20 avril 2009
Le calendrier vaccinal 2009 est arrivé
Privilège exceptionnel, le nouveau calendrier vaccinal a été mis en ligne avec un jour d'avance, ce lundi 20 avril au lieu du mardi jour habituel pour la sortie du BEH. Il s'agit bien sûr d'être en phase avec le début de la semaine de la vaccination. Si des vaccinations pourront être proposées gratuitement, comme la dégustation des vins dans les foires, espérons que ce ne sera pas la grande braderie des arguments...
Mais que dit ce nouveau calendrier [1] ?
La Rougeole
(D'autres aspects du calendrier vaccinal seront abordés plus tard)
Ce calendrier débute par l'éditorial de Daniel Floret président du CTV. Comme la reine de la semaine sera la vaccination contre la rougeole, il se devait d'en parler et bien sûr il fait allusion au décès :
Sur le décès
"Une
fillette est malheureusement décédée d’une encéphalite."
Mais il ne donne pas le statut vaccinal de cette enfant, tout comme le communiqué de presse de la préfecture de Haute-Savoie du 29 janvier qui parlait d'un contexte d'enfants et d'adultes mal vaccinés ou encore le bilan de janvier 2009 publié : il signale ce décès par une encéphalite aiguë sans en dire plus.
En
2005 Daniel Floret avait présidé à la réalisation du plan
officiel
[2] d'élimination de la rougeole en France. On pouvait y lire, page
9 :
"Puisque la rougeole peut être perçue par certains comme une maladie « invisible » et/ou bénigne, il ne faut pas manquer l’occasion de communiquer sur les épidémies récentes en France et dans les pays voisins, en citant les cas d’enfants ayant subi les méfaits de la rougeole du fait de leur statut non vacciné."
Et s'ils ont été vaccinés ?
Compte tenu de cette directive quasi officielle, la question se pose vraiment ici à propos de ce décès : est-il vraisemblable de penser que si l'enfant n'avait pas été vaccinée ils se seraient privés de le dire officiellement ?
La rougeole en 2008
Bien sûr, il ne faut pas s'arrêter à ce décès et fonder une politique vaccinale sur un cas malheureux, quelque soit son statut vaccinal. Daniel Floret dresse aussi un tableau de la rougeole en 2008 en France :
« L’année 2008 a été marquée en France par une très forte résurgence de la rougeole. Alors que cette maladie semblait avoir disparu (une quarantaine de cas déclarés en 2006 et 2007), près de 600 cas ont été notifiés en 2008 ce qui, compte-tenu du non respect de l’obligation à déclarer, laisse à penser que plusieurs milliers de cas sont survenus ».
Si plusieurs milliers de cas sont survenus sans être déclarés c'est sans doute qu'ils étaient bénins, en tout cas non hospitalisés. Ainsi quand il écrit que
« 19 % des cas déclarés et 54 % des adultes ont été hospitalisés »
cela peut paraître impressionnant mais ces pourcentages n'exprimeraient nullement la réalité, il faudrait aussi le souligner.
Le président du CTV insiste aussi dans son éditorial sur la rougeole qui toucherait tout particulièrement les écoles confessionnelles dont les enfants seraient peu vaccinés :
« Des flambées épidémiques ont été observées dans des écoles (notamment des écoles confessionnelles où les enfants sont très peu vaccinés) »
Mais le bilan provisoire publié le même jour par l'InVS indique que les autres écoles sont tout autant touchées :
« Beaucoup de foyers ont concerné des collectivités scolaires (confessionnelles et non confessionnelles) et leurs fratries »
Le président du CTV prend ses informations dans les bilans établis par l'InVS. Il ne serait plus dans son rôle s'il en arrivait à s'engager en orientant ainsi les bilans établis. En Suisse, le bruit avait été lancé que la jeune française décédée de la rougeole était scolarisée dans une école Steiner suisse alors que le communiqué de la préfecture de Haute-Savoie précise qu'il s'agissait d'une
« fillette de 12 ans, scolarisée dans un collège de Haute-Savoie...Les personnels, parents et élèves de l'établissement scolaire qu'elle fréquentait ont été informés. Les services de médecine scolaire vont procéder à une vérification et une mise à jour sera proposée pour les enfants qui ne seraient pas complètement vaccinés »
Il est vrai qu'en France comme en Suisse certains voudraient "avoir la peau" des écoles Steiner. On peut penser ce qu'on veut de ces écoles, mais de là à falsifier ainsi la réalité il y a un pas à ne pas franchir.
* Voir la polémique sur la rougeole et les écoles Steiner en Suisse : "Ecole Steiner : elle propage la rougeole".
Voir aussi l'école Steiner exporte la rougeole ou un autre point de vue par un groupe médical suisse de réflexion sur les vaccins.
L'évolution de l'épidémiologie de la rougeole
Le président du CTV décrit aussi la réalité du déplacement de la maladie :
« La rougeole n’est plus une maladie du jeune enfant : un tiers des cas déclarés est âgé de plus de 15 ans. Des cas ont également été observés chez des nourrissons de 3 à 9 mois. La rougeole est plus grave chez l’adolescent, l’adulte et le jeune nourrisson. »
J'ai souvent parlé de ce phénomène au processus parfaitement élucidé. Il est une conséquence de la vaccination contre la rougeole et des limites du vaccin qui ne peut immuniser tous les vaccinés ou ne les immunise pas aussi longtemps qu'on a voulu le dire ou le croire. De nombreuses études de part le monde ont établi cela quoiqu'on en dise.
Bien sûr, Daniel Floret est dans son rôle en désignant l'insuffisance de la couverture vaccinale comme responsable de la situation :
« nous avons accumulé durant ces 25 années un réservoir de plusieurs centaines de milliers (voire davantage) de sujets qui ont échappé à la fois à la vaccination et à la maladie. Ces personnes risquent maintenant de présenter la rougeole à un âge où le risque de complications est élevé.»
C'est
certain, mais nos experts devraient savoir qu'on ne peut lancer ainsi
toute une population dans une vaccination généralisée contre une
maladie très souvent bénigne sous nos latitudes, que les parents
ont connue, et dont le vaccin a été suspecté en Grande Bretagne et
aux USA de déclencher l'autisme.
Les cas en règle avec le calendrier
Mais tout cela n'est qu'une partie de la réalité : l'autre partie est que des personnes parfaitement en règle avec le calendrier vaccinal font aussi des rougeoles comme un enfant de 9 ans à Nice en 2008. Il avait pourtant reçu ses 2 doses comme l'atteste le bilan de l'InVS [3].
Dans son bilan sur 24 mois (juillet 2005-juin 2007) publié dans le BEH du 25 décembre 2007 [4], l'InVS affirme que 62,6% des cas étaient non vaccinés. C'est vrai, mais ce qu'elle n'explicite pas c'est qu'au moins 60% des cas étaient en règle avec le calendrier. Le président du CTV fait de même :
« Parmi les cas déclarés dont le statut vaccinal est connu, 88,5 % n’étaient pas vaccinés et 9 % n’avaient reçu qu’une dose. »
Cette méthode d'investigation qui consiste à dire si les cas étaient vaccinés ou pas (sauf quand ça pourrait déranger, comme pour le décès), n'est absolument pas satisfaisante. Elle conduit à regrouper des nourrissons de 3 mois qu'il n'est pas possible de protéger par le vaccin à cet âge avec des personnes de 56 ans qui, comme en 2008, ont pu à cet âge faire la rougeole (en l'ayant très probablement déjà faite) et qui ne sont évidemment pas vaccinées. Ou encore des personnes nées en 1985 par exemple et qui ont, très normalement, qu'une seule dose.
* Record battu puisque le dernier bilan rougeole publié ce jour 20 avril 2009 par l'InVS fait état d'un cas de 76 ans ! Bien entendu, impossible de savoir s'il avait déjà eu la rougeole...
En 2008, une trentaine de nourrissons de moins d'un an, dont plusieurs de 3 mois, ont fait la rougeole, ce qui est très préoccupant aussi jeune. Cela signifie sans doute que leurs mères ne les avaient pas immunisés. Il serait donc très intéressant de connaître le statut de ces mères par rapport aux recommandations vaccinales et à la rougeole.
Le calendrier fixe l'âge de 12 mois pour la première dose, 9 si l'enfant entre en collectivité et 15 pour la seconde mais il serait utile que le médecin tienne compte du statut de la mère avant de vacciner l'enfant car la vaccination sera inopérante si l'enfant dispose encore des anticorps maternels. Si la mère a eu la rougeole à 12 ans et son bébé à 20 ans il n'est pas forcément très judicieux de le vacciner à 9 mois sous prétexte qu'il entre en collectivité : le vaccin risque alors d'être inefficace. Le calendrier propose des dates pour tous mais cela n'est pas judicieux.
Le problème essentiel est d'abord de savoir s'il sera possible d'éradiquer mondialement la rougeole car sa seule élimination de certains pays et son maintien dans d'autres pourrait s'avérer catastrophique. Citer l'exemple de la Finlande qui a éliminé la rougeole n'est pas un bon exemple car ce pays reste encore isolé, ce qui n'est pas le cas de la France en contact permanent avec l'Afrique.
Limites d'efficacité du vaccin contre la rougeole
Voici des extraits d'une thèse relatant de nombreuses études sur la vaccination contre la rougeole (Grenoble 2002) [5]. L'auteur est une biologiste qui a en particulier travaillé sur le virus de la rougeole à l'Institut Pasteur de Yaoundé au Cameroun :
"Une épidémie de rougeole s’est déclarée aux États Unis dans une population où 99% des enfants avaient été vaccinés (Gustafson; 1987). Ces échecs peuvent s'expliquer quand le vaccin est administré aux enfants de moins de 12 mois (Shaby, 1977) en présence des anticorps maternels contre la rougeole (Barrata, 1970). On estime que ces anticorps ont généralement disparu à 12 mois mais ils persistent encore plusieurs mois chez certains enfants et diminuent l’efficacité de la vaccination. Le taux de décroissance des anticorps maternels est inversement corrélé au niveau socioéconomique.
La rougeole qui sévit dans les populations vaccinées est différente de la rougeole classique. Elle présente parfois des formes asymtomatiques ou des signes cliniques atténués. Le diagnostic clinique s’avère très difficile, ce qui augmente considérablement le nombre de personnes malades qui échappent au diagnostic. Le virus de la rougeole peut alors circuler sans être détecté dans une population vaccinée, ce qui augmente faussement l’estimation de l’efficacité de la vaccination (Orenstein 1988)."
"Plusieurs études mettent en évidence une diminution significative du taux d’anticorps avec le temps. Paradoxe entre la grande efficacité du vaccin contre la rougeole et l’apparition des épidémies soutenues au sein des populations vaccinées. Il existe une différence d’antigénicité significative entre certaines souches sauvages et les souches vaccinales, qui rend les premières plus résistantes aux anticorps induits par la vaccination. De telles souches seraient à l’origine de l’infection observée dans les populations vaccinées (page 130). Le passage du virus de la rougeole dans les populations vaccinées exposerait le virus à une immunosélection et à la production de variants qui seraient éventuellement moins efficacement neutralisés par l'immunité induite par le vaccin (page 76)."
"Les mères immunisées par la vaccination ont peu d’anticorps et sont donc prédisposées à transmettre un faible taux d’anticorps à leurs enfants (Markowitz, 1996 ; Zanetta, 2002). Les enfants nés de mères vaccinées perdent plus tôt leurs anticorps maternels et sont donc susceptibles à un très jeune âge."
"La vaccination ROR induit des taux de séroconversion plus faible chez des enfants âgés de 15 à 18 mois, enrhumés, par rapport à des enfants non enrhumés (Pabst, 1992 ; Maldonado, 1995). En Chine, on a observé une diminution des anticorps pendant les quatre années suivant l’administration du vaccin. Huit ans après la vaccination, 12,9% des sujets n’avaient pas d’anticorps détectables (Xiang & Chen, 1983)."
"Le VIH augmente la transmission du virus de la rougeole et empiète sur les efforts d’éradication de cette maladie : la prévention est entravée par l’immunogénicité réduite du vaccin contre la rougeole chez les personnes infectées par le VIH. (Oxtoby,1989). La période de contagion est rallongée chez les sujets immunodéprimés (plus de 45 jours)."
"Au regard de toutes ces études,nous pouvons dire que l’immunité acquise par le vaccin contre la rougeole semble être un continuum, allant d’une protection totale et durable à une protection minimale ou nulle, en passant par une protection partielle ou temporaire. Cette flexibilité de la réponse immunitaire est responsable de la circulation occulte du virus de la rougeole dans la population vaccinée."
[1] http://www.invs.sante.fr/beh/2009/16_17/beh_16_17_2009.pdf
[2] http://www.euvac.net/graphics/euvac/pdf/plan_france_fr.pdf
[3] http://www.invs.sante.fr/surveillance/rougeole/rougeole_nice_28mai2008.pdf
[4] http://www.invs.sante.fr/beh/2007/51_52/beh_51_52_2007.pdf
[5] http://hvd.ens-lyon.fr/human_virology_dpt/teams/gs_immunoviro/theses/these-diane-waku/attachment_download/file
08 avril 2009
Vaccinations : budget en baisse pour 2009
Sans doute un effet de la crise, le budget de l'État consacré à la politique vaccinale et à la lutte contre la tuberculose va diminuer de 6% en 2009 par rapport à 2008. Notons cependant que la lutte contre la tuberculose, dont l'essentiel n'est pas le BCG, chute de 7,5% contre 4% pour la politique vaccinale et que 0,4 millions d'euros seront consacrés par l'État à la semaine de la vaccination, sans compter l'apport des régions.
Voici le financement prévu pour 2009 pour les vaccinations, selon le rapporteur spécial M.Gérard Bapt, député, sur le site de l'Assemblée Nationale :
« La politique vaccinale et de lutte contre la tuberculose
Les disparités géographiques et sociales qui marquent les évolutions épidémiologiques de la tuberculose ont conduit à recentraliser la politique de lutte contre cette maladie. Ainsi, depuis 2006, en application de la loi du 13 août 2004 relative aux libertés et aux responsabilités locales, l’État a retrouvé cette responsabilité qui l’a conduit à mettre en place un programme national de lutte contre la tuberculose couvrant la période 2007-2011, en même temps qu’il a prévu, à compter de juillet 2007, la levée de l’obligation vaccinale des enfants et des adolescents par le bacille de Calmette-Guérin (BCG), au profit d’une recommandation de vaccination des enfants à risque.
La mise en œuvre du programme est essentiellement assurée par les services déconcentrés, qui bénéficient de 26,22 millions d’euros sur les 26,4 millions d’euros prévus au total à ce titre. Ces crédits, qui s’inscrivent en diminution de 7,5 % par rapport à 2008, iront principalement financer, au travers des groupements régionaux de santé publique (GRSP), des établissements publics de santé et des centres de santé dans les 54 départements dans lesquels les conseils généraux ont renoncé à gérer directement cette compétence. Les efforts porteront notamment sur la réalisation d’enquêtes, le dépistage, l’accès aux soins des publics précaires, le renforcement de la connaissance épidémiologique et l’harmonisation des pratiques sur le territoire.
La loi du 13 août 2004 a également procédé à la recentralisation de la politique de vaccination, qui bénéficiera de 16,9 millions d’euros en 2009 : au niveau central, 0,4 million d’euros sera consacré à la semaine de la vaccination, organisée en collaboration avec l’INPES, qui devrait réunir une vingtaine de régions en 2009. Le reste des crédits est entièrement affecté au niveau local, pour le financement des structures habilitées pour réaliser des vaccinations dans la moitié des régions qui ont transféré cette compétence à l’État. »
Il s'agit donc bien du financement par l'État auquel s'ajoute celui des régions.
Il est possible que ce budget en baisse se traduise aussi par le maintien de la non recommandation -donc du non remboursement- de la vaccination contre le rotavirus dans le calendrier vaccinal 2009 alors que certains indices présentés aux journées de veille sanitaire de novembre 2008 laissaient penser le contraire. Réponse très bientôt avec le nouveau calendrier vaccinal qui sortira sans doute juste avant la semaine de la vaccination, le mardi 14 avril ou au plus tard 21 avril.
Un indice : pas encore d'avis du HCSP (Haut conseil de santé publique) pour recommander cette vaccination alors que cet avis est indispensable.
Voir l'article sur cette affaire du rotavirus sur ce blog :
"Vaccins contre les rotavirus : bientôt recommandés pour les nourrissons ? ".
|
|
Plan financement 2008 |
Plan financement 2009 |
Évolution |
|
Tuberculose |
28,55 |
26,4 |
-7,50% |
|
Politique vaccinale |
17,62 |
16,9 |
-4,10% |
|
Total |
46,18 |
43,3 |
-6,20% |
03 avril 2009
Les Talibans s'opposeraient aux vaccinations contre la polio au Pakistan
Selon une information transmise le 27 mars 2009 par UPI.com et traduite par Bivouac-ID les Talibans empêcheraient
« 300 000 enfants de se faire vacciner contre la polio, a déclaré l’Organisation Mondiale de la Santé. Les religieux extrémistes disent aux parents que les vaccinations contre la polio sont cause d’infertilité et font partie d’un complot anti-musulman mené par les USA, selon un article du Daily Telegraph de Londres vendredi (27 mars). »
Le gouvernement pakistanais aurait organisé une réunion de conciliation entre l'OMS et les Talibans.
Le forum qui suit l'article de Bivouac-ID mérite, en un certain sens, une visite afin de mesurer la nature et parfois la violence verbale des réactions à cette annonce. Pour ma part, j'ai posté le commentaire suivant le 3 avril :
«Le programme d’éradication de la polio connait de très grosses difficultés. Pourquoi ?
La
polio se propage essentiellement par des eaux polluées par des
excréments humains contaminés. Les virus vivants du vaccin oral
circulent comme les sauvages et peuvent redevenir virulents 10 ans
après en se recombinant avec d’autre entérovirus.
En 2008, il
y a eu 79 cas par le virus de type 2 d’origine vaccinale alors que
le virus sauvage de type 2 n’a plus été vu sur Terre depuis 1999.
Il est fort possible que la SEULE façon de vaincre la polio soit de contrôler les contaminations de l’eau par les selles, de traiter les eaux contaminées, d’éduquer les populations etc
On ne peut s’associer aux arguments avancés par les Talibans, selon ce qui nous est rapporté, pour s’opposer au vaccin. Cela ne veut pas dire pour autant que le vaccin soit exempt de tout inconvénient ni même qu’il soit la seule et la meilleure méthode pour venir à bout de la maladie et protéger les enfants.
De plus, le contrôle de l’eau permettrait d’éviter beaucoup d’autres maladies que la polio, ce que le vaccin ne fait pas. Ce problème de l’eau est fondamental et malheureusement éclipsé par les propagandes, y compris celle des Talibans qui n’en ont cure. »
01 avril 2009
Semaine de la vaccination : une mobilisation sans précédent !
La semaine européenne de la vaccination est organisée à l'initiative d'OMS-Europe. Les premières manifestations avaient eu lieu il y a quelques années mais l'année 2009 promet d'être une étape très importante en France en raison du nombre de régions qui se sont mobilisées (18) et des moyens considérables mis en œuvre.
Cette semaine se déroulera du 20 au 26 avril. Cet article va d'abord décrire les objectifs de cette manifestation puis les manifestations prévues à Paris, en Poitou-Charentes, à Marseille où les bus exhibent leurs affiches depuis le 30 mars et à Toulouse où la vaccination des étudiants a commencé le 31 mars !
Les objectifs de la semaine de la vaccination
Ces objectifs ont été clairement décrits dans [1] par Christian Perronne en particulier : il fut pendant plusieurs années à la fois président du CTV et du CSHPF. Quand ce comité fut remplacé par le HCSP le 14 mars 2007 il devint président de la commission sécurité sanitaire du HCSP.
« La semaine de la vaccination crée une dynamique d'information et d'éducation. Il faut en profiter pour "parler vaccination" aux patients et distribuer les documents proposés par la Région ou par l'Inpes »
« Les groupements régionaux de santé publique (GRSP) de plusieurs régions ont fait des vaccinations un axe prioritaire de leur politique de santé publique. Les principaux objectifs de leur mobilisation sont d'améliorer la couverture vaccinale par l'information des professionnels de santé et de toute la population, de communiquer en direction des groupes les plus difficiles à atteindre, dans un souci de réduction des inégalités et de renforcer les connaissances sur la vaccination. »
Il est aussi affirmé que l'un des devoirs des professionnels de santé est de s'informer afin de "s'approprier le nouveau calendrier vaccinal" pour le mettre en œuvre.
"Ils doivent pouvoir argumenter, avec toute la force de leur conviction*, pour rappeler aux patients la nécessité :
1- du BCG chez les enfants vivant en Île-de-France ou en Guyane
2- du rappel coqueluche chez l'adolescent à 11-13 ans et chez l'adulte à 26-28 ans
3- de vacciner contre l'hépatite B les jeunes de moins de 13 ans, en privilégiant les nourrissons (seulement 33% des enfants de 5 à 7 ans et 42% des ados de 15 ans sont protégés".
* Peut-on exiger des médecins qu'ils soient totalement convaincus de la nécessité de faire le BCG à tous les nourrissons de l'Île-de-France ? Seront-ils si aisément convaincus que pour la tuberculose, Paris, les Yvelines, la Guyane même combat ? Le médecin est à l'interface entre le public et l'autorité sanitaire. L'autorité semble oublier ce rôle fondamental pour vouloir faire du médecin de proximité un instrument docile de ses choix, même quand ceux-ci ne sont pas fondés, au point de vouloir que chaque médecin épouse les orientations choisies alors qu'elles sont très loin d'être universelles sur le BCG (la Belgique, l'Allemagne par exemple n'utilisent plus le BCG depuis longtemps, les USA jamais).
La semaine de la vaccination en Île de France
Un colloque est prévu au ministère le 28 avril. Un autre avait déjà eu lieu le 17 avril 2008. On peut consulter les diaporamas des exposés du colloque de l'an dernier [2].
D'une manière générale, l'ensemble des activités prévues est accessible sur le site dédié
où vous pourrez, en particulier, consulter le programme de ce colloque, le cas échéant vous y inscrire, visionner les diaporamas du colloque 2007, consulter le programme régional de vaccination (68 pages) ou trouver des centres de vaccination gratuite.
La rougeole sera le thème central de la semaine de la vaccination.
L'ouverture de tous les centres de vaccination de la région est prévu avec affichage, informations, propositions de remise à jour des vaccins, de vaccination HPV dans certains arrondissements, sensibilisation, incitation à la vaccination , information des professionnels de santé...
Vous pouvez y aller les yeux fermés ou essayer de les ouvrir en observant les méthodes utilisées pour arracher la conviction et emporter l'adhésion. Toute propagande vaccinale s'exerce dans 3 directions :
1- Exagérer les risques de la maladie.
2- Vanter à l'excès les mérites du vaccin.
3- Affirmer l'innocuité du vaccin ou, pour le moins, minimiser les risques.
Un exercice intéressant est de tester nos réactions premières et intimes quand nous découvrons soudain une nouvel affiche, un nouveau slogan ou le discours d'un zélateur devant son stand ou au cours d'une conférence. Nous pouvons ainsi apprendre à mieux nous connaître.
Semaine de la vaccination en Poitou-Charentes
Voici le communiqué de la préfecture régionale et de la Vienne [3]:
Direction régionale des affaires sanitaires et sociales
Vaccinations, parlons en !
A l’occasion de la semaine de la vaccination du 20 au 26 avril 2009, des conférences débats ouvertes à tous sont organisées le 22 avril dans l’ensemble de la région pour échanger sur l’intérêt de la protection vaccinale.
En tant que parents, nous sommes tous très attentifs à la vaccination contre les maladies transmissibles de nos enfants.
Mais en tant qu'adulte, où en sommes nous ?
La
semaine de la vaccination qui se déroule du 20 au 26 avril veut
rappeler que la vaccination est l'un des meilleurs moyens de lutte
contre les maladies transmissibles (coqueluche, tetanos,
rougeole...).
Il est apparu, en effet, que dans de nombreux
départements, la protection apparaît insuffisante pour certains
vaccins ou auprès de certaines populations.
Le Groupement
Régional de Santé Publique du Poitou-Charentes propose donc pour la
première fois de nombreuses actions pour permettre à tous de mieux
comprendre les enjeux de la protection vaccinale et pour améliorer
la couverture vaccinale de la population de la région
Poitou-Charentes.
C'est ainsi qu'une
conférence-débat, ouverte au grand public, aura lieu le
mercredi 22 avril 2009 à 20h30 sur le thème « La vaccination en
2009 » dans chacune des grandes agglomérations de la région :
-
à l'Espace Mendès France - 1, place de la Cathédrale, à Poitiers
;
- à l'Espace Franquin – 1 ter boulevard Berthelot à
Angoulême ;
- à la Salle de l'oratoire – 6 bis rue Albert 1er
à La Rochelle
- à l'Amphithéâtre de l'Ecole d'infirmières,
Centre Hospitalier – 40 avenue Charles de Gaulle à Niort
Par ailleurs, une exposition « planète vaccination », avec animation, quizz et cadeaux, aura lieu le samedi 25 avril 2009 de 10h à 19h au Centre commercial des « Cordeliers », à Poitiers.
Débattre, très bien a priori, mais si les 4 thèmes traités sont : rougeole, hépatite B, coqueluche, éradication de la variole, il faudrait pouvoir exposer, même en une minute pour chacun, les études sérieuses et défavorables aux idées qui seront défendues par le conférencier. Je doute que la même personne puisse le faire depuis la salle. Son intervention sera jugée trop longue et, au nom de la démocratie, il faut laisser parler les autres. Il sera donc très certainement impossible d'expliquer à la fois pourquoi la vaccination généralisée des nourrissons contre l'hépatite B dans un pays de faible endémie sera inutile et contre-productive; pourquoi la vaccination contre la rougeole nous prépare des lendemains difficiles avec de graves épidémies de rougeole parmi les adultes; que maintenir l'immunité contre la coqueluche chez les adultes avec un vaccin et une maladie qui protègent moins de 10 ans est impossible quand on ne peut faire qu'un seul rappel chez les adultes; que la variole n'a pas été éradiquée par la vaccination mais par la recherche active des malades et des contacts ainsi que leur isolement.
Marseille : le Grand Cirque de la vaccination !
Depuis qu'une sardine a bouché l'entrée du vieux port tout est possible à Marseille, y compris la semaine de 30 jours !!! Oui, ce n'est pas une galéjade, la semaine de la vaccination va durer 30 jours à Marseille ! En effet [4],
« à compter du 30 mars, les voussures des autobus du réseau marseillais, afficheront le slogan et le visuel de l’opération »
qui commencera le 20 avril et dès le 9 avril, c'est le briefing des vaccinateurs :
« Le GRSP organise la Rencontre des vaccinateurs publics PACA, le 9 avril à La-Baume-Lès-Aix. L’objectif stratégique de cette journée est de réfléchir à des pistes d’amélioration de la couverture vaccinale dans la région et de lancer la création du premier annuaire régional des vaccinateurs le «V@C en Paca»
Vous pourrez vous faire vacciner gratis au «Pavillon de la vaccination» :
« une antenne du Centre de vaccinations de la Ville de Marseille sera abritée sous chapiteau cours d’Estienne d’Orves, à deux pas du Vieux Port. Ce «Pavillon de la vaccination» sera dédié à l’information, la promotion et si nécessaire la vaccination gratuite des visiteurs pratiquée sur place par les professionnels de santé du centre de vaccinations et les médecins de l’URML, de 10h00 à 18h00. »
A croire que la France serait sous-équipée en structures fixes et qu'elle doit, comme dans certaines régions isolées d'Afrique, projeter des structures et des équipes mobiles. Cela fait penser aux journées de la vaccination organisées dans certains pays pour vacciner un maximum d'enfants contre la polio. Les autorités organisent des fêtes, des jeux, des courses de relais pour mobiliser la population et profiter du rassemblement et de la curiosité ainsi engendrée pour vacciner.
Mais si vous cherchez à cultiver un peu la Sagesse, vous pouvez aussi allez vous y promenez pour voir jusqu'à quel point l'ambiance générale pourrait vous entraîner et mettre ainsi le doigt sur quelques points encore faibles.
La vaccination est un acte médical qui demande de connaître le dossier médical du futur vacciné. C'est pour cette raison que le premier octobre 1998 le ministre de la santé Bernard Kouchner avait suspendu la vaccination contre l'hépatite B dans les collèges, estimant que les conditions n'étaient pas satisfaites. Le seront-elles mieux dans une ambiance de foire, sous un chapiteau, avec distribution de prospectus voire de cadeaux comme à Poitiers ?
Pour illustrer ce propos il est reconnu qu'il ne faut pas multiplier les vaccinations contre la coqueluche car cela exacerbe les réactions indésirables*, pas plus de 6 injections pour toute la vie et comme il y en a 4 prévues réalisées à 18 mois, il n'en reste plus que 2 pour tout le reste de la vie alors que la maladie et le vaccin sont considérés comme ne protégeant pas plus d e 10 ans.
C'est pourquoi le HCSP et le CTV insistent pour ne pas faire de rappel coqueluche à 6 ans alors qu'un tiers des rappels DTP effectués à cet âge le sont avec la coqueluche. Il faut étaler suffisamment les rappels pour ne pas les gaspiller inutilement alors que leur nombre est limité. La cinquième injection est recommandée à 11-13 ans et la dernière à 26-28 ans. Dans les cabinets, les médecins manifestent un zèle jugé excessif par nos Comités d'experts, qu'en sera-t-il dans une ambiance de cirque ?
*
Avis du HCSP du 19 mars 2008.
Il y a aussi une réalisation originale : le calendrier vaccinal sur un disque, le disque vaccinal. Pour voir cette réalisation : http://www.cres-paca.org/vaccination/
Conférence
« Le 24 avril à partir de 18h30 à l’Alcazar se tiendra une conférence débat sur les enjeux de la vaccination du XXIème siècle. Cette manifestation ouverte au public abordera quatre points de vue : Santé Publique, industriels, usagers et cliniciens. »
Livres
« Durant la Semaine, les bibliothèques municipales et universitaires de Marseille, mettront en exergue, en plus de l’affiche de l’opération, une liste d’ouvrages à consulter sur la vaccination. »
Affiches
« Une importante campagne d’affichage sera mise en place dans les 800 sites municipaux de Marseille (écoles, centres sociaux, mairies d’arrondissement …) »
Radio
« Le spot radio du GRSP sera diffusé sur les ondes radiophoniques. » (S'agit-il de la séquence Rap ? Oui, oui, l'incitation vaccinale se fait aussi sur le mode rap ! Ça vaut la peine d'aller l'écouter ! Voir le texte et le lien audio sur ce blog [5]. )
Autres villes
Elles ne seront pas en reste, ainsi Cannes :
La ville de Cannes diffusera les supports dans tous les sites municipaux et aux partenaires institutionnels. L’exposition Planète vaccination sera présentée dans une Maison des services publics.
Les
affiches Planète vaccination tapisseront les murs d’accueil des
Centres Hospitaliers Intercommunaux des Hautes-Alpes. Information et
promotion de la vaccination seront également au programme dans les
services de médecine du travail.
Toulouse et le Midi-Pyrénées
Cette région n'est pas en reste puisque elle a déjà organisé la vaccination des étudiants sur les campus des universités toulousaines. Une grande conférence est prévue à Toulouse le 27 avril et les enfants ont déjà été mobilisés dans les écoles pour réaliser des affiches.
Je vous conseille aussi d'aller écouter les 2 spots audio qui seront diffusés, c'est pas triste, ou plutôt si, c'est tristement affligeant...surtout quand on lit "qu'il s'agit de messages de sensibilisation adaptés aux jeunes".
Voici les activités prévues [6]
Des
actions en direction du grand public
• Une conférence
sur les maladies infectieuses organisée en partenariat avec la
mairie de Toulouse et plus particulièrement le Service communal
d’hygiène et de santé. Cette conférence grand public se tiendra
le 27 avril de 18 à 20h à Toulouse salle du Sénéchal.
• Des
« champs libres » au Muséum d’histoire naturelle :
débats courts organisés durant la semaine vaccination et proposés
aux visiteurs présents dans le musée.
• Des débats organisés
dans plusieurs centres socio culturels.
• Une action de
sensibilisation est organisée auprès des parents fréquentant
les PMI de Haute-Garonne, notamment sur leur propre statut
vaccinal en ce qui concerne la coqueluche dans un objectif de
protection de leurs tous jeunes enfants..
• Une action de
sensibilisation menée en partenariat avec les organismes d’Assurance
maladie : pendant les mois de mars, avril et mai 2009, un
message simple de sensibilisation à la vaccination sera inscrit au
bas de chaque relevé de soins envoyé aux assurés.
• Un
partenariat avec le quotidien régional "La Dépêche" qui
publiera deux articles durant la semaine sur les thèmes: "Ces
maladies infectieuses qu'on ne voit plus. Le retour?" et "
Les réponses au défi : hygiène / vaccination…"
Des
actions en direction des jeunes
• Un partenariat
avec le lycée St Sernin : réalisation
par les élèves d’affiches sur le thème des maladies
infectieuses, comment s’en protéger; questionnaires distribués
aux élèves sur les maladies infectieuses.
• Une action
de sensibilisation en direction des étudiants réalisée par les
services de médecine universitaire ; le 31
mars et le 2 avril les étudiants seront invités à venir faire
vérifier leur statut vaccinal ; ils pourront également se
faire vacciner. Cette action se tiendra sur les campus de l’Arsenal,
le Mirail et Paul Sabatier.
• Une campagne de communication
ciblée sera menée au travers de différents media. En
particulier des messages de sensibilisation adaptés aux jeunes
seront diffusés sur la radio NRJ tout au long de la semaine (spots
à écouter dans la liste des documents à consulter).
Des
actions en direction des professionnels
• Une
sensibilisation des assistantes maternelles à la vaccination et en
particulier la coqueluche, sera réalisée au moment de la demande ou
du renouvellement de leur agrément par le service de la PMI de la
Haute-Garonne.
• Des actions de communication seront menées
auprès de certains professionnels de santé.
La conférence-débat
« Maladies infectieuses : faut-il se vacciner ? »
Conférence-débat du 27 avril 2009
Salle du Sénéchal, rue de Rémusat Toulouse
Conférence –débat animée par Mr Ratier, psychanalyste
Introduction : Monique DURRIEU ; Mairie de Toulouse
1- Les maladies infectieuses et les moyens de lutte et protection : état des lieux
Pr Marchou, service des maladies infectieuses du CHU de Toulouse 10 ou 15mn
2- Un point d'actualité sur quelques maladies infectieuses à couverture vaccinale (5mn
par pathologies soit 20mn)
. Tuberculose : Dr Legrusse, responsable du dispositif départemental de vaccinations et du service de
lutte contre la tuberculose
. Coqueluche- Rougeole : Pr Marchou, service des maladies infectieuses du CHU de Toulouse
. MST (hépatiteB- papillomavirus) : Dr Spenatto, responsable du centre de dépistage VIH- infections
sexuellement transmissibles
3- Les vaccins sont-ils dangereux?
Dr Lapeyre-Mestre, service de pharmacologie faculté de médecine de Toulouse
10mn
4- Pourquoi le calendrier vaccinal change-t-il?
Dr Mora, médecin du dispositif départemental de vaccinations 10mn
5- Vaccination et approche sociologique et éthique
Mr Barbant, sociologue, directeur pédagogique du pôle des formations sanitaires et sociales de
Perpignan 10 mn
Clôture : Ramiro PEREIRA, Groupement Régional de Santé Publique
Cocktail offert pour clôturer les échanges de manière conviviale
Rendez-vous à tous les étudiants toulousains sur chaque campus le 31 mars et le 2 avril2009
avec le carnet de vaccination :
Aux stands d’orientation et de distribution de documents d’information tenus par des
personnels formés afin de diriger les étudiants désireux de participer à cette campagne vers les
locaux du SIMPPS de chaque campus
Dans les services de médecine préventive universitaire de chaque campus où les médecins et
infirmières se tiendront à la disposition des étudiants pour les informer, vérifier leur carnet de
vaccination et éventuellement les vacciner.
Dans les différents restau-U des 3 campus où une exposition «Planète vaccination» de
l’INPES sera affichée du 23 mars au 3 avril 2009
ETC...
Vous pouvez par exemple taper " semaine de la vaccination " 2009 pour avoir d'autres liens, ajouter votre région ou votre ville. Un événement à ne pas manquer mais à savoir interpréter...
[1] http://www.vaccination-idf.fr/documents/actualites_concours_medical.pdf
[2] http://www.vaccination-idf.fr/programme_du_colloque_2008.html
[3] http://www.vienne.pref.gouv.fr/lettredinfo/php/front/article/article.php?idrub=15
[5] http://questionvaccins.canalblog.com/archives/2009/03/30/13196231.html
[6] http://www.sante-publique-mip.fr/1-365-Vaccination-2009.php
30 mars 2009
Propagande vaccinale : quand le Rap dérape...
En préparation de la semaine de la vaccination (20-26 avril) un rappeur a mis son talent à son service. Voici les premières paroles : « J'en ai entendu un grand nombre ignorer les vaccins; Y-en a même qui compareraient la médecine à un larcin »
Vous pouvez écouter ce message du Groupement régional de santé publique d'Aquitaine :
http://www.grsp-aquitaine.fr/images/stories/documents/spot%20audio%20sev%202009.mp3
Voici le texte complet, édifiant !
« J'en ai entendu un grand nombre ignorer les vaccins
Y-en a même qui compareraient la médecine à un larcin,
Ils se moquent de Pasteur et des divers progrès.
Enrayer les virus, oui ensemble on pourrait.
Même s'il y a des âges où l'on peut perdre la raison
Je pense qu'il y a des gens qui t'ouvriront un horizon.
Mais pour l'atteindre évite les galères médicales.
Pour cela le vaccin est un moyen radical.
En tant que citoyen agit en responsable
Car un futur prometteur ne se construit pas sur du sable.
Puisque le vaccin est une arme, veux-tu être de mon armée ?
Où un citoyen désarmé ?
Tu es prévenu désormais, le GRSP t'a informé. »
Suit alors une autre voix pour dire et non plus chanter :
« Vous avez compris : allez vous faire vacciner.
Ceci est un message du Groupement régional de santé publique »
L'esprit de ce blog n'est pas de se scandaliser mais d'observer et de tenter d'analyser.
Alors tentons !
D'abord le rap c'est quoi à l'origine ? Un cri contestataire comme le décrit Wikipedia :
« Ces textes, parfois très virulents contre les symboles du pouvoir, la police ou la justice ont stigmatisé le rap pour une partie de la population. »
La vaccination est certainement aussi un symbole du pouvoir mais ici le rappeur commence par fustiger la critique vaccinale assimilée à une ignorance opposée au progrès et la contestation du mythe Pasteur. Il est donc "à contre-rap" si j'ose dire ! Mais si le rap effarouche la partie bien-pensante de la population, ce spot-audio pourrait s'avérer contre-productif ?
Puis il présente un futur idyllique où nous serions libérés des virus, horizon merveilleux à notre portée pourvu que nous écoutions la bonne parole et agissions en citoyen responsable.
Il termine avec des mots de sergent-recruteur. Puis, au cas où on n'aurait pas bien compris, le GRSP le dit explicitement, allons-nous faire vacciner.
Je ne doute pas qu'un tel discours puisse marcher sur une partie de la population mais il pourrait aussi faire réfléchir une autre partie en lui faisant prendre conscience du niveau de l'argumentaire qu'on veut lui servir. En octobre 1994, le ministre en place a entrainé derrière lui une bonne partie de la population. Mais ensuite ? Car en toutes choses dit le proverbe, il faut considérer la fin.
Sur le mythe Pasteur
Juste une anecdote. Il y a 20 ans un de mes enfants revient de l'école primaire avec une leçon à apprendre pour le lendemain. Elle porte sur Pasteur qui guérit la rage alors que personne n'a jamais guéri de cette maladie, une fois déclarée. Mais plus encore, il doit apprendre que c'est Pasteur qui a inventé le vaccin antivariolique !
Le lendemain je rencontre l'instituteur qui m'apprend que c'est ainsi dans tous les manuels du primaire : à cet âge, les petits Français apprennent que Pasteur a inventé ce vaccin*; plus tard, au collège, ils apprendront que c'était Jenner un siècle auparavant !!! C'est ainsi !
On voit ici que c'est moins Pasteur que l'exploitation de son mythe qui est en cause. Il n'en avait sans doute pas demandé autant.
* Je n'ai pas vérifié.
23 mars 2009
Les vaccins au colloque parlementaire : la logique économique domine
Après avoir assisté au colloque "Les vaccins : une excellence française à préserver" organisé par des parlementaires, on peut s'interroger sur le véritable mobile : celui de la santé publique ou celui d'une logique économique conduisant à sacrifier la santé des Français pour soutenir un secteur en progression au sein d'une économie mondiale en récession ?
Mais l'hypertrophie de la bulle vaccinale pourrait conduire à son éclatement. Et là, ce ne seront pas les banques ou les entreprises qui s'écrouleront mais des organismes humains saturés. Ce propos ne se veut pas hérité de la tradition hygiéniste, il est la résultante d'études récentes même si elles sont encore incomplètes.
C'est le mercredi 4 mars que la Maison de la Chimie à Paris, à 2 pas de l'Assemblée Nationale, accueillait le colloque organisé par le sénateur Paul Blanc et le député Yves Bur. Le sénateur est en particulier auteur du rapport d'information "vaccins : convaincre et innover pour mieux protéger".
Une synthèse du colloque est disponible en ligne :
http://www.jlml.fr/custom_documents/documents/CR%20colloque%20vaccins_040309.doc
Faire de la France le paradis de la vaccination
Le marché mondial c'est 10 milliards d'euros en progression de 15% par an. Dans le marché du vaccin l'Europe domine : 89,4% des 4 milliards de doses annuelles sont produites en Europe et au sein de l'Europe la France domine et exporte 85% de sa production.
Aussi, pour les initiateurs de ce colloque, il faut "organiser un projet étatique fort autour de la vaccination" et d'abord "établir un plan national pour la vaccination en confiant au médecin traitant le suivi du statut vaccinal, en renforçant la communication sur les vaccins auprès du grand public pour rendre plus accessible l'information officielle sur les vaccins".
Pour les vaccins qui posent problème comme le vaccin hépatite B il faut "répondre aux interrogations des Français avec transparence". Et aussi, "améliorer l'attractivité de la France pour la recherche et la production de vaccins...faire évoluer la culture de la prévention dans la population et l'enseignement universitaire".
L'objectif est visiblement d'accroître la consommation intérieure en accélérant en particulier l'utilisation des nouveaux vaccins :
Une intervenante a en effet suggéré de réduire encore le délai accordé au CTV et au HCSP pour formuler leurs recommandations d'utilisation du vaccin après obtention de l'AMM. Un expert de l'InVS, qui connait très bien cette question, est intervenu (depuis la salle) pour rappeler que les délais sont déjà très courts et qu'il n'est pas possible de les réduire davantage. D'ailleurs l'InVS a-t-elle vraiment les moyens pour réaliser les études nécessaires dans les temps très courts demandés aujourd'hui ?
Les leçons de l'hépatite B ont-elles vraiment été comprises : en précipitant l'utilisation d'un vaccin on prend le risque de réitérer une affaire analogue.
Le vin est tiré il faut le boire !
Parallèle avec l'alcool : ce produit illustre les conséquences de la logique économique stricte : si la France est un grand pays de vins et d'alcools c'est d'abord parce qu'une consommation intérieure très importante a permis le développement de cette filière et en assure le maintien aujourd'hui. Cette médaille de l'excellence vinicole a aussi son revers avec des maladies, des crimes, des accidents de la route ou du travail ainsi que le drame d'enfants nés d'une mère grosse consommatrice ("les parents boivent les enfants trinquent" disait très justement un vieux slogan).
Cela est maintenant bien établi : pendant la construction du cerveau, toute consommation d'alcool par la mère, même minime, détruit instantanément les neurones qui sont en cours d'édification à ce moment là....Même si l'enfant est tout à fait normal, son potentiel sera moins grand. Qu'en sera t-il alors de sa capacité d'attention et de son pouvoir de concentration ? Nous sommes encore trop peu exigeant de ce point de vue alors que ces qualités seront de plus en plus importantes dans un monde de plus en plus complexe et rapide.
Devant les tests scolaires guère favorables aux enfants de notre pays nous remettons trop facilement en cause le système éducatif alors qu'il faudrait regarder beaucoup plus en amont.
Et les vaccins chez l'enfant ? De même, que savons-nous réellement des effets invisibles produits par le BCG à la naissance quand des millions de colonies de bacilles vivants vont s'implanter en différents points de l'organisme ? Comment être certain qu'un être encore en pleine construction ne sera pas profondément et subtilement perturbé, même en l'absence d'effets secondaires notables, quand il reçoit dès l'âge de 2 mois l'hexavalent d'un côté, le prévenar à 7 valences de l'autre, en attendant le vaccin oral par le rotavirus ?
Que savons-nous du cumul de toutes ces vaccinations ?
L'étude de Marc Tardieu d'octobre 2008 a commencé à mettre en évidence son importance en montrant que ce cumul augmentait très significativement le risque de sclérose en plaques. Mais nos Comités d'experts on organisé à son encontre un tir de barrage sans précédent.
Or il s'agit visiblement de booster le développement du tissu industriel du vaccin par l'augmentation de la consommation intérieure. Une fois le tissu économique en place, il devient très difficile de revenir en arrière, même si le produit apparaît dangereux ou peu utile :
Avec l'alcool on a constaté combien il était difficile de réduire la consommation sans provoquer de vives réactions de la part des viticulteurs et des restaurateurs. Même la campagne pour rappeler aux femmes enceintes de ne pas consommer d'alcool pendant la grossesse avec mention sur la bouteille a rencontré une vive opposition. On constate aussi régulièrement que les élus des régions viticoles défendent les producteurs.
Il n'existe sans doute pas d'addictions physiologique pour les vaccins mais il existe une véritable "addiction psychologique" liée à l'éducation et l'ambiance pro-vaccinale généralisée et pourtant jugée encore trop molle au cours de ce colloque.
Cette "addiction psychologique" est démontrée par l'incroyable adhésion de la population française à la campagne lancée contre l'hépatite B en 1994. Elle se construit en particulier à l'école primaire avec l'image mythique de Pasteur guérissant la rage (personne n'a jamais guéri de cette maladie) et même inventant le vaccin antivariolique (oui, oui !!!). Elle se poursuit par le BCG, alors que son efficacité est des plus réduite et qu'on cherche toujours un vaccin vraiment efficace contre la tuberculose. Puis elle se parachève par la victoire de la vaccination sur la variole alors que les grandes campagnes de vaccination ont été un terrible échec.
Sans tous ces conditionnements, la population française ne se serait pas précipitée sur la vaccination hépatite B en 1994-1996 et il est possible que la fameuse affaire franco-française n'aurait pas émergée, permettant ainsi au vaccin hépatite B de poursuivre plus discrètement sa route en France.
Les producteurs veulent une garantie d'utilisation
En raison du coût très élevé pour réaliser un vaccin, (plusieurs milliards d'euros) les laboratoires demandent par avance que le marché leur soit ouvert alors que le produit n'est pas encore élaboré ! Autrement dit, ils veulent une AMM en blanc, voire des recommandations en blanc ! Mais promouvoir un vaccin au SEUL motif que c'est un vaccin et que ce terme aurait une connotation très favorable ne va pas sans quelques risques, en particulier celui de déclencher de nouvelles et graves crises sanitaires.
Là encore, le vaccin hépatite B illustre parfaitement ce qui peut se produire en agissant ainsi : la vaccination des nourrissons a été lancée très prématurément dans les pays de faible endémie en ignorant tout, et pour cause, de la durée d'efficacité du vaccin. Aujourd'hui, des résultats défavorables commencent à arriver, remettant en cause l'utilité de cette vaccination dans ces conditions (voir sur ce blog: 50% des nourrissons vaccinés ne seraient pas protégés 15 ans après ?). Idem pour l'innocuité insuffisamment testée avant de lancer la grande campagne de vaccination en France.
Il faut être conscient qu'en agissant ainsi, de nouvelles crises sanitaires comme celle de l'hépatite B pourront se reproduire. Avec quelles conséquences ? De nouveaux vaccins sont en préparation alors que les vaccins contre les papillomavirus commencent leur carrière et que déjà bien des problèmes surgissent. Faut-il s'en étonner ?
Quand le Gardasil a été lancé sur le marché, il n'était pas possible de connaître des risques inférieurs à 1 sur 4000 (avis du CSHPF 9/03/07). Si le risque de décès est de 1 sur 10 000 et qu'on vaccine chaque année les 400000 fillettes d'une classe d'âge, cela fera 40 morts par an. Des décès se sont déjà produits à la suite de ce vaccin. Bien sûr, ils seront classés coïncidences.
Que penser des chiffres de l'InPES ? Plus de 90% des Français seraient favorables aux vaccinations mais seulement 30% ont fait vacciner leur enfant contre l'hépatite B...Que restera-t-il de la confiance dans l'autorité sanitaire si une nouvelle affaire éclatait ?
L'affaire de la vaccination hépatite B n'est pas le fruit du hasard mais la conséquence d'une politique vaccinale dominée par des considérations strictement économique. Avec les vaccins Gardasil et Cervarix nous sommes bien parti pour renouveler l'expérience. Quand les leçons de la vaccination hépatite B seront-elles enfin comprises ?
Sur les vaccins contre le papillomavirus il y a en particulier ces sites
http://www.alterinfo.net/Les-effets-indesirables-du-Gardasil-se-denombrent-par-milliers_a11985.html
http://martinwinckler.com/article.php3?id_article=908
17 mars 2009
La Vaccination Hépatite B sur France-Culture le 19 mars
Après avoir été annoncée pour le vendredi 19 juin elle serait programmée pour le 30 juin (16h-17h) ! Prudence donc car jusqu'à la dernière minute, la diffusion de cette émission "explosive" pourrait être repoussée...
C'est annoncé pour le 30 juin : voir mon article à ce sujet sur ce blog :
http://questionvaccins.canalblog.com/archives/2009/06/21/14154965.html
Rappelons qu'initialement programmée pour le 17 mars, elle a été repoussée au jeudi 19 mars, jour où une grève était prévue !!!
France-Culture annonce pour le jeudi 19 mars à 16 heures, son émission
Champ libre - Histoire du premier vaccin fabriqué par génie génétique : le vaccin contre l’hépatite B
En raison de la grève, l'émission n'a pas été diffusée.
France-Culture : « En raison du mouvement de grève de ce jeudi 19 mars, nous ne sommes pas en mesure de vous proposer Sur les Docks. Merci de votre compréhension. Notre documentaire Histoire du premier vaccin fabriqué par génie génétique : le vaccin contre l'hépatite B sera diffusé prochainement. »
Avec la participation de :
:
Pierre
Tiollais, membre de l’Institut Pasteur et de l’Académie de
médecine, inventeur du vaccin recombinant Genhevac B ;
Ernest Gutmann, conseil en propriété industriel pour l’Institut Pasteur au moment de l’invention du vaccin contre l’hépatite B ;
Christian Vélot, chercheur en biologie moléculaire à l’université d’Orsay ;
Claude Béraud, spécialiste
des maladies de l’appareil digestif (notamment du foie), conseiller
du président de la Mutualité française de 1995 à 2003 ;
Bernard Bégaud, pharmaco-épidémiologiste, expert en pharmacovigilance sur l’affaire du vaccin contre l’hépatite B ;
Marc Girard, mathématicien, médecin, ancien expert judiciaire sur les affaires du distilbène, de l’hormone de croissance et du vaccin contre l’hépatite B.
Présentation sur
Et pour se replonger dans l'ambiance de l'époque, le journal de 20 heures où le ministre de la santé Philippe Douste-Blazy va lancer la campagne :
3 min 58 s
Extrait
du journal de 20 heures de France 2 du mercredi 6 juillet 1994 présenté
par Bruno Masure. « Le ministère de la Santé lance une vaste campagne
de ...video.google.com/videoplay?docid=-9092869123492996987
04 novembre 2008
Haut Conseil de santé publique : des démissions qui interpellent
Le Haut conseil de santé publique (HCSP) vient d'enregistrer la démission de plusieurs experts, dont l'un du Comité technique des vaccinations (CTV). Ces démissions qui surviennent après la réunion et l'avis du HCSP sur la vaccination hépatite B ne peuvent qu'interpeller : auraient-elles un lien avec la façon dont cette affaire a été traitée par le CTV et le HCSP ? S'il est impossible de répondre à cette question on est bien obligé de se la poser compte tenu du déroulement de l'affaire.
Rappelons
en effet que cette nouvelle affaire concernant la vaccination
hépatite B avait débuté par une réunion
confidentielle d'experts le mercredi 24 septembre sur l'étude
non encore publiée du professeur Marc Tardieu. Mais dès
le lendemain matin, le journal Le Monde annonçait avoir eu
connaissance de l'étude et révélait que les
enfants vaccinés avec l'Engerix B seraient plus à
risque d'affections démyélinisantes.
Plus tard, on apprendra que le groupe le plus à risque de scléroses en plaques après vaccination hépatite B était aussi celui qui avait été respecté le calendrier vaccinal.
Le soir même, sans doute pour tenter de désamorcer la bombe, le professeur Daniel Floret, président du CTV, annonçait que le Comité technique des vaccinations allait se réunir pour démonter l'étude du professeur Tardieu et que le Comité maintiendrait les recommandations vaccinales.
Annoncer ainsi quelles seraient les décisions du Comité qu'il préside avant même qu'il se soit réuni était une attitude désastreuse qui ne pouvait qu'indisposer non seulement les citoyens vigilants mais aussi les autres membres du Comité qui pouvaient être en droit de se demander à quoi ils servaient. D'autant plus que pour arriver à ce niveau là il faut déjà avoir un ego relativement développé et que certains membres avaient pu caresser l'espoir d'être élus président...
Il y avait donc les ingrédients pour que la réunion se déroule dans une ambiance particulièrement tendue, et ce même si tous étaient d'accord sur le fond pour soutenir la vaccination hépatite B.
Mais
même sur le fond du problème il n'est pas impossible que
des désaccords se soient manifesté quand on sait que la
Commission nationale de pharmacovigilance n'avait pas été
unanime au moment du vote de ses conclusions : 7 abstentions et un
contre sur 31 votants et que le communiqué de l'Académie
de médecine sur la même affaire avait été
adopté avec une abstention. Il est même possible que la
maladresse psychologique du président du CTV ait attisé
les critiques sur le fond comme on le constate souvent en pareil cas.
Combien d'experts démissionnaires ?
Difficile
de répondre à cette question car simultanément
le HCSP se dote de nouvelles commissions et doit ainsi faire appel à
candidature pour 30 postes incluant les démissionnaires.
On lit ainsi sur son site (http://www.hcsp.fr ) :
« Le Haut Conseil de la santé publique a pour missions de fournir aux pouvoirs publics l’expertise nécessaire à la conception et à l’évaluation de la politique de santé publique, ainsi qu’à la prévention et à la gestion des risques sanitaires en lien avec les agences sanitaires.
Pour
améliorer son dispositif d’expertise, trois nouvelles
commissions sont créées :
" maladies
transmissibles",
" risques liés à
l'environnement" et
"sécurité des patients : infections nosocomiales et autres événements indésirables liés aux soins et aux pratiques".
Le remplacement d’experts démissionnaires dans le collège, la commission spécialisée "prévention, éducation et promotion de la santé", la commission spécialisée " maladies chroniques", la commission spécialisée "évaluation, stratégie et prospective" et le comité technique des vaccinations est également proposé.
Le HCSP lance un appel à candidatures auprès des chercheurs, universitaires et professionnels ayant une expertise relative à ces problématiques. 30 spécialistes supplémentaires vont donc venir accroitre les capacités d'expertise du HCSP. »
On apprend qu'un médecin de santé publique est recherché pour le CTV et un économiste de la santé pour le collège, c'est à dire, sans doute, pour le HCSP proprement dit, ce qui ferait au moins 5 démissions en ajoutant au moins 1 démissionnaire dans chacune des 3 commissions citées.
Derniers articles sur l'affaire de la vaccination hépatite B
15 octobre 2008 : Hépatite B : défense de l'étude du professeur Tardieu
10 octobre 2008 : L'affaire de l'Engerix B : un non-événement pour notre Haut conseil de santé publique
2octobre 2008 :
Vaccin Engerix B : le quart de la commission de pharmacovigilance ne soutient pas ses conclusions
26 septembre 2008 Vaccin hépatite B et sclérose en plaques : il n'y a pas que les enfants
24 octobre 2008
Le Haut conseil de santé publique déplore la publicité en faveur des vaccins !
Le
Haut conseil de la santé publique (HCSP) " déplore
que les firmes productrices de vaccins soient autorisées à
faire des publicités télévisuelles ou
radiodiffusées pour le grand public".
En effet, c'est
dans un avis daté du 17 octobre 2008 et rendu publique le 24
octobre que le HCSP exprime ce regret et définit les
conditions minimales qui devraient être satisfaites par les
publicités en faveur des vaccins Gardasil et Cervarix contre
certains papillomavirus.
On
peut cependant regretter que le HCSP ait attendu aussi longtemps pour
définir les conditions de la publicité de ces vaccins
alors que chacun a pu voir comment elle s'étalait sur nos
écrans.
En effet, comme précisé dans cet avis, cela fait au moins 10 mois que la loi fait obligation à ces publicités de mentionner les restrictions définies par le HCSP qui avait donc aussi obligation de les définir...
Cet avis étant particulièrement court et pouvant être librement diffusé à condition qu'il le soit dans son entier, le voici :
Haut Conseil de la santé publique
AVIS
|
relatif aux mentions minimales obligatoires pour les messages publicitaires télévisuels et radiodiffusés sur les vaccins contre les papillomavirus |
17 octobre 2008
Prenant acte du contexte législatif qui dispose que, depuis le 22 décembre 2007, en vertu de l’article L. 5122-6 du Code de la santé publique «... les campagnes vaccinales institutionnelles, les campagnes publicitaires auprès du grand public pour des vaccins obligatoires ou recommandés sous la forme de messages télévisuels ou radiodiffusés, ne sont autorisées que si elles sont assorties de façon clairement identifiée, des mentions minimales obligatoires que le Haut Conseil de la santé publique détermine en prenant en compte les caractéristiques de tels messages publicitaires audiovisuels. »
Prenant en compte l’avis du Conseil supérieur d’hygiène publique de France en date du 9 mars 2007, relatif à la vaccination contre les papillomavirus humains 6, 11, 16 et 18,
Prenant en compte l’avis du Haut Conseil de la santé publique relatif à la vaccination contre les papillomavirus humains 16 et 18 par un vaccin bivalent,
• Le Haut Conseil de la santé publique déplore que les firmes productrices de vaccins soient autorisées à faire des publicités télévisuelles ou radiodiffusées pour le grand public.
• Le Haut Conseil de la santé publique détermine, dans le cadre de l’application de l’article L. 5122-6 du Code de la santé publique, les mentions minimales obligatoires suivantes :
La cible de la vaccination contre les papillomavirus est représentée par les jeunes filles de 14 ans et en rattrapage par les jeunes filles de 15 à 23 ans sous réserve que la vaccination ait lieu au plus tard dans l’année suivant le début de l’activité sexuelle.
Le vaccin ne couvre que deux des virus oncogènes qui sont à l’origine de seulement 70 % des cancers du col de l’utérus.
Le maintien du dépistage du cancer du col de l’utérus par frottis cervico-vaginaux réguliers est en conséquence indispensable.
L’existence de deux vaccins, un quadrivalent (6, 11, 16 et 18) et un bivalent (16 et 18) efficaces dans la prévention du cancer du col de l’utérus. L’absence de protection du vaccin bivalent vis-à-vis des condylomes doit être soulignée. La publicité doit permettre d’identifier le caractère bivalent ou quadrivalent du vaccin dont il est fait état dans chacune des publicités.
La recommandation d’utiliser préférentiellement le vaccin quadrivalent par rapport au vaccin bivalent doit apparaître.
Avis produit par la Commission spécialisée sécurité sanitaire, sur proposition du Comité technique des vaccinations
Le 17 octobre 2008
Cet avis doit être diffusé dans sa totalité, sans ajout ni modification
Cet avis et les autres sont disponibles sur le site du HCSP : http://www.hcsp.fr
Précisons que c'est le Gardasil qui est quadrivalent et le Cervarix qui est bivalent.
12 juin 2008
12 juin 2008 : alerte sur le vaccin DTPolio
L’Afssaps et Sanofi Pasteur viennent de
décider le retrait du marché des lots de vaccin DTPolio en raison d’une
augmentation inexpliquée des manifestations allergiques dans les 24 heures qui
suivent la vaccination, certaines ayant demandé une hospitalisation. L’Afssaps recommande aux parents en possession du vaccin en vue
d’une utilisation prochaine, de le rapporter à leur pharmacien.
Cette alerte
sanitaire a été lancée sur le site de l’Afssaps . On y trouve
un communiqué de presse daté du 12/06/08, une lettre aux prescripteurs envoyée
le 11 juin ainsi qu’une lettre aux pharmaciens. Voici ce qu’on apprend dans ces
3 documents :
« Depuis
le début 2008, une augmentation importante des notifications de réactions
allergiques (hypersensibilité immédiate) après injection du vaccin DTPolio® a été constatée. Ces manifestations sont des
réactions allergiques à type d’urticaire généralisé ou d'œdème survenant dans
les heures qui suivent l'injection du vaccin. Certains cas ont nécessité une
hospitalisation. Cependant, l’évolution était dans tous les cas
favorable. »
« Malgré des
investigations approfondies, la cause de l’augmentation du taux de notifications de réactions allergiques n'a pas
été identifiée à ce jour. »
« Par mesure de précaution et en accord avec
l’Afssaps, Sanofi Pasteur MSD a décidé de suspendre temporairement la
distribution de la spécialité vaccin DTPolio® dans l’attente des résultats des
investigations complémentaires. Un rappel des lots étant effectué le 12 juin
2008, le vaccin DTPolio® ne sera plus disponible dans les officines à cette
date. Pour le rappel chez les enfants à partir de l’âge de 6 ans, le vaccin
Revaxis® constitue une solution alternative durant la période d’indisponibilité
du vaccin DTPolio. »
« L’Afssaps
recommande aux parents dont les enfants viennent d’être vaccinés de se
rapprocher de leur médecin en cas d’apparition de manifestations allergiques
(urticaire, gonflement du visage, difficultés respiratoires). En cas de
vaccination intervenue depuis plus de 24 heures, ce type de manifestation n’est
pas attendu. »
«
L’Afssaps recommande aux parents en possession du vaccin en vue d’une
utilisation prochaine, de le rapporter à leur pharmacien. »
« Le
vaccin Revaxis ® (Diphtérie - dose réduite en anatoxine diphtérique, tétanos et
poliomyélite) constitue, durant cette période, une solution alternative dans le
cadre de la vaccination de rappel des enfants de 6 ans qui est préconisé dans
le calendrier vaccinal. A la suite de difficultés d’approvisionnement du marché
du vaccin DTPolio ® en 2004, l’Agence avait autorisé son
utilisation en rappel chez les enfants à partir de l'âge de 6 ans. »
« Dans
ce contexte d’augmentation des cas d’effets indésirables rares et dans la
mesure où une solution alternative existe, le rappel des lots interviendra le
12 juin 2008. Un message d’information a été adressé aux professionnels de
santé concernés le 11 juin 2008. »
« Pour
les rares situations dans lesquelles DTPolio® était utilisé en
primo-vaccination en raison d'une contre-indication à la vaccination
coquelucheuse, Sanofi Pasteur MSD met à disposition, des prescripteurs sur
demande auprès de son Service d'Information Médicale, les deux vaccins DTVax®,
vaccin diphtérique et tétanique adsorbé et ImovaxPolio®, vaccin poliomyélitique
inactivé, qui peuvent être injectés simultanément en 2 sites séparés. »
