05 mars 2008
Vaccin Hépatite B et SEP : peut-on y voir plus clair ?
La
mise en examen de 2 laboratoires à propos de la vaccination hépatite B a
évidemment relancé les polémiques. Ainsi « C dans l’air », l’émission
d’Yves Calvi sur la Cinq, a repris le thème et l’Académie de Médecine a publié
un communiqué de presse. La polémique sur les études statistiques relatives au
risque et à la fréquence d’apparition de SEP a cause du vaccin a été inévitablement relancée, tout
particulièrement celle de Hernan publiée en 2004 et qui avançait un risque 3
fois plus grand. Est-il possible d’y voir enfin plus clair ?
Sur la Cinq, le vendredi 8 février 2008, s’opposaient Robert Cohen
pédiatre infectiologue, correspondant du Conseil national de pédiatrie,
animateur d’InfoVac face à Marc Girard ancien expert des
laboratoires et qui en tant qu’ expert
auprès du tribunal de Versailles avait permis, dans un premier temps, la
condamnation d’un labo en faveur de 2 victimes. Il anime un site très
documenté sur le sujet.
J’avais découvert Robert Cohen avec l’affaire du BCG SSI où il avait
lancé les pédiatres dans la grève du BCG, contribuant à contraindre ainsi le
ministère à nommer une commission chargée de mettre en place un plan
tuberculose, préalable présenté comme indispensable à la suppression du BCG
obligatoire et généralisé. Au cours des 2 journées de l’audition BCG il avait
fait preuve d’une grande combativité en faveur de cette suppression comme on
peut le constater sur le diaporama
de son exposé. Mais sur l’affaire de la vaccination hépatite B il adopte
une attitude bien différente qui pourrait se résumer par " le
vaccin hépatite B est d’une parfaite innocuité " :
« Moi, je n’ai aucun doute !»
Il va en effet soutenir avec insistance qu’il existe des preuves
scientifiques de l’absence de risque avec ce vaccin, s’exclamant « moi je
n’ai aucun doute », affirmation qu’il limitera cependant, vu sa spécialité
de pédiatre, aux enfants. De tels propos peuvent être efficaces en cabinet pour
persuader une mère de famille de faire vacciner son enfant mais dans un débat
c’est une autre affaire. Il affirmera que sur les 12 enquêtes statistiques sur
le sujet, 11 ont conclu à l’absence de risque et que la douzième, celle de
Hernan, serait la plus petite. Pourtant, le 30 novembre 2007 j’avais pu
entendre de vive voix un expert de l’Afssaps, Mme A. Castot, dire qu’aucune de
ces études ne permettait d’écarter un risque peu fréquent d’accidents graves.
Ce fut aussi la conclusion de la réunion
de consensus de novembre 2004 présidée par le professeur Marc Brodin. Tous
adoptent la célèbre formule : en l’état actuel des études aucune preuve de
cause à effet ne peut être établie, évitant ainsi de trop se compromettre pour
l’avenir et sachant qu’en pratique cela se traduira par « tous les cas
observés sont des coïncidences ». C’est bien ainsi qu’en appel le tribunal
a annulé la condamnation du tribunal de Versailles au bénéfice du laboratoire
pour le motif d’absence de preuve.
Robert Cohen va se référer à des statistiques donnant les mêmes
proportions de SEP chez les vaccinés et les non vaccinés pour en déduire que le
risque serait le même. Ce point de vue a été repris 4 jours plus tard par le
communiqué de l’Académie de médecine :
« 8 études nationales et internationales ont
démontré l’absence de relation statistiquement significative entre la SEP et la
vaccination contre l’hépatite B. Une étude réalisée par Hernan et publiée en 2004 (résumé par
l’Afssaps ; résumé
par l’OMS) a soulevé des questions mais sa méthodologie a été réfutée
par les experts de l’OMS. Deux réunions de consensus nationales en 2003 et
2004 ont confirmé les recommandations de vaccination prioritaire des
nourrissons et de rattrapage des enfants et adolescents non vaccinés. Tout
récemment ont été publiées deux études des services de neuro-pédiatrie français
(KIDSEP) chez l’enfant et l’adolescent (2007) : la première démontre
l’absence d’influence du vaccin de l’hépatite B sur le risque de passage à la
SEP après le premier épisode de maladie démyélinisante ; la deuxième montre
qu’il n’ y a pas d’augmentation du risque de première poussée de SEP après une
vaccination contre l’hépatite B dans les 3 années précédentes. L’ensemble de
ces résultats a conduit le Haut conseil de santé publique à rappeler les
recommandations de la vaccination le 14 décembre 2007. »
Observons que le principal rédacteur de ce
communiqué, Pierre Bégué, ancien président du Comité technique des
vaccinations, participe avec Robert Cohen à l’animation d’InfoVac dont
l’objectif est de conseiller les médecins pour les problèmes rencontrés dans
leur pratique vaccinale.
Pourtant, ces statistiques veulent seulement dire qu’avec les tailles
d’échantillons retenues il n’a pas été possible de mettre en évidence une
différence significative et non pas que cette différence n’existerait
pas : si le risque est de 1/100 000, soit 250 cas pour 25 millions de
vaccinations, un échantillon de 200 000 personnes en donnera 2 en moyenne, ce
qui en pratique, avec les variations aléatoires possibles, peut en donner 1 ou
3, voire 0 ou 4. Ajoutées aux cas "normaux" non liés à la vaccination
qui peuvent eux aussi connaître des variations aléatoires, les différences
observées n’ont aucune chance d’être significatives. Disons qu’on ne s’est pas
donné les moyens de mettre en évidence un risque de ce niveau là.
Si
on lance un dé et une pièce chacun 3 fois on peut fort bien obtenir une fois l’as et une fois pile. Peut-on pour
autant en déduire que la probabilité d’obtenir l’as et celle d’obtenir pile
seraient les mêmes pour un dé et une pièce ?
Robert Cohen soutiendra que l’étude de Hernan est la plus petite étude
des 12 enquêtes statistiques au motif que seulement 11 cas de SEP sont survenus
chez des vaccinés. Marc Girard soutiendra au contraire que c’est la plus grande
car elle disposait du plus grand échantillon. Comment départager nos 2
protagonistes alors que les 2 affirmations sont exactes, encore que l’on
devrait remplacer "survenus" par "retenus dans l’étude" ?
Tout cela donne une belle opportunité de reprendre la polémique qui a
entouré la publication de la statistique de Hernan en 2004.
L’étude
américaine de Hernan sur la vaccination hépatite B
L’étude statistique qui avait relancé la polémique sur le vaccin hépatite B en 2004 fut réalisée à partir de dossiers médicaux de plus de 3 millions de britanniques parmi lesquels 713 cas de SEP avaient été identifiés. Ces données furent traitées à Boston par Hernan qui était assis sur une forte réputation en statistiques médicales. Il élimina 550 cas tout particulièrement pour le motif que ces personnes n’avaient pas été enregistrées au moyen d’un logiciel bien défini au moins 3 ans avant l’apparition des symptômes. Cette sévère restriction peut se comprendre afin d’éviter des polémiques sur le moment de l’apparition des dits symptômes. Il fut donc retenu seulement 163 cas de sclérose en plaque sur 713 dont 11 avaient été vaccinés moins de 3 ans avant l’identification de la maladie.
A ces 163 cas il fut décidé d’adjoindre 1604 témoins obtenus par tirage au sort parmi les personnes non malades et retenues pour l’étude. Parmi eux il y avait 39 personnes vaccinées et donc 1565 non vaccinées, soit 2,43% de vaccinés parmi les témoins, proportion sans doute voisine de celle de l’ensemble des données, l’échantillon ayant été obtenu de façon aléatoire et étant d’une taille suffisante. La partie la plus longue et fastidieuse d’un tel travail réside dans la collecte des données et l’indispensable tri qu’il faut effectuer.
Avec ces données Hernan estima que le risque de faire une SEP dans les 3 années qui suivaient la vaccination était 3,1 fois plus grand qu’en l’absence de vaccination. Il a probablement voulu trop en faire. L’objectif principal était d’abord de savoir si le risque était plus grand et non pas de le mesurer. Cela était possible de façon qualitative sans avoir à s’engager sur des valeurs quantifiées du risque.
Initiation au
test statistique
L’un des objectifs de la méthode statistique est de
rechercher une estimation d’une valeur comme par exemple le pourcentage de oui à un référendum ou de
personnes du groupe sanguin B dans une population. Pour limiter le coût de
l’étude on cherche à le faire avec un échantillon aussi faible que
possible. La fiabilité de la méthode
dépend à la fois de la représentativité de l’échantillon et de sa taille.
Mais, lorsque cette estimation ne peut être réalisée
dans de bonnes conditions faute d’échantillons suffisants, il existe un autre
test dit du Khi-2 qui peut permettre de traiter une partie de la question. Sans
entrer dans les détails techniques, on procède ainsi : avec les données
numériques disponibles, c’est à dire ici 11, 152, 39 et 1565 (SEP avec et sans
vaccin ; témoins vaccinés ou non vaccinés), on calcule une valeur qui est
ici 10,03.
|
|
Cas avec SEP |
Témoins sans SEP |
|
Vaccinés Hépatite B |
11 |
39 |
|
Non Vaccinés |
152 |
1565 |
Cette valeur mesure la dispersion des données par
rapport à ce que l’on nomme « l’hypothèse nulle », c’est à dire
l’hypothèse que le risque d’apparition
de la maladie serait le même pour les deux groupes vaccinés et non vaccinés. De
ce point de vue la perfection est donnée par la valeur 0 exprimant un risque
identique au niveau même des échantillons observés. Mais en raison des
variations aléatoires, la dispersion observée ne sera jamais nulle en pratique.
Tout le problème est alors d’apprécier si cette valeur 10,03 mesurant cette
dispersion pourrait s’expliquer par des variations aléatoires ou si elle est
trop importante pour s’expliquer raisonnablement ainsi. Auquel cas il convient
de chercher une cause non aléatoire.
Le principe est simple : si la valeur du
khi-deux (ici 10,03) est faible, rien n’autorise à penser qu’il y aurait une
cause autre qu’aléatoire, même si elle pourrait malgré tout exister ; si la valeur est élevée, il paraîtra
alors peu probable d’expliquer cette valeur uniquement par les inévitables
variations liés à l’échantillonnage. Pour décider ici si 10,03 est grand ou
petit, on démontre que cette valeur, qui dépend de l’échantillon trouvé, suit
une loi de probabilité connue, dite loi du Khi-deux (à 1 degré de liberté dans
notre situation).
On peut alors calculer que sous « l’hypothèse
nulle » il y aura 1% de chance pour que les valeurs observées dépassent
6,63 et moins de 0,2% de chances pour qu’elles dépassent 10. Ici, on est donc
fondé à conclure, de façon très significative (ce qui ne signifie pas
certitude), qu’une cause non aléatoire est vraisemblablement intervenue pour
donner plus de malades dans le groupe désigné par « vaccinés » que
dans l’autre. Restant qualitative, la conclusion est donc moins précise mais la
méthode permet de travailler avec des échantillons plus faibles (et qui sont
ici suffisants) que pour des estimations quantitatives.
Cette conclusion ne signifie cependant pas pour
autant de façon certaine que ce serait la vaccination qui serait la
cause de cette différence : un même groupe pourrait en effet être désigné de plusieurs façons
comme en Irlande du Nord où protestants et catholiques sont aussi socialement
favorisés pour les premiers et défavorisés pour les seconds. Le terme choisi
pour dénommer un groupe ne peut pas être considérée ipso facto comme étant la
cause agissante : s’il y a plus de tuberculose chez les catholiques que
chez les protestants ce n’est pas forcément parce qu’ils sont catholiques mais
plutôt parce qu’ils sont socialement défavorisés.
Si Hernan avait traité les données statistiques
comme je viens de le faire il aurait proposé une conclusion moins précise mais
qui aurait été moins exposée à la critique.
Les critiques sur
l’étude de Hernan
Elles ont été formulées par les experts de l’OMS et par nos experts de l’Afssaps.
Une valeur 11 trop faible
Cette valeur 11 du nombre de SEP vaccinés fut jugée trop faible par la critique. Elle l’est en effet, j’en suis d’accord, mais surtout pour une appréciation quantifiée évidemment plus exigeante que le test qualitatif précédent. Il y avait au moins 3 raisons à cette faible valeur :
1- L’élimination
de 550 dossiers non enregistrés à temps. Une estimation à la proportionnelle en ajoutant ces
550 dossiers donnerait alors 48 cas de SEP apparues chez des vaccinés mais la
valeur réelle pourrait être plus faible ou plus élevée, 35 ou 60 par exemple,
ce qui pourrait influencer fortement les conclusions. Cela a été reproché à
Hernan par les experts de l’OMS et de l’Afssaps.
2- La
restriction à 3 ans pour déclarer un cas comme ayant été vacciné. Ce choix est
arbitraire car il n’existe aucune raison de limiter dans le temps l’apparition
de la SEP en rapport possible avec la vaccination. Mais pour d’autres études ce délai était seulement
d’un an. Qu’à t-on fait dans toutes ces études des vaccinés chez lesquels la
SEP est apparue après le délai fixé ? Espérons qu’ils n’ont pas été transformés
en non vaccinés ! Ce serait parfaitement illicite, ils doivent être exclus
des études et pas seulement de celle de Hernan. Dans le cas contraire cela
reviendrait à déplacer des poids d’un plateau d’une balance vers l’autre,
transformant un déséquilibre prononcé en une situation d’équilibre. J’aimerais
beaucoup pouvoir vérifier si ce principe a bien été respecté.
3- Un
taux faible de vaccinés, 2,43%, dans l’échantillon retenu, ce qui réduit
d’autant la possibilité d’avoir des SEP chez des vaccinés. Cette proportion de
vaccinés paraît bien faible comparée à celle de la France avec 22 millions de
vaccinés en 1998. C’est d’abord lié au fait que la Grande Bretagne a beaucoup
moins vacciné que la France, seulement 5%, ce qui pourrait aussi expliquer pourquoi
ce qui fut observé en France et déclencha la polémique que l’on sait n’a pas eu
d’équivalent en Grande Bretagne. C’est l’accident d’autocar comparé à un
accident de voitures.
Un échantillon non représentatif
A lui seul ce taux de 2,43% montre que l’échantillon
n’est pas représentatif de la population britannique où le taux de vaccinés
était de 5%. Cet
argument et d’autres seront avancés par la critique pour parler d’un biais de
recrutement et affaiblir ainsi la valeur du travail de Hernan. Cette critique
n’est pas vraiment recevable si on retient que l’objectif premier était de
mettre en évidence ou d’infirmer la possibilité d’apparition de SEP liées à la
vaccination hépatite B et non pas
d’évaluer l’importance du risque sur l’ensemble de la population britannique ni
de contester cette statistique parce que l’échantillon ne correspondrait pas à
la situation française comme le fait l’Afssaps :
« La
vaccination contre l’hépatite B ne concerne pas les mêmes patients au
Royaume-Uni et en France. Au Royaume-Uni, seuls les patients appartenant à des
groupes à risque sont concernés par la vaccination (professions de santé ou
situations à risques) entraînant de possibles biais, notamment liés à la
capacité pour les vaccinés d’attirer plus précocement l’attention des médecins
sur des symptômes neurologiques »
Que ce soient les mêmes patients
ou pas dans les 2 pays, peu importe. S’il est possible de mettre en évidence
sur un groupe de population, même particulier, que le vaccin peut déclencher
des SEP, la possibilité en est alors établie, au moins statistiquement. Il
n’est pas acceptable d’écarter cette possibilité pour le motif évoqué. Par
contre on peut toujours soutenir que le risque n’est pas le même pour tous les
groupes mais c’est une autre histoire qui a noyé la première. Notre commission
nationale conclura
ainsi :
« Conclusion des débats de la
Commission Nationale
Après en avoir délibéré, la
Commission Nationale de Pharmacovigilance a adopté à la majorité les éléments
de conclusion suivants :
Cette étude menée au Royaume-Uni
et, récemment publiée, apporte des éléments en faveur de l’existence d’une
association entre la vaccination contre l’hépatite B et la survenue de sclérose
en plaques chez l’adulte.
La prise en compte de l’ensemble
des données disponibles ne permet pas de conclure à l’existence de cette
association. Cependant, un risque faible ne peut pas être exclu chez
l’adulte.
Ces conclusions doivent être
considérées au regard du bénéfice attendu de la vaccination contre l’hépatite
B. »
Des vaccinés classés
non vaccinés dans les autres études ?
Je
reviens sur ce problème important. Des études
autres que celle d’Hernan ne retenaient comme SEP avec vaccinations que
celles qui étaient apparues dans l’année qui suivait la vaccination (voir aussi ce lien pour
plus de détails sur ces études).
Qu’ont-ils fait de ceux chez qui la SEP apparaissait par exemple 15 mois après
la vaccination ? Pour étudier valablement le problème posé ces cas doivent
être exclus de l’étude pour ne comparer que les SEP vaccinés moins d’un an
auparavant avec ceux qui n’avaient reçu aucune vaccination hépatite B. La
conclusion pourra alors être, par exemple, qu’aucune différence significative
n’a pu être mis en évidence, au niveau des échantillons disponibles, entre le
risque de SEP sans vaccin et le risque d’apparition d’une SEP dans l’année qui
suit la vaccination. Ou au contraire qu’une différence significative existe,
selon ce qui aura été observé.
Pour comprendre l’importance du problème imaginons le scénario suivant : dans une population vaccinée à 50% on a observé 500 SEP dont 250 apparues dans l’année qui a suivi la vaccination. Reste donc 250 SEP qui ne satisfont pas à ce critère et qui constitueraient le second groupe. L’équilibre semble parfait et la conclusion paraîtrait être que la balance est équilibrée. Mais s’il y a eu 100 cas de SEP apparues chez des vaccinés au delà de la première année et 150 cas non vaccinés on doit comparer les 250 vaccinés avec SEP dans l’année à ces 150 et non pas aux 250 restants. La conclusion est alors très significatives en faveur d’un risque plus élevé après la vaccination.
Avec cet exemple on comprend comment on peut appliquer le principe classique pour rétablir l’équilibre d’une balance déséquilibrée : faire passer des poids du côté qui penche vers l’autre…Ici on prend les 100 vaccinés avec SEP au delà d’un an pour les mettre sur le plateau non vaccinés. J’ose espérer qu’ils n’ont pas fait cela, ce serait scandaleux, mais j’aimerais pouvoir le vérifier.
L’expert Marc Girard estime, selon les informations dont
il dispose, que le risque de SEP n’est pas un risque faible mais au contraire
élevé, voire très élevé. Or, si ce risque est élevé des études auraient dû le
mettre en évidence : les tailles de leurs échantillons dépassant les 100
000 (par exemple l’étude de Zipp et coll, 1998, a suivi une cohorte de
134 698 sujets) et en admettant un risque élevé de l’ordre de 1 pour 2500
cela ferait en moyenne 40 SEP en plus par tranche de 100 000 ce qui aurait dû
donner des écarts significatifs. Par contre, si on admet un risque de 1 pour
25000 par exemple, cela donne 4 cas supplémentaires en moyenne pour 100 000, ce
qui peut être insuffisant pour déceler une différence significative.
Contrairement à Marc Girard, les experts de l’OMS, de l’Afssaps ou de la
réunion de consensus de novembre 2004 ont toujours admis que si le risque
existait il ne pouvait être que faible. Dans ces conditions, il est
effectivement impossible de soutenir que le risque serait élevé, sauf à
admettre que les données statistiques auraient été faussées et par exemple
traitées comme je le suggérais, c’est à dire en classant comme non vaccinés les
vaccinés ayant fait une SEP au delà du délai arbitraire imposé. Je le répète,
pour l’honneur scientifique des auteurs de ces études ainsi que des
institutions qui s’appuient sur elles pour définir leur politique de santé
publique en la matière, et qui savent sans doute à quoi s’en tenir, j’ose
espérer qu’il n’en est rien. J’espère seulement avoir un jour la possibilité de
constater que mes interrogations n’étaient pas fondées. Cependant, vu ce à quoi
j’ai assisté en matière de manipulations statistiques dans l’affaire du BCG SSI
on peut malheureusement craindre que l’impensable puisse être la réalité. Voir
à ce sujet mes 3 principaux articles : "descendue
du Sinaï, l’expertise était dans la lune ! ", "Cas
évités par le BCG, un calcul très simpliste", "Des défaillances de
l’expertise vaccinale à la nécessité d’une critique citoyenne".
Additif : le mardi 11/03/08 Arte diffusait « Le monde selon
Monsanto » disponible en DVD sur son site. A propos des décès pouvant être
associés à la dioxine j’ai pu entendre un scientifique dire qu’il avait
consulté les 2 études sur le sujet. La première classait un certain nombre de
personnes décédées dans la catégorie "avec dioxine" mais certaines
d’entre elles avaient été reclassées "sans dioxine" dans la seconde
étude réalisée par Monsanto. Ainsi, ajouta-t-il, l’équilibre était rétabli et
Monsanto pouvait annoncer que rien ne prouvait que la dioxine avait tué. Mon
interrogation n’est donc pas totalement infondée : de telles pratiques
sont dans le domaine du possible.
Peut-on vérifier une affirmation en accédant aux données
brutes d’une étude ? Au cours de la même émission, un participant a voulu
avoir accès à de telles données concernant les effets d’un produit de Monsanto.
Il a frappé à de multiples portes sans rien obtenir. Il s’exclame que de telles
données devraient être publiques et disponibles pour tous afin que ceux qui le
souhaitent puissent les étudier.
On retrouve les mêmes ingrédients avec la vaccination hépatite
B : des experts font des enquêtes et annoncent leur conclusion, toujours
la même, et on doit les croire. Qu’un autre expert publie des résultats
contraires et son étude est aussitôt déclarée bourrée d’erreurs et de failles
jetant le discrédit non seulement sur l’étude mais aussi sur la compétence de l’auteur.
L’effet diluant des critères statistiques
La décision de limiter à une durée d’un an la prise en compte d’une SEP apparue chez un vacciné n’a aucune justification puisqu’on est dans l’ignorance du mécanisme biologique par lequel le vaccin pourrait déclencher une telle maladie. Rien ne permet de dire qu’en se manifestant 15 mois ou 40 mois après la vaccination celle-ci ne saurait être en cause. Voici un exemple amusant permettant de comprendre à quoi on pourrait arriver ainsi :
Supposons que l’on veuille étudier par une statistique l’éventualité d’un lien de cause à effet entre les rapports sexuels et les naissances. On décide de classer comme étant « nés avec rapport sexuel » les enfants nés moins de 3 mois après le dernier rapport et comme « nés sans rapport sexuel » ceux nés plus de 3 mois après. Il ne serait pas impensable de pouvoir produire une statistique conduisant à conclure que la preuve d’une relation ne saurait être établie. S’emparant de cette conclusion statistique pourtant prudente et non définitive, les autorités pourraient alors proclamer que le phénomène des familles nombreuses étant sans lien avec l’activité sexuelle, il n’y a plus aucune raison pour se restreindre !
De plus, les études statistiques ne prennent pas en compte la durée
entre la vaccination et les premiers symptômes car ils sont généralement
seulement enregistrés par le patient et non par un médecin, donc considérés
comme non fiables. Aussi un trouble apparu quelques jours après la vaccination,
comme assez souvent dans les témoignages, se transforme en SEP apparue dans
l'année, ce qui pourrait tout changer. Au moins pour cette raison les statistiques
de SEP ne sont pas satisfaisantes car beaucoup de témoignages font état de
troubles soudainement apparus dans les jours ou semaines qui suivaient la
vaccination. Mais les études n’ont pas cherché à prendre en compte cette
simultanéité qui frappe tous ceux qui prennent connaissance de ces témoignages.
C’est une forme de dilution dans le temps. De plus, Marc Girard fait remarquer
que les critères de définition statistique de la maladie ont été durcis, ce qui
conduit à allonger la durée nécessaire pour reconnaître la maladie et donc
franchir la limite d’une année.
43% des cas
dans les 2 mois après la vaccination, est-ce vraisemblable !
Plutôt que de chercher à allonger la durée prise en compte on pourrait
au contraire la restreindre à 2 mois pour tenter de prendre en compte la durée
très courte souvent relatée entre la vaccination et les premiers symptômes.
Dans cette optique je suis interpellé par cette affirmation du bilan de la commission
nationale de septembre 2004 :
« Le
bilan des cas notifiés au réseau national des centres régionaux de
pharmacovigilance, aux laboratoires et à l’association de patients REVAHB
(Réseau Vaccin Hépatite B) recense :
- un
total de 1110 cas d’affections démyélinisantes centrales, dont 898 cas de
sclérose en plaques (SEP), signalés depuis la mise sur le marché des vaccins
contre l’hépatite B jusqu’au 31 décembre 2002. Respectivement 43,5%,
79,2% et 94,4% d’entre eux sont survenus dans les 2 mois, 12 mois et 3
ans suivant la vaccination.
- L’examen des caractéristiques de ces
observations de SEP en termes d’âge, sexe, forme clinique, facteurs de risque,
délai d’apparition et type d’atteinte neurologique ne permet aucunement de les
différencier des SEP classiques, ni d’affirmer la responsabilité du vaccin dans
leur survenue. »
Car enfin, 43,5% de ces 1110 cas
recensés à l’époque dans les 2 mois qui suivent la vaccination paraît a priori
un argument très fort. Mais a-t-il vraiment été correctement incorporé dans
les études statistiques ? Supposons d’abord que l’on cherche à
confirmer ou infirmer l’affirmation que la St Valentin serait un facteur
déclenchant d’affections démyélinisantes : on pourrait chercher à
comptabiliser ces affections apparues entre le 14 février et le 15 avril. On
peut penser, si la saison n’intervient pas dans l’affaire, ce qui est
vraisemblable, qu’on trouverait à peu près le sixième des cas totaux dans
l’année (ou sur plusieurs années cumulées). Le sixième soit 16,7% et non pas
43,5%. L’objection qui sera alors faite serait sans doute que la date de la
vaccination n’est pas la même pour tout le monde et c’est ce qui permet une
dilution sur toute l’année. Mais supposons que tous aient été vacciné le 14
février et que l’on ait non pas à peu près 16,7% de cas jusqu’au 15 avril mais
43,5%, soit 26,8% d’excédents par rapport à la moyenne attendue, on aurait là
un élément très fort en faveur de l’action du vaccin sur ces 26,8% de cas. Par
contre, si les dates de vaccinations sont réparties uniformément sur l’ensemble
de l’année, les 26,8% vont se diluer sur chacune des 6 périodes de 2 mois que
l’on considérera.
Par exemple l’étude de Touze (1997, revue neurology 2000) retient 121 cas apparus dans les 2 mois, soit 20
cas en moyenne par tranche de 2 mois. Ces valeurs peuvent être trop faibles
pour faire apparaître des différences significatives.
Evaluer la probabilité de coïncidence
Supposons que l’apparition d’une affection démyélinisante soit
indépendante de la vaccination, ce qui est l’hypothèse que l’on cherche à
tester. Supposons que pour une personne donnée le destin ait fixé cette
événement malheureux pour le 2 juillet 1997. Supposons maintenant que la
décision de sa vaccination ait été prise pour l’année 1997 et que la date soit
choisie au hasard dans l’année. On a alors une chance sur 6 pour que cette
personne soit vaccinée dans les 2 mois qui précèdent l’apparition de la maladie
et 5 sur 6 du contraire. Sous ces hypothèses on devrait avoir 5 cas sur 6, soit
83,33% des cas, en dehors de cette fourchette de 2 mois alors qu’on en a
56,5%. Si le nombre total de cas
enregistré en 1997 est suffisant, nul doute que la différence sera très
significative (60 cas dans l’année seraient suffisants).
La troisième hypothèse peu ne pas paraître totalement réaliste mais
elle permet de faire simple pour pouvoir calculer la probabilité de coïncidence
sous ces conditions. Il faudrait d’ailleurs corriger en multipliant par la
probabilité que la décision de vaccination soit justement prise l’année où la personne
va déclarer sa maladie, ce qui réduirait encore cette probabilité. De toute
façon un créneau de 2 mois c’est très court ici et la probabilité que la
personne soit vaccinée justement dans les 2 mois qui précèdent une maladie de
cette nature, maladie qui n’apparaît qu’une seule fois dans une vie et
rarement, est certainement très faible. Admettre, comme je l’ai fait, que cette
probabilité serait de 1/6 apparaît plutôt comme une large surestimation qu’une
sous-estimation. Cela ne veut pas dire que la coïncidence soit impossible mais
je doute a priori qu’elle puisse se produire pour 483 cas sur 1110. Il y a là
en effet quelque chose qui me chiffonne. Supposons qu’on annonce avoir trouvé
1110 personnes vaccinés hépatite B puis victimes d’une fracture du fémur dont 483 dans les 2 mois après cette
vaccination. Cela paraîtrait immédiatement complètement invraisemblable à tous.
On pourrait concevoir là un moyen de comparaison : choisir un événement
médical rare et sans lien apparent avec la vaccination hépatite B et comptabiliser combien s’en produisent
dans les 2 mois qui suivent la vaccination.
Peut-on traiter la question d’une façon plus rigoureuse ? L’étude
statistique consiste à associer des témoins aux cas recensés. On suppose ces témoins soumis aux mêmes aléas
que les cas. Par comparaison entre les témoins et les cas on évite d’avoir à
décrire la nature de ces aléas et on se dispense d’avoir à évaluer des
probabilités de coïncidences impossibles à gérer en toute rigueur. Faute de
données plus précises sur ces témoins il nous est impossible, à nous les
témoins de ce spectacle imposé par les acteurs de la santé publique nationale
et mondiale, de reprendre ces études pour le cas échéant mettre en évidence des
couacs dans leurs prestations. En investiguant comme je le fais je n’essaie pas
de convaincre mais de faire réaliser l’invraisemblance de la conclusion par
rapport aux chiffres fournis : sur une période de 2 mois et un nombre important de victimes (1110) il n’est pas
vraisemblable que l’on puisse avoir 483 coïncidences avec des maladies
démyélinisantes dont des SEP. Ce pourrait être différent pour la grippe par
exemple qui est saisonnière et répétitive, ainsi que sa vaccination.
Si les études concluent à la coïncidence, ou du moins à l’impossibilité
de mettre en évidence le contraire, c’est de manière quasi certaine qu’elles
contiennent une erreur importante.
19 février 2008
Hépatite B : l’Académie veut effacer les conséquences de ses erreurs !
Dans un communiqué daté du mardi 12 février l’Académie de Médecine
regrette la relance médiatique de l’affaire de la vaccination hépatite B. Mais
qui est responsable de cette relance ? Tous ceux qui ont œuvré pour empêcher les victimes possibles de
cette vaccination d’être reconnues et correctement soutenues par la collectivité,
tout particulièrement les personnels de santé vaccinés de façon obligatoire et
qui, contraints d’abandonner leur métier en raison de leur état de santé, se
trouvent aujourd’hui dans des situations impossibles. Ce sont ces situations
qui contraignent, bon gré mal gré, des plaignants à poursuivre leur combat, non
pour le plaisir de jouter avec les labos mais parce qu’il s’agit de leur survie
immédiate. Nos comités de haut
niveau qui définissent la politique de
santé publique comme l’Académie de Médecine ne l’ont toujours pas compris…Affligeant !
Ce communiqué de l’Académie commence ainsi :
« Une campagne médiatique sur les effets adverses graves de la vaccination contre l’hépatite B se développe à nouveau en France à la suite de la mise en examen des laboratoires producteurs du vaccin. Bien qu’elle concerne leur action publicitaire en 1994, l’accent est mis, par les médias, sur la responsabilité du vaccin dans la survenue de cas de sclérose en plaques (SEP) .
L’Académie de médecine s’inquiète de ces allégations, qui réveillent une fois encore l’inquiétude et les hésitations des médecins vaccinateurs et des personnes à vacciner. Elle rappelle ses prises de positions antérieures, en date du 4 février 1997, du 30 juin 1998 et du 3 décembre 2002. En 2002, déjà, l’évaluation du rapport bénéfices/risques du vaccin faite par l’InVS dans une cohorte d'adolescents et d’adultes à risques montrait que le nombre de porteurs chroniques du virus, de cirrhoses et de cancers du foie évité par la vaccination était très supérieur à celui des éventuels effets secondaires imputés. »
On croît rêver ! Nos académiciens de la médecine seraient-ils
incapables de comprendre que si la campagne de vaccination s’était déroulée
sans incidents ni accidents personne ne porterait plainte aujourd’hui.
N’ont-ils pas compris que la qualification de tromperies aggravées concernant
la campagne publicitaire de 1994 est une qualification juridique pour permettre
aux plaintes déposées d’être recevables et que si les subtilités juridiques
distingueront l’un de l’autre, tout le monde et les médias pensent d’abord aux
très graves conséquences imputées à cette campagne de vaccination par les
plaignants mais systématiquement niées par les diverses composantes de
l’autorité vaccinale.
On croit rêver quand on lit que l’Académie de médecine semble
considérer qu’un rapport bénéfice-risque positif serait un argument suffisant
pour escamoter le problème des effets secondaires et donc pour laisser les
victimes et leurs familles à leur souffrance. Que la vaccination puisse éviter
un certain nombre de cirrhose et de cancers du foie est une chose qui ne change rien au fait que des personnes, même peu nombreuses, aient pu
souffrir très gravement de cette vaccination imposée à certaines en tant que
personnel de santé par exemple. La moindre des choses serait qu’elles soient
correctement traitées et indemnisées. Car enfin, si l’affaire rebondit ainsi au
niveau de la justice c’est UNIQUEMENT en raison du refus délibéré de prendre
ces quelques cas en considération. Le rapport bénéfice-risque est favorable,
tant pis pour les victimes ! On veut nous enterrer vivantes disait l’une
d’elles.
L’Académie et autres comités de vaccination récoltent ce qu’ils ont
semé depuis longtemps et bien avant l’existence du vaccin hépatite B. On
retrouve en effet dans ces attitudes et prises de positions celle qui prévalait
au temps de la vaccination antivariolique où les très graves victimes de cette
vaccination, par encéphalite par exemple, n’avaient qu’à souffrir en silence
ainsi que leurs familles sans aucun soutien de la collectivité puisque le
rapport bénéfice-risque était jugé favorable…Puisque ces victimes étaient
considérées comme devant être fort rares elles n’auraient pas coûté bien cher à
la collectivité. En 1975 j’ai rencontré la mère d’un tel enfant : son
fils, vacciné tout jeune contre la variole, était devenu épileptique à raison
de 4 crises par jour. Il a vécu ainsi 20 ans. Sa mère a dû abandonner son
métier pour s’occuper de lui à temps plein. A cette époque aucune loi ne
permettait la prise en charge de victimes de vaccinations obligatoires…Cette
famille a vécu un véritable calvaire dont pourtant cette femme m’a paru sortir
grandie. L’attitude de l’autorité vaccinale n’a guère évolué depuis cette
époque. Les SEP du vaccin hépatite B valent en gravité les encéphalites du
vaccin antivariolique. D’ailleurs cette affaire me rappelle à plus d’un titre
l’époque des années 60-70 avec la bataille sur la fréquence des encéphalites
post vaccinales. A l’époque elles étaient jugées fort rares en France, 1 cas
pour 1 à 2 millions de vaccinations. Mais le rapport de l’InVS rédigé en
octobre 2001 par les experts Daniel Lévy-Bruhl (InVS) et Nicole Guérin (Comité
technique des vaccinations) sur le sujet était beaucoup plus pessimiste, ce qui
fit dire au ministre de l’époque, Bernard Kouchner, qu’une campagne généralisée
de vaccination antivariolique en France ferait au moins 300 morts.
On retrouve aujourd’hui avec la vaccination hépatite B les mêmes
problématiques, les mêmes attitudes, les mêmes souffrances balayées avec le
même mépris. Tout comme d’ailleurs dans l’affaire de l’hormone de croissance.
Il n’y avait qu’une seule solution pour éviter que cette affaire de l’hépatite B
s’auto-entretienne et rebondisse : reconnaître au bénéfice du doute et
indemniser correctement les victimes possibles de cette vaccination, même en
l’absence de preuves irréfutables. Ce fut la politique menée par le professeur
Lucien Abbenhaïm quand il était Directeur général de la santé. Il avait ainsi
facilité l’indemnisation d’un certain nombre de personnes. Sont-elles
plaignantes aujourd’hui ? Non bien sûr. Si des personnes portent plainte
maintenant c’est parce qu’elles n’ont pas bénéficié de ce dispositif rapidement
abandonné au profit d’une attitude intransigeante : pas de preuve =
coïncidence afin de soutenir l’innocuité du vaccin plutôt que de faire la part
du feu. On voit les conséquences de ce choix qui se voulait tactique et habile
et est en réalité désastreux. Ceux qui l’ont fait se plaignent de l’enfant
qu’ils ont eux-mêmes engendré ! J’ai entendu un expert de l’Afssaps, Mme
A. Castot, dire aux journées de veille sanitaire de novembre 2007 « nous
avons un réel problème de communication. Nous n’avons pas été formé pour
cela. » C’est le moins qu’on
puisse dire !
L’Académie
conclut son communiqué ainsi :
« L’Académie de médecine constate que la couverture vaccinale du nourrisson et de l’enfant demeure très faible en France (25%), contrairement aux autres pays européens et du continent nord-américain. En 2003-2004 on observait 600 nouveaux cas d’hépatite B annuels, dont la moitié aurait pu être évitée si les recommandations de vaccination avaient été suivies, et l’on estimait à 280000 le nombre de porteurs de l’Ag HbS en France. Les craintes actuelles à l’égard de la vaccination, injustifiées, vont encore aggraver cette situation. L’Académie nationale de médecine affirme à nouveau l’importance de la vaccination contre l’hépatite B, souligne la cohérence en terme d’efficacité et de sécurité des recommandations de vaccination contre l’hépatite B des nourrissons avec rattrapage jusqu’à 13 ans, rappelle les données scientifiques montrant son absence d’imputabilité dans la SEP chez les enfants et les adolescents et insiste sur le risque qu’il y a, pour la France, à laisser persister une protection aussi faible contre cette redoutable maladie. »
Dans toute cette affaire c’est moins le vaccin qui est en cause que l’attitude des différentes composantes de l’autorité vaccinale. Le vaccin mérite peut-être mieux que cette attitude. Les premiers adversaires des vaccins ne sont pas ceux qu’on croit mais leurs plus grands zélateurs. S’ils se désolent de voir que la vaccination des nourrissons est en panne dans notre pays et que cela pourrait entretenir l’hépatite B chronique ils en portent la principale responsabilité. Si le vaccin est une arme efficace dans cette guerre contre le virus de l’hépatite B, les morts et les blessés du combat ont droit à un minimum d’égards. C’est pour avoir oublié ce principe fondamental d’humanité que l’affaire rebondit aujourd’hui.
01 février 2008
Vaccin Hépatite B : la mise en examen des laboratoires
Ce jeudi 31 janvier
2008 pourrait devenir une date majeure avec la mise en examen de GSK et de
Sanofi dans l’affaire de la vaccination hépatite B. Plusieurs tentatives
avaient déjà été faites devant la justice par des plaignants et avaient tourné
court. Ce premier succès est sans doute lié au fait que la plainte ne cherche plus à faire le procès du vaccin ou
des politiques mais celui de la campagne vaccinale totalement disproportionnée
avec les risques.
C’est d’ailleurs exactement l’objet de ce blog :
« moins parler des vaccins et des vaccinations que du discours fait sur eux ».
Les raisons de
la plainte
Les nombreuses personnes qui pensent avoir été victimes de la vaccination hépatite B et en souffrent très gravement ont certainement lancé un premier cri de victoire à l’annonce de la mise en examen des 2 laboratoires produisant le vaccin. Dans sa page d’accueil l’association Revahb (réseau vaccin hépatite B) présente ses objectifs et leurs raisons :
« Nous demandons la réparation des préjudices subis
pour les milliers de personnes dont la vie personnelle, familiale et
professionnelle a été bouleversée. A l’heure actuelle, plus de 2 600 personnes
ont déclaré un effet secondaire post-vaccinal grave auprès de notre
association.
Les principales affections recensées au sein du REVAHB sont
des maladies
neurologiques (60%). Les SEP (scléroses en plaques) représentent bien sûr
l’éventualité la plus fréquente (plus du tiers des victimes).
D’autres maladies neurologiques plus rares sont aussi
recensées :
Myélite (inflammation de la moelle épinière), maladie de Guillain
Barré (paralysie
des nerfs périphériques des membres), sclérose latérale amyotrophique (SLA), névralgie amyotrophique
de l’épaule, surdité brusque… mais aussi des affections neurologiques
atypiques ou inclassables non moins invalidantes.
Parmi ces maladies inclassables que la médecine refuse
parfois de reconnaître ou oriente vers les services de psychiatrie, une
nouvelle entité a été récemment isolée par des médecins français sous le terme
de myofasciite
à macrophages, certaines de ces personnes sont étiquetées fibromyalgies ou
syndrome de fatigue chronique alors qu’elles ont des symptômes
similaires.
L’autre groupe important de complications
post-vaccinales est représenté par des maladies « auto-immunes » (23 %): lupus, périartérite
noueuse, polyarthrite rhumatoïde, maladies thyroïdiennes, maladies digestives,
diabète insulinodépendant. Des affections ophtalmologiques spécifiques ont aussi
été décrites : uvéite, occlusion de la veine centrale de la rétine... ou des maladies
hématologiques à type de thrombopénie (baisse des plaquettes) ou même d’aplasie
médullaire (destruction des cellules sanguines produites dans la
moelle)
parfois mortelle. »
La mise en examen
{L’article de l’AFP est sous copyright mais tous les extraits que je
cite ici ont été publiés dans toute la presse et sont donnés ici non pour
informer, cette information ayant été faite par l’ensemble des médias, mais
pour faciliter l’analyse de l’affaire.}
En effet les responsables de GSK (GlaxoSmithKline et qui était à l’époque "SmithKline Beecham") et de Sanofi Pasteur MSD (à l’époque Pasteur Mérieux MSD ), les deux laboratoires ayant fabriqué le vaccin, sont poursuivis pour "tromperie sur les contrôles, les risques et les qualités substantielles d'un produit ayant eu pour conséquence de le rendre dangereux pour la santé de l'homme".
Le laboratoire Pasteur MSD est également mis en examen, en tant que personne morale, pour "homicide involontaire" pour la mort d'une patiente, à l'âge de 28 ans, d'une sclérose en plaques et dont les parents se sont constitués partie civile et seront interviewer le 1er février par France 2 dans son journalde 13h. C'est la juge Marie-Odile Bertella-Geffroy, du pôle de santé publique de Paris, qui a mis en examen pour "homicide involontaire" la société Sanofi Pasteur MSD.
La juge reproche aux trois mis en examen de ne pas avoir déclaré l'ensemble des effets indésirables ou secondaires supposés du vaccin lors de la commercialisation de ce produit entre 1994 et 1998.
"Pour nous, c'est une satisfaction dans la mesure où ces mises en examen confortent notre thèse selon laquelle les recommandations en vue de la vaccination n'étaient pas conformes aux risques véritables", a déclaré à l'AFP Me Bernard Fau, avocats de parties civiles.
La défense
Les avocats des sociétés et de leurs dirigeants n'ont pas fait de commentaires dans l'immédiat. Ils avaient précédemment déclaré que leurs clients niaient avoir agi de manière illégale.
Le Dr Benoît Soubeyrand, a précisé à l'Associated
Press que les deux laboratoires avaient l'intention de collaborer avec la
justice, tout en jugeant "injustifiées" les charges retenues.
Le Dr Soubeyrand estime que Sanofi "n'a commis ni de faute, ni de
négligence". Et de préciser: "Onze études, dont trois en
France, ont été conduites sur le sujet et aucune n'a montré une relation
causale entre la sclérose en plaques et la vaccination contre l'hépatite
B. Mais pour nous ces accusations ne
sont pas justifiée, et nous entendons faire valoir notre point de vue dans
cette affaire".
Il confirmera ses propos le lendemain au journal de 13h sur France 2. Le 31 janvier, au journal de 20h de TF1, j’ai entendu le Dr
Soubeyrand affirmer que la fréquence des scléroses en plaques chez les vaccinés
et les non vaccinés était la même. Pourtant, les conclusions de la réunion de
consensus de novembre 2004 admettaient la possibilité d’un risque faible et non
pas l’absence de risque. Il faut d’ailleurs savoir que pour les vaccins et
médicaments un risque est considéré comme très rare quand il est inférieur ou
égal à 1/10000. Mais quand on vaccine 26 millions de personnes un risque de
1/10000 d’une complication grave pourra donner 2600 victimes de ce risque
pourtant classé très rare. Nous constatons que les 2600 cas enregistrés par le
Revahb sont compatibles avec la classification très rare de ces manifestations
si on les attribue au vaccin.
Les plaintes
En 2005, une plainte avait été déposée pour "mise en danger de la vie d'autrui" visant les ex-ministres de la Santé que furent Jean-François Mattëi, Bernard Kouchner et Philippe Douste-Blazy. La Cour de justice de la République l’avait classée sans suite.
La campagne de vaccination avait été très vigoureusement soutenue par les pouvoirs publics. L’hépatite B était présentée comme plus redoutable que le Sida ( "L’hépatite B tue en un jour plus que le Sida en un an") et affirmait que le virus pouvait se transmettre par la salive. Elle fut très fructueuse pour les laboratoires qui ont écoulé 70 millions de doses (trois injections et un rappel).
L’avocat de plaignants, Me Fau souligne que "La recommandation d'une vaccination à grande échelle allait très au delà des populations à risque (toxicomanes, professionnels de santé...) notamment en ce qui concerne la vaccination scolaire généralisée".
On voit ainsi que ce
n’est plus le procès du vaccin qui est fait mais celui du discours tenu sur lui
pour le promouvoir au delà de toute utilité et avec des arguments non valides.
C’est sans doute cette évolution qui a permis cette mise en examen spectaculaire.
La communication de l’Afssaps aux journées
de veille sanitaire
Le30 novembre 2007 j’ai assisté à plusieurs communications
sur les vaccinations dans le cadre des journées de veille sanitaire organisées
chaque année par l’InVS (Institut de veille sanitaire). L’une d’elle portait
sur l’affaire de la vaccination hépatite B et était exposée par Mme A. Castot
expert de haut niveau de l’Afssaps. J’ai écrit un article
détaillé sur le sujet dans ce blog. J’en retiens ici les extraits
suivants citant les propos de l’orateur tels que j’ai pu les recopier à
partir de l’écoute :
« Il existe une sous notification très nette
des effets indésirables des vaccins. Le calcul bénéfice-risque de la
vaccination hépatite B a été très contesté en France. Mais avait-on toutes les
données pour soutenir ce discours ? »
Nous allons alors entrer en France, poursuit Mme A.
Castot, dans une véritable crise sanitaire avec une campagne médiatique, des
témoignages publiques de victimes, l’interpellation de l’Etat et les premiers
procès au tribunal de Nanterre. Elle tente alors « d’expliquer ce
dérapage » :
1- « On a compris qu’il existait un risque mal identifié. » Il y avait « obligation
d’aller à l’Europe mais on n’a pas été suivi au niveau européen ».
2- Elle
parle « d’incidents en milieu scolaire avec l’utilisation du vaccin
HbVax 10 µg/ml qui était mal toléré et en fait mal adapté alors qu’il aurait
fallu utiliser un vaccin dosé à 5 µg/0,5ml non disponible malgré une AMM
européenne ».
3- Insuffisance
du dispositif mis en place : la première étude commence en octobre 1997 et
débouche sur « une association causale mal établie, avec des enquêtes
épidémiologiques qui ont tardé. Si les résultats sont convergents, ils ne sont
pas significatifs. Pour l’Afssaps, la conclusion principale de ces enquêtes
sera qu’on ne peut écarter un risque faible ».
Ce fut d’ailleurs la conclusion de la réunion de
consensus de novembre 2004, présidée par le professeur Marc Brodin.
Pour Mme Castot, en octobre 1998, soit 4 ans
exactement après le lancement de la campagne, « il y avait urgence pour
les pouvoirs publics de prendre une décision. Le vaccin restera recommandé chez
le nourrisson et sera réservé aux adultes à risque »
L’étonnante
évolution des recommandations vaccinales
La
question se pose alors : pourquoi une telle évolution des recommandations
et des conditions de l’obligation si le vaccin avait été reconnu
inoffensif ? Pour la vaccination hépatite B les recommandations faites
aujourd’hui sont en effet très différentes de celles qui étaient martelées dans
les années 1994-1997. L’hépatite B étant une maladie sexuellement transmissible
la vaccination était présentée à l’époque comme indispensable pour tous les
adultes avec rappel tous les 10 ans. Aujourd’hui la vaccination est considérée comme efficace
toute la vie dès lors que la
personne aura reçu 3 injections pouvant être terminées à l’âge de 18 mois. Si
ces injections ne sont pas faites avant l’âge de 13 ans alors cette efficacité
définitive ne serait plus assurée. Si pour les adultes considérées comme
exposés (l’évaluation du risque peut être laissé à l’évaluation du médecin du
travail), la vaccination est obligatoire et si les injections n’ont pas été
terminées à l’âge de 13 ans, un titrage d’anticorps est effectué avant de
procéder à la vaccination.
Autrement dit tout a été
fait pour limiter la vaccination des adultes. Pour quelles raisons si le vaccin
était inoffensif ? Une telle interrogation ne peut que nous interpeller.
Pour plus de détails sur ces recommandations et
obligations voir mon
article sur ce blog.
15 décembre 2007
L’Afssaps cherche à tirer les leçons de la vaccination hépatite B
« Il existe une sous notification
très nette des effets indésirables des vaccins. Le calcul bénéfice-risque de la
vaccination hépatite B a été très contesté en France. Mais avait-on toutes les
données pour soutenir ce discours ? » Tels furent les propos tenus par la représentante de l’Afssaps le
30 novembre 2007 aux journées de veille sanitaire organisées par L’InVS.
Au cours de cette seconde journée à
laquelle j’ai assisté il y eut plusieurs communications sur le thème des
vaccinations dont celle de Mme A.Castot du département de l’Afssaps chargé de
la surveillance du risque ainsi que du bon usage et de l’information sur les
médicaments. Le titre de sa communication dont on
peut lire le résumé « La pharmacovigilance des vaccins aujourd’hui et
les leçons de la vaccination contre l’hépatite B ». J’ai pris quelques
notes à la volée et, en m’aidant du résumé, je propose cet article.
L’Europe et le rôle de l’Assaps
Mme A.Castot va d’abord rappeler que
l’Afssaps (l’agence de sécurité sanitaire des produits de santé) est la seule
agence à disposer d’un pouvoir de décision : elle peut délivrer des AMM et
pénaliser un laboratoire par exemple. Le principe fondamental de son
fonctionnement est « Indépendance et transparence ». Depuis 2 ans,
tous les avis, décisions ou autres sont sur le
site de l’agence. C’est une obligation européenne. Depuis 1995 la
gestion du médicament, le terme médicament incluant le vaccin, est
européenne. Les AMM sont délivrées au niveau de l’Europe, la règle étant « l’harmonisation
à tout prix. Tout doit remonter à l’Europe et être discuté à l’Europe. »
Historique de la vaccination hépatite B en
France
Mme A. Castot va présenter quelques grandes étapes de cette vaccination dans notre pays.
1991 : lancement par l’OMS de la
campagne d’éradication mondiale de l’hépatite B
1993 : le CSHPF recommande la
vaccination des nourrissons et des adolescents
1994 : lancement de la campagne chez
les enfants scolarisés.
Il
s’agissait, nous dira t-elle, de vacciner toute une génération pour stopper la
transmission du virus. Mais, ajouta-t-elle, il y a « une absence de
données épidémiologiques précises sur l’hépatite B en France. Il ne sera donc
pas aisé de mesurer l’impact de la vaccination sur une durée aussi
courte ».
Pourtant, souvenons-nous, à l’époque des
chiffres nous ont été présentés d’une façon très assurée et apparemment il y
avait suffisamment de données pour pouvoir affirmer par exemple « que
l’hépatite B tuait en un jour plus que le sida en un an !»
De 1994 à 1998 elle indiqua qu’il y a eu 22 millions de vaccinations dont 6 à 7 millions chez les moins de 16 ans.
Le rejet de l’Europe
Mme A. Castot nous dira « que les
premiers cas d’atteintes neurologiques ont été rapportés au réseau
pharmacovigilance dès fin 1993 » soit donc un an avant le grand
lancement de la campagne contre l’hépatite B par le ministre en octobre 1994.
La France a alors présenté à l’Europe ses premières constatations sur les
risques du vaccin hépatite B qui apparaissaient dans notre pays. Mais, nous
dira-t-elle, les observations et propositions françaises ont été fermement
rejetées par les autres pays et tout
particulièrement par l’Allemagne ?
L’expression "Rejet de l’Europe" apparaît
alors en rouge sur l’écran reproduisant les grandes lignes de son exposé.
J’ajoute que l’Allemagne, moins échaudée
que nous vis à vis du vaccin hépatite B, connaîtra un peu plus tard une douloureuse
expérience avec l’utilisation assez importante des vaccins hexavalents. Mme
Castot y fera d’ailleurs allusion.
La crise sanitaire
Nous allons alors entrer en France, poursuit Mme A.
Castot, dans une véritable crise sanitaire avec une campagne médiatique, des
témoignages publiques de victimes, l’interpellation de l’Etat et les premiers
procès au tribunal de Nanterre. Elle tente alors « d’expliquer ce
dérapage » :
1- « On
a compris qu’il existait un risque mal identifié. » Il y avait
« obligation d’aller à l’Europe mais on n’a pas été suivi au niveau
européen ».
2- Elle
parle « d’incidents en milieu scolaire avec l’utilisation du vaccin HbVax
10 µg/ml qui était mal toléré et en fait mal adapté alors qu’il aurait fallu
utiliser un vaccin dosé à 5 µg/0,5ml non disponible malgré une AMM
européenne ».
3- Insuffisance
du dispositif mis en place : la première étude commence en octobre 1997 et
débouche sur « une association causale mal établie, avec des enquêtes
épidémiologiques qui ont tardé. Si les résultats sont convergents, ils ne sont
pas significatifs. Quand le Revahb (réseau
vaccination hépatite B) sera crée en 1997 pour recueillir les témoignages des
victimes, l’Afssaps rencontrera cette association et étudiera les témoignages
recueillis. Pour l’Afssaps, la conclusion principale de ces enquêtes sera qu’on
ne peut écarter un risque faible ».
Ce fut d’ailleurs la conclusion de la réunion de
consensus de novembre 2004, présidée par le professeur Marc Brodin.
Octobre
1998
Pour Mme Castot, en octobre 1998, soit 4 ans
exactement après le lancement de la campagne, « il y avait urgence pour
les pouvoirs publics de prendre une décision. Le vaccin restera recommandé chez
le nourrisson et sera réservé aux adultes à risque »
Mai 2007
La commission
nationale réunie à ce sujet conclura :
« Toutes les données recueillies depuis plus de
10 ans chez les adultes et les enfants ne s’opposent pas aux recommandations
actuelles en matière de vaccination contre l’hépatite B. »
La leçon retenue
Les études préliminaires, avant l’obtention de
l’AMM, étant réalisées sur un nombre limité de personnes, elle ne peuvent
exclure des effets nocifs pouvant apparaître sur des populations plus
importantes. Aussi, « on doit admettre la possibilité de risque émergent
après l’obtention de l’AMM » ; Mme Castot souligne aussi « la
nécessité de connaître l’épidémiologie de la maladie prévenue par le
vaccin » et reconnaît d’une manière générale « une sous
notification très nette des effets indésirables des vaccins » ainsi que la nécessité « de faire de
la détection de signal » afin de dépister le plus tôt possible « un
risque émergent après AMM ». Elle souligne la nécessité d’avoir « une
démarche plus prospective » pour capter « un signal faible,
pour ne pas attendre trop longtemps ».
Un problème de communication
Au cours du débat qui suivi il fut observé que la
communication avait un grand rôle à jouer. Mme A.Castot a honnêtement reconnu « qu’on a vraiment un
problème pour gérer les crises sanitaires ; on n’est pas formé pour
ça ».
Un aveu qui faisait plaisir à entendre.
L’autorité se méprend souvent lourdement sur les réactions que pourraient avoir
les populations. Ces dernières comprennent fort bien qu’on ne peut gagner une
bataille sans qu’il y ait des morts et des blessés. Elles en ont souvent fait
l’expérience. Mais elles n’acceptent pas que les morts et les blessés soient
mis au compte de la coïncidence et ne soient jamais reconnu. Il faut aussi que
l’enjeu et la stratégie de la bataille soient expliqués. En 1917 des poilus se
révoltèrent dans les tranchées : ce n’étaient pas des déserteurs, ils ne
refusaient ni de se battre ni de mourir mais ils refusaient de se faire
massacrer pour rien. Il en va de même dans les grandes opérations de santé
publique, il faut que les objectifs, les stratégies et les risques soient
clairs. Vouloir éradiquer l’hépatite B est une chose, avoir les moyens de le
faire en est une autre.
Communiquer = dire la
vérité ?
La technique de communication c’est
quoi ? L’art de faire accepter ce qu’on souhaite faire croire et
penser ! L’un des problèmes avec les vaccinations est qu’il faut réaliser
cet objectif avec un seul et même discours destiné à une population extrêmement
variée avec des niveaux culturels très différents. Le même discours pour le
charcutier, le jardinier, l’ouvrière, l’immigré, le chercheur scientifique, le
professeur d’université et l’homme d’affaire, autant résoudre la quadrature du
cercle. Cela pouvait fonctionner avec de vieux vaccins comme le DTP, mais avec
les nouveaux vaccins et le vaccin hépatite B sur les bras c’est une autre
affaire…
Au cours de la même journée de veille
sanitaire, une Britannique, E.Kissling, nous a présenté en
excellent français les résultats
d’une campagne de vaccination ROR de rattrapage réalisée à Londres pendant
l’hiver 2004-2005. Il est apparu que si les familles qui ne renvoyaient pas le
questionnaire de consentement résidaient le plus souvent dans des quartiers déshérités, celles qui le
renvoyaient en refusant la vaccination étaient les plus souvent dans des quartiers favorisés, avec des enfants
plus jeunes que les consentants et souvent dans des écoles privées. La crainte
de l’autisme revenait très souvent. La liaison ROR-Autisme, " une
très mauvaise publicité" nous a dit l’intervenante.
Une autre étude les bébés
à risque d’hépatite B à Londres et qui ne sont pas vaccinés nous a
également été présentée. L’un des objectifs était d’identifier les facteurs de
non vaccination. L’un des principaux mis en évidence : les informations
données à la maman dans une langue qu’elle puisse comprendre.
L’objectif de ces études est de mieux
cerner les causes des échecs des campagnes de vaccination et de rechercher un
discours permettant une meilleure adhésion. De ce point de vue, la campagne
menée en France à partir d’octobre 1994 en faveur de la vaccination hépatite B
est un modèle du genre puisqu’elle entraîna l’adhésion immédiate et massive de
22 millions de Français. On connaît la suite…Encore faut-il que le produit soit
à la hauteur de l’annonce si on veut s’inscrire dans la durée.
Quand
l’improbable devient certitude
Pour expliquer une des causes de cet échec il faut savoir que quand
une AMM est délivrée, le vaccin a alors été expérimenté en essai de phase 3 sur
seulement quelques centaines, tout au plus quelques milliers de personnes.
Ainsi, un risque de décès de 1/10 000 peut fort bien ne pas apparaître. Un
accident ayant un risque inférieur à 1/10 000 et d’au moins 1/1000 est classé
rare selon les normes de la pharmacovigilance; à partir de 1/10 000 il est
considéré comme très rare. Mais tout dépend du nombre de vaccinations
effectuées. Si on vaccine 1 millions de personnes par an on pourrait avoir une
centaine de décès par an alors que l’événement est considéré comme très
rare ! A titre indicatif, l’avis du CSHPF du 9 mars 2007 sur la
vaccination à papillomavirus (Gardasil) précise que les essais réalisés à ce
jour ne permettent pas de dépister un risque inférieur à 1/4000 alors que ce sont 400 000 jeunes filles par an, sans parler d'un éventuel rattrapage, qui sont candidates à cette vaccination :
« la
tolérance de ce vaccin a été satisfaisante mais les effectifs ne permettaient
pas de détecter un effet indésirable dont l’incidence serait inférieure à
1/4000 » ( www.hcsp.fr ).
Une telle classification faite sur la probabilité est aberrante et
témoigne, une fois de plus, de l’incompétence des experts épidémiologistes en
statistique : en effet, une telle classification qualitative doit se
faire sur le nombre moyen de cas attendus, ce qu’on appelle aussi
l’espérance mathématique du nombre de cas, et non pas sur la probabilité
d’apparition de ces cas. C’est absolument élémentaire. Si je lance
10 fois une pièce équilibrée, l’espérance mathématique du nombre de piles sera
5 ; si je la lance 1 milliard de fois elle sera 500 millions.
La probabilité à elle seule ne donne
aucune information et peut au contraire être trompeuse. On pourrait penser
qu’un événement ayant une chance sur 14
millions de se réaliser ne se produira pratiquement jamais. Pourtant c’est
celle d’avoir les 6 bons numéros au loto. Si chaque semaine il y a 28 millions
de bulletins validés, il y aura en moyenne 2 gagnants. Une probabilité de 1 sur
10 à la puissance 1 milliard paraît quasi nulle, mais si elle correspond à des
combinaisons d’atomes pouvant se produire dans les étoiles, ces combinaisons
aussi improbables pourraient fort bien se produire 1 milliard de fois par seconde
sur l’ensemble de l’univers. Ce que nous jugeons comme totalement improbable en
appréciant la seule probabilité à notre échelle peut devenir une certitude
quasi absolue à une autre échelle.
Pour revenir aux vaccinations, un accident de vaccination jugé très
rare doit être rapporté au nombre de vaccinations envisagées et non pas à sa
probabilité. Si l’apparition d’une SEP après vaccination hépatite B est estimée à 1/10000 et qu’on se contente
de vacciner une centaine de personnes, le nombre de décès attendus sera de 0,01
et l’événement pourra être qualifié de rare. Mais si on lance une campagne de
vaccination portant sur 25 millions de personnes en quelques années, comme cela fut fait en France, l’espérance
mathématique du nombre de SEP sera de 2500. On a alors la CERTITUDE d’avoir sur
les bras un très grave problème de santé publique. Peut-on considérer comme
très rare un événement qui, dans ces conditions, conduit à coup sûr à une crise
sanitaire de grande ampleur ?
Le pire ennemi des vaccins : l’excès de zèle
Faut-il être antivaccinaliste pour juger de telles méthodes comme
totalement inacceptables ? Faut-il, parce qu’on serait provaccinaliste,
fermer les yeux sur ces procédés ? J’espère qu’il sera possible de
dépasser de tels clivages qui n’ont pas leur raison d’être. D’ailleurs, de tels
procédés, fondamentalement erronés, ont conduit à retourner la population
française contre la vaccination hépatite B qu’elle avait pourtant très
largement adopté. Ainsi, dans
un article du 12 décembre 2007 le Parisien annonçait la très probable mise
en examen des 2 laboratoires ayant élaboré le vaccin : « Les
interrogations se concentrent sur la pertinence d’une campagne massive. Il
n’existait pas d’intérêt de santé publique à vacciner toute une
population ».
Et si les vaccins
méritaient mieux que d’être ainsi maltraités par leur plus zélés
défenseurs ?
Vacciner, pourquoi pas, mais en restant dans les limites connues du vaccin et en élargissant très progressivement le cercle des vaccinés afin de déceler les problèmes avant de créer une affaire nationale qu’on tentera d’étouffer par tous les moyens en se compromettant avec de faux arguments et en faisant inutilement souffrir la population. Eviter de passer soudainement, dès l’AMM obtenue, d’une expérience très limitée à une vaccination généralisée. On renouvelle la même erreur avec le Gardasil. Quand j’étais jeune on m’enseignait que la prudence et la circonspection étaient des vertus, la précipitation un bien vilain défaut…
Les populations françaises et allemandes sont-elles
comparables ?
Une des raisons souvent avancée pour nier ou minimiser la relation
de cause à effet entre la vaccination hépatite B et la SEP (entre autres) est
que le phénomène serait trop spécifique à la France. Il y a au moins 2 raisons
à cela :
1- La France a
massivement vacciné sa population en très peu d’années, contrairement aux
autres pays. C’est l’accident d’autocar faisant d’un coup 50 victimes contre 50
cyclistes fauchés le même jour dans 50 départements différents. Le premier
événement alertera les médias nationaux ; pour le second, les journaux
locaux mentionneront chacun un seul cas à la rubrique des faits divers.
2- Français et
Allemands sont-ils biologiquement comparables ? Non ! Et cela au
moins pour une raison : les Français ont reçu le BCG, pas les Allemands.
Quand on fait ce vaccin, des millions de colonies s’implantent en divers points
de l’organisme, foie, poumons, rate, ganglions…Ces foyers peuvent perdurer très
longtemps dans l’organisme, peut-être toute la vie. Un autre vaccin pourrait
fort bien réactiver ces foyers de mycobactéries et c’est peut-être ce qui pourrait se
produire avec le vaccin hépatite B.
Un médecin homéopathe me disait avoir très significativement
amélioré une patiente avec une SEP apparue après une vaccination hépatite
B : une première amélioration s’est manifestée après des doses à hautes
dilutions du vaccin lui-même, puis nouvelle amélioration avec des hautes
dilutions de BCG. Je n’ai aucune raison de mettre en doute son témoignage. De
façon indépendante, un correspondant m’a dit avoir recueilli le témoignage d’un
architecte très amélioré d’une SEP apparue aussi après vaccination hépatite
B : son médecin homéopathe avait aussi utilisé des dilutions
homéopathiques de BCG, affirmant que le vaccin avait réactivé le bacille.
Quoi qu’il en soit sur ce point, qu’on pense cela possible ou non,
on doit reconnaître que nous ne sommes pas tous biologiquement identiques en
raison en particulier des vaccins et des médicaments utilisés au cours de notre
vie, ou même par notre mère, comme on l’a constaté avec le distylbène. Aussi,
prétendre que les cas s’étant produits en France seraient des coïncidences
parce que l’Allemagne n’aurait pas connu le même phénomène n’est pas forcément
un argument aussi recevable qu’il y paraît.
06 décembre 2007
Vaccins hexavalents : le scoop d'Arte confirmé par l'Afssaps
Aux journées de veille
sanitaire de novembre 2007 une représentante de l’Afssaps a déclaré : « Les
vaccins hexavalents ont aussi fait du mal en Allemagne ». Trois jours
auparavant, un documentaire d’Arte présentait un véritable scoop sur ce
thème : « Presque chaque jour, des nourrissons morts d’un œdème
cérébral de cause inconnue à Munich ». Accusés : les vaccins
hexavalents dont l’un deux sera plus tard retiré du marché. L’autre poursuit sa
route, mais est-il meilleur ?
Le scoop d’Arte
« Le vaccin, un geste anodin ? » Tel était le titre du documentaire tourné pour l’essentiel en Allemagne par Valentin Thurn et diffusé pour la première fois le 27 novembre 2007 sur Arte dans le cadre d’un Thema sur les virus. Quand le documentaire aborde les vaccins hexavalents ce sera un véritable scoop, du moins pour nous en France :
«Presque chaque jour, des corps d’enfants sont
transférés à l’Institut médico-légale de Munich pour y être autopsiés à la
demande du ministère public. »
Un professeur de médecine légale, Randolf Penning, parle calmement. En 25 ans de carrière il a autopsié plus de 10 000 corps. Il a soudain constaté une multiplication de cas d’œdèmes cérébraux chez les nourrissons comme il n’en avait jamais vu auparavant :
« En 2002 nous avons procédé par hasard, en l’espace d’un mois, à l’examen de plusieurs corps d’enfants qui avaient été vaccinés quelques temps auparavant. Nous avons observé que le cerveau était très dur. C’est pour nous un signe d’une mort possible par asphyxie. Ni notre institut ni la police criminelle ne pensions qu’il pouvait s’agir d’homicides. Néanmoins les décès étaient suspects. Sur 120 enfants examinés, 6 d’entre eux étaient décédés le jour même ou le lendemain de la vaccination. Cette multiplication des cas nous a alerté. Il y a environ 300 médecins légistes en Allemagne, on se connaît entre nous. J’ai parlé avec certains de mes collègues qui avaient observé de tels cas. D’après eux, tout semble indiquer qu’il y a un lien entre le vaccin hexavalent et les décès survenus le jour même ou dans les 48 h suivant la vaccination »
« On s’est fait incendier par des personnes en lien étroit avec la vaccination. Il s’agissait de membres de la commission permanente aux vaccins (l’équivalent du comité technique des vaccinations en France) et de personnes qui n’acceptent pas que l’on dise quoi que ce soit sur leurs vaccins. Pourtant, à aucun moment nous n’avons mis en cause des vaccins. Ce que nous avons pointé du doigt c’est la combinaison de certains vaccins. C’est décourageant. Vous essayer d’engager une discussion scientifique et on vous met au rancard de la profession en vous faisant passer pour un trublion…ou pour un cinglé… »
Un vaccin hexavalent retiré du marché
Un scientifique, Klaus Hartmann, ancien collaborateur de l’Institut Paul Ehrlicht va exprimer un point de vue intéressant :
« Je travaillais encore à l’Institut Paul Ehrlicht quand le premier décès dû à l’hexavac a été signalé. D’après moi il n’y avait pas à tergiverser, le vaccin aurait dû être immédiatement retiré du marché. Alerté par la multiplication des cas de mort subite inexpliqués, l’EMEA (l’agence européenne du médicament) et l’institut allemand de recherche Paul Ehrlicht décident de mener l’enquête. L’EMEA a réuni un groupe d’experts qui a jugé qu’on ne disposait pas de données suffisantes pour prendre une mesure aussi drastique. L’Institut a donc décidé de lancer une grande étude épidémiologique pour recenser tous les cas de mort subite du nourrisson. Une semaine avant le début de l’enquête, en 2005, l’EMEA a publié un communiqué. Quand je l’ai lu j’ai été très surpris. Ce communiqué stipulait que la protection à long terme contre l’hépatite B était insuffisante. Sur les recommandations de l’EMEA le fabricant va retirer, plus ou moins de sa propre initiative, le vaccin du marché. La véritable raison de ce retrait est qu’ils ne veulent pas prendre le risque que d’autres cas se produisent. Au final ces cas de mort subite du nourrisson n’ont donc jamais été éclaircis mais il existe de nombreux indices pouvant laisser penser qu’ils étaient liés à un problème de vaccination. »
Cette déclaration de Klaus
Hartmann est quel que peu ambiguë : après avoir déclaré que le vaccin
aurait dû être retiré du marché beaucoup plus tôt, il paraît regretter sa
suppression qui interdirait désormais d’avoir une chance de comprendre comment
cela a pu se produire car il aurait fallu disposer de nouveaux cas pour les
étudier plus précisément. On peut d’ailleurs noter que, selon le commentaire
d’Arte, l’autre vaccin hexavalent est resté très largement commercialisé et a
lui aussi été mis en cause par des médecins légistes allemands et pour les
mêmes raisons. On peut alors s’étonner que l’enquête, qui doit se terminer fin
2007, n’ait été dirigée qu’à l’encontre
de l’hexavac produit par Sanofi. Pourrait-il s’agir d’un règlement de compte
entre laboratoires ? On peut d’ailleurs constater que si à aucun moment le
médecin légiste ne désigne un vaccin plutôt qu’un autre, parlant des vaccins
hexavalents, le chercheur de l’Institut P. Ehrlich ne cite que l’hexavac. De
plus, s’il y a eu réduction du nombre
de cas observés après le retrait de ce vaccin, ce devrait être un élément à
prendre en considération et qui aurait dû déjà être observé. Ce point important
n’a pas été mentionné.
L’hexavalent de GSK frappe à son tour
Le témoignage des parents du petit Fabian vient confirmer que l’hexavac de Sanofi n’est pas le seul coupable mais que son frère jumeau, l’infanrixHexa de GSK, y participe encore :
Fabian est né en Allemagne le 24 février 2006, après que l’hexavac ait été retiré du marché fin septembre 2005. Selon sa maman, pendant ses 5 premiers mois il avait toujours été en parfaite santé. Il sera vacciné un lundi de juillet par le seul vaccin hexavalent disponible. Dans la soirée il va avoir une forte fièvre qui oscillera dans les jours suivants. Il décèdera une semaine après, le lundi 24 juillet, d’un œdème du cerveau que l’autopsie classera d’origine inconnue. Le médecin-chef dira que la vaccination remonte à trop longtemps pour être incriminée ! Mais la notice mentionne que ce type de complication peut survenir 7 jours après la vaccination… Preuve que ce n’était pas le premier cas pour ce vaccin. Voilà donc un cas qui devrait intéresser l’enquête de l’Institut P. Ehrlich, mais elle ne semble pas avoir prévu de s’occuper des enfants vaccinés par le vaccin de GSK…Comprenne qui pourra…
Un épisode de la guerre franco-allemande autour de
Sanofi ?
Souvenez-vous : 1999, le français Rhône-Poulenc et l’allemand Hoechst fusionnent pour créer Aventis qui équilibre parfaitement les intérêts français et allemands. Le mariage est fêté par les 2 gouvernements. Mais, en octobre 2004, Nicolas Sarkozy, alors en place à Bercy, impose l’absorption d’Aventis par le groupe français Sanofi où les Allemands deviennent alors minoritaires. Les Allemands sont furieux et le feront savoir 3 ans plus tard, quand Nicolas Sarkosy retournera à Berlin en qualité de président de la République. L’affaire sera encore dans tous les esprits et dans tous les commentaires.
Or, l’enquête décidée par le laboratoire allemand Paul Ehrlicht sur les effets des vaccins hexavalents semble en fait dirigée uniquement contre le vaccin de Sanofi, selon ce qui ressort du documentaire d’Arte et des déclarations de Klaus Hartmann. Comme ce dernier l’expliquait, ce serait la perspective de cette enquête, prévue pour débuter en octobre 2005, qui aurait précipité le retrait du vaccin par le laboratoire, laissant seul en piste celui de GSK qui ne paraît pourtant pas moins dangereux, selon le témoignage des parents de Fabian et les constatations de médecins légistes rapportées dans le documentaire.
Faut-il penser que sans cette épisode politico-financier le vaccin de Sanofi poursuivrait sa route en toute quiétude, de concert avec son concurrent de GSK, protégés l’un et l’autre par des comités d’experts indépendants mais compréhensifs ?
Des vaccins parfaitement sûrs
On entendra aussi le président de la Commission permanente aux vaccinations, le professeur Heinz-Josef Schmidt :
« je sais que nos vaccins sont sûrs et qu’autant d’un point de vue scientifique que pratique leur innocuité ne fait aucun doute. Pour prouver qu’ils sont nocifs, encore faudrait-il que les méthodes de recensement des effets indésirables tiennent la route. Et très franchement c’est loin d’être le cas pour le moment. Il y aurait donc des améliorations considérables à faire mais tout cela coûte de l’argent. »
Soyons clairs : si la
certitude de la sûreté des vaccins est acquise, inutile de faire de nouvelles
études complexes et coûteuses. S’il y a des améliorations considérables à faire
c’est qu’il existe des zones d’ombre et donc une certaine incertitude.
Confirmation aux journées de veille sanitaire
Comme chaque année désormais, l’InVS (Institut de veille sanitaire) organisait les 29 et 30 novembre 2007 les journées de veille sanitaire. J’ai assisté à la seconde journée consacrée à la santé de l’enfant avec de nombreuses communications sur le thème des vaccinations. L’une d’elle était présentée par Mme A. Castot du département de la gestion du risque, du bon usage et de l’information sur les médicaments, à l’Afssaps, l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (voir le résumé). Après avoir rappelé que la Grande Bretagne avait son problème avec le ROR lié à l’autisme et la France le sien avec les SEP attribuées au vaccin hépatite B, elle ajouta :
« Les
vaccins hexavalents en Allemagne ont aussi fait du mal. Chacun des pays a son
dossier… »
confirmant ainsi la réalité du scoop d’Arte. Si la population allemande est sortie marquée par cette affaire et si, malgré le retrait de l’hexavac, la méfiance persiste, rien ou bien peu avait filtré en France.
Les vaccins hexavalents en France
La population française a t-elle pu être touchée par
le problème ainsi que celle d’autres pays ? L’intérêt porté aux vaccins
hexavalents en France était de relancer la vaccination hépatite B des
nourrissons en l’associant aux autres. Mais notre problème avec cette
vaccination a probablement contribué à limiter son utilisation, ce qui a pu
sauver la vie de quelques nourrissons. On nous a dit qu’en France il y eut 150
000 vaccinations par le vaccin hexavalent, surtout dans les PMI, et que notre
vaccinovigilance n’a rien observé (Dr A.Castot Journées de veille sanitaire). Ce
dernier point ne prouve rien, celle-ci nous ayant habitué à une forme de
vigilance quelque peu assoupie…à croire qu’une mouche tsé-tsé l’aurait
piquée ! Hypothèse d’ailleurs confirmée aux journées de veille sanitaire
du 30 novembre par le Dr A. Castot (Afssaps) qui reconnaît « une
sous notification très nette des effets indésirables des vaccins »
ainsi que la nécessité « de faire de la détection de signal »
afin de dépister le plus tôt possible « un risque émergent après
AMM ». Elle souligne la nécessité d’avoir « une démarche plus
prospective » pour capter « un signal faible, pour ne pas
attendre trop longtemps ». Autrement dit, gens de l’Afssaps et de
l’InVS, réveillez-vous !
Il
faut en effet savoir que quand une AMM est délivrée, le vaccin a alors été
expérimenté en essai de phase 3 sur seulement quelques centaines, tout au plus
quelques milliers de personnes. Ainsi, un risque de décès de 1/10 000 peut fort
bien ne pas apparaître. Un accident ayant un risque inférieur à 1/10 000 et
d’au moins 1/1000 est classé rare selon les normes de la
pharmacovigilance; à partir de 1/10 000 il est considéré comme très rare. Mais
tout dépend du nombre de vaccinations effectuées. Si on vaccine 1 millions de
personnes par an on pourrait avoir une centaine de décès par an alors que
l’événement est considéré comme très rare ! A titre indicatif, l’avis du
CSHPF du 9 mars 2007sur la vaccination à papillomavirus (Gardasil) précise que
les essais réalisés à ce jour ne permettent pas de dépister un risque inférieur
à 1/4000 :
« la tolérance de ce vaccin a été satisfaisante mais les effectifs ne permettaient pas de détecter un effet indésirable dont l’incidence serait inférieure à 1/4000 » ( www.hcsp.fr ).
Selon la notice de 43 pages concernant l’hexavac, les essais cliniques ont porté sur « plus de 3 900 nourrissons et 4 400 jeunes enfants (âgés de 12 à 20 mois) vaccinés avec HEXAVAC ».
Historique
de l’affaire, vu de France
16
mai 2002, l’usage des vaccins hexavalents est recommandé
C’est l’avis
du CSHPF :
« Considérant
- Que la disponibilité d’un vaccin hexavalent pour le nourrisson serait de nature à faciliter l’acceptation par les parents de la vaccination contre l’hépatite B, administrée dans le même geste vaccinal que les autres vaccins et permettre ainsi d’augmenter la couverture vaccinale dans cette tranche d’âge.
- Que le profil de tolérance des vaccins hexavalents
est considéré comme satisfaisant.
Le Comité technique des vaccinations recommande :
- Pour les nourrissons dont les parents souhaitent
qu’ils soient vaccinés contre l’hépatite B , l’utilisation du calendrier
suivant :
- 2 mois : vaccin hexavalent,
- 3 mois : pentavalent,
- 4 mois : hexavalent,
- 16-18 mois : rappel hexavalent »
Puis, plusieurs avis, décision et lettre d’information ont jalonné cette af