut 1,18% significative.

 

Troisième cas :

Les 12 cas se répartissent sur les années 4, 5 et 6.

On procède de même avec X2+X3=U d'une part et X1+X4+X5+X6=Y d'autre part. Ici on peut tester sur 2 années cumulées en formant U-Y/2. La probabilité associée au test vaut 0,16% très significative.

 

Autres cas :

Si ces 12 cas pouvaient être répartis sur un plus grand nombre d'années, le signal deviendrait de plus en plus fort.

 

CONCLUSION

Quelle que soit la répartition de ces 12 cas, au delà des 3 premières années,

il existe un signal statistique en faveur

d'un pic de cas sur les années 2+3+4 si les 12 cas sont concentrés sur l'année 4

ou d'un pic sur les années  2+3 dans toutes les autres situations.

 

[1]  http://archneur.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1917549
Résumé de la publication américaine Langer Gould et al. d’octobre 2014 sur l’apparition d’atteintes démyélinisantes et SEP après vaccinations Le texte complet n’est pas en accès libre.

 

[2] Une nouvelle publication sur la relation éventuelle entre vaccination hépatite B et atteintes démyélinisantes a été publiée récemment (14 mars 2018). Trois de ses auteurs sont de l’Inserm de Bordeaux, dont l’auteure référent auquel on peut écrire. Résumé :

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29454521

 

Extraits du résumé : «  le débat est toujours actif sur un lien possible entre ce vaccin et la démyélinisation centrale. Cette étude fournit une estimation globale de ce risque basée sur une revue complète et une méta-analyse de toutes les études épidémiologiques disponibles. »

« Seules les études d’observation comprenant un groupe témoin ont été retenues. »

« 13 études avec un groupe témoin ont été analysées. Aucune des estimations de risque regroupées pour la sclérose en plaques ou la démyélinisation centrale après immunisation contre l’hépatite B n’a atteint une signification statistique. »
« Conclusions
Aucune preuve d’association entre la vaccination contre l’hépatite B et la démyélinisation centrale n’a été trouvée. »

Posté par BernardGue à 16:54 - Commentaires [0] - Permalien [#]