Je me suis décidé à publier ici la conférence que j'avais faite aux Chantiers du futur à Saintes le 8 juillet 2004 dans le magnifique lieu de l'Abbaye aux Dames.

 

 

 

Un vaccin polio expérimental à l’origine du sida ?

 

 

 

Analyse d’une polémique

 

 

 

Mon intention n’est pas de discourir sur les origines du sida...mais de faire le point sur la polémique qui a récemment rebondi après un documentaire diffusé à l’occasion du sidaction le 23 avril 2004 sur France 2 [1].

Je viens de retrouver une vidéo de l'émission :

[1] http://www.dailymotion.com/video/xeajm_les-origines-du-sida_news

Mais est-il raisonnable de penser que les scientifiques aient attendu les journalistes pour s’interroger sur l’origine du sida, émettre des hypothèses, voire parvenir à des conclusions ?

 

 

 

1- Début des années 90 on ne parle que du sida. Deux années consécutives, 24 heures d’émission continue sur le sujet. Invité permanent, le célèbre professeur Luc Montagnier qui démentira catégoriquement l’hypothèse en vogue à l’époque : un virus élaboré en laboratoire et introduit volontairement ou expérimentalement en Afrique.

 

 

 

« Mais vous, Professeur, vous connaissez l’origine du sida » avance le présentateur. « Oui » sera sa seule réponse.

 

Un oui ferme ne laissant place ni au doute ni à l’hypothèse. Donc, il y a 15 ans, certains grands spécialistes du sida connaissaient - ou au moins pensaient connaître - l’origine du sida, origine que nous, le public, n’avions pas le droit de connaître...

 

 

 

1-1992 : Un journaliste Tom Curtis publie un article sur le sujet dans la revue Rolling Stone : L'affaire du SV 40, un virus du macaque inoculé à des millions de personnes par les vaccins de Salk et de Sabin, avait suggéré qu'il pourrait en être de même pour le virus du sida dont l'origine simiesque ne faisait déjà plus aucun doute.

 

L'affaire tourna court et la revue Rolling Stone s'excusa publiquement d'avoir publié un tel article. Il est vrai que Curtis avait commis des erreurs techniques et qu'il s'était attaqué à un monstre sacré, Hilary Koprowski mondialement connu pour ses travaux sur le cancer et le sida.

 

 

 

2- Pendant ce temps, un autre journaliste, Edward Hooper, poursuivait ses investigations commencées dès 1983 au Congo, en Belgique et aux USA, rassemblant des milliers de documents et des centaines d'heures d'interview pour publier en 1999 un ouvrage de 1200 pages, "The River".

 

 

 

3- Fin 2002 : c’est "La guerre contre les virus", un ouvrage de Jean-François Saluzzo (chez Plon), scientifique de renommée mondiale : 14 ans à l'Institut Pasteur et dans les 2 plus grands centres américains de lutte contre les virus, le CDC d'Atlanta et l'USAMRIID, le laboratoire de l'armée américaine (le fameux Fort Detrick). En 1977, à l'Institut Pasteur de Bangui, il met en place un programme de recherches sur le virus Ebola et les fièvres hémorragiques et il sera à l'origine, en 1985, d'un laboratoire de haute sécurité à l'Institut Pasteur de Paris. Il est maintenant expert de l’OMS et est chargé de développer un vaccin contre le SRAS. Il vient de publier en mars 2004 un autre ouvrage « des hommes et des germes ».

 

 

 

L'affaire selon Saluzzo

 

 

 

« L'analyse phylogénique du virus VIH-1 révèle qu'il dérive probablement d'un virus simien retrouvé chez le chimpanzé et qui serait passé à l'homme. Comment ce passage s'est-il réalisé et où? Sur ce dernier point, les scientifiques sont tous d'accord : l'épicentre de la pandémie de sida se trouve en Afrique Centrale. »

 

Deux possibilités s'opposent pour expliquer la transmission du singe à l'homme :

 

« Une transmission naturelle lors de la chasse, en dépeçant l'animal capturé ou une transmission par un vaccin préparé sur des cellules de singes, et en particulier le virus polio oral préparé par Koprowski et largement testé au Congo. Les tissus de singe, le lieu, l'époque (1960), apportent des éléments crédibles. »

 

 

 

A propos de l'enquête menée par Hooper, Saluzzo reconnaît qu'il s'agit d'un ouvrage remarquablement bien documenté qui "suggère que Koprowski avait utilisé des cellules de rein de

 

singe chimpanzé pour produire le vaccin testé en Afrique (la souche CHAT)."

 

 

 

Pour Saluzzo, l'espèce de singe est un élément essentiel car il est probable, dit-il, que le virus VIH-1 dérive du virus de l'immunodéficience du chimpanzé. Selon lui, il n'existe aucune preuve de l'emploi de cellules de chimpanzé :

 

 

 

"Des échantillons de vaccin, écrit-il, ont récemment été analysés à l'Institut Pasteur et trouvés négatifs pour ce qui est de l'éventuelle présence d'un virus SIV ou VIH. Ces éléments permettent de conclure le débat."

 

 

 

Voilà qui paraît clair, mais il y a au moins une chose que Jean-François Saluzzo ne dit pas :

 

 

 

Que signifiait le sigle CHAT?

 

 

 

La revue La Recherche a publié plusieurs articles sur cette affaire. Le premier en juillet 2000, par Jean Donadieu, immunologiste à l'hôpital Trousseau à Paris qui analyse l'ouvrage de Hooper :

 

 

 

"la souche CHAT, dont tout laisse à penser que son sigle signifie Chimpanzee Attenuated, a été produite en grande quantité. En confrontant la localisation de ces campagnes vaccinales et celles des premiers cas d'infection VIH en Afrique Centrale, Hooper retrouve une concordance très forte : les localisations se superposent.

 

 

 

Ce scénario, qui restera une hypothèse puisqu'un certain nombre d'éléments susceptibles de l'infirmer ou de le confirmer n'existent plus, est à ce jour le seul permettant d'expliquer l'ensemble des données disponibles aujourd'hui.

 

Ce livre, fruit d'un travail colossal d'entretiens, d'enquêtes, est indispensable à la compréhension du sida."

 

 

 

Six mois plus tard, nouvel article (janvier 2001) par Denise Nadiche journaliste scientifique et avec

 

la collaboration d'un ancien collaborateur de Hilary Koprowski devenu conseiller scientifique d'Aventis Pasteur, Stanley Plotkin. L'analyse de l'ADN par la technique de la PCR (polymérisation en chaîne), a révélé

 

 

 

"que l'ADN des préparations vaccinales provenaient bel et bien de macaques et non de chimpanzés; aucune trace d'ADN de VIH ou de VIS n'a été détectée."

 

 

 

Plotkin fait de plus observer que s'il y eut 250 000 vaccinés au Congo par la souche CHAT, (on dit 1 million pour l’Afrique centrale) il y en eut 7 millions en Pologne sans observer de cas de sida. Objection qui paraît effectivement de taille. Mais il oublie de préciser trois points:

 

 

 

1- D'abord, ni lui ni Koprowski n'ont donné la signification du sigle CHAT que Hooper pense pouvoir interpréter par CHimpanzee ATtenuated. Il paraît étonnant que les protagonistes encore vivants de cette affaire, dont Koprowski, n'aient pas répondu à cette question.

 

 

 

Que penser alors de l’affirmation de la revue : 

 

«  Plotkin, en reprenant point par point les arguments de Hooper, ôte tout caractère de plausibilité à

 

sa théorie ».

 

 

 

2 - On a de plus la preuve que Koprowski avait déjà travaillé sur des chimpanzés, et c'est Saluzzo lui-même qui l'atteste ( p. 96) :

 

 

 

"Il atténue le virus polio type 2 par passage sur cerveau de souris puis sur cerveau de rat. Il montre que le candidat est atténué chez le chimpanzé. En outre, il démontre que le virus est également atténué lorsqu'il est inoculé directement dans le cerveau du singe."

 

 

 

C'était en 1951.

 

 

 

Cela prouve que Koprowski qui travaillait aux Etats Unis, à l’Institut Wistar de Philadelphie, avait une filière pour se procurer des chimpanzés.

 

 

 

Mais Sabin va écraser la course en annonçant qu'il a réussi à cultiver les trois types de virus polio sur rein de singe. C'est la bonne solution qui va donner un avantage décisif à Sabin et au laboratoire qui le soutient.

 

 

 

Koprowski est donc en retard sur son concurrent. Il a des chimpanzés à disposition et cultive déjà le virus sur le cerveau de ces singes. Il paraît donc tout à fait vraisemblable qu'il ait décidé de poursuivre avec la même espèce pour créer la souche CHAT dont on sait qu'elle fut cultivée sur rein de singe. Cela lui permettait de gagner du temps et de tenter sa chance avec une espèce qui pouvait s'avérer plus favorable que celles utilisées par Sabin.

 

 

 

La revue La Recherche confirme dans son article de janvier 2001 qu'il y a bien eu, à l'époque, cinq ou six envois de reins de chimpanzés depuis le Congo jusqu’aux Etats-Unis. Or, les reins étaient utilisés pour cultiver un virus et non pour tester un vaccin, ce qui devait se faire sur un singe vivant.

 

 

 

On peut par ailleurs penser que si Koprowski avait choisi des cerveaux d'animaux pour cultiver les virus polio, c'était sans doute parce que Max Theiler venait d'obtenir le prix Nobel de médecine pour la découverte d'un vaccin contre la fièvre jaune qui était cultivé sur cerveau de rat.

 

 

 

3 - Plotkin ne dit pas ce que révèle J F Saluzzo, à savoir que les campagnes au Congo et en Pologne ne furent pas simultanées: après les 250000 vaccinations menées au Congo en 1957, Sabin et Koprowski se retrouvèrent à Washington pour présenter leurs résultats au premier congrès international sur le vaccin polio.

 

 

 

Koprowski dût y subir les attaques très sévères de Sabin et d'un spécialiste de l'Institut de la santé

 

sur la qualité de ses souches. Si on ne change pas une équipe qui gagne, on change une équipe qui perd! Aussi, il paraît invraisemblable qu'il ait alors engagé en Pologne (1958–1960) la vaccination expérimentale de 7 millions de personnes sans rien changer à ses souches car alors, il partait perdant.

 

 

 

Sabin utilisait des macaques d'Asie. Pour tenter de le rattraper, Koprowski a pu alors s'aligner sur lui.

 

Il aurait pu ou dû changer le nom de sa souche, mais il s'agissait d'un nom officieux dont il n'a jamais donné la signification. De plus, il aurait ainsi signifié qu'il reconnaissait les critiques qu'il avait refusé au Congrès. Il paraît alors très logique (ou plutôt psycho-logique ) qu'il ait conservé le sigle CHAT.

 

 

 

Après les premiers essais au Congo, Koprowski a profité de ses origines polonaises pour faire tester son vaccin en Pologne. On peut alors se demander si la même espèce de singe fut utilisée au Congo et en Pologne. La première conclusion est que la souche utilisée en Europe, tout en portant le même nom que celle utilisée en Afrique Centrale, pouvait être différente. C'était matériellement possible et plusieurs éléments penchent très fortement en ce sens.

 

 

 

Après la publication de l’ouvrage de Hooper, la polémique sur l’origine du sida prendra une importance telle que les 10 et 11 septembre 2000 un symposium sera organisé à la Royal Society à Londres sur cette affaire. Hooper était invité et Koprowski y fera un exposé :

 

 

 

« Je m’adresse au public, pas à Hooper  »

 

 

 

dira-t-il. Le ton était donné.... C’est seulement au soir du 11 septembre, au moment de la conférence

 

de presse qu’un chercheur d’Aventis Pasteur révélera l’existence de la PCR établissant la culture sur macaque, ce qui permettra à Stanley Plotkin, un proche collaborateur de Koprowski, de conclure le symposium ainsi :

 

 

 

« Tout ce qu’il y a de fumeux, ce sont les théories de monsieur Hooper »

 

 

 

La communauté scientifique concernée par cette question s’emparera aussitôt de cette conclusion définitive en proclamant haut et fort :

 

 

 

"Rejet de l'hypothèse d'une association entre le vaccin antipoliomyélitique

 

et l'origine du VIH"

 

[Relevé épidémiologique hebdomadaire du 8/12/2000 de l’OMS].

 

 

 

Ouf !!! Ainsi l’affaire sera classée sans suite...

 

 

 

Pourtant, cette PCR ne prouvait, en toute rigueur scientifique, que pour le contenu du petit tube testé et non pour l’ensemble de toute la production. D’ailleurs Koprowski a affirmé qu’il utilisait deux espèces de singes, des macaques de l’Inde et une autre espèce dont il a oublié le nom et qui venait des Philippines

 

L’analyse par PCR ne donne pas cette seconde espèce, alors pourquoi pas une troisième ? Pour pouvoir conclure sérieusement comme a prétendu le faire la communauté scientifique, il faudrait apporter la preuve que la fabrication du vaccin fut constante au cours du temps et uniforme sur les différents sites d’essais ou alors que les différents échantillons retrouvés représentent toutes les variantes de la production qui était expérimentale. D’ailleurs, comme on va le voir, il existe des éléments très forts indiquant que le vaccin utilisé au Congo avait été produit sur place dans un laboratoire qui fut fermé quelques années après, au moment de l’indépendance du Congo. Dans ces conditions, il est très peu probable que l’on puisse retrouver un jour un échantillon de cette production. Seuls, des éléments d’enquêtes pourraient traiter un tel problème.

 

 

 

Les scientifiques concernés par cette affaire s’autorisent à dénigrer les arguments présentés par Hooper car ils ne sont pas de nature scientifique. Ce dernier point est exact. Si Koprowski reconnaissait que le vaccin utilisé au Congo était bien sur chimpanzé personne ne contesterait plus ce fait. Pourtant, la preuve résulterait d’une enquête et ne serait pas de nature scientifique. Des éléments essentiels de cette affaire ne peuvent être confirmés ou infirmés que par des enquêtes. Les scientifiques de haut niveau s’occupant de cette question sont certainement parfaitement capables de le comprendre, alors pourquoi s’entêtent-ils ainsi dans une attitude totalement dépourvue de la rigueur dont ils se réclament en affirmant partout que la preuve scientifique que ce vaccin ne fut pas cultivé sur chimpanzé a été apportée ?

 

 

 

Hooper isolé, Hooper terrassé ?

 

Non ! Hooper relancé !

 

 

 

Toutes ces attitudes et gesticulations de scientifiques brandissant la rigueur scientifique à tout va tout en étant incapables de répondre à une question simple comme « que signifiait le sigle CHAT ?», ou en attribuant à la fameuse analyse d’ADN des conclusions qu’elle ne pouvait pas donner, tous ces scientifiques donc, réunis devant la presse mondiale pour en finir avec Hooper et son hypothèse, vont produire l’effet inverse: De toute évidence, pour agir ainsi « c’est qu’ils  ont quelque chose à cacher ! ». De plus, était-il si habile de s’en prendre à la méthode de travail des journalistes, l’enquête, en prenant à témoin d’autres journalistes ?

 

 

 

Pour Hooper , l’objectif ne sera plus de démontrer que le sida viendrait du vaccin utilisé au Congo mais d’établir seulement qu’il avait bien été préparé sur chimpanzé. Cinq télévisions, française, belge, canadienne, espagnole et suisse romande vont soutenir Hooper et des équipes de journalistes qui vont mener pendant plusieurs années une remarquable enquête  diffusée le 23 avril 2004 sur France 2 à l'occasion du sidaction. Elle va relancer la polémique grâce en particulier aux éléments suivants :

 

 

 

1 - Un film tourné à l'époque pour les actualités cinématographiques montrait l'animalerie de chimpanzés du Camp Lindi près de la rivière du même nom. La zone était protégée par des pancartes mentionnant :

 

 

 

"Fondation Courtois Koprowski - Polio - Expérimentation - Entrée interdite".

 

 

 

Courtois était un belge directeur du centre. Les journalistes ont retrouvé Bayello qui travaillait à la chimpanzerie et s'occupait de nourrir les animaux. Selon lui, 600 chimpanzés séjournèrent dans le centre, pendant 3 ans, de 1957 à 1959. A quoi était destinés tous ces singes ? Le film montre un singe vivant, debout dans sa cage. On lui enlève le foie, il grimace et soudain s’écroule...

 

 

 

2 - On a pu voir aussi les immenses bâtiments à l'abandon du laboratoire de Stanleyville (aujourd'hui Kisangani). Un document atteste que la fabrication de vaccins faisait partie de ses attributions.

 

 

 

3 - On peut voir Hilary Koprowski, âgé certes, mais en possession de tous ses moyens intellectuels.

 

À la question :

 

 

 

« Avez-vous utilisé des chimpanzés ? »

 

il répondra avec une totale assurance

 

«  Jamais de la vie ! ».

 

 

 

Deux Questions Fondamentales

 

 

 

Question 1 : que voulait dire le sigle CHAT ? Koprowski, le grand organisateur de cette affaire est toujours vivant et en connaît certainement la signification. Pourquoi ignore-t-il délibérément la question ?

 

 

 

Question 2 : le vaccin était-il produit sur place « en quantité » , même s’il était élaboré, dans sa conception, à l’Institut Wistar de Philadelphie? C’est une question très importante qui a été posée par Hooper car une réponse positive rendrait totalement invraisemblable l’utilisation de singes d’Asie pour la fabrication du vaccin utilisé au Congo : il aurait en effet fallu faire venir ces singes de l’Inde jusqu’au Congo alors qu’on entretenait une chimpanzerie à proximité avec des équipes de chasseurs!

 

 

 

Paul Osterrieth, le relais de Koprowski au laboratoire de Stanleyville, a soutenu au symposium

 

de Londres, que ce laboratoire n’était pas équipé pour produire le vaccin et affirmera :

 

 

 

«  Je n’aurais jamais risqué ma réputation et la vie d’êtres humains en faisant des choses aussi hasardeuses ».

 

 

 

 

 

Pourtant, il existe des éléments très forts en faveur d’une réponse positive à cette question :

 

D’abord, que faisait là-bas un biologiste de la qualité de Paul Osterrieth qui savait pratiquer les cultures cellulaires, ce qui était rare à l’époque. Il y avait d’ailleurs sur place toute une équipe de biologistes dont Mme Liégeois, Gaston Ninane et Pierre Doupagne qui affirma avoir appris les cultures cellulaires au Congo. Juste pour réceptionner des colis de vaccin congelé et les installer dans des congélateurs après les avoir testés?

 

 

 

Par ailleurs, il n’aurait pas été très rationnel d’envoyer aux USA des centaines de singes vivants pour ensuite expédier vers le Congo dans des avions à hélices, donc volant lentement, de gros envois de vaccin devant rester impérativement congelés à -20° avec les moyens de conservation de l’époque. D’ailleurs la revue La Recherche indique à ce sujet qu’une

 

« trop lourde logistique a empêché la généralisation d’envois de reins de singe du Congo aux USA  »[n°338, janvier 2001] .

 

Raison de plus pour penser que la production se faisait sur place....Il en alla ainsi pour le vaccin Sabin testé sur 40 millions de personnes en URSS : il était produit en quantité sur place et des macaques étaient expédiés en grand nombre pour assurer une production locale.

 

 

 

Il y a de plus les témoignages des assistants africains :

 

- Jacques Kanyama, l'assistant de Paul Osterrieth, témoigna que ce dernier préparait lui-même le vaccin, disant à son assistant : "nettoie et stérilise les tubes pour qu'on mette le vaccin" alors que Philippe Elebe, l'assistant de Pierre Doupagne, mettait des étiquettes mentionnant « vaccin polio ».

 

 

 

- et surtout celui, décisif, de Joseph Limbaya l’infirmier. Il affirma prélever le sang des chimpanzés en le mettant dans un bocal « comme ceci » et aussi le foie et les reins pour les donner à celui qui fabriquait le vaccin, Paul Osterrieth. Une photo de ces scènes montrait Joseph à l'oeuvre. Il affirma tuer 2 ou 3 chimpanzés par jour, "si le docteur le demandait".

 

 

 

 

 

Il y eut enfin les témoignages des biologistes belges :

 

 

 

Pierre Doupagne qui témoigna clairement qu'il préparait des cultures à base de chimpanzé et qu'il les remettait à Paul Osterrieth au laboratoire de Stanleyville.

 

 

 

Combien de fois l'avait-il fait?

 

 

 

« Souvent...souvent...répondra-t-il. »

 

 

 

On entendra la voix de Gaston Ninane, aujourd'hui décédé et qui, en 1992, déclara à Hooper que le virus était bien cultivé sur cellules de reins de Chimpanzé et - les cellules de chimpanzé se multipliant facilement - que c'était un très bon substrat pour la culture du virus de la polio.

 

 

 

Des témoignages contestés :

 

 

 

La valeur de ces témoignages fut mise en cause au cours d’une émission (''Arrêt sur image'') qui eut lieu quelques jours après sur France Cinq. Je n’ai pas vu cette émission, mais Simon Wain-Hobson, l’un des deux co-organisateurs du symposium de Londres, se livra aussi à une contestation dans le Concours Médical du 9 juin 2004. Il travaille à l’Institut Pasteur de Paris et fut un acteur éminent de l’équipe de Luc Montagnier qui découvrit le virus du sida :

 

 

 

« que penser des témoignages recueillis par ce journaliste ? La plupart des témoins oculaires qu’il a pu rencontrer sont aujourd’hui âgés, et, dans le script que j’ai pu lire, ils se contredisent eux-mêmes, ne se souviennent pas bien. Que penser de la rétention de leurs propres contradictions dans le document diffusé ? »

 

 

 

Ce fut effectivement, selon ce qui m’a été rapporté, l’une des critiques formulées contre ce documentaire : les personnes interviewées se seraient contredites et leurs contradictions auraient été censurées au montage. Mais que penser d’une telle appréciation quand on sait que l’infirmier Joseph Limbaya par exemple dit avoir égorgé 2 à 3 chimpanzés certains jours, plusieurs centaines en tout, et que quand on a vécu cela, même 40 ans après, on est autre chose il me semble, qu’un simple témoin oculaire... Un chimpanzé, ce n’est pas un être humain mais presque. D’ailleurs pour Koprowski et Osterrieth, la même durée s’est écoulée depuis ces événements et ils sont nettement plus âgés. Leurs témoignages ne sont pas remis en cause, et pourtant :

 

 

 

Hooper fait remarquer qu’Osterrieth se contredit lui-même en affirmant au symposium de Londres, qu’il avait bien réalisé 6 envois de reins de singes chimpanzé pour l’Institut Wistar de Philadelphie alors qu’il avait signé le 28 février 2000 un document dactylographié complété par une note manuscrite affirmant le contraire.

 

Quant à Koprowski, s’il ne sait plus ce que voulait dire le sigle CHAT dont il est très certainement l’instigateur, alors c’est qu’il est très marqué par les effets de l’âge qui pourtant ne l’ont pas empêché de tenir sa place au symposium de Londres et d’y faire un long exposé...

 

 

 

 

 

Chimpanzé et Macaque 

 

La souche CHAT sur macaque a très certainement existé : celle utilisée en Pologne pour 7 millions de vaccinations. C’est d’ailleurs très vraisemblable car, le vaccin étant très certainement produit sur place en quantité, il aurait fallu expédier des milliers de chimpanzés vivants du Congo en Pologne. Cela aurait laissé des traces et des souvenirs chez les acteurs d’une telle affaire. Par contre, des macaques, beaucoup plus petits, étaient envoyés en Hongrie et en URSS pour préparer le vaccin Sabin, alors, pourquoi pas en Pologne pour le vaccin de Koprowski?

 

De plus, l’échantillon a été retrouvé dans un congélateur d’un laboratoire de Stockholm qui n’est pas vraiment sur la route du Congo depuis Philadelphie.

 

 

 

Chimpanzés captifs ou en liberté

 

On a découvert une très grosse différence entre les virus VIS des chimpanzés sauvages et en captivité : si l'analyse de la séquence de toutes les souches virales de chimpanzés captifs a apporté des éléments convaincants selon lesquels le VIH-1 proviendrait du chimpanzé, des données récentes sur les chimpanzés dans leur habitat naturel apportèrent une double surprise :

 

- d'une part très peu d'animaux sont contaminés par le VIS, 2% contre 80% pour les autres espèces de singes ;

 

- d'autre part, le virus infectant les chimpanzés sauvages est très différent du virus humain et aussi du VIS infectant les chimpanzés captifs et qui, par contre, est très proche du virus humain.

 

 

 

Ces faits suggèrent très fortement que ce serait des chimpanzés captifs qui auraient contaminé les humains, ce qui enlève beaucoup de crédibilité à l’hypothèse du chasseur qui est pourtant aujourd’hui l’hypothèse retenue par les scientifiques pour expliquer le passage à l’homme.

 

 

 

 

 

Les Alliés scientifiques de Hooper

 

Ces recherches furent menées sur le terrain par un biologiste de renom, Bill Hamilton, considéré comme le plus grand biologiste de l’évolution depuis Darwin. La capture des chimpanzés étant devenue interdite, il avait mis au point un procédé permettant de dépister le VIS dans les excréments des animaux. Pour lui, l’hypothèse de Hooper, à qui il avait demandé de l’accompagner, avait 95% de chances d’être exacte. Il paiera ces recherches de sa vie car il mourra de la malaria en mars 2000 et, selon les organisateurs, c’est en son honneur que le symposium de Londres dont il avait demandé la tenue sera organisé.

 

 

 

Auparavant, Hamilton avait déclaré à CNN :

 

 

 

« … que l’idée que ce grand triomphe sur la polio ait pu s’accompagner d’un désastre aussi énorme que celui du sida avait de quoi vous faire vaciller de votre piédestal. Que l’hégémonie de l’industrie pharmaceutique était la plus grande entrave à l’indépendance de la recherche médicale et qu’il était du devoir des scientifiques de faire connaître les dangers éventuels de leurs recherches et découvertes pouvant affecter notre société et qu’à propos du sida ils devaient admettre que cela avait pu se produire, pire, que cela s’était effectivement produit. » 

 

 

 

« Voulez-vous dire, lui demande CNN, que le monde scientifique refuse d’endosser la responsabilité morale à défaut d’une responsabilité légale pour ce qui s’est passé pour le virus du sida ? »

 

 

 

« Je pense que c’est le cas. A chaque fois que je rencontre des représentants du monde médical, ils ne veulent pas entendre parler de cette théorie. Il s’agit d’une réaction quasi paranoïaque. C’est l’hypothèse la plus haïe du monde médical. Ils ne veulent tout simplement pas en entendre parler . Ce n’est pas seulement l’origine du sida mais c’est le comportement du monde scientifique qui est en cause ; c’est l’aspect le plus inquiétant de l’affaire. Il y a une grande résistance à publier quoi que ce soit sur la question, à vérifier les pièces disponibles qui pourraient être facilement testées.»

 

 

 

Pour le pathologiste Cecil Fox, maintenant à la retraite, mais qui fut directeur de l’Institut National américain des maladies infectieuses de 1982 à 1992, c'est aussi l'hypothèse la plus haïe du monde médicale et à propos du symposium de Londres il dira :

 

 

 

« La communauté scientifique a su s’unir et procéder à un lynchage publique. Ils ont proclamé qu’ils avaient mis à mort la théorie selon laquelle le sida aurait ce vaccin pour origine ; il y a toujours des trous béants dans leur argumentation. Je ne crois pas qu’ils aient fait là du meilleur travail qu’auparavant. »

 

 

 

Dès 1985, en tant que fonctionnaire de l’Etat américain, il demandera d’avoir accès à des échantillons de vaccins pour les analyser. On lui répondra qu’il n’y en avait pas, ou plutôt qu’il y en avait eu mais que quelque chose s’était produit qui faisait que maintenant il n’y en avait plus. D’autres lui dirent que des analyses avaient bien été faites et que la thèse avait été infirmée.

 

 

 

"Je devais les croire sur parole" répondra-t-il ...

 

 

 

Il affirma qu'on aurait dû arrêter d'utiliser des reins de singes dès 1960, mais que c'est l'industrie pharmaceutique qui a décidé, alors qu’on pourrait utiliser un vaccin de synthèse, mais que cela coûterait très cher de changer la production . Aussi, on produit "de la purée de singe et on vaccine les enfants avec" selon ses propres termes.

 

 

 

 

 

Les objections à la thèse du vaccin

 

 

 

Même en admettant, ce qui est plus que probable pour ne pas dire certain, que le vaccin utilisé au Congo était bien cultivé sur rein de chimpanzé et non de macaque, on ne peut pour autant en déduire que ce vaccin serait à l’origine du sida. Il existe ainsi un certain nombre d’arguments qui ont été avancés pour démontrer que même en pareil cas – impliquant un énorme mensonge de la part de Koprowxki et collaborateurs - ce vaccin ne pouvait être à l’origine du sida.

 

 

 

1- Le vaccin oral : il est avancé que ce n’était pas une bonne voie pour assurer la transmission du virus VIS du chimpanzé à l’homme. Cela peut convaincre même s’il est quasi certain que des vaccinés aient pu avoir des blessures à la langue ou à la bouche au moment de la vaccination. Pourtant, les plus rudes adversaires de Hooper soutiennent eux-mêmes la thèse de la contamination orale pour l’origine du sida , comme Wain-Hobson dans le Concours médical du 9 juin 2004 :

 

 

 

« L’hypothèse la plus probable, pour l’origine du sida, est celle d’une contamination par voie alimentaire (17% des prélèvements de viande de singe vendus sur les marchés camerounais sont positifs pour un virus simien)».

 

 

 

2- La congélation : Pour Plotkin, le plus zélé collaborateur de Koprowski,

 

 

 

« les scientifiques s’accordent pour dire que la congélation aurait détruit un virus aussi fragile que le VIS ou le VIH » [La Recherche janvier 2001].

 

 

 

C’est possible, mais justement c’est par des prélèvements congelés effectués en 1971 sur un marin norvégien puis sur sa femme et sa fille et qui seront testés beaucoup plus tard, que le virus VIH-1 a été retrouvé...

 

 

 

3- Le rein ne serait pas un organe favorable : toujours selon Plotkin, car contenant très peu des cellules nécessaires à la propagation du virus. C’est possible, mais le vaccin n’était pas uniquement constitué de virus saupoudrés « à sec » sur des reins émincés. Il faut une « sauce », c’est à dire un milieu nutritif servant aussi de liant, comme en cuisine, et cela Stanley Plotkin le sait parfaitement. Pour les vaccins on utilise souvent du sérum de veau, ce qui a donné lieu à la manifestation de nombreuses inquiétudes au moment de l’affaire de la vache folle. Mais ici il s’agissait très vraisemblablement du sérum du singe. D’ailleurs l’infirmier africain Joseph a effectivement témoigné qu’il prélevait le sang des chimpanzés.

 

 

 

De plus, le chercheur allemand Fritz Deinhardt était à l’époque au laboratoire de Stanleyville pour y faire des recherches sur le virus de l’hépatite, ce qui démontre que ce laboratoire était très bien équipé, contrairement aux affirmations de Paul Osterrieth. Un document fut présenté dans le documentaire télévisé. Il décrivait la culture du virus de l’hépatite sur rein de chimpanzé finement émincé dans un milieu de culture élaboré à partir du sang de la même espèce de singe. Cela est mentionné en toutes lettres. Il est donc plus que vraisemblable qu’il en allait de même avec la préparation du vaccin polio. Observons donc que la polémique a crée une focalisation exclusive sur les reins du singe, ce qui a pour effet d’occulter l’extrait de sang qui accompagnait obligatoirement la préparation du vaccin et que ce sang était un parfait véhicule pour le VIS. De cela, les défenseurs du vaccin de Koprowski ne parlent point…

 

 

 

4- Les premières contaminations seraient plus anciennes :

 

Au symposium de Londres, la date d’apparition du sida, 1959, fut remise en cause. Elle deviendra 1930 à la suite des calculs de l'équipe américaine de Bette Korber, publiés en 2000 :

 

 

 

"Selon les calculs, tous les virus M ( souches du VIH1) se sont individualisés vers 1930, à partir d'un ancêtre commun. La propagation du sida au sein de l'espèce humaine daterait de cette époque, son explosion ultérieure découlant de l'intensification des échanges internationaux, des transfusions sanguines et de l'usage de drogues injectables. Le passage du chimpanzé à l'homme remonterait au moins au 17ème siècle." [ La Recherche décembre 2003]

 

 

 

De toutes façon, une première transmission occasionnelle n'en empêcherait pas une autre par la suite. Ce n'est pas parce qu'on aurait trouvé des cas d'infection VIH dès 1935 qu'il existerait une filiation entre ces cas et l'épidémie actuelle.

 

 

 

Mais cette remise en cause est elle-même remise en cause aujourd’hui : Wain-Hobson, par exemple, écrit dans le Concours médical du 9 juin 2004

 

 

 

« Il y a un consensus pour dire que le virus du sida est probablement apparu chez l’homme vers le milieu du XXe siècle, même si certains scientifiques le font remonter à 1930. Mais personne ne peut vraiment avancer une date précise »

 

 

 

5- Pas les bons chimpanzés : Les chimpanzés du camp Lindi ne seraient pas la bonne espèce de chimpanzés, celle sur laquelle on a trouvé le VIS le plus proche du VIH-1, objection formulée au cours de l’émission sur la Cinq mais que Koprowski n’avait pas exprimé. A quoi bon d’ailleurs puisqu’il n’utilisait pas de chimpanzés ! Bill Hamilton a risqué sa vie au point d’en mourir pour aller étudier les chimpanzés sur place, là où ils étaient chassés pour approvisionner le camp Lindi ; la communauté scientifique concernée par cette affaire c’est mobilisée au plus haut niveau, organisant en particulier un symposium. Pourquoi tant d’activités si un argument aussi facile avait permis de trancher la question ? Et pourquoi vouloir que la transmission n’ait pu se faire qu’à partir du VIS le plus proche du VIH actuel alors que l’on sait que ces virus ont un important et constant pouvoir de mutation ? De plus et pour cette raison, les virus étudiés à l’heure actuelle peuvent différer sensiblement de ceux qui existaient en 1957. De tels arguments pourraient procéder du détournement d’attention, le principe fondamental utilisé par tous les magiciens. D’ailleurs, pour Plotkin :

 

 

 

« les chimpanzés dont il est question provenaient de l’est du Congo, alors que le virus SIV proche du VIH provient des régions de l’ouest (Burundi, Ouganda) » [La recherche janvier 2001].

 

 

 

Mais ces régions sont justement à l’EST du Congo  comme le fera remarquer un lecteur dans le numéro suivant et comme chacun pourra le vérifier sur une carte! ! ! 

 

 

 

 

 

En Conclusion

 

 

 

S’il n’y a aucun doute à avoir sur le fait que le vaccin CHAT utilisé en Europe ne fut pas cultivé sur chimpanzé mais sur macaque, il n’y a maintenant plus guère de doute à avoir sur le fait que le vaccin CHAT utilisé au Congo fut bien cultivé sur rein de chimpanzé, avec du sérum de ces mêmes singes comme milieu nutritif, et que la production en quantité pour assurer l’ensemble des vaccinations locales fut réalisée sur place au laboratoire de Stanleyville.

 

La question qui se pose alors est de comprendre pourquoi Koprowski et ses collaborateurs ont nié ces faits avec autant d’insistance malgré les évidences contraires, avec le risque d’entretenir ainsi le soupçon et la méfiance à leur encontre. Pourquoi avoir pris un tel risque si des arguments simples et crédibles permettaient d’infirmer la thèse de Hooper tout en reconnaissant la préparation du vaccin sur chimpanzé ?

 

Dès 1992, Koprowski avait choisi sa ligne de défense par rapport à l’article de Curtis. A l’époque, il lui fut aisé de se défendre en raison des erreurs techniques de Curtis mais en 1999, face à la monumentale et rigoureuse documentation de Hooper, c’était une autre affaire.

 

 

 

Au début de cette histoire il pouvait paraître plus simple, sur un plan tactique, de nier la culture sur chimpanzés, ce qui réglait aussitôt le problème de façon définitive, plutôt que de reconnaître ce fait puis de devoir batailler indéfiniment pied à pied pour tenter de démontrer que, malgré cela, ce vaccin ne pouvait être à l’origine du sida. Mais une fois ce choix fait, il devenait difficile pour Koprowski de faire marche arrière malgré l’accumulation des preuves contraires à ses affirmations initiales.

 

Mais Koprowski pouvait-il prévoir l’extraordinaire ténacité de Hooper ? Les organisateurs du symposium de Londres pouvaient-ils imaginer que, loin d’isoler Hooper et d’anéantir définitivement son travail d’enquête, ils allaient au contraire susciter la mobilisation des moyens de grandes télévisions ? Si c’était à refaire Koprowski et ses collaborateurs choisiraient-ils la même stratégie ?

 

Il ne s’agit pas ici de chercher à apporter une réponse à la question sur l’origine du sida mais de s’interroger sur l’étrange attitude des scientifiques des grands laboratoires, tous soudés derrière les invraisemblables affirmations de Koprowski. Cependant, imaginons un instant que la question posée par Hooper sur l’origine du sida reçoive une réponse positive et publique. Quelles en seraient les conséquences pour le prestige des programmes de vaccination ? Comment maintenir la possibilité de pratiquer des essais sur des êtres humains? Les conséquences seraient énormes, trop sans doute et chacun pourra les imaginer aisément. Et si ceci expliquait cela…D’ailleurs Koprowski n’a-t-il pas dit qu’il ne s’adressait pas à Hooper mais au public, le seul qu’il importe vraiment de convaincre…

 

 

 

 

 

Remarque : Bill Hamilton et Cecil Fox, les deux scientifiques américains qui ont eu le courage de soutenir Hooper n’étaient pas au service des grands laboratoires mais étaient des fonctionnaires de très haut niveau de l’Etat américain. La même observation peut être faite pour l’opposition au BCG en France après sa sortie en 1920 : les critiques les plus vigoureuses furent d’abord menées par Lignères, un vétérinaire membre de l’Académie de médecine, qui avait repris les expérimentations de Calmette et Guérin avec des conclusions bien différentes et confirmées par un autre vétérinaire Moussu. Sans parler de Marcel Ferru ou de J Basset tous les deux au service de l’Etat.

 

Mais pourrait-il encore exister des Basset, des Ferru et des Lignères aujourd'hui ?