Au cours d'un congrès pédiatrique annuel s'étant déroulé du 17 au 19 mai 2017, la question des vaccinations a évidemment été posée. J'ai pu prendre connaissance de la communication d'une experte en la matière, Marie-Aliette Dommergues médecin pédiatre au Centre hospitalier de Versailles,  membre de la commission vaccin du Groupe de pathologie infectieuse pédiatrique et d’Infovac.

 

 

J'ai décidé de lui répondre en traitant successivement les différents points dont elle a parlé au cours de sa communication (je ne dispose que de la version écrite). "Comment convaincre les hésitants ? ", c'était le titre de sa communication. Mais à la lire je pense que ce serait plutôt comment transformer les hésitants en opposants ! Oui, je n'exagère pas quand on constate le niveau des arguments présentés, si on peut appeler cela des arguments. On pourrait croire qu'ils étaient destinés à des manutentionnaires,  mais non, ils étaient destinés à former des pédiatres !!! Oui, malgré les apparences ce sont des arguments destinés à la formation et l'information des pédiatres !

Voici mon premier envoi, d'autres suivront et vous permettront de découvrir progressivement l'étendue du désastre pour nos enfants et petits-enfants. Je n'ai pas reçu de réponse ...

 

Bonjour,

D'abord je me présente, je suis mathématicien (maths pures) et j'ai en particulier enseigné la statistique pendant 20 ans dans une université.

J'ai pris connaissance de vos affirmations sur les vaccinations au cours du congrès pédiatrique annuel des 17-19 mai 2017. Il y aurait beaucoup à dire ! Je vais commencer par vos propos relatifs à la vaccination hépatite B :



Vous dites qu'aucun pays ne semble concerné par cette polémique alors que la première étude publiée qui présentait un résultat significatif, celle de Hernan, portait sur des données britanniques et avait été conduite par un Américain … De plus, cette étude avait fait beaucoup de bruit !

Vous affirmez aussi que plusieurs études et rapports ont tous conclu à l'absence de lien de causalité avec la vaccination... Vous n'ignorez cependant pas que plusieurs études avaient présenté des résultats significatifs. En plus de celle de Hernan, il y a notamment celle de Tardieu (8 octobre 2008) chez les enfants dits ''observants au calendrier vaccinal'' et celle de Langer-Gould (octobre 2014) sur des données américaines qui constate un accroissement significatif du nombre d'atteintes démyélinisantes dans les 14 jours qui suivent une vaccination quelconque. Ce résultat ne fut pas contesté par les commentateurs ''autorisés'', Daniel Floret lui-même ayant reconnu que toute  vaccination pouvait accélérer un processus de démyélinisation débuté auparavant. L’étude ne permet pas de dire que  ce ne pouvait être une autre vaccination antérieure qui en serait à l'origine.

On est obligé de reconnaître que pour les 2 premières, Hernan et Tardieu, ce sont les commentateurs ''autorisés'' qui ont voulu conclure à l'absence de liens et non les auteurs. Je vais maintenant vous montrer que même si ces études (c'est à dire ce que les auteurs ont fait des données présentées) ne permettaient pas d'obtenir un résultat probant, les données de ces études donnent des signaux très forts que les auteurs n'ont pas vus ou pas mentionnés.

Publication Tardieu de décembre 2007 sur la SEP chez les enfants [1]

Les auteurs mentionnent 64 cas de SEP apparus dans les 4 années qui suivent leur vaccination hépatite B contre 12 les 2 années suivantes, soit 5,1 fois moins alors qu'il en faudrait 2 fois moins pour une répartition équilibrée. L'écart est très significatif d'une répartition non aléatoire des délais d’apparition des cas après leur vaccination, contrairement à l'affirmation des auteurs.

Ces derniers ont traité la question en cas-témoins pour conclure, contre toute évidence, à une absence de signal sur les cas. En réalité, cette absence de signal signifie seulement que les cas se comportent comme les témoins, ce qui devrait conduire à étudier la répartition des témoins vaccinés au cours du temps. On admet comme allant de soi que les témoins ne peuvent qu'être neutres par rapport à la chose testée. Or il n'en est rien ici : 476 témoins vaccinés hépatite B sur les 4 premières années contre 102 pour les 2 années suivantes, soit 4,7 fois moins alors qu'on en attend 2 fois moins.

La raison est très simple et n'a rien de fortuit : le délai retenu pour les témoins est celui entre leur vaccination hépatite B et la date index, c'est à dire la date du début de la maladie du cas associé. Cette date sera donc la même pour tous les témoins associés à un même cas. Si les témoins associés à un même cas ont tous été vaccinés le même jour que leur cas correspondant, ce délai sera le même pour tous. Si le cas est dans le délai de 4 ans, tous ses témoins vaccinés associés y seront aussi et de même s'il est en dehors. Il en ira de même si les écarts entre leurs dates de vaccination est faible par rapport à la durée choisie pour le test, ici 4 ans. Comme ce sont des enfants et qu'ils sont du même âge à 6 mois près, il est évident que cette condition va être satisfaite. Les cas et témoins associés marchent donc en phase : s'il y a beaucoup plus de cas vaccinés sur les 4 premières années que les 2 suivantes, il en ira de même pour les témoins vaccinés comme on le constate.

Le calendrier vaccinal et la campagne spécifique conduite à l'époque sont les premiers responsables de cette situation. Les épidémiologistes et commentateurs ''autorisés'' n'ont visiblement aucune conscience de ce problème pourtant capital, interprétant l'absence de signal entre les cas et les témoins comme étant une absence de signal sur les cas, ce qui peut être faux comme on le constate sur cet exemple.

Publication Langer-Gould d'octobre 2014

On retrouve le même problème dans cette publication où les auteurs n'ont testé que sur des délais (14 jours, 30, 42, 90 180 jours, 1 an et 3 ans) alors que ce risque d'erreur est lié à l'utilisation du test cas-témoins sur des délais.

Ils ont voulu et prétendu étudier le risque d'apparition d'une atteinte démyélinisante en retenant le délai entre la dernière vaccination pratiquée et le début de la maladie, quel que soit le vaccin utilisé. S'ils ont trouvé un résultat significatif sur le délai de 14 jours, ils ne trouvent plus aucun signal pour les autres délais.

Sur la première année il y a 854 témoins. On en attend donc 1700 pour les 2 années suivantes cumulées. Il y en a 508, soit 1,68 fois moins alors que ce devrait être 2 fois plus ! Il existe donc un signal extrêmement fort en faveur du fait qu'il y a beaucoup plus de témoins la première année que les 2 années suivantes cumulées. L'absence de signal en cas-témoins devrait alors faire conclure qu'il devrait aussi y avoir beaucoup plus de cas au cours de la première année qu'au cours des 2 suivantes, ce qu'on vérifie immédiatement avec 195 cas contre 106 alors qu'une répartition équilibrée serait 100 la première année et 201 pour les 2 années suivantes cumulées. Il existe donc un énorme signal sur les cas alors que les auteurs et commentateurs ''autorisés'', affirmant qu'il n'y en a pas, en tirent des conclusions définitives sur l’innocuité du vaccin !

Voici les commentaires de Daniel Floret* sur ces résultats [2]  :

« Cette étude est très rassurante dans la mesure où elle démontre à 3 ans l'absence de lien entre toute vaccination et la révélation d'un ADSN*. Ce fait est notamment démontré pour les vaccins hépatite B et HPV .

*ADSN : atteinte démyélinisante du système nerveux

L'augmentation du risque de révélation d'une ADSN à proximité immédiate d'une vaccination (tous vaccins confondus) est une constatation intéressante : le fait que cette augmentation du risque disparaisse à distance va dans le sens d'une non responsabilité du vaccin dans la genèse de la maladie. Par contre, la stimulation immunitaire provoquée par le vaccin peut précipiter le passage d'une phase asymptomatique à une phase symptomatique de la maladie. Une maladie infectieuse peut avoir le même effet.

Cette hypothèse est en accord avec le fait démontré que l'apparition des premières manifestations de SEP* fait suite à un processus immunitaire et un processus de démyélinisation débuté depuis plusieurs années auparavant.

* SEP :  sclérose en plaques

En somme, une étude rassurante de plus concernant la non responsabilité des vaccins dans la genèse des ADSN qui, outre sa qualité, apporte des éléments d'explication pour le lien temporel entre vaccination et révélation de la maladie. »

* Il était alors président du Comité technique des vaccinations (CTV)

Daniel Floret affirme aussi « Tous les vaccins reçus par les cas et les témoins ont été pris en considération » ce qui est faux car seule la dernière vaccination avant le début de la maladie a été prise en compte. Que cette ultime vaccination ait pu être réalisée avec un vaccin ou un autre ne peut exclure qu'une autre vaccination plus ancienne soit à l'origine du processus de démyélinisation. Il y a là une énorme faute de logique reprise à l'unisson par tous les commentateurs dits ''autorisés''.

Nous sommes ainsi contraints de faire le constat inquiétant et grave que l'épidémiologie est très loin d'être une science et que les experts en santé publique n'en ont aucune conscience. Il existe d'ailleurs d'autres problèmes du même genre. Je les ai soulevés dans une série de 10 tentatives de contributions au rapport GRADATION de janvier 2016 et mis en suivi sur le site du ministère [3].

[1] http://archpedi.ama-assn.org/cgi/content/full/161/12/1176

[2] https://www.mesvaccins.net/web/news/6111-vaccinations-et-affections-demyelinisantes-du-systeme-nerveux-une-nouvelle-etude

[3] Première contribution au rapport Gradation :

http://questionvaccins.canalblog.com/archives/2016/03/18/33532611.html

Les suivantes y sont indiquées. La n°8 est particulièrement édifiante :

http://questionvaccins.canalblog.com/archives/2016/04/09/33643161.html

Cordialement

SUITE 2

 

Voici un autre paragraphe de la communication en question où l'auteure présente aux pédiatres "en formation" l'analogie classique mais complètement ridicule de la ceinture de sécurité.

Bonjour,

Dans ce second mail j’ai commenté, comme annoncé, un autre paragraphe de votre intervention sur les vaccination au congrès pédiatres 2017.

Vous présentez aux pédiatres "en formation" l'analogie classique mais complètement ridicule de la ceinture de sécurité. Vous n’êtes pas la  première, puissiez-vous être la dernière !

 

Eh oui, le soir, de retour du travail ou de l'école pour l'enfant, en famille nous posons nos vaccins sur la table de nuit afin de les reprendre le lendemain pour sortir et affronter les contagions possibles dans les transports en commun, sur le lieu de travail ou à l'école !!!

Dans cette ''analogie'' aussi fumeuse que divertissante ou affligeante selon le point de vue, l'accident correspond à la rencontre avec le pathogène contre lequel le vaccin est censé nous protéger. Le problème est qu'en l'absence d'accident la ceinture est toujours inoffensive, ce qui est très loin d'être le cas avec les vaccins, c'est le moins que l'on puisse dire !!!

Tout médecin sait parfaitement qu'une vaccination peut être suivie d'un choc anaphylactique dans les minutes qui la suivent [1]. Cela peut-il se produire en bouclant sa ceinture ? Il peut aussi y avoir une fièvre liée à une vaccination et des complications très graves comme l'encéphalite après la vaccination antivariolique (une pour 1000 vaccinations disait Alain Fisher le 30 novembre 2016 en présentant la restitution de la concertation dite citoyenne [3]), les bécégites disséminées mortelles pour les enfants ayant un déficit immunitaire pour ne mentionner que quelques complications incontestables.

A-t-on jamais rencontré de telles complications après avoir seulement bouclé sa ceinture de sécurité et sans qu'il ne se soit produit aucun accident ?

Pour avoir tenu de tels propos alors qu'ils étaient ''en formation'' pensiez-vous que les pédiatres soient suffisamment stupides pour avaler sans sourciller de telles énormités  alors qu'ils sont quand même au courant de quelques complications vaccinales? Ou aviez-vous préparé votre ''formation'' à l'intention de populations ne sachant ni lire ni écrire ?

Quant à la garantie d'éviter de passer à travers le pare-brise, vous savez très bien et les pédiatres aussi, que ce n'est pas une garantie très loin de là et qu'il y a beaucoup à dire sur ce thème de l'échec de telle ou telle vaccination, en particulier l'exemple historique de l'éradication de la variole trop souvent attribuée à tort à la vaccination. Comme vous n'avez pas résisté à marteler ce lieu commun totalement faux, j'y reviendrai pour vous.

J'espère que vous comprendrez que plus il sera fait de propagande provaccinale et plus il sera proféré de sottises en ces occasions, plus il sera ainsi offert de nouvelles opportunités pour montrer à un public de plus en plus large ce que vaut réellement cette propagande validée par les '' plus hautes instances vaccinales''. Ainsi elles ne feront que se discréditer chaque jour un peu plus par cette tentative irréfléchie de vouloir transformer les hésitants en adhérents alors que ces actions, comme l'a dit avec justesse et lucidité la Sfsp* dans son avis du 26 décembre 2016 [2], ne feront que transformer les hésitants en opposants.

* Sfsp Société française de santé publique

Quant à la publication d'études épidémiologiques "rassurantes" comme affirmé dans le paragraphe  de votre intervention cité ici, j'ai déjà apporté des éléments consistants à ce sujet dans mon premier envoi. Si l'étude Langer Gould a pu être qualifiée de ''rassurante'' par les commentateurs "autorisés" comme Daniel Floret, elle démontre de manière irréfutable la nullité dangereuse des experts quant à l'utilisation des tests cas-témoins appliqués à des délais, ce qui n'est guère rassurant c'est le moins qu'on puisse dire !!!

Cordialement

Bernard Guennebaud

[1] http://www.vaxinfopro.be/IMG/pdf/avis_css_8802.pdf

[2] http://www.sfsp.fr/flash_email/index.php?cid=512

[3] Alain Fischer vidéo 30 nov 2016 

http://richpublisher.endirectv.com/window.php?OPE_ID=2523&TFE_TYPE=DIFF 

 

 

 

Avis de la SFSP concernant les recommandations du Comité d'Orientation de la concertation citoyenne sur la Vaccination

 La SFSP considère, comme la Conférence Nationale de Santé, qu'il est nécessaire de s’engager résolument vers la levée de l’obligation vaccinale et de permettre à l'usager de prendre et d'exercer toutes ses responsabilités. Cela aurait de plus l'avantage de faire progresser l'harmonisation des pratiques vaccinales au sein de l'Europe.

 Pour cela, elle appelle sans délai :

 

  • à proposer une liste de vaccinations indispensables ;
  • à assurer leur gratuité sans avance de frais ;
  • à renforcer le plaidoyer en faveur des vaccinations auprès du grand public en l’adaptant aux freins et leviers spécifiques aux groupes les plus difficiles à rejoindre ;
  • à compléter ce plaidoyer par des campagnes régulières auprès des professionnels ;
  • à généraliser et rendre obligatoire l'utilisation des carnets de vaccination électroniques en expérimentation permettant de suivre les couvertures vaccinales ;
  • à élargir la liste des professionnels de santé à même d'assurer des vaccinations ;
  • à mobiliser les professionnels de santé pour qu’ils soient exemplaires en matière de leur propre couverture vaccinale. Le cas échéant trouver des mécanismes incitatifs à définir.

 

 La levée de l’obligation vaccinale comporte des risques en matière de couverture pour les trois vaccins actuellement concernés par l'obligation,

 mais étendre l’obligation peut transformer des hésitants en opposants.

Disposer d'un outil de suivi de la couverture vaccinale permet aux pouvoirs publics d'intervenir en cas de sous vaccination ou d'épidémie en imposant ponctuellement une obligation du fait d'une situation sanitaire exceptionnelle."

Suite 3

Madame Dommergues, bonjour,

Pour aujourd'hui je poursuis avec vous sur un thème inépuisable que j'avais  déjà commencé à traiter avec mon premier envoi :

L'épidémiologie une discipline rassurante ou inquiétante ?

Il faut le reconnaitre, quand l'épidémiologie, qu'elle soit française ou internationale, utilise le test cas-témoins sur des délais on a quelques raisons d'être inquiet vu la totale incompréhension du problème que l'épidémiologie manifeste avec une incroyable candeur pour en déduire avec aplomb des conclusions définitives totalement infondées pour ne pas dire complètement fausses !

Ce n'est pas le seul problème. En voici 2 autres pour aujourd’hui :

À la Conférence de consensus des 10-11 septembre 2003 sur la vaccination hépatite B, notre meilleure épidémiologiste sur le plan théorique, Dominique Costagliola, faisait une sorte de cours magistral sur les intervalles de confiance abondamment utilisés dans les études épidémiologiques dont les présentations allaient suivre. Elle affirma sans faiblir :

«Le résultat d'une étude d'association s'exprime par un risque relatif ou un odds ratio associé d'un intervalle de confiance (IC). Ces éléments sont plus importants à considérer que la simple interprétation du test d'association en significatif/non significatif. »

« Ainsi un risque de 3 avec un intervalle [1,1 ; 600] nous dit que l'étude manque grossièrement de puissance puisque le risque peut être à peu près n'importe quoi. »

Or on sait que OR²=(inf)x(sup)* où inf et sup sont les bornes inférieure et supérieure de l'IC. On devrait donc avoir 3²=660 ! Si on fixe la borne inférieure inf=1,1 et OR=3 on en déduit aussitôt sup=9/1,1=8,18 et non pas 600 ! Comme elle est considérée, je crois, comme une de nos meilleures épidémiologistes, cela pose la question de la formation.

Voilà ce qui arrive quand on apprend les tests statistiques sur logiciels sans aucun support théorique réellement assimilé. Un étudiant m'a dit un jour :  « Pas besoin d'apprendre la statistique, y'a des logiciels pour ça ! » Oui, bien sûr … mais les conséquences peuvent en être très graves...

* Cette formule n'a rien de mystérieux, elle est simplement la version multiplicative, après avoir pris l'exponentielle des nombres considérés, de l'IC centré de la forme [m-a m+a] dont la somme des bornes vaut 2m. L'exponentielle de a est l'odds ratio OR et tout élève de terminale sait que l'exponentielle transforme les sommes en produits.



Quand l'épidémiologie avance le risque de première espèce …   elle prend des risques ou plutôt elle en fait prendre aux populations...

C'est la Commission nationale de pharmacovigilance qui utilisa cet argument dans son compte-rendu du 28 septembre 2008 [1] relatif à la publication Tardieu du 8 octobre 2008 sur le lien entre atteintes démyélinisantes et vaccination hépatite B dont seul le résumé est en accès libre :

« Compte tenu de l’ensemble des analyses de sous-groupes réalisées, et donc de la multiplicité des tests qui ont été effectués (environ 160), il existe une augmentation très importante du risque de première espèce, et la probabilité de détecter une association significative par le simple fait du hasard est donc très élevée. »

 

Cette allusion au risque de première espèce avait aussi été reprise par Dominique Costagliola. Apparemment considérée comme une de nos meilleurs épidémiologistes sur le plan théorique, elle déclarera :

« à force de triturer les données on finit toujours par trouver quelque chose ! »

Affirmation confirmée par le résumé du compte-rendu de la Commission nationale de pharmacovigilance :

«  les résultats de l’analyse du sous-groupe d’enfants ayant respecté le calendrier vaccinal présentent les caractéristiques d’un résultat fortuit. »

Le risque de première espèce, c'est quoi ?

On veut tester si un dé est équilibré. S'il l'est effectivement et qu'après avoir réalisé une série de 120 jets on décide de tester cette hypothèse au seuil de 5%, on aura 5% de chances d'obtenir un résultat significatif d'un déséquilibre. Le risque de première espèce est, par définition, le risque de refuser une hypothèse vraie. Ce risque sera ici de 5% (à peu près en raison des discontinuités).

Si on répète 100 fois cette expérience de façon indépendante, c'est à dire si on lance le dé 12000 fois, on obtiendra en moyenne 5 expériences (constituées chacune de 120 jets) qui donneront un résultat significatif d'un déséquilibre alors que le dé est parfaitement équilibré. Mais encore faudra-t-il avoir la possibilité de lancer le dé 12000 fois et de façon aléatoire à chaque fois.

C'est bien le problème ici :

 

Il y a confusion entre :

1- la répétition d'une expérience (obtention de nouvelles données)

2- la multiplication des tests sur les mêmes données.

 

Exploration des données ou répétition d'une expérience ?

Ayant lancé 120 fois un dé on décide d'explorer les données ainsi : d'abord on teste si le nombre d'as obtenus est conforme à la moyenne attendue, soit 20 si le dé est équilibré et qu'il a été correctement lancé pour créer à chaque jet des conditions aléatoires. Ce sera le premier test. Puis on teste l'évènement ''on a obtenu l'as ou le 2'' dont la moyenne attendue est 40. On poursuit ainsi en testant les événement ''obtenir l'as ou le 2 ou le 3'' ou ''obtenir le 4 ou le 6'' etc. On peut ainsi multiplier les tests sur les mêmes données. Il faut évidement comprendre qu'on ne crée pas de nouvelles données en faisant varier l'objet du test au sein des mêmes données. Le risque de première espèce par ce processus n'est donc pas engagé.

C'est exactement ce qui se produit pour la vingtaine de tests présentés dans le tableau 2 de la publication Tardieu de décembre 2007 [2]. Les données générales du tableau sont 143 cas dont 80 vaccinés hépatite B pour 1122 témoins dont 609 vaccinés. Quand les auteurs testent sur le délai ''la maladie apparait dans l'année qui suit la vaccination" ils utilisent la totalité des données comme on le fait pour le dé. Quand ils testent ''la maladie apparait dans les 2 ans qui suivent la vaccination" ils modifient l'objet du test au sein des mêmes données exactement comme avec les 120 jets du dé. Il n'y a aucune donnée nouvelle. Il s'agit, sans discussion possible, d'une exploration des données collectées, en aucun cas de la répétition d'une expérience apportant de nouvelles données comme ce pourrait être avec les données allemandes ou italiennes ou à une autre période suffisamment décalée.

Le tableau 3 de la même publication explore les mêmes données que le tableau 2 (143 cas, 1122 témoins). L'exploration consistant à faire 9 tests faisant intervenir les différents vaccins utilisés et les délais inférieurs ou supérieurs à 3 ans. Aucune nouvelle donnée, il ne s'agit donc pas de la répétition d'une expérience.

Pour compléter les tests sur la sclérose en plaques il y a aussi le tableau 4 de la publication 2008. Là il s'agit effectivement d'un sous-groupe, celui des ''observants au calendrier vaccinal''* avec 72 cas et 347 témoins, tous observants au calendrier. Ce fut le critère retenu pour éliminer certains témoins ''non observants'' mais associés à des cas ''observants''. Cela donne une moyenne de 4,8 témoins par cas au lieu de 7,85 dans le groupe général relatif à la sclérose en plaques.

* La définition d'observant au calendrier vaccinal était ainsi précisée : 4 DTP, 1 BCG et 1 ROR reçus à l'âge de 2 ans.

Les auteurs donnent aussi dans le texte d'autres résultats de tests. Ils viennent seulement compléter les différents tableaux sans apporter aucune donnée nouvelle. Une petite exception cependant, sans conséquence aucune : la publication 2008 fait état de 151 scléroses en plaques au lieu de 143 en 2007 ainsi que de 1192 témoins associés contre 1122 en 2007. On peut en déduire que 8 cas supplémentaires de SEP et leurs 70 témoins ont été ajoutés en 2008. Cependant il ne m'a pas été possible de savoir combien d'entre-eux avaient été vaccinés contre l'hépatite B malgré ma demande auprès du correspondant de l'étude.

Les mêmes remarques s'appliquent aussi bien sûr pour l'ensemble des atteintes démyélinisantes considérées. Ce doit être très clair : la multiplicité des tests n'a rien à voir avec la répétition d'expériences qui auraient pu générer un risque de première espèce. Celui-ci ne peut exister dans la situation décrite. De plus, le seul vrai sous-groupe qui a été étudié par les auteurs est celui des ''observants au calendrier vaccinal''. On ne peut en aucune façon considérer les cas et témoins classés par exemple dans la première année qui suit la vaccination comme constituant un sous-groupe à part entière puisque pour les tester on utilise aussi ceux qui ne s'y trouvent pas. Par contre on n'utilise pas des cas ou des témoins ''non observants'' pour tester au sein du groupe des ''observants'', c'est toute la différence !

 

 

Conclusion principale

Le risque de première espèce est lié à la multiplicité de données nouvelles indépendantes

On ne crée pas des données nouvelles

en multipliant les tests sur des données déjà acquises.

 

[1] Compte-rendu Commission de pharmacovigilance (2008) : http://www.ansm.sante.fr/content/download/15469/180558/version/2/file/vaccin-hepatiteb-com-pv.pdf

[2] http://archpedi.ama-assn.org/cgi/content/full/161/12/1176

Cordialement

Bernard Guennebaud  mathématicien

SUITE 4

 

Madame Dommergues, bonjour,

Je poursuis avec vous sur ce thème inépuisable que j'avais  déjà commencé à traiter avec mon premier et mon troisième  envoi :

L'épidémiologie une discipline rassurante ou inquiétante ? Suite ...

Voici, sur une exemple, une autre situation statistique importante où l'épidémiologie plonge lamentablement.

Les données des publications Tardieu  (déc 2007 et oct 2008) sur le lien entre atteintes démyélinisantes et vaccination hépatite B montrent un important déficit de cas chez les vaccinés hépatite B pour les atteintes démyélinisantes considérées par les auteurs et qui n'étaient pas devenues des scléroses en plaques (SEP) dans la période d'observation retenue.

Pour ces cas, on obtient en cas-témoins un odds ratio OR=0,73 qui est significatif côté ''vaccin protecteur''. Ce que l'épidémiologie n'a pas compris c'est qu'une telle situation peut tout aussi bien correspondre à un effet aggravant du vaccin qu'à un effet protecteur !

La raison est très simple : on observe un déficit significatif de cas dans la catégorie ''atteintes démyélinisantes non SEP''.  On devrait aussitôt se poser la question : où les cas manquants sont-ils allés ?

Soit dans la catégorie ''absence de maladie'' ce qui pourrait correspondre à un effet protecteur réel du vaccin.

Soit dans la catégorie ''sclérose en plaques'' qui pourrait alors correspondre à un effet aggravant du vaccin qui aurait favorisé l'évolution en SEP.

L'épidémiologie paraît incapable de penser à cette seconde situation. Au congrès Sfsp de Lille les 4-6 novembre 2011, constatant cette situation, j'ai pu entendre Daniel Floret  envisager sans faiblir que le vaccin hépatite B pourrait avoir un effet protecteur contre les atteintes démyélinisantes !!! Comme une sclérose en plaques débute toujours par une première atteinte on devrait alors pouvoir en déduire que ce vaccin aurait aussi un effet protecteur contre la SEP !!!

Qu'on se le dise : le vaccin hépatite B protège contre la sclérose en plaques !!!

Plus sérieusement, a-t-on les moyens de décider entre les 2 possibilités, vaccin protecteur ou aggravant ?

OUI !

Les auteurs ont retenu 154 cas d'atteintes démyélinisantes vaccinés hépatite B dont 52% (80 cas) avaient évolué en scléroses en plaques. Ils disposaient aussi de 195 cas non vaccinés contre l'hépatite B dont 32% (63 cas) étaient devenus des SEP. Avec moins d'une chance sur 10000 d'observer un tel écart par le seul hasard, on doit constater qu'il s'agit d'un écart très, très significatif en faveur de l'hypothèse que la vaccination aurait favorisé l'évolution en SEP soit d'une atteinte démyélinisante qui serait apparue même sans cette vaccination, soit que l’apparition de cette première atteinte aurait elle-même été favorisée par la vaccination. Avec ces seules données on peut seulement observer le cumul de ces 2 possibilités sans pouvoir les dissocier.

CONCLUSIONS :

1- L'épidémiologie n'a pas compris qu'un test cas-témoins significatif côté ''protecteur' peut tout aussi bien correspondre à un effet aggravant. Cette possibilité apparaît quand les données distinguent entre une maladie et certaines de ces complications comme par exemple la mortalité.

2- Les données publiées sont très en faveur d'un effet aggravant de la vaccination hépatite B, c'est à dire pouvant faire évoluer en SEP ce qui n'aurait été qu'une atteinte démyélinisante non SEP en l'absence de cette vaccination. Cela donne un argument supplémentaire allant à l’encontre de vos affirmations péremptoires (vous n’êtes pas la seule !) sur les études épidémiologiques qui montreraient l’absence de lien (voir mon premier envoi).

3- Force est aussi de constater que les auteurs n'ont pas mentionné l'existence de ce signal pourtant très fort et facile à mettre en évidence. D'autant plus surprenant que leur publication de février 2007 portait sur la même question appliquée aux 33 cas d'atteintes démyélinisantes non SEP qui avaient été vaccinés hépatite B après cette première atteinte, contrairement aux autres qui avaient été vaccinés avant l'apparition de cette première atteinte. Les auteurs étudiaient si cette vaccination avait pu favoriser son évolution en SEP. Le test pratiqué ne donnait pas de signal.

On peut donc légitimement s'étonner que ces mêmes auteurs n'aient pas pensé à étudier cette évolution en SEP chez ceux qui avaient été vaccinés avant l'apparition de la première atteinte. Quoiqu'il en soit des raisons de cette carence, c'est pas du travail !

Cordialement

Bernard Guennebaud  mathématicien

SUITE 5

 

 

A Madame Dommergues,

 Le thème de cet article : Autisme, vaccination ROR, Wakefield  et VAXXED

 

 Voici d’abord vos propos écrits relatifs à l’autisme,  la vaccination ROR et Wakefield au congrès pédiatrique de mai 2017 :

 

 

Voici aussi en complément de votre affirmation, celles du bulletin InfoVac de juin 2017 dont vous êtes cosignataire :

 

 

Pour le lien entre ROR et autisme il faut sans doute être prudent, mais dans les 2 sens sans écarter un lien possible car il y a maintenant de nouvelles données qui confirment une part de ce qui avait été constaté il y a 22 ans, c'est à dire le lien entre une infection intestinale très forte et persistante avec des troubles comportementaux très sévères. Voici un extrait relatif à une étude américaine publiée en janvier 2017 :

 

Autisme : la transplantation fécale améliore les symptômes intestinaux et comportementaux

 

Les preuves s’accumulent de l’influence du microbiote intestinal sur le fonctionnement cérébral. Dans une nouvelle petite étude, des chercheurs américains montrent que rééquilibrer le microbiote intestinal d’enfants autistes par la transplantation fécale améliore non seulement les troubles gastro-intestinaux, fréquents dans cette population, mais aussi les symptômes comportementaux [1].

 

Un enfant sur 160 présente un trouble du spectre autistique (TSA), selon l’Organisation Mondiale de la Santé. Or, l’origine de ces troubles reste encore mal comprise.

 

En raison de la forte prévalence des problèmes gastro-intestinaux chez ces enfants et de la corrélation entre ces symptômes et la sévérité de la maladie autistique, depuis quelques années la communauté scientifique est allée investiguer du côté du microbiote des jeunes autistes.

 

nous espérions aussi voir les symptômes autistiques s’améliorer et nous avons été agréablement surpris de constater une amélioration de près de 25 % dans les 10 semaines qui ont suivi le traitement ».

 

L’étude a été publiée dans l’édition en ligne du 23 janvier du journal Microbiome [1].

 

D'après une méta-analyse publiée en 2014 dans la revue Pediatrics [2], les enfants autistes souffrent au moins quatre fois plus souvent de troubles gastrointestinaux que les enfants témoins. Ils ont trois fois plus de diarrhées et de constipation et 2,5 fois plus de douleurs abdominales.”

 


L'explication proposée par Luc Montagnier qui s'intéresse aussi à cette question est que des bactéries pathogènes générées par l'infection intestinale franchissent la barrière intestinale puis hémato-encéphalique pour atteindre le cerveau et y provoquer des dégâts irréversibles. Néanmoins, le fait de stopper l'infection intestinale améliore la situation en interrompant ce qui l'entretient.

Il faut se montrer honnête, le premier à avoir découvert ce lien entre certains cas d'autisme et une infection intestinale fut Wakefield en 1995. Il était gastro-entérologue et avait été contacté par une maman dont l'enfant autiste avait depuis des années une infection intestinale qui ne guérissait pas. Il a d’abord pensé qu’elle n’avait pas frappé à la bonne porte car il s’occupait du ventre, pas de la tête et ne connaissait rien à l’autisme. La maman avait vu juste ! Ce lien, aujourd'hui étudié depuis peu semble pratiquement reconnu mais “le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté ...”  (chanson de Guy Béart)

Reste à voir si des vaccinations pourraient déclencher de telles infections intestinales. Là il semble que l'on observe dans un certain nombre de cas un lien temporel très fort entre une vaccination (ROR tout particulièrement) et de telles infections (parfois moins d'une journée selon des témoignages relatés). 

Cette simultanéité devrait donc interpeler fortement. Vu le grand nombre de cas de ce type il devrait être aisé de faire une étude épidémiologique sur ce lien temporel, ce qui ne semble pas avoir été fait. On retrouve la même carence dans les études sur le lien entre SEP et vaccin hépatite B où l’on se refuse à faire une étude valable sur les délais entre vaccination et apparition de la maladie alors que toutes les données existent depuis longtemps pour cela ...

On veut expliquer l'augmentation de l'autisme par l'extension de sa définition à des troubles comportementaux plus mineurs mais quand les troubles sont liés à une infection intestinale il s'agit alors de troubles très sévères. Ce serait donc l'augmentation de ces maladies intestinales qu'il faudrait étudier et non la variété des perturbations comportementales qui ne servent qu'à noyer le poisson. Mais c'est peut-être ce que certains cherchent à faire ? Oui, vu ce que je vous ai déjà relaté, ma confiance n’est pas totale, il ne faut pas m’en vouloir, avec vos collègues vous êtes les seuls responsables.

 

Wakefield n’a jamais prétendu que son étude préliminaire sur 12 cas,  qui était une étude sur des cas et non une étude épidémiologique, constituait une preuve définitive à elle seule. Il lançait une alerte et demandait que les recherches se poursuivent dans cette direction. Certes des études ont effectivement été réalisées mais j’ai montré dans mes envois précédents que les épidémiologistes et l’épidémiologie n’étaient pas des plus  fiables et qu’ils étaient capables, même sans s’en rendre compte, d’erreurs techniques monumentales pouvant inverser les résultats. De plus, le film VAXXED interpelle aussi sur les raisons pour lesquelles les épidémiologistes des CDC américains ont modifié les critères d’inclusion des cas au point de n’en retenir que 1800 sur une base de 3000. Il faut reconnaitre que tout cela n’est pas très lumineux, c’est le moins que l’on puisse dire. La réponse qui fut donné a posteriori pour justifier cette étrange opération serait que les auteurs ne voulaient pas cibler la population des afro-américains pour laquelle le risque apparaissait beaucoup plus grand. Les mamans d’enfants afro-américains devenus autistes graves dans les jours qui suivirent leur vaccination ROR, comme montré dans le film VAXXED, apprécieront certainement à sa juste valeur cette délicatesse anti-raciste ...

 

De plus l’acharnement contre Wakefield est suspect. Pour le financement, il affirme que cet argent avait été donné à l’université où il poursuivait ses recherches afin que celle-ci attribue ce budget à son laboratoire. Je n’ai pas de raison pour ne pas le croire. De plus, tous les laboratoires reçoivent de l’argent pour leurs recherches, il suffit de voir les collectes qui sont faites par le truchement d’émissions télés comme le sidaction ou autres pour s’en convaincre. 

 

En un mot comme en mille la confiance est rompue pour une durée indéterminée et il en faudra beaucoup pour qu’elle revienne.

[1]  Kang DW et coll. Microbiota Transfer Therapy alters gut ecosystem and improves gastrointestinal and autism symptoms: an open-label study. Publié en ligne le 23 janvier 2017. Microbiome.

 

[2] McElhanon BO et coll.Gastrointestinal symptoms in autism spectrum disorder: a meta-analysis. Pediatrics. 2014 May;133(5):872-83. doi: 10.1542/peds.2013-3995.

Cordialement

Bernard Guennebaud  mathématicien

Madame Dommergues, bonjour
 
Le président italien vient de signer la loi rendant obligatoires 12 vaccinations pour les enfants. Le  bulletin d’Infovac de mai souhaitait que la France suive bientôt l’Italie... Je voudrais attirer votre attention sur certaines des conséquences multiples que cela pourrait avoir. Souvenez-vous de l’affaire de la vaccination hépatite B qui  a trouvé son aliment dans une vaccination inutile  d’un très grand nombre d’adultes. Cela a  provoqué la concentration dans le temps et l’espace d’un nombre élevé d’effets secondaires graves  qui furent à l’origine d’une affaire de dimension nationale et même internationale.
 
C’est pour cette raison de concentration de victimes dans le temps et l’espace que des accidents d’autocars,  d’avions ou de trains créent des évènements nationaux et même internationaux, ce qui n’est pas le cas pour les accidents de voitures et de vélos dispersés dans le temps et l’espace. Il faut donc craindre que ces mesures de contraintes vaccinales exorbitantes s’accompagnent d’un grand nombre d’accidents graves avec toutes les conséquences que cela pourrait générer. En toute chose il faut considérer la fin dit le proverbe... J’ai entendu Robert Cohen dire, il y a quelques années, qu’il n’y aurait pas de nouvelles obligations vaccinales ...il a l’air d’avoir changé d’avis ?
 
Il est certain que  l’extension des obligations en France donnerait une nouvelle énergie aux nombreux opposants présents et à venir pour faire connaitre à un public élargie par exemple les analyses faites dans mes précédents mails ainsi que celles que je ne vous ai pas encore faites parvenir. Les parents de victimes y seront particulièrement sensibles comme j’ai déjà pu le constater. Vous avez pu y voir que l’évaluation des campagnes de vaccination était très mal conduite en raison des incroyables carences techniques de l’épidémiologie. Objectivement, l’épidémiologie pourrait être mise à mal et même complètement ridiculisée.
 
A l’inverse, la contre-proposition de la Sfsp aux recommandations d’Alain Fisher pourrait contribuer à calmer le jeu car, si celle-ci propose des mesures pour accroitre la couverture vaccinale, elle veut y parvenir par la persuasion et non par la contrainte.
 
Veuillez trouver ci-dessous le courrier que je fais parvenir à l’Ambassade d’Italie à Paris  51 rue de Varenne  75007 Paris
 
Cordialement
 
 
 
Bernard Guennebaud docteur ès sciences
 
 
à l’Ambassadeur de l’Italie en France
 
Monsieur l’Ambassadeur
 
 
Les autorités de votre pays viennent de rendre obligatoire 12 vaccinations pour les enfants. Les enfants de France pourraient eux aussi être soumis prochainement  à 11 vaccinations obligatoires. Pourtant, dans notre pays des voix autorisées se sont élevées contre une telle mesure autoritaire  en proposant  d’accroitre la couverture vaccinale par la persuasion plutôt que par la contrainte.
 
La proposition la plus élaborée a été émise par la Société française de santé publique (Sfsp) qui regroupe  d’éminents épidémiologistes et professeurs de santé publique. Voici son avis du 26 décembre 2016 :
 

Avis de la SFSP concernant les recommandations du Comité d'Orientation de la concertation citoyenne sur la Vaccination

http://www.sfsp.fr/flash_email/index.php?cid=512 

La SFSP considère, comme la Conférence Nationale de Santé, qu'il est nécessaire de s’engager résolument vers la levée de l’obligation vaccinale et de permettre à l'usager de prendre et d'exercer toutes ses responsabilités. Cela aurait de plus l'avantage de faire progresser l'harmonisation des pratiques vaccinales au sein de l'Europe.

Pour cela, elle appelle sans délai :

  • à proposer une liste de vaccinations indispensables ;
  • à assurer leur gratuité sans avance de frais ;
  • à renforcer le plaidoyer en faveur des vaccinations auprès du grand public en l’adaptant aux freins et leviers spécifiques aux groupes les plus difficiles à rejoindre ;
  • à compléter ce plaidoyer par des campagnes régulières auprès des professionnels ;
  • à généraliser et rendre obligatoire l'utilisation des carnets de vaccination électroniques en expérimentation permettant de suivre les couvertures vaccinales ;
  • à élargir la liste des professionnels de santé à même d'assurer des vaccinations ;
  • à mobiliser les professionnels de santé pour qu’ils soient exemplaires en matière de leur propre couverture vaccinale. Le cas échéant trouver des mécanismes incitatifs à définir.

La levée de l’obligation vaccinale comporte des risques en matière de couverture pour les trois vaccins actuellement concernés par l'obligation, mais étendre l’obligation peut transformer des hésitants en opposants.

Disposer d'un outil de suivi de la couverture vaccinale permet aux pouvoirs publics d'intervenir en cas de sous vaccination ou d'épidémie en imposant ponctuellement une obligation du fait d'une situation sanitaire exceptionnelle.

De plus, un éminent microbiologiste de réputation mondiale, Didier RAOULT, écrivait le 8 janvier 2017 dans sa tribune de l’hebdomadaire Le Point :

“On ne pourra plus servir une prétendue ‘’vérité unique’’ et penser être suivi aveuglément.

Parfois objet de manipulations, la vaccination est devenue un symbole scientiste qui génère du doute.

 Rendre obligatoire la vaccination ne restaurera pas sa crédibilité.

 L’obligation vaccinale généralisée est déconnectée de l’époque et si aucune démocratie ne la propose, c’est qu’elle n’est ni souhaitable ni crédible, en particulier à l’ère de la ‘’post-vérité.” "

http://www.lepoint.fr/invites-du-point/didier_raoult/raoult-rendre-obligatoire-la-vaccination-ne-restaurera-pas-sa-credibilite-08-01-2017-2095453_445.php 

Si, comme disait Didier Raoult il y a quelques mois, aucune démocratie ne propose l’extension des obligations vaccinales, faut-il en déduire que l’Italie aurait cessé d’être une démocratie ?

Dans le domaine de la santé tout particulièrement la contrainte ne saurait être une réponse satisfaisante. Nous sommes nombreux en France à penser que l’Italie n’a pas fait le bon choix et à espérer que la France s’engagera résolument dans une autre voie que celle que vient d’imposer les dirigeants de votre pays.

 

 

Bonjour,
 
Pour illustrer mon propos précédent, à savoir que les contraintes vaccinales transformeront les hésitants en opposants et même les non hésitants, il y a par exemple la série d’articles publiés actuellement par Claudina  Michal-Teitelbaum  (médecin) sur le blog du docteurdu16 sur le thème :
 
 
 
           8- Conclusions 
 
Ce blog, tenu par un médecin généraliste, est aussi très suivi par des médecins. L’auteure aurait-elle eu l’énergie et la volonté pour écrire ces articles très longs et documentés s’il n’y avait pas eu les recommandations Fisher ? J’en doute ! Il en ira de même pour moi et pour beaucoup. La menace de ces 11 obligations vaccinales a un effet dynamisant incontestable en mobilisant aussi l’attention des lecteurs sur thème des vaccinations. Je constate aussi que les opposants se regroupent et échangent leurs informations et leurs compétences. Pour ma part, je suis aujourd’hui en relation avec des personnes compétentes avec lesquelles je n’échangeais pas il y a peu. De jeunes femmes, victimes des vaccins papillomma virus témoignent dans des vidéos et créent des sites. De même pour un certain nombre de mamans dont les enfants ont été détruits par des vaccination multiples et deviennent très actives. Certaines sont journalistes, une autre est chanteuse de rap et a crée une chanson à ce sujet.  Par le relai de mon blog j’ai été contacté par une chercheuse en physique théorique en raison de l’état lamentable  dans lequel l’avait plongé les vaccinations hexavalents et prevenar simultanées. Elle est très intéressée par les analyses que je fais sur l’incompétence aux conséquences gravissimes que l’épidémiologie entretient avec les tests statistiques, comme je vous l’ai montré. Une telle incompétence généralisée est inadmissible, vu les immenses responsabilités, j’espère que vous le comprendrez.
 
Robert de Niro, ayant un enfant autiste après vaccinations, avait programmé le film VAXXED à son festival. Romain Gherardi raconte qu’il avait été invité avec Didier Raoult (entre-autres) par un milliardaire américain pour étudier les causes de l’autisme. Son fils était autiste. En préliminaires, les congressistes avaient décidé qu’il ne pouvait être question d’accuser les vaccins ... Un congrès d’astronomes ayant été organisé pour étudier les causes de la disparition transitoire mais inquiétante du soleil certains jours, ils avaient décidé de ne pas accuser la lune comme l’affirmait une croyance populaire sans fondements ...
 
D’une manière générale, les accidents provoquées par des vaccinations multiples et généralisées frapperont toutes les couches de la société et vous ne savez pas les conséquences que cela pourrait avoir. Ce fut le cas autrefois avec la très redoutable vaccination antivariolique mais il n’y avait pas internet. Aujourd’hui, si les vaccins isolés ne sont pas aussi dangereux que celui contre la variole, leur utilisation simultanée ou cumulée sur des durées courtes génère des effets dits secondaires tout aussi graves en perturbant  non seulement la vie de l’enfant mais celle de toute la famille, parents, frères et sœurs, grands parents qui  s’entendent dire que ce sont des coïncidences et que c’est dans la tête ... Jusqu’où pensez-vous aller comme ça ? En Californie, après que cet Etat ait rendu obligatoire toute une série de vaccins, les familles étaient dans la rue avec des pancartes, des mamans témoignant de l’état de leur enfant avec des porte-voix ...
 
Je suis convaincu que l’opposition, non pas aux vaccinations mais à cette effroyable idéologie vaccinale, ne fera que se renforcer dans cette situation d’obligations et elle le fait déjà.
 
C’est l’idéologie vaccinale, le vaccinalisme, qui  a généré par ses excès et ses outrances ce qu’on appelle l’anti-vaccinalisme.  Le vaccinalisme a alors tout fait pour donner à ce terme une connotation très négative alors que pour moi il va de soi que l’on ne peut que s’opposer à une telle idéologie dangereuse (certains diraient même criminelle), vu les moyens et les arguments qu’elle ose utiliser. 
 
Le vaccinalisme joue à quitte ou double et suppose la population suffisamment stupide pour accepter sa propagande de façon durable.  J’espère que vous comprendrez et saurez faire comprendre qu’il est temps de prendre un autre chemin sinon, à terme, vous serez balayés. Malheureusement ce sera sur un océan de souffrances inutiles que nous voudrions pouvoir éviter. 
 
Cordialement
Bonjour,
J’ai joint 4 photos à cet envoi : sur la première vous verrez la machine qu’utilisait Georges Lakhovsky dans les années 1930. Le générateur émettait un très grand nombre de fréquences renvoyées par les 2 séries d’anneaux ouverts (alternativement en haut et en bas) entre lesquels le patient était placé. Les 2 photos suivantes montre une femme de 82 ans atteinte d’un carcinome proche de la tempe gauche et traitée à l’hôpital parisien de la Charité. En 1929-1930 elle avait subi  à la machine de Lakhovsky . Elle recevra encore une exposition de 20 minutes avant que la dernière photo soit prise le 30 mai 1932. La guérison fut complète et la peau avait été jugée rajeunie, tout cela obtenu en un mois et 45 minutes d’expositions sans effets secondaires semble-t-il et ... en 1932 ! Qui dit mieux ? Il existe d’autres photos de guérison obtenues dans plusieurs hôpitaux parisiens et étrangers.
 

 

 
Peut-on proposer  une explication à de telles guérisons ? J’ai une explication à suggérer. Les 2 anneaux renvoient les mêmes fréquences. Quand elles se rencontrent, entre les 2 anneaux, elles pourraient se transformer en ondes stationnaires, des ondes qui ‘’respirent” si vous voulez. Ainsi le patient serait placé dans une sorte de bain d’ondes stationnaires.

 

Supposons maintenant que tout notre corps respire, non seulement par la cage thoracique mais que chaque cellule et même chaque constituant cellulaire respire à son rythme propre et avec une amplitude imperceptible évidemment. Une respiration c’est une onde stationnaire. Une cellule malade est d’abord une cellule qui ne respire plus selon son propre rythme. Ainsi, le bain de vibrations stationnaires dans lequel le patient se trouverait plongé réaliserait une sorte d’assistance respiratoire multifréquences qui pourrait remettre dans le bon rythme les cellules malades ou seulement leurs cellules filles mais ce serait suffisant pour entrainer la guérison.

 

 Bien sûr, je ne suis pas en mesure de vérifier tout cela mais il y a une certaine cohérence dans cette explication. Quoi qu’il en soit, ces guérisons ont existé, ce sont des faits qui démontrent qu’il y a d’autres possibilités que d’agir uniquement par le chimique, le biochimique et le vaccinal. Ces guérisons ont été possibles parce que la matière vivante est au moins très sensible au vibratoire et pas uniquement à la musique même si on sait que celle-ci a une action sur la santé.

 

Nos grands laboratoires pharmaceutiques s’affirment leaders dans les sciences de la Vie tout en ignorant au moins la moitié de la structure de la matière vivante. Ils inventent des produits issus de la science, disent-ils ou croient-ils. Puis ils  tentent d’imposer ceux-ci à toutes les populations. Il ne faudrait pas oublier que leurs produits, c’est un peu de connaissances et beaucoup d’ignorance et que si on en savait davantage on ferait autrement. Ils dépensent des milliards d’euros pour tenter d’élaborer des vaccins et voudraient un retour automatique sur investissements. Pourtant, ils feraient beaucoup mieux d’investir quelques millions d’euros pour étudier l’action du vibratoire sur l’être humain et animal.

 

Bien sûr les pathogènes sont aussi sensibles au vibratoire et on peut leur associer un signal électromagnétique spécifique comme l’a montré Luc Montagnier. On peut aussi tout à fait envisager de neutraliser leur action par des champs vibratoires. Pour la grippe saisonnière on aurait très rapidement les fréquences à utiliser dès l’arrivée du virus, avec adaptation quasi instantanée, ce qui n’est pas possible avec les vaccins élaborés plusieurs mois auparavant.

 

En un mot comme en cent, cette volonté de généralisation vaccinale  n’est pas portée par une véritable science mais  par une ignorance profonde de la structure même de la Vie. Murée dans son incompréhension de la Vie, elle  cherche à tout prix à imposer au monde entier ses connaissances  très partielles et donc fausses.

 

NON, on ne peut pas laisser faire cela, NON ce n’est pas possible !
 
 
Cordialement

 

 

Madame Dommergues, Bonjour,
 
Je ne vous oublie pas mais mon emploi du temps fut très chargé. Vous aviez donc écrit et sans doute affirmé, à ce congrès pédiatrique destiné à la  formation des pédiatres, que la variole avait été vaincue par ... la vaccination !!!
 

 

 

D'une façon totalement objective, indiscutable et vérifiable, l'OMS (et l'AMS Assemblée mondiale de la santé) avaient d'abord décidé d'éradiquer la variole en quelques années, exclusivement par des campagnes de vaccinations massives. Le programme sera modifié plus tard par la stratégie dite de surveillance-endiguement qui consistait à rechercher activement les malades par des campagnes d'affichages (la photo d'une petite fille atteinte de variole avait été imprimée à 2 milliards d'exemplaires!), des récompenses promises pour qui indiquait un cas de variole (mais jamais payées). Chaque cas était isolé (souvent une mise en quarantaine chez lui). Les contacts étaient recherchés, vaccinés quel que soit leur statut (anciens varioleux ou ancien vaccinés) et isolés.

 

Cette stratégie fut suivie d'un accroissement considérable du nombre de cas notifiés. Je n'indique ici, pour le moment, aucune relation de cause à effet du genre sous-notification ou aggravation par la vaccination des vrais contacts, c'est neutre, ce sont des faits. Puis la variole disparaitra. A titre d'illustration, 12773 cas notifiés en Inde en 1970, 88114 en 1973, 180003 en 1974, 1436 en 1975 (dernier cas en mai 1975) puis zéro cas ensuite.

La moindre des choses, si on voulait être objectif, serait de rappeler l'existence de l'isolement des cas et des contacts.

Il sera toujours possible par la suite d'étudier les données - et pas seulement les avis d'experts - pour tenter de préciser le rôle et l'importance de chaque mesure dans le succès obtenu. On peut par exemple essayer de montrer que l'isolement n'a servi à rien et que seule la vaccination fut utile ou l'inverse.

Puisque Alain Fischer affirme que ce fut la vaccination seule, c'est sans doute qu'il serait en mesure de démontrer que l'isolement ne fut d'aucune utilité. J'attends sa démonstration ... et la vôtre aussi bien sûr !

Il dira aussi que cette vaccination avait des effets secondaires très graves et fréquents : une encéphalite pour 1000 vaccinations. A l'époque, en 1970, on disait un accident grave pour 1 ou 2 millions... Il ajoutera que malgré cela la balance bénéfice-risque fut très positive. Ce qui pourrait être soutenu si cette vaccination avait permis de débarrasser l'humanité à la fois de la variole et de sa vaccination et si on n'avait pas fait trop de vaccinations inutiles. Mais il est certainement plus facile de démontrer que la vaccination dans les zones endémiques a surtout servi à amplifier les épidémies et aggraver la maladie (mortalité plus élevée) qu'à éradiquer la variole qui le fut, malgré les effets pervers de la vaccination des contacts, grâce à l'isolement strict des malades et des contacts.

En fait, avec les données qui me sont disponibles, je peux dire que ce fut le plus cuisant échec que pourrait connaître une campagne de vaccination organisée avec une telle ampleur et maintenue avec une telle constance. Il fut reconnu que la vaccination de masse avait échoué et on sait aujourd'hui que la vaccination des contacts est inefficace (pour le moins et on pouvait le savoir dès 1870 [4]). Elle fut vaincue, dans les régions les plus difficiles, par la recherche active des cas et des contacts suivie de leur isolement, il n'y a plus guère de doutes à ce sujet.

Il serait important, si l'objectif était vraiment la santé des populations, de les préparer à des mesures d'isolement en cas de maladies émergentes qui par définition n'auront pas de vaccins. Bien étudié, l'exemple de la variole aurait des vertus pédagogiques.

 

 

[1] Mon article récapitulatif sur la variole
http://questionvaccins.canalblog.com/archives/2013/10/16/28149160.html

[2] Le poster associé que j’ai présenté au congrès Sfsp-Adelf des 17-19 octobre 2013 et qui résume

  http://p0.storage.canalblog.com/02/21/310209/90757466.pdf  

[3]  http://questionvaccins.canalblog.com/archives/2012/01/03/23148650.html

[4]  La variole au 19èmes  siècle en France, compilation par moi-même :

http://p5.storage.canalblog.com/56/75/310209/68965169.pdf

Très cordialement

 

Je reviens sur l’éradication de la variole en illustrant les nombre de cas notifiés pour l’Inde de 1967 à 1975. On voit immédiatement qu’une telle courbe ne peut correspondre à une évolution liée aux évolutions de la couverture vaccinale, c’est le moins que l’on puisse dire, je pense que vous en conviendrez !

 

En 1962, quand débuta le programme d’éradication par la vaccination en Inde, il y avait 55000 cas notifiés contre plus de 80000 en 1967. La décrue va se poursuivre jusqu’en 1970 alors que la surveillance s’est continument améliorée. Puis on observe une recrudescence des cas notifiés jusqu’à enregistrer des niveaux jamais atteints (88000 cas en 1973, 188003 en 1974) suivis de la disparition totale de la maladie l’année suivante. Cette recrudescence a été associée à des épidémies qualifiées à l’époque par l’OMS “d’inattendues et d’explosives”. Elles suivaient la mise en place de plus en plus exhaustive de la stratégie dite de surveillance-endiguement comprenant la vaccination et l’isolement des contacts, tous les contacts, y compris les anciens varioleux et anciens vaccinés étaient vaccinés. On peut expliquer ces épidémies explosives (alors que la variole était reconnue être une maladie à propagation lente) par le fait que les anciens varioleux et anciens vaccinés auraient évité la maladie sans cette vaccination supplémentaire qui, mettant en présence le virus variolique avec le virus de la vaccine, exacerbait l’un et l’autre.

 

Ce phénomène avait aussi été observé en Allemagne au cours des importations de variole  dans les années 1960-1970 ou 5 femmes re-revaccinées alors qu’elles avaient été contaminées ou allaient l’être, firent des varioles hémorragiques mortelles.

 
 
 

Voici ce qu'écrivait Donald Henderson* en 1976 quand il tirait les enseignements de l'expérience de l'éradication [1] page 10 :

«Le plus important est de reconnaître que les progrès réalisés dans un programme de lutte contre une maladie peuvent être appréciés en terme d'incidence de cette maladie.  Nous avons constaté, jusqu'à une date très récente, que les autorités sanitaires, la presse et le public dans leur ensemble ont cherché à évaluer les progrès réalisés en premier lieu d'après le nombre de vaccinations effectuées. Lorsqu'une épidémie se produisait, … l'attention était surtout dirigée vers les chiffres de la vaccination. Si ceux-ci étaient élevés on en concluait que le programme se déroulait bien.

 La mesure des progrès réalisés d'après le nombre de vaccinations effectuées semble être un échec trop fréquent des programmes de vaccination aujourd'hui aussi bien dans les pays développés qu'en voie de développement.

* Henderson était le directeur à l’OMS du programme d’éradication. Il est considéré comme l’homme qui a vaincu la variole.

 
CE JOUR 19 JUIN
 
Je viens d’entendre Odile Launay et Robert Cohen sur la Cinq au Magazine de la Santé avec Michel Cymes sur  les vaccinations.
 
Question : Pourquoi vacciner les nourrissons contre l’hépatite B en France ?
 
Réponse d’Odile Launay : c’est un plan mondial décidé au niveau de l’OMS et qui nous dépasse. Il s’agit d’éliminer mondialement le virus et pour ce faire il faut vacciner tous les nourrissons. La durée de protection est très longue affirmera-t-elle.
 
1- La Grde Bretagne, la Hollande, les pays nordiques ont refusé la vaccination systématique des nourrissons. Ils ne se sont pas laissé imposer les recommandations  de l’OMS qui n’a d’ailleurs aucun pouvoir de décision sur les Etats.
 
2- La durée de protection, c’est bien là le problème : la fameuse mémoire immunitaire a tendance à s’évanouir avec le temps. Deux études (Hammit et Bialek) avaient montré que 15 ans après seulement 50% des vaccinés (nourrissons) réagissaient à un rappel alors que la mémoire immunitaire censée  palier la disparition des anticorps par une bouffée rapide de ceux-ci ne se manifeste pas et que cela ne fait que s’accentuer avec le temps.
 
Le plus vraisemblable est que quand certains de ces nourrissons seront contaminés à 25-30 ans ils ne seront plus protégés par leur vaccination et que cette vaccination systématique n’aura servi à rien dans un pays comme le nôtre.
 
 Mais les laboratoires ayant décidé unilatéralement de ne plus produire que l’hexavalent, les experts ne semblent avoir d’autres choix que de s’aligner sur les décisions prises par les vrais décideurs et doivent alors s’employer à les justifier ...Pourtant les anglais et autres ont fait un autre choix, alors ?
 
 
 
 

 

ANNEXE  sur l’éradication de la variole (mon article [7] )

Échec au cours de l'épidémie de Vannes 1954-1955

Le Dr Guy Grosse, responsable de la lutte contre l'épidémie et qui avait été vacciné plusieurs fois auparavant, sera ''revacciné par prudence'' le 3 janvier 1955. Il débutera la variole 10 jours plus tard pour décéder le 24 janvier de la forme la plus grave de la maladie, la variole hémorragique appelée autrefois variole noire.

Son confrère André Amphoux non revacciné ''à chaud'' fera une variole qualifiée ''des plus frustres et larvée''.

Cette épidémie est décrite en détail [2] par un acteur de la lutte contre celle-ci, François Gourselas, dans "Une épidémie de variole en Bretagne 1954-1955 "

 

Échecs en Allemagne

 

En Allemagne le Dr Gerhard Buchwald, qui y était très connu, suivra de près les 11 importations de variole qui s'y étaient produites après 1945. Dans son ouvrage ''Vaccinations : le marché de l'angoisse "  [3] il décrit les 94 cas qui sont apparus en donnant les dates de leurs vaccinations ainsi que celles de l'apparition de la variole. Il a noté en particulier 5 cas de variole hémorragique chez 5 femmes vaccinées ''à chaud'' alors qu'elles avaient toutes reçu les 2 vaccinations obligatoires de routine auparavant.

 

1- Mme H. Eichholz : épidémie déclarée le 31/03/1961; décès le 10/04/61 10 jours après le rappel.

2- L’infirmière Elisabeth Sickmann (57 ans) avait reçu 2 rappels les 1/01/1962 et 6/01/1962, le premier n’ayant pas provoqué de réaction. Décès 14 jours après.

3-L’infirmière Martha Lehmann (48 ans) vaccinée avec succès le 1/01/1962, décès 47 jours après.

4-Anneliese Schnitzler (17 ans) vaccinée le 6/02/1962, décès 14 jours après.

5- L’infirmière Barbara Berndt 17 ans vaccinée le 17/01/1970, décès le 29/01/1970.

Confronté à ces observations et beaucoup d'autres, G. Buchwald posera d'abord une question :

Que se passe-t-il quand les virus de la variole et de la vaccine se rencontrent ? S'agit-il seulement d'une course d'anticorps comme on nous le dit aujourd'hui. Faut-il penser que le virus de la variole attendrait patiemment que le virus de la vaccine fasse produire les anticorps qui viendront le bloquer ?

Un siècle auparavant le Dr Bernard (de Cannes), intervenait ainsi [4] dans un congrès à Turin :



1880 Docteur Bernard (Cannes)  :  On a vu souvent et j'ai observé moi-même des sujets vaccinés pendant la période d'incubation de la variole avoir en même temps une variole et une vaccine parfaitement distinctes »

Notes recueillies en 1879 présentées au Congrès international d'hygiène, à Turin en 1880



100 ans plus tard G.Buchwald décrit ainsi la variole hémorragique chez des vaccinés ''à chaud'' :



1980 Docteur Buchwald (Allemagne)

« pas de pustules varioliques ; de petites taches bleu-rouge. Le corps doit lutter contre 2 maladies, la variole et les virus inoculés »



Notons que le virus de la vaccine a conservé la capacité de se répliquer et c'est sans doute ce qui le rend particulièrement dangereux.



Hypothèse de Gerhard Buchwald : Même avec des vaccinations antérieures la vaccination des vrais contacts pourrait aggraver ou déclencher la variole

Et si c'était là la raison des désastres reconnus par Donald Henderson, l'un des piliers de cette éradication ?

 

Donald Henderson (1999)  :  « L'éradication n'a été obtenue que de justesse.   Dans de nombreuses régions du monde, ses progrès ont oscillé entre succès et désastres  la décision n'étant souvent emportée que par les efforts, dignes de Don Quichotte, des équipes sur le terrain. »

«  Eradication : Lessons From the Past », MMWR, vol. 48, supplément, 31 décembre 1999 [5]

Quant aux efforts des équipes sur le terrain ils consistaient aussi en ceci :

« La méthode standard d'endiguement demandait de connaître les contacts et prenait beaucoup de temps. Nous avons voulu restructurer l'endiguement pour qu'il ne dépende pas d'un interrogateur bien motivé et talentueux. Pour ces raisons nous avons abandonné l'approche par contact spécifique au profit d'une intense vaccination locale en anneau. Traduit dans le contexte du Bangladesh l'anneau était le village. »

Cette mesure donnera lieu à des pratiques ''quasi militaires'' où les vaccinateurs n'hésiteront pas à enfoncer les portes quand elles étaient fermées, à vider les femmes et les enfants de leur lit ou des latrines et à les vacciner de force selon ce que rapporte cet historien. Le texte est tellement fort et incroyable que je préfère le laisser en anglais plus loin ...

Cela a été rapporté par un historien Paul Greenough , historien de l'Inde moderne qui s'est penché sur la campagne d'éradication de la variole en Inde dans un document intitulé [6]:

 

« Intimidation, coercition et résistance dans l'étape finale de la campagne d'éradication de la variole  en Asie du Sud - 1973-1975 »

Page 635 colonne 2 :

Il distingue 2 phases dans la pratique de la vaccination des contacts :

1- Au début on ne vaccinait pas les contacts quand ceux-ci apportaient la preuve d'une vaccination un peu ancienne pratiquée avec succès et sans doute aussi s'ils avaient déjà fait la variole.

2- En 1973 ce critère restrictif sera supprimé afin de gagner du temps en évitant d'avoir à discuter avec les habitants dont les étrangers qui participaient aux campagnes ne connaissaient pas la langue : tous les habitants du village seront alors systématiquement vaccinés.

Grenough page 635, colonne 2 - 636 colonne 1  :

Opération vaccinale ou militaire ?

« The actual application of containment so defined, however, often produced chaos in the affected villages.

The initial stage in the evolution of a coherent containment policy was marked by an almost military style attack on infected villages . . . . In the hit-and-run excitement of such a campaign, women and children were often pulled out from under beds, from behind doors, from within latrines, etc.

Almost invariably a chase or forcible vaccination ensued in such circumstances ... We considered the villagers to have an understandable though irrational fear of vaccination ... We just couldn't let people get smallpox and die needlessly. We went from door to door and vaccinated.

When they ran, we chased. When they locked their doors, we broke down their doors and vaccinated them. »

{Quand ils couraient, nous les pourchassions. Quand ils barricadaient leurs portes, nous fracassions leurs portes et les vaccinions.} 

Évidemment de telles méthodes engendrèrent des résistances et des protestations !!! Quand on réalise que ce furent justement ces vaccinations forcenées qui, loin de protéger la population de la variole, exacerbèrent les épidémies on pourrait être pris de vertige ...

 

[1] Les enseignements de l'éradication par Henderson

http://whqlibdoc.who.int/smallpox/WHO_SE_75.76_fre.pdf

[2] http://www.biusante.parisdescartes.fr/sfhm/hsm/HSMx2004x038x001/HSMx2004x038x001x0099.pdf

[3]  Vaccinations le marché de l'angoisse - Dr Gerhard Buchwald - traduction française Alain Bernard

Edité par  l'association ALIS - Disponibilité :  http://www.alis-france.com/librairie_2.php

[4]  http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k54497483/f33.image

[5] www.cdc.gov/mmwr/preview/mmwrhtml/su48a6.htm

[6]  L'article de Paul Greenough sur les campagnes coercitives de vaccination :

http://archives.evergreen.edu/webpages/curricular/2007-2008/globalhealth/files/globalhealth/Greenough%20Intimidation%20in%20South%20Asian%20Smallpox.pdf

[7]  Voir aussi mon article  http://questionvaccins.canalblog.com/archives/2012/02/03/23430717.html