La Question des Vaccins

Moins parler des vaccins et des vaccinations que du discours fait sur eux. Mettre l'expertise à la portée de chacun en montrant le décalage entre ce qui est connu et ce qui est dit.

21 juin 2009

La vaccination hépatite B sur France Culture le 30 juin

Après avoir entendu l'émission, j'ai ajouté rapidement (1er et 2 juillet) quelques commentaires  sur les interventions. D'autres viendront plus tard, sans doute dans un autre article.

Voici le lien vers la présentation et les commentaires après diffusion :

http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/sur_docks/fiche.php?diffusion_id=74780 

L'émission est en ligne en plusieurs parties. Par exemple la partie 4 :

http://www.dailymotion.com/video/xa36jw_4-affaire-du-vaccin-contre-lhepatit_tech


Enfin ! Cette émission, d'abord programmée pour le 17 mars 2009 avait été curieusement décalée au jeudi 19 mars, jour de grève annoncé ! Elle sera annoncée pour le 19 juin, puis, aux dernières nouvelles, c'est pour le mardi 30 juin ! Espérons que ce sera la bonne cette fois-ci !

 

Son titre a changé depuis le mois de mars : ce n'est plus "Histoire du premier vaccin fabriqué par génie génétique : le vaccin hépatite B" mais "Débat autour d'une vaccination généralisée, 1994-1995 : le vaccin contre l'hépatite B". Par contre, le contenu sera sans doute le même car l'émission est enregistrée depuis longtemps.

 

En confrontant les 2 présentations, celle du 19 mars et celle du 30 juin, on constate qu'à part le titre elles sont identiques sauf les dernières lignes :

 

Version de mars :

 

« Pourquoi dans les médias, journalistes mais aussi médecins et ministres, ont-ils commis tant d’exagérations ? Pourquoi les organismes de surveillance sanitaire n’ont-ils pas sonné l’alerte ? Quels étaient les réels enjeux de cette vaccination ? Quelles conséquences cela a-t-il pu avoir sur la santé des Français ? Telles sont les questions soulevées, qui rejaillissent encore sur l’actuelle campagne de vaccination même si celle-ci est relancée sur des chiffres rigoureux. »

 

Version de juin : 

 

« Pourquoi dans les médias, journalistes mais aussi médecins et ministres, ont-ils commis tant d’exagérations ? Pourquoi les organismes de surveillance sanitaire n’ont-ils pas sonné l’alerte ? Quels étaient les réels enjeux de cette vaccination ? Telles sont les questions soulevées ici. Elles rejaillissent encore sur la campagne de vaccination contre l’hépatite B telle qu’elle a été relancée, plus rigoureusement qu’au départ, par les autorités sanitaires au printemps.

Elles annoncent la politique qui pourrait se développer si, cet automne, l’éventuelle pandémie H1N1 amenait le gouvernement à mettre en œuvre une vaccination obligatoire de tous les Français ! »

 

Nous constatons que la phrase ici en rouge dans la version de mars a disparu dans celle de juin. Par contre, une allusion est faite à une éventuelle  campagne de vaccination  contre le H1N1 à l'automne avec des méthodes qui pourraient être analogues.

 

Parmi les intervenants de cette émission notons Claude Béraud, professeur, hépatologue, il a crée un site :

"L'actualité de la médecine vue par Claude Béraud"

http://www.claudeberaud.fr/

 


Parmi les articles où il parle des vaccinations et en particulier de la vaccination hépatite B il y a "La subversion de la médecine" et "Que penser des controverses sur les vaccinations ?"


 

Au cours du documentaire de Lina B. Moreco " Silence on vaccine " diffusé sur la Cinq en janvier 2009 il avait déclaré que bien qu'hépatologue soignant des malades atteints d'hépatite B il ne s'était pas fait vacciner car, contrairement aux infirmières, il n'était pas en contact avec le sang des malades et n'était donc pas à risque*.

 

 

Commentaire après émission

Claude Béraud ne m'a pas déçu. Il a répété qu'il ne s'était pas fait vacciné alors qu'il soignait tous les jours des malades de l'hépatite B mais qui ne risquaient pas de le contaminer, et ce bien que la vaccination était obligatoire pour lui !

Il a commenté les affirmations chiffrées du ministre en 1994 telles qu'elles lui ont été rappelées par un extrait sonore. Ses appréciations furent "au pif", "à la cuillère", "même pas à la cuillère, c'est du pipo". Le ministre avait en particulier affirmé que 30% des contaminés évoluaient vers le cancer ou la cirrhose. Mais les vrais chiffres c'est 1 à 2% comme Claude Béraud l'a rappellé.

Fin du commentaire

Un autre intervenant promet d'être particulièrement intéressant, c'est Bernard Bégaud qui est pharmacologue à Bordeaux. Il fut en particulier collaborateur d'Annie Fourrier pour l'étude de pharmacovigilance Fourrier-Costagliola portant sur les années 1994-1996.

J'ai longuement étudié les réactions des comités d'experts confrontés à ses conclusions extrêmement significatives dans "Vaccin hépatite B et sclérose en plaques : il n'y a pas que les enfants" et aussi, de façon résumée, dans "Retrouver la confiance dans le vaccin hépatite B : quitte ou double ?"

 

Bernard Bégaud connait parfaitement les données de pharmacovigilance sur la sclérose en plaques et avait montré qu'il n'avait pas toujours sa langue dans sa poche. On peut espérer de sa part quelques déclarations percutantes sur le sujet comme cette phrase anonyme qu'on trouve page 10 du rapport Dartigues auquel il avait participé avec 9 autres experts mais dont il est probablement à l'origine car il avait déclaré pratiquement la même chose au journal Libération en 2000 :

 

"Il s’agit de l’une des plus grande série d’effets indésirables recueillis par la pharmacovigilance depuis sa naissance en 1974. Ce nombre est d’autant plus élevé qu’il existe une certitude de sous-notification".


Commentaire après audition

Bernard Bégaud ne m'a pas déçu non plus. Il a annoncé qu'il préparait un livre sur le sujet avec un journaliste du Monde afin de rétablir l'histoire de cette affaire et d'apaiser sa Conscience. Il affirme avoir été soumis à des pressions sans préciser leur nature et surtout leur objet...


Il parle des obstructions rencontrées pour publier des études dès lors qu'elles ne sont pas favorables au vaccin. La revue répond qu'elle n'a pas reçu le texte...On lui renvoie 10 fois et elle finit par répondre...que maintenant c'est trop tard pour publier...

De quelle étude s'agit-il ? On peut formuler une hypothèse en raison de ceci :

Une méta-analyse avortée :

C'est ce qu'atteste le compte-rendu de février 2000 d'une commission internationale sur le site de l'Afssaps page 6 :

« Projet de méta-analyse : Le Pr B. Bégaud a présenté des résultats montrant la faible puissance des études réalisées pour mettre en évidence des odds-ratio (risques relatifs)  inférieurs à 2. C'est pourquoi il serait nécessaire de réaliser une méta-analyse qui combinerait l'ensemble des résultats. Cette méta-analyse disposerait d'une puissance supérieure aux études prises une à une, cependant sa puissance pour mettre en évidence un odd-ratio inférieur à 2 restera modérée. »

Ce projet de méta-analyse n'a jamais vu le jour.  Il faut savoir que les 3 études françaises donnaient toutes un risque relatif supérieur à 1 et auraient donc pu donner, en les regroupant, une étude significative, voire très significative...

Ceci explique-t-il cela, c'est à dire le fait que cette méta-analyse n'ait jamais vu le jour ? A titre purement indicatif disons que les cas cumulés chez les vaccinés et les non-vaccinés retenus par ces 3 études sont 121+242+520=883 et que les risques relatifs moyens avaient été évalués à 1,7, 1,8 et 1,4 comme on peut le lire dans le compte-rendu de la réunion de février 2000. Il y avait  matière pour travailler et tout indiquait que le cumul des données de ces 3 études avait le potentiel pour générer une étude très significative.

Voir à ce sujet mon article sur le caractère significatif de l'une de ces 3 études, celle de L.Abenhaim.

Compte tenu de la déclaration de Bernard Bégaud sur France Culture il n'est pas invraisemblable de penser qu'il en fut bien ainsi mais que cette étude n'a pu être publiée en raison d'obstructions.

Fin du commentaire

Il y aura aussi le Dr Marc Girard qui s'est souvent vertement opposé à cette vaccination mais malheureusement dans un style souvent très polémiste. Comme chacun pourra le vérifier sur la vidéo donnée plus haut en lien, Claude Béraud montre qu'il est possible de s'exprimer de façon très vigoureuse, explicite et convaincante sans aucun esprit polémiste, ce qui est, à mon sens, beaucoup plus efficace et infiniment préférable.

Attendons...mais c'était avant l'émission !

Commentaires après audition

Dans l'ambiance particulière de France Culture le caractère polémiste de Marc Girard restera contenu. Même s'il a commencé par une attaque contre le Genhevac de Sanofi par rapport à l'Engerix de GSK, société pour laquelle il écrit lui-même sur son site avoir travaillé. Il a proposé 2 hypothèses pour expliquer pourquoi le Genhevac n'a pas d'AMM en dehors de la France, mais il y en a peut-être une autre : l'Engerix de GSK utilise des brevets déposés par l'Institut Pasteur et ce dernier a reçu de l'argent pour cette utilisation comme cela a été rappelé au cours de l'émission. Aussi, Sanofi-Pasteur n'a peut-être pas jugé utile de dépenser  des sommes considérables pour concurrencer sur le marché mondial un vaccin qui lui verse des royalties.

De façon peut-être analogue et en raison d'une AMM strictement française, Sanofi n'avait pas hésité à lâcher le BCG Monovax qu'il produisait au profit du BCG SSI d'un laboratoire danois afin d'éviter d'engager des sommes considérables pour préparer le dossier européen du Monovax et sans doute devoir construire une autre usine pour le produire pour le seul marché français. Cet abandon fut à l'origine d'une grave crise sanitaire en 2006-2007. On peut voir à ce sujet mon autre blog http://vaccinbcg.canalblog.com

Il évoque un colloque où il fut exposé aux représentants de la Justice que s'ils indemnisaient les victimes cela aurait pour conséquence que le public refuserait ce vaccin et que cela engendrerait de graves conséquences sanitaires pour le pays...

Marc Girard a pointé à juste titre que dans notre société capitaliste il est légitime que l'industrie du vaccin cherche à gagner de l'argent comme le font toutes les autres industries. Mais il souligne que les 3 verrous prévus par la société ont sauté :

le verrou de l'administration sanitaire; le verrou des médecins prescripteurs qui n'avaient aucune raison de vacciner des personnes âgées vivant tranquillement; le verrou de la commission des prix des vaccins qui a accepté sans broncher un prix exorbitant aggravé par la multiplication des injections vaccinales, 4 plus rappels tous les 5 ans contre 3 injections en tout ailleurs.

Fin du commentaire


Annexe

Rédigée avec quelques regrets d'avoir à faire cela, mais il le faut.

Le Dr Marc Girard m'a impliqué dans ses polémiques tous azimuts : ce fut d'abord dans un article publié en juin 2008, Qui croire ? par la revue de la Ligue pour la liberté des vaccination puis il a mis cet article en ligne sur son site le 25 avril 2009. Il le fait  d'une façon assez étrange, voyez plutôt :

« Mais que penser, quelques jours plus tard, de l’intervention publique de quelqu’un qui se présente cette fois comme rien de moins que « Professeur des facultés en mathématique. Ancien chercheur du CNRS » et qui – toujours au nom de la « clarté » (Vaccin hépatite B et sclérose en plaques : peut-on y voir plus clair ?) – ne craint pas de balayer d’un revers de la main les chiffres que j’avais communiqués dans cette émission en les opposant… à l’étude de Zipp et coll. Pour quelqu’un qui prétend s’abriter ainsi derrière un professionnalisme éminemment connoté de rigueur et de logique, quelle rigueur de ravaler à la simple impression personnelle des chiffres épidémiologiques là encore parfaitement localisables dans les documents les plus officiels de l’administration sanitaire  ? Quelle logique, aussi, de m’opposer une étude dont même l’AFSSAPS* a fini (communiqué de février 2000) par admettre que ses résultats (pourtant très favorables au vaccin) devaient être « écartés » du débat ? Il faut quand même une certaine perversité intellectuelle pour contredire l’expert qui, dans cette affaire comme dans d’autres, a probablement le plus documenté la collusion administration-fabricants en lui opposant une étude réalisée, de façon délibérément opaque, par des fabricants et dont les incohérences sont telles que, pour une fois, même l’administration a été obligée de s’en désolidariser ! « Peut-on y voir plus clair », par conséquent, au travers de contributions qui s’assoient grossièrement sur des principes de méthode aussi élémentaires que le recensement exhaustif des sources et leur hiérarchisation critique ? »

* En réalité, il ne s'agissait pas seulement de l'Afssaps mais d'une réunion internationale de haut niveau dont un représentant de l'OMS. Elle s'était tenue dans les locaux de l'Afssaps et avait donné lieu à un compte-rendu publié sur son site. Quatre ans et demi plus tard, à l'occasion de la publication d'avis des différents Comités sur l'étude d'Hernan, l'étude Zipp sera reclassée parmi les études validées.

 

Cette affaire débuta par un article que j'avais mis en ligne le 5 mars 2008 sur ce blog sous le titre donné par Marc Girard.  Peu de temps après, je l'ai découvert sur AgoraVox où il avait été mis en ligne le 18 mars. Je ne vois aucun inconvénient à ce que mes articles soient repris sur d'autres sites, au contraire, et cela s'est déjà produit. Mais l'anomalie est qu'il y a eu usurpation d'identité auprès des responsables d'AgoraVox comme cela a pu être établi par la suite quand j'ai pu communiquer avec eux : un internaute n'a pas hésité à se présenter comme étant moi-même, donnant une adresse mail incluant mon nom explicite alors que je n'avais jamais ouvert cette adresse et me présentant comme Marc Girard l'a rapporté ci-dessus alors que je ne me présente jamais ainsi bien entendu. AgoraVox a pu vérifier que cette adresse avait rapidement cessé d'être en service. De tels procédés sont évidemment inadmissibles.

Après la publication écrite de son article en juin 2008, j'avais informé Marc Girard de cette anomalie. Il m'avait d'ailleurs répondu et nous avions pu avoir un échange sur le sujet traité. C'est pourquoi je suis un peu étonné qu'il ait maintenu la même version près d'un an plus tard. En effet, les propos qu'il m'attribue concernant l'étude Zipp ne correspondent pas du tout à ce que j'avais écrit, ce que chacun peut toujours aller lire sur AgoraVox et aussi sur ce blog.

Si j'ai demandé à AgoraVox de modifier un peu la présentation qui était faite de moi, je n'ai demandé aucune modification concernant l'article et c'est sur ce site que Marc Girard l'avait découvert. Je n'avais bien évidemment aucune raison, bien au contraire, de défendre l'étude  Zipp.  Voici le passage concerné : 

 

« L’expert Marc Girard estime, selon les informations dont il dispose, que le risque de SEP n’est pas un risque faible mais au contraire élevé, voire très élevé. Or, si ce risque est élevé des études auraient dû le mettre en évidence : les tailles de leurs échantillons dépassant les 100 000 (par exemple l’étude de Zipp et coll, 1998, a suivi une cohorte de 134 698 sujets) et en admettant un risque élevé de l’ordre de 1 pour 2500 cela ferait en moyenne 40 SEP en plus par tranche de 100 000 ce qui aurait dû donner des écarts significatifs. Par contre, si on admet un risque de 1 pour 25000 par exemple, cela donne 4 cas supplémentaires en moyenne pour 100 000, ce qui peut être insuffisant pour déceler une différence significative. Contrairement à Marc Girard, les experts de l’OMS, de l’Afssaps ou de la réunion de consensus de novembre 2004 ont toujours admis que si le risque existait il ne pouvait être que faible. Dans ces conditions, il est effectivement impossible de soutenir que le risque serait élevé, sauf à admettre que les données statistiques auraient été faussées et par exemple traitées comme je le suggérais, c’est à dire en classant comme non vaccinés les vaccinés ayant fait une SEP au delà du délai arbitraire imposé. 

Je le répète, pour l’honneur scientifique des auteurs de ces études ainsi que des institutions qui s’appuient sur elles pour définir leur politique de santé publique en la matière, et qui savent sans doute à quoi s’en tenir, j’ose espérer qu’il n’en est rien. J’espère seulement avoir un jour la possibilité de constater que mes interrogations n’étaient pas fondées. Cependant, vu ce à quoi j’ai assisté en matière de manipulations statistiques dans l’affaire du BCG SSI on peut malheureusement craindre que l’impensable puisse être la réalité.

 Voir à ce sujet mes 3 principaux articles : "descendue du Sinaï, l’expertise était dans la lune ! ", "Cas évités par le BCG, un calcul très simpliste", "Des défaillances de l’expertise vaccinale à la nécessité d’une critique citoyenne". »

Je me demande donc toujours comment Marc Girard a pu voir une quelconque opposition à ses propos sur l'étude Zipp. Il a sans doute lu un peu vite en s'arrêtant sur "il est effectivement impossible de soutenir que le risque serait élevé" et en explosant au quart de tour sans lire la suite... Je l'avais informé de cela et il est très regrettable qu'il n'ait rien changé à son texte mis en ligne près d'un an plus tard. Je veux bien croire qu'il est très occupé mais l'ensemble de son article dénote malgré toute une très forte tendance polémiste tous azimuts*, ce que ne dément pas l'article exposant la raison d'être de son site.

  • Il n'a pas hésité à s'en prendre au vice-président d'une association de victimes en faisant état d'une communication téléphonique qui est un échange en principe strictement privé entre 2 personnes. Il y a là une frontière à ne pas franchir. De même, si j'ai eu un échange de mails avec Marc Girard, je n'ai pas l'intention de faire état de leur contenu. J'ai d'ailleurs eu aussi sur le thème de la vaccination hépatite B un échange très correct et courtois de mails avec l'opposant du Dr Girard à l'émission du 8 février 2008 sur la Cinq, le Dr Robert Cohen qui anime Infovac. Cette émission fut en effet à l'origine de mon article.

  • Je pense qu'on peut être adversaires sans être ennemi, comme au tennis. Mais le jeu a ses règles qu'il faut s'efforcer de respecter même s'il n'y a pas d'arbitre. Si, il y en a un, c'est l'internaute qui pourra  comparer d'un œil critique les écrits des uns et des autres.

  • J'ajoute encore que j'ai informé Marc Girard de mon intention d'apporter sur mon blog les précisions ci-dessus. Je l'ai même invité à venir y déposer un commentaire ou, puisqu'il déclare cela contraire à sa philosophie, de m'envoyer sa réponse que j'ajouterai ici-même sans changement. Tout cela je l'ai fait avec le regret d'avoir eu à le faire.

  • On peut trouver la présentation que je fais de moi en cliquant sur la cadre photo à droite de ce texte.

 

Posté par BernardGue à 09:56 - L'hépatite B - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 juin 2009

Lève-Toi, Pandémie Désirée* !

 

Objet de tous les désirs et de toutes les attentions, la pandémie ne pouvait que prendre forme. Avant d'exister elle avait déjà pris consistance, les plans étaient prêts, les médicaments stockés dans des dépôts militaires, des vaccins pré-pandémiques élaborés, des montagnes de masques soulevant des hangars...

 

C'était pour faire face au virus aviaire H5N1 doté d'une importante capacité de mortalité mais  dont les plus éminents vétérinaires avaient affirmé dès le début qu'il n'avait pas le profil d'un virus pandémique.


  • Quelques temps avant que la guerre de 1914 éclate, Nietzsche avait lancé ce célèbre "Levez-vous, orages désirés !"

  • On peut aussi lire l'analyse du Docteur Marc Girard sur son site : "L'art de créer des alertes en santé publique - l'exemple de la grippe porcine"

 


Puis survient la crise financière suivie d'une crise économique mondiale avec toutes ses conséquences sociales présentes et futures. Que faire pour se tirer d'affaire se disent nos dirigeants ? La recette est connue depuis longtemps : se trouver un ennemi commun, un ennemi mondial s'attaquant à l'humanité toute entière car, mondialisation oblige, il n'est plus possible de faire du voisin cet indispensable ennemi qui joue aussi, comme au tennis, le rôle du partenaire.

 

 

Une attaque imminente des Martiens ? Le 30 octobre 1938 Orson Welles y était parvenu sans même le vouloir : il avait affolé toute l'Amérique en cherchant seulement à mettre en scène de manière réaliste une œuvre littéraire, La Guerre des Mondes. Même le Ministère de l'Intérieur et le Président des États-Unis vont chacun à leur tour produire des communiqués dramatiques amplifiant  «un extraordinaire phénomène de schizophrénie collective» [2].   Aujourd'hui, le poisson d'avril serait quand même un peu gros.

 

Des analystes de cet événement pensent que le programme "cristallisait les tensions et les craintes" des Américains à la veille de la Deuxième guerre mondiale. Ils pensent [3] que

 

"La perspective d'une rencontre hostile avec l'inconnu était suffisamment réelle pour beaucoup d'Américains, aussi, l'émission radiophonique leur a permis de se faire peur pendant une heure".

Aujourd'hui aussi, avec la crise nous avons peur de l'avenir quand le plancher des vaches pourrait soudain se dérober sous nos pieds : sommes-nous, par exemple, totalement à l'abri d'une faillite bancaire généralisée qui nous ferait perdre toutes nos économies ?

 

Août 2005 : la pandémie H5N1 c'est pour demain !

 

La pandémie, voilà la solution rêvée pour donner un support à cette anxiété indéfinie et permettre aux autorités de manifester toute leur sollicitude pour les populations en péril même s'il faut pour cela aggraver encore plus le déficit budgétaire. En 2005,  sur fond de grippe espagnole, ça avait plutôt bien fonctionné. En lettres rouge sang sur fond noir de deuil c'est

 

 

      «Pandémie, 500 000 morts en France ?»

 

 

C'est le branle-bas de combat, la pandémie, c'est pour janvier-février 2006, c'est sûr ! "Elle ne viendra pas toute seule" dit l'un des auteurs à la télé,

"elle viendra avec la grippe saisonnière, c'est pourquoi il faut se vacciner contre elle".

Couac,...voici un Couac : (Quoique...)

Selon le Canard Enchainé du mercredi 22 février 2006, le préfet de Haute Normandie aurait demandé le 7 février à tous les maires de son département de recenser les capacités de leurs cimetières dans le cadre de la préparation à la pandémie aviaire !!! Cela est effectivement prévu dans le plan préparatoire mais uniquement quand on atteint la phase 6 alors que pour le H5N1 on a jamais dépassé la phase 3.

 

A la télé les émissions se succèdent sans relâche. Il s'agit d'une maladie typiquement animale touchant parfois des humains par contact direct avec l'animal ou ses plumes. L'Organisation mondiale de la santé animale, l'OIE, a son siège à Paris et Bernard Vallat, son directeur général, est Français ainsi que son brillant second mais ils ne seront pas invités aux débats télévisés alors qu'ils ont beaucoup à dire sur le sujet et d'abord qu'il est possible d'arrêter la maladie au niveau des élevages pourvu qu'on s'en donne les moyens.

 

Mais cela nous priverait de l'espérance d'une pandémie et des moyens gigantesques à mettre en œuvre pour la contrer une fois déclarée : au nom de la Prévention il vaut mieux  préparer des vaccins pandémiques !!!

 

 

C'est la ruée dans les pharmacies, comme après le lancement de la vaccination hépatite B en octobre 1994. Courant plus vite, les plus jeunes arrivent les premiers. Aussi, fin octobre il n'y a plus de vaccin et le ministère doit publier un communiqué piteux pour demander d'arrêter la campagne afin de garder encore quelques doses pour les personnes les plus à risques, ces personnes âgées qui, avec leurs cannes anglaises ou leur fauteuil roulant, se sont fait devancer par les plus jeunes encore profondément imprégnés par la propagande scolaire …

 

Début novembre 2005, réunion au sommet au siège de l'OMS à Genève. Un véritable match de boxe entre l'OMS d'une part, la FAO et l'OIE de l'autre. L'enjeu du combat : le pactole que la Banque mondiale est prête à accorder.

 

L'OMS veut tous les moyens pour protéger l'homme par des médicaments et des vaccins. La FAO et l'OIE affirment qu'il est possible de contenir le virus chez l'animal pourvu qu'on donne les moyens nécessaires pour cela. Le Directeur général de l'ONU menace : si vous ne parvenez pas à vous mettre d'accord, j'interviendrais, déclare-t-il.

 

Contrairement à un match de boxe il n'y a pas d'arbitre et même les coups bas sont permis. Par exemple, s'appuyant sur 14 cas dont 11 décès survenus en Thaïlande et au Vietnam, l'OMS  brandira une létalité monstrueuse pour affirmer l'imminence d'une terrible pandémie :

 

« Tous les ingrédients sont maintenant réunis pour que débute une pandémie susceptible de causer des millions de morts à travers le monde ».

Le 10 décembre 2005, la Maison Blanche procède à un exercice de simulation pour évaluer l'état de préparation du gouvernement américain au déclenchement d'une éventuelle épidémie de grippe aviaire. Le gouvernement américain, très critiqué pour son inertie lors du passage du cyclone Katrina qui a tué plus de 1200 personnes fin août dans le sud des États-Unis et pour la pénurie de vaccins antigrippes classiques l'hiver dernier, affirme qu'il se prépare au pire scénario de pandémie qui soit.


Tentant ainsi de faire oublier son inertie face au cyclone Katrina, Georges Bush prépare l'Amérique à affronter l'ouragan H5N1.



L'administration américaine table sur 92 millions de malades aux États-Unis en quatre mois. Lors de l'épidémie de grippe de 1918, 2% des personnes infectées aux États-Unis sont décédées de l'épidémie qui a tué au total  50 millions de personnes dans le monde. Une publicité très alarmiste publiée dans le Washington Post par des associations de médecins et de syndicats affirmait

 

"jusqu'où l'épidémie de grippe ira ? Le cyclone Katrina a tué plus de 1000 Américains, mais maintenant quelque chose de bien pire est en train d'arriver".



Par la suite, pendant des mois, le moindre canard malade fera la une des journaux et des télés. Tout bipède aérien  qui bat de l'aile laisse espérer à chacun qu'il va venir s'abattre dans son jardin et, s'il est porteur du H5N1 alors ce sera la gloire : la certitude d'être interviewé par les télés comme étant le premier Français que le virus pandémique aura bien voulu honorer  de sa présence. Imaginez les livres d'histoires racontant la pandémie aux survivants de l'Apocalypse : c'est dans le jardin de Monsieur et Madame Tartempion, à Trifouilli-les-Oies, que le virus venu de Chine est arrivé pour la première fois en France où il anéantira la moitié de la population... Et si le virus devait tuer Monsieur et Madame Tartempion, qu'importe puisqu'ils seront immortalisés par les livres d'histoire...

 

L'heureux élu sera dans le département de l'Ain. Normal qu'avec un nom pareil il passe en premier. Quant au département des 2-Sèvres, il devra attendre son tour, c'est la logique des chiffres !


 

Dans l'attente de la pandémie

Si certains attendent le Nouveau Messie, d'autres prient pour la Nouvelle Pandémie. Elle est devenue indispensable tant sa venue a été préparée et secrètement souhaitée. Nul ne connait l'heure et le jour de sa venue mais elle viendra. Alors ça y est, c'est-elle cette fois-ci ? Pourrions-nous de nouveau être frustrés par l'énergie ainsi mobilisée et qui ne trouverait pas son emploi ?

 

Comme l'avaient prévu les vétérinaires de l'OIE, de la FAO et de Maison Alfort, le virus H5N1 n'a toujours pas viré au virus pandémique. Il en fallait donc un autre et ce sera cette étrange combinaison de virus porcin, aviaire et de 2 virus humains. Mais d'où vient-il ? Comment la Nature a-t-elle pu élaborer un virus aussi hétéroclite ? Mystère ! Il ne vient pas du porc clame l'OIE ! Non, c'est l'homme qui contaminera le porc au Canada. L'Égypte musulmane en profitera pour éliminer les cochons qui nourrissent les chrétiens...

 

Débutant sa carrière au Mexique, il aurait dû normalement la poursuivre longtemps dans la population mexicaine profonde avant d'atteindre le premier touriste étranger. Mais le virus semble avoir un goût prononcé pour les grands voyages et recherche les touristes rentrant au pays plutôt que ceux qui débarquent au Mexique*, à croire qu'il aurait trouvé asile dans les toilettes des aéroports internationaux, côté départ !

 

  • Des touristes européens se rendant au Mexique n'y vont pas pour 3 jours. Or il ne semble pas que l'on ait jamais fait état de touristes européens qui seraient tombés malades pendant leur séjour comme cela serait statistiquement normal ?

 

Ce goût particulier du virus pour les avions internationaux va rapidement le conduire en Europe puis en Asie et en Océanie. Est-ce le début de la pandémie tant attendue ? Bien que la pandémie grippale soit annuelle, permanente, routinière avec un nombre considérable de malades et de décès, on ne lui attribue pas le qualificatif tant redouté et tant désiré de pandémie. Le terme pandémie est lié à l'exception avec l'image évocatrice de 1918 et ses dizaines de millions de morts, plus que la guerre...

 

Pourtant, selon les données actuelles, le virus en cause paraît plutôt moins dangereux que celui de la grippe saisonnière. Alors, pourquoi en faire des tonnes ? C'est qu'il va devenir beaucoup plus redoutable à l'automne, parole d'experts. Et s'il ne le devenait pas ? C'est trop tard, la machine est lancée et rien ne devra l'arrêter. Le vin va être tiré il faudra le boire, la vaccination pourrait devenir obligatoire...


 

30% de vaccinés pourrait suffire

 

Pourtant, nos plus éminents épidémiologistes pensent, en s'appuyant sur des modèles mathématiques, que 30% de vaccinés serait suffisant et qu'avec 70% on ne gagnerait pas grand-chose. C'est ce qu'écrit Antoine Flahault, directeur de l'école des hautes études de santé publique sur le site de l'école [1]:

 

Il souligne qu'avec une couverture vaccinale mondiale de 30% l'efficacité de la mesure serait "considérable" et que le gain apporté en passant de 30 à 70% serait au contraire "très marginal"

 

Autrement dit, il vaudrait mieux répartir les vaccins sur 30% de la population mondiale plutôt que de viser le 95% chez nous. Comme la production de vaccin sera relativement limitée, il serait contre-productif de préférer vacciner la totalité de notre population française plutôt que de laisser aux pays moins "favorisés" au moins 60% des vaccins qui seraient nécessaires pour cette opération.

 

La France aurait commandé 100 millions de doses de vaccin pour l'automne. Le meilleur usage qu'elle puisse en faire, selon la modélisation d'Antoine Flahault, serait de faire cadeau des deux tiers de cette commande aux pays qui ne pourront les payer. Ne soyons pas égoïstes, pour une fois !

C'est d'ailleurs la demande formulée par le Directeur général de l'OMS et le Secrétaire général des Nations Unies qui ont demandé aux pays riches de faire don d'une partie de leurs stocks (Le Monde du 29 mai 2009).

Confirmation dans Le Quotidien du Médecin du 10 juin qui rapporte les propos du Dr Marie-Paule Kieny de l'OMS : celle-ci "ne recommandera pas la vaccination universelle " et  "s'inquiète que des pays passent actuellement commande de vaccins avec des volumes réservés tels qu'ils compromettent la fourniture de doses aux pays en développement et aggravent par anticipation leur pénurie".

Lire le texte sur  http://www.dorffer-patrick.over-blog.fr/article-32495378.html

En novembre il pourrait y avoir au maximum 500 millions de doses. La France en voudrait 100 millions, les Etats Unis 600 millions et le Québec se prépare pour une vaccination massive...ça fait pas monter les prix !!!

Le 12 juin, lendemain de l'annonce par l'OMS du passage au niveau 6, notre ministre de la santé déclare que si les experts disent qu'il faut vacciner les 65 millions de Français avec 2 doses elle veut être en mesure de fournir les 130 millions de doses nécessaires !

La décision serait donc entre les mains des experts ?

 

 

Si l'Afrique ne déclare pas de cas H1N1 c'est d'abord parce qu'elle a d'autres priorités qui s'appellent paludisme, tuberculose sida comme le disent des responsables de santé publique de ces pays qui considèrent aussi que ce virus H1N1 n'étant pas plus virulent qu'un virus saisonnier il n'est pas utile d'en faire plus.

 

Le 4 mars 2009 j'ai assisté à un colloque organisé à la Maison de la Chimie à Paris sur le thème : "Les vaccins : une excellence française à préserver". Il était organisé par des parlementaires et madame la ministre était venue y faire une allocution.

 

Il y fut dit que l'élaboration d'un vaccin coûtant très cher, plusieurs milliards d'euros, les laboratoires voulaient avoir l'assurance qu'ils pourront écouler leur vaccin avant que celui-ci soit mis au point. Autrement dit, ils veulent une AMM en blanc, voire une recommandation en blanc, c'est à dire le remboursement du vaccin. Et pourquoi-pas son obligation en blanc ?

 

Envisager de généraliser voire de rendre obligatoire un vaccin alors que le produit n'existe pas encore et qu'on en ignore les propriétés est une folie pure et simple. S'il était rendu obligatoire à l'automne comme cela serait envisagé par nos autorités, ses propriétés de nuisances seront découvertes plus tard et, comme d'habitude, elles seront dissimulées pour ne pas casser la campagne...

 

La leçon de la vaccination hépatite B n'a toujours pas été comprise par les autorités qui paraissent de nouveau prêtes à offrir une population captive aux laboratoires, la gravité supposée de la pandémie modèle 1918 justifiant a priori toutes les précipitations, tous les excès et toutes les bavures.

 

 

[1]http://blog.ehesp.fr/pandemie-de-grippe-vacciner-tout-le-monde-est-ce-possible-est-ce-necessaire/

 

[2] http://fr.wikipedia.org/wiki/Orson_Welles

[3] http://www.telesatellite.com/infos/idisp.asp/i/3466   

 

 

 

 

 

Posté par BernardGue à 11:14 - Grippe et pandémie grippale - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



« Accueil  1