Après avoir assisté au colloque "Les vaccins : une excellence française à préserver" organisé par des parlementaires, on peut s'interroger sur le véritable mobile : celui de la santé publique ou celui d'une logique économique conduisant à sacrifier la santé des Français pour soutenir un secteur en progression au sein d'une économie mondiale en récession ? 

Mais l'hypertrophie de la bulle vaccinale pourrait conduire à son éclatement. Et là, ce ne seront pas les banques ou les entreprises qui s'écrouleront mais des organismes  humains saturés. Ce propos ne se veut pas hérité de la tradition hygiéniste, il est la résultante d'études récentes même si elles sont encore incomplètes.

 

C'est le mercredi 4 mars que la Maison de la Chimie à Paris, à 2 pas de l'Assemblée Nationale, accueillait le colloque organisé par le sénateur Paul Blanc et le député Yves Bur. Le sénateur est en particulier auteur du rapport d'information "vaccins : convaincre et innover pour mieux protéger".

 

Une synthèse du colloque est disponible en ligne :

http://www.jlml.fr/custom_documents/documents/CR%20colloque%20vaccins_040309.doc


Faire de la France le paradis de la vaccination

Le marché mondial c'est 10 milliards d'euros en progression de 15% par an. Dans le marché du vaccin l'Europe domine : 89,4% des 4 milliards de doses annuelles sont produites en Europe et au sein de l'Europe la France domine et exporte 85% de sa production. 

 

Aussi, pour les initiateurs de ce colloque, il faut "organiser un projet étatique fort autour de la vaccination" et d'abord "établir un plan national pour la vaccination en confiant au médecin traitant le suivi du statut vaccinal, en renforçant la communication sur les vaccins auprès du grand public pour rendre plus accessible l'information officielle sur les vaccins".

 

Pour les vaccins qui posent problème comme le vaccin hépatite B il faut "répondre aux interrogations des Français avec transparence". Et aussi, "améliorer l'attractivité de la France pour la recherche et la production de vaccins...faire évoluer la culture de la prévention dans la population et l'enseignement universitaire".

 

L'objectif est visiblement d'accroître la consommation intérieure en accélérant en particulier  l'utilisation des nouveaux vaccins :

 

Une intervenante a en effet suggéré de réduire encore le délai accordé au CTV et au HCSP pour formuler leurs recommandations d'utilisation du vaccin après obtention de l'AMM. Un expert de l'InVS, qui connait très bien cette question, est intervenu (depuis la salle) pour rappeler que les délais sont déjà très courts et qu'il n'est pas possible de les réduire davantage. D'ailleurs l'InVS a-t-elle vraiment les moyens pour réaliser les études nécessaires dans les temps très courts demandés aujourd'hui ?

Les leçons de l'hépatite B ont-elles vraiment été comprises : en précipitant l'utilisation d'un vaccin on prend le risque de réitérer une affaire analogue.

 

Le vin est tiré il faut le boire !

 

Parallèle avec l'alcool : ce produit illustre les conséquences de la logique économique stricte : si la France est un grand pays de vins et d'alcools c'est d'abord parce qu'une consommation intérieure très importante a permis le développement de cette filière et en assure le maintien aujourd'hui. Cette médaille de l'excellence vinicole a aussi son revers avec des maladies, des crimes, des accidents de la route ou du travail ainsi que le drame d'enfants nés d'une mère grosse consommatrice ("les parents boivent les enfants trinquent" disait très justement un vieux slogan).

Cela est maintenant bien établi : pendant la construction du cerveau, toute consommation d'alcool par la mère, même minime, détruit instantanément les neurones qui  sont en cours d'édification à ce moment là....Même si l'enfant est tout à fait normal, son potentiel sera moins grand. Qu'en sera t-il alors de sa capacité d'attention et de son pouvoir de concentration ? Nous sommes encore trop peu exigeant de ce point de vue alors que ces qualités seront de plus en plus importantes dans un monde de plus en plus complexe et rapide.

Devant les tests scolaires guère favorables aux enfants de notre pays  nous remettons trop facilement en cause le système éducatif alors qu'il faudrait regarder beaucoup plus en amont.

 

Et les vaccins chez l'enfant ? De même, que savons-nous réellement des effets invisibles produits par le BCG à la naissance quand des millions de colonies de bacilles vivants vont s'implanter en différents points de l'organisme ? Comment être certain qu'un être encore en pleine construction ne sera pas profondément et subtilement perturbé, même en l'absence d'effets secondaires notables, quand il reçoit dès l'âge de 2 mois l'hexavalent d'un côté, le prévenar à 7 valences de l'autre, en attendant  le vaccin oral par le rotavirus ?

 

Que savons-nous du cumul de toutes ces vaccinations ?

L'étude de Marc Tardieu d'octobre 2008 a commencé à mettre en évidence son importance en montrant que ce cumul augmentait très significativement le risque de sclérose en plaques. Mais nos Comités d'experts on organisé à son encontre un tir de barrage sans précédent.

 

Or il s'agit visiblement de booster le développement du tissu industriel du vaccin  par l'augmentation de la consommation intérieure. Une fois le tissu  économique en place, il devient très difficile de revenir en arrière, même si le produit apparaît dangereux ou peu utile :

Avec l'alcool on a constaté combien il était difficile de réduire la consommation  sans provoquer de vives réactions de la part des viticulteurs et des restaurateurs. Même la campagne pour rappeler aux femmes enceintes de ne pas consommer d'alcool pendant la grossesse avec mention sur la bouteille a rencontré une vive opposition. On constate aussi régulièrement que  les élus des régions viticoles défendent les producteurs.

 

Il n'existe sans doute pas d'addictions physiologique pour les vaccins mais il existe une véritable "addiction psychologique" liée à l'éducation et l'ambiance pro-vaccinale généralisée et pourtant jugée encore trop molle au cours de ce colloque.

 

Cette "addiction psychologique" est démontrée par l'incroyable adhésion de la population française à la campagne lancée contre l'hépatite B en 1994. Elle se construit en particulier à l'école primaire avec l'image mythique de Pasteur guérissant la rage (personne n'a jamais guéri de cette maladie) et même inventant le vaccin antivariolique (oui, oui !!!). Elle se poursuit par le BCG, alors que son efficacité est des plus réduite et qu'on cherche toujours un vaccin vraiment efficace contre la tuberculose. Puis elle se parachève par la victoire de la vaccination sur la variole alors que les grandes campagnes de vaccination ont été un terrible échec.

 

Sans tous ces conditionnements, la population française ne se serait pas précipitée sur la vaccination hépatite B en 1994-1996 et il est possible que la fameuse affaire franco-française n'aurait pas émergée, permettant ainsi au vaccin hépatite B de poursuivre plus discrètement sa route en France.

 

Les producteurs veulent une garantie d'utilisation

En raison du coût très élevé pour réaliser un vaccin, (plusieurs milliards d'euros) les laboratoires demandent par avance que le marché leur soit ouvert alors que le produit n'est pas encore élaboré ! Autrement dit, ils veulent une AMM en blanc, voire des recommandations en blanc ! Mais promouvoir un vaccin au SEUL motif que c'est un vaccin et que ce terme aurait une connotation très favorable ne va pas sans quelques risques, en particulier celui de déclencher de nouvelles et graves crises sanitaires.

 

Là encore, le vaccin hépatite B illustre parfaitement ce qui peut se produire en agissant ainsi : la vaccination des nourrissons a été lancée très prématurément dans les pays de faible endémie en ignorant tout, et pour cause, de la durée d'efficacité du vaccin. Aujourd'hui, des résultats défavorables commencent à arriver, remettant en cause l'utilité de cette vaccination dans ces conditions (voir sur ce blog:  50% des nourrissons vaccinés ne seraient pas protégés 15 ans après ?). Idem pour l'innocuité insuffisamment testée avant de lancer la grande campagne de vaccination en France.

 

Il faut être conscient qu'en agissant ainsi, de nouvelles crises sanitaires comme celle de l'hépatite B pourront se reproduire. Avec quelles conséquences ? De nouveaux vaccins sont en préparation alors que les vaccins contre les papillomavirus commencent leur carrière et que déjà bien des problèmes surgissent. Faut-il s'en étonner ?

Quand le Gardasil a été lancé sur le marché, il n'était pas possible de connaître des risques inférieurs à 1 sur 4000 (avis du CSHPF 9/03/07). Si le risque de décès est de 1 sur 10 000 et qu'on vaccine chaque année les 400000 fillettes d'une classe d'âge, cela fera 40 morts par an. Des décès se sont déjà produits à la suite de ce vaccin. Bien sûr, ils seront classés coïncidences.

Que penser des chiffres de l'InPES ? Plus de 90% des Français seraient favorables aux vaccinations mais seulement 30% ont fait vacciner leur enfant contre l'hépatite B...Que restera-t-il de la confiance dans l'autorité sanitaire si une nouvelle affaire éclatait ?

 

L'affaire de la vaccination hépatite B n'est pas le fruit du hasard mais la conséquence d'une politique vaccinale dominée par des considérations strictement économique. Avec les vaccins Gardasil et Cervarix nous sommes bien parti pour renouveler l'expérience. Quand les leçons de la vaccination hépatite B seront-elles enfin comprises ?


Sur les vaccins contre le papillomavirus il y a en particulier ces sites

http://www.alterinfo.net/Les-effets-indesirables-du-Gardasil-se-denombrent-par-milliers_a11985.html

http://martinwinckler.com/article.php3?id_article=908