La Question des Vaccins

Moins parler des vaccins et des vaccinations que du discours fait sur eux. Mettre l'expertise à la portée de chacun en montrant le décalage entre ce qui est connu et ce qui est dit.

04 avril 2008

Coqueluche : le HCSP rappelle les dangers du rappel à 6 ans !


Dans un avis qui vient d’être publié le Haut conseil de santé publique insiste sur l’importance de ne plus pratiquer la cinquième injection contre la coqueluche à l’âge de 6 ans en raison d’une exacerbation des effets secondaires et demande qu’elle soit repoussée à 11 ans. De même, si un rappel pour tous les adultes est maintenant recommandé à 26 ans il doit être le seul pour eux.

Le HCSP (Haut conseil de la santé publique) vient juste de mettre en ligne un nouvel avis sur la vaccination contre la coqueluche. Il est daté du 19 mars 2008 et produit par la Commission spécialisée sécurité sanitaire sur proposition du Comité technique des vaccinations. Il fait 6 pages et est disponible sur www.hcsp.fr   ( aller sur avis et rapports ). Ces avis peuvent être publiés librement mais dans leur intégralité. J’ai donc reproduit fidèlement ici tout ce qui concerne les recommandations. Pour ce qui est des justificatifs présentés pour ces recommandations j’en ai seulement cité et commenté certains que le lecteur pourra lire en intégralité sur le site du HCSP.

Pour les enfants la recommandation est de vacciner contre la coqueluche à 2, 3 et 4 mois puis de faire un rappel à 16-18 mois, ce qui fait 4 injections. Le problème porte sur la cinquième injection qui doit rester la dernière pour les enfants et adolescents, mais pas avant 11-13 ans, contrairement aux usages de beaucoup de médecins qui la font à 6 ans, ce qui peut aggraver les effets secondaires. Une ultime injection est désormais recommandé pour tous les adultes à 26-28 ans mais pas une de plus.

Les recommandations pour les enfants

«  Le Haut Conseil de la santé publique :

Rappelle que dans le schéma français de vaccination contre la coqueluche, la pratique d’un rappel à l’âge de 5-6 ans n’est pas recommandée. Les données épidémiologiques ne justifient pas cette pratique. Par ailleurs, la répétition des doses de vaccin coquelucheux acellulaire expose à une exacerbation des effets secondaires locaux.

Insiste sur l’importance de la recommandation d’un rappel coquelucheux à 11-13 ans chez tous les adolescents et recommande :

 

 - pour les enfants qui ont échappé à ce rappel à 11-13 ans, qu’un rattrapage soit pratiqué par l’administration d’un vaccin quadrivalent dTcaPolio* à l’âge de 16- 18 ans.

 

- pour les enfants qui ont reçu hors recommandation un rappel coquelucheux à l’âge de 5-6 ans, que le rappel coquelucheux de 11–13 ans soit différé et qu’un vaccin quadrivalent dTcaPolio soit proposé à l’âge de 16-18 ans. »

*Le dTCaPolio doit être distingué du DTCaPolio : le d minuscule pour la valence diphtérie désigne un vaccin contenant 6 fois moins d’anatoxine diphtérique que celui avec la majuscule utilisé sur les enfants en primovaccination.

Beaucoup de médecins profitent en effet d’une cinquième injection de DTP non obligatoire mais recommandée à l’âge de 6 ans pour faire en même temps un nouveau rappel pour la coqueluche. Ils croient certainement bien faire, pourtant, depuis plusieurs années les autorités vaccinales insistent pour que ce rappel ne soit pas effectué à ce moment là mais reporté à 11-13 ans. Les enquêtes ont montré qu’un tiers des enfants recevaient ce rappel de coqueluche à un moment jugé très inopportun. Pourquoi :

Essentiellement parce que la multiplication de rappels trop rapprochés peut être suivies d’une augmentation importante des risques comme l’indique le HCSP dans son avis :

« dans le schéma français de vaccination contre la coqueluche, la pratique d’un rappel à l’âge de 5-6 ans n’est pas recommandée.

- Les données épidémiologiques ne justifient pas cette pratique.

 - Par ailleurs, la répétition des doses de vaccin coquelucheux acellulaire expose à une exacerbation des effets secondaires locaux.

Très peu de données existent sur la tolérance des vaccins combinés contenant la valence coqueluche acellulaire au-delà de la cinquième dose, de sorte que les enfants ayant reçu, hors recommandation, un rappel coquelucheux à l’âge de 5-6 ans posent un problème particulier pour les injections suivantes. »

Un vaccin dangereux

Je doute cependant que de telles recommandations soient formulées aussi vigoureusement uniquement pour réduire des effets secondaires locaux !

Aujourd’hui, seuls les vaccins acellulaires sont utilisés en France. Développés au Japon dans les années 1970/80, ils comportent de 2 à 5 antigènes de Bordetella pertussis, le bacille de la coqueluche. Beaucoup plus coûteux que les vaccins à germes entiers on estime qu’ils ont une efficacité inférieure de 5 à 10% aux vaccins à germes entiers mais sont considérés comme ayant moins d’effets indésirables, ce qui ne suffit pas pour en déduire qu’ils seraient anodins car la barre avait été placée très haute par les vaccins à germe entiers. En effet, une étude de l’InVS publiée en 2004 les décrit ainsi :

« Des effets secondaires, locaux ou généraux sont fréquents et imposent la prescription systématique d'antipyrétiques 24 à 48 heures après l'injection. Les contre-indications définitives sont les encéphalopathies convulsivantes ou non, et une forte réaction à une injection préalable : fièvre supérieure ou égale à 40°C, choc, convulsions, syndromes des cris persistants survenant dans les 48 heures après l'injection. »

Selon le rapport du Conseil supérieur d’hygiène publique du 16 janvier 2004, les cris persistants (cris perçants, prolongés, inhabituels, spontanément rapportés par les parents) ont une interprétation variable. Les convulsions fébriles sont la conséquence de la fièvre et s’observent dans 1/2 000 à 1/10 000 vaccinations selon les pays. Elles justifient la prescription systématique d’antipyrétiques après vaccination et pendant 48 heures. Les états de chocs (anaphylaxie, choc avec hypotonie-hyporéactivité) sont très rares. Par contre, 2 grandes études épidémiologiques n'ont pas permis d’établir un lien statistique entre le vaccin à germe entier et la survenue d’encéphalopathies responsables de séquelles neurologiques permanentes. Les réactions rapportées après administration du vaccin coquelucheux à germe entier sont des réactions locales à type de nodule d’induration douloureux, d’érythème et/ou de douleur qui surviennent dans les heures qui suivent et s’observent dans 30 à 60 % des cas selon les essais et les vaccins, des réactions générales dominées par la fièvre.

Pour la même étude, les réactions locales observées avec le vaccin acellulaire sont à type de douleur, érythème et œdème au point d'injection dans les 48 heures suivant l'administration, et les réactions générales à type de fièvre, céphalées, nausées, malaise, irritabilité, dans les 48 heures suivant l'administration. Les essais comparatifs montrent que les réactions générales fébriles sont deux fois moins fréquentes avec les vaccins acellulaires. Chez les nourrissons toutefois ce gain en terme de tolérance s'amenuise en cas d'injection itérative. Des chocs avec hypotonie et hyporéactivité ont également été observés avec les vaccins acellulaires mais moins fréquemment.

Les vaccins coquelucheux qu’ils soient à germes entiers ou acellulaires sont contre-indiqués en cas d’hypersensibilité à l'un des composants du vaccin, d’encéphalopathies évolutives convulsivantes ou non, d'étiologie inconnue.

Au Canada voici un extrait d’une déclaration du CCNI (Comité consultatif national d’immunisation) sur le vaccin combiné dTCaPolio pour adultes et adolescents :

« Une réaction locale était l'effet le plus fréquent avec la douleur (89 %), alors qu'un érythème a été relevé dans 12 % des cas et une tuméfaction dans 17 % des cas. Ces réactions locales étaient généralement bénignes et passagères. Quand aux effets secondaires systémiques, ceux qui ont été observés étaient, par ordre décroissant de fréquence, les céphalées (39 %), une perte d'énergie (29 %), des douleurs généralisées (20 %), des nausées (15 %), des frissons (13 %), de la diarrhée (10 %), de la fièvre (9 %), des douleurs et un oedème articulaires (9 %) et des vomissements (2 %). Ces effets indésirables sont rarement sévères. »

Vacciner les futurs parents et la famille

Le HCSP rappelle la gravité de la coqueluche chez des nourrissons trop jeunes pour être vaccinés :

 « 1 688 cas de coqueluche chez les nourrissons de moins de 6 mois, 17 % d’hospitalisations en réanimation et 32 décès entre 1996 et 2005 dans le réseau RENACOQ qui recense environ 40 % des formes sévères en France. »

D’où la stratégie dite du cocooning qui vise à protéger les nourrissons trop jeunes pour être vaccinés, par l’immunisation de leurs parents et de leur entourage proche et qui sont majoritairement impliqués dans la contamination.

Pour le HCSP cette stratégie reste une priorité mais il reconnaît néanmoins, selon une enquête, que la vaccination n’est faite que dans 35 % des cas aux patients susceptibles de devenir parents, 30 % lors du début d’une grossesse et 25 % lors de la première consultation dans le post-partum. Cette vaccination est cependant à éviter pendant la grossesse.

« Ainsi, même si la promotion de cette stratégie pourrait être améliorée, son application sur le terrain reste délicate. Cette stratégie à elle seule a peu de chance d’atteindre les objectifs attendus du fait du faible taux de couverture vaccinale observé à ce jour. »

Adultes : rappel pour TOUS mais UNE seule fois !

En conséquence, le HCSP estime nécessaire l’adjonction d’une seconde stratégie de vaccination des adultes :

« Compte tenu du rappel à 11-13 ans, de la durée d’efficacité vaccinale et de la stratégie de cocooning pour les adultes ayant un projet parental ou lors d’une grossesse pour les futurs parents et la fratrie, un rattrapage coquelucheux à 26-28 ans chez l’adulte n’ayant pas reçu de vaccination contre la coqueluche au cours des dix dernières années permettrait de couvrir la quasi-totalité de la période de fécondité. »

Aussi, les recommandations du HCSP pour les adultes sont ainsi formulées :

« En conséquence, le Haut Conseil de la santé publique :

Insiste sur l’importance de la recommandation d’une vaccination avec le vaccin quadrivalent dTcaPolio des adultes ayant un projet parental et, à l’occasion d’une

grossesse, la mise à jour des vaccinations des membres de l’entourage (enfant non à jour pour cette vaccination, adulte n’ayant pas reçu de vaccination contre la coqueluche au cours des dix dernières années) selon les modalités suivantes :

- durant la grossesse, pour le père, la fratrie et, le cas échéant, l’adulte en charge de la garde du nourrisson pendant les 6 premiers mois de vie,

 - le plus tôt possible après l’accouchement pour la mère (l’allaitement ne constitue pas une contre-indication à la vaccination anticoquelucheuse),

- chez l’adulte, le délai minimal séparant une vaccination dTPolio de l’administration du vaccin quadrivalent dTcaPolio peut être ramené à deux ans.

Recommande la pratique d’un rattrapage coquelucheux chez l’adulte n’ayant pas reçu de vaccination contre la coqueluche au cours des dix dernières années, notamment à l’occasion du rappel décennal diphtérie-tétanos-polio de 26-28 ans, avec le vaccin quadrivalent dTcaPolio.

Rappelle en outre, qu’en l’état actuel des connaissances, notamment sur la durée de protection et la tolérance de doses répétées, il n'y a pas lieu d'administrer plus d'une dose de vaccin quadrivalent dTcaPolio chez l'adulte. »

Pour les professionnels de santé

On pourrait penser que ces recommandations ne justifient pas d’en rajouter pour les professionnels de santé, pourtant il y a en sus ces recommandations particulières :

« Le Haut Conseil de la santé publique recommande :

La vaccination contre la coqueluche par un vaccin quadrivalent dTcaPolio de l’ensemble des personnels soignants, y compris dans les EHPAD*, à l’occasion d’un rappel décennal dTPolio. Cette mesure s’applique aussi aux étudiants des filières médicales et paramédicales.

Le rattrapage des professionnels en contact avec des nourrissons trop jeunes pour avoir reçu trois doses de vaccin coquelucheux : personnel médical et paramédical des maternités, des services de néonatologie, de tout service de pédiatrie prenant en charge des nourrissons de moins de 6 mois et le personnel de la petite enfance. Pour ces personnes, le délai minimal séparant une vaccination dTPolio de l’administration du vaccin quadrivalent dTcaPolio peut être ramené à deux ans.

Qu’en cas de survenue de cas groupés en collectivité, le délai séparant une vaccination dTPolio de l’administration du vaccin quadrivalent dTcaPolio peut être ramené à un mois.

Le Haut Conseil de la santé publique rappelle en outre, qu’en l’état actuel des connaissances, notamment sur la durée de protection et la tolérance de doses répétées, il n'y a pas lieu d'administrer plus d'une dose de vaccin quadrivalent dTcaPolio chez l'adulte.»

Pour eux il ne s’agit donc pas de rajouter un rappel supplémentaire par rapport à l’ensemble de la population mais de l’effectuer soit plus tôt, soit plus tard s’il n’a pas été déjà fait et d’insister davantage encore sur celui-ci.

*EHPAD : établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes

Informer les médecins et le public :

L’avis se termine ainsi :

« Le Haut Conseil de la santé publique rappelle enfin, qu’en parallèle des recommandations, une politique de communication et de diffusion de l’information auprès du personnel médical en charge de la vaccination et du public est à mener. »

Autrement dit, le HCSP demande au pouvoirs publics non seulement d’informer les médecins et le public sur l’utilité de ces nouveaux rappels généralisés de coqueluche pour tous les adultes à 26-28 ans MAIS aussi sur la nécessité de contenir tout zèle excessif en les limitant à UN SEUL par adulte. De même il est demandé une action d’information pour supprimer en pratique le rappel de la coqueluche à 6 ans pour le reporter à 11-13 ans, MAIS à condition qu’il n’ait pas déjà été fait à 6 ans. Même avec une audience limitée j’espère participer ainsi à l’information réclamée par la HCSP.

Toutes ces précautions en disent long sur les inconvénients qu’il pourrait y avoir à passer outre.

Des Traitements aux actions limités et non dépourvus d’inconvénients

L’agent de la coqueluche étant une bactérie, des antibiotiques peuvent avoir une action. Selon l’InVS le traitement antibiotique reste indiqué dans les 3 premières semaines d'évolution et l'antibiotique de référence est l'érythromycine qui possède la meilleure efficacité clinique et bactériologique sur Bordetella pertussis. Il provoque des effets secondaires suffisamment importants pour provoquer des abandons de traitement (problèmes digestifs, sténose hypertrophique du pylore chez le nouveau-né …) et ne peut être recommandée que prescrit pendant 14 jours aux posologies de l’AMM.

 

La josamycine est mieux tolérée mais son action sur la coqueluche n’a fait l’objet que d’une seule étude. La clarithromycine et l’azithromycine, à durée de traitement raccourcie, sont jugés à privilégier. En cas d'allergies, le cotrimoxazole peut être utilisé mais son efficacité n'a pas été clairement établie et les pénicillines sont inefficaces.

Le traitement antibiotique permet de réduire rapidement la contagiosité et d'autoriser le retour en collectivité après 5 jours de traitement. Administré tôt, au début de la phase catarrhale, il permet parfois d'écourter la maladie, voire d'éviter la phase des quintes. Par contre, après le début des quintes, son effet sur l'évolution de la toux est nul. Il est indiqué dans les 3 premières semaines d’évolution.

Les autres thérapeutiques (salbutamol, corticoïdes...) restent discutées au cours de la coqueluche ou sont inutiles : fluidifiants, antitussifs. Chez le tout petit les calmants sont à éviter car inefficaces et dangereux en pouvant perturber sa respiration. Par contre, chez l’enfant plus âgé des sédatifs pour calmer la toux peuvent être utilisés. Les gammaglobulines standard et spécifiques n'ont pas d'intérêt et ne doivent pas être prescrites. Les immunoglobulines polyvalents n'ont pas démontré leur efficacité dans le prophylaxie ou le traitement de la coqueluche.
Les principaux progrès concernant le traitement de la coqueluche ont, en fait, été réalisés par la prise en charge hospitalière des nourrissons de moins de 6 mois. L'hospitalisation est justifiée pendant la phase aiguë à cet âge pour mettre en place une surveillance cardio-respiratoire et un nursing adapté : aspirations régulières, position proclive, fractionnement des repas voir gavage, oxygénothérapie...

La coqueluche dans une maternité

L’exemple qui suit est intéressant car il constitue une tentative pour endiguer la propagation d’une épidémie de coqueluche dans un lieu où elle pourrait avoir de graves conséquences : une maternité. Le 16 octobre 2002, l’InVS est avisé de la survenue de 2 cas de coqueluche confirmés par sérologie chez des sages-femmes travaillant à la maternité d’un hôpital parisien. Le début des symptômes remonte à mi-septembre. Un troisième cas est suspecté chez une aide-soignante. Des mesures préventives de transmission aux nourrissons sont recommandées aux personnel et patients contacts de ces cas : l’administration d’erythromycine en chimioprophylaxie et le port de masque chirurgical par le personnel en contact avec les nourrissons en salle de naissance. Une étude a été menée sur place pour étudier l’adhésion du personnel aux mesures de prévention qui étaient proposées ainsi que les raisons d’une non adhésion à ces mesures.

L’enquête a révélé que sur 22 personnes traitées préventivement et qui avaient interrompu leur traitement, 15 l’avaient fait en raison de sa trop longue durée ou de ses effets secondaires. Le masque chirurgical a été plus souvent porté que la chimioprophylaxie n’a été prise. Son impact sur la prévention de la coqueluche dans la maternité est difficile à évaluer. Dans l’enquête, moins de la moitié du personnel déclarait le porter correctement. Son rôle ne semble pas avoir été perçu par tout le personnel. Certains ont critiqué son usage, oubliant que le masque chirurgical assurait également une protection pour son usager et qu’il n’était pas seulement destiné à éviter que ce dernier contamine l’entourage.

L’enquête a aussi révélé que beaucoup négligeaient les mesures préventives proposées car ils se sentaient protégés contre la maladie alors que vaccination ou maladie ne protègent pas à vie. La gestion de ce foyer de coqueluche a montré que le danger actuel de la coqueluche n’est pas toujours bien perçu, même par les professions médicales. L’acceptation des mesures de prévention du coup s’en ressent et une meilleure adhésion passe donc par une amélioration de la connaissance de la maladie et de ses dangers.

L’InVS considère qu’en dehors même de la coqueluche, tout individu atteint d’une pathologie respiratoire est potentiellement contaminant pour ses collègues et pour les patients dont elle a la charge, ce qui  conduit les auteurs à conclure :

"Lorsqu’une toux démarre, le port correct d’un masque chirurgical devrait être systématique avant même d’en connaître le diagnostic."

Le masque en famille, une protection simple et négligée

Face à cette maladie on constate que la thérapie officielle n’est pas sans effets secondaires limitant son efficacité sur le terrain. Quant à la dangereuse vaccination, elle n’est pas toujours efficace, soit malgré son emploi soit parce qu’elle ne peut être appliquée à temps ou suffisamment souvent. La maladie est toujours préoccupante pour un nourrisson et peut s’avérer grave pour lui. Aussi, comme le souligne fermement l’InVS, la principale mesures de prévention à son égard, est de lui éviter d’être exposé.

Le port du masque est recommandé dans les centres de soins comme les maternités. Pourquoi ne pas l’envisager aussi en famille dès qu’une affection respiratoire apparaît ? le port du masque chirurgical, déjà recommandé par l’INPES (Institut national de prévention et d’éducation pour la santé) dans les familles en cas de grippe, a aussi sa place en cas de toux, surtout quand il y a un nourrisson. C’est la personne qui tousse qui doit le porter. Inutile d’attendre de savoir si c’est ou non la coqueluche. Cette maladie se soigne difficilement une fois qu’elle est lancée, même les antibiotiques ne se montrent pas toujours très efficaces. C’est pourquoi il est très important d’intervenir le plus tôt possible. De ce point de vue l’homéopathie peut prendre un avantage décisif sur les antibiotiques car elle peut être utilisée sans délai dans les familles, sans attendre un diagnostic médical. Dans un premier temps, l’indication d’un remède homéopathique est pratiquement indépendante du diagnostic de coqueluche et s’établit d’abord en fonction des caractéristiques de la toux comme par exemple Drosera (quintes nocturnes), Coccus Cacti (quintes matinales et filantes). Pertussinum est cependant spécifique de la coqueluche et s’utilise pendant la maladie en appoint des précédents [d’après Michel Guermonprez - Matière médicale homéopathique – Boiron ].

Des oligo-éléments peuvent aussi être utilisés ainsi que certaines huiles essentielles en diffusion dans les pièces, en inhalation et en application sur la cage thoracique après dilution dans une huile végétale (sauf pour les nourrissons, ATTENTION !!!). Mais on l’a compris, l’essentiel est d’abord de soigner rapidement et efficacement les contaminateurs potentiels qui ne sont jamais les nourrissons. Tout cela peut constituer un appoint précieux applicable dès la première toux, bien avant qu’un médecin puisse poser le diagnostic de coqueluche et prescrire un antibiotique adapté. Cet avantage est évidemment crucial à condition de savoir l’exploiter avec promptitude et détermination. Pour l’ingestion d’huiles essentielles il est très important de garder à l’esprit que leur concentration en fait des produits très puissants qu’il ne faut pas utiliser seuls. Le mieux est d’avoir l’avis d’un praticien expérimenté car en ingestion certaines huiles peuvent par exemple endommager le foie.

Soutenir l’entourage

L’entourage du malade a certainement besoin d’être soutenu pour supporter pendant de longues semaines ses quintes de toux et essayer de se prémunir d’une éventuelle contamination et de ses conséquences. Chacun peut profiter de la diffusion atmosphérique d’huiles essentielles adaptées. Il y a aussi, entre autres, des suppléments conséquents en magnésium et en vitamine C de préférence naturelle dont le malade peut aussi bénéficier. Plusieurs travaux ont montré que des concentrations élevées de cette vitamine amélioraient la mobilité des globules blancs leur permettant ainsi de s’attaquer plus efficacement aux bactéries. D’ailleurs les leucocytes concentrent de grandes quantités de vitamine C et on sait que leurs réserves s’épuisent rapidement en cas d’infection.

 Officiellement on nous assure qu’il ne sert à rien de consommer d’importantes quantités de vitamines C car son élimination par les urines signifierait qu’elle serait en excès . Si nous appliquions ce raisonnement au chauffage de notre maison on en déduirait qu’il faudrait le couper dès qu’il se met en marche puisque l’évacuation de chaleur par le conduit démontrerait que notre maison aurait trop chaud ! Pour bien fonctionner l’organisme a besoin de beaucoup plus de vitamine C qu’on ne le pensait, même si une partie importante s’élimine rapidement. Linus Pauling qui reçu, fait unique, deux prix Nobel, celui de Chimie et celui de la Paix, en consommait 15 grammes par jour et se fit le chantre de cette vitamine. Cette vitamine peut aussi être particulièrement utile après la maladie car l’enfant comme ses parents, qui ont dû continuer à travailler, peuvent en sortir épuisés par les quintes nocturnes particulièrement stressantes et perturbatrices du sommeil. Il est certainement très important d’aider les organismes à récupérer aussi rapidement et complètement que possible. Mais il y a vitamine C et vitamine C…De nombreux sites en parlent (ou en vendent), je ne cherche pas à me substituer à eux…

Il pourrait être également utile de supprimer la consommation de sucre raffiné pendant tout épisode infectieux : on a pu montrer qu’un seul morceau de sucre blanc paralysait l’action de 40% des leucocytes pendant 2 heures. La confiture attendra…ainsi que le sucre dans le café ! L’acupuncture peut certainement apporter aussi sa contribution. Toutes ces actions visent plus à aider l’organisme dans sa lutte contre la maladie qu’à se substituer à lui comme dans le face à face singulier entre le microbe et l’antibiotique.

Ne pas être contaminé reste le premier moyen d’éviter une maladie infectieuse. D’ailleurs la seule maladie humaine qui ait totalement disparu de la planète, la variole, a été éliminée en supprimant la transmission et non en rendant les populations résistantes, contrairement à ce que l’on croit (voir l’article de ce blog sur l’éradication de la variole). De même pour le bétail où des maladies comme la tuberculose, la fièvre aphteuse et la brucellose ont disparu d’un grand nombre de pays non en rendant les animaux résistants mais en éliminant ceux susceptibles de les transmettre par des mesures certes draconiennes mais efficaces.

Personne ne souhaite être malade ou avoir des personnes de son entourage dans ce cas car c’est toujours une limitation pour tout le monde. Pourtant une maladie peut aussi être l’occasion de s’interroger sur nos erreurs individuelles et collectives. Avons-nous fait tout ce que nous pouvions pour éviter la contagion par exemple ? On veut bien nous vendre des antibiotiques et des vaccins mais pour les masques, pourtant disponibles en pharmacie, il y a encore beaucoup à faire... Pourquoi ? Avons-nous demandé à en disposer ? Non ! A chacun de s’interroger…

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25 septembre 2007

La coqueluche dans une maison de retraite

La coqueluche n’est pas qu’une maladie de l’enfant. L’InVS a mis en ligne le 14 septembre le résumé d'une enquête documentée (également en ligne) sur une épidémie de coqueluche dans une maison de retraite de Gironde.

« Au total, 13 cas confirmés ont été recensés entre le 15 mai et le 11 juillet, dont 5 résidents et 8 membres du personnel, avec des taux d’attaque respectifs de 7 % et 17 %. Les 5 résidents malades étaient âgés de 84 à 94 ans, 3 d’entre eux présentant une dépendance élevée. Parmi les 8 membres du personnel malades, 4 étaient directement en contact avec les résidents malades lors de la pratique de leur activité (personnel soignant ou agents de services hospitaliers réalisant des tâches de personnel soignant). Les autres faisaient partie du personnel d’hôtellerie et n’étaient pas particulièrement en contact étroit avec les résidents. Chez les résidents, la maladie se caractérisait par une toux quinteuse et persistante, parfois productive dans un contexte de toux chronique rendant le diagnostic de coqueluche difficile.

Pour enrayer l’épidémie dans l’établissement les mesures suivantes ont été prises :

1- Isolement des malades pendant les 5 premiers jours de traitement

2- Limitation des contacts avec les autres résidents ensuite

3- Traitement curatif présomptif par azithromycine pour tout autre résident présentant une toux même banale (5 jours) et tritement préventif pour d’autres résidents asymptomatiques.

4- Port de masques pour le personnel de l’établissement ainsi que d’autres mesures de protection.

Pour éviter l’extension de l’épidémie au delà de l’établissement :

1- Information écrite des médecins libéraux des environs sur la situation.

2- Information des visiteurs de l’établissement par une affiche à l’entrée

3- Recommandation explicite que les enfants incomplètement vaccinés ne rendent pas visite aux résidents.

Les  limites de la vaccinations contre la coqueluche

Le document de l’InVS précise à propos de l’impact épidémiologique de la vaccination contre la coqueluche :

« Le calendrier vaccinal émis par le Conseil supérieur d’hygiène publique de France (CSHPF) préconise une vaccination chez le jeune enfant et recommande également une vaccination des futurs parents et des professionnels de santé en contact avec des nourrissons. La généralisation de la vaccination a permis une diminution de la morbidité et de la mortalité coquelucheuse. Pour autant, la protection vaccinale, comme celle acquise après la maladie, est de durée limitée. Le risque potentiel de contamination est donc réel dans les populations adultes, même chez celles anciennement vaccinées. Cet événement confirme qu’en dépit des niveaux de couverture vaccinale infantile élevés en France, la bactérie circule encore et peut être à l’origine d’épidémies dans les collectivités d’adultes. Il apparaît alors important d’y penser, afin de mettre en place rapidement les mesures de contrôle spécifiques et d’enrayer l’épidémie. »

Une fois de plus nous le constatons, la vaccination ne permet pas de se reposer uniquement sur elle. L’isolement et le traitement des malades, la surveillance des cas possibles, la protection du personnel soignant par des masques et pas uniquement par la vaccination dont les rappels sont pourtant recommandés pour ces personnels, l’information et la mise en alerte du corps médical au voisinage de l’épidémie, la réduction des visites … sont parmi les mesures préconisées pour pallier aux défaillances épidémiologique de la vaccination. Pour ma part j’approuve l’ensemble de ces mesures, du moins dans leur principe, car elles visent à limiter les risques de propagation par des moyens qui paraissent raisonnables et acceptables.

Un bémol cependant

Aucun vaccin n’est efficace à 100% et celui contre la coqueluche ne faillit pas à la règle. Pourquoi limiter la recommandation de non visite aux seuls enfants incomplètement vaccinés en laissant prendre un risque à ceux qui, bien que correctement vaccinés, ne seraient pas réellement immunisés ? Ne serait-il pas plus sage d’étendre cette recommandation à tous les enfants, indépendamment de leur statut vaccinal ? Et si un jeune enfant vacciné contracte la coqueluche au contact de son grand-père séjournant dans l’établissement et restait avec de sérieuses séquelles, comme cela est possible (voir § suivant), quelle serait la responsabilité des rédacteurs de ces recommandations ?

Une fois de plus on retrouve dans cette rédaction quelque peu sectaire et irresponsable le sceau de l’idéologie vaccinaliste : le vaccin c’est la potion magique qui rend invulnérable. J’ai pris ma potion, je peux affronter les Romains et les microbes ! Il y a loin du mythe à la réalité comme les Gaulois en ont fait l’expérience à Alésia… ainsi que nombre de vaccinés…

Des enfants vaccinés font la coqueluche

Le BEH n° 44 du 26/10/2004 consacre 2 pages à la surveillance de la coqueluche en 2002. Le réseau Renacoq (réseau national coqueluche) a étudié 180 cas avec suspicion de coqueluche (ce ne sont pas tous les cas bien entendu). 81 de ces cas ont été documenté par une fiche pédiatrique ; 69 de ces cas furent confirmés en laboratoires et les 12 autres étaient des cas clinique.

« Parmi les 81 cas documentés, 66 avaient moins de 1 an dont 39 moins de 3 mois, 71 ont été hospitalisés et il n’y eut aucun décès. 2 cas étaient correctement vaccinés et étaient âgés de 10 et 14 mois. Ils ont débuté leur toux 6 et 10 mois après leur 3e dose et répondaient respectivement à une définition biologique et clinique de cas. »

L’étude note encore que 36% des cas de moins d’un an se produisent chez des vaccinés. En 2002, sur 78 enfants étudiés par le réseau Renacoq et ayant fait une coqueluche il y avait 17 enfants de moins de 2 mois trop jeunes pour recevoir le vaccin, 31 entre 2 et 4 mois étaient encore trop jeunes pour être immunisés même si certains avaient reçu une dose. La couverture vaccinale est estimée à 87% à 2 ans (3 doses et un rappel) et à 97% pour 3 doses

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06 juin 2007

Coqueluche : Pourquoi faut-il vacciner les adultes ?

D'abord un bonjour tout particulier aux premiers visiteurs de ce blog. Pourquoi l'avoir crée ? D'abord sur l'insistance d'une amie qui, recevant par mail les informations que je glane depuis plusieurs années, insistait pour que je les mette en ligne.

Hier,
au magazine de la santé, sur la Cinq, la coqueluche était le thème principal et cet événement m'a fait franchir le pas. Une représentante de l'Institut Pasteur va exposer très clairement le phénomène devenu maintenant classique avec les vaccinations contre la rougeole, la rubéole,l es oreillons et qui se produirait aussi avec la varicelle si on vaccinait trop : on prendrait alors le risque de provoquer des zonas à l'âge adulte. Comme disait un expert aux journées de veille sanitaire des 29-30 novembre  2005 : "avec la vaccination contre la varicelle on joue avec le feu".

 

Mais avec la coqueluche et sa vaccination beaucoup plus ancienne on a peut-être aussi joué avec le feu et le premier résultat est que des nourrissons sont contaminés très jeunes, avant d'avoir pu être vaccinés, et sont ainsi mis en danger de mort en risquant de s'étouffer au cours d'une quinte : c'est ce que racontait une maman sur leblogbebe (Aude 29 avril [1]), son enfant ayant fait une coqueluche à 2 mois et ayant failli en mourir. La maman culpabilisait de ne pas l'avoir fait vacciné mais ce n'était pas possible et, épidémiologiquement parlant, ce sont les vaccinations collectives qui ont crée ce phénomène. Comment ?

 

Avant la vaccination, le bacille de la coqueluche circulait parmi les enfants scolarisés qui faisaient des coqueluches désagréables, parfois suivies de complications pouvant certes être graves. Les adultes étaient ainsi régulièrement recontaminés par le bacille circulant parmi les enfants. Ils restaient ainsi immunisés toute leur vie. Après un épisode vaccinal pratiqué sur plusieurs décennies et où le vaccin contre la coqueluche a aussi provoqué de graves complications, le bacille a moins circulé parmi les enfants, les adultes étaient ainsi plus rarement recontaminés et certains ont pu perdre leur immunité. Ils peuvent ainsi faire des coqueluches particulièrement  redoutables pour les vieillards et peuvent contaminer les nourrissons (souvent leur propre enfant). C'est très grave pour les nourrissons et imparable, il faut les hospitaliser pour les assister par une aide respiratoire pendant les quintes, les médicaments n'étant efficaces que s'ils sont administré très tôt.

 

La solution : vacciner les adultes ! Cette vaccination est maintenant systématiquement pratiquée sur le personnel médical. Bientôt on en arrivera à la recommander dans les maisons de retraite...quand nous y serons !!! Il fut dit à cette émission qu'il a fallu produire un autre vaccin pour les adultes car celui pour les enfants était beaucoup trop dangereux pour eux.

 

Une chose est claire : la vaccination n'a nullement éliminé le bacille. Elle a déplacé le problème.

 

Même phénomène avec la vaccination contre la rougeole qui conduira inexorablement, tôt ou tard, à préconiser des rappels à l'âge adulte. En vaccinant les enfants on augmente dans un premier temps l'immunité collective car l'immunité vaccinale s'ajoute à celle acquise par la maladie pour les plus âgés. Mais au bout d'un moment tout change quand le vaccin doit assurer seul l'immunité de toute la population de zéro à 100 ans. On sait qu'il ne pourra pas le faire. "Nous n'atteindrons pas le seuil d'éradication de la rougeole" affirma un expert aux journées veille sanitaire 2005.

Voici un lien en correspondance : http://maladiedegaucher.canalblog.com/archives/vaccins/index.html

 

Voilà donc ce premier message. Vos commentaires permettront de l'étoffer et de le préciser. Alors MERCI d'avance à tous pour votre participation !

 

Bernard

 

[1] http://www.leblogbebe.com/2006/01/la_vaccincation.html

Posté par BernardGue à 22:15 - La coqueluche - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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