02 mai 2009
Grippe A (H1N1) : plus de 100 000 cas au Mexique ?
On peut aussi suivre le fil rouge de la nouvelle grippe A (H1N1) sur ce blog
Une question se pose : comment est-il possible que des touristes étrangers puissent avoir été contaminés au Mexique en aussi grand nombre si on admet qu'il n'y a guère plus de 2000 cas dans une population de 107 millions d'habitants et dans une ville de 20 millions d'habitants comme Mexico ?
Additif (15 mai) : cet article a été publié le 2 mai. Le 11 mai, une étude publiée par la revue Science, en s'appuyant sur les données de l'OMS, indique qu'il y aurait 23000 cas au Mexique. A ce sujet, voir par exemple l'article de Radio Canada.
Faut-il imaginer que des contagieux auraient pu travailler aux guichets des aérogares internationaux avec une constance suffisante ou en étant relayer pas d'autres contagieux? Ou plus vraisemblablement, d'admettre que le nombre de contagieux, malades ou pas, a largement dépassé les 100 000 ?
C'est ce que suggérait Jean-François Saluzzo, le Monsieur vaccin de Sanofi, au journal de la santé du 28 avril, sur la Cinq : le présentateur Michel Cymes faisant remarquer que la proportion de décès parmi les cas reconnus était très élevé (105 morts sur 1600 cas*), mais J.F. Saluzzo fait valoir qu'il pourrait y avoir 150 000 contaminés (voir la vidéo). Même si ce nombre était avancé seulement pour l'exemple, il paraît presque certain qu'il pourrait être au moins de cet ordre là pour la seule ville de Mexico si on veut expliquer un aussi grand nombre de touristes étrangers contaminés.
Une
conséquence est que le plus souvent la maladie sera bénigne et que
beaucoup des Mexicains contaminés auraient guéri sans Tamiflu ni
Relenza.
*Ces nombres ont été revus à la baisse d'après le bilan publié par l'InVS le 2 mai à 17h :
« Le
ministère de la Santé (du Mexique) fait aujourd’hui état de 397
cas confirmés dont 16 décès. »
Le lendemain l'OMS donne 506 cas dont 19 décès pour le Mexique.
Notons aussi que si les 2 cas avérés en France ont été obtenus par séquençage et paraissent donc sûrs, il n'en va pas de même pour ceux considérés comme avérés dans d'autres pays européens : en effet, certains déclarent comme cas avérés ceux qui sont atteints d'une grippe A non saisonnière, ce qui est pour la France une définition des cas probables. Or sur 5 cas probables la France en a écarté 3. Aussi, le nombre de cas avérés réels en Europe est sans doute sensiblement inférieur aux cas déclarés.
Bilan InVS au 2 mai 2009 : 15 cas en Espagne et en Grande-Bretagne, 6 en Allemagne, 2 en France, 1 en Autriche, Suisse, Pays-Bas, Italie.
Voir aussi le site http://www.internationalsos.com/pandemicpreparedness/
La grippe porcine de 1976
Saluzzo fit aussi allusion à l'épisode de grippe porcine de 1976 survenue aux États Unis dans la base militaire de Fort Dix (New Jersey). Après le décès d'une recrue par grippe, on découvre que c'était la grippe porcine qui fera en tout 12 malades. Sur ce seul constat, le président des États Unis, Gérald Ford, affirme qu'une pandémie mondiale est imminente et qu'il est de son devoir et du devoir de son pays de s'y opposer. Il lance en mars l'élaboration et la fabrication d'un vaccin avec lequel 40 millions d'américains seront vaccinés en septembre-octobre, juste avant l'élection présidentielle du 4 novembre.
Cette campagne de vaccination avec un vaccin bricolé à la hâte va tourner au cauchemar avec de multiples incidents graves et des décès. La campagne, qui prévoyait la vaccination de tous les américains, devra être arrêtée et Ford perdra l'élection présidentielle au profit de Jimmy Carter. Il avait fondé l'essentiel de sa campagne électorale sur son rôle de Chevalier Blanc organisant la lutte contre le terrible fléau qui allait s'abattre sur l'Amérique puis le monde entier...
Comme le dit Jean-François Saluzzo, les recherches avaient permis de trouver 230 personnes qui avaient été contaminées sans en souffrir particulièrement. Le virus s'était en fait mal transmis car il était peu adapté à la transmission inter-humaine. Le taux observé de létalité (proportion de décès parmi les contaminés) était donc de 1 sur 230 alors qu'on avait fondé le risque pandémique type grippe espagnole de 1918 sur un taux de 1/12. A noter que le jeune soldat était décédé au cours d'un exercice militaire peut-être trop intense quand on vient d'être infecté.
Voir des vidéos sur les spots de la campagne de 1976 :
http://videos.nouvelobs.com/video/iLyROoafMJXN.html
Une Américaine vaccinée en 1976 contre la peste porcine témoigne (en français) :
http://mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=13409
Voir aussi le blog SOS-Crise qui reprend des articles publiés aux États Unis :
Mensonge politique et désinformation médiatique concernant la grippe porcine
http://sos-crise.over-blog.com/article-30956342.html
Le virus de la grippe porcine a t-il été crée par l'homme ?
http://sos-crise.over-blog.com/article-30920810.html
Commentaires
pas de panique!!
Une des clefs de réussite de cette opération de communication à la fois sanitaire et marketing prend forme à travers le témoignage misérabiliste.
Celui-ci valide le facteur temps, après celui de l’espace promulgué part internet. La temporalité insinue que les rescapés d’ailleurs feront les victimes d’ici.
Quand le doute responsable flirte avec la mise en quarantaine systématique, la société se replie sur elle-même tout en surveillant son voisin.
Dès que l’objet psychose laisse place à l’outil paranoïa, les présomptions deviennent des obsessions qui conduisent à la recherche frénétique d’un nouveau shoot d’information.
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