Les médias ont largement annoncé et commenté le non lieu rendu par la Justice dans l'affaire de la vaccination hépatite B, non lieu immédiatement transformé en « la Justice confirme : le vaccin n'est pas en cause dans l'apparition de scléroses en plaques ». Comme si c'était le rôle de la Justice de rendre des avis scientifiques ? Elle n'a sûrement pas dit cela mais on exploite l'affaire ainsi.

Quand la justice indemnisait des victimes de cette vaccination il était aussitôt dit que la vérité judiciaire n'était pas la vérité scientifique...

 

Voici d'abord les propos tenus au cours du Magazine de la santé du 15/03/2016 :

 

Michel Cymes : "Cela fait près de 18 ans qu'est née la polémique sur le vaccin contre l'hépatite B. Et cela fait près de 18 ans qu'est née cette émission que vous regardez aujourd'hui, Le Magazine de la santé. Près de 18 ans que nous vous répétons, année après année, qu'il n'y a aucune preuve scientifique d'un quelconque lien entre ce vaccin et les maladies neurodégénératives comme la sclérose en plaques."
 
Marina Carrère d'Encausse : 
"Nous surveillons depuis 18 ans toute la littérature scientifique, médicale sur tous les sujets, et nous vous relayons les informations le plus objectivement possible. Nos reportages et nos prises de position sur le danger de ne pas vacciner ses enfants contre l'hépatite B nous ont valu, au fil des années, critiques, commentaires acerbes et suspicion de collusion avec les laboratoires. Comment pouvions-nous faire la promotion du vaccin anti-hépatite B si nous ne touchions pas de l'argent des laboratoires qui le fabriquaient ? Aujourd'hui, ce n'est pas nous mais la justice qui confirme que ce vaccin n'est pas en cause."
 
Michel Cymes : 
"Durant ces 18 années, ce sont des centaines de milliers d'enfants, une génération entière, qui est passée à côté de cette protection. La faute aux politiques, aux journalistes, mais aussi aux médecins qui relayaient les rumeurs et fausses informations, parfois par méconnaissance ou incompétence, souvent par idéologie. Dans les prochaines années, des personnes mourront d'hépatite fulminante, de cirrhose, de cancer du foie, qui auraient pu être évités par le vaccin. Pas sûr qu'on demande des comptes aux responsables de ce qui est aussi un énorme scandale sanitaire…"

Par le relai de France 5 je leur ai fait parvenir le commentaire suivant :

« La justice s'est appuyée sur les ''études'', du moins ce qu'on désigne ainsi, des ''études'' qui n'ont rien étudié... Elles présentent des données mais le traitement de ces données ne démontre qu'une chose, la nullité des épidémiologistes dans cet exercice d'analyse des données.

A titre d'exemple, voici ce qu'il est possible de faire sur les données des publications Tardieu 2007 et 2008 :

Premier signal : 154 ADC (atteintes démyélinisantes centrales) chez les vaccinés dont 80 (52%) sont devenues des SEP contre 195 ADC chez les non vaccinés dont 63 (32%) de SEP. A vue le taux de SEP parmi les ADC est significativement beaucoup plus élevé chez les vaccinés. Un calcul le confirme : moins d'une chance sur 10000 d'obtenir un écart aussi important que celui observé.

Interprétation : le vaccin aurait pu favoriser l'évolution en SEP d'une ADC qui soit serait apparue sans cette vaccination mais n'aurait pas évolué en SEP ; soit que l'ADC aurait été crée par cette vaccination pour évoluer en SEP dans la fenêtre d'observation.

 

Second signal : la moyenne d'âge des ADC non SEP est 7,8 ans contre 11,5 pour les SEP alors que la date retenue est celle de la première atteinte dans les 2 groupes, ce qui les rend comparables. L'écart est énorme (3,7 ans) comparé aux moyennes observées. Ce signal confirme le premier : des enfants qui auraient dû être parmi les ADC non SEP se sont retrouvés dans le groupe SEP, venant tout à la fois grossir ses effectifs et faire croître sa moyenne d'âge, ce qui oblige à supposer que leur âge était élevé (>12 ans assez souvent). De plus, en quittant le groupe des ADC non SEP ils contribuent, chemin faisant, à en abaisser la moyenne.

 

Troisième signal : 62 SEP sont apparues dans les 4 ans qui suivent la vaccination contre 12 au cours des 2 années suivantes. C'est un signal fort avec plusieurs interprétations possibles et non exclusives. Mais le plus important est que le signal disparaît en cas-témoins. La raison : les cas et leurs témoins associés du même âge ont été vaccinés à peu près en même temps, ce qui tue mathématiquement (je suis mathématicien) toute possibilité de signal. Il y a 476 témoins vaccinés sur les 4 années contre 102 sur les 2 années suivantes alors qu'il faudrait qu'ils soient répartis à peu près à la proportionnelle selon les délais...

 Mon article :

http://questionvaccins.canalblog.com/archives/2015/10/31/32861683.html

 Les présentateurs ont poussé une grosse colère. Ils ne sont pas responsables de la façon dont les données des ''études'' ont été traitées, la justice non plus. Mais prudence quand même ... »

 

 Que faire maintenant car, il n'y a guère de doutes à avoir, la vaccination hépatite B a très certainement favorisé l'accroissement reconnu du nombre de scléroses en plaques, pour ne parler que d'elles.

 Je propose d'utiliser les arguments que j'ai développés sur ce blog et qui démontrent de manière irréfutable que les études cas-témoins comme celles de Tardieu et de Langer Gould ne pouvaient que neutraliser les signaux qui s'y trouvent, encore que chacune contient un résultat significatif, celui de Langer Gould étant d'ailleurs reconnu.

 J'y reviendrai ...

Mais l'affaire n'est pas terminée !

SantéMagazine rapporte :

 

« Déçue et dépitée », l’association des victimes du vaccin contre l’hépatite B (Revahb) fait appel du non-lieu prononcé par la justice la semaine dernière.

L’association des victimes du vaccin contre l’hépatite B (Revahb) ne baisse pas les bras. Elle a annoncé hier, 17 mars 2016, qu’elle va faire appel de l’ordonnance de non-lieu prononcée le 9 mars. « Nous sommes déçus, dépités, cette décision est violente »,  a déclaré Catherine Gaches, la présidente du Revahb, à l’Agence de presse médicale. Pour elle, « malgré 17 ans d’instruction, les juges n’ont pas eu suffisamment de matière pour juger correctement. »