La présentation de la conférence  de presse du LEEM (les entreprises du médicament) le 10 décembre 2015 a été accompagnée de son document pdf sur les vaccination. Après avoir déclaré dans sa présentation que “le virus de la variole revient en force” *, le LEEM,décidément très inspiré, affirme que le vaccin est le meilleur moyen de lutte contre ... la TUBERCULOSE !!!!

 

 “État des lieux

Les vaccins représentent la meilleure façon de se prémunir contre des maladies potentiellement dangereuses : poliomyélite,  coqueluche, rougeole, tuberculose, méningites… En simulant l’infection et en préparant ainsi notre système immunitaire à se défendre contre ces attaques, le vaccin permet en effet de constituer une « cuirasse » contre l’agent infectieux envahisseur.”
 
Après m'être cru le 1er avril avec la variole qui revient en force,  en lisant ces lignes je me suis demandé si je n'étais pas soudain revenu à l'école primaire !!!
 
 
Le BCG le meilleur moyen de lutte contre la tuberculose ? J’ai à nouveau regardé le calendrier, non on n'est toujours pas le 1er avril.
Additif du 23 janvier 2016
Dans une émission sur la chaine parlementaire LCP le Professeur Bernard Debré député affirme haut et fort que c'est le BCG qui a permi la réduction très importante de la tuberculose !!!!!!!!!
Fin additif
Mais voyons plutôt, pour rafraichir la mémoire :
 
D'abord, ci-dessous une copie d’écran de l’édito d’Elisabeth Bouvet dans le BEH 10-11 du 18 mars 2003  
 
Elle avait présidé un groupe de travail du CSHPF sur la question de la tuberculose dont on peut lire le rapport de 147 pages : "Synthèse et recommandations" 2002-2003
 

Sandrine Hurel ignore sans doute tout de la problématique de l’éradication de la variole et nul doute qu’elle débutera son rapport tant attendu par “la variole a été vaincue par la vaccination” alors que ce fut le plus terrible échec que des campagnes de vaccinations aient jamais pu connaitre. Le BCG fut un autre grand échec et la vaccination polio est bien partie pour en être un autre quoiqu’on puisse croire, dire et penser car le projet initial de l’OMS en 1988 était :

 

1- Fin de la circulation des 3 virus polio sauvages en l’an 2000.

2- Arrêt du vaccin oral vivant

3- Dans les 3 à 6 mois qui suivront cet arrêt, fin de la circulation des virus d’origine vaccinale.

4- Trois ans plus tard, délai de sécurité pour vérifier, proclamation officielle de l’éradication de la polio comme cela fut fait pour la variole.

5- Arrêt des moyens de lutte et donc de la vaccination contre la polio, comme pour la variole.

6- Avec les économies ainsi réalisées, vous les États vous pourrez investir dans la lutte contre d’autres maladies disait l'OMS.

 

Perspectives réelles et réalistes : seuls les points 1 et 2 pourront être atteints, peut-être en 2020 si tout va bien ce qui n’est pas certain vu la situation politique dans certains pays comme au Pakistan. Pour les autres points c'est l’échec assuré et total, en particulier pour les économies car l’OMS est contrainte de faire implanter partout  la vaccination injectable beaucoup plus couteuse. L’objectif n'est plus d’éradiquer les virus dérivés de souches vaccinales, un tel vaccin ne le peut pas, mais d’éviter que ces virus provoquent des paralysies, ce qui serait catastrophique en terme de communication et d’image pour l’OMS.

 
 
Dans cette affaire, l’OMS c’est Perrette et le pot à lait : adieu veaux, vaches, cochons, couvées .... Ce sera l’une des leçons de la campagne d’éradication de la polio.Je l'ai souvent répété sur ce blog et tout le confirme :
Seule une maitrise suffisante de l’eau peut permettre une véritable éradication.
On pouvait le savoir depuis le début. Ce n’est pas le vaccin qui protège les Français de la polio mais cette maitrise de l’eau consommée par les populations, il n’y a plus aucun doute à ce sujet.

Retour sur le BCG et la tuberculose

Le 22 février 2007 s'est tenue au Sénat une audition qualifiée de publique (mais pas vraiment annoncée auparavant) sur la vaccination BCG. Un compte-rendu est en ligne sur le site du Sénat. Extraits  :

 

Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST)

« La tuberculose constitue-t-elle un problème majeur de santé publique ? »

(compte rendu de l’audition publique du 22 février 2007)

Organisée par M. Jean-Pierre Door, Député, et Mme Marie-Christine Blandin, Sénatrice

 

« La situation internationale

Docteur Léopold BLANC, Coordinateur de la lutte contre la tuberculose à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) :

Je tiens en premier lieu à vous remercier, Madame BLANDIN et Monsieur DOOR, de votre invitation. L’OMS est particulièrement intéressée par la démarche de la France. En effet, si la tuberculose existe en un lieu, elle se propagera partout, comme vous allez le constater. C’est une maladie transmissible dont on peut néanmoins enrayer l’évolution parce qu’elle est peut-être guérie. »

 

Notez bien qu'il ne dit pas « parce qu'elle peut être prévenue ». Il précise ensuite ce point :

 

"La prévention par le BCG" 

"pour l’OMS, le BCG est efficace uniquement pour les formes graves de l’enfant"

 

C'est à dire les méningites tuberculeuses et les miliaires qui sont des complications de l'infection tuberculeuse mais le BCG n'évite pas l'infection tuberculeuse. Ne pas oublier que les enfants ne sont pratiquement jamais contagieux pour la tuberculose car ils ne peuvent expectorer le bacille.

Le nombre de BCGites disséminées pratiquement mortelles avaient été estimées en France à 12 par an dans le cadre d'une vaccination généralisée (d'après Expertise collective Inserm - Tuberculose novembre 2004 ; page 272 par Jean-Laurent Casanova Immunologie et hématologie pédiatrique Hôpital Necker).

Le nombre de méningites tuberculeuses évitées chez les enfants par la vaccination généralisée avait été estimé à 16 (voir plus loin l'estimation par l'InVS), sans compter les autres complications du BCG.

 

Page 82 du compte-rendu :

« Mme Marie-Christine BLANDIN :

(Il a été) évoqué des pays qui ont depuis longtemps renoncé à la vaccination obligatoire. Avons-nous des modifications lisibles des taux d’incidence dans ces pays, suite à un changement de stratégie ?

 

Docteur Léopold BLANC :

Aucune donnée au niveau international ne permet de dire que la suppression de la vaccination a entraîné une augmentation de la tuberculose dans le monde. Il y a des pays, je voudrais le souligner, qui n’ont jamais vacciné par le BCG, comme les États-Unis, et qui ont les mêmes taux qu’en Europe. Ceci doit être très clair, et des documents extrêmement bien établis à ce sujet ont été publiés par l’OMS. »

 

Extraits du document InVS de juillet-août 2001 sur le BCG 

http://opac.invs.sante.fr/doc_num.php?explnum_id=5898

 

Impact épidémiologique d’une modification de la politique

de vaccination par le BCG en France

 

Page 23 :

6.1 Estimation de l’impact de la vaccination sur les méningites et miliaires de l’enfant de moins de 6 ans

Pour estimer la couverture vaccinale en fonction du nombre de vaccins reçus (0, 1 ou 2 et plus), nous avons utilisé les résultats de l'enquête de couverture vaccinale des enfants à l’âge de 6 ans mené par la DREES en 1997 (cohorte d’enfants nés en 1991). La couverture vaccinale moyenne, pour au moins un BCG, sur les 6 premières années de vie peut être estimée à 85 % et la couverture vaccinale pour la revaccination à 10 %.

Sur la base de la formule [1], le nombre annuel de cas de tuberculose méningée et miliaire évités par la vaccination serait actuellement respectivement de 7 et 16 pour une efficacité vaccinale de 70 % et 90 % (tableau ).

 Estimation du nombre annuel de tuberculoses méningées et miliaires chez les enfants de moins de 6 ans évités par la vaccination BCG - France métropolitaine - DO (déclaration obligatoire) 1996-99

 

Cas observés 0-5 ans

méningés et miliaires

Moyenne annuelle

1996-1999

Couverture vaccinale

Efficacité vaccinale

Cas attendus en

l'absence de vaccination

Cas évités par la vaccination

5

85,00%

70,00%

12

7

5

85,00%

90,00%

21

16

 

 

Voici les principes fondamentaux les plus importants en matière de lutte contre la tuberculose :

 

- la tuberculose chez l'enfant, très exceptionnellement contagieuse, est presque toujours due à une contamination à partir d'un adulte ;

 

- la vaccination par le BCG ne protège, au mieux, que les sujets vaccinés et n’intervient d'aucune manière sur la transmission de la maladie ;

 

- la première mesure de prévention de la tuberculose de l'enfant est le dépistage précoce des tuberculoses pulmonaires de l'adulte, la recherche active des cas secondaires de tuberculose et leur traitement correctement conduit ;

 

- la vaccination généralisée des enfants par le BCG n'est pas en soi une stratégie de lutte contre la tuberculose. La vaccination n'a aucune efficacité sur la transmission de la maladie entre adultes qui sont la source principale de cette transmission.

 

On peut trouver confirmation de ces principes dans l'avis du CTV/CSHPF du 30/09/2005

 

AVIS DU COMITE TECHNIQUE DES VACCINATIONS / DU CONSEIL SUPERIEUR D’HYGIENE PUBLIQUE DE FRANCE

relatif à la vaccination par le vaccin BCG et au renforcement des moyens de la lutte antituberculeuse en France

(séance du 30 septembre 2005)

 

http://hcsp.fr/Explore.cgi/avisrapports3?clef=33