27 mai 2008
Variole : destruction des stocks de virus en 2011 ?
Si la variole a disparu, la bataille autour du devenir des stocks
de virus conservés dans 2 laboratoires continue d’opposer les partisans de leur
destruction aux partisans de leur conservation. La décision de destruction
avait déjà été prise pour… 1993 ! Depuis, elle a constamment été
reportée : 1995, 1999, 2002. Pour quels enjeux ? L’Assemblée mondiale
de la santé vient de prendre une décision : en mai 2011 elle devrait fixer
une nouvelle date pour la destruction définitive de ces stocks…
Le problème n’est pas nouveau puisque la destruction de ces
stocks particulièrement sensibles de virus varioliques avait d’abord été prévue
pour fin 1993, puis reportée en juin 1995, puis en juin 1999…Une nouvelle date
devait être définie fin 2002. Mais certains laboratoires avaient ensuite
manifesté leur opposition en avançant la nécessité de poursuivre les recherches
sur ce virus et avaient soutenu l’idée qu’il avait été clandestinement
transporté vers d’autres laboratoires et pourrait être entre les mains d’Etats
peu scrupuleux, voire de groupes terroristes. Fin 2001 le monde entier sera
témoin d’un étrange épisode qualifié de bio-terrorisme et où une attaque à la
variole fut présentée comme étant quasi imminente, poussant de grands Etats,
dont la France, à passer aussitôt commande de grosses quantités de vaccins…
Y-avait-il urgence à ce point ? Rétrospectivement on pourrait
s’interroger : la situation aurait-elle été crée de toute pièce pour
exploiter l’émotion mondiale née de l’attaque des tours jumelles?
Pour essayer d’y voir plus clair dans cet imbroglio voici
l’historique de la question de la destruction des stocks de virus variolique.
On y devinera un match où les enjeux sont sans doute très importants mais
pourraient nous échapper. La variole ayant disparu, notre intérêt pour cette
maladie a pu s’estomper et beaucoup de données nous manquent.
Rappel : l’Assemblée mondiale de la santé (AMS)
rassemble une fois par an, en mai, les délégations des Etats membres de l’OMS.
Ces délégations sont généralement menées par les ministres de la santé des
Etats et c’est cette assemblée qui prend les grandes décisions que le bureau de
l’OMS aura pour mission de réaliser. L’AMS est donc l’organe de décision de
l’OMS.
SOMMAIRE
Destruction des virus : une décision sans cesse reportée...
Virus variolique : outil de recherche mais avec risque de dissémination
Bio-terrorisme ou Psycho-terrorisme ?
L'opération Dark Winter
Pourtant, la variole n'est pas contagieuse pendant l'incubation !
Poursuite des études sur les virus vivants
Mai 2008 : l’OMS fait le point
Le délicat problème des recherches sur l’ADN
variolique
Destruction des virus : une décision sans cesse
reportée...
Le 15 avril 1999
le Conseil exécutif de l’OMS faisait le point sur la destruction des stocks
de virus varioliques depuis l’éradication de la maladie, c’est à dire de
la circulation du virus sauvage dans la population mondiale :
« 1980 : l’éradication mondiale de la
variole a été confirmée (résolution WHA33.3). {WHA est
le sigle de l’AMS en anglais et 33 désigne la 33e session de l’AMS
c’est à dire l’année 1980, la première session ayant eu lieu en 1948}
1981 à 1986 : l’OMS a mis en oeuvre un programme
visant à appliquer la politique pour l’ère post-éradication contenue dans le
rapport de 1979 de la Commission mondiale pour la Certification de
l’Eradication de la Variole et approuvée par l’Assemblée de la Santé dans la
résolution WHA33.4.
1981 à 1984 : le Comité sur les Orthopoxviroses a examiné d’année en année les progrès accomplis. En 1986, ce Comité a fait le point de la mise en oeuvre des 19 recommandations relatives à la politique pour l’ère post-éradication approuvées par l’Assemblée de la Santé en 1980 et elle a adressé des recommandations au Directeur général sur la politique que devait suivre l’OMS. Conformément aux recommandations 9 et 10 de la Commission mondiale approuvées dans la résolution WHA33.4, tous les stocks connus de virus variolique ont été rassemblés dans deux centres collaborateurs de l’OMS au milieu des années 80, l’un dans la Fédération de Russie et l’autre aux Etats-Unis d’Amérique, pour assurer la sécurité biologique et la sécurité. »
Plus précisément, ces
laboratoires sont situés à Koltsovo, région de Novossibirsk et au CDC
d’Atlanta
« Le Comité
a aussi recommandé la destruction de tout stock de virus variolique
restant. »
« Un Comité ad hoc sur les Orthopoxviroses a ensuite été chargé d’évaluer les progrès accomplis et les activités en cours du programme pour l’ère post-éradication à partir de 1986 et, plus spécialement, d’examiner la recommandation antérieure concernant la destruction de tous les stocks de virus variolique restants. Le Comité ad hoc s’est d’abord réuni en décembre 1990. Une deuxième réunion a eu lieu en septembre 1994 et une troisième en janvier 1999. »
« En
1990, le Comité ad hoc a recommandé la destruction au 31 décembre 1993
des stocks restants détenus dans les deux centres collaborateurs de l’OMS. Les
stocks, cependant, n’ont pas été détruits en raison de l’inquiétude exprimée
par la communauté scientifique aux plans de la santé publique et de la
recherche.
Une demande a aussi été adressée au Conseil exécutif
à sa quatre-vingt-treizième session (janvier 1994), visant à ce que la question
soit soumise au Conseil avant la destruction définitive des stocks. Le Comité
ad hoc s’est réuni à nouveau en septembre 1994 et il a proposé de fixer au 30
juin 1995 la date de la destruction des stocks restants. A sa
quatre-vingt-quinzième session, le Conseil a toutefois décidé de reporter Ã
une session ultérieure l’examen du rapport du Comité ad hoc. »
« En 1996, à la suite d’une proposition à cet
effet du Conseil exécutif à sa quatre-vingt-dix-septième session, l’Assemblée
de la Santé a adopté la résolution WHA49.10 recommandant que les stocks soient
détruits le 30 juin 1999, après une nouvelle décision prise à cet effet
par l’Assemblée de la Santé. La période de 1996 à 1999 devait être mise Ã
profit pour arriver à un consensus plus large sur la question. »
Virus variolique : outil de recherche mais avec risque de dissémination
« Les membres du Comité ad hoc n’étaient pas unanimes. Cinq d’entre eux se sont prononcés en faveur de la destruction de tous les stocks de virus variolique existants avant le mois de juin 1999, conformément à la résolution WHA49.10 {1996}. Deux membres souhaitaient leur destruction, tout en préconisant un réexamen dans cinq ans, et deux étaient favorables à la conservation des stocks. Les membres favorables à la conservation du virus estimaient qu’il ne faudrait pas se priver d’une source éventuelle d’informations scientifiques pour l’avenir. Tout en convenant de l’intérêt de ces observations, les autres membres ont déclaré que le risque de dissémination du virus les inquiétait davantage. »
C’est sans doute pour cette raison que le Conseil exécutif a
néanmoins formulé cette proposition à l’AMS :
« Compte
tenu de ces informations, si l’Assemblée de la Santé souhaite adopter une
résolution mettant en oeuvre sa
recommandation contenue dans la résolution WHA49.10, le texte d’une résolution
à cet effet pourrait s’énoncer comme suit :
La
Cinquante-Deuxième Assemblée mondiale de la Santé,
DECIDE que la destruction des stocks restants de virus variolique, y compris tous les virus de la variole mineure, l’ADN génomique viral, les prélèvements cliniques et autres matériels contenant le virus variolique infectieux, débutera le 30 juin 1999 et s’achèvera le 31 décembre 1999. »
C’était une proposition du Conseil
exécutif de l’OMS à l’AMS qui tenait sa session annuelle 1 mois plus tard. La
proposition ne fut pas adoptée et les stocks de virus n’ont pas été détruits.
Un an plus tard, au cours de sa réunion du 10
avril 2000, le Conseil exécutif de l’OMS avance des arguments en faveur de
la nécessité de pouvoir utiliser des virus variolique vivants, en particulier
pour la mise au point de tests diagnostiques de la variole :
« La nécessité de pouvoir disposer de
nouvelles techniques permettant de mettre en évidence le virus variolique au
cas où la variole ferait sa réapparition a été débattue. Des méthodes
innovantes de diagnostic et de détection des agents infectieux ont été mises au
point et certaines ont déjà été incorporées dans les matériels les plus
récents. Ces techniques et matériels permettent de déceler les infections
précocement et avec une grande sensibilité, mais demandent encore à être
validées dans le cas du virus de la variole dans des conditions de terrain
simulées, ce qui nécessitera l’accès à des stocks de virus vivant. Le Comité a
recommandé que la validation des tests et du matériel de détection/diagnostic
soit effectuée au moyen de virus variolique vivant si nécessaire. »
D’autres types de recherches sur les antiviraux, la
validation de nouveaux vaccins nécessitent aussi le recours aux virus vivants.
Il serait essentiel pour tester les différents produits de disposer d’un modèle
animal valable permettant d’expérimenter. Mais ce modèle n’était pas défini Ã
l’époque et la faisabilité paraissait incertaine :
« La plupart des participants ont accepté les arguments en faveur d’une recherche dans ce domaine, mais ont noté que la recherche sur le virus variolique se poursuivait depuis des décennies et n’avait toujours pas permis d’identifier un modèle animal approprié. On peut donc douter que l’on parvienne à mettre au point un modèle susceptible de produire des données qui pourraient être directement corrélées avec l’infection chez l’homme. »
Le Conseil prévoit néanmoins que toutes ces recherches
devraient être terminées fin 2002 pour qu’il soit alors possible de fixer une
date pour procéder à la destruction des stocks…
« En mai 1999, l’Assemblée
de la Santé a décidé, dans sa résolution WHA52.10, d’autoriser le maintien
temporaire, mais au plus tard jusqu’en 2002, des stocks existants de virus
variolique dans les sites actuels1 pour permettre la poursuite des travaux de recherche
internationaux. L’Assemblée a prié le Directeur général de nommer un nouveau groupe
d’experts qui serait chargé de décider des recherches à effectuer, le cas
échéant, pour arriver à un consensus mondial sur la date de la destruction
des stocks existants de virus variolique. »
Bio-terrorisme ou Psycho-terrorisme ?
Il est reconnu que le virus de la variole
est difficile à manipuler et à répandre alors que d’autres produits biologiques
comme la ricine et la toxine botulinique sont beaucoup plus aisés à se procurer
et utiliser. Pourtant, chacun a pu constater que la menace de la variole a été
brandie avec beaucoup d’intensité, tout particulièrement après le 11 septembre
2001 et l’étrange épisode des lettres contenant des bacilles militarisés
d’anthrax aux USA en octobre 2001. Quelle a été la part du risque objectif et
du conditionnement psychologique dans toutes ces affaires ?
A l’époque, Saddam Hussein fut soupçonné
par Bush de disposer du virus de la variole et d’être prêt à attaquer les USA
avec ce virus en représailles à une attaque américaine contre l’Irak. Cette crainte "justifia" en Israël
et aux Etats-Unis des campagnes de vaccination antivariolique qui ont provoqué
plusieurs accidents graves. Il y eu par exemple quatre cas graves en Israël
pour 15000 vaccinations. Les premiers soldats
américains envoyés en Irak avaient été vaccinés contre la variole.
L'opération Dark Winter
En juin 2001, trois mois avant le 11 septembre, les
Etats-Unis avaient organisé l'opération Dark Winter, une simulation d'attaque
par la variole dans des supermarchés de trois grandes villes américaines.
C’était un exercice d’alerte organisé par par l'Institut de défense
nationale, le Centre de recherches stratégiques international, l'Institut de
prévention du terrorisme. Le
journal Le Monde du 26/10/2001 décrit ainsi l’exercice :
" L'attentat ne laissait aucune trace avant
qu'une dizaine de jours plus tard les services d'urgence des hôpitaux ne soient
submergés de malades. Les personnes contaminées ayant, à leur insu, infectées leur
entourage, l'épidémie se serait répandue dans tout le pays avant d'être
détectée. En deux mois, elle
aurait fait un million de morts. Seul remède, le vaccin antivariolique. Le gouvernement
américain vient donc de décider d'une
commande de 40 millions de doses de vaccin qui s'ajouteront aux 15 millions de
doses déjà stockées [ et envisagent de constituer un stock de 300 millions de
doses ]. »
Pourtant, la variole n'est pas contagieuse pendant l'incubation !
Détail
étonnant, la simulation qui dura 2 jours s’est déroulée en présence du président
des Etats Unis ! Les critères retenus
par les spécialistes qui avaient organisé
cette simulation sont aussi très surprenant car il est parfaitement établi que
la variole n’est pas contagieuse pendant l’incubation et que la contagiosité
débute environ 2 jours après le premier symptôme. Il est donc impossible que
des personnes infectées mais non encore malades puissent contaminer d’autres
personnes.
Cette donnée épidémiologique fondamentale
est très clairement précisée dans le rapport de 145 pages rédigé par la
Commission mondiale pour la certification de l’éradication de la variole (voir
mon article sur l’éradication de la variole) ou dans l’étude de l'Institut
de Veille Sanitaire (utilisation
du virus de la variole comme arme biologique pages 8-9).
Après une période d’incubation d’environ
12 jours en moyenne les premiers symptômes de la maladie apparaissent :
une fièvre très intense (40°) obligeant le malade à s'aliter. En règle générale
c'est seulement quand survient l'éruption, 2 jours plus tard, que le malade deviendra contagieux pendant 4 semaines jusqu'à la chute des croûtes. Dans
leur étude, les experts de l'InVs considèrent que pour se réaliser, la
transmission directe demande un face Ã
face rapproché à moins de deux mètres avec le malade. Une transmission
indirecte est cependant possible, soit par le relais de certains éléments
biologiques en provenance du malade soit par le relais de croûtes accrochées
aux vêtements ou à la literie et qui pourraient libérer le virus si elles
étaient écrasées, mais seulement pendant quelques semaines, le virus ne pouvant
pas survivre dans un environnement normal.
Quand une personne contaminée est en état
de transmettre la maladie, elle est alitée et couverte de pustules blanches.
C'est pourquoi, même si le malade est potentiellement très contagieux, le plus
souvent il ne transmettra la maladie qu'Ã un nombre restreint de personnes,
celles qui l'auront approché de très près. C'est d'ailleurs l'ensemble de ces
conditions qui permirent l'éradication de la maladie.
En 2001-2002 il a été affirmé que des
terroristes kamikazes pourraient se laisser contaminer par le virus de la
variole supposé être en leur possession et se promener dans les métros et les
supermarchés pendant 8 jours afin de contaminer des milliers de personnes.
C’était tout à fait contraire aux propriétés fondamentales de la variole.
Poursuite des études sur les virus vivants
C’est donc dans un contexte
émotionnellement très fort et plutôt chaotique que l’OMS a dû surseoir, fin
2001, à son projet de destruction définitive du virus variolique. Le Conseil
exécutif de l’OMS, au cours de sa session du 20 décembre 2001 reconnaît que sa
principale préoccupation avait été de prendre la décision de repousser la date
de destruction des virus :
« La principale recommandation du Comité a donc été qu’il fallait
envisager sérieusement de repousser la date prévue pour la destruction des
stocks de virus variolique afin de permettre l’achèvement de l’essentiel des
recherches. En outre, ces recherches supplémentaires sur le virus variolique
vivant devraient continuer d’être suivies de près et passées en revue sous les
auspices de l’OMS, et des mesures devraient être prises pour faire en sorte que
toutes les recherches approuvées restent axées sur les résultats et limitées
dans le temps et soient périodiquement réexaminées. »
trois mois plus tard, le 5 avril 2002
le Conseil exécutif prépare la prochaine résolution de l’AMS pour mai
2002 :
« DECIDE d’autoriser
à nouveau le maintien temporaire des stocks existants de virus variolique
vivant dans les sites actuels spécifiés dans la résolution WHA52.10 aux
fins de la poursuite des travaux de recherche internationaux, étant entendu
qu’ils devront être menés à bien aussi rapidement que possible et qu’une
nouvelle date concernant la destruction des stocks devra être fixée lorsque les
réalisations et les résultats des travaux de recherche permettront de dégager
un consensus sur la date de destruction des stocks de virus variolique. »
Après
la secousse apparemment très artificielle de 2001-2002 sur la menace
représentée par la variole, l’OMS doit laisser du temps au temps. Les
recherches vont donc se poursuivre pendant plusieurs années.
Mai 2008 : l’OMS fait le point
En préparation de l’AMS de mai 2008 l’OMS
a préparé un bilan
de la situation. Il est rappelé que :
« Dans la résolution WHA60.1, { en mai 2007} l’Assemblée de la Santé priait le Directeur général de procéder en 2010 à un examen majeur des résultats des recherches entreprises et actuellement en cours, afin que la Soixante-Quatrième Assemblée mondiale de la Santé {en mai 2011} puisse parvenir à un consensus mondial sur la date de destruction des stocks existants de virus variolique. »
« Il est également rappelé que si l’AMS avait prolongé l’autorisation du maintien des stocks existants de virus variolique vivant, il était temporaire et il était entendu que toutes les recherches approuvées resteraient axées sur les résultats et limitées dans le temps et que les réalisations et les résultats de ces travaux seraient périodiquement examinés ».
Détention des souches
virales
. Le Comité a examiné les données relatives aux souches de virus variolique et isolements primaires des deux collections et n’a constaté aucun changement. Le Comité a pu constater que les matériels des deux collections correspondaient aux inventaires et étaient conservés dans les conditions de sécurité voulues ».
Manifestations cliniques
de la variole.
« Les études n’ont permis d’obtenir aucune information permettant de relier des isolements viraux particuliers aux caractéristiques de la maladie. »
Modèles animaux pour
usage du virus variolique vivant.
« Le Comité a pris note de ce que bon nombre des objectifs des travaux visant à affiner le modèle de la variole humaine chez le primate afin de tester les antiviraux ont désormais été atteints, mais que des travaux complémentaires pouvaient encore être nécessaires pour améliorer ce modèle afin qu’il permette d’évaluer ces antiviraux en vue de leur homologation. »
Un nouvel antiviral.
« Le Comité a pris note des progrès récents enregistrés dans le développement du ST-246, un antiviral, qui empêche toute croissance des orthopoxvirus in vitro, permet de traiter toutes sortes d’orthopoxviroses chez les modèles animaux, et semble être sans danger et bien toléré chez ces modèles. »
Un nouveau vaccin.
« Le Comité a examiné de nouvelles approches
prometteuses. Un nouveau vaccin antivariolique (ACAM 2000) a été homologué dans
un Etat Membre. Les travaux sur deux vaccins de troisième génération (MVA et
LC16m8) ont montré qu’ils sont sans danger et moins réactogènes, et des données
préliminaires laissent à penser que la vaccination et le niveau de production
d’anticorps neutralisants étaient comparables à ceux des vaccins de première et
deuxième génération. Des études complémentaires sur ces deux vaccins sont en
cours. Le Comité a évoqué les questions réglementaires relatives aux normes
d’homologation des vaccins de troisième génération, soulignant l’absence d’un
modèle animal satisfaisant permettant de tester l’efficacité des vaccins
antivarioliques et la méconnaissance des indicateurs de la protection contre la
variole humaine. Il est cependant apparu qu’au moins deux instances de
réglementation n’exigeront pas obligatoirement un modèle animal avec virus
variolique vivant pour l’homologation d’un vaccin de troisième
génération. »
Traitement de l’eczéma
vaccinal.
« Il a été
fait état du traitement d’un cas d’eczéma vaccinal engageant le pronostic
vital. Le Comité a pris note de ce que l’utilisation du ST-246 semble avoir été
particulièrement bénéfique et a été suivie de la guérison du malade. Par
conséquent, le ST-246 doit être envisagé comme une possibilité de traitement
précoce si son innocuité et son efficacité chez l’homme sont confirmées par des
études complémentaires. »
Le délicat problème des recherches sur l’ADN
variolique
C’est une question très sensible en
raison de l’usage qui pourrait en être fait et l’OMS entend surveiller cette
affaire de très près pour garder, comme elle dit, « la confiance de la
communauté de santé publique ». A lire la formulation adoptée dans les
textes ci-dessous on peut supposer que ce n’est pas toujours une tâche
facile !!!
Analyse des séquences
d’ADN des virus varioliques.
« Comme recommandé précédemment par le
Comité, aucun séquençage complémentaire de l’ADN génomique n’a été entrepris, Ã
l’exception de celui d’une souche asiatique de la collection russe, qui est
actuellement en cours dans le centre collaborateur russe de façon à compléter
la représentation de la diversité géographique des virus. »
Examen des travaux des laboratoires ayant
obtenu de l’ADN du virus variolique avec l’autorisation de l’OMS.
Espérons
que tous les laboratoires engagés dans ces recherches le sont avec autorisation
de l’OMS !
« Dans le cadre de l’obligation qui lui incombe de surveiller les activités de recherche utilisant des portions de l’ADN du virus variolique, le Secrétariat a présenté les données préliminaires d’une enquête effectuée dans les laboratoires connus pour être engagés dans ce type de recherche. Les laboratoires concernés ont été repérés grâce aux dossiers de l’OMS regroupant les demandes approuvées de fragments de l’ADN du virus variolique, aux dossiers des Centers for Disease Control and Prevention sur la distribution de tels fragments et aux publications concernant ces fragments parues depuis 1994. »
Si je comprends bien les déclarations
spontanées seraient plutôt rares ?
« Si un membre
du Comité a fait part de ses préoccupations au sujet de la méthodologie suivie
pour réunir les données préliminaires, le Comité a salué l’effort consenti.
Il a estimé que l’OMS
devrait continuer à avoir accès aux informations les plus récentes concernant
l’utilisation et la distribution des fragments de l’ADN du virus variolique,
pour garder la confiance de la communauté de santé publique dans son ensemble.
Il a reconnu qu’il
fallait prendre d’autres mesures pour terminer les travaux et a recommandé que
le Secrétariat poursuive ses efforts pour une meilleure sensibilisation aux
règles et principes directeurs régissant l’utilisation et la distribution de
l’ADN du virus variolique. »
Transfert
de l’ADN du virus variolique.
« Le Comité a
recommandé que le libellé des recommandations et lignes directrices actuelles
concernant le transfert de l’ADN du virus variolique ne soit pas modifié, le
principal problème rencontré ayant été celui de la diffusion et de la
communication plus larges des recommandations et lignes directrices existantes.
En outre, il a estimé que les principes généraux sous-tendant ces règles
devraient être précisés et soulignés. »
« La remise
à des tierces parties de fragments de l’ADN du virus provenant de laboratoires
dont les projets ont été approuvés par l’OMS est une préoccupation importante.
Le Comité a
convenu qu’un tel transfert exige l’autorisation de l’OMS et doit être contrôlé
par exemple par le biais d’accords appropriés sur le transfert de matériel
conclus entre les laboratoires qui les distribuent et ceux qui les reçoivent,
un exemplaire de ces accords étant adressé à l’OMS. »
Je pense
qu’on peut deviner que l’OMS a beaucoup de mal pour tout contrôler, ce qui
laisse supposer qu’il y a des raisons importantes pour tenter de poursuivre des
recherches en dehors de tout contrôle. Raison de plus pour suivre cette affaire
dans l’avenir et de voir dans quelles conditions et dans quels délais il
deviendra possible de procéder à la destruction définitive des fameux stocks.
En espérant qu’aucun laboratoire n’en gardera dans son sous-sol…
23 mai 2008
Pour l’OMS la santé est la base de la prospérité et de la sécurité du monde
Au cours de son allocution
à l’occasion de l’ouverture de la 61e Assemblée mondiale de la
santé, le Directeur général de l’OMS, le Dr Margaret Chan a déclaré :
« Un bon état de santé est la base de la prospérité et
contribue à la stabilité – deux atouts dans tous les pays. Un monde où les
équilibres sanitaires sont ébranlés ne saurait être ni stable ni sûr. »
Le
Directeur de l’OMS va passer en revue les grands problèmes actuels de santé.
Parmi eux :
La
tuberculose
« La
stratégie de diagnostic et de traitement de la tuberculose est bonne et nous
avons des preuves solides de son efficacité. On continue de progresser
régulièrement, même si le taux de dépistage a diminué par rapport aux années
précédentes.
Les
mauvaises pratiques médicales, qui contribuent à l’apparition de la
pharmacorésistance, sont un problème important. L’OMS a publié cette année un
rapport montrant que la tuberculose multirésistante a atteint les niveaux les
plus hauts jamais enregistrés. Il est plus inquiétant encore de constater que
des cas de tuberculose ultrarésistante, qui est quasiment impossible à traiter,
continuent de se produire. Une généralisation de cette forme de tuberculose
serait un revers très sérieux. Pour les malades, en effet, les méthodes de
traitement datent d’une époque antérieure à l’avènement des
antibiotiques. »
Les
diarrhées
« La recherche nous a donné
un coup de pouce supplémentaire pour atteindre l’objectif de réduction de la
mortalité de l’enfant. Le traitement de la diarrhée par le zinc et une nouvelle
formule de sels de réhydratation orale aideront à sauver des millions
d’enfants. »
Autrement
dit les vaccins contre les rotavirus ne sont pas la meilleure solution.
Rappelons qu’ils ne sont pas recommandés en France où notre Haut conseil de
santé publique recommande les sels de réhydratation.
Voir mon
article : Diarrhée
du nourrisson : des prescriptions dangereuses !
La
poliomyélite
« La
poliomyélite est bien sûr destinée elle aussi à être éradiquée. Dans le cadre
de nos efforts mondiaux, nous constatons le renouvellement de l’action
internationale qui ressort de la consultation mondiale urgente des parties
intéressées que j’ai convoquée au début de l’année dernière. Je me suis rendue
dans chacun des quatre pays d’endémie restants, en Asie et en Afrique, pour
observer de mes propres yeux les énormes efforts qui y sont entrepris, souvent
dans des conditions très difficiles. J’aimerais remercier pour leurs efforts
tous ceux qui sont en première ligne.
En
Asie, le poliovirus de type 1, la souche la plus dangereuse, est aujourd’hui
sur le point d’être éliminé. Mais pendant que nous observons des baisses record
en Asie, il y a une recrudescence spectaculaire de cette souche en Afrique,
dans les Etats du nord du Nigeria, tandis que des pays auparavant débarrassés
de cette maladie se battent encore pour endiguer des virus réintroduits il y a
plus de deux ans.
Comme je l’ai déjà dit, nous
devons terminer notre travail. Nous sommes trop près du but pour laisser
échapper la victoire. »
Tout
près du but, souhaitons-le mais il y a eu 873 cas de polio en Inde en 2007
contre 676 en 2006 et déjà 229 cas pour 2008 contre 50 à la même date en 2007.
Il faut savoir que l’essentiel des cas de polio en Inde se produisent en fin
d’année, pendant la saison des pluies. Ne pas vendre la peau de l’ours !
Elle a déjà été vendue plusieurs fois puisque qu’en novembre 2002 l’OMS
écrivait sur son site que la polio pourrait être éliminée de la planète en
janvier 2003, au plus tard à Pâques 2003…Que fin 2005 elle annonçait que la
polio pouvait être éliminée de l’Inde en 2006…
Pour
atteindre un objectif il faut savoir regarder en face les difficultés Ã
surmonter et non pas se raconter des histoires. Personne n’a jamais pu
atteindre le sommet de l’Everest en se persuadant qu’il n’y faisait pas si
froid qu’on le dit et qu’avec le soleil tout ira bien ; que l’altitude se
supporte très bien avec quelques comprimés ; que les crevasses sont
bouchées par la neige ; que la pente est des plus raisonnables et que le
vent n’y souffle pas si fort que certains le prétendent. Ce n’est pas être
systématiquement contre la vaccination contre la polio que de rappeler ces
grandes vérités. Au contraire, c’est en les ignorant délibérément que l’on
s’enferme dans des situations insolubles. On pourra consulter sur ce thème les
différents articles de la catégorie polio de ce blog.
La
mortalité néonatale
Voici un procédé
qu’on attendait pas à voir recommandé par l’OMS :
« Autre grand
problème auquel nous devons nous attaquer, la mortalité néonatale. Là encore,
la recherche a montré qu’une méthode aussi simple que le contact peau à peau
avec la mère, la méthode dite de la mère « kangourou », peut sauver les prématurés. »
Quand
l’OMS fait la promotion de méthodes non médicalisées on ne va pas bouder notre
satisfaction !
Le
tabac, l’alcool, l’obésité, la sédentarité
«
Heureusement, ces maladies ont en commun un nombre limité de facteurs de risque
liés au comportement qu’il est possible de modifier : le tabagisme, une
mauvaise alimentation, le manque d’exercice physique et l’usage nocif de
l’alcool. La prévention doit être absolument prioritaire.
Avec l’appui de la
Fondation Bloomberg, l’OMS a fait un pas important dans cette direction en
publiant en février dernier le premier rapport sur l’épidémie mondiale de
tabagisme. Ce rapport présente des statistiques par pays sur le tabagisme, mais
aussi sur l’application des mesures antitabac éprouvées.
La taxation du
tabac est de loin la plus efficace de ces mesures. On ne s’étonnera pas que
l’industrie du tabac s’y oppose farouchement. Elle présente depuis longtemps
l’OMS comme son plus grand ennemi. J’apprécie toutes les occasions de renforcer
cette réputation. »
L’OMS
est opposée au tabagisme et lutte contre l’influence excessive et
dangereuse de l’industrie du tabac. Tant mieux. En 1970, quand j’avais fait mon
service militaire, j’avais été payé en cigarettes !!! J’étais le seul à ne
pas les fumer. A l’époque on savait déjà parfaitement quelle était la nocivité
du tabac et quelques années plus tard Madame Simone Weil, devenue ministre de
la santé, lancera le premier plan antitabac. C’est pourquoi j’ai été plus
qu’étonné d’entendre, il y a seulement quelques années, que la nocivité du
tabac n’était connue que depuis peu de temps et qu’auparavant on ne savait
pas ?!?!
Que
l’OMS soit indépendante de l’industrie du tabac est une très bonne chose mais
est-elle pour autant indépendante de toute influence industrielle ? Au
hasard, et juste pour poser la question, de l’industrie du vaccin par
exemple ? En 2005 l’OMS, dont le siège est à Genève, avait aussi largement
participé à la promotion du Tamiflu, un antiviral produit par une firme suisse
et devenu célèbre depuis. Après une rencontre au sommet entre le Président de
la République Jacques Chirac et le Directeur général de l’OMS, la France
l’avait aussitôt massivement acheté et stocké dans des dépôts militaires en
préparation d’une pandémie grippale présentée comme imminente et qui allait
être provoquée par le virus H5N1 de la grippe aviaire. Pourtant, l’efficacité
et l’innocuité de ce médicament ont été très largement contestées par la suite,
sans parler des conditions d’utilisation qui restaient très mal définies dans une
situation pandémique : soigner les malades ou protéger le personnel
médical ? N’aurait-il pas été possible de différer cet achat, massif et
fort coûteux (150 millions d’euros pour le premier achat), de quelques mois
pour complément d’information ?
Médicaments
contre des maladies tropicales
« J’ai mentionné au moins «
une véritable tempête » en train de se former à l’horizon. Je pense que la
lutte contre les maladies tropicales négligées est l’inverse : « un véritable
arc-en-ciel ». Nous avons vu toute une gamme de possibilités converger de la
manière la plus harmonieuse qui soit. Des médicaments sûrs et puissants sont
donnés ou mis à disposition à très bas prix. Des approches intégrées ont été
conçues pour combattre en même temps plusieurs maladies.
Une
stratégie de chimioprophylaxie de masse, visant à couvrir tous ceux qui sont
exposés aux risques, rivalise de puissance avec la vaccination. Des recherches
se poursuivent pour apporter la preuve des progrès en matière de réduction de
la pauvreté et de productivité économique quand ces maladies ont été endiguées.
L’arc-en-ciel
peut littéralement devenir un pont d’or. Avec un effort financier relativement
modeste, limité dans le temps, on pourra endiguer nombre de ces maladies d’ici
à 2015. Certaines pourraient même être éliminées à cette date.
Comme vous le savez, nous sommes
sur le point d’éradiquer la dracunculose et nous mobilisons des fonds pour y
parvenir. »
22 mai 2008
L’OMS recommande la suppression rapide du vaccin polio oral
Pour réduire les risques à long terme liés
aux poliovirus l’OMS préconise
d’interrompre l’usage du vaccin polio oral le plus rapidement possible après la
détection des derniers cas de polio associées à des virus sauvages. Telle est
la principale proposition faite par l’OMS à l’Assemblée mondiale de la santé
qui l’a validée au cours de sa session annuelle de mai 2008.
On trouvera sous ce lien
l’analyse des problèmes posés par l’éradication de la polio telle que le bureau
de l’OMS l’a présentée aux délégations des 193 états représentés à la 61e Assemblée mondiale de la santé qui s’est
tenue à Genève du 16 au 24 mai 2008. Voici quelques extraits :
Les
risques majeurs liés aux poliovirus d’origine vaccinale
Le texte passe en revue les principaux risques associés aux
poliovirus d’origine vaccinale une fois que sera interrompue la transmission du
poliovirus sauvage. L’OMS distingue 3 grands risques :
1- Flambées dues Ã
des poliovirus circulants dérivés de souches vaccinales du fait de la poursuite
de l’utilisation du vaccin antipoliomyélitique oral. On estime actuellement
que, dans le monde, le risque annuel de telles flambées est compris entre 60 et
95 % et entre 1 et 3 % trois ans après l’arrêt synchronisé de l’utilisation du
vaccin oral.
2- Les cas de
poliomyélite paralytique associés à la vaccination, du fait de la poursuite de
l’administration du vaccin antipoliomyélitique oral à des sujets non immuns. On
estime que ces cas sont au nombre de 250 à 500 chaque année dans le monde.
3- L’excrétion de
poliovirus dérivés du vaccin par des personnes présentant une immunodéficience
: à l’heure actuelle, on sait que trois personnes au plus continuent d’excréter
le virus de façon chronique3 sans que cela n’ait jamais été
associé à de quelconques cas secondaires. Dans la pratique, on qualifie de chronique une excrétion du virus
pendant plus de cinq ans.
De plus, les connaissances sur ces
risques ne sont pas encore suffisamment élaborées :
« Des études plus poussées seraient nécessaires pour préciser les risques associés à la circulation de virus dérivés du vaccin, à l’excrétion de virus par des personnes présentant une immunodéficience et à l’existence de stocks de poliovirus, et formuler les stratégies à mettre en oeuvre pour atténuer ces risques. »
L’indispensable
suppression du vaccin polio oral
Chacun sait qu’il existe 2 vaccins contre la polio, le vaccin
oral à virus vivant et le vaccin injectable à virus tué. Il est admis que seul
le vaccin oral est adapté pour mener une campagne d’élimination de la polio car
il est le seul à réaliser une immunité intestinale alors que le virus sauvage
se propage justement en transitant par l’intestin des personnes contaminées
avant de contaminer les eaux souillées par des excréments humains. Le vaccin injectable
réalise seulement une immunité humorale susceptible de protéger l’individu des
conséquences d’une contamination mais qui n’empêche pas ce dernier de propager
le virus.
Mais l’arme du vaccin polio oral (VPO) est à double tranchant
car le virus vaccinal se comporte comme le virus sauvage en contaminant aussi
les selles et donc les eaux des rivières et des fleuves. Or ce virus certes
atténué ne reste pas toujours ainsi. En se combinant avec d’autres entérovirus
il peut retrouver la même virulence que le virus sauvage. Le risque existe donc
qu’après la disparition des virus polio sauvages de toute la planète de
nouvelles épidémies de polio tout aussi redoutables se poursuivent avec des
virus dérivés des souches vaccinales. Le phénomène a déjà été observé et il
inquiète beaucoup l’OMS qui le prend très au sérieux. Ainsi, elle recommande Ã
l’AMS :
« Pour réduire au maximum les risques à long terme associés au
poliovirus, il faudrait interrompre l’utilisation du vaccin antipoliomyélitique
oral aux fins de la vaccination systématique dès que possible après
l’interruption de la transmission du poliovirus sauvage dans le monde, tant que
l’immunité de la population et la sensibilité de la surveillance demeurent
élevées. »
Et ce
pourrait être dans les 6 mois qui suivront la détection du dernier cas de polio
sauvage :
«Les activités
coordonnées visant à réduire au maximum les risques à long terme associés au
poliovirus devraient commencer dès que l’interruption de la transmission de
tous les poliovirus sauvages à l’échelle mondiale apparaîtra hautement probable. »
« Sachant que de tous les sérotypes, le
poliovirus de type 1 est celui dont la transmission est la plus difficile Ã
interrompre, mais qu’il a peu de chances de circuler sans être détecté pendant
plus de six mois lorsque la surveillance est efficace, les dispositifs de
coordination des stratégies internationales de gestion des
risques pourraient
être mis en place six mois à peine après qu’aura été détecté le dernier cas
de poliomyélite paralytique dû à un poliovirus sauvage circulant de type 1. »
Coordonner
les stratégies sur le plan mondial
Les extraits à suivre montrent à quel
point l’OMS redoute le retour de la polio par des virus d’origine vaccinale et
entend mettre en œuvre une coordination mondiale qu’elle juge
indispensable :
« Pour que soit réduit au maximum le risque de
réintroduction de poliovirus et de réémergence de la poliomyélite une fois
interrompue la transmission du poliovirus sauvage, il faudrait que les Etats
Membres :
a) coordonnent l’application des mesures de protection et de confinement relatives
à la manipulation et au stockage des poliovirus résiduels (souches sauvages,
souche Sabin et virus dérivés du vaccin) et des matériels potentiellement
infectés ;
b) synchronisent l’arrêt
des vaccinations systématiques par le vaccin antipoliomyélitique oral ;
c) respectent les procédures internationalement acceptées relatives Ã
l’utilisation du vaccin oral (poliovirus vivants) en cas de nouvelles flambées
de poliomyélite. »
Le
risque et le coût des vaccins injectables
L’OMS redoute aussi le risque de retour
d’épidémies de polio à partir des laboratoires qui fabriquent les vaccins
contre la polio. Elle considère ces laboratoires comme autant de sources
possibles de fuites des virus et veut tout mettre en œuvre pour éviter que cela
se produise. Il faut savoir que si les vaccins injectables qui devraient
prendre le relais des vaccins oraux ne sont pas à virus vivant ils sont
produits à partir de souches sauvages virulentes contrairement aux vaccins
oraux qui proviennent de souches atténuées :
L’OMS veut prévenir « la réintroduction
de poliovirus sauvages ou dérivés de la souche Sabin provenant d’un lieu où
sont conservées des souches vaccinales (laboratoires de diagnostic, de
recherche et de contrôle de la qualité et fabricants de vaccin
antipoliomyélitique). Actuellement, plus de 600 sites sont recensés comme
conservant des stocks de poliovirus sauvages d’après les rapports établis par
les Etats Membres qui ont mené à bien les activités correspondant à la phase I
du plan d’action mondial de l’OMS pour le confinement des poliovirus sauvages
en laboratoire. »
L’OMS souhaite la mise au point de procédés plus sûrs de production de vaccins Ã
partir de poliovirus inactivés et de stratégies en permettant l’utilisation
pour un coût abordable.
« Tout pays estimant que les risques à moyen ou Ã
long terme d’une réintroduction du poliovirus et d’une réémergence de la
poliomyélite justifient de poursuivre les vaccinations systématiques après
l’arrêt synchronisé de l’administration du vaccin oral devrait avoir la
possibilité d’utiliser, pour un coût abordable, des vaccins produits à partir
de poliovirus inactivés. L’idéal serait qu’une fois interrompues les
vaccinations au moyen de tous les vaccins antipoliomyélitiques oraux, les pays
à faible revenu qui le souhaitent puissent continuer à utiliser des vaccins
inactivés pour un coût analogue à celui des vaccins oraux.
Les recherches se
poursuivent sur la possibilité de fractionner les doses de vaccin inactivé ou
d’en réduire le nombre, sur l’utilisation d’adjuvants et d’autres souches de
semences en vue de la production de vaccins antipoliomyélitiques inactivés et
sur l’optimisation des procédés de fabrication de ces vaccins. Les résultats
obtenus à ce jour donnent à penser qu’il devrait être bientôt possible
d’utiliser et de produire de tels vaccins, sans augmentation de coût, dans les
pays à faible revenu. »
Voici
l’estimation du coût prévu par l’OMS du programme d’éradication de la polio
pour 2 années :
« L’exécution
du plan intensifié d’éradication pour 2008-2009 exigera le financement du total
du budget prévu de US $1,306 milliard. »
Sans
vouloir se montrer pessimiste il est clair que l’affaire est loin d’être jouée
et que l’OMS était très loin d’avoir tout prévu quand elle avait engagé tous
les Etats du monde dans l’aventure de l’éradication de la polio en 1988. Elle
voudrait aujourd’hui engager les Etats dans l’éradication mondiale de la
rougeole qui a toute chance d’être beaucoup plus difficile à réaliser que celle
de la polio. Ce sera une autre aventure qui pourrait connaître bien des
rebondissements et de désagréables surprises car tous les ingrédients sont
réunis pour cela. Il suffit de voir avec quelle légèreté nos experts conduisent
les études pour les cas de rougeoles en France, ce qui fausse complètement
l’appréciation réelle de la situation. Or, une appréciation juste de la
situation est indispensable pour mener à bien une telle opération.
Malheureusement c’est l’attitude de l’autruche qui prédomine. Alors, Ã
l’échelle de la planète…
Voir par
exemple mes 2 articles référencés ci-dessous sur ce sujet :
La
rougeole à Reims : beaucoup de lacunes et de contradictions.
Rougeole
: les recommandations vaccinales en échec pour 60% des malades !
Et aussi
la politique de l’autruche pratiquée par l’OMS à propose de la polio :
L’OMS
dresse le bilan de l’élimination de la polio
L’assainissement,
une clé majeure pour la santé mondiale
19 mai 2008
L’assainissement, une clé majeure pour la santé mondiale
L’assainissement, une
priorité pour tous les états du monde comme le rappelle un communiqué de l’OMS.
Daté du 19 mai il tombe au milieu de la session annuelle de l’Assemblée
mondiale de la santé réunissant les représentations des 193 états membres.
Pourtant, l’eau et l’assainissement ont été oubliés dans le programme de
travail de cette assemblée qui doit surtout plancher sur la grippe
pandémique, les virus grippaux, l’accès aux vaccins, la poliomyélite, autrement dit sur les vaccinations…
2008
Année internationale de l'assainissement
Le communiqué
de l’OMS du 19 mai 2008 rappelle que « Les Nations Unies ont déclaré
2008 Année internationale de l'assainissement afin d'en faire une priorité pour
les gouvernements, les organisations, la société civile et les partenaires
privés ». Des textes associés à un diaporama de
10 photos (cliquer sur Faits et Chiffres) précisent que :
« Près de 2.6 milliards d'habitants de notre planète n'ont pas
accès à un assainissement adéquat. Les régions où la couverture est la plus
faible sont l'Afrique sub-saharienne (37%), l'Asie du Sud-est (38%) et l'Asie
de l'Est (45%). L'absence d'installations sanitaires contraint les gens Ã
déféquer à ciel ouvert, dans des rivières ou à proximité d'endroits où les
enfants jouent ou de lieux où l'on prépare la nourriture.
Le Gange, en Inde, reçoit 1.1 million de litres d'eau d'eaux usées par
minute, un chiffre terrifiant si l'on considère qu'un gramme de matière fécale
dans de l'eau non traitée peut contenir jusqu'à dix millions de virus, un
million de bactéries, mille kystes parasites et une centaine de larves.
En Afrique, 115 personnes meurent par heure de maladies liées à un assainissement défectueux, à une mauvaise hygiène et à de l'eau contaminée.
L'accès à des latrines augmente la fréquentation scolaire: une présence accrue de filles peut être attribuée à l'existence d'installations sanitaires séparées.
L'éducation à l'hygiène et la promotion du lavage des mains sont des mesures simples et peu coûteuses qui permettent de réduire les cas de diarrhée de plus de 45%.
Les bénéfices économiques de l'assainissement sont convaincants. Chaque dollar investi dans l'amélioration de l'assainissement engendre un bénéfice moyen de neuf dollars. Ces bénéfices profitent surtout aux enfants pauvres et aux collectivités démunies qui en ont le plus grand besoin.
Les Objectifs du millénaire pour le développement visent une couverture
mondiale en matière d'assainissement de 75% d'ici 2015. On estime qu'il en coûtera
annuellement 14 millions de dollars pendant cette période.
Parmi d'autres avantages pour la santé, on estime que l'assainissement réduit
chaque année de 391 millions le nombre de cas de diarrhée.
Parmi les maladies que transmet l'eau contaminée par des déchets humains on trouve par exemple la diarrhée, le choléra, la dysenterie, la typhoïde et l'hépatite A. »
L’eau
propre ? Ce sera pour plus tard !
L’OMS paraît donc tout à fait convaincue
du rôle majeure joué par l’eau dans la santé humaine. Son communiqué ainsi que
tout le dossier qu’elle a constitué sur ce sujet et auquel on peut accéder Ã
partir du communiqué ou de la page d’accueil actuelle, semblent démontrer une
volonté d’agir vite, fort et bien dans ce domaine. Elle a évidemment besoin de
la coopération de tous les états qui sont les seuls en mesure de créer les
infrastructures nécessaires. Je reste alors abasourdi de constater que cette
question capitale n’a pas été mise à l’ordre du jour de l’AMS, l’Assemblée
mondiale de la santé !
Cette assemblée se réunie une fois par an
en mai, cette année du 16 au 24 mai. Elle est constituée par les délégations
des 193 états membres, délégations généralement conduites par les ministres de
la santé des différents états. Cette assemblée est le principal organe de
décision de l’OMS qui est une annexe de l’ONU. L’occasion était donc immanquable de faire réfléchir et
travailler les états sur cette question, ses moyens et ses enjeux. Mais
non ! Le programme essentiel a été défini ainsi :
« Les
sujets abordés par cette 61e assemblée seront notamment: la préparation en cas
de grippe pandémique, l'échange de virus grippaux et l'accès aux vaccins, la
poliomyélite, l’usage nocif de l’alcool, les mutilations sexuelles féminines,
le changement climatique et la santé, le Règlement sanitaire international, les
produits médicaux contrefaits, les stocks de virus variolique, ainsi que la
santé publique, l'innovation et la propriété intellectuelle. »
Tous ces sujets sont certes importants
mais pourquoi avoir oublié l’eau et l’assainissement ? Certes, il y a la
polio au programme et l’OMS sait parfaitement, pour l’avoir souvent écrit dans
ses analyses ou communiqués, que les virus polio sauvages et vaccinaux sont des
entérovirus se propageant pour l’essentiel par l’eau souillée par des excrément
humains contaminés par des personnes infectées ou vaccinées avec la vaccin oral
à virus vivant. L’échec des campagnes de vaccination au nord de l’Inde, dans
les états les plus pauvres du Bihar et de l’Uttar Pradesh est démonstratif.
Un autre gros problème qui préoccupe beaucoup l’OMS sera d’éviter la circulation des virus vaccinaux. En effet, ceux-ci peuvent reprendre une virulence aussi redoutable que celle des virus sauvages en se combinant avec d’autres entérovirus. La seule solution sera probablement une amélioration très significative de l’assainissement. Les 68 cas de polio apparus au Nigeria en 2007 sont aussi très démonstratifs : ils ont été provoqués par des virus dérivés de la souche vaccinale de type 2 du vaccin oral trivalent alors que le virus sauvage de type 2 n’a plus été vu sur Terre depuis 1999.
Sur ces questions voir « l’OMS dresse le bilan de l’éradication de la polio » et aussi Le vaccin mettra-t-il l’éradication de la polio en échec ?
Les coûts
Tout cela l’OMS le sait et plus encore
mais elle n’a pas classé la polio dans la
liste des maladies liées à l’eau !!! Elle en énumère 25 dont le
choléra, l’hépatite A, la typhoïde et
les diarrhées mais pas la poli-eau qui serait bien nommée ainsi ! Non, la
polio c’est le domaine réservé de la vaccination. La campagne d’éradication
coûte fort cher et les 14 millions de dollar réclamés annuellement pour le plan
assainissement sont très largement dépassés. Un communiqué
de l’OMS de 2006 évalue le coût du programme contre la polio pour les 3
années 2006-2008 à 1, 226 milliard de dollars :
« Pour pouvoir mener les activités
d'éradication essentielles, US$ 85 millions sont nécessaire d'urgence pour la
seconde moitié de 2006 et US$ 400 millions pour 2007-2008. Le budget
2006-2008 se monte à US$ 1,226 milliard. »
Un budget annuel de seulement 14 millions
de dollars est certainement tout à fait insuffisant pour mener à bien toutes
les infrastructures nécessaires à l’assainissement, que c’est même dérisoire et
qu’il s’agit sans doute seulement du budget de l’OMS dans ce domaine et non
celui des états. Néanmoins, le budget moyen annuel de l’éradication de la polio
par la vaccination est de 402 millions de dollars.
L’OMS décrit ainsi son action :
« Notre
action dans le domaine de l'eau, de l'assainissement et de l'hygiène comprend
les six fonctions essentielles qui figurent dans le Programme général de
travail 2002-2005 de l'OMS:
définir
une politique et une action de sensibilisation cohérentes, conformes Ã
l'éthique et fondées sur des données probantes ;
gérer
l'information en évaluant les tendances et en comparant les résultats; définir
le programme de recherche-développement et encourager les travaux dans ce
domaine ;
se
faire l'agent du changement par un appui technique et théorique, de façon Ã
stimuler l'action et la coopération et à renforcer durablement les capacités
nationales et inter-pays ;
négocier
des partenariats nationaux et mondiaux, et les soutenir ;
fixer
et valider des normes et critères, les appliquer et en surveiller l'application
;
encourager
la mise au point et l'essai de technologies, d'outils et de principes
directeurs nouveaux en matière de lutte contre la maladie, réduction des
risques, gestion des soins de santé et prestation de services. »
15 mai 2008
La fièvre jaune au Brésil en 2008
La fièvre
jaune s’est maintenue dans la forêt brésilienne par le cycle moustique-singe.
Le nombre de singes atteints semble en augmentation et des humains séjournant
en forêt ont été frappés par la fièvre jaune depuis quelques mois. L’InVS
fait le point sur l’épizootie et l’épidémie de fièvre jaune au Brésil en
2007-2008.
La transmission de la
fièvre jaune
La maladie
sévit en Afrique sub-tropicale et en Amérique Latine. Sa transmission au singe
ou à l’homme se fait uniquement par des piqûres diurnes de moustiques infectés
(de type Aedes) et on distingue 3 cycles de transmission :
« Cycle Sylvatique :
C’est un cycle moustique-singe. L’homme se contamine
sporadiquement lors d’un séjour en forêt suite à des piqûres par des moustiques
« sauvages » infectés. C’est cette transmission qui est à l’origine des cas au
Brésil, dans le reste de l’Amérique latine et de la persistance du virus en
Afrique.
Cycle Intermédiaire :
Des
moustiques « semi domestiques » infectent à la fois l’homme et les singes dans
des zones de la savane africaine où les contacts hommes-singes sont plus
fréquents. Ce type de transmission peut être à l’origine de petites épidémies
dans des villages ruraux et en l’absence de contrôle, peut engendrer des
épidémies plus graves de type urbain. Elle est responsable de la plupart des
cas documentés en Afrique.
Cycle Urbain :
Suite à l’introduction d’un cas virémique en zone
urbaine (forte densité de population), le virus passe à un vecteur urbain Aedes
aegypti. Il est ensuite transmis entre les humains par les moustiques «
domestiques ». »
L’épizootie au Brésil en
2007-2008
Le Brésil compte
des zones à cycle sylvatique où la fièvre jaune est présente de manière
endémique ou sporadique.
Depuis le 1er décembre 2007 les autorités brésiliennes ont
noté une augmentation significative des signalements d’épizootie ou de singes
retrouvés morts. Le nombre de singes retrouvés morts a continué d’augmenter en janvier
2008 en raison du phénomène épizootique mais aussi du fait d’un système de
surveillance renforcé.
Certaines des localités
affectées sont situées dans des zones importantes fréquentées par des touristes
brésiliens et internationaux.
L’épidémie de fièvre jaune
au Brésil en 2007-2008
Des cas humains de fièvre jaune selvatique sont décrits chaque année au
Brésil. Les premiers cas humains liés à cette
circulation viral accrue ont été diagnostiqués en décembre 2007.
Du 1er décembre 2007 au 01/02/2008 on a observé 23 cas confirmés dont 13 décès, soit un
taux de létalité de 56,5% (mortalité parmi les malades).
« Les cas identifiés ont tous été contaminés lors d’un
séjour en forêt y compris ceux survenus dans le zones rurales du DF. »
Ce point est très important et doit être considéré comme
rassurant : il n’y a pas de cycle urbain.
Parmi 20 cas confirmés documentés pour leur statut
vaccinal, 18 n’avaient pas été vaccines et 2 avaient été vaccinés il y a plus
de 20 ans.
Le Ministère de la Santé a émis une alerte pour rappeler le
besoin d’être vacciné en cas de séjour en zone d’épizootie.
La vaccination contre la fièvre jaune au Brésil
Au Brésil, la vaccination contre la fièvre jaune fait
partie du calendrier de vaccination à partir de l’âge de 9 mois. Ce vaccin est
recommandé à partir de l’âge de 6 mois en période de circulation virale accrue.
Devant cette épidémie de fièvre jaune les autorités ont
relancé vigoureusement la vaccination :
Entre décembre et le 01/02/2008 : 11,5 millions de doses de
vaccin fièvre jaune ont été distribuées dans 27 unités fédérales.
6,8 millions de personnes ont été vaccinées dont 6,3
millions au cours du mois de janvier, principalement dans les régions touchées.
Mais avec des accidents de vaccination :
Entre début décembre et le
29/01/2008 (soit seulement sur une période de 2 mois) des effets indésirables post-vaccinaux
probables ont fait l’objet d’investigations au Brésil.
Ils concernent 47 personnes dont 21 ont été hospitalisées.
Dans un certain nombre de cas il
s’agissait de personnes vaccinées deux fois par erreur.
On ne dispose pas de plus d’informations et
l’enquête est en cours.
Cependant l’identification au 24/01 de 2 cas hospitalisés
pour encéphalite (sur près de 3 millions de vaccins dispensés à cette date)
reste compatible avec la proportion attendue d’effets indésirables graves associés
à la vaccination contre la fièvre jaune (de l’ordre d’1 cas / million de doses
administrées).
C’est dans la norme attendue mais ce n’est pas rassurant pour autant…
Commentaires de l’InVS
« Le risque majeur de la fièvre jaune est constitué par l’établissement
d’un cycle urbain (transmission par le moustique Aedes aegypti) à partir
d’un cas importé des zones rurales. Les autorités sanitaires n’ont à ce jour
rapporté aucun élément en faveur de l’établissement d’un cycle urbain, y
compris à Brasilia.
La dernière épidémie de fièvre jaune urbaine au Brésil est
survenue en 1928-1929 Ã Rio de Janeiro et le dernier cas sporadique urbain a
été documenté en 1942. Depuis lors, seuls des cas de fièvre jaune sylvatique
ont été décrits dans des zones d’épizootie, liés à des activités (y compris
touristiques) en forêt tropicale.
Le vaccin est fortement recommandé pour les personnes se rendant
dans ces zones. Il est obligatoire pour les touristes* se rendant au Brésil et
venant de zones où la fièvre jaune circule ou a circulé.
La communication transparente de la part des autorités
brésiliennes autour de cet événement n’est pas le signe d’une situation qui
échappe à leur contrôle. Elle est en parfaite cohérence avec les règles
établies par le Règlement
Sanitaire International et constitue l’aspect le plus perceptible au niveau international d’une
gestion adéquate par les autorités sanitaires. »
- Cela ne signifie pas que le vaccin
serait obligatoire pour se rendre au Brésil : seulement si on vient
de zones où la maladie se manifeste.
Compléments
On pourra trouver des analyses et des
informations complémentaires dans mes 2 articles sur la fièvre jaune :
1960
: la fièvre jaune avait presque disparu aux Amériques
Fièvre Jaune : une seule solution, la vaccination !
Le nouveau règlement sanitaire international
12 mai 2008
Rougeole : les recommandations vaccinales en échec pour 60% des malades !
Une
étude de l’InVS portant sur 2 ans de surveillance de la rougeole en France précise
que sur 75 cas ayant un statut vaccinal
connu, 28 étaient vaccinés (27%) et 17 étaient trop jeunes ou trop âgés pour
l’être, selon les recommandations. C’est donc 45 cas sur 75, c’est à dire 60%,
qui, d’une façon ou d’une autre n’ont pu être protégés par la vaccination.
Pourtant l’étude n’hésite pas à affirmer que les 30 cas non vaccinés, mais en
âge de l’être, auraient évité la maladie si le calendrier vaccinal avait été
respecté…
Le
vaccin provoque des rougeoles !
La déclaration obligatoire de la rougeole (DO), qui avait été
abandonnée, a été réintroduite en juillet 2005 dans le cadre du plan national
d’élimination de la rougeole qui recommande en plus une confirmation biologique
des cas afin d’améliorer la spécificité de la surveillance. C’est donc dans ce
nouveau cadre que l’InVS (Institut de veille sanitaire) a mené une enquête
portant sur la rougeole en France de juillet 2005 à juin 2007. Le 25 décembre
2007* elle avait publié un bilan de ces 24 mois de
surveillance de la rougeole dans le dernier n° du BEH de l’année 2007.
L’étude précise que :
« Les déclarations correspondant à une rougeole post-vaccinale (cas
avec vaccination anti-rougeoleuse documentée dans les trois semaines précédant
l’éruption, en l’absence de contact avec d’autre(s) cas ou de contexte
épidémique ou cas pour lequel une souche virale vaccinale a été identifiée)
sont exclues de l’analyse. »
« Un cas a été considéré
comme une rougeole post-vaccinale et exclu de l’analyse »
Ce cas a été
présenté plus loin comme faisant partie de ceux pour lesquels une confirmation
biologique avait été demandée.
Mais on lit aussi ceci pour les autres, ce qui donne Ã
penser que 3 avaient été exclus pour ce motif :
« Parmi les 36 cas
déclarés sans demande de confirmation biologique, 33 étaient des cas
cliniques,1 présentait un lien épidémiologique avec un cas confirmé et 2 ont
été exclus car correspondant à des rougeoles post-vaccinales. »
Nous apprenons-donc, chemin faisant, que la vaccination
contre la rougeole peut aussi déclencher des rougeoles qui ne sont pas
comptabilisées parmi les cas de rougeole à virus sauvage. Cela rappelle les cas
de polio associés au vaccin oral : le programme d’éradication de la polio
lancé en 1988 stipulait qu’il s’agissait seulement de l’éradication des virus
polio sauvages et non des virus vaccinaux ou dérivés des virus vaccinaux
auxquels l’OMS n’accordait pas d’importance particulière. Elle pensait en effet
qu’ils disparaîtraient spontanément… 12 ans plus tard l’OMS a réalisé que les
virus dérivés des souches vaccinales pouvaient s’avérer aussi redoutables que
les sauvages, qu’il ne serait pas raisonnable de proclamer l’éradication de la
polio dans ces conditions et qu’il
faudra aussi éliminer les virus vaccinaux. L’affaire ne paraît pas simple
puisqu’en 2007, 68 cas de polio par des virus dérivés de la souche vaccinale de type 2 ont été observés au
Nigeria alors que le virus sauvage de type 2 n’a plus été observé dans le monde
depuis 1999 ! Voir mon article Le
vaccin mettra-t-il l’éradication de la polio en échec ? La vaccination
contre la rougeole va-t-elle réserver des surprises analogues ?
La classification des cas
Je renvoie le lecteur à l’article pour les détails
concernant la définition des cas et les
problèmes rencontrés à ce sujet. Disons ici que l’étude a retenu au total, 86 cas de rougeole répondant à la
définition des cas (soit 64,2 % des signalements), avec la répartition suivante
:
46 cas cliniques (53,5 %), 39 cas confirmés biologiquement (45,3
%), 1 cas confirmé
épidémiologiquement (1,2 %).
Une confirmation épidémiologique signifie que le cas a été
trouvé ayant eu un contact avec un malade pendant la période d’incubation.
« Parmi ces 86 cas, 84
sont survenus en France métropolitaine et 2 en Guadeloupe. Le taux d’incidence
annuel moyen des cas notifiés de rougeole était égal à 0,68 par million
d’habitants en métropole.
La distribution des 86 cas de
rougeole par groupes d’âges a montré que 38 % des cas ont 10 ans et plus, que
28 % ont 20 ans et plus et que 13 % ont 30 ans et plus.
La distribution des cas de
rougeole par mois met en évidence la saisonnalité de la circulation virale, la
plus grande partie survenant entre janvier et juillet. En 2006, 80 % des cas
sont survenus au cours du 1er semestre (date d’éruption). Le nombre de cas déclarés
par mois s’étendait de 1 à 11. »
« Aucun cas d’encéphalite aiguë post-rougeoleuse et aucun
décès lié à la rougeole n’ont été rapportés. »
Les cas sont aussi classés selon l’origine vraisemblable de
la maladie, assez souvent des importations :
« Pour 77 patients il a
été possible de savoir s’ils avaient ou non fait un séjour à l’étranger pendant
la période d’incubation et un tel séjour retrouvé chez 18 d’entre eux. Parmi
ces cas, 13 étaient confirmés biologiquement et classés en cas importés. Il est
par exemple signalé qu’un cas de 38 ans, vacciné avec une dose, était un contact
familial avec un autre cas. Pour l’un la maladie a été rattachée à une
contamination en Roumanie. Pour les 11
autres cas importés, 5 venaient d’un pays européen, 1 d’Asie, 2 pour l’Océan
Indien, 1 d’Israël et 2 du Maghreb. Quatre cas ont été considérés comme appartenant à des chaînes de
transmission impliquant les cas importés. »
Statut vaccinal des cas
Rappelons que le calendrier vaccinal
prévoit la première dose de ROR à 12 mois (avant 2005 c’était entre 12 et 15
mois) et la seconde entre 13 et 24 mois avec au moins 1 mois d’écart entre les
2 doses. Il est admis qu’une dose serait protectrice toute la vie et que la
seconde dose n’est pas un rappel. Son rôle est de permettre à ceux qui
n’auraient pas séroconverti à la première dose, de le faire à la seconde, ce
qui permet d’accroître le nombre d’enfants protégés sans pour autant intensifier
la protection des premiers. Il n’est prévu aucune autre injection
supplémentaire pour le ROR.
« Il n’a pas été possible
aux enquêteurs de connaître le statut vaccinal de ces 86 cas. La source
d’information du statut vaccinal était le carnet de santé pour 6 cas (dont 1
ayant reçu deux doses), l’interrogatoire pour 2 cas et non renseignée pour 2
cas.
Cette information n’ était
disponible que pour 75 cas, parmi lesquels 28 étaient vaccinés (37 % de ces 75
cas) : 3 avec deux doses (1 cas de 14 ans, confirmé biologiquement et 2 cas cliniques de 5 et 6 ans) ; 23 avec
une dose et 2 pour lesquels le nombre de doses est inconnu (c’est à dire une ou
2). »
La rougeole chez les vaccinés
Nous constatons donc que même avec 2 doses des enfants récemment vaccinés (3 ou 4 ans pour 2 d’entre eux) ne sont pas à l’abri de la rougeole. Lâ