Je vous propose une petite expérience à faire. C'est le jeu des 2 vérités, l’une pour les experts et l’autre pour les "braves", le brave public, les braves médecins, les braves parlementaires, les braves juristes, enfin tous les "braves" quoi  ...
 
1- allez sur le site de l’OMS  http://www.who.int/fr
 
2- cliquez sur “Thèmes de santé” sur un bandeau bleu en haut
 
3- allez sur variole. Vous arrivez sur la page d’accueil variole avec la copie d’écran ci-dessous :
 
vous lisez :”Suite à une campagne de vaccination mondiale menée par l’OMS la variole a été déclarée éradiquée en 1980.”  Rien de plus sur le sujet. C’est pour les “braves !”
 
 
 
 4-En bas de la page, vous cliquez sur “Autres publications sur la variole” pour obtenir ceci :
 
5- Puis, vous allez sur “Analyse scientifique de la recherche sur ...”  Copie d'écran :

 

 

http://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/70609/WHO_HSE_GAR_BDP_2010.3_fre.pdf?sequence=1

6- Vous trouverez page 4 (attention les premières pages sont en chiffres romains) Copie d'écran :

 

 
7- On y lit : “La politique de vaccination .... mettait l’accent sur la surveillance de la maladie ....On pouvait ainsi identifier les nouveaux cas de variole, les mettre en quarantaine, puis vacciner les personnes en contact étroit avec les sujets infectés et les mettre également en quarantaine. Cette politique a permis d’éradiquer la variole."
 
Puis, § suivant : “L’éradication de la variole ... montre qu’une prophylaxie fondée sur la vaccination de masse peut permettre d’éradiquer une maladie infectieuse.”
 
Constat  : d’une part c’est la vaccination des contacts et non la vaccination de masse qui est affirmée ici comme composante de la politique ayant permis l’éradication. D’autre part l’isolement  des cas et des contacts est “oublié” dans ce  jugement récapitulatif ...où transpire la gène des auteurs pour dire sans dire que la vaccination de masse fut un échec (on a fait autre chose alors qu’on était parti avec la seule vaccination de masse). De plus il n’existe aucune preuve bien au contraire de l’efficacité de la vaccination sur les contacts (délai trop court et superposition de 2 virus, le vaccinal et le sauvage)
 
Au congrès Adelf-Sfsp des 17-19 octobre 2013 à Bordeaux, un membre important du CTV m’a dit,  alors que nous ne parlions que de la vaccination des contacts pour la variole (devant mon poster sur le sujet [1]) “Je ne connais qu’une seule vaccination efficace après contage, la vaccination contre la rougeole dans les 72 heures”. Autrement dit, il venait de me dire que la vaccination antivariolique sur les contacts n’était pas efficace.
 
Voici deux citations officielles attestant du changement de stratégie qui s’opéra dans la lutte contre la variole.
 
 Conseil exécutif de l'OMS janvier 1959 [2] :
"qu'il a été démontré que l'éradication de la variole dans une zone d'endémicité peut être obtenue par la vaccination ou la revaccination effective de 80% de la population en l'espace de quatre à cinq ans;”
 
Il fut démontré par les faits au cours des années 60 que cela ne fonctionnait pas...d'où une évolution très significative de la stratégie :
 
  Conseil exécutif OMS janvier 1970  [3] :
"Notant l'importance que présente la surveillance dans l'état actuel des programmes et estimant qu'il est désormais souhaitable de mettre beaucoup plus fortement l'accent, dans tous les pays, sur le dépistage, les enquêtes et les mesures d'endiguement afin de parer à tous les cas et poussées endémiques de variole."
 
 
Copies d'écrans pour vérifications immédiates pour le lecteur:
 
ADDITIF du 21 avril 2019
Lu dans “20 minutes”
"Pour Philippe Sansonetti, cette évolution est plus que positive : « Contrairement à ce que disent les antivaccins, c’est une démonstration d’approche souple de santé publique, on a réalisé qu’il était impossible de vacciner tout le monde et on a modifié la stratégie. C’est comme cela qu’on a pu éradiquer la variole, c’est-à-dire à la fois éliminer la maladie et s’assurer que le virus ne circule plus. »
 

"Avec des résultats conséquents très rapidement dans certaines zones, comme le note le rapport de l’OMS (page 32) : « Les campagnes de vaccination de masse connurent les plus grands succès dans les pays dotés des services de santé relativement développés et bien administrés. Des succès notables furent enregistrés en Chine, dans plusieurs pays d’Amérique du Sud, dans quelques pays d’Afrique et du Proche-Orient, dans certaines parties de l’Asie du sud-est, telles que la Birmanie et dans un certain nombre d’Etats méridionaux de l’Inde. »

Difficultés d’accès

Inger Damon, médecin spécialiste de la variole au sein du Center for disease control and prevention (CDC), l’agence fédérale américaine de protection de la santé publique, souligne auprès de 20 Minutes : « La campagne mondiale menée par l’OMS a eu recours à une stratégie de vaccination massive, qui visait à atteindre une couverture de 80 %. Mais cet objectif a été difficile à atteindre dans beaucoup de zones moins développées pour de multiples raisons, comme un accès difficile, un manque de sécurité, des migrations de populations et un manque de réserves en vaccin. »

C’est ce qui explique les échecs évoqués par l’OMS, particulièrement dans certains pays comme l’Inde.

La vaccination en anneau, une solution efficace

Si ces difficultés ont bien entraîné une série d’échecs, ils n’ont pas empêché la campagne d’atteindre son objectif, notamment grâce à la « stratégie de la vaccination en anneau. »

Utilisée plus récemment contre le virus Ebola, celle-ci consiste à « repérer spécifiquement les cas de variole et à vacciner les sujets qui sont en contact avec eux », précise Anne-Marie Moulin. « L’OMS a dépensé des sommes monstrueuses pour sa campagne. Le passage à la vaccination en anneau a été décidé pour des raisons d’efficacité et d’économie », ajoute-t-elle.

 

“Selon Inger Damon, la  dernière  personne a souffrir dans le monde d’une variole majeure, la forme la plus grave de la variole, était un enfant au Bengladesh en 1975. Et le dernier cas de variole contacté naturellement, par  variole mineure, remonte à 1977, en Somalie.”
Chacun pourra facilement constaté qu'ils "oublient" de mentionner que les contacts étaient isolés et qu'il est aisé de comprendre que ce fut cet isolement qui a stoppé la transmission de façon beaucoup plus sûre que leur vaccination.