La Question des Vaccins

Moins parler des vaccins et des vaccinations que du discours fait sur eux. Mettre l'expertise à la portée de chacun en montrant le décalage entre ce qui est connu et ce qui est dit.

25 avril 2008

Les mérites des vaccinations selon l’OMS

L’OMS vient de mettre en ligne un petit article sur la vaccination. En cliquant sur faits et chiffres on accède à 10 diapos brièvement commentées. J’ai repris ici 5 de ces 10 commentaires pour les commenter…


1- « On observe d’importantes avancées dans la mise au point de nouveaux vaccins dans le monde entier. On compte actuellement une vingtaine de vaccins utilisés. Vingt autres vaccins nouveaux ou améliorés devraient être disponibles d’ici 2015. »


S’il est toujours possible de créer de nouveaux vaccins, il ne sera pas possible de multiplier le nombre de vaccinations reçues par les populations. Le calendrier vaccinal français prévoit déjà 15 immunisations dès l’âge de 2 mois pour l’ensemble des nourrissons : diphtérie, tétanos, polio ( 3 virus), coqueluche, Hib, hépatite B, prévenar (7 valences), sans parler du BCG à la naissance pour une partie d’entre eux. De telles recommandations font hurler de nombreux médecins qui estiment ne pas pouvoir les mettre en œuvre. Alors…


2- « En moyenne l’infection à pneumocoque et la diarrhée à rotavirus provoquent 1,3 million de décès de nourrissons et de jeunes enfants chaque année. Une grande partie de ces décès pourraient être évités par la vaccination. »

L’OMS a consacré tout un n° du REH, 12 pages, aux vaccins contre les rotavirus (10 août 2007). Dans ce n° l’OMS écrit :

 « L’expérience recueillie avec plusieurs autres vaccins oraux a montré que, du point de vue de l’innocuité et de l’efficacité, des différences considérables peuvent exister d’une région à l’autre. Tant que le véritable potentiel des vaccins antirotavirus actuels n’a pas été confirmé dans toutes les régions de la planète, l’OMS n’est pas disposée à recommander l’introduction des vaccins antirotavirus aux programmes de vaccination nationaux au niveau mondial. »

En France, les vaccins contre le rotavirus ne sont pas recommandés et cette vaccination n’est pas mentionnée dans le calendrier vaccinal. Les recommandations du HCSP (Haut conseil de santé publique) pour la prise en charge de la diarrhée aiguë de l’enfant sont les suivantes :

 « administrer un soluté de réhydratation orale (SRO) pour corriger la déshydratation en 4 heures, reprendre l’alimentation normale dès la 4e heure avec maintien de l’apport d’un SRO et poursuivre l’allaitement maternel, éviter l’utilisation de médicaments qui ne sont pas nécessaires ».

 De plus, comme cette vaccination en 2 doses doit être terminée avant l’âge de 6 mois il faudrait l’ajouter aux déjà trop nombreuses autres vaccinations. Se contenter d’attribuer à un déficit vaccinal la mort d’un nourrisson par diarrhée à rotavirus est un peu facile. Il faut aussi se demander si la vaccination de ces nourrissons est réellement possible dans le cadre d’un programme vaccinal surchargé.

J’ai écrit dans ce blog plusieurs articles sur le sujet des vaccins à rotavirus (catégorie maladies diarrhéiques)

Pour le vaccin Prévenar contre certains pneumocoques, Christian Perronne, ancien président du Comité technique des vaccinations et actuel président de la commission sécurité sanitaire du HCSP, en a parlé au cours de son intervention aux journées de veille sanitaire de l’InVS le 30 novembre 2007. J’en ai fait un article dans ce blog dont j’extrais ceci :

Le vaccin Prévenar est recommandé en vaccination généralisée des enfants en France. Christian Perronne mentionnera qu’on a sur ce vaccin une expérience limitée dans le temps avec 800 000 vaccination par an aux USA où on a observé une décroissance de la mortalité (30 cas en moins par an) par infection invasive à pneumocoque. Mais aussi une perte du bénéfice chez les Inuits d’Alaska après quelques années d’utilisation : absence de diminution de la mortalité globale par les infections invasives à pneumocoques avec accroissement de l’incidence chez les sujets jeunes immunodéprimés.

En France on a noté une réduction de 7 cas chez l’enfant mais avec une légère augmentation des infections à pneumocoques tous âges confondus.

Dans son résumé en ligne Christian Perronne mentionne qu’un des motifs pour restreindre l’utilisation d’un vaccin ou pour ne pas le recommander est l’existence de sérogroupes multiples : en l’absence de couverture sur l’ensemble des sérogroupes on risque d’assister au déplacement de souches microbiennes dans la population qui pourrait faire perdre le bénéfice de la vaccination comme par exemple pour les pneumocoques et les méningocoques

3- « Depuis le lancement de l’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite en 1988, l’incidence mondiale de la poliomyélite a diminué de 99% et l'on est passé de 350 000 cas en 1988 à 1300 en 2007. »


 

 

 Avant le lancement du programme d’éradication de la polio une commission d’enquête avait trouvé 30 000 cas de polio. Cette commission a estimé qu’il fallait  multiplier par 10 pour avoir le nombre réel de cas. L’OMS a donc dit 300 000 cas pendant longtemps. On pourrait s’interroger sur les fondements de cette multiplication par 10. L’OMS annonce maintenant 350 000. Sur quoi repose cette augmentation soudaine du nombre de cas qui se produisaient avant 1988 ?

L’OMS est en très grosse difficulté avec l’éradication de la polio et les derniers chiffres d’avril 2008 ne sont pas bons : déjà 196 cas en Inde et 115 cas au Nigeria depuis le début de l’année contre 34 et 55 à la même date en 2007. Il y a eu 896 cas de polio en Inde en 2007 et 285 cas au Nigeria. Ces valeurs risquent donc d’être très largement dépassées en 2008 alors que l’OMS prévoyait fin 2005 l’élimination de la polio en Inde en 2006 et un an plus tard au Nigeria.


 

De plus, 8 cas de paralysie associés à la circulation de virus dérivés de la souche vaccinale de type 2 ont encore été découverts au Nigeria depuis le début de l’année 2008. C’est d’autant plus inquiétant que le virus sauvage de type 2 a disparu et que les vaccins monovalents de type 1 ou 3 sont de plus en plus souvent utilisés. 

De toute évidence l’OMS a besoin de se rassurer et de rassurer sur la fiabilité de son programme d’éradication. J’ai écrit de nombreux articles sur le sujet dans la catégorie Polio de ce blog. Une fois de plus je pose la question : la polio se propageant surtout par les eaux souillées par des excréments humains, sera-t-il possible de l’éliminer sans développer suffisamment le traitement des eaux usées ? L’échec de cette lutte contre la polio dans les régions du monde où ces problèmes sont les plus criards pose la question de savoir si, dans nos contrées, c’est la vaccination qui a vaincu la polio ou le remplacement du catastrophique tout à l’égout par l’assainissement c’est à dire la collecte et le traitement des eaux usées.


4- « La rougeole a été éliminée dans la Région OMS des Amériques. Entre 2000 et 2006, la mortalité mondiale rougeoleuse a diminué de 68% passant de 757 000 décès à 242 000. L’amélioration la plus spectaculaire a été observée en Afrique où le nombre de morts par rougeole a diminué de 91% passant d’environ 396 000 à 36 000. »

Personne n’est capable de dénombrer le nombre de décès par rougeole en Afrique. Les valeurs annoncées résultent d’un calcul reposant sur la couverture vaccinale. Ils admettent qu’une couverture vaccinale de tant réduit le nombre de décès de tant, ils ne le vérifient pas sur le terrain pour la bonne raison que ce n’est pas possible. Autrement dit, ils admettent ce qu’il faudrait démontrer. Voir mon article sur le sujet :  "Mortalité réduite de 91% en Afrique ! Trop beau pour être vrai ? "

5- « Les services de vaccination ne permettent pas seulement de protéger les enfants contre les maladies évitables. Ils apportent aussi leur contribution à d’autres mesures permettant de sauver des vies, comme la supplémentation en vitamine A contre la malnutrition, la distribution de moustiquaires imprégnées d’insecticide pour la protection contre le paludisme et de vermifuges contres les parasites intestinaux. »

C’est bien, mais pourquoi faut-il lancer une campagne de vaccination pour apporter des moustiquaires et des vermifuges aux populations ?


 

6- « Le projet "Vaccin contre la méningite" s’efforce de mettre au point un nouveau vaccin antiméningococcique. Les épidémies de méningite A touchent gravement plusieurs pays d’Afrique subsaharienne. »

Aux journées de veille sanitaire, le 30 novembre 2007, Christian Perronne a affirmé à ce sujet :

« Afrique Sahélienne : on a observé l’émergence du redoutable type W135 dans une population vaccinée contre le méningocoque de type A .»

Tout n’est donc pas aussi simple que cet article-pub de l’OMS voudrait nous le faire croire…Aujourd’hui, pour cette raison, on cherche un vaccin contre le W135. Voir mon article Méningite : un vaccin pour l’Afrique ? dans ce blog.

Posté par BernardGue à 11:40 - Actualités - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 avril 2008

Mieux connaître le nouveau président du Comité technique des vaccinations

Avec la publication du calendrier vaccinal 2008 dans le BEH du 22 avril 2008 c’est d’abord l’occasion de voir à l’œuvre le nouveau président du CTV, le professeur Daniel Floret, qui signe l’éditorial de ce BEH.

Daniel Floret avait été élu président du CTV en septembre 2007. Ma première impression est que son style est plus convivial et détendu que celui de son prédécesseur Christian Perronne. Pour faire un peu plus connaissance avec lui disons d’abord qu’il est Chef du service d'urgence et de réanimation pédiatrique à l'hôpital Edouard-Herriot à Lyon.


Quand Le président du CTV parle des vaccinations

Le 15 février 2008 Lyon Capitale avait interviewé Daniel Floret sur les vaccinations :


« Lyon Capitale : Que pensez-vous du procès fait au vaccin contre l'hépatite B ?
Daniel Floret :
C'est incompréhensible car la relation entre vaccination et sclérose en plaques est niée par la communauté scientifique mondiale. Les cas de sclérose en plaques n'ont d'ailleurs pas augmenté depuis les vaccinations. La seule réalité est qu'il y a eu des vaccinations chez des adultes qui n'étaient pas visés par les recommandations.

Pourquoi des adultes, non visés par les recommandations, ont été vaccinés ?
On peut en discuter effectivement. Si la justice estime que ce fait est lié à une com' excessive des firmes pharmaceutiques, il est alors légitime qu'elle puisse s'intéresser à ce problème. Après, encore une fois, il n'existe aucun lien de causalité entre la sclérose en plaques et le vaccin de l'hépatite B.

De plus en plus de personnes deviennent anti-vaccins...
Ils ne représentent que 5% de la population ! Quand on regarde les chiffres d'incidence de la diphtérie ou de la polio, par exemple, avant et après les vaccins, on ne peut pas dire que ce n'est pas efficace. »

Le moins qu’on puisse dire est que notre nouveau président du CTV ne s’embarrasse pas de subtilités dans l’analyse des faits ! Pour la SEP et la vaccination hépatite B les experts n’ont jamais dit qu’il n’y avait pas de lien mais seulement qu’un lien éventuel ne pouvait être prouvé avec les données dont on disposait et même qu’on ne pouvait écarter la possibilité d’un lien qui, s’il existait, serait seulement pour un petit nombre de cas. J’ai rappelé tout cela dans plusieurs articles de ce blog :

L’Afssaps cherche à tirer les leçons de la vaccination hépatite B

Vaccin Hépatite B et SEP : peut-on y voir plus clair ?

Pour résumer, voici un extrait des déclarations de Mme Castot, expert de l’Afssaps, aux journées de veille sanitaire de 29 et 30 novembre 2007  où elle analysa l’affaire de la vaccination hépatite B en France :

« Il existe une sous notification très nette des effets indésirables des vaccins. Le calcul bénéfice-risque de la vaccination hépatite B a été très contesté en France. Mais avait-on toutes les données pour soutenir ce discours ? » 

Nous allons alors entrer en France, poursuit Mme A. Castot, dans une véritable crise sanitaire avec une campagne médiatique, des témoignages publiques de victimes, l’interpellation de l’Etat et les premiers procès au tribunal de Nanterre. Elle tente alors « d’expliquer ce dérapage » :

1- « On a compris qu’il existait un risque mal identifié. » Il y avait « obligation d’aller à l’Europe mais on n’a pas été suivi au niveau européen ».

2- Insuffisance du dispositif mis en place : la première étude commence en octobre 1997 et débouche sur « une association causale mal établie, avec des enquêtes épidémiologiques qui ont tardé. Si les résultats sont convergents, ils ne sont pas significatifs. Pour l’Afssaps, la conclusion principale de ces enquêtes sera qu’on ne peut écarter un risque faible ».

Ce fut d’ailleurs la conclusion de la réunion de consensus de novembre 2004, présidée par le professeur Marc Brodin.

Puisque l’objectif de ce blog n’est pas de critiquer vaccins et vaccinations mais d’étudier les discours qui sont tenus sur eux afin d’en dépister les lacunes, les incohérences, les contradictions et les affirmations péremptoires, avec ce nouveau président du CTV y’aura du boulot pendant quelques années !!! Dommage que je ne sois pas payé !

Les enfants gardés à la maison sont moins malades 

Voici, lu sur papamamanplus, les résultats d'une étude publiée en mai 2000 par Daniel Floret, réalisée auprès de 1000 enfants et comparant avec leur mode de garde les infections O.R.L. dont ils souffraient. 

Ses conclusions sont les suivantes :

               
 

• 

 
 

Les enfants gardés à domicile ont en moyenne 0,75 infections ORL contre   3,47 pour les enfants gardés en crèche. Ils sont 23 % à avoir des otites   contre 43 % s'ils sont gardés en crèche.

 
 

• 

 
 

Le risque infectieux est d'autant plus élevé que l'enfant est jeune : si   la première infection survient avant l'âge  3 mois, le risque   d'infections à répétition et d'otites est multiplié par 3,6. A l'inverse, au   delà de 18 mois, un enfant a 6 fois moins de risques de souffrir d'infections   à répétition. 

 
 

• 

 
 

L'enfant s'habitue à la crèche : le risque d'infection est divisé par 2,5   après 3 mois de fréquentation. Il est divisé par 3,2 après 6 mois de   fréquentation.

 
 

• 

 
 

L'enfant vivant en crèche reçoit trop d'antibiotiques et développe des   résistances : sur 54 enfants ayant eu des otites à pneumocoques résistant à   la pénicilline, 48 % fréquentaient une crèche et 28 % vivaient chez   eux. 

 

La méningite à Lyon

Daniel Floret s’est tout récemment illustré dans les médias à propos des cas de méningites à Lyon parmi des étudiants en médecine. C’est lui qui s’est ainsi retrouvé aux premières loges dans cette affaire dont voici les faits :

Mercredi 26 mars 2008 :

Un jeune homme de 20 ans avait enchaîné deux soirées, une avec sa promo de deuxième année de pharmacie dans un restaurant du Vieux Lyon, l’autre dans un bar sur les quais de Saône où se déroulait une autre fête organisée par les étudiants en médecine. Deux jours plus tard, il partait en week-end en Isère pour un stage de sport. Le samedi matin, son entraîneur l’a découvert, mort, dans son lit. L’étudiant est décédé d’une forme de méningite foudroyante. Dans les jours qui ont suivi deux autres cas ont été identifiés, sur deux étudiantes, en pharmacie et en médecine. L’une d’entre elles est dans un état sérieux, selon les médecins. Toutes deux étaient aux soirées du 26 mars. Vendredi, les autorités sanitaires ont organisé une large campagne de traitement par antibiotiques prophylactiques

Selon la terminologie médicale les infections à méningocoques se transmettent par des contacts «prolongés et rapprochés» Plus précisément «Il faudrait avoir été à un mètre de la personne pendant une heure durant», résume le professeur Daniel Floret, expert à la cellule de crise sur les infections à méningocoques auprès du ministère de la Santé. Les étudiants étaient nombreux, dans des lieux confinés, ils ont dansé, transpiré… . Les autorités sanitaires veulent éviter un affolement général et tiennent à ne pas trop élargir le nombre de personnes traitées aux antibiotiques.

«Si on utilise l’antibiotique de façon massive, cela va augmenter la résistance des germes, on ne veut pas prendre ce risque», explique le professeur Daniel Floret.

L’enquête épidémiologique n’a pas permis d’identifier la source de contamination. Il s’agit vraisemblablement d’un porteur sain, présent à l’une des deux soirées. Certaines personnes (les porteurs sains, donc) peuvent en effet avoir le germe sans développer la maladie et sont contagieuses sans le savoir.

Ce type de méningocoque, pour lequel il n’existe pas de vaccination, se loge dans le larynx où il peut demeurer une dizaine de jours. Lorsqu’il passe à travers les muqueuses dans l’organisme, il peut entraîner différents types de symptômes. Généralement, en quelques heures, une forte fièvre, des maux de tête, des vomissements et, caractéristique de cette maladie, des tâches violacées sur la peau. Il peut aussi provoquer, dans sa forme la plus grave, des septicémies. C’est ce qui s’est produit pour l’étudiant, qui a succombé en quelques heures.

Posté par BernardGue à 17:39 - Actualités - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Le calendrier vaccinal 2008 est sorti

C’est une surprise : les années précédentes le calendrier vaccinal était attendu en juillet mais cette année il devance largement l’appel en sortant avec le BEH n° 16-17 du 22 avril. Pourquoi ? Pour être en phase avec la semaine de la vaccination qui se déroule du 21 au 28 avril.

Ce numéro fait 20 pages entièrement consacrées à la vaccination. Les différentes parties peuvent être librement publiées mais à condition de l’être dans leur intégralité. C’était déjà le cas pour les avis du HCSP (Haut conseil de santé publique). Ceux publiés depuis la sortie du dernier calendrier sont dans ce numéro. C’était aussi le cas pour le tableau récapitulatif des recommandations vaccinales. C’est désormais aussi le cas pour les commentaires sur ces recommandations qui sont maintenant présentées comme un avis du HCSP. Aussi, je renvoie le lecteur au texte originel.

Je précise quand même ce point important parmi d’autres : cet avis mentionne très explicitement et en caractères gras que le BCG ne peut plus être exigée à l’entrée en collectivité pour les enfants et les adolescents. Comme on le savait, l’obligation avait donc été abrogée par le décret du 17 juillet 2007 (JO du 19/07/07). On apprend de plus que cette suspension avait fait l’objet d’une circulaire :

 Circulaire n° DGS/RI1/ 2007/318 du 14 août 2007 relative à la suspension de l’obligation de vaccination par le BCG des enfants et des adolescents.

Rappelons qu’une circulaire est une instruction administrative destinée à des fonctionnaires auxquels l’autorité administrative demande de se conformer. L’autorité administrative avait donc demandé aux destinataires de cette circulaire, dès la mi-août 2007, de ne plus exiger le BCG pour l’entrée des enfants en collectivité. Le moins qu’on puisse dire est que son application connaît un certain manque de zèle…J’en voudrais pour preuve certains témoignages et aussi les nombreux internautes qui viennent en particulier sur http://vaccinbcg.canalblog.com pour chercher des infos à ce sujet.

Par exemple, le ministère de l’Education nationale, qui se devait de donner l’exemple, n’a modifié son site à ce sujet que fin octobre, une fois la rentrée effectuée…Un témoignage très récent d’une maman à qui une garderie remet un papier exigeant le BCG…La maman étant informée par ailleurs s’en étonne, pour s’entendre dire que oui le BCG n’est plus obligatoire mais que le document n’a pas été mis à jour… Et pour les parents qui ne savent pas ?

Moralité : gardons les yeux ouverts !

Les nouvelle orientations du calendrier

Le président du CTV, Daniel Floret, a résumé l'essentiel des nouvelles orientations du calendrier dans son éditorial :

 

« Cette année, et probablement les prochaines, le calendrier vaccinal paraît en avance afin de faire coïncider sa publication avec le début de la semaine de la vaccination qui a lieu du 21 au 28 avril 2008. Initiée par l’OMS en 2005 en Europe, cette manifestation mobilise désormais la plupart des pays européens. Le but est de sensibiliser les professionnels de santé, les décideurs mais aussi le grand public sur l’innovation médicale qui a le plus contribué à la baisse de la mortalité au cours du siècle dernier. Les nouveautés du calendrier vaccinal 2008 sont limitées (délais obligent !). »

Vaccination contre la grippe

Aucune preuve de son efficacité sur les nourrissons et les femmes enceintes ni sur l’efficacité de la stratégie du cocooning (protection des nourrissons par vaccination de l’entourage) :

« Une réflexion a été menée sur la vaccination des enfants contre la grippe, dont on sait maintenant qu’ils sont massivement atteints lors des épidémies saisonnières. Bien que les nourrissons, dont le risque d’hospitalisation rejoint celui des adultes à risque, pourraient en théorie bénéficier de cette vaccination, l’absence de démonstration d’efficacité du vaccin dans cette tranche d’âge en limite la portée.

 La protection indirecte par vaccination de l’entourage pourrait être envisagée mais l’efficacité de cette stratégie n’est pas non plus démontrée. Il a de ce fait été décidé de se limiter à recommander la protection des nourrissons de moins de 6 mois les plus à risque, notamment les anciens prématurés et ceux présentant des pathologies sous-jacentes les prédisposant à une grippe grave.

 La vaccination systématique des femmes enceintes n’a pas été retenue, faute de données probantes d’efficacité. »

Les études menées sur l’efficacité du vaccin contre la grippe chez les nourrissons peuvent-elles être a priori considérées comme probantes ? Le fait que les nourrissons soient massivement touchés par la grippe permet de les réaliser. On sait par ailleurs que cette vaccination n’est pas très efficace sur les personnes âgées car leur organisme ne réagit plus suffisamment au vaccin. Autrement dit, la plupart des personnes à risque grave de complications en cas de grippe sont difficiles à protéger par le vaccin.

Coqueluche

« En fait, l’innovation essentielle concerne la vaccination anticoquelucheuse. Les recommandations françaises la concernant étaient excellentes, notamment la stratégie dite du cocooning destinée à protéger les petits nourrissons, les plus à risque de formes graves et non en âge d’être vaccinés, par l’immunisation de l’entourage.

Force est malheureusement de constater que ces recommandations ne sont pas appliquées. La démarche a été d’identifier les problèmes, d’en rechercher la cause et de tenter d’y remédier par des recommandations plus facilement applicables. »

On pourrait se dire, enfin, un Comité d’experts qui paraît commencer à se préoccuper de savoir si ce qu’il recommande est réellement applicable sur le terrain ! Quand on regarde le tableau récapitulatif des recommandations c’est la folie !!! Et le mot n’est pas trop fort : dès l’âge de 2 mois tous les enfants devraient recevoir diphtérie+tétanos+polio (3 valences)+coqueluche+méningiteHib+hépatite B+prévenar à 7 valences !!! Recommencer un mois plus tard etc….Et comme une partie des petits Français (Île de France et Guyane) devraient, selon ces mêmes recommandations, recevoir le BCG SSI à la naissance et donc avoir, au mieux, un abcès froid sur l’un des bras pendant plusieurs mois, on se demande s’ils savent encore ce que c’est qu’un enfant.

Mais il ne s’agit pas de cela :

« La stratégie du cocooning est mal comprise, vécue par les médecins comme difficile à mettre en œuvre, et en définitive peu appliquée. Une stratégie complémentaire est apparue nécessaire.  L’analyse a également pointé le fait que rien n’avait été fait pour promouvoir la stratégie du cocooning. La promotion des recommandations vaccinales en France pose un vrai problème sur lequel il faudra se pencher. Proposer de bonnes recommandations, simples, compréhensibles et faciles à appliquer représente un objectif fort du Comité technique des vaccinations. Encore faudra-t-il les faire connaître. Nous espérons que la semaine de la vaccination y contribuera.»

Rappelons qu’elle consiste à préconiser un rappel de coqueluche à 26-28 ans pour tout le monde, en même temps qu’un rappel de dTP (voir mon article sur le sujet). C’est donc jugé plus simple, plus compréhensible et plus facile à appliquer de vacciner tout le monde plutôt que les nouveaux parents. A voir…

Divers

« Le nouveau calendrier vaccinal a également intégré la mise à disposition d’un second vaccin contre les papillomavirus humains. Les nouvelles recommandations concernant le BCG avaient déjà été énoncées dans le calendrier vaccinal 2007, bien que le décret suspendant l’obligation soit paru après. Enfin, il est rappelé (une fois de plus) la nécessité de vacciner contre l’hépatite B les nourrissons, les enfants et les adolescents qui vont entrer dans la période de risque sans être protégés. »

Pour le Cervarix en concurrence avec le Gardasil le HCSP a fait son choix :

" Le CTV/HCSP, dans l’avis du 14 décembre 2007, recommande, dans l’état actuel des connaissances,
préférentiellement le vaccin quadrivalent (6, 11, 16, 18) par rapport au vaccin bivalent (16, 18)."

Posté par BernardGue à 12:42 - Actualités - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 avril 2008

Le Gardasil a désormais un concurrent, le Cervarix

Chacun connaît désormais le Gardasil, ce vaccin contre certains papillomavirus et présenté comme étant un vaccin contre le cancer du col de l’utérus. Ce vaccin est produit par le laboratoire américain Merck et diffusé en France par Sanofi. Le laboratoire britannique GSK s’était aussi lancé dans cette aventure mais avait un peu de retard sur son concurrent et c’est donc un an plus tard, le 20 septembre 2007, que son vaccin, le Cervarix, a obtenu une AMM européenne. Désormais toutes les AMM des médicaments et vaccins sont délivrées au niveau européen. Il est maintenant commercialisé en France depuis le 17 mars 2008 c’est à dire pratiquement un an après le Gardasil.

A cette occasion l’Afssaps, l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé, a publié un communiqué dont voici l’essentiel :

CERVARIX® se présente en suspension injectable en seringue pré-remplie. C’est un vaccin contre le Papillomavirus Humain [Types 16, 18] , recombinant, avec adjuvant ASO4, adsorbé*. Les rapporteurs et co-rapporteurs sur ce vaccin ont été la Belgique et l’Allemagne.

* ASO4 désigne un nouvel adjuvant contenant 500 µg d’hydroxyde d’aluminium et 50 µg de lipide monophosphoryle A 3-désacylé 

Durant la phase de développement clinique, le profil de sécurité d’emploi de Cervarix® a été évalué sur plus de 16000 sujets de sexe féminin.

Les effets indésirables les plus fréquents sont : céphalées, myalgies, fatigue et réactions au site d’injection incluant douleur, rougeur et gonflement.

Les données pré-cliniques et cliniques disponibles sont insuffisantes pour recommander l’utilisation de Cervarix® pendant la grossesse.

Le programme de surveillance européen, en complément de la pharmacovigilance classique, comprend :

1. la réalisation d’une étude randomisée de phase IV de sécurité et d’efficacité conduite en Écosse, qui suivra plusieurs dizaines de milliers de sujets après vaccination par Cervarix®. Un des objectifs de cette étude est la surveillance de la survenue éventuelle de maladies auto-immunes.

2. la réalisation d’une étude de phase III/IV en Finlande chez environ 70 000 sujets âgés de 12 à 15 ans (dont près de la moitié des sujets exposés à Cervarix®, le comparateur étant le vaccin Engerix B®), avec randomisation sur les centres. Un des objectifs est également le suivi des éventuelles maladies auto-immunes jusqu’à l’âge de 18-19 ans.

3. la mise en place d’un registre de grossesses, afin de mieux décrire et analyser le profil de tolérance du vaccin chez les femmes exposées par inadvertance dans le mois précédant la conception et à tout moment de la grossesse.

4. plusieurs essais cliniques avec pour objectifs respectifs d’étudier la co-administration avec d’autres vaccins, l’efficacité à long terme, le suivi de la prévalence des différents types d’HPV oncogènes, la sécurité et l’immunogénicité chez la femme séropositive au VIH, la sécurité et l’immunogénicité chez l’homme.

En complément du programme européen de surveillance et afin de mieux appréhender le profil de sécurité d’emploi lié en particulier à l’adjuvant ASO4, dans les conditions réelles d’utilisation, l’Afssaps a initié un programme national adapté avec :

une surveillance pro-active de l’ensemble des événements post-vaccinaux.

la participation d‘un groupe national référent déjà mis en place par l’Afssaps, composé d’experts cliniciens et épidémiologistes, chargé notamment, si nécessaire, d’analyser les éventuels cas de manifestations auto-immunes qui pourraient être déclarés (au réseau national des 31 CRPV et au laboratoire), et d’anticiper la mise en place d’études épidémiologiques en France pour la surveillance de ce vaccin.

la réalisation avec la Caisse Nationale d’Assurance Maladie des Travailleurs Salariés (Cnamts) d’une étude de surveillance de l’incidence des maladies auto-immunes entrant dans le cadre des Affections de Longue Durée (ALD) sur l’ensemble de la population cible recommandée par le HCSP, jeunes filles et femmes, vaccinées ou non et affiliées au régime général de l’assurance maladie.

L’Afssaps rappelle que tout effet indésirable grave ou inattendu susceptible d’être lié à la vaccination par Cervarix® doit obligatoirement être déclaré par les professionnels de santé au CRPV de rattachement géographique (coordonnées disponibles sur le site Internet de l’Afssaps www.afssaps.sante.fr, ou dans le dictionnaire Vidal).

Lien avec le RCP :

http://www.emea.europa.eu/humandocs/PDFs/EPAR/cervarix/H-721-PI-fr.pdf

Lien avec l’EPAR (European Public Assessment Report) :

http://www.emea.europa.eu/humandocs/Humans/EPAR/cervarix/cervarix.htm

Lien avec les recommandations officielles du HCSP (Haut conseil de santé publique).

http://www.hcsp.fr/hcspi/docspdf/avisrapports/hcspa20071214_Papillomavirus.pdf

Commentaire : force est de constater, une fois de plus, qu’il existe beaucoup d’inconnues concernant ce vaccin, comme d’ailleurs pour le Gardasil dont l’avis du HCSP précisait que les essais menés jusqu’alors ne permettaient pas d’appréhender les risques inférieurs à 1 pour 4000 vaccinations. Alors, dans le cadre d’une vaccination que les autorités voudraient généralisée, on organise une surveillance dont l’objectif n’est pas -ne peut pas être- d’éviter des accidents fâcheux et graves, mais d’essayer d’éviter qu’ils soient trop nombreux et déclenchent une violente réaction du public comme pour la vaccination hépatite B. Par exemple en mettant plus tôt en évidence certaines contre-indications non encore perçues. C’est donc la population toute entière qui est l’objet de cette expérience avec la bénédiction des autorités qui remboursent le vaccin.

On peut aussi penser que GSK se devait de sortir rapidement son vaccin pour ne pas être trop distancé par ses concurrents. Espérons seulement que cette course n’aura pas conduit le laboratoire à précipiter les études.

Le HCSP a fait son choix entre les 2 vaccins :

" Le CTV/HCSP, dans l’avis du 14 décembre 2007, recommande, dans l’état actuel des connaissances,
préférentiellement le vaccin quadrivalent (6, 11, 16, 18) par rapport au vaccin bivalent (16, 18)."

Posté par BernardGue à 09:49 - Actualités - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 mars 2008

22 mars 2008 : journée mondiale de l’eau

A l’occasion de cette journée mondiale l’OMS publie un communiqué titrant qu’un assainissement médiocre menace la santé publique et regrettant que six Africains sur dix ne disposent toujours pas de toilettes convenables.

Extraits :

« Selon le Programme conjoint OMS/UNICEF de surveillance de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement, 62 % des Africains n’ont pas accès à une installation sanitaire améliorée – des toilettes convenables – où les eaux usées sanitaires ne sont pas en contact avec l’homme.

Selon le Dr Margaret Chan, Directeur général de l’OMS, « L’assainissement est un élément fondamental de la santé publique. Nous savons que des interventions simples et réalisables peuvent réduire d’un tiers le risque de contracter des maladies diarrhéiques. »

Si l’OMS et l’UNICEF estiment que 1,2 milliard de personnes dans le monde ont pu accéder à un assainissement amélioré entre 1990 et 2004, 2,6 milliards d’autres – dont 980 millions d’enfants – n’ont pas de toilettes à la maison. Si les tendances actuelles se poursuivent, 2,4 milliards de personnes seront encore dépourvues d’installations sanitaires de base en 2015 et parmi elles, les enfants continueront d’en payer le prix par une mortalité prématurée, des problèmes de scolarité et davantage de maladies, de malnutrition et de pauvreté.

« Près de 40 % de la population mondiale, faute d’accès à des sanitaires, est privée de la dignité et de la sécurité qu’ils représentent », a déclaré Ann M. Veneman, Directeur général de l’UNICEF. «L’absence d’assainissement adéquat a des répercussions graves sur la santé et le développement social, notamment pour les enfants.».

L’utilisation de toilettes convenables et le lavage des mains – de préférence au savon – évitent que des bactéries, des virus et des parasites présents dans les excreta humains contaminent les ressources en eau, le sol et les aliments. Cette contamination est une cause majeure de diarrhée, la deuxième cause de mortalité chez l’enfant dans les pays en développement, et provoque d’autres maladies comme le choléra, la schistosomiase et le trachome.

L'amélioration de l’accès à l’assainissement est une mesure décisive en vue de réduire l’impact de ces maladies. Elle permet également de créer un environnement qui offre davantage de sécurité, de dignité et d’estime de soi. Les questions de sécurité sont particulièrement importantes pour les femmes et les enfants, qui sont exposés au harcèlement et aux agressions sexuelles s’ils doivent sortir la nuit ou se rendre dans des lieux isolés pour satisfaire leurs besoins naturels.

Dans les installations de soins de santé, l’élimination sans risque des eaux usées sanitaires produites par les patients, le personnel et les visiteurs est une mesure indispensable d’hygiène de l’environnement. Cette intervention peut contribuer à réduire la transmission des infections associées aux soins de santé, qui touchent 5 à 30 % des patients.

« L’accent mis sur l’assainissement est fondamental pour l’être humain », estime Pasquale Steduto, Président de l’ONU-Eau

La Journée mondiale de l’Eau offre l’occasion d’appeler l’attention sur l’Année internationale de l’Assainissement 2008, au cours de laquelle l’Assemblée générale des Nations Unies a demandé en décembre 2006 que l’on privilégie les problèmes d’assainissement et d’hygiène.

L’Année internationale de l’Assainissement 2008 a pour but d’accroître la visibilité des questions d’assainissement dans les programmes d’action internationaux et d’accélérer les progrès vers la réalisation de la cible des objectifs du Millénaire consistant à réduire de moitié d’ici 2015 la proportion de personnes dépourvues d’accès à un assainissement amélioré.

Il n’est pas malsain de parler d’assainissement. L’assainissement, c’est important. »

L’eau source de vie, l’eau source de mort

L’assainissement c’est important, je ne vais pas dire le contraire. Je constate cependant, une fois de plus, qu’aucune allusion n’est faite dans ce communiqué sur l’impact considérable de l’assainissement, c’est çà dire le traitement des eaux usées, sur la polio. Il est pourtant parfaitement connu que l’essentiel de sa propagation est lié à l’eau souillée par des excréments humains quand elle est consommée sans avoir été traitée. Je l’ai souvent dit et répété ici, sera-t-il possible d’éliminer la polio du nord de l’Inde et du Nigeria sans une action suffisante dans ce domaine ? Il y a eu 866 cas de polio en 2007 dans les seuls états du Bihar et de l’Uttar Pradesh au nord de l’Inde alors que l’OMS pensait, fin 2005, que la polio y disparaîtrait en 2006… Et pour 2008 nous en sommes déjà à 132 cas contre 21 à la même date en 2007  et 46 au Nigeria contre 27.

Les problèmes d’assainissement ne sont pas qu’en Inde puisque mon département à de mauvais résultats dans ce domaine : l’eau publique est polluée par des nitrates largement au delà des normes officielles et on y retrouve parfois des traces de matières fécales. Les zones de captage ne sont pas suffisamment protégées et les évacuations des particuliers ne sont pas toutes aux normes. Aussi, mon département a été pointé par l’Europe pour ses mauvais résultats sur la qualité de l’eau proposée au consommateur. De ce fait, j’ai reçu il y a 2 jours la visite des services de distribution pour contrôler mon installation d’évacuation d’eaux usées et pluviales. J’approuve ce genre de contrôle et j’ai accueilli les agents du mieux que j’ai pu. Ils me disaient qu’ils étaient confrontés à de sérieux problèmes.

Le traitement des eaux usées commence là où elles sont produites et donc aussi chez les particuliers, afin qu’elles soient conduites à la station d’épuration et sans se mélanger aux eaux pluviales. Le tout à l’égout, dont on a longtemps vanté les mérites, a été une catastrophe probablement largement responsable des grandes épidémies de polio qui ont frappé au 19ième siècle des grandes villes comme Munich, Stockholm, puis au début du 20ième New York avec 9000 cas de polio et les habitants qui fuyaient la ville. Les excréments étaient sans doute rejetés directement dans les fleuves et cette commodité, si largement approuvée comme un très grand progrès, a certainement contribué à ces épidémies.

De ce point de vue les WC posent beaucoup de problèmes : ils demandent beaucoup d’eau pour fonctionner ; ils demandent un entretien permanent et les balais transportent et conservent virus et bactéries ; ils demandent donc une éducation particulière pour les populations. Faute de tout cela, l’installation de WC peut s’avérer rapidement catastrophique dans bien des régions du monde, y compris chez nous. Il suffit d’aller dans certains camping…Dans un camping digne de ce nom les WC doivent être lavé au jet 2 fois par jour. Mais il faut disposer de l’eau, du personnel et de la volonté de le faire (et donc de contrôles).

Les WC posent aussi un problème collectif très sérieux car, qu’ils soient évacués directement dans les cours d’eau ou qu’ils polluent les nappes phréatiques, on a un effet boomerang inévitable. Les Anglais se sont beaucoup moqué des Français avec leur cabane au fond du jardin. Malgré ses inconvénients elle n’était pas forcément plus dangereuse que des WC sans assainissement. D’ailleurs aucune ville française n’a connu les grandes épidémies de polio que je rappelais ci-dessus. Il n’est pas interdit de penser qu’il pourrait y avoir un lien.

L’eau est certainement un des très grands problèmes auxquels nous sommes confrontés. Qu’il soit une fois de plus permis de penser et d’écrire que si les sommes considérables et les trésors de dévouements et d’énergies qui ont été mobilisés dans les campagnes d’éradication de la polio par la vaccination avaient été investies dans « l’eau, source de vie » la santé mondiale aurait accompli un pas immense et des centaines de millions de gens vivraient beaucoup mieux aujourd’hui.

Posté par BernardGue à 12:10 - Actualités - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 janvier 2008

Vaccination : les recommandations mondiales du SAGE

En matière de vaccinations à l’échelon planétaire c’est le SAGE (espérons qu’il l’est !), c’est à dire le Groupe stratégique consultatif d’experts, qui vient de rendre compte au Directeur général de l’OMS sur des questions allant de la recherche et du développement de vaccins à leur administration. Son domaine de compétences s’étend au-delà de la vaccination de l’enfant à toutes les maladies évitables par la vaccination. Le SAGE s’est réuni du 6 au 9 novembre 2007 à Genève et son rapport est en ligne dans le REH du 4 janvier 2008.

Depuis la réunion du SAGE d’avril 2007 l’OMS a publié des lignes directrices révisées concernant la vaccination par le bacille de Calmette-Guérin BCG des nourrissons exposés à l’infection à VIH  ainsi qu’une prise de position de l’OMS sur l’utilisation du vaccin antirotavirus (REH n° 32, 10 août 2007) . Un catalogue des recommandations concernant les politiques de vaccination est désormais disponible. La liste modèle OMS des médicaments essentiels a été alignée sur les recommandations du SAGE ainsi que les notes d'information de l’OMS sur les vaccins. Le SAGE note des progrès dans la mise en œuvre des recommandations.

Vaccin contre le méningocoque de type A

« Le SAGE a été mis au courant de l’épidémie actuelle de méningite méningococcique dans la ceinture africaine de la méningite. L’approvisionnement mondial en vaccin antiméningococcique A s’améliore, avec une offre potentielle accrue de vaccins de 2 fabricants. Toutefois, la situation de l’approvisionnement est encore fragile et l’utilisation d’un cinquième de dose demeure une option en cas de pénurie.

Comme l’avait recommandé le SAGE, l’OMS et Epicentre travaillent à un protocole d’étude visant à évaluer l’efficacité d’un cinquième de dose. Un déficit de financement de US$ 14 millions subsiste en vue de la constitution d’un stock pour la saison épidémique 2007-2008. »

Donc le SAGE qui veille sur la politique vaccinale mondiale souhaite renforcer l’utilisation de ce vaccin. Pourtant, aux journées de veille sanitaire organisées par l’InVS j’avais entendu ceci le 30/11/2007 par le président de la commission sécurité sanitaire du HCSP (Haut conseil de santé publique) :

« Afrique Sahélienne : on a observé l’émergence du redoutable type W135 dans une population vaccinée contre le méningocoque de type A »

Rotavirus

L’OMS a consacré tout un n° du REH, 12 pages, aux vaccins contre les rotavirus (10 août 2007). Dans ce n°

« l’OMS recommande vivement l’introduction de la vaccination antirotavirus aux programmes nationaux de vaccination des régions et pays où les données sur l’efficacité des vaccins font penser qu’elle pourrait avoir un impact notable sur la santé publique et où l’on dispose d’une infrastructure appropriée et de mécanismes de financement permettant d’utiliser durablement les vaccins. L’expérience recueillie avec plusieurs autres vaccins oraux a montré que, du point de vue de l’innocuité et de l’efficacité, des différences considérables peuvent exister d’une région à l’autre. Tant que le véritable potentiel des vaccins antirotavirus actuels n’a pas été confirmé dans toutes les régions de la planète, l’OMS n’est pas disposée à recommander l’introduction des vaccins antirotavirus aux programmes de vaccination nationaux au niveau mondial. »

On y lit aussi ceci qui me laisse perplexe :

« L’expérience récemment acquise aux Etats-Unis laisse à penser que, dans les pays industrialisés, l’adjonction des vaccins

antirotavirus aux programmes de vaccination nationaux systématiques ne devrait guère permettre de réaliser des économies au stade actuel, mais pourrait néanmoins être considérée comme une intervention rentable. »

Région européenne

Bien entendu ce sont les observations et recommandations vaccinales concernant la région Europe de l’OMS qui nous intéressent au premier chef. Rappelons que la région Europe de l’OMS inclut les pays de l’Est et la Turquie.

 

Pour le SAGE les priorités régionales pour l’Europe sont

1- le renforcement des systèmes nationaux de vaccination,

2- le maintien de l’éradication de la poliomyélite,

3-  l’élimination de la rougeole et de la rubéole d’ici 2010,

4- le soutien à l’introduction de vaccins nouveaux ou sous-utilisés

5-  le renforcement de la surveillance.

Il est cependant fort douteux que la rougeole puisse être éliminée d’Europe et même de France d’ici 2010. Pour atteindre ces objectifs, le Bureau régional a élaboré un plan d’action qui comporte 3 domaines stratégiques:

1- renforcement des systèmes de vaccination;

2- initiatives ciblées contre des maladies;

3- surveillance, laboratoire et suivi.

A l’heure actuelle le SAGE note que tous les pays de la Région ont atteint une couverture par le DTC >80% (diphtérie, tétanos, coqueluche), la plupart pouvant même se prévaloir d’une couverture >90%. Toutefois, la précocité de la vaccination demeure un problème dans certains pays et près de 500 000 nourrissons ne sont pas vaccinés dans les temps. Les retards sont dus en partie à l’application de contre-indications erronées par les médecins. Outre ces questions, que la Région traite directement, des modules de vaccinologie doivent être inclus dans les programmes des études de médecine.

 Parmi les autres groupes mal vaccinés, mentionne le SAGE, figurent des urbains pauvres, des populations isolées, des groupes mobiles et des minorités. La couverture de ces groupes de population est et restera une priorité dans la Région.

Il note aussi que d’importantes épidémies de rougeole continuent de se produire dans la Région malgré une couverture vaccinale systématique élevée et que les raisons de ces phénomènes et les groupes touchés varient selon les pays.

Sur le vaccin Hib (méningite haemophilus B) « l’introduction de vaccins contenant le vaccin anti-Hib fait apparaître une nette différence entre les pays d’Europe occidentale et certains pays d’Europe orientale et les nouveaux Etats indépendants, où ces vaccins sont peu utilisés. Le manque de prise de conscience de la charge que représente l’infection à Hib et le prix relativement élevé du vaccin en sont largement responsables. Les approches suivies pour remédier à ce problème sont les suivantes: finaliser un plan d’action régional pour l’introduction de nouveaux vaccins, définir une orientation stratégique régionale et apporter un appui à la prise de décision fondée sur des données factuelles en faveur de l’introduction de ces vaccins. »

Posté par BernardGue à 12:41 - Actualités - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 décembre 2007

Entre l'obsession de la couverture vaccinale et la démocratie sanitaire

La nécessité d’évoluer rapidement vers la démocratie sanitaire est prise très au sérieux par nos experts de la santé publique qui considèrent l’obligation vaccinale comme un archaïsme hérité de la première moitié du XXe  siècle, injuste, car ne prenant pas en compte un gradient de risque, et sans souplesse, car incapable de s’adapter rapidement à l’évolution épidémiologique. Mais une obsession les taraude : et si cela faisait chuter la couverture vaccinale ?

Dans ce nouvelle article je vais essayer de rendre compte de 3 communications faites aux journées de veilles sanitaire organisées par l’InVS les 29 et 30 novembre 2007 à la Cité des Sciences à La Villette (Paris). Il s’agit :

1- Politique vaccinale et démocratie sanitaire par Didier Torny sociologue à l’Inra (le résumé).

2- Attitude vis à vis de la vaccination du grand public et des médecins libéraux par N.Nicolay de l’InVS (le résumé).

3- Evolutions récentes et perspectives pour le suivi de la couverture vaccinale chez l’enfant par J.P Guthmann de l’InVS (le résumé).

En effet, ces 3 thèmes peuvent se recouper et se compléter utilement. J’ai pris des notes à la volée et il ne m’est pas possible de reconstituer l’ensemble de ces communications pour lesquelles il existe des résumés.

Politique vaccinale et démocratie sanitaire

Didier Torny, semble avoir eu un parcours un peu atypique : après avoir obtenu son diplôme d’Ingénieur de l’Ecole Centrale de Lille, il s’oriente vers la sociologie pour obtenir le titre de docteur en sociologie pour intégrer l’INRA en 2003 après un post-doctorat à l’INSERM. Il est le seul sociologue à s’être intéressé à la sociologie de la politique vaccinale et à « ses tensions internes ». Il est l’auteur d’une étude sur l’obligation vaccinale : « Libertés individuelles et santé collective » C’est une étude socio-historique de l’obligation vaccinale publiée au Cermes, le centre de recherche en médecine, sciences santé société, en novembre 2004.

C’est sans doute pour cette raison qu’il était devenu membre du CTV et du CSHPF sous la présidence de Christian Perronne qui présentait aussi une communication. Daniel Lévy-Bruhl, modérateur du débat, nous dira qu’au CTV il est  "notre poil à gratter".

D. Torny nous dira qu’en France « la mobilisation sociale autour des vaccinations reste relativement limitée » et qu’elles donnent lieu « à très peu de discussions dans l’espace publique », ce qu’il semble regretter. Dans son analyse de la politique vaccinale il note :

 

1- Les vaccins sont-ils des médicaments comme les autres ?

Ils sont un peu spécifiques car destinés à des personnes saines qui vont avoir un contact volontaire avec une substance toxique, d’où une attention toute particulière portée aux effets secondaires et néfastes et aux victimes du vaccin.

2- L’infantilisation de la population par des obligations qui font des adultes non responsables. L’obligation, en apparence égalitaire, est en réalité injuste car ne prenant pas en compte un gradient de risque.

3- L’action collective des vaccinations avec le rôle moteur de la puissance publique pour mettre en œuvre des schémas de vaccination à effet collectif avec des vaccins altruistes. Mais l’obligation manque de souplesse en ne permettant pas l’adaptation à l’évolution épidémiologique.

4- La visée d’éradication : pour la variole, son éradication « a été vendue comme ça », c’est à dire obtenue par la vaccination. Il sait très bien que ce n’est pas le cas. Aussi, l’efficacité partielle est perçue comme un échec (grippe, BCG).

5- « Le pouvoir magique du geste vaccinale » : contre le cancer et le sida on espère un vaccin…

De ce point de vue j’ajouterai que le vaccin a récupéré la fonction psychosociale jouée par l’amulette ou le talisman dans d’autres cultures. Je ne dis pas que le vaccin n’a pas plus d’efficacité qu’une amulette, je dis seulement que les populations attendent inconsciemment de lui qu’il protège comme d’autres populations le pensaient pour l’amulette. Il a ce pouvoir magique de libérer de nos angoisses face à la maladie : "si on avait un vaccin contre le sida cela éviterait xxx milliers de morts par an en Afrique " (citation authentique avec un nombre xxx que j’ai oublié). On pourrait tout aussi bien dire " si on avait une amulette contre le sida cela éviterait…" En 1984, après la découverte du virus du sida, le professeur Montagnier dira : "maintenant qu’on a le virus on peut espérer un vaccin dans 10 ans". On attend toujours…

6- Un acteur commun, les firmes productrices : elles inspirent le soupçon de l’intérêt financier. Le Texas voudrait rendre obligatoire le Gardasil ! Cela a déclenché une intense campagne d’opposition où le Viox, de sinistre mémoire, et le Gardasil, produit par la même firme (Merck), sont associés sur des affiches hostiles qui nous ont été présentées et qui circulent au Texas.

7- Une expérimentation de grande envergure sur la nature où l’immunité naturelle est remplacée par une immunité artificielle avec pour objectif le contrôle de la nature.

8- Une expérimentation sociale avec les obligations vaccinales et l’indemnisation des victimes. Avec aussi les inévitables débordements de la promotion vaccinale (VHB, Gardasil). Ou encore rester au milieu du gué avec une couverture vaccinale suboptimale (rougeole).

9- La critique de l’obligation vaccinale : le choix du patient et le choix du médecin sont court-circuités.

Cela conduit à la recherche d’alternatives à l’obligation vaccinale avec des recommandations graduées et une mobilisation sociale de santé publique. La question :

« Comment s’assurer, dans un cadre démocratique, que médecins et patients feront ce qu’on leur recommandera de faire ? »

Il ne peut pas y avoir d’assurance de cette nature qui soit à 100%. Pour les enfants, en population générale, 4 injections de DTP restent encore obligatoires. On dit souvent qu’il n’y a plus qu’un seul vaccin obligatoire et cela fut dit au cours de cette journée de veille sanitaire. Et si c’était un hexavalent ? Non, le DTP c’est 5 vaccins avec la diphtérie, le tétanos et les polios types 1, 2 et 3, ce qui fait 20 vaccinations obligatoires en tout entre l’âge de 3 mois et 18 mois.

Devant les difficultés rencontrées pour l’éradication de la polio et constatant que le type 2 avait disparu, l’OMS a obtenu, après quelques réticences, que les laboratoires produisent des vaccins oraux monovalents de type 1 et de type 3. Elle les considère comme plus efficaces que le trivalent. On pourrait donc très bien supprimer la valence de type 2 dans le composé vaccinal imposé aux petits Français. On pourrait alors avoir un vaccin plus efficace et un peu moins nocif car plus on ajoute de valences et plus le vaccin est agressif, quoi qu’on nous dise. Ce n’est pas l’affaire des vaccins hexavalents en Allemagne qui va nous persuader du contraire.

De plus, pourquoi lier la diphtérie et les polios au tétanos ? Pourquoi n’est-il pas possible de vacciner un enfant contre le tétanos sans le vacciner aussi contre la diphtérie et 3 types de polio ? Pour la commodité des laboratoires ! Le vaccin contre le tétanos ne devrait pas être obligatoire selon nos normes juridiques fondamentales, celui-ci ne pouvant assurer une protection mutuelle, seule condition en accord avec nos principes juridiques, comme nous l’avait exposé le professeur de droit Didier Truchet à l’audition sur le BCG (voir en annexe de cet article un extrait de son intervention).

Alors, pourquoi ne pas supprimer, dans un premier temps, l’obligation du vaccin antitétanique pour se mettre en conformité avec notre Droit ? Une incitation vaccinale analogue au port du casque en vélo, "pas obligatoire, juste indispensable" pourrait être acceptable. Il est même probable que si les labos proposaient un vaccin pour enfant contre le seul tétanos, la couverture vaccinale deviendrait plus importante qu’avec le DTP.

D. Torny présente l’obligation vaccinale comme ayant été une idée de gauche, pour assurer le remboursement, alors que la politique libérale serait de rembourser les vaccins recommandés.

« Nous payons l’héritage de la vaccination hépatite B dont l’objectif était l’arrêt de la transmission en vaccinant une génération complète alors que la vaccination a été vendue comme égoïste. Aussi, le bénéfice-risque individuel est seulement discuté. »

Je ne suis pas convaincu que ce soit le bénéfice-risque individuel qui alimente l’essentiel du débat sur cette vaccination. La propagande de lancement a exagéré les risques de la maladie au delà de toute décence :

 " L’hépatite B tue en un jour plus que le sida en un an". "L’hépatite B se propage par la salive". Les statistiques sur le nombre de cas et leur gravité ont été gonflées à l’hélium. Quand les premiers cas graves sont apparus on nous a dit qu’il était prouvé que le vaccin était sans danger. Quand l’accumulation des cas est devenue trop importante on nous a dit qu’il n’était pas prouvé que le vaccin était dangereux, notez la nuance ! Puis, après nous avoir dit que les adultes devaient se faire vacciner tous les 10 ans en raison de la transmission sexuelle, on nous annonce que le vaccin est efficace toute la vie s’il est réalisé avant l’âge de 13 ans (alors qu’on n’a pas un recul de 30 ans depuis sa découverte) et qu’en conséquence les rappels chez l’adulte, même exposé, ne sont plus nécessaires… Et j’en passe…Et "ils" voudraient qu’on leur garde notre confiance…Un vendeur d’aspirateurs a réussi à nous vendre un de ses appareils qui nous pète à la figure en nous crevant un œil. Le vendeur se représente pour nous proposer un fer à repasser dernier cri et nous devrions lui acheter en toute confiance !!! Il y a des limites à tout et sur cette affaire elles ont été très largement dépassées.

NON ! Le problème majeur posé par la vaccination hépatite B en France est celui d’une très importante et profonde crise de confiance entre la population et les acteurs de notre santé publique. Cette confiance ne se rétablira pas par un passage en force qui ne fait qu’aggraver la crise, mais en disant la vérité, en reconnaissant les victimes, en les indemnisant correctement (et ce n’est pas du luxe vu l’état dans lequel elles sont), y compris au bénéfice du doute.

Attitude vis-à-vis de la vaccination

Sur le second exposé je vais être plus bref, d’abord parce que j’ai pris moins de notes, ensuite parce que l’enquête ici relatée, dite enquête Nicolle, sur l’attitude du public et des médecins vis à vis de la vaccination, sera bientôt publiée. Il y avait de nombreux tableaux statistiques que je n’ai pu noter mais il sera possible d’y revenir.

Le résumé nous dit que plus de 50% des personnes interrogées (4112 participants) sont en faveur de l’obligation vaccinale. Cependant, cela ne dépasse pas 60 %, dépend de l’âge, de la région et du niveau d’étude : les âges les plus favorables à l’obligation sont les 18-24 ans (parce qu’ils sortent du moule de l’école et n’ont pas encore l’expérience avec leurs enfants ? NDLR) et les plus de 64 ans ( question d’âge ou de générations ? NDLR). L’enquête a montré que plus le niveau d’études était élevé et moins les personnes interrogées étaient en faveur de l’obligation : à bac+ 5 on descend à 45,9% (fait constamment vérifié par d’autres enquêtes mais non relaté dans le résumé qui, tout en faisant allusion à cette cause de variation, ne donne aucune indication sur son orientation …Le même phénomène a été observé à Londres selon les enquêtes relatées au cours de ces journées de veille sanitaire). A bac+ 5, 54% des personnes interrogées sont donc en faveur de la suppression de l’obligation et toutes classes d’âges confondues c’est environ 45%.

Le résumé conclut ainsi :

« si la vaccination reste largement acceptée par la population et les professionnels de santé, elle ne s’impose plus comme une intervention indiscutable. »

« Il apparaît donc prioritaire de poursuivre les efforts entrepris pour améliorer l’accès à une information adaptée et transparente sur les justifications et les enjeux des stratégies vaccinales recommandées. »

La couverture vaccinale chez les enfants

Pour le troisième exposé sur la couverture vaccinale, l’enquête est en ligne dans le BEH n°6 du 13 février 2007 sur le site de l’InVS. Elle est déjà ancienne : menée en 2001-2002 en CM2, en 2002-2003 en maternelle et en 2003-2004 en classe de 3e.  C’est bien le constat fait par l’intervenant : « délai long entre l’acte vaccinal et la disponibilité de l’information », elle est ainsi «  très peu réactive aux changements du calendrier ».

Pour avoir des informations dans de meilleurs délais il y a les achats et ventes par les pharmacies, les grossistes et les labos, par mois et par départements. Mais cela ne donnera aucun renseignement sur l’âge des personnes vaccinées. Dans les réunions internationales, les données de la France sont toujours en blanc, contrairement aux autres pays. Cela irrite Christian Perronne qui demande que l’on communique les données de l’année n-2 et non pas celles de l’année n-1 comme le font sans doute les autres pays.

Pour les données de la couverture vaccinale à 5-7 ans, le BCG est à 99,9%, le DTP à 96%, la coqueluche à 92,3, le Hib à 63,5 ; l’hépatite B à 33,5 (42,4 à 15 ans), le ROR à 93% pour une dose.

Ainsi, on est ravi d’apprendre que la CV pour le BCG atteint les 99,9% !!! Mais ce qui serait intéressant c’est la CV en 2006 et 2007 avec le SSI. D’ailleurs 99,9% de vaccinés à 5-7 ans c’est déjà beaucoup avec les inévitables contre-indications. C’est un taux d’élection dite démocratique dans un pays qui ne l’est pas. Un médecin à la retraite me racontait qu’il n’avait jamais fait un seul BCG et qu’il vaccinait avec le stylo quand la famille était sûre ou dans le coton quand les familles réclamaient le vaccin !!! On devrait donc s’interroger sur la réalité de ces taux exceptionnels de vaccination. La PMI de Paris par exemple exigeait le BCG pour toute entrée en crèche ou garderie, la contre-indication n’étant pas acceptée : « la contre-indication ne relève pas du mode de garde collectif » déclarait une responsable de la PMI de Paris à l’audition BCG tout en nous présentant l’enquête de ses services sur les simulacres de vaccination et les faux certificats…(diaporama de Véronique Dufour, diapos 17 et 18). Voilà l’effet délétère produit pas des contraintes excessives et en l’occurrence illégales. Les nombres ne veulent plus rien dire et ici, pour le BCG, c’est plus que hautement vraisemblable. D’autant que la couverture pour le DTP est de 96% au même âge. Y-aurait-il plus de contre-indications pour le DTP que pour le BCG Monovax ? C’est fort douteux.

La vaccination hépatite B est considérée comme « la plus problématique avec une couverture qui a nettement diminuée par rapport à celle estimée lors de la précédente enquête menée en 2000-2001 en classe de 3e auprès de générations d’enfants qui avaient bénéficiés des campagnes de vaccination en classe de 6e : la couverture est passée de 62,4% à 42,4%. Les données pour les enfants âgés de 11 ans ne montrent pas de mise en œuvre d’un rattrapage comme le préconise le calendrier vaccinal. »

J’aime à dire qu’en football on ne gagne pas un match en demandant à ceux qui tiennent le panneau d’affichage de le modifier en notre faveur, mais en allant sur le terrain pour jouer, en s’entraînant pour progresser et marquer les buts nécessaires. Ce principe fondamental s’applique à tous et pour toutes choses. Si nos experts en vaccination veulent que la CV de l’hépatite B remonte, il leur faudra descendre dans l’arène pour venir s’expliquer devant la population sur leurs incroyables affirmations et contre-affirmations dont ils nous ont abreuvés depuis octobre 1994. Ce sera une autre affaire que de formuler une recommandation dans un calendrier… Allons, un peu de courage !

La couverture vaccinale : une mesure de la santé de la population ?

Tous ces experts semblent être obnubilés par la CV et ses variations. C’est l’obsession absolue. Mais que vaut ce thermomètre pour évaluer si la santé de la population s’améliore ou se détériore ? Ils ne se posent pas la question. Ils ont une mission : évaluer la couverture et proposer des solutions pour la faire progresser. Ils ont l’œil rivé sur la fameuse couverture comme d’autres sur la courbe des ventes ou sur la ligne Maginot. Mais les virus pourraient bien se jouer de cette fortification comme cela se produit actuellement avec la polio en Inde et au Nigeria.

A l’audition BCG, après une journée et demi d’interventions d’experts, un médecin de terrain est venu nous dire la réalité du médecin de ville et de campagne (diaporama médecin traitant). Auparavant, il était venu me dire quelques mots tout en prenant son café. Il nous a fait du bien en nous remettant les pieds sur Terre et la tête face à la réalité du malade. Je me suis alors demandé qui étaient les meilleurs : les experts de haut niveau qui jouent avec les chiffres devant leurs ordinateurs ou ces médecins de terrain, seuls face à la souffrance de leurs malades et qui n’ont pas droit à l’erreur. Quelques semaines plus tard, à la télé régionale, j’ai revu ce médecin suivi par la caméra dans sa tournée de campagne, allant de malades en malades alors que les grands experts vont de colloques en colloques...C’est un médecin allopathe et qui vaccine, mais c’est un homme de valeur, un vrai médecin se fiant à son expérience plutôt qu’aux statistiques des experts.

Posté par BernardGue à 22:07 - Actualités - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 décembre 2007

Des vaccins disponibles mais non recommandés, pourquoi ?

Plusieurs vaccins, tout en étant disponibles sur le marché français, n’ont pas été intégrés au calendrier vaccinal. Médecins et parents se demandent souvent pourquoi les vaccins contre la varicelle et le rotavirus ne sont pas recommandés. Christian Perronne a fait une communication sur ce thème aux journées de veille sanitaire, le 30 novembre 2007. Comme il a été président du CTV (Comité technique des vaccinations) pendant plusieurs années et ce jusqu’en septembre dernier et qu’à ce titre il a présidé à l’élaboration annuelle du calendrier vaccinal, il sait de quoi il parle.

J’ai assisté à cette journée où j’ai pris quelques notes. Nous disposons de plus des résumés en ligne sur le site de l’InVS (ensemble des communications) ainsi que de nombreux avis ou rapports émanant du CSHPF (Conseil supérieur d’hygiène publique de France) sur ces vaccinations et comme le CSHPF était aussi présidé par Christian Perrone...

D’abord, comment un vaccin est-il validé ?

Christian. Perronne va d’abord rappeler la procédure générale de validation d’un vaccin qui est un médicament à part entière et est géré selon les mêmes règles. En particulier, des études cliniques doivent précéder toute obtention d’AMM (autorisation de mise sur le marché) qui ne se fait plus au niveau national mais européen. C’est l’agence européenne du médicament, l’EMEA, ayant son siège à Londres, qui délivre les AMM pour toute l’Europe. Ce point est très important et nous en avons fait récemment l’expérience avec le BCG SSI :

C’est en effet cette normalisation européenne qui avait conduit Sanofi à abandonner le Monovax au profit du BCG SSI : le Monovax disposait d’une AMM seulement en France et n’était utilisé qu’en France. Le laboratoire aurait alors dû présenter les études nécessaires pour l’obtention d’une AMM européenne et même envisager de construire une autre usine comme cela fut dit au cours de l’audition BCG par le représentant de Sanofi. Devant le coût prohibitif, pour un vaccin dont on savait que la vaccination généralisée en France allait être abandonnée, le laboratoire a renoncé.

Les critères retenus pour l’AMM sont l’activité préventive du vaccin et sa tolérance. Avec une AMM le vaccin peut être commercialisé sans remboursement. Il y a alors une saisine du CTV (Comité technique des vaccinations) pour définir son utilité en santé publique et envisager ou non sa recommandation qui reste à l’initiative des Etats. Depuis mars 2007 l’avis du CTV sur l’utilisation d’un vaccin sur le territoire doit être validé par la Commission spécialisée de sécurité sanitaire du HCSP (Haut conseil de santé publique) qui aura l’initiative d’inclure les recommandations du HCSP pour alimenter la publicité du produit auprès des médecins. Si Ch. Perronne n’est plus président du CTV il est devenu président de cette commission spécialisée. Il garde donc la main haute sur toutes les recommandations vaccinales en France.