07 novembre 2007
Vaccin antigrippe : obligation pour les professions de santé ?
Le récent rapport de l’Opeps
(Office parlementaire d’évaluation des politiques de santé) tente de relancer
l’obligation de la vaccination antigrippale pour les personnels de santé : votée par le Parlement, elle avait
été suspendue par le gouvernement sur avis vigoureux des comités d’experts. S’agit-il d’une passe d’arme entre des parlementaires et
des experts en santé publique ? De toute façon, une affaire à suivre…
Des parlementaires relancent l’obligation vaccinale
Voici donc l’extrait du rapport de
l’Opeps relatif à cette affaire (les
passages en gras le sont dans le texte d’origine)
« L'obligation de la
vaccination des professionnels de santé en question
Le fait que les médecins eux-mêmes doutent de plus en plus souvent de l'opportunité de certains vaccins a des répercussions non seulement sur les taux de vaccination de leurs patients, mais encore sur leur propre capacité à se faire vacciner eux-mêmes. La question n'est pas anodine dès lors qu'on considère que les médecins sont, par nature, des facteurs de transmission des maladies.
C'est particulièrement le cas pour la vaccination antigrippale. L'objectif n° 39 de la loi du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique, qui fixe à 75 % la proportion des professionnels de santé vaccinés, est ainsi loin d'être atteint. Si près de 70 % des médecins généralistes sont vaccinés chaque année, ce n'est le cas que de 30 % des infirmiers libéraux. Ces taux ne permettent pas d'éviter la transmission du virus entre les soignants et les malades. Avec un tiers seulement de personnels vaccinés, la situation est particulièrement préoccupante à l'hôpital où les risques de contagion sont élevés.
La recommandation de vaccination n'étant visiblement pas suffisante pour inciter les professionnels de santé à se protéger et à protéger leurs patients, la commission des affaires sociales du Sénat avait présenté un amendement au projet de loi de financement de la sécurité sociale pour la rendre obligatoire. Bien qu'adoptée définitivement par le Parlement, cette mesure n'est toujours pas mise en oeuvre, faute de décret d'application. L'Opeps déplore ce retard et demande la publication rapide de ce texte. »
Mon commentaire :
Il me semble que cette affaire ne s’est pas déroulée tout à fait ainsi : fin décembre 2005 les parlementaires ont effectivement ajouté la vaccination antigrippale aux obligations vaccinales courantes imposées aux personnels de santé. Mais, un avis du Cshpf (Conseil supérieur d’hygiène publique de France) daté du 19 mai 2006 recommandait la suspension de cette obligation en des termes plutôt vigoureux. Le gouvernement a suivi cette recommandation en levant par décret du 14 octobre 2006 cette obligation. Certes, il est exact qu’un nouveau décret pourrait annuler le précédent et rendre à nouveau obligatoire cette vaccination. Mais présenté cela comme un simple décret d’application d’une loi alors que notre plus haut comité d’experts dans le domaine de la santé s’est prononcé fermement contre me paraît un peu cavalier. La dernière phrase est sans ambiguïté sur les objectifs des parlementaires : le décret, et plus vite que ça !
Qu’en pensaient
nos experts en santé publique ?
Voici les premières considérations ayant motivé l’avis du Cshpf :
« Considérant
d’une part :
- qu’il résulte des débats parlementaires que l’obligation vaccinale contre la grippe saisonnière des professionnels visés par l'article L3111-4 du Code de la Santé Publique a été adoptée depuis le 1er janvier 2006, dans un contexte de menace pandémique ;
- que les obligations vaccinales prescrites par
l'article L3111-4 du Code de la Santé Publique visent exclusivement à protéger
les professionnels du risque d'être eux-mêmes contaminés, et ne
visent pas à protéger les personnes dont ils prennent soin et pour lesquelles
la grippe présente un risque de complication ou de décès ;
- que le Conseil Supérieur
d'Hygiène Publique de France est consulté sur les conditions d’immunisation
fixées par arrêté du ministre chargé de la santé ;
Considérant d’autre
part :
- que l'obligation
vaccinale, dans l’objectif de protection des professionnels visés contre la
grippe, doit être abordée de façon différente en période de grippe saisonnière
interpandémique et en période de pandémie grippale confirmée ;
- qu’il n’y a pas de
sur risque pour les professionnels de santé en période de grippe saisonnière
inter-pandémique » etc.
Lire le texte complet avec le lien donné plus haut sur le site (hcsp.fr) du Haut conseil de santé publique (Hcsp) qui remplace maintenant le Cshpf.
Une affaire à
suivre…
Vous aurez noté que le Cshpf rappelle qu’il doit être consulté…De toute évidence, les parlementaires qui avaient pris cette initiative ne désarment pas. Y-aurait-il une bataille entre des parlementaires et les comités d’experts pour définir qui décide de la politique vaccinale en France ? L’année 2007 avait d’ailleurs débuté par une initiative parlementaire qui a conduit à mettre dans la loi (du 5 mars 2007) que le refus de vaccinations obligatoires pour les enfants était la manifestation d’une dérive sectaire !!! Et cette disposition s’appliquait donc au BCG qui était encore obligatoire à ce moment-là alors que plus de la moitié des parents concernés refusaient ce vaccin, que les autres regrettaient de l’avoir fait faire, que la plupart des médecins et pédiatres ne voulaient plus le faire…et que quelques jours plus tard, le Cshpf recommandait la levée de l’obligation…On pourrait sourire du caractère grotesque de cette initiative. Si la levée de l’obligation du BCG se fera attendre encore quelques mois ce sera pour aller de concert avec le nouveau calendrier vaccinal publié chaque année en juillet. Sur ce point, les parlementaires en furent donc pour leurs frais.
Il y a de plus maintenant ce long rapport de l’Opeps où les parlementaires impliqués sur cette question définissent leur vision de la politique vaccinale pour les Français. Le Hcsp et le CTV auront-ils les mêmes orientations ? Affaire à suivre donc…et qui pourrait réserver encore quelques surprises…
30 octobre 2007
Vaccin grippal : production mondiale en grande expansion
Un communiqué de l’OMS daté du 23 octobre 2007
annonce que la production mondiale de vaccins contre la grippe saisonnière
s’est accrue de 215 millions de doses, passant de 350 à 565 millions. Cette
progression se fait sous l’impulsion du risque de pandémie grippale par le H5N1
même si certains experts vétérinaires pensent que ce virus a bien peu de chances d’être à l’origine d’une pandémie
prochaine. Ce qui paraît certain c’est que cette crainte, fondée ou pas, est
bien le moteur de la progression du vaccin grippal saisonnier par une
transformation en profondeur des capacités mondiale de production.
Extraits du communiqué (sur le site de l'OMS www.who.int/fr) :
« Les récents progrès scientifiques et l’amélioration de la capacité de fabrication de vaccins ont amené les experts à accroître leurs projections du nombre de doses de vaccins contre la grippe pandémique qui pourront être fournies ces prochaines années.
Comme l’a fait observer aujourd’hui le Dr Marie-Paule Kieny, Directeur de l’Initiative OMS de recherche sur les vaccins, "grâce à l’augmentation de la capacité de production de vaccins antigrippaux, nous sommes bien mieux placés pour faire face à la menace d’une pandémie de grippe. Mais, malgré les progrès significatifs enregistrés, nous sommes encore loin de pouvoir produire les 6,7 milliards de doses en six mois qui seraient nécessaires pour protéger l’humanité entière. Les activités de préparation accélérées doivent se poursuivre et bénéficier du soutien politique et financier voulu afin de mieux combler le fossé encore sensible qui subsiste entre l’offre et la demande."
Cette année, les fabricants ont pu accroître la capacité de production de vaccins antigrippaux saisonniers trivalents (trois souches virales) pour la porter à 565 millions de doses selon les estimations, contre 350 millions de doses produites en 2006 selon la Fédération internationale de l’industrie du médicament. D’après les experts, la capacité de production annuelle de vaccins antigrippaux saisonniers devrait passer à un milliard de doses en 2010, à condition que la demande suive la même évolution
Le
groupe consultatif a également examiné un nouveau plan qui évalue les options
pour un renforcement ultérieur de la capacité de production de vaccins et a
étudié les prochaines étapes prioritaires. Les trois options les plus utiles
consistent à continuer de promouvoir les programmes de vaccins antigrippaux
saisonniers, à aider l’industrie à maintenir la capacité de production au-delà
de la demande saisonnière et à permettre à certaines installations de
production de vaccins de passer, au début d’une pandémie, de la production de
vaccins inactivés à la production de vaccins vivants atténués. En raison des rendements
plus élevés obtenus grâce à la technologie des vaccins antigrippaux vivants
atténués, la conversion des installations pourrait permettre de combler d’ici
2012 le déficit prévu entre l’offre et la demande et de produire assez de
vaccins pour protéger l’ensemble de l’humanité dans les six mois suivant la
déclaration d’une pandémie. »
11 octobre 2007
Vaccin grippal : inefficacité confirmée chez des personnes âgées
Comme chaque année la
polémique avait repris en cette période de lancement du vaccin contre la
grippe. Il est recommandé chez les personnes dites âgées (plus de 65 ans) car
pour elles, les complications de la grippe peuvent être graves. Mais le vaccin
est-il protecteur pour ces personnes ? La revue Science a publié récemment
un article très critique sur cette efficacité et Le Figaro avait repris
l’information (voir mon article). Le BEH (Bulletin épidémiologique
hebdomadaire) du 9 octobre
2007 vient de publier une étude épidémiologique sur une épidémie qui
s’était produite dans le Tarn en février 2007 dans un établissement hébergeant
des personnes âgées.
Le
bilan de la vaccination
Sur 89 résidents, 43
furent touchés par des syndromes grippaux. Une équipe d’épidémiologiste de
l’InVS est allé sur place pour enquêté avant la fin de l’épidémie. Des analyses
micro-biologiques ont été diligentées sur des récents quand l’investigation
épidémiologique débuta. Deux malades furent trouvés positifs à la grippe et les
autres furent considérés comme très probables. Il y avait 58 vaccinés parmi les
89 résidents (65%), 26 parmi les 43 malades (60,5%), 17 malades n’ayant donc
pas été vaccinés. Les épidémiologiste calculent ce qu’ils nomment le taux
d’attaque : chez les vaccinés qui est de 45% (c’est la proportion de
vaccinés tombés malades) alors qu’il est de 55% chez les non vaccinés. De
telles différences alors que les nombres de malades et de résidents sont
faibles ne sont nullement significatives : cela signifie que de faibles
variations aléatoires auraient pu inverser le résultat. Par exemple, 15 malades
chez les non vaccinés au lieu de 17 et 28 chez les vaccinés au lieu de 26
donnerait le même taux d’attaque 48%
dans les 2 groupes. Les experts de l’InVS concluent ainsi :
« La
vaccination antigrippale des résidents n’a pas été retrouvée comme facteur
protecteur contre la maladie, bien qu’on observe une tendance à un taux
d’attaque supérieur chez les résidents non vaccinés. Ce résultat se retrouve
dans d’autres études qui précisent que la vaccination des personnes âgées
institutionnalisées est plus un facteur protecteur contre les complications
et les décès que contre la grippe elle-même »
Donc, si le vaccin contre
la grippe n’empêche pas la maladie elle serait moins grave chez les vaccinés.
Il y avait là une excellente occasion d’essayer de vérifier cette affirmation
sur le terrain en comparant la gravité des cas chez les vaccinés et non
vaccinés que les épidémiologiste avaient sous la main. Mais elle n’a pas été
exploitée, du moins ses résultats éventuels n’ont pas été publiés. C’est fort
dommage.
L’étude
reconnaît que sur cet épisode c’est l’âge qui apparaît comme la cause dominante
et non le sexe ou la présence de pathologies préexistantes. De plus,
« La
confirmation étiologique de la grippe par tests rapides a permis de mettre
immédiatement en place le traitement prophylactique et curatif par antiviraux.
La prescription tardive de ces traitements à un stade probable d’extinction
spontanée de l’épidémie rend
difficile l’estimation de leur efficacité. On note cependant qu’à partir
de leur mise en place, aucun nouveau cas n’a été signalé chez les résidents.
La mise en place des autres mesures de contrôle, comme l’isolement des
malades et le renforcement des mesures d’hygiène, a probablement permis de
limiter la transmission, notamment dans le bâtiment 2, tout en rappelant au
personnel les précautions
standards et en augmentant les
moyens de pour la prévention quotidienne du risque infectieux.
Les premières mesures de contrôle immédiatement mises en place :
renforcement des mesures d’hygiène notamment lavage et désinfection des mains
du personnel, port de masque pour le personnel et les résidents, limitation des
déplacements et des
activités collectives des résidents, isolement des malades dans leur
chambre, limitation des visites et information des visiteurs et du personnel
intervenant par affiches et courriers.
A l’occasion de cet épisode, l’établissement s’est doté de moyens
supplémentaires de prévention du risque infectieux utiles pour son activité
quotidienne(solutions hydro-alcooliques, masques, gants, affichage d’un
protocole d’hygiène et de lavage des mains).
02 octobre 2007
Vaccin contre la grippe : inefficace chez les personnes âgées ?
Une étude publiée dans The Lancet du 25/09/07
affirme que la preuve de l’efficacité du vaccin contre la grippe chez les
personnes âgées n’a jamais été apportée ! C’est pourtant la cible
principale des campagnes de vaccination contre la grippe : protéger les
personnes âgées. Voir l’excellent article de Jean-Michel Bader dans Le
Figaro du 2 octobre 2007.
Je ne peux ici que résumer très brièvement. Ce qui a
été établi c’est que la grippe tuait beaucoup plus après 80 ans qu’entre 65 et
70 ans (55% des décès après 80 ans, 20% entre 70 et 80 ans). Ce qui a également
été établi c’est que le vaccin était surtout efficace chez les personnes jeunes
et en bonne santé, c’est à dire celles qui ont peu de chances de faire des
complications et qui ne sont pas visées par les campagnes de vaccination. On ne
prête qu’aux riches !
Faut-il vraiment s’en étonner ? Lorsqu’un
organisme est affaibli, les vaccins ne peuvent plus vraiment agir et pourraient
même au contraire éprouver davantage encore l’organisme. La volonté de protéger
les personnes faibles exprime un bon sentiment mais pour supporter un vaccin et
en potentialiser ses effets il faut un organisme vigoureux. C’est peut-être
décevant mais est-ce si surprenant ?
21 septembre 2007
Vaccin grippal : Y-en aura pas pour tout le monde !
Le vaccin antigrippal pour l’hiver 2007-2008 sera
mis à la disposition du public le 28 septembre. Beaucoup se demanderont s’il
faut ou non se faire vacciner. Les arguments en faveur ou en défaveur pleuvent
de toutes parts mais on en oublie généralement un qui est pourtant
fondamental : il n’y a pas assez de vaccins pour tout le monde !
La production est mondiale, la France recevant une part définie qui ne peut
être renouvelée au cours de l’hiver, les laboratoires étant alors occupés à
préparer les vaccins pour l’hémisphère sud. On en a fait l’expérience en
2005 : souvenez-vous, en août les Français découvrent qu’une pandémie
aussi redoutable que la grippe espagnole de 1918 se profilerait à l’horizon avec
pour nom H5N1. Aussitôt, la France prend les devants et annonce l’achat d’un
antiviral, le Tamiflu, pour 150 millions d’euros et ce n’est qu’un début. En
prévision, tout le monde est très fortement incité à se faire vacciner contre
la grippe saisonnière bien qu’il soit dit et répété que ce vaccin n’aura aucune
action contre le H5N1. L’incitation fut si forte qu’au 1er novembre
il n’y avait plus de doses disponibles ! Le ministère devra faire un
communiqué quelque peu grotesque... Beaucoup de personnes âgées n’ont pu être
vaccinées en raison de la précipitation des autres qui, inquiètes du spectre de
1918, se firent vacciner avant elles alors qu’elles ne le faisaient auparavant.
Pourtant, la France avait reçu 11 millions de doses contre 7 millions les années
précédentes. On peut d’ailleurs penser que c’est ce supplément de 4 millions
qui avait conduit à intensifier considérablement la propagande. Au delà de
toutes les espérances…Il n’est pas si facile de maîtriser les comportements
collectifs !
Cinq français sur six ne peuvent être vaccinés
Je ne connais pas le nombre de doses allouées à la
France pour 2007-2008 mais il pourrait y avoir de l’ordre de 50 millions de
français qui ne pourront se faire vacciner faute de vaccin. Et que dit-on à ces
personnes ? Qu’elles devraient se faire vacciner ! Et si elles font
la grippe cet hiver on leur dira aimablement que si elles s’étaient fait
vacciner ça ne leur serait pas arrivé ! Bien sûr, nominativement parlant,
pour une personne donnée, on aurait toujours pu trouver un vaccin pour elle
dans une pharmacie du territoire. Et puis, elle n’avait qu’à se faire vacciner
dès le début d’octobre, avant qu’il n’y ait plus de vaccins…Oui, mais
collectivement cela ne tient pas la route, ce doit être très clair !
Les 50 millions de français qui ne pourront donc
bénéficier du vaccin ont parfaitement le droit de se demander comment ils
pourraient faire pour éviter la grippe ou, si ce n’est pas possible, de
supporter cet épisode de la meilleure façon. Quel que soit les mérites du vaccin,
ce serait le devoir de nos instances de santé publique de faire des efforts de
recherches et d’éducation dans des directions autre que le vaccin et la
vaccination afin d’aider les cinq
sixième de la population à se protéger contre la grippe plutôt que de les
culpabiliser avec des arguments simplistes. Ce serait la moindre des choses
mais nous sommes très loin du compte !
A titre d’exemple voici le communiqué de presse de
la Sfsp (Société française de santé publique) du 13 octobre 2006 (à partir de la page d’accueil, dans
"récentes prises de position" sur http://www.sfsp.info/
) :
"Prévention de la grippe,
attention aux ambiguïtés ?"
« Alors que débute la campagne de vaccination contre la grippe, la Société française de santé publique est préoccupée par l’existence de préparations homéopathiques dont l’indication est les états grippaux et qui jouent sur une certaine ambiguïté de prévention. Ainsi pour l’Oscillococcimium® des laboratoires Boiron, on peut lire dans la rubrique « indications » :
« Etats grippaux » et dans la rubrique
posologie :
« La posologie varie
selon le moment où l'on intervient :
-
à titre préventif : une dose par semaine pendant la période d'exposition
grippale ;
- à titre curatif : une
dose le plus tôt possible ».
Les vaccins antigrippaux ont prouvé leur efficacité dans la prévention de la morbidité et de la mortalité liées à la grippe dans les populations à risque et ont obtenu une autorisation de mise sur le marché au niveau européen dans cette indication. Ce n'est pas le cas de ces préparations homéopathiques. Elles n'ont jamais cherché à prouver leur efficacité dans cette indication et l'autorisation de mise sur le marché qu'elles ont obtenue, repose d'un point de vue réglementaire uniquement sur l'existence d'une "tradition homéopathique".
L'absence de vaccination antigrippale efficace constituant une perte de chance chez les personnes à risque de complications, la Société française de santé publique souhaite rappeler à ces personnes que seule l'utilisation d'un vaccin antigrippal peut les mettre à l'abri de telles complications. »
Il y a aussi l’avis du CSHPF (Conseil supérieur d'hygiène publique) du 24 novembre 2006 qui reprend le même thème et est accessible par exemple à partir du site de la Sfsp avec son communiqué :
AVIS DU CONSEIL SUPERIEUR D’HYGIENE PUBLIQUE DE FRANCE
SECTION MALADIES
TRANSMISSIBLES
Relatif aux vaccins anti-grippaux (séance du 24 novembre 2006)
CET AVIS NE PEUT ETRE DIFFUSE QUE DANS SON INTEGRALITE, SANS SUPPRESSION, NI AJOUT
Considérant :
- qu'il existe des vaccins anti-grippaux ayant obtenu
une autorisation de mise sur le marché au niveau européen,
- que ces vaccins ont prouvé leur efficacité dans la
prévention de la morbidité et de la mortalité liées à la grippe dans les
populations à risque,
Considérant d'autre part :
- qu'il existe des médicaments homéopathiques ayant
une indication dans la prévention des états grippaux,
- que
l'autorisation de mise sur le marché octroyée à ces médicaments homéopathiques
ne nécessite pas l’existence de preuves scientifiquement établies, l’existence
d’une tradition homéopathique étant suffisante [1],
- qu’il peut arriver que ces médicaments
homéopathiques soient présentés comme étant des « vaccins homéopathiques »,
- que
l'utilisation de ces médicaments homéopathiques à la place du vaccin
anti-grippal constitue une perte de chance, notamment chez les personnes à
risque de complications,
Le Conseil supérieur d’hygiène publique de France, section des maladies transmissibles, ne recommande, pour la prévention de la grippe, que l'utilisation des vaccins anti-grippaux et rappelle que les médicaments homéopathiques ne peuvent se substituer à ces vaccins dans cette indication, notamment pour les personnes appartenant aux groupes pour lesquels cette vaccination est recommandée.
Le Conseil supérieur d’hygiène publique de France, émet le souhait que cet avis soit largement diffusé, y
compris à l'ordre des pharmaciens, tous les ans en période de vaccination
anti-grippale.
1 Article R5121-29 4° du code de la santé publique : "Pour un médicament homéopathique soumis à autorisation
de mise sur le marché, compte tenu de la spécificité de ce médicament, le demandeur est dispensé de produire
tout ou partie des résultats des essais pharmacologiques, toxicologiques et cliniques lorsqu'il peut démontrer par
référence détaillée à la littérature publiée et reconnue dans la tradition de la médecine homéopathique pratiquée
en France que l'usage homéopathique du médicament ou des souches homéopathiques le composant est bien
établi et présente toutes garanties d'innocuité"
Laisser le vaccin pour ceux qui en ont besoin
Observons bien la nuance
dans le communiqué de la Sfsp comme dans l’avis du Cshpf, d’ailleurs fort
semblables : ils sont destinés aux personnes à risque visées par les recommandations
du calendrier vaccinal. D’ailleurs le président du Cshpf et du CTV (Comité
technique de vaccinations) qui établit le calendrier vaccinal sont une seule et
même personne, en l’occurrence le professeur Christian Perronne. Ils savent
bien qu’il n’y a pas assez de vaccins pour tout le monde mais une lecture
rapide pourrait laisser croire que ces communiqués s’adressent à tous. Pourquoi
s’en prendre, en effet, à tous ceux qui, n’étant pas vaccinés et débutant une
grippe, tenteraient d’en réduire les inconvénients par des préparations
homéopathiques ? Puisque de toute façon la société ne leur offre pas,
collectivement parlant, la possibilité d’être vaccinés ils ont bien le droit,
et on peut les comprendre, de tenter leur chance et à leurs frais par d’autres
moyens. C’est clair, si ces communiqués limitent formellement leurs champs
d’application, ils laissent malgré tout la place à l’ambiguïté en laissant plus
ou moins croire que tout le monde devrait se faire vacciner, faute de souligner
explicitement le problème que je soulève ici, à savoir : ceux qui ne sont
pas à risque devraient laisser le vaccin disponible aux autres afin d’éviter de
renouveler la lamentable expérience de fin 2005, expérience organisée par
l’incroyable propagande vaccinale qui s’est soudain abattue sur la France en
octobre 2005.
Précisons encore que les
vaccins grippaux sont interdits aux personnes allergiques aux œufs. Si ces
personnes sont en plus à risque de complications en cas de grippe elles doivent
rechercher d’autres protections. Nos spécialistes de la santé publique
pourraient y penser un peu plus et leur faire d’autres propositions.
Les recommandations vaccinales du calendrier 2007
Elles se résument ainsi : pour les plus de 65 ans ; pour les personnes à risque d’exposition en milieu professionnel ; pour les personnes de plus de 6 mois et atteintes de certaines pathologies (la liste est donnée dans le calendrier vaccinal, BEH du 24/07/07 page 275 sur le site de l’Invs). Disons, pour simplifier, asthme, mucoviscidose, insuffisance cardiaque grave, diabète insulino-dépendant, déficits immunitaires cellulaires…
Et pour les frustrés de la vaccination ?
Pour tous ceux, de loin les plus nombreux, qui de
toute façon ne pourront être vaccinés, qu’ils le souhaitent ou non, que fait
notre santé publique ? Il faut bien le dire, pas grand’ chose. Enfin si,
quand même, fin 2006 l’Inpes ( Institut national d’éducation pour la santé) a
fait un effort louable en lançant une campagne de prévention pour tenter de
réduire les risques de transmission des maladies par voies aériennes, tout
particulièrement la grippe, les rhumes
et les bronchiolites. Par exemple, elle recommande l’usage du mouchoir jetable
à usage unique, du masque chirurgical, d’éviter de rendre visite aux malades
etc. Voir à ce sujet l’article sur ce blog et le lien vers le document de l'Inpes.
Une fois de plus nous constatons que, quel que
soient les mérites des vaccins, il y a nécessité de lutter contre les maladies
contre lesquelles on vaccine en usant aussi d’autres moyens.
11 septembre 2007
Eviter la grippe, les rhumes, la bronchiolite...
L’Inpes (Institut national de prévention et d’éducation pour la
santé) a préparé un dossier très intéressant de 13 pages exposant des moyens
pour réduire la propagation des maladies respiratoires. Je ne peux qu’inciter à
aller le consulter.
Pour une fois que nos agences de santé proposent autre chose que des vaccins,
on aurait tort de bouder notre plaisir !
D’une manière très générale, c’est le même
problème qu’avec les virus propagés par l’eau : il existe des vaccins plus
ou moins efficaces et non dépourvus d’inconvénients contre quelques uns d’entre
eux, mais il en existe beaucoup plus contre lesquelles il n’y a pas de vaccin.
Or, les mêmes méthodes de prévention peuvent permettre de réduire les risques
de contamination contre les uns et les autres. On l’a vu pour
l'eau et c’est l’OMS elle-même qui l’exposait. Voici un bref extrait de ce
que propose l’Inpes contre les maladies se propageant par voies aériennes :
2. L’utilisation du mouchoir
jetable à usage unique
Toujours en vue de limiter
efficacement la contamination de l’entourage et de l’environnement, certains
réflexes s’imposent :
· Eternuer ou tousser dans un mouchoir jetable ou, à défaut, mettre la main
devant la bouche.
· Utiliser un mouchoir jetable à usage unique au moment de
cracher ou de se moucher.
· Jeter le mouchoir usagé dans une poubelle.
· Se laver les mains ensuite.
Il est important d’apprendre
ces gestes aux enfants.
3. Le port du masque
Lorsqu’une personne infectée
par un virus respiratoire tousse, elle émet des millions de particules
infectieuses. Or une
partie infime suffit à
contaminer l’air
de toute une pièce non aérée pour plusieurs heures.
Ces deux exemples suffisent
à démontrer l’importance de la transmission par gouttelettes respiratoires et
justifie l’intérêt
que représente le port du
masque dit « chirurgical » quand
il s’agit d’éviter la propagation de la maladie.
Le masque chirurgical permet
en effet de limiter à la fois la contamination de l’entourage et de
l’environnement du malade. Pour une réelle
efficacité, il doit être porté par le malade en présence de tierces personnes.
Il doit être attaché
derrière la tête, moulé sur la racine du nez et abaissé sous le menton.
Le masque doit être changé
environ toutes les 4 heures ou quand il est mouillé. Il faut alors le jeter
dans une poubelle couverte et se laver les
mains après.
Ces mesures seraient
indispensables en cas de pandémie, mais sont essentielles par rapport aux virus
respiratoires.
Lors de la crise du SRAS,
l’utilité du masque a été largement démontrée.
Les masques dits «
chirurgicaux » sont en vente dans les pharmacies.
Selon une enquête récente de
l’INPES 6, 45 % des Français seraient
d’accord pour porter un masque chez eux afin de
protéger leur entourage
lorsqu’ils sont grippés, 33 % seraient d’accord pour porter un masque à
l’extérieur afin de protéger les autres.
4. Précautions
complémentaires applicables au quotidien
Dans l’idéal, d’autres
gestes de prévention permettent de limiter la diffusion des virus respiratoires
:
· dans la mesure du possible, éviter de rendre
visite à des personnes malades.
· en cas de contact avec une personne malade,
penser :
o à rester à une distance de un mètre de cette
personne,
o à éviter certains gestes : serrer les mains
ou embrasser pour dire bonjour, toucher directement les yeux, la bouche et le
nez, sans s’être d’abord lavé les mains,
o porter un masque de protection,
o aérer la pièce après le départ de cette
personne.
Quand on a un enfant en bas
âge :
Penser à :
· se laver systématiquement les mains avec du
savon avant de s’occuper de l’enfant, et particulièrement si c’est un bébé,
· aérer sa chambre tous les jours,
· porter un masque en présence de l’enfant, si
l’on est malade.
Eviter :
· d’échanger dans la famille les biberons,
sucettes, couverts non nettoyés,
· d’emmener un nourrisson dans les lieux
publics où il pourra entrer en contact avec des personnes infectées (transports
en commun, centres commerciaux, hôpitaux…).
Et beaucoup d’autres conseils pas toujours faciles à appliquer ! Il faut bien faire les courses et il n’est pas toujours possible de les faire sans bébé…Ne pas emmener bébé à l’hôpital : si c’est pour une visite on peut s’arranger mais si c’est bébé qui est malade, c’est une autre histoire ! Personne ne souhaite être obligé de l’emmener en un tel lieu ! Allez, je vais remuer le couteau dans la plaie : beaucoup de mamans furent contraintes de faire hospitaliser leur enfant à cause des complications du BCG SSI imposé pendant 18 mois sans véritable raison puisque sa pratique obligatoire et généralisé a été officiellement abandonnée depuis le 19 juillet. L’Inpes serait bien inspirée de donner aussi des conseils qui réduisent les risques d’hospitalisation.
Un très bon point quand même à l'Inpes !
26 juin 2007
H5N1 : faut-il croire à la pandémie ?
Après la découverte le 23 juin 2007 en Allemagne, de 7 oiseaux morts contaminés par le H5N1 on s'interroge : serions-nous proches d'une pandémie humaine provoquée par ce virus ? Les laboratoires s'y préparent activement en élaborant des vaccins et des protocoles de préparation au cas où. La compétition est féroce et se fait aussi à coup de subventions des états.
Invitée par Europe 1 sur cette affaire allemande, Madame Brugère Picoux, célèbre professeur à l'école vétérinaire d'Alfort. Pour elle c'est d'abord une maladie animale. Le virus ne s'est pas adapté à l'homme malgré de multiples opportunités avec des êtres humains régulièrement contaminés par un contact particulier avec l'animal. Mais aucune transmission interhumaine.
Elle déclarera qu'elle ne croyait pas que le virus de la prochaine pandémie sera le H5N1.
Plus d'informations sur le sujet sur http://www.influenza-h5n1.org/