La Question des Vaccins

Moins parler des vaccins et des vaccinations que du discours fait sur eux. Mettre l'expertise à la portée de chacun en montrant le décalage entre ce qui est connu et ce qui est dit.

09 mai 2008

L’OMS dresse le bilan de l’élimination de la polio

Dans le REH n°19 du 9 mai 2008 l’OMS dresse le bilan du programme d’éradication de la polio pour la période 2007-avril 2008. Compte tenu de l’augmentation très importante du nombre de cas en Inde, ce bilan ne peut être que très mitigé. L’OMS doit cependant entretenir le moral des bénévoles, la confiance des Etats et la générosité des donateurs. Alors elle jongle comme elle peut avec les chiffres pour trouver des notes optimistes malgré une situation des plus inquiétante.

Le bilan brut

Pour l’Inde où la polio est concentrée au nord, dans les états du Bihar et de l’Uttar Pradesh, il y a eu 67 cas en 2005, 676 cas en 2006, 870 cas en 2007 et déjà 216 cas en 2008 alors qu’il n’y en avait eu que 44 en 2007 à la même date. A première vue la situation n’est guère encourageante, c’est le moins qu’on puisse dire !

Pour les derniers bilans on peut consulter http://www.polioeradication.org

La situation au Nigeria pourrait paraître plus favorable avec une diminution importante en 2007 (285 cas) par rapport à 2006 (1122 cas) mais avec cependant déjà 137 cas pour les 4 premiers mois de 2008 contre 68 en 2007.

L’OMS distingue cependant entre les différents types de virus polio pour se redonner espoir et courage : il y a eu en Inde une très forte réduction du nombre de cas provoqués par le type 1 en Inde et elle attribue ce succès à l’utilisation du vaccin monovalent oral VPOm1 (Vaccin Polio Oral monovalent de type 1) à la place du vaccin trivalent VPOt contre les types 1, 2 et 3. Malheureusement cette réduction a été accompagnée par une flambée considérable du poliovirus de type 3. Comme le type 2 semble avoir été éliminé de la planète elle s’appuie sur ce résultat pour tenter d’éliminer maintenant le type 1 avec un vaccin monovalent puis s’attaquer ensuite au type 3 avec le VPOm3. Malheureusement, c’est la situation inverse au Nigeria où le type 3 s’efface au profit du type 1 ! Pas de chance !

Globalement l’OMS se satisfait de voir que le nombre de cas est passé de 1997 en 2006 à 1310 en 2007 et de voir que le nombre de cas liés au type 1 est passé de 1666 cas en 2006 à 321 en 2007. Mais à l’inverse elle est obligée de reconnaître qu’il y a eu 989 cas de type 3 en 2007 contre 331 en 2006.

La machine infernale

Le casse-tête continue et même si les 3 virus sauvages de types 1, 2 et 3 venaient à disparaître, et pourquoi pas s’en réjouir, l’OMS sera alors confrontée aux poliovirus dérivés de souches vaccinales, les PVDV, qui peuvent circuler à bas bruit pendant 10 ans comme cela a déjà été observé pour déclencher soudain des épidémies de polio aussi graves qu’avec les virus sauvages. Les PVDV sont entretenus par la vaccination orale qui sera supprimée dès que les virus sauvages auront disparus. Mais si une épidémie de PVDV surgissait il est prévu d’utiliser à nouveau des vaccins oraux qui sont efficaces contre les PVDV mais dont l’inconvénient est de mettre en circulation des virus vaccinaux susceptibles d’évoluer par la suite en virus dangereux. Personne ne sait à l’heure actuelle s’il sera possible d’arrêter un jour la machine infernale.

A titre d’exemple, il y a eu au Nigeria 21 cas provoqués par un PVDV de type 2, 68 en 2007 et déjà 8 en 2008 comme on peut le vérifier sur ce tableau récapitulatif. Cela est d’autant plus inquiétant que le virus polio sauvage de type 2 a été observé pour la dernière fois en octobre 1999 (REH n° 13 – 2001 p 95-97) . Pourtant, force est de constater qu’après l’élimination de ce virus, les virus dérivés du virus vaccinal de type 2 continuent de provoquer des paralysies. Il est à prévoir qu’il en ira de même après l’élimination des virus sauvages de types 1 et 3.

Assainissement ou vaccination ?

Ou plutôt si, on sait comment. Tous ces virus sont des entérovirus qui circulent chez les humains par le relais des eaux polluées par des excréments humains. Généraliser et adapter l’assainissement, c’est à dire le traitement des eaux usées, pourrait être la seule solution au problème. Mais, malgré la situation très critique, l’OMS veut toujours croire que l’éradication de la polio par la vaccination est encore possible :

« La faisabilité technique de l’éradication de la poliomyélite a été démontrée à plusieurs reprises par la capacité d’interrompre la transmission du PVS dans certaines des zones les plus difficiles d’accès confrontées à des problèmes de sécurité et disposant d’une infrastructure sanitaire limitée, comme en Somalie. En 2007, ce fait à de nouveau été mis en évidence par les progrès substantiels accomplis en vue d’interrompre la transmission du PVS1 en Inde.

L’effort concerté visant à interrompre la transmission du PVS1 dans le monde se poursuivra en 2008, et l’on mettra l’accent sur l’administration du VPOm1 au cours des AVS avec une utilisation périodique du VPOm3 et du VPOt. L’engagement durable des gouvernements et des partenaires internationaux ainsi que des évaluations constantes des programmes et une adaptation à la modification de la situation seront des éléments déterminants pour la poursuite les progrès en 2008. »

Pour l’éradication de la variole l’OMS tenait un discours analogue avant d’être contrainte par les événements –c’est à dire de très graves échecs- de changer de stratégie. Elle mit alors en place la recherche active des malades et des contacts ainsi que leur isolement rigoureux. En très peu d’années, et à sa grande surprise, elle obtint le succès. Cette stratégie est décrite dans le rapport de la Commission mondiale d’éradication sur lequel s’appuya l’AMS (Assemblée mondiale de la santé) pour proclamer l’éradication mondiale de la variole le 8 mai 1980. Voir mon article.

Cette stratégie contre la variole était spécifique à la maladie et ne serait pas adaptable à la polio qui se propage de façon différente. Le traitement des eaux usées afin de fournir aux populations une eau propre à la consommation est une action non spécifique qui libérerait des centaines de millions de personnes d’une foule de maladies, dont la polio, qu’elle soit à virus sauvage ou d’origine vaccinale.

L’OMS relance d’ailleurs cette grave question sur son site en publiant toute une série d’articles sur le sujet de l’assainissement. Elle donne une liste de 25 maladies liées à l’eau mais n’y cite pas la polio, ce qui est un comble !!! C’est pourtant l’OMS qui m’a appris* que la polio se propageait par les eaux souillées par des excréments humains et qui, dans certains de ses communiqués, mettait en cause l’absence d’assainissement pour expliquer les difficultés de la lutte contre la polio…

Bien sûr on comprend aussitôt l’effet recherché qui est gros comme une montagne : si l’assainissement se développait et permettait de venir à bout de la polio, tout le monde croirait que ce serait le grand succès de la seule vaccination. Je ne dis pas cela pour faire du mauvais esprit par une insinuation sur les mobiles qui animeraient cette affaire : c’est exactement ce qui s’est produit après l’éradication de la variole où tous les éléments non vaccinaux de la stratégie utilisée ont été systématiquement occultés au seul profit de la vaccination comme chacun pourra le constater à partir des éléments que j’ai rassemblé avec le moins de parti-pris possible dans mon article déjà cité.

*Extrait de Vaccination pratique – Départements des vaccins et produits biologiques – OMS 1999 – page 9  »

« Comment se transmet le virus de la polio ?

Le virus pénètre dans l’organisme par la bouche, quand on ingère de la nourriture ou de l’eau contaminées par des matières fécales où il est présent. Le risque de transmission est donc plus grand dans les régions ou l’assainissement est médiocre. »

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30 avril 2008

Eradication de la polio : bilan définitif 2007

Voici le bilan définitif de la polio dans le monde en 2007. Le fait le plus marquant est sans doute les 870 cas en Inde contre 676 en 2006. Comme beaucoup de cas se sont produits en fin d’année l’année 2008 démarre sur cette lancée soit déjà 203 cas au 6 avril 2008. Le second fait marquant est le recul de la polio au Nigeria : 285 cas contre 1122 cas en 2006. Le troisième fait marquant est le recul des cas provoqués par le poliovirus de type 1 et la montée très importante, surtout en Inde (plus de 700 cas), du poliovirus de type 3. En Inde il y a eu plus de cas en 2007 par le seul type 3 qu’en 2006 par les types 1 et 3. L’OMS voit dans le recul très important du type 1 l’efficacité du vaccin monovalent contre le seul type 1. Une fois le type 1 éliminé elle espère pouvoir alors en faire de même avec le type 3. L’année 2008 va donc être particulièrement intéressante à suivre de ce point de vue.  Si le type 1 est peu répandu  en Inde il reste encore très présent au Nigeria.

Bilan au 30 avril 2008 :  c'est plus mal parti qu'en 2007. Déjà 203  cas en Inde contre 39 en 2007 à la même date, 126 au Nigeria contre 61...

 

                                       
 

Total   cases

 
 

Year-to-date 2008

 
 

Year-to-date 2007

 
 

Total in 2007

 
 

 
 

 
 

 
 

 
 

Globally

 
 

354

 
 

130

 
 

1310

 
 

- in   endemic countries:

 
 

338

 
 

107

 
 

1204

 
 

- in   non-endemic countries:

 
 

16

 
 

23

 
 

106

 
Case breakdown by country
                                                                                                                                 
 

Country

 
 

Year-to-date
  2008

 
 

Year-to-date
  2007

 
 

Total in
  2007

 
 

Date of onset of most recent case

 
 

Nigeria

 
 

126

 
 

61

 
 

285

 
 

31 mars 2008

 
 

India

 
 

203

 
 

39

 
 

870

 
 

6 avril 2008

 
 

Pakistan

 
 

4

 
 

7

 
 

32

 
 

1 avril 2008

 
 

Afghanistan

 
 

5

 
 

0

 
 

17

 
 

7 mars 2008

 
 

Nepal

 
 

3

 
 

0

 
 

5

 
 

16 février 2008

 
 

DRC

 
 

1

 
 

12

 
 

41

 
 

14 février 2008

 
 

Chad

 
 

2

 
 

0

 
 

21

 
 

3 février 2008

 
 

Niger

 
 

5

 
 

3

 
 

11

 
 

29 février 2008

 
 

Sudan

 
 

1

 
 

0

 
 

1

 
 

2 mars 2008 

 
 

Angola

 
 

3

 
 

0

 
 

8

 
 

21 mars 2008

 
 

Myanmar

 
 

0

 
 

1

 
 

11

 
 

28 May 2007

 
 

Somalia

 
 

0

 
 

7

 
 

8

 
 

25 March 2007

 

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10 janvier 2008

Eradication de la polio : l'OMS veut encore y croire !

Dernières nouvelles : le REH du 18 janvier 2008 est entièrement consacré aux problèmes posés par l'éradication de la polio.

 

Le nouveau bilan de la polio en Inde au 14 décembre 2007 est porté à 667 cas contre 643 à la même date en 2006. On peut donc s'attendre à ce qu'il y ait plus de cas en 2007 qu'en 2006 dans ce pays.


Les dernières nouvelles ne sont pas bonnes puisque l’Inde a enregistré 56 cas en une seule semaine, le dernier datant du 4 décembre, ce qui porte à 590 le nombre total de cas enregistrés à cette date pour 2007 contre 641 en 2006 à la même date. Il y a eu 676 cas en 2006 et tout porte à croire que 2007 ne marquera pas une réduction significative des cas par rapport à 2006. Dans le même temps, le Nigeria reste stable depuis plusieurs semaines avec 264 cas. Quand on constate qu’il y a 2 ans l’OMS pensait que la polio allait disparaître de l’Inde en 2006 et que le dernier de la classe serait le Nigeria en raison de l’interruption des vaccinations pendant un an en 2003-2004, on voit ce que valent les paris et les pronostics !

Ce qui est préoccupant c’est le retour du poliovirus de type 3 en Inde car sur ces 56 derniers cas il  y en a 49 de type 3 dans l’état du Bihar contre 2 de type 1, 4 de type 3 dans l’Uttar-Pradesh et 1 de type 1 dans l’Ouest Bengale. Dans son rapport mensuel du 18/12/2007 qui ne tient pas compte des derniers résultats enregistrés, l’OMS retient 471 cas au total pour l’Inde dont 68 de type 1 et 402 de type 3. Si le rapport souligne alors l’impressionnante diminution de 88% du nombre de cas de type 1 en Inde par rapport à 2006, elle se garde bien de mesurer l’accroissement considérable du nombre de cas de type 3 :

«  En 2007, 471 cas ont été signalés (68 du type 1 et 402 du type 3), soit une diminution de 23 % du nombre total de cas et
une diminution de 88 % du nombre de cas de type 1 comparativement à la même période de l’année précédente. »

A défaut d’interrompre la polio elle se contenterait de stopper celles de type 1 pour 2008 afin de se donner du courage et surtout de le transmettre aux états, aux donateurs et aux bénévoles qui s’impatientent de ces scénario qui traîne en longueur : 

« L’organe d’orientation stratégique chargé de l’éradication de la poliomyélite qui s’est réuni les 27 et 28 novembre a conclu qu’on est désormais bien placé pour interrompre la transmission du poliovirus de type 1 en 2008. En raison des progrès accomplis contre le poliovirus de type 1 à la suite de l’utilisation du vaccin antipoliomyélite oral monovalent contre ce type (VPOm1), le Comité consultatif a approuvé l’utilisation à des intervalles stratégiques du VPOm1 et du VPOm3 pour maintenir la pression sur le poliovirus de type 1 tout en intervenant le plus rapidement possible contre le poliovirus de type 3. Exprimant son optimisme d’une manière générale, il a également souligné qu’il fallait d’urgence vacciner une proportion plus élevée d’enfants dans le cadre des activités de vaccination supplémentaires, notamment au nord du Nigeria. »

C’est ce qui s’appelle pratiquer la politique de l’autruche mais les experts et les observateurs attentifs ne seront certainement pas dupes…Répétons-le une fois de plus : la polio se transmettant essentiellement par les eaux polluées par des excréments humains, le traitement des eaux usées est la clé fondamentale du problème. C’est une tâche gigantesque, il faut en être conscient. Par comparaison, la vaccination est une solution de facilité dont l’échec possible nous rappellerait finalement l’essentiel.

 

Le SAGE et la polio

Un autre comité consultatif sur les vaccinations à l’échelle planétaire, le SAGE, c’est à dire le Groupe stratégique consultatif d’experts, qui vient de rendre compte au Directeur général de l’OMS sur des questions allant de la recherche et du développement de vaccins à leur administration. Son domaine de compétences s’étend au-delà de la vaccination de l’enfant à toutes les maladies évitables par la vaccination. Le SAGE s’est réuni du 6 au 9 novembre 2007 à Genève et son rapport est en ligne dans le REH du 4 janvier 2008.

Ce comité formule des recommandations pour tenter de résoudre le problème de la polio en Inde par des solutions vaccinales, en particulier en introduisant le VPI (vaccin polio injectable) pour accélérer l’éradication en Inde alors qu’il a toujours été dit que c’était le vaccin oral (VPO) qui était le vaccin de l’éradication : en effet, le vaccin injectable ne crée aucune immunité au niveau intestinale et de ce fait n’empêche pas la circulation du virus. Il peut seulement protéger l’individu des conséquences d’une contamination. A se demander s’ils ne se prennent pas un peu les pieds dans le tapis, jugez plutôt :

«  La réunion a constaté un large appui pour mener à son terme l’éradication, en ajoutant le VPI de façon à accélérer l’éradication en Inde, en cessant l’utilisation systématique de VPO dans le monde une fois le poliovirus sauvage éradiqué et en élargissant l’utilisation du VPI pour protéger les populations futures de la réémergence du poliovirus. 

Le SAGE a souligné l’importance qu’il y a à évaluer avec soin tout changement au niveau des politiques dans les pays exempts de poliomyélite à l’heure actuelle, notant qu’un passage du VPO au VPI augmenterait en fait la sensibilité aux poliovirus. »

Sur le même thème lire les autres articles de ce blog dans la catégorie polio.

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16 novembre 2007

L'Inde, ultime bastion de la polio ?

A la fin de l’année 2005 l’OMS se montrait très optimiste pour l’élimination de la polio en Inde : constatant qu’il avait été observé seulement 67 cas de polio dans cet immense pays, tous concentrés dans les Etats les plus pauvres du nord, l’Uttar Pradesh et le Bihar, l’OMS pronostiquait cette élimination pour 2006 et avançait qu’il faudrait une année supplémentaire au Nigeria pour faire de même afin de compenser l’année où la vaccination avait été interrompue. Un an plus tard, il fallut déchanter : l’Inde comptait 676 cas de polio et un virus venu de ce pays allait même provoquer une épidémie en Angola avec extension vers le Congo. Au 13 novembre 2007 on dénombre 367 cas de polio et, compte tenu des délais d’analyse par les laboratoires, il faudra sans doute attendre la fin février 2008 pour avoir le bilan définitif de l’année 2007 qui pourrait approcher les 450 cas. Bien sûr, ce sera sans doute nettement moins que les 676 cas de 2006 mais beaucoup plus qu’en 2005 et rien ne permet de dire que l’élimination des virus polio sauvage en Inde serait proche.

Malgré tout, l’OMS veut y croire, a l’obligation d’y croire, pour ne pas décourager les donateurs et les nombreux bénévoles. L’éradication de la polio, qui devait être définitivement bouclée en 2003, n’a que trop traîné et l’OMS sait qu’elle ne pourra indéfiniment maintenir son dispositif à bout de bras. Alors, elle se donne du courage et espère le transmettre. C’est ce qui ressort du dernier article publié dans le REH du 16 novembre 2007, « Progrès vers l’éradication de la poliomyélite : Inde, janvier 2006-septembre 2007. » Observez les dates choisies : elle évite d’incorporer l’année 2005 qui ferait apparaître ce progrès comme très relatif.

Pour contenir l’épidémie de 2006, essentiellement provoquée par le poliovirus de type 1, l’Inde avait utilisé le vaccin oral monovalent de type 1 (le VPOm1) jugé beaucoup plus efficace que le vaccin trivalent VPOt. L’OMS note avec satisfaction une diminution de 80% des cas de type 1 au cours du premier semestre 2007 par rapport à 2006 mais doit aussi reconnaître l’apparition d’une flambée par le poliovirus de type 3 avec 241 cas notifiés à ce jour. A croire qu’un virus chasserait l’autre ?

Dans un communiqué du 5 novembre, l’OMS considère cependant que le vrai challenge pour l’éradication de la polio est d’éliminer le poliovirus de type 1 de l’état de l’Uttar Pradesh au nord de l’Inde : « Si le type 1peut être éliminé de l’Uttar Pradesh, nous pourrons définitivement affirmer que la guerre contre la polio peut être gagnée ». C’en est donc fini à l’OMS de considérer le Nigeria comme le mauvais élève de la classe, le fauteur de trouble qui aurait empêché d’annoncer plus tôt la fin de la polio. La difficulté essentielles est bien concentrée au nord de l’Inde.

Un virus polio sauvage tout près du siège de l’OMS !!!

L’éradication des virus polio risque d’être encore plus difficile que prévue puisque les autorités suisse viennent de faire connaître qu’un virus polio sauvage avait été découvert dans des eaux usées à Genève, siège de l’OMS, au cours d’un prélèvement effectué le 13 août 2007. L’OMS, dans un communiqué du 12/11/07, reste convaincue qu’il n’existe pratiquement pas de risque épidémique mais cette découverte confirme bien que la disparition totale de ces virus ne sera pas chose aisée. Le virus est apparenté au virus circulant au Tchad.

En juillet 2007 un virus polio sauvage avait été isolé en Australie chez un étudiant pakistanais qui avait été infecté au Pakistan. En 2006, un enfant originaire du Nigeria et infecté dans son pays s’était déplacé à Singapour où son infection avait été découverte. Ces 2 cas n’ont donné lieu à aucune épidémie locale.

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29 octobre 2007

Le syndrome post-polio et la vaccination


Après avoir fait une polio, beaucoup d’anciens malades seraient atteints par le syndrome post-polio se manifestant pas une fatigue chronique très difficile à soigner. Cela serait connu depuis 1980. Mais d’autres observations relateraient que ce syndrome pourrait aussi être une conséquence des vaccinations contre la polio, tout particulièrement le vaccin oral. Cet article va présenter ces 2 aspects qui ne s’opposent nullement.

Le Syndrome post-polio

Il est présenté par Christopher J. Rutty dans son étude Brève histoire de la polio. Il écrit que si l’éradication de la polio réussi tout ne sera pas terminé pour autant : « cette maladie restera un important défi personnel, médical, financier et politique pendant de nombreuses années à venir. Les malades qui ont été atteints de poliomyélite au cours du siècle dernier portent en eux un héritage vivant de cette maladie. C’est tout particulièrement le cas d’une grande partie de ceux qui ont lutté, ou vont lutter, contre ses effets tardifs, connus sous le nom de syndrome post-polio (SPP). »

Identifié à la fin des années 1970, le SPP est une affection chronique qui pose de sérieux problèmes aux survivants de la polio et à leurs médecins. Il se définit par un ensemble de symptômes parmi lesquels faiblesse, fatigue, intolérance à la chaleur ou au froid, troubles de la déglutition, de la respiration ou du sommeil. Ils se développent chez les patients atteints de polio paralytique. Ces symptômes sont appelés « atrophie musculaire post-polio » lorsqu’ils entraînent une atrophie progressive des muscles.

Selon cette étude on estime qu’environ la moitié des survivants de la polio ont ou vont développer le SPP. Le syndrome s’est également développé parmi les malades atteints de polio bénigne, voire qui n’avaient pas conscience d’être malades du tout.

« La cause principale du SPP est la sur-utilisation, ou la surcompensation des neurones moteurs endommagés par la polio par des neurones sains. Pendant la phase initiale de guérison, à différents degrés, de nouvelles connections nerveuses s’établissent pour compenser les connections endommagées avec les muscles volontaires. Au fil du temps, suite à une tension mentale et physique inhabituelle pour retrouver un mode de vie normal, les cellules nerveuses saines portent un poids supplémentaire et s'épuisent souvent plus vite qu’elles ne le devraient, générant ainsi les symptômes associés que sont la faiblesse, la paralysie et la douleur, très similaires à la polio originale. Des efforts mentaux supérieurs sont nécessaires pour obtenir un même niveau de contraction musculaire.»

L’auteur conclut ainsi :

« ce syndrome va devenir un défi mondial important. Sans aucun doute, pour un monde définitivement sans polio, l’éradication définitive du syndrome post-polio est, elle-aussi, indispensable.

Et si les vaccinations provoquaient aussi le SPP ?

Pourtant, si la seule cause de ce syndrome était la polio paralytique on devrait en déduire qu’à terme il devrait aussi disparaître avec les dernières victimes de cette maladie. Mais si la vaccination peut aussi en être la cause, alors, le problème devient soudain beaucoup plus compliqué. Et c’est bien ce que laisse craindre le Dr William Campbell Douglas dans un article traduit par ALIS « Chronic fatigue syndrome : the hidden polio epidemic »

«  Nous avons maintenant, écrit-il, un document qui émane des annales de l’Académie des Sciences de New York et qui indique de façon absolue que la polio n’a absolument pas disparu, mais qu’elle se manifeste sous la forme du syndrome de fatigue chronique qui est la forme moderne de la polio.» La polio se contracte en ingérant des virus polio, lesquels se dirigent vers l’intestin grêle où ils se reproduisent. Avec les vaccinations, en particulier le vaccin oral, les virus de la polio habituels ont été remplacés par des virus de la même famille appelés virus Coxsackie.

Cette nouvelle polio avait pour cause le remplacement des virus de la polio par leurs frères les virus Coxsackie. Comme les chercheurs n’ont pas fait la relation tout de suite, on a appelé ces cas de nouvelle polio « syndrome post-polio », « syndrome de fatigue chronique », « myalgie encéphalomyélitique ».

Les neurologues et les vaccinateurs nient le caractère ubiquitaire de la polio. Les généralistes, les médecins de médecine interne, n’étaient pas au courant des recherches sur la polio des années 1950 et les pédiatres ne s’en préoccupaient absolument pas, car le syndrome de fatigue chronique est une maladie de l’adulte – « la paralysie infantile », nom que l’on donnait à la polio, est devenue aujourd’hui « parésie des adultes » (faiblesse musculaire). On sait aujourd’hui que le syndrome de fatigue chronique n’est pas une nouvelle maladie mais une forme avortée de la polio paralytique, il n’y a aucun doute là-dessus. »

« Il est grandement évident que Salk et Sabin n’ont fait que créer une épouvantable confusion dans le monde médical en modifiant la poliomyélite,. La sclérose en plaques (SEP), la sclérose latérale amyotrophique (SLA), le syndrome de fatigue chronique (SFC), le syndrome de Gilles de la Tourette, les dysfonctionnements dans l’apprentissage, le syndrome de Guillain Barré, l’épilepsie idiopathique et des tas d’autres pathologies neurologiques sont très certainement des formes de polio induites par les vaccins polio. »

Lire l’ensemble de l’étude sur le site d'ALIS

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30 septembre 2007

Le vaccin mettra-t-il l'éradication de la polio en échec ?

Le 28 septembre 2007 l’OMS publie le REH de la semaine (Relevé épidémiologique hebdomadaire, publication en anglais et en français) sur les effets pervers des poliovirus vaccinaux véhiculés par le vaccin polio oral, le VPO. Le vaccin oral est le seul considéré comme adapté pour l’éradication de la maladie.

Ce REH fait le bilan des poliovirus dérivés des souches vaccinales (les PVDV) entre janvier 2006 et août 2007. Ces virus, qui sont devenu la hantise de l’OMS, se forment par recombinaison d’un virus polio vaccinal avec un autre entérovirus, les virus polio étant eux-mêmes des entérovirus. Ces nouveaux virus peuvent alors circuler pendant 10 ans à bas bruit puis se révéler soudain en provoquant des paralysies analogues à celles des poliovirus sauvage (PVS). Ils peuvent aussi avoir la même capacité de circulation que les PVS, on les nomme alors PVDVc, c comme circulants. Autrement dit ils peuvent devenir aussi redoutables que les virus sauvages. En fait, le seul moyen de distinguer les PVDV des PVS est l’examen micro-biologique fin réalisé par un laboratoire de haut niveau. L’examen clinique des manifestations observées ne permet pas de différencier ces virus.

L’épidémie de polio vaccinale au Nigeria

Ce REH révèle en particulier, page 338, que 69 cas confirmés de paralysie associés à un PVDVc de type 2 ont été détectés dans 9 Etats du nord du Nigeria. C’est d’autant plus navrant que le poliovirus sauvage de type 2 ne circule plus depuis de nombreuses années et est pratiquement considéré comme éradiqué de la planète. Mais comme le vaccin utilisé contient encore le type 2 devenu inutile ce type est ainsi réintroduit sous sa forme vaccinale et à donc provoqué une épidémie d’origine vaccinale qui aurait pu être évitée. L’OMS a réussi à faire produire par l’industrie des vaccins polio monovalents mais leur usage n’a pas été suffisamment généralisé et leur introduction trop tardive. Cela se paie comptant.

D’ailleurs, les conséquences de cette épidémie pourraient aller bien au delà car le nord du Nigeria est très sensible aux inconvénients du VPO : en août 2003 les Etats du nord et en particulier l’Etat de Kano avaient refusé une campagne de vaccination polio organisée par l’Unicef, affaire qui avait fait très grand bruit et avait été considérée à l’époque comme pouvant remettre en cause le programme d’éradication de la polio. Elle avait provoqué une mobilisation générale au plus haut niveau afin de contraindre les Etats récalcitrants à rentrer dans le rang. Il est vrai qu’ils avaient avancé des arguments douteux sans faire usage des arguments sérieux à l’encontre de cette vaccination et qui sont ceux qui apparaissent ici et étaient déjà connus à l’époque. Il est également vrai que si la vaccination pourrait ne pas permettre de venir à bout de la polio dans le monde, l’absence de vaccination ne sera pas suffisante non plus ! Petit détail que les Etats du nord du Nigeria avaient un peu oublié…Cependant, il est évident que cette épidémie vaccinale pourrait relancer la méfiance des autorités et des populations à l’encontre de ce vaccin avec toutes les conséquences pour le programme de vaccination de l’OMS et pas seulement contre la polio.

D’autant plus que cette épidémie ne se limite pas aux 69 cas confirmés de paralysie puisque le REH nous apprend que 24 isolements supplémentaires de type 2 ont été recueillis et que tout indique qu’il y aura d’autres cas qui seront confirmés bientôt car tous étaient très proche de la souche vaccinale Sabin de type 2. Près de la moitié des PVDVc isolés au cours de ce malheureux épisode ont été observés dans l’Etat de Kano où circulent les PVS de type 1 et 3 mais pas le type 2 qui ne semble plus exister que sous forme vaccinale ou dérivé de cette forme. Deux cas ont également été observé au Niger dans la zone frontalière avec le Nigeria.

Très préoccupant : de nouvelles lignées de virus

Mais plus inquiétant encore, des études poussées ont mis en évidence l’existence d’au moins 7 lignées génétiquement distinctes parmi ces PVDVc. Autrement dit la formation de ces virus se serait produite au moins 7 fois de façon indépendante en 2005 et 2006, ce qui prouve que le phénomène n’aurait rien d’exceptionnel et que l’on doit donc s’attendre non seulement à d’autres cas provenant des lignées en cours mais à la formation de nouvelles lignées. Et c’est bien cela le plus préoccupant. Le cas le plus récent est apparu le 17 août 2007. Des campagnes de vaccination par le VPO trivalent ont été menée en février et novembre 2006 ainsi qu’en janvier, mars et septembre 2007. On peut s’étonner de l’entêtement des vaccinateurs à poursuivre l’utilisation de ce vaccin trivalent aujourd’hui inutile et ce malgré ses conséquences désastreuses parfaitement identifiées. Certes, les vaccins monovalents de type 1 et de type 3 ont aussi été utilisés mais ils n’ont pas le pouvoir de supprimer les PVDV de type 2 que le trivalent aura pu lâcher encore tout récemment dans la nature pour, peut-être, provoquer de nouvelles lignées qui deviendront dangereuses dans quelques temps… Il y a là une irresponsabilité notoire de la part de l’OMS alors que le phénomène est connu depuis longtemps et a été à l’origine de la création des vaccins monovalents. L’OMS avait pourtant beaucoup insisté pour cela malgré les réticences de l’industrie.

Deux cas ont également été observé au Cambodge avec un PVDVc de type 3 et quatre cas au Myanmar avec un PVDVc de type 1.

Les virus vaccinaux chez les immunodéprimés

Mais un autre problème est apparu avec les PVDV qui se développent sur des individus ayant des déficits immunitaires. L’intestin de ces personnes devient ainsi une véritable usine à virus qui sont chaque jour lâchés dans la nature par les eaux usées et peuvent contaminer d’autres personnes n’appartenant pas forcément à l’entourage. On nomme ces virus PVDVi et comme certains procèdent des 2 catégories on les désigne alors comme ambigus avec le sigle PVDVa.

Des PVDVi de type 2 et 3 ayant entraîné un décès ont été observés en Chine en 2005 et 2006 alors qu’il n’y a plus de polio à virus sauvage dans ce pays. Deux enfants originaires d’Egypte ont été infectés par des PVDVi de type 3, l’un en est mort. Deux décès liés à des PVDVi ont été notifiés en Iran. Enfin, des PVDVa ont été observés en Chine et en Israël dans la région de Tel Aviv.

Pour l’OMS la cause de tous ces cas provoqués par des virus issus des campagnes de vaccination par le VPO est une couverture vaccinale insuffisante et la réplique consiste à lancer de nouvelles campagnes par le VPO ! Eh oui, pourquoi y a-t-il des PVDV ? Parce qu’on utilise le VPO. Et comment remédier aux méfaits des PVDV ? En utilisant le VPO ! Les Shadocks n’auraient pas dit mieux !!!

 

Ainsi, l’OMS est conduite à recommander une stratégie quelque peu contradictoire :

 

1- limitation du risque d’émergence et de propagation de PVDV par un renforcement de la vaccination systématique dans les pays peu performants.

2- mise au point de stratégies d’élimination des infections à PVDVi à travers la mise en place de nouveaux médicaments antiviraux.

3- perfectionnement de stratégies visant l’arrêt définitif de tous les usages du VPO de manière synchronisée, dès que possible après l’éradication dans le monde entier du poliovirus sauvage.

Différence entre les PVDVc et les PVDVi

L’OMS note que les premières descriptions de PVDVi sont venues de pays à haut revenu (Europe occidentale, Amérique du Nord et Japon) et que plus récemment des pays à revenu moyen comme la Syrie, l’Argentine, le Kazakhstan, l’Iran et la Thaïlande ont détecté des cas. Pour l’OMS,

« la détection répétée de PVDV souligne les risques permanents d’émergence de PVDV aussi longtemps qu’on utilisera le VPO. A la différence des PVDVc, dont l’émergence peut être prévenue par de forts taux de couverture par le VPO, un PVDVi peut théoriquement apparaître à chaque fois qu’une personne atteinte d’un déficit immunitaire primaire est exposée au VPO en recevant ce vaccin ou en étant en contact avec une personne vaccinée. La seule façon de prévenir de nouvelles infections à PVDVi est de mettre fin à l’usage du VPO. »

L’OMS tente aussi, dans sa communication médiatique, de minimiser le problème. Ainsi, la porte-parole de l’OMS pour la polio, Sona Bari a déclaré :

 « Le risque du poliovirus sauvage est tellement plus élevé pour nos enfants que le risque associé à la vaccination. Le vaccin peut provoquer une paralysie, mais le risque en est minime. La flambée (en cours au Nigeria) est certes plus importante que ce que l’on aurait imaginé. Il y a 69 cas, il ne faut pas oublier qu’au même moment, le Nigeria est confronté à 2 000 cas de poliomyélite due au virus sauvage ».

Notons simplement que selon le site officiel consacré à l’éradication de la polio, le nombre de cas notifiés au Nigeria de janvier 2007 au 25 septembre est de 191.

Pourra-t-on arrêter le VPO ?

La condition posée par l’OMS est l’élimination du poliovirus sauvage, ce qui permettrait d’envisager l’arrêt coordonné du VPO. Espérons que cela se réalise bientôt, mais que va-t-il alors se produire ? L’OMS le sait bien, les virus vaccinaux abondamment répandus dans les intestins des êtres humains par les énormes et incessantes campagnes de vaccination -et ce n’est pas fini- vont continuer de circuler entre les individus ou de se multiplier chez les personnes immunodéprimées. Elle sait que ces opérations peuvent se dérouler silencieusement pendant 10 années et peut-être plus, pour voir soudain émerger des virus aussi dangereux que les virus sauvages qu’elle aura eu tant de difficultés à éradiquer. Ces virus pourront provoquer des épidémies qui toucheront des populations d’enfants qui n’auront pas été vaccinés par le VPO et seront donc vulnérables selon les critères de l’OMS.

Il existe le vaccin injectable, le VPI, qui n’est pas à virus vivant, mais il coûte beaucoup plus cher, pose le problème de la piqûre et des seringues et interdit l’usage de bénévoles pour mener les campagnes de vaccination. Aussi, en cas d’épidémies de PVDV, il est prévu de recourir à des campagnes localisées de vaccination par le VPO qui pourront donc relancer de nouvelles lignées de PVDV etc. Ce cercle infernal pourra-t-il s’arrêter un jour ? Rien n’est moins sûr. En 1988 l’OMS avait fait miroiter aux Etats du monde l’espérance que l’éradication de la polio, prévue pour l’an 2000, permettrait de faire de substantielles économies en n’ayant plus la charge d’enfants paralysés et en interrompant la vaccination polio comme cela fut fait pour la vaccination antivariolique. Rien ne permet de dire que cela sera possible à terme.

En fait, la seule façon de traiter en profondeur le problème de la polio et des entérovirus est le traitement des eaux usées pour éviter aux populations d’avoir à consommer de l’eau polluée par des excrément humains véhiculant ces virus. C’est de plus en plus clair et le programme d’éradication de la polio est visiblement en train de s’enliser.

Articles sur le même thème :

Voir les articles de la catégorie polio sur ce blog ainsi que http://www.wikio.fr/news/Vaccination

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10 septembre 2007

L'eau, trésor de vie

Voici un extrait du long communiqué mis en ligne sur le site de l’OMS www.who.int/fr sur le problème crucial de l’eau potable et de l’assainissement des eaux usées dans le monde. J’en ai souvent parlé dans ce blog à propos de la polio (voir catégorie polio). Ce communiqué parle de certaines maladies qui pourraient être vaincues ou du moins considérablement réduites si le problème de l’eau était mieux traité (paludisme par exemple) mais ne fait aucune allusion à la polio alors que l’essentiel de sa propagation est lié à l’eau souillée par des excréments humains.

Qu’il soit une fois de plus permis de penser et d’écrire que si les sommes considérables et les trésors de dévouements et d’énergies qui ont été et seront encore mobilisés dans les campagnes d’éradication de la polio par la vaccination avaient été investies dans « l’eau, source de vie » la santé mondiale aurait accompli un pas immense et des centaines de millions de gens vivraient beaucoup mieux aujourd’hui.

Extrait  communiqué OMS :

Célébration de la décennie internationale d'action "L'eau, source de vie", 2005-2015

« Nous ne pourrons venir à bout du SIDA, de la tuberculose, du paludisme et des autres maladies infectieuses qui affligent le monde en développement que lorsque nous aurons remporté la bataille de l’eau potable, de l’assainissement et des soins de santé primaires. »
Kofi Annan, Secrétaire général des Nations Unies

La décennie 2005 - 2015 doit impérativement être mise à profit pour focaliser l’attention du monde sur cette évidence qui devrait aller de soi : l’eau, source de vie. Vous témoignerez de votre engagement personnel en organisant des manifestations autour de la Journée mondiale de l’eau mais tout devra aussi être fait dans les années 2005 à 2015 pour sensibiliser l’opinion à l’urgence des objectifs à réaliser. Il est essentiel que toutes les manifestations et les voix qui se feront entendre dans toutes les occasions contribuent à renverser une situation devenue inacceptable en mobilisant de nouvelles énergies et des engagements nouveaux.

Chaque année, plus d’un milliard d’être humains n’ont guère d’autre choix que d’utiliser de l’eau potentiellement dangereuse. Ainsi se perpétue sans bruit une crise humanitaire qui fait chaque jour 3900 victimes parmi les enfants et compromet la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Notre échec collectif face à ce problème amenuisera les perspectives d’avenir des milliards de personnes saisies dans une spirale de pauvreté et de maladie.

Les causes de cette catastrophe sous-jacente résident dans ces simples chiffres et les faits terribles qu’ils recouvrent : 4 personnes sur 10 dans le monde n’ont pas accès ne serait-ce qu’à de simples latrines à fosse et près de 2 personnes sur 10 sont privées d’eau potable. Pour aider à mettre fin à cette situation choquante, l’une des cibles (n° 10) incluses dans les OMD consiste à Réduire de moitié, d’ici à 2015, le pourcentage de la population qui n’a pas accès de façon durable à un approvisionnement en eau potable et à des services d’assainissement de base. Le groupe spécial sur l’Eau et l’assainissement du projet du Millénaire des Nations Unies a en outre reconnu récemment que le succès ou l’échec de tous les OMD dépendait du développement et de la gestion intégrés des ressources en eau car les personnes défavorisées, si elles sont privées d’eau, ne peuvent assurer leur subsistance.

La Décennie, L’eau, source de vie commence le 22 mars, Journée mondiale de l’eau 2005 ; c’est l’occasion ou jamais, en rappelant l’ampleur du problème, d’amener l’ensemble des acteurs concernés à appliquer des solutions valables. Quel que soit le type de manifestations que vous organiserez, nous espérons que le présent document, si modeste soit votre budget, contribuera à en accroître au maximum les effets.

Le site web de la Décennie www.un.org/waterforlifedecade est disponible.

L’eau, source de vie, grâce à votre action, marquera un tournant !

Pour les habitants de nombreuses régions du monde, comme en Europe et en Amérique du nord, il est naturel de faire couler l’eau de l’eau sûre et propre du robinet pour boire, cuisiner et se laver. Pourtant, plus d’un milliard d’êtres humains n’ont guère d’autre possibilité que d’utiliser de l’eau potentiellement dangereuse. Chaque année, les célébrations du 22 mars – Journée mondiale de l’eau – témoignent de l’action continue menée pour promouvoir l’accès à de l’eau potable et à des installations sanitaires. Elles servent de tremplin aux mesures destinées à sensibiliser l’opinion aux problèmes relatifs à l’eau, à stimuler le débat et à appeler l’attention sur les dangers qui résultent du manque d’accès à une eau sûre et à des services d’assainissement de base.

Les années de 2005 à 2015 seront déterminantes : le moment est venu d’intensifier les mesures de sensibilisation et l’action sur le terrain. L’Assemblée générale des Nations Unies a proclamé cette période Décennie internationale d’action, L’eau, source de vie, à compter du 22 mars, Journée mondiale de l’eau 2005. La décennie aura pour objectif d’appeler davantage l’attention sur les problèmes liés à l’eau dans le monde, tout en visant à garantir la participation des femmes aux activités de développement concernant l’eau, et la poursuite de la coopération à tous les niveaux.

L’eau et l’assainissement

  • Quelque 2,6 milliards de      personnes n’ont pas accès à des services d’assainissement de qualité, soit      42% de la population mondiale.
  • Plus de la moitié des      personnes privées d’installations sanitaires de qualité – près d’1,5      milliard – vivent en Chine et en Inde.
  • En Afrique subsaharienne,      36% de la population au plus ont accès à des installations sanitaires.
  • Dans les pays en      développement, 31% seulement des ruraux ont accès à des installations      sanitaires de qualité, contre 73% des urbains.
  • Pour atteindre la cible      fixée concernant l’assainissement, 370 000 personnes supplémentaires par      jour devront avoir accès à des installations sanitaires de qualité d’ici à      2015.

L’eau et l’égalité des sexes

  • En réduisant le temps      perdu, en améliorant la santé et en réduisant les soins à dispenser aux      malades, l’amélioration des services d’approvisionnement en eau laisse      plus de temps aux femmes pour pratiquer des activités productives, suivre      des cours pour adultes et avoir des loisirs.

L’eau, la pauvreté et la faim

  • La sécurité des moyens de      subsistance d’un ménage dépend de la santé de ses membres ; des adultes      malades ou obligés de soigner des enfants malades sont moins productifs.
  • Les maladies dues à de      l’eau contaminée et l’inadéquation des installations sanitaires entraînent      des dépenses de santé importantes par rapport au revenu des personnes      démunies.
  • Les personnes en bonne      santé métabolisent mieux les nutriments présents dans les aliments que les      personnes atteintes de maladies d’origine hydrique, en particulier les      helminthiases, qui privent les malades de leur énergie.
  • Le temps perdu en raison      des distances à parcourir pour aller puiser de l’eau et de la mauvaise      santé est un facteur de pauvreté et d’insécurité alimentaire.

L’eau et la santé

  • 1,8 million de personnes,      dont 90% sont des enfants de moins de 5 ans, meurent chaque année de      maladies diarrhéiques (et notamment du choléra), principalement dans les      pays en développement.
  • 88% des maladies      diarrhéiques sont imputables à de l’eau contaminée, à l’inadéquation des      installations sanitaires et à une hygiène insuffisante.
  • L’amélioration de      l’approvisionnement en eau réduit la morbidité due à la diarrhée de 6 à      25% ; si l’on tient compte des cas graves, l’amélioration des      installations sanitaires réduit la morbidité due à la diarrhée de 32%.
  • Les interventions telles      que l’éducation en matière d’hygiène et les mesures pour encourager les      gens à se laver les mains peuvent entraîner une réduction des cas de      maladies diarrhéiques pouvant atteindre 45%.
  • L’amélioration de la      qualité de l’eau de boisson moyennant le traitement de l’eau à usage      domestique, comme la chloration avant l’utilisation, peut se traduire par      une réduction de 35 à 39% des épisodes de diarrhée.
  • L’amélioration de l’accès à      des sources d’eau sûre et l’amélioration de l’hygiène peuvent réduire la      morbidité liée au trachome de 27%.
  • Le paludisme fait chaque année 1,3 million de victimes, dont 90% sont des enfants de moins de 5 ans ; une meilleure gestion des ressources en eau réduit la transmission du paludisme et d’autres maladies à transmission vectorielle.
  • On estime à 160 millions le      nombre des personnes atteintes de schistosomiase ; des mesures      d’assainissement de base peuvent entraîner une réduction de la maladie      pouvant atteindre 77%. En Afrique, irrigation et transmission de la      schistosomiase vont quasiment de pair.
  • Au Bangladesh, entre 28 et      35 millions de personnes consomment de l’eau de boisson à forte teneur en      arsenic. Pour remédier à cela, il convient de trouver d’autres sources      d’eau pauvres en arsenic ou de traiter l’eau.
  • Le manque de fiabilité des      systèmes d’approvisionnement en eau potable a encouragé le stockage d’eau      à domicile, ce qui favorise souvent la reproduction des moustiques Aedes,      vecteurs de la dengue. Des flambées de dengue se sont ainsi rapidement      propagées dans le monde, passant des milieux ruraux aux établissements      ruraux.
  • Le traitement et l’évacuation      appropriée des eaux usées favorisent la conservation de l’écosystème et      réduisent la pression sur les ressources peu abondantes en eau douce. Une      utilisation responsable des ressources en eau prévient la contamination      des eaux souterraines et aide à réduire au maximum le coût de l’épuration      des eaux.
  • L’eau potable et les installations sanitaires      de base aident à prévenir les maladies transmises par l’eau, et notamment      les maladies diarrhéiques, la schistosomiase, la filariose, le trachome et      les helminthiases.
  • La fiabilité de      l’approvisionnement en eau de boisson et l’amélioration de la gestion de      l’eau dans les établissements humains réduisent les risques de transmission      du paludisme et de la dengue*.

* J’ajoute que la dengue (où les dengues car il y a 5 virus de la dengue) a le même processus de diffusion que la fièvre jaune par les mêmes moustiques. S’il n’existe pas de vaccin contre la dengue, il y en a un contre la fièvre jaune. Est-ce pour cette raison que la fièvre jaune n’est pas mentionnée ici ? Voir aussi sur ce blog les articles de la catégorie fièvre jaune.

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04 septembre 2007

Polio au Congo par un virus indien

Dernière nouvelle : pendant plusieurs années l’OMS a répété que c’était l’interruption des campagnes de vaccination* au nord du Nigeria en 2003-2004 qui était responsable du fait qu’elle n’avait pu annoncer la fin de la transmission du virus polio sauvage dans le monde. En 2006 un virus d’origine indienne a provoqué plusieurs cas de polio en Angola et il continue encore aujourd’hui à se propager en Afrique, au delà de l’Angola, puisqu’il a fait officiellement 28 victimes en date du 28 août :

Rapport de situation mensuel de l' Initiative mondiale pour l'éradication de la polio: 28 août 2007

« Angola et République démocratique du Congo : En 2007, 10 cas ont été signalés en Angola et 28 en République démocratique du Congo car le poliovirus sauvage d’origine indienne se transmet toujours. Les deux pays entreprennent des activités de vaccination supplémentaires, les plus récentes ayant eu lieu le 25 juillet. Des améliorations s’imposent en ce qui concerne la qualité des campagnes et la surveillance de la PFA dans les deux pays. » (PFA paralysie flasque aiguë)

*

*Je ne soutiens pas pour autant l’initiative très malheureuse lancée en 2003 par certains dirigeants du nord du Nigeria, en opposition avec le président du Nigeria. Ils soutenaient que ces campagnes de vaccination étaient orchestrées par l’Occident et tout particulièrement les Américains et étaient dirigées contre les musulmans. Ils ont d’abord avancé que les vaccins contenaient des substances pour leur donner le cancer ou le sida puis pour stériliser les populations…Les vaccins antipolio oraux utilisés au cours des campagnes d’éradication ont de graves défauts, tout particulièrement en pouvant donner de nombreuses années après des virus capables de déclencher des polios paralysantes et de circuler comme les virus sauvages. L’OMS n’est pas la dernière à l’avoir souligné et cette propriété pourrait faire capoter le programme d’éradication. Ces dirigeants du nord du Nigeria ont eu le grand tort d’inventer des arguments qui n’existaient pas et ont été incapables de faire usage des arguments sérieux à l’encontre de ce vaccin et qui pourraient faire préférer une véritable action en faveur du traitement des eaux usées. Vaste programme, mais programme INDISPENSABLE et sans cesse repousser. Des sommes considérables ont été et vont être investies dans les campagnes d’éradication contre 3 virus alors que le traitement de l’eau éviterait la contaminations des enfants et des adultes par des dizaines d’entérovirus responsables de nombreuses maladies redoutables contre lesquelles il n’existe pas de vaccins. A-t-on fait le bon choix ?

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16 août 2007

Eradication de la polio : l'OMS en plein doute

J’en parlais déjà dans les articles précédents sur l’éradication de la polio (voir la catégorie polio). Mais l’OMS confirme par une annonce en page d'accueil : Poliomyélite, le dernier Bulletin analyse les nouveaux obstacles à son éradication en anglais). En voici le résumé en français :

Eradication de la poliomyélite à l’échelle mondiale : il faut « finir le travail »

« Le terme fixé pour l’éradication de la poliomyélite, à savoir l’année 2000, est dépassé depuis sept ans et l’objectif est encore hors de portée. En 2006, malgré les efforts internationaux coordonnés, aucune avancée majeure n’a été enregistrée dans l’endiguement du poliovirus, qui se maintient dans quelques poches d’endémie de quatre pays. Le programme d’éradication de la poliomyélite doit faire face à de nouveaux obstacles : importation et ré-émergence de la maladie, échec de la mobilisation politique et communautaire. Il faut aussi surmonter le découragement des professionnels et des volontaires dans le domaine sanitaire, les doutes quant à l’efficacité du vaccin antipoliomyélitique oral, l’inflation permanente des coûts programmatiques et les difficultés grandissantes pour financer les interventions.

Le présent article expose la stratégie actuellement appliquée pour éradiquer la polio, puis analyse les problèmes existants et les solutions pour y répondre. Selon l’auteur, il serait nécessaire de modifier et de compléter de façon conséquente cette stratégie pour en établir une nouvelle, intégrant plusieurs volets et s’adaptant spécifiquement aux différentes zones touchées, de manière à pouvoir finaliser l’oeuvre d’éradication. Les modifications et les apports à la stratégie d’éradication pourraient donc comprendre une adaptation à la zone d’intervention, un développement du dialogue avec les communautés, un renforcement des actions de sensibilisation politique, une mise en œuvre plus poussée de la vaccination obligatoire, ainsi que l’utilisation du vaccin antipoliomyélitique inactivé dans les pays d’endémie avant même l’interruption de la transmission du poliovirus sauvage. Ces améliorations constitueraient, d’après l’auteur, le meilleur moyen d’atteindre le plus tôt possible l’éradication. »

Effectivement, malgré les vaccinations continuelles, les épidémies se poursuivent dans le nord de l’Inde et du Nigeria tout particulièrement (voir le site spécial www.polioeradication.org). La question déjà posée dans ce blog attend toujours une réponse positive : sera-t-il possible de vaincre les virus de la polio sans au préalable améliorer de façon très significative le problème des eaux usées contaminées par les excréments humains et qui viennent souiller les eaux consommées par les populations ?

L’OMS y croit-elle encore ? On peut commencer à se poser la question. Mais elle doit continuer à maintenir le moral des troupes sur le terrain ainsi que de ses bailleurs de fonds. Elle sait qu’en cas d’échec il lui serait extrêmement difficile de lancer d’autres programmes d’éradication qui attendent la fin de la polio. Affaire à suivre…

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06 juillet 2007

Eradication de la polio : Mobilisation vaccinale générale !

Le nouveau Directeur général de l’OMS Margaret Chan s’est personnellement investi dans l’éradication de la polio et entend peser de tout son poids pour y parvenir. Voici un résumé des arguments avancés par l’OMS pour mener l’éradication à son terme alors que certains commençaient à douter. Extraits :

L’argent

« Sans un apport urgent de capitaux internationaux, les chances que nous avons de mener à bien l’éradication de la poliomyélite pourraient s’évanouir à jamais … »

 

L’enjeu

« En juillet 2007, l’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite présentera un déficit de financement qui, s’il n’est pas épongé, obligera à réduire immédiatement les activités d’éradication prévues dans les pays encore infectés. Une réduction même temporaire de ces activités se solderait par la réinfection de zones auparavant exemptes du virus, des retards dans la riposte aux flambées épidémiques, une hausse considérable du nombre d’enfants paralysés et une augmentation de l’ensemble des coûts. Intervenant à un stade aussi tardif, ce déficit met en péril 20 années d’efforts en vue de l’éradication ainsi que leurs bénéfices respectifs en termes de vaccination systématique contre les maladies infantiles, de lutte contre les maladies transmissibles partout dans le monde, de préparation et de riposte, et d’autres activités sanitaires internationales en faveur de la survie des enfants. »

C’est clair, l’OMS joue son va-tout et sa crédibilité. L’échec compromettrait l’acceptation de ses futurs plans d’action. Par les populations mais aussi par les gouvernements.

Le contexte

« Dès 1999, l’Initiative avait permis de réduire de 99 % le nombre annuel des cas de poliomyélite et prouvé que l’éradication était faisable… La faisabilité technique de l’éradication des poliovirus sauvages a été confirmée en octobre 1999 lorsqu’à été dépisté le dernier cas de poliomyélite paralytique dû à un poliovirus sauvage de type 2 (1 des 3 types). Le fait que la maladie pouvait être éradiquée a été réaffirmé en 2002 lors de la certification de l’éradication des 3 types de poliovirus sauvages dans 3 des 6 Régions de l’OMS. En 2003, une réduction limitée des activités d’éradication a entraîné une très forte résurgence de la poliomyélite… »

Comme pour l’éradication de la variole l’OMS n’envisage à aucun moment que l’efficacité des campagnes de vaccination soit liée à des seuils de contamination : si la population n’est pas trop fréquemment et massivement contaminée la vaccination peut être suffisante mais au delà d’un certain seuil cela pourrait ne plus fonctionner (voir l’article sur l’éradication de la variole). Rien de plus logique et vraisemblable mais l’OMS semble insensible à cette logique.

L’abandon de l’éradication ?

« En 2006, des poliovirus autochtones étaient encore présents dans 4 pays, si bien que certains ont proposé que la campagne d’éradication soit abandonnée… Sous prétexte que mener à son terme l’éradication de la poliomyélite coûterait très cher par rapport au nombre restreint de cas encore observés et que les 4 pays d’endémie et les quelques pays réinfectés ne seraient pas en mesure d’appliquer pleinement les stratégies nécessaires, certains hauts responsables de la santé publique ont proposé que l’on renonce à l’éradication au profit d’un  contrôle efficace. Cette proposition a été faite à un moment où d’autres risques et problèmes, comme la lassitude des agents de santé et des volontaires après des années de campagnes, les lacunes de la surveillance et concurrence d’autres priorités du développement, retenaient de plus en plus l’attention au plan
international. »

Les arguments pour poursuivre l’éradication

« Une étude récente montre que passer à un « contrôle efficace » coûterait en fait plus cher que la poursuite des activités d’éradication…De nouvelles analyses confirment que le retour à la seule vaccination systématique se traduirait par plus de 200 000 cas nouveaux de paralysie infantile chaque année… »

De nouveaux outils pour espérer…

« Une étude récente a confirmé que les nouveaux vaccins antipoliomyélitiques monovalents (VPOm) mis au point en 2005-2006 grâce à un extraordinaire partenariat public-privé renforcent sensiblement l’impact des campagnes antipoliomyélitiques.7 A doses égales, la protection conférée par ces vaccins contre le type de virus présent dans un pays donné est plus de deux fois supérieure à celle conférée par le VPO trivalent classique. De nouvelles mesures réduisent le risque et les conséquences de nouvelles flambées épidémiques dans les zones exemptes de  poliomyélite…Dans les 4 derniers pays d’endémie, le chef de l’Etat est maintenant personnellement engagé dans les efforts fournis pour mener l’éradication à bien… »

Mesures à prendre dans l’immédiat : plus de vaccinations

« Seule une action immédiate de tous les partenaires de l’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite permettra de tirer parti des outils tactiques et engagements nouveaux destinés à accélérer les efforts d’éradication en 2007 et 2008. Dans les pays d’endémie, la priorité est d’accroître le nombre des enfants vaccinés à l’aide des nouveaux VPOm dans chaque district infecté au cours de chaque campagne. Au niveau international, il faut surtout assurer à l’Initiative le soutien financier et politique nécessaire à l’exécution de campagnes de vaccination et d’activités de surveillance d’une qualité optimale. »

L’OMS y croit toujours

« Après l’interruption de la transmission du poliovirus sauvage au niveau mondial, un montant supplémentaire de US $661 millions sera nécessaire pendant 3 ans pour la certification et la préparation de la période post éradication. »

En un mot, une seule solution la vaccination.

Rien sur le problème pourtant urgentissime dans ces régions touchée par la polio. Voir l’article « la poli-eau en Inde » dans la catégorie polio sur ce blog. Il ne s’agit pas d’être contre les vaccinations mais simplement de constater que l’excès de confiance dans les vaccinations, conduisant à vouloir résoudre de graves problèmes sanitaires par ce seul moyen, peut conduire à l’échec. A croire que pour l’OMS peu importerait que les enfants boivent une eau avec laquelle nous ne voudrions pas laver notre voiture. L’essentiel est qu’ils soient vaccinés et les maladies disparaitront !

Je pense qu’il y a là une dangereuse dérive. Ce n’est pas faire de l’anti-vaccinalisme que de le souligner. Je pense que l’intérêt premier de ces populations serait de bénéficier d’une eau un peu plus propre, ce qui nécessite le traitement des eaux usées. Ce ne serait pas une mince affaire. Ne pensons pas « yaka traiter les eaux usées ». Non ! 

En France ce problème n’est pas encore partout résolu et dans mon village la première tranche de travaux en ce sens a commencé en 1985. Nos sites touristiques ont été progressivement aménagés pour permettre aux touristes de ne pas répandre leurs entérovirus dans la nature en polluant les nappes phréatiques.

La tâche est immense, et d’abord par l’éducation des populations. Raison de plus pour ne pas s’attarder. Mais, pour des raisons de pr