Additif du 27 avril 2016

Actuellement du 18 avril au 1er mai 2016 les 145 pays qui utilisaient le VPOt (Vaccin polio oral trivalent) vont le remplacer partout par le VPOb vaccin oral bivalent contre les types 1 et 3.

A ce sujet on peut voir cet article sur le site de l'OMS

http://who.int/immunization/diseases/poliomyelitis/endgame_objective2/oral_polio_vaccine/fr/

 

ainsi qu'une série de 5 vidéos sur le site de l'OMS dédié à l'éradication de la polio http://polioeradication.org/ qui expliquent l'opération gigantesque que cela représente. Notons aussi que tous ces pays doivent aussi pratiquer au moins une vaccination par le VPI injectable à tous les enfants qui naitront désormais, ce qui n'était pas prévu initialement. Cela démontre que les risques de paralysies par des poliovirus de type 2 dérivés de souches vaccinales sont pris très au sérieux et font peur.

Quoiqu'on en dise, c'est un échec patent du programme d'éradication de la polio qui prévoyait l'arrêt de la circulation des virus polio sauvages en l'an 2000 puis l'arrêt de la vaccination oral qui devait entrainer l'arrêt de la circulation des poliovirus dérivés de souces vaccinales dans les 3 à 6 mois afin de proclamer l'éradication de la polio 3 ans plus tard en 2003. Cette éradication devant permettre d'arrêter les vaccinations contre la polio, les moyens financiers ainsi économisés pouvant alors être investis dans d'autres programmes de santé. Le moins que l'on puisse dire est qu'indépendamment du retard on est très loin du compte.

Faut-il le répéter : seul la maitrise de l'eau consommée par les populations permettra une véritable éradication.

Voir mes articles

Eradication mondiale du poliovirus de type 2 !!!

http://questionvaccins.canalblog.com/archives/2015/09/24/32675770.html

Polio d'origine vaccinale au Mali :

http://questionvaccins.canalblog.com/archives/2015/09/08/32601211.html

Ukraine : la polio de retour en Europe ?

http://questionvaccins.canalblog.com/archives/2015/09/04/32581264.html

Fin additif

Pour réduire les risques à long terme liés aux poliovirus l’OMS préconise d’interrompre l’usage du vaccin polio oral le plus rapidement possible après la détection des derniers cas de polio associées à des virus sauvages. Telle est la principale proposition faite par l’OMS à l’Assemblée mondiale de la santé qui l’a validée au cours de sa session annuelle de mai 2008.

 

On trouvera sous ce lien l’analyse des problèmes posés par l’éradication de la polio telle que le bureau de l’OMS l’a présentée aux délégations des 193 états représentés à la 61e  Assemblée mondiale de la santé qui s’est tenue à Genève du 16 au 24 mai 2008. Voici quelques extraits :

 

Il existe maintenant un autre document OMS  en anglais sur cette question de la suppression du vaccin polio oral après l'élimination des virus polio sauvages.

 

Les risques majeurs liés aux poliovirus d’origine vaccinale

 

Le texte passe en revue les principaux risques associés aux poliovirus d’origine vaccinale une fois que sera interrompue la transmission du poliovirus sauvage. L’OMS distingue 3 grands risques :

 

1- Flambées dues à des poliovirus circulants dérivés de souches vaccinales du fait de la poursuite de l’utilisation du vaccin antipoliomyélitique oral. On estime actuellement que, dans le monde, le risque annuel de telles flambées est compris entre 60 et 95 % et entre 1 et 3 % trois ans après l’arrêt synchronisé de l’utilisation du vaccin oral.

 

2- Les cas de poliomyélite paralytique associés à la vaccination, du fait de la poursuite de l’administration du vaccin antipoliomyélitique oral à des sujets non immuns. On estime que ces cas sont au nombre de 250 à 500 chaque année dans le monde.

 

3- L’excrétion de poliovirus dérivés du vaccin par des personnes présentant une immunodéficience : à l’heure actuelle, on sait que trois personnes au plus continuent d’excréter le virus de façon chroniquesans que cela n’ait jamais été associé à de quelconques cas secondaires. Dans la pratique, on qualifie de chronique une excrétion du virus pendant plus de cinq ans.

 

De plus, les connaissances sur ces risques ne sont pas encore suffisamment élaborées :

 

« Des études plus poussées seraient nécessaires pour préciser les risques associés à la circulation de virus dérivés du vaccin, à l’excrétion de virus par des personnes présentant une immunodéficience et à l’existence de stocks de poliovirus, et formuler les stratégies à mettre en oeuvre pour atténuer ces risques. »

On pourra lire aussi à ce sujet le communiqué de l'Institut Pasteur du 7 juillet 2003 sur plusieurs cas à Madagascar de poliomyélite provoquées par des virus dérivés de souches vaccinales.

 

 

 

L’indispensable suppression du vaccin polio oral

 

Chacun sait qu’il existe 2 vaccins contre la polio, le vaccin oral à virus vivant et le vaccin injectable à virus tué. Il est admis que seul le vaccin oral est adapté pour mener une campagne d’élimination de la polio car il est le seul à réaliser une immunité intestinale alors que le virus sauvage se propage justement en transitant par l’intestin des personnes contaminées avant de contaminer les eaux souillées par des excréments humains. Le vaccin injectable réalise seulement une immunité humorale susceptible de protéger l’individu des conséquences d’une contamination mais qui n’empêche pas ce dernier de propager le virus.

 

Mais l’arme du vaccin polio oral (VPO) est à double tranchant car le virus vaccinal se comporte comme le virus sauvage en contaminant aussi les selles et donc les eaux des rivières et des fleuves. Or ce virus certes atténué ne reste pas toujours ainsi. En se combinant avec d’autres entérovirus il peut retrouver la même virulence que le virus sauvage. Le risque existe donc qu’après la disparition des virus polio sauvages de toute la planète de nouvelles épidémies de polio tout aussi redoutables se poursuivent avec des virus dérivés des souches vaccinales. Le phénomène a déjà été observé et il inquiète beaucoup l’OMS qui le prend très au sérieux. Ainsi, elle recommande à l’AMS :

 

« Pour réduire au maximum les risques à long terme associés au poliovirus, il faudrait interrompre l’utilisation du vaccin antipoliomyélitique oral aux fins de la vaccination systématique dès que possible après l’interruption de la transmission du poliovirus sauvage dans le monde, tant que l’immunité de la population et la sensibilité de la surveillance demeurent élevées. »

 

Et ce pourrait être dans les 6 mois qui suivront la détection du dernier cas de polio sauvage :

 

«Les activités coordonnées visant à réduire au maximum les risques à long terme associés au poliovirus devraient commencer dès que l’interruption de la transmission de tous les poliovirus sauvages à l’échelle mondiale apparaîtra hautement probable. »

 

«  Sachant que de tous les sérotypes, le poliovirus de type 1 est celui dont la transmission est la plus difficile à interrompre, mais qu’il a peu de chances de circuler sans être détecté pendant plus de six mois lorsque la surveillance est efficace, les dispositifs de coordination des stratégies internationales de gestion des

risques pourraient être mis en place six mois à peine après qu’aura été détecté le dernier cas de poliomyélite paralytique dû à un poliovirus sauvage circulant de type 1. »

 

 

Une étude menée au Nigeria sur la virulence des poliovirus dérivés de souches vaccinales conclue qu'il n'existe aucune différence de virulence avec les virus sauvages et que le programme d'éradication devra en tenir compte ( ''The new England Journal of Medicine'' 24 juin 2010) :

 

« The attack rate and severity of disease associated with the recent cVDPV identified in Nigeria are similar to those associated with WPV. International planning for the management of the risk of WPV, both before and after eradication, must include scenarios in which equally virulent and pathogenic cVDPVs could emerge. »

 

Coordonner les stratégies sur le plan mondial

 Les extraits à suivre montrent à quel point l’OMS redoute le retour de la polio par des virus d’origine vaccinale et entend mettre en œuvre une coordination mondiale qu’elle juge indispensable :

 

« Pour que soit réduit au maximum le risque de réintroduction de poliovirus et de réémergence de la poliomyélite une fois interrompue la transmission du poliovirus sauvage, il faudrait que les Etats Membres :

 

a) coordonnent l’application des mesures de protection et de confinement relatives à la manipulation et au stockage des poliovirus résiduels (souches sauvages, souche Sabin et virus dérivés du vaccin) et des matériels potentiellement infectés ;

 

b) synchronisent l’arrêt des vaccinations systématiques par le vaccin antipoliomyélitique oral ;

 

c) respectent les procédures internationalement acceptées relatives à l’utilisation du vaccin oral (poliovirus vivants) en cas de nouvelles flambées de poliomyélite. »

 

 

Le risque et le coût des vaccins injectables

 

L’OMS redoute aussi le risque de retour d’épidémies de polio à partir des laboratoires qui fabriquent les vaccins contre la polio. Elle considère ces laboratoires comme autant de sources possibles de fuites des virus et veut tout mettre en œuvre pour éviter que cela se produise. Il faut savoir que si les vaccins injectables qui devraient prendre le relais des vaccins oraux ne sont pas à virus vivant ils sont produits à partir de souches sauvages virulentes contrairement aux vaccins oraux qui proviennent de souches atténuées :

 

L’OMS veut prévenir «  la réintroduction de poliovirus sauvages ou dérivés de la souche Sabin provenant d’un lieu où sont conservées des souches vaccinales (laboratoires de diagnostic, de recherche et de contrôle de la qualité et fabricants de vaccin antipoliomyélitique). Actuellement, plus de 600 sites sont recensés comme conservant des stocks de poliovirus sauvages d’après les rapports établis par les Etats Membres qui ont mené à bien les activités correspondant à la phase I du plan d’action mondial de l’OMS pour le confinement des poliovirus sauvages en laboratoire. »

 

L’OMS souhaite la mise au point de procédés plus sûrs de production de vaccins à partir de poliovirus inactivés et de stratégies en permettant l’utilisation pour un coût abordable.

 

« Tout pays estimant que les risques à moyen ou à long terme d’une réintroduction du poliovirus et d’une réémergence de la poliomyélite justifient de poursuivre les vaccinations systématiques après l’arrêt synchronisé de l’administration du vaccin oral devrait avoir la possibilité d’utiliser, pour un coût abordable, des vaccins produits à partir de poliovirus inactivés. L’idéal serait qu’une fois interrompues les vaccinations au moyen de tous les vaccins antipoliomyélitiques oraux, les pays à faible revenu qui le souhaitent puissent continuer à utiliser des vaccins inactivés pour un coût analogue à celui des vaccins oraux.

 

Les recherches se poursuivent sur la possibilité de fractionner les doses de vaccin inactivé ou d’en réduire le nombre, sur l’utilisation d’adjuvants et d’autres souches de semences en vue de la production de vaccins antipoliomyélitiques inactivés et sur l’optimisation des procédés de fabrication de ces vaccins. Les résultats obtenus à ce jour donnent à penser qu’il devrait être bientôt possible d’utiliser et de produire de tels vaccins, sans augmentation de coût, dans les pays à faible revenu. »

 

Voici l’estimation du coût prévu par l’OMS du programme d’éradication de la polio pour 2 années :

 

« L’exécution du plan intensifié d’éradication pour 2008-2009 exigera le financement du total du budget prévu de US $1,306 milliard. »

 

Sans vouloir se montrer pessimiste il est clair que l’affaire est loin d’être jouée et que l’OMS était très loin d’avoir tout prévu quand elle avait engagé tous les Etats du monde dans l’aventure de l’éradication de la polio en 1988. Elle voudrait aujourd’hui engager les Etats dans l’éradication mondiale de la rougeole qui a toute chance d’être beaucoup plus difficile à réaliser que celle de la polio. Ce sera une autre aventure qui pourrait connaître bien des rebondissements et de désagréables surprises car tous les ingrédients sont réunis pour cela. Il suffit de voir avec quelle légèreté nos experts conduisent les études pour les cas de rougeoles en France, ce qui fausse complètement l’appréciation réelle de la situation. Or, une appréciation juste de la situation est indispensable pour mener à bien une telle opération. Malheureusement c’est l’attitude de l’autruche qui prédomine. Alors, à l’échelle de la planète…

 

Voir par exemple mes 2 articles référencés ci-dessous sur ce sujet :

 

La rougeole à Reims : beaucoup de lacunes et de contradictions.

 

Rougeole : les recommandations vaccinales en échec pour 60% des malades !

 

Et aussi la politique de l’autruche pratiquée par l’OMS à propose de la polio :

 

L’OMS dresse le bilan de l’élimination de la polio

 

L’assainissement, une clé majeure pour la santé mondiale