Un vaccin contre la sclérose en plaques !

 

Et les candidats sont le vaccin contre l’hépatite B ainsi que le vaccin contre la grippe !!!

 

Oui, c’est l’hypothèse envisagée avec sérieux  par les auteurs d’une vaste étude allemande publiée le 30 juillet 2019. Extraits du résumé [1] :

 

« Une vaste étude cas-témoins sur la vaccination en tant que facteur de risque de la sclérose en plaques »

 

‘’Conclusions Les résultats de la présente étude ne révèlent pas que la vaccination soit un facteur de risque de SEP. Au contraire, ils suggèrent systématiquement que la vaccination est associée à une probabilité moins élevée d'être diagnostiquée avec la SEP dans les 5 prochaines années. Que ce soit un effet protecteur ou non, cela devra être abordé dans les études futures."

On constate que les auteurs envisagent sans tout à fait un possible effet protecteur … Cette conclusion pour le moins surprenante a aussitôt été reprise par Le Point dans un article du 7 août [2] :

« Vaccination et sclérose en plaques :

l'absence de lien à nouveau confirmée »

 

 

« Une étude allemande suggère même que le vaccin contre l'hépatite B a un effet potentiellement protecteur contre cette maladie neurologique ! »

Oui, il y a de quoi être surpris ! Mais trop c’est trop ! Aussi, auteurs et commentateurs devraient s’interroger sur les conditions qui ont conduit les auteurs à formuler une telle hypothèse pour le moins en opposition avec bien des observations si ce n’est des résultats obtenus par d’autres publications.

En fait, en procédant comme le font les auteurs, il est facile de ‘’démontrer’’ que quand on rend obligatoire un vaccin dangereux, il devient inoffensif !!!

C’est très facile : quelques temps après avoir rendu ce vaccin obligatoire, on réalise une étude cas-témoins avec comme facteur d’exposition le fait d’avoir été vacciné avec ce vaccin. En raison de l’obligation, les taux de vaccinés seront pratiquement égaux et proches de 100 % chez les cas et chez les témoins. Puisqu’il n’y aura statistiquement pas plus de vaccinés chez les malades (les cas) que chez les non malades associés (les témoins), on se croira fondé à soutenir que le vaccin est inoffensif.

Pourtant, avant son utilisation généralisée, il s’était montré dangereux. Où est le truc ? C’est simple, il n’y a pas d’aléatoire ! Par ce fait il ne peut pas y avoir de probabilités mais seulement des certitudes. Or le test consiste justement à rechercher si on peut accepter l’égalité des probabilités d’avoir été vaccinés pour les cas et les témoins. L’absence d’aléatoire supprime la notion de probabilités et enlève toute valeur à l’étude. Il faut traiter les données par d’autres moyens que par le cas-témoins.

D’une manière générale, pour chaque étude cas-témoins, auteurs et commentateurs ‘’autorisés’’ devraient rechercher si le niveau d’aléatoire est suffisant chez les cas comme chez les témoins pour procéder à des tests statistiques valides de ce point de vue. Personne ne se pose la question. Les données sont envoyées au logiciel qui va implicitement supposer que l’exposition à une vaccination (par exemple) est aléatoire.

Il n’est pas nécessaire que la vaccination soit obligatoire pour tuer l’aléatoire. Il suffit qu’elle soit pratiquée d’une façon assez systématique.

J’avais déjà entendu le président du CTV Daniel Floret envisager sans faiblir que le vaccin contre l’hépatite B puisse avoir un effet protecteur contre les atteintes démyélinisantes. C’était au congrès Sfsp (Société française de santé publique) de Lille les 4-6 novembre 2011, devant une salle d’experts et … moi ! Il montre les résultats de la publication Mikaeloff-Tardieu du 8 octobre 2008 pour dire “le vaccin contre l’hépatite B pourrait même avoir un effet protecteur contre les atteintes démyélinisantes.“ Aucune réaction dans la salle ! En fait il s’agit sans doute d’un effet aggravant !!! On y trouve effectivement un déficit très significatif de vaccinés HB parmi les atteintes simples (non SEP). Elles étaient sans doute devenues des SEP : 52% de conversion en SEP parmi les vaccinés HB contre 32% pour les autres. Voir mon article « Vaccin hépatite B et sclérose en plaques : un signal fort oublié »[3]

Absence de lien ou absence de signal statistique ?

J’ai aussi soulevé cette distinction importante auprès des journaux qui avaient complaisamment fait état des résultats annoncés par les auteurs de cette étude. Oui, une absence de signal statistique n’est pas synonyme d’une absence de lien. C’est très important et la Justice, critiquée à ce sujet par au moins un des médias ayant parlé de cette publication allemande, a tout à fait raison de distinguer entre les deux quand il s’agit de l’indemnisation des victimes.

 

D’autant plus que le 19 mars 2018 j'avais participé sur une radio bordelaise à un débat sur les vaccinations avec Roger Salamon qui fut président du HCSP (Haut conseil de santé publique) pendant 10 ans, de 2007 à 2017. Le débat est sur Youtube [4]. Nous parlerons de la vaccination contre l’hépatite B (vers 38mn).Il me répondra

 

« vous avez raison de soulever le problème de la sclérose en plaques et du vaccin hépatite B. Pourquoi ? Parce que ça été l'un des plus gros scandale qui s'est passé au niveau de la communication, en particulier pour l'adulte.

Il faut savoir qu'il y a eu, pour des raisons que je ne trouve pas normales, un excès de vaccinations, avec un certain ministre qui a lancé ça larga manu chez tout le monde.

On a eu l'impression qu'il y avait un certain nombre de scléroses en plaques chez l'adulte, là on ne parle plus de l'enfant, chez l'adulte, et qui étaient en excès. En fait le nombre de scléroses en plaques n'a pas bougé depuis cette vaccination massive.

Si presque tout le monde se vaccine il est évident que le neurologue quand il interroge un patient va trouver une vaccination. Quand on compare, quand on prend des gens du même âge, il n'y a pas de différences de taux entre vaccinés et non vaccinés.

Sur le plan de la population il n'y a pas eu un excès de scléroses en plaques.

Je le sais pour avoir été l'expert qui a regardé çà avec une grande dame très connue  qui était juge  et qui était extrêmement  favorable à ce qu'il y ait un lien.

 Mais, et c'est là qu'il faut bien comprendre, ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas des cas. Il n'y a pas de différences de taux sur le plan de la population mais il est tout à fait possible qu'il y ait eu des cas, et je suis sûr qu'il y en a eu, je suis sûr qu'il y en a eu »

« Que certaines personnes qui avaient des myélines un petit peu abîmées ont pu avoir, à cause de cette vaccination, une sclérose en plaques qui se développe et qui apparaisse ».

En clair, il a reconnu qu'il y a eu des cas, que pour lui c’est une certitude, mais qui n’étaient pas assez nombreux pour créer un signal statistique. Du moins c'est ce qu'il affirme.

 

L’usage inadapté des tests statistiques en épidémiologie

 

Les auteurs d’études épidémiologiques commettent de grossières erreurs quand ils utilisent des tests statistiques. Ce n’est pas que de leur fait car leur discipline les a ainsi formés. J’ai rédigé un document non exhaustif à ce sujet [5]. J’avais aussi présenté une communication orale à ce sujet au congrès Adelf-Sfsp d’Amiens les 4-6 octobre 2017 [6]. Adelf : association des épidémiologistes de langue française.

Sur l'effet "protecteur" du vaccin contre la grippe

Voici le texte que j'ai envoyé au Figaro à la suite de son article sur le sujet [8] :

Les auteurs allemands mentionnent dans le résumé de l'étude qu’ils avaient constaté qu’il y avait moins de SEP dans les 5 années qui suivent la vaccination contre la grippe. Quelle découverte !!! La SEP était connue pour être une maladie frappant surtout les adultes entre 20 et 45 ans. Elle est beaucoup moins fréquente chez les personnes âgées. C’est un fait médical établi depuis longtemps et ce bien avant la vaccination généralisée des personnes âgées contre la grippe. On peut tenter d’expliquer cela ainsi :

Il y a des personnes qui sont prédisposées pour faire cette maladie, sans doute pour des raisons génétiques. Par exemple, les femmes font 2 fois plus de SEP que les hommes. Quand une de ces personnes fait une SEP à 30 ans, elle ne sera plus disponible pour la débuter à 60 ans. Ainsi, le nombre de personnes prédisposées va fondre avec l’âge et à 60 ans il en restera peu. Or c’est après 60 ans que débute la vaccination généralisée contre la grippe. Mais de là à lier les 2 phénomènes il y a un fossé qu’on ne devrait pas se permettre de franchir aussi cavalièrement !

De plus, il est connu que les vaccinations favorisent les poussées démyélinisantes comme l’avait confirmé la publication américaine Langer Gould (octobre 2014) avec une augmentation significative du nombre de cas dans les 14 jours qui suivent une vaccination quelconque. Ce résultat n’avait pas été contesté et avait été commenté par Daniel Floret [7]. Comme la période d’observation incluait l’année 2009 on peut penser que la vaccination grippale avait été souvent retrouvée comme dernière vaccination avant la poussée qui suivait.

 

On pourrait donc penser que la multiplication des vaccinations en favorisant et précipitant les poussées démyélinisantes réduit encore davantage le groupe des personnes prédisposées quand celles-ci atteignent l’âge de 60 ans qui marque le début de la vaccination généralisée contre la grippe. Il n’est donc pas surprenant de constater que cette vaccination est rarement suivie d’une SEP. Mais de là à en attribuer la cause à cette vaccination … un peu de calme, svp !!!

Extraits du résumé [1] (traduction proposée par le site) :

"Résultats Les probabilités de SEP étaient plus faibles chez les participants vaccinés enregistrés (rapport de cotes OR=0,870, p <0,001 par rapport aux participants sans maladie auto-immune; OR=0,919, p <0,001 par rapport aux participants atteints de la maladie de Crohn; OR=0,973, p = 0,177 par rapport aux participants avec le psoriasis). 

Les probabilités les plus faibles étaient les plus prononcées pour les vaccins contre la grippe et l’encéphalite à tiques. Ces effets ont été systématiquement observés pour différentes périodes, cohortes de contrôle et définitions de la cohorte SEP. L'importance de l'effet a augmenté à proximité du premier diagnostic."

 

 

[1] https://n.neurology.org/content/early/2019/07/30/WNL.0000000000008012

 [2] https://www.lepoint.fr/editos-du-point/anne-jeanblanc/vaccination-et-sclerose-en-plaques-l-absence-de-lien-a-nouveau-confirmee-07-08-2019-2328828_57.php

[3] http://questionvaccins.canalblog.com/archives/2018/01/14/36048343.html

[4]  Radio o2 Bordeaux. Débat avec Roger Salamon et Bernard Guennebaud sur Youtube

https://www.youtube.com/watch?v=Ga_EPBp7ubk

[5] https://p8.storage.canalblog.com/87/61/310209/123082925.pdf

 [6] adelf-sfsp.fr/?p=15493

[7] https://www.mesvaccins.net/web/news/6111-vaccinations-et-affectionsdemyelinisantes-

 du-systeme-nerveux-une-nouvelle-etude

[8]  Article du Figaro du 13 août 2019

http://sante.lefigaro.fr/article/une-etude-confirme-l-absence-de-lien-entre-vaccins-et-sclerose-en-plaques/