La Question des Vaccins

18 août 2015

Vaccinations : le Grand Débat a commencé !

 

Oui, entre 13h30 et 14h, sur Europe1 le Grand débat annoncé par Marisol Touraine a débuté et devrait durer tout l'automne comme le disait le présentateur. En cette période estivale ce ne peut être que les prémisses mais des préliminaires qui pourraient être indicatifs sur la teneur du fameux Débat National sur la vaccination. Il est présenté ainsi sur le site [1] d'Europe 1 :



Débat : Pour ou contre la vaccination obligatoire ?

Marc Gentilini, professeur émérite des maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital Pitié-Salpêtrière, président honoraire de la Croix Rouge

Marc Vercourtere, docteur en médecine, président d’Alis (Association Liberté Information Santé)

 

Marc Gentilini refusera d'aborder la question première et quand même assez fondamentale : peut-on contraindre les familles à accepter l'hexavalent pour satisfaire à l'obligation du DTP sous prétexte que ce dernier n'est plus disponible ? Pour lui c'est LE VACCIN qui importe pour lutter contre les maladies et qu'il s'agit donc de promouvoir. Le message est clair et il n'est pas le premier à le relayer par cette attitude : il s'agit effectivement de faire accepter l'hexavalent aux familles.

Il va certainement commettre une très grosse erreur de communication en traitant son interlocuteur de minable sous prétexte qu'il ne représente qu'un petit nombre de personnes … Peu importe la qualité et la valeur des arguments présentés, si vous n'avez pas derrière vous une armée d'hommes avec des fourches vos arguments ne valent rien. Cela me rappelle la réaction de Staline quand un conseiller lui apprend que le Pape venait de condamner son action : « Le Pape ? Combien de divisions ? »

Cette attitude du professeur, par ailleurs président de la Croix Rouge, va provoquer le commentaire suivant sur le site d'Europe 1 :

espiegle - le 18/08/2015 à 15h05

#

Le professeur Marc Gentelini qui a sans doute raison sur le fond est apparu comme un personnage odieux et méprisant qui ne supporte aucune contradiction. Sans doute un grand professeur mais un pauvre homme !

 

Le fait que ce commentaire donne ''sans doute raison sur le fond'' à Gentilini montre qu'il ne s'agit certainement pas d'un antivaccinaliste excité. Son appréciation n'en a que plus de valeur et de force. Les mêmes réactions avaient suivi la déclaration d'un autre professeur sur France Culture quand il avait qualifié de dégénérés les personnes qui refusent la vaccination. Ces professeurs en blouse blanche qui étalent ainsi leur arrogance révèlent l'ambiance délétère qu'ils veulent faire régner autour de la vaccination. Voir plus loin le débat sur France Culture.

Pour ma part, j'ai posté ce commentaire :

 BernardGue - le 18/08/2015 à 15h57

#

Pour la polio on confond trop souvent la maladie, les paralysies, avec son éradication qui est l'interruption de la circulation des virus polio, ce qui n'est pas du tout la même chose ! Le vaccin injectable peut éviter des paralysies mais ne peut empêcher les virus polio de circuler. C'est pourquoi on utilise le vaccin oral à virus vivant dans les campagnes d'éradication. Les virus vaccinaux suivent les mêmes voies que les aliments : une partie vers la circulation sanguine pour créer une immunité humorale comme l'injectable, MAIS avec le risque de déclencher parfois des paralysies. L'autre voie par le gros intestin. Il peut alors créer une immunité intestinale qui bloquera les futurs virus polio qui passeraient par là. MAIS pas à la première vaccination ! Aussi, le virus sort avec les selles et peut circuler dans l'environnement. Il est parfaitement reconnu que pour éradiquer la polio il faudra supprimer le vaccin oral qui contribue à entretenir la circulation de virus polio d'origine vaccinale, certes atténués mais qui peuvent redevenir virulents en se recombinant avec d'autres entérovirus. Il est aussi reconnu qu'ils ont les mêmes capacités de circulation que les virus sauvages. Les virus polio de toute nature ne circulent plus en France par exemple. Une chose est certaine : ce ne sont ni le vaccin injectable ni l'oral qui ont pu obtenir ce résultat. C'est le contrôle de l'eau consommée par les populations, en particulier l'assainissement. http://questionvaccins.canalblog.com/archives/2011/05/23/21207453.html


 

J'ajoute ici à ce commentaire que le contrôle de l'eau consommée par les populations permet de les protéger d'une foule d'agents infectieux alors que la vaccination ne peut le faire, au mieux, que contre 3 virus.

 

 

Le débat sur France Culture (6 mars 2015) [2] :

Faut-il en finir avec l'obligation de se faire vacciner?

06.03.2015 – 14:00

Invité(s) :
Patrick Zylberman, membre de la Commission spécialisée des maladies transmissibles du Haut Conseil de la santé publique; professeur d’histoire de la santé à l’Ecole des hautes études en santé publique, et meme du Centre Virchow-Villermé (Paris-Descates et Berlin-La Charité).
Alain Goudeau, directeur de la bactério-viro du CHU de Tours

Jean-Yves Nau, journaliste à Slate.fr et docteur en médecine, auteur du blog « Journalisme et santé publique »
Didier Torny, sociologue, directeur de recherches à l'INRA .



Extraits des commentaires (légèrement arrangés) :

« un peu plus d'objectivité ne nuirait pas: après les arguments partisans on voudrait des informations scientifiques concernant les vaccins »

 

« Vos invités déplorent une attitude idéologique de certaines personnes contre les vaccins, avec un discours assez méprisant sur toute opinion qui ne rentre pas dans le discours académique pro-vaccin. Ce n'est pas comme ça que l'on va convaincre les gens et simplement faire avancer le débats. »

 

« On voudrait bien ne pas se croire sur une radio commerciale à l'écoute de propagandistes au service d'une idéologie pro-vaccination. Les termes "dégénérés" et autres propos insultants ne font pas une argumentation intéressante et rendent plus méfiants encore à leur égard le quidam indifférent ou sans parti-pris à priori »

 

«  je trouve l'émission de ce jour a minima très décevante voire proprement scandaleuse , choquante !!! En tant que scientifique, je trouve ce discours qui se dit scientifique bien piètre. Le parti pris de l'émission jusque dans son vocabulaire est inadmissible, »

 

«Je m'étonne que vous appeliez votre émission une émission de débat. Merci pour votre impartialité! Quand j'entends 2 pro-vaccins qui dénigrent et jugent des gens qui ne pensent pas comme eux je trouve ça très dommageable. »

 

« J’ai toujours du mal à écouter des personnes du corps médical asséner leurs certitudes comme panacée universelle et percevoir un mépris parfois insultant pour ceux qui ne vont pas dans leur sens ... désolée, mais ça sent un peu la dictature). »

« un titre qui laissait présager beaucoup de choses intéressantes mais au final comme souvent une émission décevante. »

 

« Je suis heureuse d'avoir trouvé sur mon chemin des médecins, généralistes ou spécialistes, ouverts, bien-traitants et très éloignés de ce genre de charlatans scientistes qui se répandent sur les ondes et me font beaucoup penser aux médecins raillés par Molière en son temps. »

 

« Encore une fois déçue, comme c'est le cas de la plupart des émissions traitant (???) de santé sur les ondes zofficielles. Déçue de la partialité des intervenants, tous issus de notre belle université ! »

 

« j'ai entendu des paroles consternantes de mépris et de suffisance par les idéologues de la vaccination. Le doute n'est-il pas une vertu première des scientifiques? »

 

« quelle arrogance, quel mépris ... »

 

« Je suis rassurée par ces réactions. Je me suis dit, à l'écoute de cette émission (suis-je bien sur France culture?), dont le titre est en effet totalement trompeur, que je ne laisserai pas passer de tels propos. »

 

« Avec de tels intervenants, comment fait-on quand on cherche seulement à comprendre ? 

Dans mon cas, pourquoi mon bébé de 7 mois a poussé des cris déchirants pendant 3 jours et 3 nuits, avec forte fièvre, l'après-midi de sa 2e vaccination (DTcoq+polio). Pourquoi le médecin a identifié un "syndrome des cris aigus" , signe d'une inflammation encéphalique, sans en référer à la pharmacovigilance. Pourquoi notre bébé en plein santé est devenu un poupon de chiffon inerte. On nous a dit qu'il serait lourdement handicapé, »

 

Que voilà de saines réactions !

 

[1] http://www.europe1.fr/emissions/europe-1-midi/europe-midi-votre-journal-anthonin-andre-180815-2503437

[2]

http://www.franceculture.fr/emission-science-publique-faut-il-en-finir-avec-l-obligation-de-se-faire-vacciner-2015-03-06

 

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04 juillet 2015

Ode à Marisol

Ode à Marisol

 

En passant par la Touraine

Avec mes sabots ...

Je ne suis pas si vilaine

Avec mes sabots dondaine

Oh ! Oh ! Oh !

Avec mes sabots...

 

« Pour y faire accepter

Ce qu'on a décidé,

Je veux un grand débat

Où l'on ne discute pas ! »

« Je sais, je fais la sourde

Mais ne suis pas si gourde,

J'ai su cacher ma bourde

Par une astuce lourde :

Un instant attrapée

En parlant DTP,

M'a suffit d'échanger

En disant ... BCG ! »

C'est tout à fait notoire,

L'un est obligatoire,

L'autre recommandé,

Suffit d'le demander.

 

Pour Jean-Jacques Bourdin,

Cogner sur la ministre

Avec un gros gourdin

Eut-été fait d'un cuistre.

Pour pas se faire virer,

Il n'a pas insisté...

 

En passant par la Touraine

Avec mes sabots …

Y'a Sanofi qui m'aime

Avec mes sabots,

Je ne suis pas si vilaine

Avec mes sabots dondaine ...

Oh! Oh! Oh!

Ma  ri  sol  la  si  do ...

 

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02 juillet 2015

La vaccination, ça se discute !

 

 

La déclaration fracassante de notre ministre de la santé, "La vaccination, ça ne se discute pas !" du 29 mai 2015 connait un succès qui ne se dément pas. Elle est candidate pour être la déclaration de l'année !!! Cette formule choc sera maintes et maintes fois reprise. Le journal Le Monde vient de publier (1er juillet 2015) sur 2 pages un article intitulé « les vaccins, ça se discute »*. Oui bien sûr que ça se discute ! Je me propose de le commenter ici.

 * Version papier. Sur le net c'est "la vaccination, ça se discute"

D'abord l'article attribue aux propos de la ministre « le mérite de la clarté » sous prétexte qu'elle a ajouté : 

« Il ne faut pas avoir de doute par rapport aux vaccins, ce qui n'exclut pas la transparence et la recherche pour toujours améliorer la qualité de nos vaccins ».

{On pourra lire avec intérêt le courrier que la députée Marisol Touraine avait adressé à ce sujet à l'association E3M, le 20 avril 2012, dans le cadre de la campagne présidentielle.}

Quel mérite et quelle clarté ? Il faut d'abord avoir la Foi en la vaccination et en Marisol Touraine dans son rôle de Grande Prêtresse de la vaccination. C'est « on vaccine d'abord, on réfléchit ensuite ! » Si seulement on réfléchissait ensuite …

 

Je pourrais aisément donner pour preuve la victoire sur la variole, soit-disant acquise par la vaccination de masse renforcée par celle des contacts après que la première ait échoué et qu'il a été démontré sur des singes (Earl 2008) que la vaccination des contacts était pour le moins inefficace pour ne pas dire favorisant la variole ou l'aggravant chez les vrais contacts. Ce fait va d'ailleurs contraindre le HCSP à émettre un avis recommandant la modification de notre plan variole en remplaçant la vaccination des contacts par des antiviraux...

Que ce soit clair : la variole a été vaincue par la recherche active des malades suivie de leur isolement rigoureux, l'identification des contacts avec des critères pertinents et leur isolement. J'ai donné les explications nécessaires avec les références et liens dans mon article récapitulatif [1] avec sa version poster présentée au congrès Sfsp de Bordeaux les 17-19 octobre 2013 [2].

 

Je pourrais illustrer encore avec la campagne d'éradication de la polio par la vaccination : il est établi que, pour l'essentiel, elle se propage par l'eau polluée par des excréments humains contaminés et que le vaccin oral à virus vivants qui est utilisé contribue à cette propagation, les virus vaccinaux pouvant évoluer en virus pathogènes par recombinaisons avec d'autre entérovirus … Ainsi, on ne pourra éradiquer réellement la polio sans une maitrise mondiale de l'eau consommée par les populations.

Ces 2 exemples, pour ne citer qu'eux, devraient faire douter des vaccins au profit d'actions comme l'isolement, la protection des eaux consommées par les populations et l'assainissement des eaux usées. Croire et faire croire que les vaccins sont la panacée est dangereux pour la santé du public qu'il convient de distinguer de ce qu'on appelle la santé publique qui est un système se déclarant au service de la santé du public et qui n'est, comme tout système, qu'au service de lui-même.

 

« Pourquoi la pénurie actuelle ?" » s'interroge l'article.

 

S'il reconnaît des zones d'ombre dans cette pénurie engendrant une "suspicion de pénurie organisée" (elle a débuté le 12 juin 2008 avec la suspension du DTP), l'article ne propose pas la seule réponse adéquate qui serait une circulaire signée du ministre de la santé demandant aux administrations concernées de ne plus exiger le DTP pour l'entrée des enfants en crèches ou à l'école tant que la situation n'aura pas été clarifiée dans un sens ou dans l'autre. Il est en effet inadmissible et sans doute non conforme à la loi de contraindre les parents à accepter l'hexavalent pour leur enfant parce que la crèche exige le DTP. C'est INADMISSIBLE et c'est bien le sens premier et principal de la pétition du Professeur Joyeux.

 

« Les adjuvants sont-ils suffisamment étudiés ? »

 

L'article note en particulier qu'au cours de la "pandémie" 2009 il fut proposé des vaccins sans adjuvants pour les femmes enceintes tout en affirmant que les adjuvants étaient inoffensifs …

Le vaccin H1N1 de GSK, le seul qui utilisait le squalène comme adjuvant fut aussi le seul à avoir provoqué des cas parfaitement reconnus de narcolepsie, maladie très invalidante et incurable frappant des enfants et de jeunes adultes dont la vie est totalement brisée.

 

« Les obligations vaccinales sont-elle encore justifiées ? »

 

L'article reconnaît qu'il y a là un problème qui doit être discuté comme le reconnaissait l'avis du HCSP de 2014 déclarant que l'autorité de santé se devait d'organiser un débat sur la question alors que l'autorité de santé n'a pas hésité à répondre que la vaccination, ça ne se discute pas, ce qui augure bien mal en faveur de l'organisation d'un vrai débat …

L'article cite en particulier l'ancien directeur général de la santé William Dab reconnaissant que les résultats (de l'obligation) ne sont pas si favorables "que l'on puisse se dispenser d'un débat". Et pan sur la ministre qui fait vraiment un tabac avec sa déclaration !!!

 

Et la sclérose en plaques ?

 

L'article mentionne que la pétition du professeur Joyeux met en cause le vaccin contre l'hépatite B "longtemps accusé, sans que cela soit démontré, de déclencher des scléroses en plaques".

Il est en effet affirmé par les différentes facettes de l'autorité vaccinale que les études ont démontré l'absence de lien. C'est oublier qu'il existe au moins 5 études ayant mis en évidence un signal :

 

1- l'étude Fourrier-Bégaud-Costagliola (2000-2001) sur les données de la pharmacovigilance française entre 1994 et 1996. Les cas attendus dans le cadre de l'étude ayant été estimés à 103, il avait été  notifié 110 cas alors que l'étude sur la sous-notification conduisait à un minimum de 184 cas soit un signal extrêmement significatif (moins d'une chance sur 1 milliard d'avoir un tel écart par le seul fait du hasard). Cette étude connaitra un destin bien particulier … Aucun Comité* ne se donnera la peine de publier un avis ou un compte-rendu pour montrer son invalidité contrairement à ce qu'ils feront plus tard avec beaucoup de zèle pour invalider les résultats de Hernan et Tardieu ...

Un de mes articles sur cette étude [3].

* Les Comités en question sont le  CTV, la Commission nationale de pharmacovigilance, l'Académie de Médecine, le comité ad hoc de l'OMS)

 

2- L'étude Hernan (septembre 2004) sur des données britanniques qui fera couler beaucoup d'encre. Elle démontre au moins 2 choses : le problème n'est pas que franco-français comme on veut le faire croire ; le vaccin Genhevac ne saurait être le seul en cause* comme cela fut déclaré à la télévision (29 septembre 2004 à "C dans l'air" sur la Cinq avec Yves Calvi à la présentation et François Bricaire parmi les invités) quand il fut  affirmé par un autre intervenant que "le vaccin Engerix poursuivait une carrière internationale gentille" et que c'était donc le vaccin Genhevac produit par le concurrent qui serait à l'origine du problème en France... Pourtant il est particulièrement notoire que le ministre de l'époque avait choisi Engerix pour la campagne dans les collèges (sur 80 SEP observés chez des enfants vaccinés contre l'hépatite B, 50 l'avaient été avec Engerix, 22 avec Genhevac et 8 avec d'autres vaccins comme l'HBvax ou le Twinrix qui est le nom d'Engerix au Canada).

 * Le vaccin Genhevac n'a pas été utilisé en Grande Bretagne.

 

3- La publication Tardieu du 8 octobre 2008 qui trouvait un signal chez les enfants vaccinés avec Engerix au moins 3 ans avant l'apparition des symptômes et qui avaient reçu au moins 4 DTP, 1 BCG et 1 ROR avant l'âge de 2 ans. Elle fera aussi beaucoup de bruit ! Tardieu sera même interdit de conférence de presse par le ministère selon le journal Le Monde …

Mes articles [4] et [5]

 

 

4- L'étude américaine Langer-Gould d'octobre 2014 qui met en évidence un signal dans les 14 jours qui suivent une vaccination par un vaccin quelconque. La validité de ce signal est reconnue, même par notre président du CTV, comme signifiant qu'une vaccination quelconque peut accélérer un processus de démyélinisation déjà commencé auparavant. Donc une accélération très importante et immédiate du processus.

Voir mes 2 articles sur cette publication [6] et [7]

 

5- L'étude du pédiatre français Dominique Le Houézec de novembre 2014.

Elle met en évidence un  signal : une forte corrélation entre le nombre de doses commercialisées et le nombre de cas apparus entre 1 et 2 ans après. Comme il s'agit du nombre de cas apparus après avoir été vaccinés, il y a, a priori, une corrélation entre le nombre de doses et le nombre de cas, comme certains critiques l'ont fait remarquer. Mais s'il y a indépendance entre la vaccination et l'apparition des cas, les délais d'apparition après vaccination devraient se répartir de façon aléatoire. Autrement dit, il devrait statistiquement y avoir le même nombre de cas apparus au cours de la première année, de la seconde, ... de la cinquième ... Or, selon cette étude, ce n'est pas la situation : il y a un pic de cas dans le délai de 1 à 2 ans après la vaccination, soit sur les deuxième et troisième année. Notons que l'existence de ce pic peut s'établir indépendamment du nombre de doses utilisées puisqu'il s'agit d'un pic sur les cas.C'est le même type d'étude que pour étudier la durée de gestation chez la souris.

 

 

 

Les signaux oubliés ...

J'ajouterai que j'ai très facilement pu mettre en évidence au moins un signal très fort dans les données des publications Tardieu :

Parmi les 154 enfants vaccinés contre l'hépatite B et ayant eu une première atteinte démyélinisante, 80 enfants, soit 52%, l'ont transformée en sclérose en plaques (SEP). Parmi les 195 enfants non vaccinés ayant eu une première atteinte, 63 enfants, soit 32% l'ont transformée en SEP.

Cet écart entre vaccinés et non vaccinés est très significatif

(moins d'une chance sur 10000 d'obtenir un écart aussi important par le seul fait du hasard).

Voir mon article [9]

 

 

 

[1] http://questionvaccins.canalblog.com/archives/2013/10/16/28149160.html

[2] http://p0.storage.canalblog.com/02/21/310209/90757466.pdf

[3] http://questionvaccins.canalblog.com/archives/2009/05/21/13813413.html

[4] http://questionvaccins.canalblog.com/archives/2011/03/18/20609338.html

[5] http://questionvaccins.canalblog.com/archives/2011/04/10/20863058.html

[6] http://questionvaccins.canalblog.com/archives/2014/11/24/31023183.html

[7] http://questionvaccins.canalblog.com/archives/2015/02/21/31572029.html

[8] http://blog.myofasciite.fr/public/2014.11_Le_Houezec_-_SEP_post_Vacc_HB_-_V__Fr.pdf

version française

[9] http://questionvaccins.canalblog.com/archives/2014/11/03/30888311.html

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08 juin 2015

Pourquoi il faut signer la pétition du Professeur Henri Joyeux

 

 

Au moment où j'écris ces lignes, la pétition [1] a recueilli 631445 signatures. 

 

Les organisateurs de cette pétition souhaitent atteindre le million qui aurait une grande valeur symbolique et contraindrait l'Assemblée Nationale à se saisir de l'affaire.

 

Quelle affaire ?

C'est simple : pour mettre un enfant en crèche ou pour le scolariser le vaccin DTP (diphtérie, tétanos, polio) est obligatoire sauf contre-indications et c'est le seul vaccin qui peut légalement être exigé pour cela. Son indisponibilité ainsi que celle des vaccins tétravalents (DTP + coqueluche) et quinta-valents (on ajoute coqueluche et l'haemophilus influenza Hib) contraint à faire le vaccin hexavalent qui contient en plus le vaccin hépatite B.

 

Depuis le 12 juin 2008 on a ainsi ''habitué'' les parents à accepter qu'il y ait la coqueluche en plus du DTP puis le Hib et maintenant le vaccin hépatite B. Où s'arrêtera-t-on ?

ADDITIF du 3 juillet (et non du premier avril ....)

Marisol Touraine : 

le DTP n'est pas obligatoire mais seulement recommandé, comme le BCG !!!!!!!!!!

C'est ce qu'elle aurait déclaré ce matin 3 juillet sur BFMTV/RTL à Jean-Jacques Bourdin d'après ce site

http://debredinoire.fr/vaccination-marisol-touraine-favorable-a-un-grand-debat-public/

Je confirme : j’ai pu voir la vidéo de BFMTV, les propos rapportés de Marisol Touraine sont bien exacts

http://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/marisol-touraine-face-a-jean-jacques-bourdin-en-direct-576903.html

vidéo de 21’51, les vaccins sont dans les dernières minutes. Il faut peut-être faire vite pour vérifier, si vous le désirez. C’est assez incroyable.

 

"L’interview commence de façon étonnante puisque la ministre affirme que la vaccination anti-DTP « n’est pas obligatoire », alors qu’elle constitue le socle, jusqu’à aujourd’hui en tout cas dans l'esprit des Français, des vaccinations obligatoires.

 

« - Jean-Jacques Bourdin.- Le DTP, il est obligatoire ?

 

- Marisol Touraine.- Non, il n’est pas obligatoire.

 

- Le DTP n’est pas obligatoire ?

 

- Il est recommandé, [comme ?] le Bcg, c’est recommandé.

 

- Diphtérie, tétanos, poliomyélite, il n’est pas obligatoire ?

 

- Aujourd’hui, nous avons un problème de rupture d’approvisionnement et...

 

- Personne ne peut comprendre ! »

S'il n'est pas obligatoire, alors qu'elle rédige au plus vite une circulaire demandant aux administrations concernées de ne plus exiger le DTP à l'entrée des crèches et des écoles...

Pourtant, le Conseil Constitutionnel constitué d'anciens présidents de la République et flanqué d'une armada de juristes de haut niveau,  a rendu très récemment sa décision sur la question de constitutionnalité de l'obligation du DTP pour les enfants.

C'est quoi ce Conseil Constitutionnel ? Une bande de clowns ? A moins que ... ce soit ...mais oui, bien sûr, c'est la canicule, pas de clim au ministère...

Fin de l'additif

 

 

De plus on sait depuis longtemps que l'hexavalent est un vaccin particulièrement dangereux (voir mon article de 2007 ''Vaccins hexavalents : le scoop d'Arte confirmé par l'Afssaps'' [2])

Additif   Confirmation avec l'affaire Ayana dans Le Parisien (par exemple) du 22 juin 2015 :

 

 

"La fillette avait été prise d'une très forte fièvre et de convulsions dans la nuit du 5 au 6 mai, après avoir reçu dans la journée une injection de deux vaccins, Prevenar et Infanrix. Prévenu par les parents, le SAMU ne s'était pas déplacé et les parents ont déposé une plainte pour non-assistance à personne en danger à la gendarmerie de Sées (Orne), la localité où ils résident."
La fièvre avait atteint 42°5 et détruit le cerveau. La mort de l'enfant a dû être programmée après avoir été autorisée.
D'autres nouvelles sur l'affaire Ayana : "Voilà une affaire qui pourrait relancer le débat sur la vaccination obligatoire, à l’heure ou le professeur Henri Joyeux récolte des centaines de milliers de signatures pour sa pétition ... "  étonnante concordance d'événements !
Il y a aussi ces concordances temporelles rassemblées sur le site d'Initiative Citoyenne.
(Pour le Gardasil-Cervarix il y a ce témoignage rapporté par Initiative Citoyenne).

 

 

La question est donc simple :

sous prétexte que le DTP n'est plus disponible, 

est-il acceptable de vouloir contraindre les familles à accepter ce vaccin hexavalent

alors qu'il n'existe aucune disposition légale permettant de l'exiger ?

 

 

La réponse doit être ferme et sans ambiguïté :

NON !!!

 

C'est ce que manifeste le succès de cette pétition qui n'est en aucun cas une tentative de plébiscite en faveur d'Henri Joyeux comme certains voudraient le faire croire afin de la discréditer en s'attaquant à l'homme. Il n'est pas nécessaire d'être en accord avec tous les propos de l'auteur en toutes circonstances pour signer cette pétition qui prend désormais un sens particulièrement fort ( voir des articles critique [4], [5], [6], [7]).

En un mot, il n'était pas nécessaire de réclamer telle ou telle solution à ce problème,

il suffisait de le poser en termes clairs et vigoureux.

 

 

 

 

 

La moindre des choses eut été que le ministre de la santé signe une circulaire

demandant aux administrations concernées

de ne plus exiger le DTP pour les enfants dès que la fabrication de celui-ci avait cessé,

soit dès le 12 juin 2008.

 

Cela n'a pas été fait mais le pourrait toujours

 

 

 

 

Nous sommes maintenant dans un rapport de forces


Que répondent les différentes composantes de l'autorité vaccinale face à cette marée de signatures :

 

La ministre de la santé :

« la vaccination, ça ne se discute pas ! »

Pourtant, le HCSP avait demandé dans un avis [3] que les pouvoirs publics organisent un débat sur le sujet :

« En conséquence, le Haut Conseil de la santé publique considère que :

1. Le maintien ou non du principe de l’obligation vaccinale en population générale relève d’un choix sociétal, lequel mérite un débat que les autorités de santé se doivent d’organiser. »

L'autorité de santé a donc ainsi répondu à la sollicitation du HCSP : pas de débat ! Ou alors, s'il devait y en avoir un, il ne pourra qu'être faussé à la base.

D'ailleurs il faudrait en préalable demander aux laboratoires quels vaccins ils sont disposés à produire en quantité pour vacciner tous les enfants. Si par exemple les autorités de santé décidaient de rendre obligatoire les vaccinations contre la polio et contre la coqueluche, il faudrait que les labos soient disposés à produire ces 2 vaccins pour les enfants etce  sans l'ajout d'aucun autre vaccin. S'ils répondent que seul le vaccin hexavalent les intéresse, il n'y aura plus que 2 réponses posssibles : soit la suppression de toute obligation pour les enfants, soit rendre obligatoire l'hexavalent.

On constate ainsi que ce sont en réalité les laboratoires qui dictent la politique vaccinale aux autorités.

Il y a eu un précédent à cela : en 2006 Sanofi avait abandonné le Monovax (BCG par multipuncture) pour le BCG intradermique du laboratoire danois SSI beaucoup plus réactogène alors que le BCG était toujours obligatoire pour l'entrée en crèche. Ce fut une belle pagaille qui conduisit, entre-autres, à la pratique du BCG extradermique, si vous voyez ce que je veux dire, (youpi, le médecin a vacciné le carnet de santé, jubilait une maman sur un blog ... pendant que d'autres s'affligeaient de l'abcès inguérissable de leur enfant, et que d'autres mamans attendaient, inquiètes ...). Cette situation inacceptable conduisit à la levée de l'obligation pour les enfants le 17 juillet 2007, annoncée par une conférence de presse de la ministre le 11 juillet.

Le président du CTV :

« des maladies vont réapparaitre, il y a eu 1 cas de diphtérie à Barcelone »

Chercher à faire peur aux populations est un procédé vieux comme le monde :

 

Un soir de novembre 2009 notre ministre de la Santé intervient au 20 heures de France 2, un moment de grande écoute. Regardant la caméra dans les yeux, c'est à dire chaque Français  elle déclarera solennellement :

« Ceux qui ne seront pas vaccinés vont mourir ! »

 

Pourtant le virus H1N1 venait de passer sur l'hémisphère Sud alors qu'il n'y avait pas de vaccins. Étaient-ils tous morts ? Combien de cas de narcolepsie aurions nous eu si les Français avaient exaucé les vœux de la ministre ?

 

Dès août 2005 on nous annonce qu'une terrible pandémie se préparait avec le fameux H5N1.

« Il ne viendra pas tout seul mais avec la grippe saisonnière »

dira une sommité médicale (Philippe Derenne ). Ainsi, en se vaccinant contre la grippe saisonnière on se protègera aussi contre le H5N1 … Les Français se précipitèrent dans les pharmacies, à un point tel que le 1er novembre il n'y avait plus de vaccins malgré les 4 millions de doses supplémentaires par rapport aux années précédentes.

Puis chacun a attendu l'arrivée du fléau, guettant les canards annonciateurs du désastre et qui allaient s'abattre dans leur jardin … Beaucoup ont dû se dire que la prochaine fois on ne les y reprendrait plus … La prochaine fois fut 2009 et son H1N1. Une enquête conduite en juin 2009 par le sociologue Michel Setbon qui fut membre du CTV, révéla que les Français n'étaient pas enclins à accepter cette vaccination.Sans doute avaient-ils été échaudés par l'affaire du H5N1.

 

Il y eut aussi, bien sûr, la variole avec sa relance médiatique fin 2001 avec le concert de ceux qui demandaient instamment au ministre de reprendre la vaccination antivariolique, comme plusieurs parlementaires et Henri Mollaret, ancien directeur du service de la Peste de l'Institut Pasteur.

 

Selon ce qu'on nous dit, les grands prêtres incas exigeaient le sacrifice d'enfants sur l'autel afin d'apaiser les dieux qui pourraient, sinon, envoyer les épidémies et les famines.

 

Nous constatons donc que ce procédé n'est pas nouveau. La réponse de la population aux injonctions vaccinales infondées et dangereuses à l'occasion de la soit-disant pandémie 2009 ainsi que le succès de la pétition en cours sur le DTP montrent que les Français sont de plus en plus nombreux à ne plus vouloir cautionner et accepter de tels procédés.

 

[1] http://petition.ipsn.eu/penurie-vaccin-dt-polio

[2] http://questionvaccins.canalblog.com/archives/2007/12/06/7139525.html

[3] http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=455

[4] Marc Girard a publié sur son site un long article très critique à l'encontre de Joyeux et aussi de ses contradicteurs :

http://www.rolandsimion.org/spip.php?article338

Le point de vue que j'adopte ici n'est pas affecté par ces critiques. On peut cependant s'interroger sur la fiabilité de la pétition car aucun contrôle n'est effectué pour vérifier l'authenticité de l'adresse mail (envoi automatique d'un mail demandant une réponse du signataire).

Une chose est certaine : la pétition de Joyeux fait du bruit et provoque d'intenses réactions révélatrices (ministre, président du CTV etc). On ne peut ignorer que ce qui se joue ainsi ne sera pas sans conséquences. Par exemple la déclaration explosive de Marisol Touraine "La vaccination, ça ne se discute pas !" qui constitue, chemin faisant, une réponse à la demande du HCSP "l’obligation vaccinale en population générale relève d’un choix sociétal, lequel mérite un débat que les autorités de santé se doivent d’organiser."

On peut aussi lire un article beaucoup plus nuancé et beaucoup moins polémiste sur le même thème dans le blog du journal Le Monde [5] :

 

"Est imparable, le constat qu’il est impossible depuis le début de l’année de se procurer les trois vaccins obligatoires qui sont en rupture de stock. Seule une association avec trois autres vaccins recommandés, mais non obligatoires, est disponible.

Cette situation était à elle seule suffisante pour justifier une levée de l’obligation. Elle conduit nécessairement à se poser la question de savoir qui a été imprévoyant, si on pouvait éviter de se retrouver face à une impossibilité de respecter la loi et quelle information a été donnée à la population."

"La ministre de la Santé a alors déclaré que « la vaccination ne se discute pas » et que la responsabilité d’un médecin « est de rassurer, d’expliquer, et non pas d’inquiéter et de faire peur ». C’est une manière de clore le débat quand il faudrait au contraire l’ouvrir de façon transparente. Toute action de santé publique de masse doit se discuter dans ses bénéfices et ses risques.

une stratégie d’intervention fondée sur l’obligation doit se discuter non dans ses principes, mais dans ses résultats et ceux-ci ne sont pas si favorables que l’on puisse se dispenser d’un débat dont la Conférence nationale de santé aurait pu être saisie.

En situation d’incertitude, les arguments d’autorité sont peu convaincants. Le point crucial ici est que l’obligation ne peut pas être respectée sauf à associer les trois vaccins obligatoires avec trois autres qui sont seulement recommandés."

 

[5] http://securitesanitaire.blog.lemonde.fr/2015/06/07/vaccins-obligatoires-rassurer-inquieter-ou-eclairer-a-propos-de-la-petition-joyeux/

Additif : publié le 28 juin sur un site de dentistes, cet intéressant article sur la mort d'Ayana et la pétition Joyeux :

http://www.holodent.com/2015/06/les-vaccins-prevenar-et-infanrix-sont-ils-impliques-dans-la-mort-du-bebe-ayana.html

"Aujourd'hui, plus que jamais, la mort tragique d'Ayana nous rappelle que cette pétition est d'actualité. Il est urgent et essentiel de nous manifester auprès des instances gouvernementales, alors qu'après avoir sèchement déclaré que "la vaccination, ça ne se discute pas", la ministre de la santé, Marisol Touraine, reste étrangement silencieuse tant face à ce drame qu'à la pénurie de vaccins dans les pharmacies françaises.

Epilogue : d'une manière tout à fait cynique et sordide, les parents d'Ayana ne seront pas indemnisés suite au décès de leur fille comme le prévoit normalement la loi. En effet, le cocktail de vaccins injecté à leur bébé contient deux vaccins (coquelecuche et hépatite B) non obligatoires. Son usage se fait donc à leurs risques et périls. Mais ils n'ont pas eu le choix, la vaccination étant obligatoire. Oui, mais aux yeux de la loi, c'est tant pis pour eux..."

 

[6] Un autre article critique sur la pétition du professeur Joyeux a été écrit par un pédiatre, le Dr Marc Pilliot :

"Pourquoi il ne faut pas signer la pétition sur le vaccin DT Polio" qu'on pourra  trouver ICI .

[7] Sur le blog rougeole-épidémiologie on pourra aussi trouver un article critique sur la pétition Joyeux :

"Faut-il signer la pétition Joyeux ?" ICI 

Cet article a été repris par Rue89-NouvelObs ICI

sous le titre "Pourquoi il ne faut pas signer la pétition du Professeur Joyeux"

Toutes ces critiques confirment totalement l'erreur majeure commise par Joyeux : avoir donné LA réponse au problème soulevé au lieu de se contenter de soulever le problème effectivement inacceptable (contraindre à l'hexavalent pour satisfaire à l'obligation du DTP) plutôt que de demander un débat sur le problème comme d'ailleurs le demandait vigoureusement le HCSP.

Cette erreur stratégique commise par Joyeux doit-elle pour autant condamner sa pétition ? Ses adversaires provaccins le voudraient bien évidemment. Ne pas signer la pétition revient en définitive à apporter un soutien aux ultras de la vaccination qui voudraient que tous les enfants recoivent l'hexavalent dès l'âge de 2 mois.

C'est pourquoi j'ai malgré tout signé la pétition et je souhaite qu'elle obtienne le meilleur succès possible.

Une pétition n'a pas de dimension scientifique mais une dimension politique. Pas dans le sens droite-gauche mais dans son sens fondamental qui est le rapport de pouvoir entre les dirigeants et les populations qu'ils veulent gouverner. Les dirigeants se demandent comment ils pourraient s'y prendre pour faire accepter leurs choix aux populations. La pétition Joyeux pourrait contribuer à modifier ce rapport de force et c'est bien pourquoi elle est l'objet de tant de critiques. J'admets que son auteur a donné des verges pour se faire battre et je le regrette beaucoup mais ce n'est pas une raison pour en rajouter.

On est obligé de reconnaitre que la pétition Joyeux est un formidable révélateur qui ébranle de ses vagues tout ce qui s'occupe de vaccinations.

 

Dans toute société il y a  2 pouvoirs fondamentaux et irréductibles : celui du Chef (qui dirige les guerriers-chasseurs) et celui du Sorcier qui remet en état les corps et les esprits. Par structure absolument fondamentale de la nature humaine (et non des société)  le Chef ne peut contrôler le Sorcier. Le Pouvoir, au sens initial et fondamental du terme, est celui exercé par le dirigeant sur le peuple. Il y a donc le Pouvoir du Chef et le Pouvoir du Sorcier qui sont irréductibles l'un à l'autre.

 

Dans nos sociétés, il y a de nombreux candidats pour devenir Chef et ils se livrent  des luttes entre-eux pour la conquête du Pouvoir, c’est ce qu’on appelle la politique. Elle nous fait oublier que ces luttes politiques visent à s’emparer du Pouvoir que le vainqueur pourra exercer sur le peuple.
Mais le Pouvoir c'est quoi ?
C'est ce que le peuple accepte !
Aussi, la lutte essentielle se déroule à ce niveau là : de quels pouvoirs sur le peuple les vainqueurs disposeront-ils ? La “pénurie” de vaccins est un moyen pour conquérir plus de pouvoir sur le peuple, un pouvoir sur ce qu’on pourra lui faire avaler au sens propre du terme, les produits qu’il acceptera dans son corps, ou que ses parents accepteront pour lui et quelle qu’en soient les conséquences et les vies ruinées.

 

 

“Si vous n’offrez tant de petits garçons et de petites filles en sacrifice sur l’autel, les épidémies s’abattront sur vous !”

 

 
Telle était la menace fondamentale brandie par les grands prêtres. Elle fut particulièrement active avec la vaccination antivariolique dont la soi-disant menace fut mondialement réactivée fin 2001. Le procédé est toujours d’actualité. Le grand prêtre Floret la brandissait il y a seulement quelques jours pour la diphtérie. Faut-il accepter passivement sous prétexte que le promoteur de la pétition ne serait pas comme on voudrait ?
Ou est l'essentiel ?
Dernière nouvelle
Voici un article sur Gardasil publié par l’Observatoire des multinationales le 17 juin :
 
 
Un article qui parait intéressant et où l’étude de Dominique Le Houézec sur la vaccination hépatite B en France en 1994 et ... est très largement citée avec graphiques
 

 

 

 

 

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30 mai 2015

"La vaccination ça ne se discute pas !"

OUI, je suis entièrement d’accord avec le propos* de notre ministre de la Santé Marisol Touraine,

 

“La vaccination, ça ne se discute pas !”

 

ça ne se discute pas mais ça s’étudie !!!

 

*Propos tenu le 29 mai 2015 et transmis pas FranceTVInfo

http://www.francetvinfo.fr/societe/debats/le-debat-sur-les-vaccins-relance_928259.html

 

En effet, la conclusion à laquelle je suis parvenu sur ce blog est que les “études” (du moins ce que l’on appelle pudiquement ainsi ...) ayant pour objet d'évaluer les effets des campagnes de vaccinations, doivent être totalement reprises, ça ne se discute pas !!!

Une publication baptisée étude contient au moins 3 aspects qui peuvent être très différents, voire contradictoires :

1- les données

2- le traitement de ces données par les auteurs

3- les commentaires des auteurs sur leurs résultats.

On peut y ajouter les commentaires des commentateurs "autorisés" du genre "l'étude démontre que ..." ce que les auteurs s'étaient bien gardé de dire ! C'est ce qu'écrivait l'Académie de médecine à propos des publications Tardieu de décembre 2007 sur la sclérose en plaques après vaccination hépatite B.

 

Voici, en exemples, parmi mes principaux articles portant sur le thème de la validité des études épidémiologiques :

 “21 février 2015 

Le pire ennemi des études cas-témoins : le calendrier vaccinal ! 

Faut-il renoncer aux études cas-témoins pour étudier les effets des vaccinations ?”

Ou encore :

« 24 novembre 2014

Vaccination hépatite B et sclérose en plaques : une nouvelle étude "rassurante" mais ... »

http://questionvaccins.canalblog.com/archives/2014/11/24/31023183.html

 Méta-analyse Langer-Gould    Une étude "rassurante" mais ... un risque significatif  oublié au delà d'un an  !

 

Ou encore :

03 novembre 2014 

Sclérose en plaques chez les enfants après vaccination hépatite B : Un signal statistique très fort !

http://questionvaccins.canalblog.com/archives/2014/11/03/30888311.html

 

18 mars 2011

Sclérose en plaques chez les enfants : des données très démonstratives...

http://questionvaccins.canalblog.com/archives/2011/03/18/20609338.html

Ainsi que beaucoup d’autres, sans oublier l’exemple “historique” de l’éradication de la variole

 auquel on peut ajouter mon article récapitulatif sur la nécessaire révision du plan de lutte contre la variole qui illustre  parfaitement ce que furent et sont les moeurs vaccinaux depuis l'origine jusqu'à nos jours.

 

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02 avril 2015

Gastro : les vaccins à rotavirus à l'origine d'une nouvelle affaire de santé publique ?

ADDITIF du 15 mai 2015 

Un avis du HCSP daté du 21 avril 2015 confirme, comme on pouvait s'y attendre, que la vaccination des nourrissons par les vaccins rotavirus n'est plus recommandé :

http://hcsp.fr/Explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=501

"Infections à rotavirus : suspension des recommandations de vaccination des nourrissons"

"En novembre 2013, le Haut Conseil de la santé publique avait recommandé l’introduction de la vaccination des nourrissons contre les infections à rotavirus sous conditions d’un ratio coût/efficacité acceptable ainsi que la poursuite du suivi renforcé de pharmacovigilance relatif à la notification des invaginations intestinales aiguës (IIA) dont le risque devait faire l’objet d’une information aux familles.

 

La notification d’effets indésirables graves y compris ayant pu entraîner la mort, après la vaccination de nourrissons contre les infections à rotavirus, conduit le HCSP à reconsidérer sa position relative à cette vaccination.

 

Du fait de l’évolution défavorable de certains cas rapportés d’IIA (décès, résections) probablement liée à une prise en charge tardive et ne pouvant exclure que de telles situations se reproduisent, le HCSP suspend la recommandation de vaccination des nourrissons contre les infections à rotavirus en population générale.

 

Par ailleurs, ni la littérature internationale relative aux pays industrialisés, ni les données épidémiologiques nationales ne permettent d’identifier des facteurs de comorbidité ou des facteurs de risque environnementaux (conditions de vie, zone géographique sur le territoire national) susceptibles de définir une population de nourrissons pour laquelle la balance bénéfice/risque pourrait être plus favorable. Ceci ne permet donc pas de proposer une stratégie de vaccination sélective, ciblée sur certains nourrissons."

Le HCSP rappelle par ailleurs que si cette vaccination est pratiquée à titre individuel et dans le cadre de son autorisation de mise sur le marché (AMM), le médecin doit informer la famille de l’enfant vacciné du risque d’invagination intestinale aiguë et des manifestations cliniques devant motiver une consultation en urgence."

Encore une affaire vaccinale qu'il aurait pourtant été facile d'éviter en ne recommandant jamais ce vaccin car on savait tout depuis le début ...

Fin de l'additif

Mercredi 1er avril 2015 (ce n'est pas un poisson...)

Alerte aux vaccins contre les rotavirus sur le site de l'ANSM  ( http://ansm.sante.fr/) ainsi que par un article du Canard Enchaîné : 2 morts, 508 effets indésirables dont 201 graves dont 47 invaginations pour plus de 1 million de doses distribuées.

"Le Haut Conseil de la santé publique  (HCSP) a prévu, par ailleurs, de réexaminer dans les prochains jours ses recommandations relatives à la vaccination des nourrissons contre les infections à rotavirus." écrit l'ANSM.

On trouve le point info sur cette affaire sur le site de l'ANSM

 

http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Vaccins-contre-les-rotavirus-RotaTeq-et-Rotarix-et-rappel-sur-la-prise-en-charge-de-l-invagination-intestinale-aigue-du-nourrisson-Point-d-Information 

 

 

 

Voir le rapport technique en pdf en bas de page et dont voici les conclusions :

 

 

 

Réunion du Comité technique de Pharmacovigilance – CT012015023
Séance du mardi 10 février 2015 de 09h30 à 17h00 en salles 1 & 2

 

 

 

Conclusion et perspectives
 

 

"Compte-tenu des données issues du suivi national de pharmacovigilance et des données internationales analysées dans les rapports de synthèse périodiques de pharmacovigilance, les membres du Comité Technique de Pharmacovigilance ont adopté à l'unanimité les conclusions suivantes :

 

 
 Ce suivi national de pharmacovigilance confirme la survenue d'effets indésirables graves au décours de la vaccination anti-rotavirus en France, dont le taux de notification est préoccupant si on le compare aux taux de notification observés avec d’autres vaccins pédiatriques. Il souligne en particulier la gravité des invaginations intestinales aigües attribuables à la vaccination.

 

 
 Les membres du CTPV s'interrogent sur le bien-fondé de recommander la généralisation de cette vaccination en France et demandent que ce rapport soit transmis rapidement à la Haute Autorité de Santé et à la Direction Générale de la Santé.

 

 
 Le CTPV préconise que des informations soient transmises aux professionnels de santé et aux familles sur la gravité de ces effets indésirables. Il insiste sur la nécessité absolue de rappeler les signes cliniques d’appel de l’invagination intestinale aigüe afin de permettre un diagnostic et une prise en charge précoces, ce qui en améliore le pronostic.

 

 
Les conclusions de ce rapport seront adressées aux pays rapporteurs européens pour ces 2 vaccins afin que des modifications de l’information soient envisagées. Un cas marquant d'entérocolite nécrosante d’évolution fatale chez un enfant traité par Varitect® et vacciné par Rotateq®, rapporté après la période d’analyse du suivi, a été discuté lors du comité technique. Un total de huit cas d'entérocolite chez les patients vaccinés par Rotateq® est enregistré dans la base de données Eudravigilance. Même si le lien entre Rotateq® et l'entérocolite ne peut être affirmé, il ne peut être exclu dans la mesure où des entérocolites sont rapportées avec le rotavirus sauvage.

 

 

 

 Les membres du CTPV souhaitent que ce cas marquant accompagne l’envoi du rapport actualisé du CRPV de Tours auprès de la DGS et de la HAS.

 

 

 

L’avis du comité technique de pharmacovigilance a été rendu à l’unanimité."

 



Sur cette affaire on peut aussi lire les commentaires de CMT sur le blog du Docteurdu16



Le professeur Christian Perronne, qui avait présidé le CTV et le CSHPF pendant plusieurs années jusqu'en 2007 et venait d'être promu président de la commission de sécurité sanitaire des produits de santé au HCSP, avait déclaré aux journées de veille sanitaire des 27-28 novembre 2008 :

« que le vaccin contre le rotavirus n’a pas un bon rapport coût-efficacité et aurait en France un impact extrêmement marginal : il y a seulement 5 décès par an par le rotavirus qui n’est responsable que d’un tiers des diarrhées. Il existe d’autres moyens de lutte qu’il faut promouvoir alors que la vaccination inciterait à en faire mauvais usage : il faut penser à un effet délétère de la vaccination qui inciterait à négliger les bonnes règles contre la diarrhée. On a aussi un manque de recul sur la tolérance. Un premier vaccin avait dû être retiré car il était responsable d’invaginations de l’intestin. »

 Tous ces bons principes avaient fini par être oubliés...Le vaccin fut recommandé en 2014 au motif que les bonnes règles contre la diarrhée n'étaient pas suffisamment respectées (usage insuffisant des solutés de réhydratation SRO) sans qu'on ait fait un effort particulier pour cela...

 À ces journées de veille sanitaire auxquelles j'assistais (27/11/2008), certains, et non des moindres, ont regretté que l'absence de négociations préalables sur le prix du vaccin se soit soldée par 2 ans de perdus pour l'usage du vaccin...que la vaccination étant orale il n'y aurait aucun problème pour vacciner les enfants, cela pouvant se faire en même temps que les autres vaccinations sans importuner les parents...qu'avec son prix plus modique cette vaccination pourrait satisfaire tout le monde, seule la Sécurité sociale ayant à payer davantage... (oui, si l'enfant fait une invagination, entre-autres effets graves, on n'aura pas importuné les parents !!!)



Sur ce blog j'avais déjà écrit plusieurs articles sur les vaccins contre les diarrhées du nourrisson par  rotavirus ainsi que sur invaginations attribuées à ces vaccins. Par ordre chronologique :

 

18/09/2007 : Les gastroentérites et les vaccin à rotavirus

26/03/2008 : ''Diarrhées du nourrisson : des prescriptions dangereuses !''

28/11/2008 Vaccins contre les rotavirus : bientôt recommandés pour les nourrissons ?

31/03/2010 : ''Un vaccin contre le rotavirus pratiquement suspendu par l'Afssaps''

 28/02/2011 : Vaccins rotavirus : l'OMS s'interroge sur les risques d'invagination

 

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25 mars 2015

L'obligation vaccinale : un chiffon rouge agité sans modération !

 

la publication le 20 mars 2015 du verdict du Conseil Constitutionnel dans l'affaire des vaccinations obligatoires à Auxerre a entrainé une déferlante d'affirmations comme par exemple





Il n'est pas nécessaire d'être juriste pour savoir que le dit Conseil n'a jamais pu affirmer cela, ce n'est pas son rôle et ce ne serait pas dans ses attributions. Il a seulement affirmé que cette obligation n'était pas contraire à la Constitution, c'est tout et c'était très prévisible. On peut accéder à la totalité du dossier sur l'action du Conseil Constitutionnel dans cette affaire :

www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2015/2015458qpc.htm

Voir aussi mon article précédent http://questionvaccins.canalblog.com/archives/2014/10/12/30752968.html

Ainsi le chiffon rouge de l'obligation va être très fortement agité, ce qui permettra de masquer l'essentiel, à savoir que le Conseil Constitutionnel n'a pas répondu à la question principale qui lui avait été transmise par la Cour de Cassation, à savoir  :

 

 

Le refus du DTP par les parents peut-il être qualifié de maltraitance à enfant et

être passible de 2 ans de prison et 30000€ d'amende ?

 

 

Pour faire clair et rapide la QPC (Question prioritaire de constitutionnalité) posée par la Cassation comportait 2 volets :

1- Le refus de DTP peut-il être une maltraitance (article 227-17 du code pénal) ?

2- L'obligation du DTP pourrait-elle être non constitutionnelle ?

J'ai reproduit en annexe l'intégralité de la saisine que la Cour de Cassation avait transmise au Conseil Constitutionnel. La maltraitance correspond à l'article 227-17 du code pénal et les obligations vaccinales aux articles L. 3111-1 à L. 3111-3

Le Conseil Constitutionnel a écarté la première question en avançant 2 arguments :

1- Considérant que l’article 227-17 du code pénal ne réprime pas spécifiquement le manquement à l’obligation de vaccination ;

2- que les griefs des requérants sont uniquement dirigés contre l’obligation de vaccination et non contre la répression pénale de cette obligation ;

Les requérants sont les parents représentés par leur avocat. On peut facilement vérifier que cette seconde affirmation du Conseil ne semble pas conforme à la réalité car, en préambule de l'analyse du problème par le Conseil Constitutionnel on lit sur son site :

"Époux L. [Obligation de vaccination]

Le Conseil constitutionnel a été saisi le 15 janvier 2015 par la Cour de cassation (chambre criminelle, arrêt n°7873 du 13 janvier 2015), dans les conditions prévues à l'article 61-1 de la Constitution, d'une question prioritaire de constitutionnalité posée pour, M. Marc L. et Mme Samia S. épouse L., par Me Emmanuel Ludot, avocat au barreau de Reims, relative à la conformité aux droits et libertés que la Constitution garantit des articles L. 3111-1 à L. 3111-3 et L. 3116-2 du code de la santé publique et de l'article 227-17 du code pénal. "

Le Conseil écarte alors la question sur la maltraitance d'un revers de main :

"que la question prioritaire de constitutionnalité porte sur les articles L.3111-1 à L.3111-3 du code de la santé publique ;"

Cela parait très clair, il ne prend pas en compte

la question posée par les requérants sur l'article 227-17 au motif qu'ils ne l'avaient pas posée !!!

 

Voici maintenant les commentaires donnés sur ce point capital sur le site du Conseil (voir à commentaire sur le site) :

 

« Origine de la QPC et question posée

 

Les époux L. sont poursuivis devant le tribunal correctionnel d’Auxerre, sur le fondement des articles 227-17 et 227-29 du code pénal, pour s’être soustraits sans motif légitime à leurs obligations légales au point de compromettre la santé de leur enfant en ne soumettant pas celle-ci aux vaccinations obligatoires.

 

À cette occasion, ils ont soulevé une QPC portant sur les articles L.3111-1 à L.3111-3 et L.3116-2 du CSP et sur l’article 227-17 du code pénal. La question a été transmise par le tribunal correctionnel d’Auxerre à la Cour de cassation.

 

Par son arrêt n°7873 du 13 janvier 2015, la chambre criminelle de la Cour de cassation a renvoyé cette QPC au Conseil constitutionnel au motif que, d’une part, «les dispositions législatives contestées sont applicables à la procédure et n'ont pas été déjà déclarées conformes à la Constitution dans les motifs et le dispositif d'une décision du Conseil constitutionnel» et que, d’autre part, «la question posée présente un caractère sérieux en ce qu'elle implique de déterminer si la protection individuelle et collective de la santé justifie de rendre obligatoires certaines vaccinations de mineurs, sauf contre-indication médicalement reconnue, et de poursuivre les titulaires de l'autorité parentale qui s'opposent à leur réalisation comme étant dangereuse pour leur enfant». »

 

 

La restriction du champ de la QPC

"Le Conseil constitutionnel a, comme il a fréquemment l’occasion de le faire,  restreint le champ des dispositions législatives contestées.

Il a relevé que « l’article 227-17 du code pénal ne réprime pas spécifiquement le manquement à l’obligation de vaccination»*et que les griefs soulevés par les requérants étaient «uniquement dirigés contre l’obligation de vaccination et non contre la répression pénale de cette obligation». Par conséquent, le Conseil a considéré que la question prioritaire de constitutionnalité portait uniquement sur les articles L.3111-1 à L.3111-3 du CSP qui, seuls, traitent directement de l’obligation vaccinale."

 

  • Cela voudrait-il dire que le Conseil constitutionnel a considéré que puisque le refus de vaccination n'est pas explicitement précisé, l'article 227-17 ne s'applique pas et qu'il n'y a pas lieu d'étudier sa conformité avec la Constitution ?

  • On ne peut manquer d'être surpris que le Conseil Constitutionnel ait crée une incohérence flagrante entre la description de l'origine de la QPC et la raison évoquée pour écarter l'article 227-17 de la QPC qu'il a pris en compte, à savoir que les requérants n'auraient pas soulevé cette question ?

 

Parmi les médias aucun ne semble avoir vu ce problème pourtant essentiel. Aussi, alors qu'en toute rigueur le Conseil n'a pas formulé d'avis sur cette question, on va lui faire dire ce qu'il n'a pas dit comme, par exemple Le Figaro du samedi 21 mars :

« Le fait, pour le père ou la mère, de se soustraire, sans motif légitime, à ses obligations légales au point de compromettre la santé, la sécurité, la moralité ou l'éducation de son enfant mineur est puni de deux ans de prison et de 30 000 euros d'amende » rappelle le Conseil Constitutionnel. »

 

Sauf que, si le Conseil a mentionné cette loi (l'article 227-17 du code pénal) c'est de façon neutre, sans dire si elle pouvait s'appliquer ou non au refus de vaccination. Or il est évident que chaque lecteur aura pensé le contraire en lisant cela. Si le Conseil a rappelé ce texte qui était au cœur des questions posées, c'était pour pouvoir dire, un peu plus loin, que cet article

"ne réprime pas spécifiquement le manquement à l'obligation de vaccination"

et non pour dire qu'il pouvait s'appliquer !!!

On pourrait aussi s'interroger sur les raisons qui ont conduit le Conseil à faire un tel choix.

 

ANNEXES

Par opposition à nos conflits hexagonaux dépassés voici ce qui est la règle au Québec :

 

Le consentement libre et éclairé au Québec

 

3.9.2 Fondement du consentement

 

Le principe de la nécessité du consentement est clairement énoncé à l’article 11 du Code civil du Québec :

« Nul ne peut être soumis sans son consentement à des soins, quelle qu’en soit la nature, qu’il s’agisse d’examens, de prélèvements, de traitements ou de toute autre intervention.

Si l’intéressé est inapte à donner ou à refuser son consentement à des soins, une personne autorisée par la loi ou par un mandat donné en prévision de son inaptitude peut le remplacer » (QUÉBEC, Code civil du Québec : à jour au 1er février 2013, art. 11).

Aucun professionnel de la santé ne peut procéder à l’immunisation d’une personne, à un test diagnostique ou à un test de dépistage sans le consentement de cette personne ou de son représentant légal, à moins qu’il ne s’agisse d’une situation d’urgence. »

Sur ce thème du consentement au Québec voir aussi mon article

En France nous avons la loi Kouchner de mars 2002. Il suffit d'avoir la volonté de l'appliquer ...

 

 

Voici la question prioritaire posée par la Cour de Cassation au Conseil Constitutionnel :

« Attendu que la question prioritaire de constitutionnalité est ainsi rédigée :

"- Les dispositions de l'article 227-17 du code pénal prévoyant et punissant le non-respect de l'obligation vaccinale sont-ils contraires au préambule de la Constitution de 1946 repris dans le préambule de la Constitution de 1958 relatifs aux droits et à la santé en ce qu'ils imposent aux détenteurs de l'autorité parentale sur leurs enfants mineurs, une obligation vaccinale leur interdisant de s'en exonérer au regard des dangers réels ou supposés des dites vaccinations ? " ;

"- Les dispositions des articles L. 3111-1 à L. 3111-3 et L. 3116-2 du code de la santé publique sont-ils contraires au préambule de la Constitution de 1946 repris dans le préambule de la Constitution de 1958 relatif aux droits et à la santé en ce qu'ils imposent aux détenteurs de l'autorité parentale sur leurs enfants mineurs, une obligation vaccinale leur interdisant de s'en exonérer au regard des dangers réels ou supposés des dites vaccinations ? " ;

Attendu que les dispositions législatives contestées sont applicables à la procédure et n'ont pas été déjà déclarées conformes à la Constitution dans les motifs et le dispositif d'une décision du Conseil constitutionnel ;

Attendu que la question posée présente un caractère sérieux en ce qu'elle implique de déterminer si la protection individuelle et collective de la santé justifie de rendre obligatoires certaines vaccinations de mineurs, sauf contre-indication médicalement reconnue,
et de poursuivre les titulaires de l'autorité parentale qui s'opposent à leur réalisation comme étant dangereuse pour leur enfant ;

D'où il suit qu'il y a lieu de la renvoyer au Conseil Constitutionnel ; »

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21 février 2015

Le pire ennemi des études cas-témoins : le calendrier vaccinal !

 

Faut-il renoncer aux études cas-témoins pour étudier les effets des vaccinations ?

 

Le pire ennemi, comment cela ? C'est simple : le calendrier vaccinal organise les vaccinations par classes d'âge, telle classe d'âge aura reçu telles vaccinations en 2013 et devra recevoir telles vaccinations en 2015 .. Aussi les futurs cas et leurs futurs témoins associés qui sont du même âge seront souvent vaccinés en phase, c'est à dire avec un écart de quelques mois entre les dates de leurs vaccinations. La conséquence sera que sur des délais d'un an ou plus il n'y aura pas indépendance entre la vaccination d'un futur cas et de ses futurs témoins. Or cette condition est essentielle pour assurer la validité des tests type cas-témoins.

L'étude Langer-Gould publiée en octobre 2014 pourrait apporter une très bonne illustration de cette problématique. J'avais déjà commencé à travailler sur cette publication Langer-Gould dans un précédent article [1] qui portait sur les résultats obtenus avec la vaccination hépatite B.

 

ADDITIF du 30-31 mai 2015:

"La vaccination ça ne se discute pas!" a déclaré Marisol Touraine ministre de la santé le 29 mai 2015. Si la vaccination ne se discute pas elle peut s'étudier comme ci-dessous et il y a beaucoup à dire !!!

A lire : un article de Marc Girard sur la publication Langer Gould (en anglais, 31 mai 2015)

FIN de l'additif

Je vais aborder ici la partie de l'étude mentionnée tous vaccins alors que seule la dernière vaccination, quel que soit le vaccin utilisé, a été prise en compte :

 

« Association Between Any Vaccination and Acquired Central Nervous System Demyelinating Syndromes (CNS ADS by Age and Time Since Vaccination »

 

Un tel titre pourrait laisser croire qu'on étudie ainsi l'effet de TOUTES les vaccinations en fonction de l'âge alors que de ce point de vue, la seule distinction faite est entre les cas de moins de 50 ans et ceux d'au moins 50 ans. L'étude cumule sans distinction des enfants de moins de 10 ans, des adolescents, des adultes jeunes et des adultes de 40-50 ans …

De plus, seule est prise en compte la dernière vaccination pratiquée AVANT la première atteinte démyélinisante centrale que je noterai ADC au lieu de CNS ADS par les auteurs. Ainsi, commentant cette étude, le président du CTV Daniel Floret écrit :

''Tous les vaccins reçus par les cas ont été pris en considération''

 alors qu'en réalité seule la dernière vaccination a été retenue. Il pense alors pouvoir conclure ainsi :

 « Cette étude est très rassurante dans la mesure où elle démontre à 3 ans l'absence de lien entre toute vaccination et la révélation d'un ADSN*. »

* ADSN : atteinte démyélinisante du système nerveux central

Plus précisément il affirme :

"Cette étude montre qu'à échéance de trois ans après la vaccination il n'existe pas de lien statistique entre la vaccination contre l'hépatite B (OR 1,05 [0,72- 1,73]), la vaccination anti-HPV (OR 1,05 [0,62- 1,78] ou toute vaccination (OR 1,03 [0,86- 1,22])."

On va voir qu'une telle conclusion est bien sûr impossible avec une telle étude ! Il poursuit :

 

 « L'augmentation du risque de révélation d'une ADSN à proximité immédiate d'une vaccination (tous vaccins confondus) est une constatation intéressante : le fait que cette augmentation du risque disparaisse à distance va dans le sens d'une non responsabilité du vaccin dans la genèse de la maladie. Par contre, la stimulation immunitaire provoquée par le vaccin peut précipiter le passage d'une phase asymptomatique à une phase symptomatique de la maladie. Une maladie infectieuse peut avoir le même effet.

Cette hypothèse est en accord avec le fait démontré que l'apparition des premières manifestations de SEP* fait suite à un processus immunitaire et un processus de démyélinisation débuté depuis plusieurs années auparavant. »

*SEP : sclérose en plaques

« En somme, une étude rassurante de plus concernant la non responsabilité des vaccins dans la genèse des ADSN qui, outre sa qualité, apporte des éléments d'explication pour le lien temporel entre vaccination et révélation de la maladie. »

Ici Daniel Floret fait allusion au résultat obtenu avec le délai de 14 jours, le seul qui donne un résultat significatif avec 14 cas vaccinés pour 29 témoins vaccinés : l'odds ratio OR vaut 2,32 avec un intervalle de confiance [1,18 4,57], le caractère significatif étant indiqué par la borne inférieure 1,18 qui est supérieure à 1.

Qu'une ADC ne puisse pousser en moins de 14 jours et qu'il faille donc accepter que la dernière vaccination reçue par le cas n'a fait que précipiter les événements - ce qui est déjà beaucoup... - sans en être à l'origine, je veux bien y souscrire sans restriction. Mais rien ne permet d'affirmer que ce n'est pas une autre vaccination, pratiquée plusieurs années auparavant, qui en serait à l'origine. On voit bien ainsi la différence qu'il pourrait y avoir entre prétendre étudier toutes les vaccinations et n'étudier que la dernière pratiquée.

 

Un exemple qui pourrait illustrer
La campagne de vaccination dite pandémique avait débuté le 20 octobre 2009 par celle du personnel hospitalier alors que celle destinée au public ne commencera que le 12 novembre. Celle du personnel hospitalier avait débuté en fanfare puisqu'un médecin hospitalier fera une SEP dans les jours qui suivront sa vaccination (4 de mémoire). Il témoignera sur le blog de Dominique Dupagne. Son cas est très intéressant car il avait eu une première atteinte 15 ans auparavant à la suite d'une vaccination hépatite B. ''Une petite vaccination et ça repart !'' avait-il déclaré. 

Le piquant de l'histoire, si j'ose dire, était qu'il devait organiser la campagne de vaccination dans son hôpital !!!

Bien sûr, le premier bilan de pharmacovigilance fera état de ce cas en écartant la responsabilité du vaccin en raison de la première alerte 15 ans auparavant...

Cet exemple illustre parfaitement le résultat significatif trouvé par Langer-Gould dans les 14 jours après une vaccination quelconque : accélération (ou relance?) d'un processus démyélinisant initié plusieurs années auparavant.

La leçon de l'affaire : il n'y a pas de petites vaccinations car celles-ci cumulent leurs effets.

 

 

Les données sur 1 an et 3 ans

Ceci dit, regardons les données présentées par Langer-Gould  pour les 588 cas d'ADC apparus avant 50 ans et leurs 2927 témoins associés*. Sept délais ont été retenus par les auteurs : 14, 30, 42, 90, 180 jours, 1 an et 3 ans. Il y a eu 195 cas apparus dans l'année qui suit la dernière vaccination contre 301-195=106 cas sur les 2 années qui suivent. 195 cas sur 1 an contre 106 en 2 ans, c'est très clair, la répartition des cas n'a pas du tout été aléatoire selon ces durées. Inutile d'aller chercher un test pour cela, c'est ultra significatif !!!

* Il était prévu 5 témoins par cas ce qui ferait 2940 ; il y a donc eu peu de défections ; il y en a toujours, parfois beaucoup plus comme dans les études Tardieu sur les ADC et SEP chez les enfants.



Deux interprétations non exclusives :

On peut proposer 2 interprétations pour expliquer un signal aussi fort :

1- Supposons que chacun reçoive au moins une vaccination chaque année (grippale par exemple). Les délais au delà d'un an seraient alors vides comme par exemple entre 1 et 2 ans. Sans être dans une situation aussi extrême on peut envisager que la chute du nombre de cas entre 1 et 3 ans traduise un effet de la politique vaccinale, beaucoup d'Américains recevant de fréquentes vaccinations. Notons aussi que la période d'observation s'étendait de janvier 2008 à décembre 2011 ; elle incluait donc la fameuse vaccination dite pandémique de 2009. Il serait intéressant de rechercher la fréquence de cette vaccination parmi celles qui précèdent l'apparition du cas.

2- Le test cas-témoins significatif sur les 14 premiers jours est interprété sans contestation comme traduisant un effet accélérateur de la dernière vaccination reçue sur un processus démyélinisant débuté plusieurs années auparavant. Cet effet peut très bien exister aussi pour des délais plus longs même si les tests ne sont pas significatifs sur ces délais (comme 42, 90 ou 180 jours). Imaginons une personne qui devrait faire sa première ADC 2 ans après une vaccination ayant initiée celle-ci. Six mois après cette vaccination elle en reçoit une autre dont l'effet accélérateur fait apparaître l'ADC 3 mois après, soit 9 mois après la vaccination initiatrice. Ce cas sera classé avant 1 an alors qu'il devait apparaître dans le délai entre 1 et 2 ans. Rien ne permet d'exclure une telle éventualité.

 

Effondrement du signal par le test cas-témoins

 On vient d'observer directement sur les cas un signal ultra significatif. Mais que devient ce signal quand on essaie de le traiter avec les témoins ? Il s'effondre totalement ! Voici les résultats des tests avec en noir les nombres publiés par les auteurs et en brun mes propres calculs. Pour chaque test j'ai calculé la probabilité d'obtenir une valeur au moins aussi grande que celle observée pour l'odds ratio OR, c'est à dire la probabilité qui est théoriquement utilisée pour définir le principe même du test et qui est malheureusement négligée au profit de l'intervalle de confiance qui donne une indication beaucoup moins précise et ne permet pas de comparaison entre différents tests.

Un test bilatéral est significatif au seuil 5% quand cette probabilité est inférieure à 2,5% (côté ''dangereux'' OR>1) ou supérieure à 97,5% (côté ''protecteur''  OR<1). Ce seuil de 5% correspond aux intervalles de confiance à 95% généralement utilisés en épidémiologie.

 

ADC

Délai

Cas exposés

Témoins exposés

Test binomial

OR direct ;

Test

OR ajusté  et  IC;

Test

1 an

195

854

2,99%

OR=1,20

2,70%

OR=1,05   [0,85...1,30]

32,54%

3 ans

301

1362

1,96%

OR=1,21

1,96%

OR=1,07    [0,87... 1,30]

26,10%

De 1 à 3 ans

106

508

34,93%

1,05

34,78%

Non calculé par les auteurs

 

Il m'est impossible de calculer des OR ajustés puisqu'il faut disposer de toutes les données. Pour les OR ajustés j'ai calculé la probabilité associée en récupérant la variance à partir de l'OR et de la borne inférieure de l'intervalle de confiance.

On constate que le test sur le délai entre 1 et 3 ans n'est pas du tout significatif alors qu'il devrait l'être côté ''protecteur'' vu le signal constaté directement, c'est à dire avec OR largement inférieur à 1 et une probabilité associée proche de 99%.

 

Pourquoi cet effondrement du signal ?

Il est donc très important de comprendre pour quelles raisons un signal aussi fort sur les cas puisse disparaître ainsi avec les témoins.

 

Parmi les conditions qui président ou devraient présider à une étude cas-témoins il y a

l'indépendance entre l'exposition des cas et des témoins

 

Ce n'est sans doute pas du tout le cas et ce très vraisemblablement en raison du calendrier vaccinal. En effet, pour un cas donné, ses 5 témoins ont été choisis parmi ceux qui étaient du même âge, du même sexe et qui avaient le même code postal. Or, le calendrier vaccinal organise la vaccination des populations en fonction des classes d'âge et, le cas échéant, du sexe et de la région. La conséquence de ce dispositif sera, comme déjà dit, qu'un futur cas et ses futurs témoins seront vaccinés en phase c'est à dire à peu près en même temps à quelques mois près , du moins la même année voire sur une durée plus courte.

Pas d'indépendance entre la vaccination d'un cas et de ses témoins

Sur un délai assez long, un an ou plus mais possiblement moins, la plupart des témoins associés à un cas seront dans le même délai, soit avant un an soit entre 1 et 3 ans. Cette hypothèse serait vérifiable sur les données (il suffirait de comparer la date de vaccination du cas avec celles de ses témoins). À défaut les données globales donnent une forte indication :

sur 1 an on a 195 cas vaccinés et 854 témoins vaccinés, soit 854/195=4,38 témoins vaccinés par cas en moyenne; entre 1 et 3 ans on trouve 106 cas vaccinés et 508 témoins vaccinés soit 508/106=4,79. On constate qu'il y a 508 témoins vaccinés sur un délai de 730 jours contre 854 sur un délai de 365 jours ! Si les témoins vaccinés se répartissaient de façon aléatoire entre les 2 périodes il devrait y en avoir 2 fois plus sur le délai de 2 ans. On est très loin du compte car 854/365=2,34 alors que 508/730=0,70. Inutile là aussi de faire d'autres tests !!!

Il faut bien comprendre qu'en principe les témoins représentent la norme. Les cas peuvent être dans la norme, ce qui ne donnera pas de signal ou en dehors de la norme, ce qui devrait donner un signal. L'idée du test cas-témoin est donc de comparer les cas à une norme exprimée par les témoins. Mais si les témoins sont eux-mêmes hors norme le test ne peut pas être valable.

Quand le test est neutre on pourrait dire que les cas se comportent comme les témoins. Mais il faudrait alors rechercher comment les témoins se comportent. Or il y a un signal sur les témoins comme on va le voir.

 

Le tableau ci-dessous résume les données Langer-Gould relatives aux durées d'un an (la première année) et de 2 ans cumulant la seconde et la troisième année.

 

Durée de la période

1 an

2 ans

Rapports  1 an / 2 ans

Témoins vaccinés

854

508

854 / 508=1,68

Témoins attendus

454

908

454 / 908=0,5

Cas vaccinés

195

106

195 / 106=1,84

Cas attendus

100

201

100 /  201=0,5

 

 

Avec 854 témoins sur 1 an contre 508 sur 2 ans on constate un signal extrêmement fort montrant que les témoins vaccinés ne se sont pas répartis de façon aléatoire entre les 2 délais considérés. Leur répartition, mesurée par le rapport 854/508=1,68, est très proche de celle des cas : 195/106=1,84. Pour la répartition des témoins, la norme serait 2 fois plus de témoins vaccinés sur 2 ans que sur 1 an. On en est très loin ! Les témoins ne représentent donc pas la norme à laquelle on veut comparer les cas pour décider si les cas sont ou ne sont pas dans la norme. C'est le principe du test cas-témoins. Le test cas-témoins dit seulement, en réalité, si les cas se comportent ou non comme les témoins. Si les témoins ne sont pas dans la norme et que le test cas-témoins est neutre cela signifie alors que les cas ne sont pas non plus dans la norme et qu'il y a donc un signal les concernant.

Moralité : il faut aussi tester les témoins !

 La raison de cette mise en phase des cas et des témoins selon les délais est très vraisemblablement lié au calendrier vaccinal qui conduit à vacciner les futurs témoins d'un futur cas à quelques mois près.

 

Simulation

Si on inverse les nombres de témoins, soit  508 la première année et 854 pour les 2 années suivantes on aura 

                                OR=4,40  avec une probabilité associée très inférieure à 1 sur 1 milliard

 qui donne alors un signal très fort d'une anomalie chez les cas.

 

 Voici maintenant le tableau  complet avec toutes les durées qui correspondent aux 7 délais étudiés par les auteurs (14, 30, 42, 90, 180 jours, 1 an et 3 ans) :

 

 

Durées des délais

14 j

16j

12j

48j

90j

185j

730j

Totaux

Cas vaccinés

14

10

6

35

48

82

106

301 < 3 ans

(588)

Moy. par jour

14/14=1

10/16=0,63

0,5

0,73

0,53

0,44

0,15

0,275

témoins vaccinés

29

45

42

141

210

387

508

1362 < 3 ans

(2927)

Moy. par jour

29/14=2

2,81

3,5

2,94

2,33

2,1 

0,7

 1,24

Tém / cas

2,07

4,5

7

4,03

4,38

4,72

4,79

4,52 

(4,98)

Avec ce tableau additif relatif aux cas et témoins qui sont en dehors du délai considéré. Par exemple ceux qui sont en dehors du délai entre 30 et 42 jours, soit 588-6=582 cas, 2927-42=2885 . On constate que le rapport témoins sur cas est pratiquement constant.

 

Tém / Cas

hors délai

5,05

4,99

4,96

5,04

5,03

5,02

5,02

5,45

OR

Test

2,44

0,34%

1,11

38,55%

0,71

78,72%

1,25

12,5%

1,15

20,1%

1,06

31,88%

1,05

34,78%

1,21

1,96%

Remarque 1 : certains témoins vaccinés peuvent être associés à des cas apparus au delà de 3 ans, qu'ils aient eux-mêmes été vaccinés ou pas.

 Remarque 2 : Il existe une très forte corrélation linéaire entre la succession des nombres de cas selon les délais [ 14, 24, … 301 ] et la succession correspondante des témoins vaccinés [ 29, 74 …1362 ]. Le coefficient de corrélation linéaire est très élevé : 0,99975 donc pas indépendance !

A titre indicatif la droite de régression a pour équation Y=4,615X-37,908, X correspondant aux cas vaccinés et Y à l'estimation linéarisée des témoins vaccinés.

Remarque 3 : le test cas-témoins non ajusté sur le délai de 3 ans  est significatif  avec une probabilité de 1,96% malgré un odds ratio OR=1,21 qui parait  faible. C'est lié à un nombre élevé de cas (588) et donc de témoins (2927), ce qui donne un écart-type faible. La probabilité 1,96% correspond à peu près à une distance de 2 écarts-type entre la moyenne théorique  1 et la valeur observée 1,21. Comme il est faible 1,21 suffit.

Par contre, sur un délai court comme 14 jours la condition d'indépendance entre l'exposition des cas et des témoins pourra être assurée. De façon imagée, si on ne choisit pas l'année d'une vaccination organisée par le calendrier vaccinal, on peut encore choisir le jour de cette vaccination (pourvu que ça dure !) D'ailleurs pour le délai de 14 jours il y a seulement 2 témoins vaccinés pour un cas alors que la moyenne est supérieure à 4 pour tous les autres délais. C'est ce fait qui assure le caractère significatif du test sur 14 jours.

 

On constate sur le tableau que la moyenne du ratio des témoins vaccinés sur les cas vaccinés est 4,38 sur la première année et 4,52 sur 3 ans. Cette moyenne est très stable selon les délais sauf pour les 14 premiers jours (2,07) et pour la très courte période de 12 jours entre 30 et 42 jours où elle monte à 7 ce qui est peut-être sans signification particulière mais il est possible que ce soit au cours de cette brève période que le déficit des témoins vaccinés sur les 14 premiers jours se comble : pour le vérifier sur les données il suffirait de comparer les dates de vaccination des 14 cas avec celles de leurs témoins respectifs. On serait immédiatement fixé. Même sans cette information, on peut pratiquement considérer qu'au delà de 42 jours il n'y a plus indépendance entre l'exposition des cas et des témoins, le nombre de témoins vaccinés marchant la main dans la main avec le nombre de cas vaccinés.

 

L'organisation de la campagne H1N1 en France en 2009 n'assurait pas cette indépendance même sur des délais très courts en raison des courriers envoyés par classe d'âge selon un ordre de priorité. Ainsi des personnes de la même région et du même âge ont dû recevoir leurs courriers à quelques jours près et ceux qui sont allé se faire vacciner l'auront aussi été à quelques jours près.

 

Voici une analogie pour, peut-être, aider à comprendre :

On veut étudier une sinusoïde. Pour cela on regarde les variations des distances des points entre l'axe des abscisses et ceux de la courbe. C'est classique ! Mais supposez que l'axe de référence (l'abscisse) soit lui-même une sinusoïde en phase avec la courbe à étudier. Les distances entre la courbe témoin et celle à étudier seraient alors constantes et on en déduirait que la sinusoïde est … une droite !!!

C'est exactement ce qui se produit dans l'étude Langer-Gould mais aussi dans l'étude Tardieu sur les délais après vaccination hépatite B comme on le verra plus loin.

 

 

Problème sur le facteur d'exposition

On pourrait penser que le facteur d'exposition est la vaccination. C'est en tout cas ce qu'écrivent les auteurs :

Any vaccination was considered to be an exposure.

En réalité, pour que la théorie soit respectée, pour le délai entre 0 et 1 an par exemple les cas et les témoins exposés seront ceux pour lesquels la date index* sera dans l'année qui suit la dernière vaccination reçue.

L'exposition n'a donc de sens que pour les vaccinés !

* Pour un cas, sa date index est la date d'apparition de l'ADC pour ce cas et cette même date pour les témoins qui lui sont associés.

 

Les non exposés seront donc d'une part les vaccinés pour lesquels la date index est en dehors du délai choisi et d'autre part les non vaccinés :

La négation de "A et B" est "non A ou non B" donc la négation de "vaccinés et dans le délai entre 0 et 1 an" sera "non vacciné ou hors du délai entre 0 et 1 an (donc vaccinés)".

 

On pouvait aussi se limitaer à l'ensemble des cas vaccinés et de leurs témoins vaccinés associés. Parmi eux les exposés seront alors ceux qui sont dans le délai inférieur à 3 ans ou de même pour tout autre délai comme entre 1 et 3 ans par exemple. Les non exposés seront donc les vaccinés en dehors du délai considéré.

 

Faute d'avoir tous les cas vaccinés travaillons avec ce qui est publié, soit 301 cas et 1362 témoins vaccinés. Le test relatif au délai inférieur à 1 an se fera ainsi (non ajusté bien sûr) : avec 195 cas exposés et 854 témoins l'odd relatif aux cas sera 195/106=1,84 ; celui relatif aux témoins 854/508=1,68 et le ratio OR=1,09 avec la probabilité associée 25% alors que le test réalisé dans les mêmes conditions (non ajusté) mais en prenant tous les cas donnait OR=1,20 et 2,70%. On voit qu'il pourrait y avoir des différences notables.

On pourrait faire remarquer que si chaque Américain a reçu au moins 1 vaccin dans sa vie, il n'y aura pas de non vaccinés dans ce type d'étude. Il est aussi possible que le nombre de cas et témoins n'ayant reçu aucune vaccination soit si faible que tenir compte de cela ne changerait pratiquement rien.

Cependant ce n'est certainement pas le cas pour la vaccination hépatite B car il y a très peu de vaccinés dans le délai de 3 ans : 31 cas et 127 témoins. Si pour cette vaccination on traite le délai entre 1 et 3 ans en ne prenant que les vaccinés on aura 25 cas parmi 31 cas vaccinés et 71 témoins parmi 127 vaccinés. En test non ajusté on trouve OR=3,29 avec la probabilité 0,74%. En calculant avec la totalité des cas et des témoins, soit 780 cas et 3885 témoins, on obtient OR=1,78 beaucoup plus faible mais avec la même probabilité 0,73%. C'est la probabilité qui compte et on voit qu'il n'y a pas de différence. Mais je n'ai pas travaillé avec l'ensemble des vaccinés que je ne peux connaitre.

 

 

Confirmation avec la vaccination dite pandémique ?

 

Une étude danoise sur les effets de la vaccination dite H1N1 pandémique en 2009 avait retenu 3 délais d'observations : jusqu'à 7 jours, de 8 à 14 jours et au delà de 14 jours. Un résultat significatif a été obtenu pour le délai de 0 à 7 jours. Comme par hasard il s'agit d'un délai très court. Il le fallait puisque cette campagne soudaine de vaccination, pratiquée dans l'urgence, avait conduit à vacciner dans des délais très rapprochés. Sur des délais plus longs les cas et les témoins pourraient être trop en phase pour pouvoir obtenir un signal sur les cas par rapport aux témoins. Pour s'en assurer il faudrait comparer les dates de vaccinations des cas avec celles de leurs témoins associés.

 

Cette étude en accès libre [3] a été commentée de façon très détaillée sur le blog du Docteurdu16 [4] par le Dr Claudina Michal-Teteilbaum.

 

 

 

 

Confirmation avec l'étude Tardieu sur la SEP chez les enfants

 

L'étude publiée en décembre 2007 sur le lien éventuel entre la vaccination hépatite B et la sclérose en plaques (SEP) a retenu 80 cas vaccinés dont 74 dans les 6 années qui suivent la vaccination, la date retenue étant celle de la première atteinte. Voici leur répartition par délai d'un an puis en regroupant sur 2 années :

 

Délai

De 0 à 1 an

1 à 2 ans

2 à 3 ans

3 à 4 ans

4 à 5 ans

5 à 6 ans

Cas par année

14

14

18

16

9

3

Cas cumulés sur 2 ans

28

34

12

 

À vue on voit qu'il y a une baisse importante du nombre de cas pour les cinquième et sixième année (12 cas contre 28 ou 34 pour les 2 autres périodes de 2 ans qui précèdent). Un test de comparaison par une loi de Poisson confirme un écart significatif :

Le plus faible écart, celui entre 28  et 12 cas donne une probabilité de 0,57% pour observer un écart au moins aussi important. La comparaison des 2 lois de Poisson modélisant les nombres de cas apparaissant au cours des délais inférieurs à 2 ans et entre 4 et 6 ans est faite par la loi normale centrée et de variance 28+12=40, l'écart observée étant 28-12=16.

Interprétation de ce signal 

Il y avait une barrière à 16 ans, tout cas apparaissant après 16 ans étant exclu de l'étude. Cela peut expliquer le déficit de cas pour les délais longs.

On peut aussi envisager, l'un n'excluant pas l'autre, que la vaccination ait provoqué un accroissement du nombre de SEP sur les délais ne dépassant pas 4 ans.

Disparition du signal avec les tests cas-témoins

Les auteurs ont publié pas moins de … 18 tests relatifs à ces délais ! Aucun signal n'apparait, ce qui permet aux auteurs de conclure que l'apparition d'une atteinte démyélinisante ayant par la suite évoluer en SEP n'est pas associée au délai entre la vaccination hépatite B et la première atteinte.

Pourtant, il suffit de regarder la répartition des cas selon ces délais pour voir un signal pratiquement à vue !!!

 

De plus il y a un signal analogue pour les témoins vaccinés qui se répartissent de la même façon que les cas dans les différents délais considérés comme on le constate aisément :

 

 

Délai

1ère année

1 à 2 ans

2 à 3 ans

3 à 4 ans

5 ans

5 à 6 ans

Témoins par année

118

119

119

120

72

30

Témoins/cas

8,43

8,5

6,61

7,5

8

10

Témoins cumulés 2 ans

237

239

102

 

Les témoins ne sont donc pas une bonne référence !

 

 Pour plus de précisions sur cette étude voir mon article [2]

 

 [1] Vaccination hépatite B et sclérose en plaques : une nouvelle étude "rassurante" mais ...

http://questionvaccins.canalblog.com/archives/2014/11/24/31023183.html

[2] Sclérose en plaques chez les enfants : des données très démonstratives.

http://questionvaccins.canalblog.com/archives/2011/03/18/20609338.html

 

[3] http://www.bmj.com/content/344/bmj.d7901

 

[4] http://docteurdu16.blogspot.fr/2012/02/vaccination-anti-grippale-une-etude.html

 

 

 

 

 

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01 décembre 2014

Communiqué de presse conjoint Revahb-E3M

 

 

Communiqué de Presse du 1er décembre 2014

 

Les associations REVAHB, qui regroupe depuis 1997 les victimes d'effets indésirables survenus dans les suites d'une vaccination contre l'hépatite B, et E3M qui regroupe les personnes atteintes de myofasciite à macrophage, maladie neuromusculaire induite par les sels d’aluminium utilisés comme adjuvants vaccinaux, s’associent pour porter à votre connaissance la publication scientifique (en version française) du Dr Dominique LE HOUEZEC [1], parue le 14 novembre 2014 dans Immunologic Research, revue à comité de lecture [2] :


Evolution de la sclérose en plaques en France depuis le début de la vaccination contre l’hépatite B

Cette étude originale reprend, avec un recul de 20 années, les données chiffrées officielles concernant l'évolution de la sclérose en plaque en France. Elle suggère fortement un lien entre l’augmentation de cette affection et la campagne intensive de vaccination contre l'hépatite B menée dans notre pays dans les années 90 (environ 20 millions de personnes vaccinées sur un court laps de 4 années). Cette « expérimentation involontaire réalisée à grande échelle », portant sur le tiers de la population française, éclaire ce qui est parfois qualifié de problème franco-français.
Les conclusions du Dr LE HOUEZEC doivent inciter les autorités sanitaires à reconsidérer leur position sur les conséquences de la vaccination contre l’hépatite B :


« Les données chiffrées disponibles en France montrent donc un signal statistique certain en faveur d'un lien de causalité entre l’événement vaccin anti-HB et l'apparition de SEP, avec une corrélation maximale dans les deux années suivant la vaccination ».


Cette nouvelle étude vient enrichir les connaissances sur les effets indésirables induits par certains vaccins. Elle s’ajoute à plusieurs informations scientifiques diffusées en 2014 :


- Le 22 mai, lors du colloque organisé par l’OPECST [3] à l'Assemblée Nationale, le Pr BELEC (hôpital Européen Georges Pompidou) a confirmé les travaux du LEE (USA) :

« Entre 200 et 400 fragments d’ADN résiduels par ampoule de Gardasil. Ce n’est pas normal. Quelle est la signification ? Je ne sais pas. (…) Il faut absolument continuer les recherches sur ce sujet. Les interactions entre des résidus ADN et l’hydroxyphosphate d’aluminium, ce n’est de toute façon pas normal ».

 

- Le 3 juin, des chercheurs portugais publiaient leurs travaux sous le titre

« Myofasciite à macrophages et vaccination: Conséquence ou coïncidence? » [4].

Leur conclusion après avoir étudié une cohorte portugaise de 16 cas :

« Sur la base des données accumulées, cette affection à médiation immunitaire peut être déclenchée par l'exposition aux vaccins contenant de l'aluminium chez des patients avec antécédents génétiques spécifiques. »


Ces données scientifiques justifient amplement nos demandes exprimées depuis des années auprès des pouvoirs publics :


- La recherche doit bénéficier au plus vite de moyens financiers à la hauteur des enjeux. Ces recherches doivent être menées en toute indépendance et en toute transparence, de façon à ce que soit appréhendé au plus vite le processus de survenue de ces pathologies (scléroses en plaques et scléroses latérales amyotrophiques post-vaccinales, myofasciite à macrophages, encéphalomyélite aigüe disséminée …).


- Dans l’attente du résultat de ces recherches, le principe de précaution doit s’appliquer :


1-  des vaccins de base sans aluminium doivent être mis à disposition de la population ;


2-  aucune décision de généralisation concernant un vaccin avec aluminium ne doit être prise ;

3- l’injection de tout vaccin comportant un sel d’aluminium doit faire l'objet d'une étude attentive des antécédents familiaux et personnels du patient, et se faire dans des conditions parfaites de traçabilité.


Nous pensons aussi à toutes ces victimes, qui ont suivi les conseils des autorités sanitaires et dont la vie a été bouleversée ou qui en sont aussi parfois décédées. Une juste reconnaissance doit leur être accordée. Et lorsque nous parlons de reconnaissance, il s’agit tout à la fois de redonner de la dignité à ces personnes souvent écrasées par l’histoire de leur maladie, de leur faciliter un accès sans entrave à des soins appropriés et gratuits, de compenser les lourdes pertes financières subies au long de ces années.

Contacts :

REVAHB   http://www.revahb.fr/

E3M  – www.myofasciite.fr

 

[1] L’un des médecins conseils du REVAHB


[2] Version française ci-jointe - La version originale de cette publication est en libre accès, disponible sur le site du journal Immunologic Research (http://link.springer.com/article/10.1007%2Fs12026-014-8574-4), sous le titre de "Evolution of multiple sclerosis in France since the beginning of hepatitis B vaccination".


[3] Office Parlementaire d’Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques


[4] http://myofasciite.fr/Contenu/Divers/20140603_Santiago_MFM_Portugal_FR.pdf

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24 novembre 2014

Vaccination hépatite B et sclérose en plaques : une nouvelle étude "rassurante" mais ...

 

 Méta-analyse Langer-Gould

Une étude "rassurante" mais ... un risque significatif  oublié au delà d'un an  !

 

Une nouvelle étude, toute récente, (10 octobre 2014) portant sur le lien entre vaccination hépatite B et sclérose en plaques apparaît "rassurante" selon l'appréciation de notre président du CTV* Daniel Floret. Pourtant, elle pourrait contenir au moins un résultat significatif intéressant que les auteurs n'ont pas fait apparaître.

* CTV : Comité technique des vaccinations

Cette étude n'est pas en accès libre, seul le résumé [2] est librement disponible.

ADDITIF du 30-31 mai 2015:

"La vaccination ça ne se discute pas!" a déclaré Marisol Touraine ministre de la santé le 29 mai 2015. Si la vaccination ne se discute pas elle peut s'étudier comme ci-dessous et il y a beaucoup à dire !!!

A lire : un article de Marc Girard sur la publication Langer Gould (en anglais, 31 mai 2015)

FIN de l'additif

Voici d'abord ce qu'en dit [1] Daniel Floret, le président du Comité technique des vaccinations :

 

« Cette étude est très rassurante dans la mesure où elle démontre à 3 ans l'absence de lien entre toute vaccination et la révélation d'un ADSN*. Ce fait est notamment démontré pour les vaccins hépatite B et HPV .

*ADSN : atteinte démyélinisante du système nerveux

L'augmentation du risque de révélation d'une ADSN à proximité immédiate d'une vaccination (tous vaccins confondus) est une constatation intéressante : le fait que cette augmentation du risque disparaisse à distance va dans le sens d'une non responsabilité du vaccin dans la genèse de la maladie. Par contre, la stimulation immunitaire provoquée par le vaccin peut précipiter le passage d'une phase asymptomatique à une phase symptomatique de la maladie. Une maladie infectieuse peut avoir le même effet.

Cette hypothèse est en accord avec le fait démontré que l'apparition des premières manifestations de SEP* fait suite à un processus immunitaire et un processus de démyélinisation débuté depuis plusieurs années auparavant.

*SEP : sclérose en plaques

En somme, une étude rassurante de plus concernant la non responsabilité des vaccins dans la genèse des ADSN qui, outre sa qualité, apporte des éléments d'explication pour le lien temporel entre vaccination et révélation de la maladie. »

On peut lire aussi les commentaires de "Pourquoi Docteur".

Pour ne pas compliquer l'affaire je ne vais pas analyser ici cette publication dans ses différents aspects mais montrer le plus rapidement et le plus simplement possible qu'il existe effectivement un signal statistique que ni les auteurs ni les commentateurs ne semblent avoir vu.

 

Je résume et j'explicite ci-dessous un tableau de données et de résultats obtenus par les auteurs. Ils concernent l'apparition d'atteintes démyélinisantes du système nerveux (ADSN) dans les 3 ans qui suivent une vaccination hépatite B. Il a été retenu 780 cas pour 3885 témoins (5 par cas avaient été demandés soit 3900). Plusieurs délais ont été étudiés, de 42 jours à 3 ans pour cette vaccination.

 

L'odds ratio OR peut s'interpréter comme le risque relatif. Les auteurs donnent l'intervalle de confiance. A partir d'une de ses bornes et de l'OR j'ai pu retrouver l'écart-type utilisé puis calculer la probabilité associée au test, à savoir la probabilité d'obtenir un OR au moins aussi grand que celui observé. Cette probabilité explicite beaucoup mieux que l'intervalle de confiance l'importance de l'écart entre l'odds ratio OR observé et sa valeur moyenne attendue qui est 1 en l'absence d'actions autres qu'aléatoires.

 

Délai

42 jours

90

180

1 an

3 ans

Odds ratio OR

0,4

0,5

0,4

0,47

1,12

Probabilité

associée

80,61%

81,52%

91,79%

94,89%

30,76%

Intervalle confiance

[0,05 ; 3,24]

[0,11 ;  2,30]

[0,11 ; 1,40]

[0,19 ; 1,13]

[0,72 ; 1,73]

 

L'observateur est immédiatement frappé par le fait que OR, largement inférieur à 1 jusqu'à 1 an (0,47), devient supérieur à 1 pour un délai de 3 ans, soit 2 ans plus tard. L'écart mesuré par les probabilités, qui font intervenir les tailles des échantillons utilisés, est encore plus spectaculaire : on passe de 94,89% à 1 an à 30,76% à 3 ans.

 

On peut préciser cette inversion d'orientation par l'évolution des données entre  moins d'un  an et entre 1 et 3 ans. Le tableau ci-dessous reproduit les nombres de cas et de témoins* qui avaient été exposés à la vaccination hépatite B au cours de la première année précédant la première atteinte et dans les 3 années qui précédaient celle-ci.

* Pour les témoins, qui n'ont pas été atteints par la maladie, la date considérée est celle du cas auquel ils ont été associés.

25 cas sont donc apparus au cours des seconde et troisième année qui suivaient la vaccination contre 6 au cours de la première, soit 2 fois plus en moyenne chacune de ces 2 années qu'au cours de la première année :

 6 cas sur 1 an  pourrait donner 12 cas sur 2 ans contre 25 observés.

A vue cet écart devrait être considéré comme une première alerte sans s'occuper de son caractère non significatif.

 

Les auteurs calculent un odds ratio dit "ajusté'' qui demande de connaître le détail des données. Je ne peux donc le faire, aussi j'ai calculé directement OR et la variance par les formules classiques.

 

On voit que le résultat est significatif (0,73% < 2,5%) et devrait donc interpeller.

 

Le premier intérêt de ce résultat est qu'ils montre, contrairement à ce qu'affirment les auteurs et les commentateurs, que l'étude ne met pas seulement en évidence un risque à très court terme (moins de 30 jours, interprété comme signifiant que la démyélinisation avait déjà commencé et que la vaccination l'aurait seulement accélérée) mais que l'étude aurait pu aussi montrer un risque à plus long terme, au delà d'un an.

 

 

Délai

Cas exposés

Témoins exposés

OR direct

Test

OR ajusté

Test

1 an

6

56

OR= 0,53

92,94%

OR=0,47

94,89%

3 ans

31

127

OR=1,22

16,06%

OR=1,12

30,76%

De 1 an à 3 ans

31-6=25

127-56=71

OR=1,78

0,73%

Calcul Impossible 

 

On peut constater un phénomène analogue pour la sclérose en plaques (SEP) après vaccination hépatite B : jusqu'à 1 an les odds ratio relatifs aux différents délais sont largement inférieures à 1 (0,41 ; 0,26 ; 0,69) pour passer à 1,36 à 3 ans.

Pour la période entre 1 et 2 ans il a donc été observé 14 cas exposés contre 4 la première année. Le test avec un odds ratio direct (non ajusté) donne OR=2,01 avec la probabilité associée 1,42% significative.

 

 

Délai

Cas exposés

Témoins exposés

OR direct

Test

OR ajusté

Test

1 an

4

31

OR=0,64

79,82%

OR=0,69

74,60%

3 ans

18

66

OR=1,37

12,25%

OR=1,36

14,47%

De 1 an à 3 ans

14

35

OR=2,01

1,42%

Calcul impossible

 

 

Une simulation significative compatible avec les données


Il est possible de proposer une simulation compatible avec les données publiées donnant un écart largement significatif en faveur de la responsabilité du vaccin hépatite B dans l'apparition d'ADSN sur la période 3-4 ans après la vaccination.

On a observé 6 cas la première année et 25 au cours des 2 années suivantes. Je suppose que ces 25 cas se répartissent en 10 cas la seconde année et 15 la troisième. Les auteurs ne communiquent aucune donnée pour la quatrième année après la vaccination pour laquelle je suppose qu'il s'est aussi produit 15 cas. On aura ainsi 16 cas au cours des 2 premières années contre 30 pendant les 2 années suivantes :

 

Délai

De 0 à 1 an

De 1 à 2 ans

De 2 à 3 ans

De 3 à 4 ans

Cas

6

10

15

15

Cas sur 2 ans

                     16             simulation !

            simulation !             30        

 

Le nombre de cas observés au cours d'une période fixée, 2 ans par exemple, peut se modéliser par une loi de Poisson caractérisée par un seul paramètre qui est à la fois sa moyenne et sa variance.

Soit X et X' les variables aléatoires donnant le nombre de cas apparus au cours de la première et de la seconde période de 2 ans. X et X' sont supposées suivre des lois de Poisson de moyennes théoriques  u  et u'. Faisons l'hypothèse que u=u'. La variable aléatoire X'-X aura donc pour moyenne 0, sa variance étant la somme des variances de X et X', soit u+u'. Comme u et u' sont inconnues, on estimera u et u' par leurs valeurs observées 16 et 30. X'-X sera donc une variable aléatoire centrée (moyenne 0) et de variance estimée 46. Selon l'usage, et faute de pouvoir faire mieux, on l'approxime par la loi normale de moyenne 0 et de variance 46.

Sur l'observation X'-X prend la valeur 30-16=14. On peut alors calculer la probabilité  d'obtenir au moins 14 cas qui vaut 1,95% ce qui la rend significative au seuil habituel.

Les auteurs n'ayant publié aucune donnée au delà de 3 ans ni entre 1 et 3 ans, rien ne permet de dire que la simulation proposée ne serait pas la réalité. L'affirmation du président du CTV :

" le fait que cette augmentation du risque disparaisse à distance va dans le sens d'une non responsabilité du vaccin dans la genèse de la maladie."

n'est donc nullement prouvée : rien ne permet d'affirmer la disparition du risque au delà d'un an bien au contraire puisque entre 1 et 3 ans apparait une dynamique dont aucun élément publié par Langer-Gould ne permet d'affirmer ni qu'elle ne pourrait être significative sur une période bien choisie ni que cette dynamique ne  se poursuivrait pas au delà. Il ne s'agit donc pas d'un fait.

Pour Daniel Floret "cette étude montre qu'à échéance de trois ans après la vaccination il n'existe pas de lien statistique entre la vaccination contre l'hépatite B (OR 1,05 [0,72- 1,73])".

Les auteurs et commentateurs ont simplement oublié de s'intéresser aux cas apparaissant entre 1 et 2 ans et non pas seulement entre 0 et 3 ans ...

On peut proposer une autre simulation sur les 18 premiers mois et les 18 suivants :

Puisqu'il a été observé 3 cas au cours des 6 premiers mois et 3 au cours des 6 suivants, supposons qu'il y en ait eu encore 3 au cours des 6 mois qui ont suivi soit 9 cas au cours des 18 premiers mois. Il s'en serait donc produit 22 (31-9) au cours des 18 mois suivants. On peut alors comparer les 2 lois de Poisson de moyennes estimées 22 et 9. La différence est significative avec une probabilité 0,98% d'obtenir un écart au moins aussi important que celui observé (approximation par loi normale de moyenne 0 et de variance 31).

Parmi les commentaires "autorisés" sur l'étude Langer-Gould

Par exemple, selon "Pourquoi Docteur" [4] :

« Une nouvelle étude pourrait mettre un terme aux débats. Menée par le Dr Annette Langer-Gould, du consortium Kaiser Permanente basé à Pasadena dans la banlieue de Los Angeles, l'étude montre qu’il n’existe aucune relation à long terme entre le vaccin de l’hépatite B, du papillomavirus humain ou aucun autre vaccin et le risque de développer une sclérose en plaques, et ce jusqu’à trois ans après la vaccination.»

 

Ou encore par Daniel Floret :

« L'augmentation du risque de révélation d'une ADSN à proximité immédiate d'une vaccination (tous vaccins confondus) est une constatation intéressante : le fait que cette augmentation du risque disparaisse à distance va dans le sens d'une non responsabilité du vaccin dans la genèse de la maladie. Par contre, la stimulation immunitaire provoquée par le vaccin peut précipiter le passage d'une phase asymptomatique à une phase symptomatique de la maladie. Une maladie infectieuse peut avoir le même effet.

Cette hypothèse est en accord avec le fait démontré que l'apparition des premières manifestations de SEP fait suite à un processus immunitaire et un processus de démyélinisation débuté depuis plusieurs années auparavant. »

 

 Presque simultanément, une autre étude [3], en accès libre, était publiée le 14 novembre 2014. Elle est française et a été réalisée par le Docteur Dominique Le Houézec. Une de ses conclusions est qu'elle fait apparaitre un signal en faveur d'une relation entre vaccination contre l'hépatite B et l'apparition d'une ADSN, tout particulièrement dans les 2 années qui suivent cette vaccination.

Comme l'étude Langer-Gould ne publie pas de données intermédiaires entre 1 an et 3 ans, le résultat constaté ici reste en accord avec la conclusion de Dominique Le Houézec dont l'étude est maintenant disponible en français :

http://blog.myofasciite.fr/public/2014.11_Le_Houezec_-_SEP_post_Vacc_HB_-_V__Fr.pdf

 

[1] https://www.mesvaccins.net/web/news/6111-vaccinations-et-affections-demyelinisantes-du-systeme-nerveux-une-nouvelle-etude

[2] http://archneur.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1917549

[3] http://link.springer.com/article/10.1007/s12026-014-8574-4/fulltext.html

[4] 

http://www.pourquoidocteur.fr/Vaccination---le-lien-avec-la-sclerose-en-plaques-ecarte-8356.html

Pour "observer" la communication sur internet autour de la publication de Langer-Gould :

http://www.charlatans.info/news/Les-vaccins-n-augmentent-pas-le

 

Le résumé de l'étude par InfoVac :

« Une nouvelle étude (Langer-Gould JAMA Neurol. 2014 Oct 20) vient confirmer l’absence d’augmentation du risque de maladies démyélinisantes liées aux vaccinations. Cette étude cas-témoins réalisée en Californie a comparé une cohorte de 780 malades à 3880 témoins tous pris en charge par le système d’assurance maladie californien Kaiser Permanente Institute.

Aucune augmentation du risque jusqu’à 3 ans après la vaccination n’a été retrouvée avec les vaccins contre l’hépatite B (OR : 1.12; IC95% 0.72-1.73), HPV (OR : 1.05, IC 95%, 0.62-1.78) ou tout autre vaccin (OR, 1.03; IC 95% :0.86-1.22). Par contre, dans le mois suivant n’importe quelle vaccination, une légère augmentation de l’incidence est observée, suggérant que les vaccins pourraient accélérer la transition d’une maladie sub-clinique vers une maladie clinique chez les patients atteints de la maladie existante. »

 

 

http://devsante.org/actualites/vaccination-et-lesions-neurologiques

 

http://acadpharm.org/dos_public/Veille_scientifique_23.pdf

 

http://www.wikups.fr/vaccination_hepatite_b_et_sclerose_en_plaques_une_nouvelle_etude_rassurante_mais/e/433824

 

 

 

 

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