Sur l'obligations du prévenar et du vaccin méningocoque C

 

On peut consulter le résumé en ligne [1] d'une communication présentée par Christian Perronne (ancien président du CSHPF et du CTV) le 30 novembre 2007 aux journées de veille sanitaire organisées par l'InVS et auxquelles j'assistais :

  "De la disponibilité de nouveaux vaccins à leur absence d'intégration

dans le calendrier vaccinal"

Il y a en particulier le dernier paragraphe :

« pour certains microbes à sérogroupes multiples et en l’absence de couverture sur l’ensemble des souches, le déplacement de souches microbiennes dans la population, dont l’impact épidémiologique pourrait, dans certains cas, faire perdre le bénéfice de la vaccination (pneumocoques, méningocoques). »

Son propos s'applique donc aux vaccins prévenar (pneumocoques) et méningocoque C que le ministère veut rendre obligatoires pour les enfants.

Retenons aussi ces paragraphes :

« Il n'est pas suffisant pour un vaccin d'être efficace et bien toléré pour être recommandé, surtout de façon généralisée :

le vaccin méningococcique de type C … n'est recommandé que pour des personnes à risque ou dans des situations épidémiologiques bien particulières. »

« Les principaux motifs pour restreindre l'utilisation d'un vaccin ou pour ne pas le recommander … sont :

  • une morbidité ou une mortalité faible, en France, de la maladie à prévenir (méningocoque C, zona, rotavirus). »

 

"La vérité sur les vaccins" par Didier Raoult

Didier Raoult, professeur,  est un microbiologiste de réputation mondiale. ll dirige le plus grand centre français consacré aux maladies infectieuses à Marseille. Il vient de publier en janvier 2018 un livre "La vérité sur les vaccins" (chez Michel Lafon). Page 216 :

« Le risque acceptable est celui qui est accepté.

Le vaccin contre le méningocoque par exemple n'est pas à recommander à tout le monde.

Dans moins de 1% des cas le virus provoque septicémies ou méningites et la vaccination n'est pas anodine.

Son rapport bénéfice-risque est donc faible.

Le sérotype A est rarissime ; pour le B et le C c'est typiquement le vaccin à recommander à la carte. Il faut expliquer le risque relatif et laisser chacun décider.

Evidemment, cette pédagogie passe d'abord par le médecin. »

Sur la dangerosité du vaccin contre le méningocoque C il existe au moins un résultat qui fut publié sur le site du ministère pour y disparaitre en 2011 au moment de la refonte du site comme j'avais pu le vérifier auprès de l'équipe qui s'occupait de cette refonte et que l'on pouvait contacter à l'époque. Ce résultat avait été présenté au cours d'une réunion internationale de 47 experts. Elle s'était déroulée le 21 septembre 1998 dans les locaux de l'Agence du médicament à Paris. Deux auteurs, Lucien Abenhaim et M. Sturkenboom présentaient les résultats obtenus par une étude cas-témoins sur les données britanniques du GPRD :

Vaccin contre le méningocoque C : OR=4,8   IC 95%  [1,2  ;   20] ce qui correspond à une probabilité 1,33% d'obtenir un écart au moins aussi important par le seul fait du hasard, le seuil de signification choisi étant  2,5%.

"Cette étude a également  permis d'observer que le délai entre le premier symptôme ou signe de démyélinisation et le diagnostic de sclérose en plaques était plus court chez les personnes vaccinées que chez les non vaccinées. Ceci peut être le résultat d'un meilleur suivi chez les personnes vaccinées ou la conséquence d'une forme accélérée de la maladie chez les personnes vaccinées."

Ce dernier point avait été confirmé par l'étude américaine Langer Gould (octobre 2014) : les données mettaient statistiquement en évidence une accélération du processus de démyélinisation dans les 14 jours qui suivaient une vaccination quelconque. Ce résultat n'a pas été contesté :

Voici  ce qu'en dit [1] Daniel Floret, qui était à l'époque  président du Comité technique des vaccinations et à ce jour vice président de la Commission technique des vaccinations :

 « L'augmentation du risque de révélation d'une ADSN* à proximité immédiate d'une vaccination (tous vaccins confondus) est une constatation intéressante : ... la stimulation immunitaire provoquée par le vaccin peut précipiter le passage d'une phase asymptomatique à une phase symptomatique de la maladie. Une maladie infectieuse peut avoir le même effet.

Cette hypothèse est en accord avec le fait démontré que l'apparition des premières manifestations de SEP* fait suite à un processus immunitaire et un processus de démyélinisation débuté depuis plusieurs années auparavant.

*ADSN : atteinte démyélinisante du système nerveux

*SEP : sclérose en plaques

[1]  https://www.mesvaccins.net/web/news/6111-vaccinations-et-affections-demyelinisantes-du-systeme-nerveux-une-nouvelle-etude

 

Aux journées de veille sanitaire de 2007, j'avais  noté les propos de Christian Perronne sur les vaccins pneumococciques :

«  connu sous le nom de Prévenar et recommandé depuis 2006  en vaccination généralisée des enfants en France. Il mentionne qu’on a sur ce vaccin une expérience limitée dans le temps avec 800 000 vaccination par an aux USA où on a observé une décroissance de la mortalité (30 cas en moins par an) par infection invasive à pneumocoque. Mais aussi une perte du bénéfice chez les Inuits d’Alaska après quelques années d’utilisation : absence de diminution de la mortalité globale par les infections invasives à pneumocoques avec accroissement de l’incidence chez les sujets jeunes immunodéprimés.

En France on a noté une réduction de 7 cas chez l’enfant mais avec une légère augmentation des infections à pneumocoques tous âges confondus. »

Au printemps 2017, Christian Perronne signera la pétition en faveur de l'obligation des 11 vaccins, dont le méningocoque C et le prévenar ...

 

Lu dans « Epidémiologie de terrain - Méthodes et applications »

 Un ouvrage collectif de 790 pages (2017)

 

 PNEUMOCOQUES

 Impact du vaccin anti-pneumocoque du nourrisson sur l'épidémiologie des infections invasives à pneumocoques (page 651)

 Par Daniel Lévy Bruhl et Jean-Paul Guthman Santé Publique France

 

« Le réseau EPIBAC a permis, en associant à la surveillance des infections invasives bactériennes communautaires les données microbiologiques (sérotypes) issues du réseau des Observatoires régionaux du pneumocoque en association avec le Centre national de référence du pneumocoque (CNRP), d'évaluer l'impact de la vaccination anti-pneumococcique du nourrisson introduite en 2003, avec le vaccin conjugué heptavalent (PCV-7).

 L'incidence par âge des infections invasives à pneumocoques (IIP ; méningites et bactériémies) et la distribution des sérotypes ont été comparées entre les périodes pré et post vaccinale.

 L'incidence, tous âges confondus, a augmenté de 9,2/100000 en 1998-2002 à 10,4/100000 en 2007-2008. Seule, la tranche d'âge ciblée par la vaccination (<2 ans) a vu son incidence d'IIP diminuer de 32,5% de 1998-2002 et 2007-2008. Dans toutes les tranches d'âge, l'incidence des IIP à sérotype vaccinal est plus faible en 2007-2008 par rapport à 2001-2002, surtout avant l'âge de 2 ans ((3,0/100000 versus 20,5/100000, respectivement, soit une baisse de 85,5%).

 Parallèlement, l'incidence des IIP à sérotypes non vaccinaux a augmenté entre 2001-2002 et 2007-2008 dans tous les groupes d'âges. Chez les enfants de moins de deux ans, elle a pratiquement doublé entre 2001-2002 et 2007-2008 ….

 ….. La concomitance dans les différents pays de l'introduction de la vaccination du nourrisson et de l'augmentation de l'incidence des infections à sérotypes non vaccinaux ne laisse guère de doutes sur la part importante de la vaccination dans ce phénomène.

 Ces résultats décevants ont largement contribué à recommander, en 2010, la substitution du vaccin 7-valent par le vaccin 13-valent qui, outre sa pluslarge couverture des sérotypes circulants, présente l'avantage de contenir la plupart des sérotypes impliqués dans le phénomène de remplacement.

 Entre 2008-2009 et 2014, une diminution de l'incidence des infections invasives à pneumocoques de 41%, tous âges confondus, a été observée. »

En attendant la suite … il y a plus de 90 sérotypes …..

 

A la conférence de presse du 22 décembre à l'université Paris Descartes, Lévy Bruhl avait déclaré qu'on allait s'occuper des sérotypes contenus dans le vaccin, pour les autres on verra plus tard ….

Dans cet ouvrage de 790 pages je n'ai rien trouvé sur la vaccination contre les méningocoques ?

Notons que l'Italie, qui n'est pas suspecte d'être opposée aux obligations vaccinales, n'avait pas mis le prévenar dans sa liste initiale des 12 vaccins obligatoires puis a supprimé l'obligation des vaccins contre les méningocoques B et C.

 

 [1]  http://invs.santepubliquefrance.fr//publications/2007/jvs_2007/vaccination/1.pdf