NOUVEAU

Il existe un pic statistique

du nombre d'atteintes démyélinisantes centrales

selon le délai écoulé depuis la vaccination hépatite B

 

La publication américaine Langer Gould (octobre 2014) [1] a voulu étudier le lien entre vaccination hépatite B et atteintes démyélinisantes. Elle a retenu 6 cas apparus dans l'année qui suit cette vaccination et 25 pour les 2 années suivantes sans préciser davantage. La méta-analyse de mars 2018 réalisée à Bordeaux [2] en incluant 13 études sur le sujet donne une information complémentaire : 43 cas en tout, soit donc 12 au delà des 3 premières années.

Avec ces données et en testant en cas-témoins les auteurs ne trouvent pas de signal, ce qui est normal mais ne signifie pas qu'on ne puisse en trouver un sur les cas.

  Malgré l'indigence des données publiées,

il est possible de montrer que quelle que soit la répartition des 12 cas

parmi les années 4,5, 6 …

on obtient un pic statistiquement significatif.

Le principe du test repose sur une modélisation par une loi de Poisson.  Xi désignera la variable aléatoire donnant le nombre de cas apparus l'année i qui suit la vaccination hépatite B.

Premier cas :

Les 12 cas sont apparus au cours de l'année 4.

On regroupe alors les années 2, 3 et 4. La variable aléatoire X2+X3+X4=Y suivra une loi de Poisson (selon la modélisation adoptée). Pour ces lois, la moyenne et la variance théorique sont égales. On approxime la loi de probabilité de Y par la loi normale de même moyenne et variance que Y.

On forme Z=Y/3-X1. Sous l'hypothèse que chaque Xi a une même moyenne théorique (pour traduire que le nombre de cas apparaissant chaque année est indépendant de l'année), la moyenne théorique de Z sera nulle. On estime la variance de X1 par la valeur observée 6 et celle de Y par (25+12)/3²=37/9. La variance de Z sera alors estimée par 37/9+6. La valeur observée de Z étant 37/3-6 il devient alors possible de calculer la probabilité d'obtenir un écart de Z par rapport à 0 qui soit au moins aussi important que celui observé. Elle vaut 2,3% < 2,5%. Elle est donc significative au niveau habituel du test.

 

Second cas :

Les 12 cas se répartissent sur les années 4 et 5.

On va alors regrouper X1+X4+X5=Y qui prend la valeur 6+12=18 contre X2+X3=U qui prend la valeur 25.

On forme alors Z=U/2-Y/3 dont la moyenne théorique sera 0 sous l'hypothèse à tester.

La variance de Z sera estimée par 25/2²+18/3² alors que Z prend la valeur 25/2-18/3.

La probabilité associée au test vaut 1,18% significative.

 

Troisième cas :

Les 12 cas se répartissent sur les années 4, 5 et 6.

On procède de même avec X2+X3=U d'une part et X1+X4+X5+X6=Y d'autre part. Ici on peut tester sur 2 années cumulées en formant U-Y/2. La probabilité associée au test vaut 0,16% très significative.

 

Autres cas :

Si ces 12 cas pouvaient être répartis sur un plus grand nombre d'années, le signal deviendrait de plus en plus fort.

 

CONCLUSION

Quelle que soit la répartition de ces 12 cas, au delà des 3 premières années,

il existe un signal statistique en faveur

d'un pic de cas sur les années 2+3+4 si les 12 cas sont concentrés sur l'année 4

ou d'un pic sur les années  2+3 dans toutes les autres situations.

 

[1]  http://archneur.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1917549
Résumé de la publication américaine Langer Gould et al. d’octobre 2014 sur l’apparition d’atteintes démyélinisantes et SEP après vaccinations Le texte complet n’est pas en accès libre.

 

[2] Une nouvelle publication sur la relation éventuelle entre vaccination hépatite B et atteintes démyélinisantes a été publiée récemment (14 mars 2018). Trois de ses auteurs sont de l’Inserm de Bordeaux, dont l’auteure référent auquel on peut écrire. Résumé :

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29454521

 

Extraits du résumé : «  le débat est toujours actif sur un lien possible entre ce vaccin et la démyélinisation centrale. Cette étude fournit une estimation globale de ce risque basée sur une revue complète et une méta-analyse de toutes les études épidémiologiques disponibles. »

« Seules les études d’observation comprenant un groupe témoin ont été retenues. »

« 13 études avec un groupe témoin ont été analysées. Aucune des estimations de risque regroupées pour la sclérose en plaques ou la démyélinisation centrale après immunisation contre l’hépatite B n’a atteint une signification statistique. »
« Conclusions
Aucune preuve d’association entre la vaccination contre l’hépatite B et la démyélinisation centrale n’a été trouvée. »