La Question des Vaccins

Moins parler des vaccins et des vaccinations que du discours fait sur eux. Mettre l'expertise à la portée de chacun en montrant le décalage entre ce qui est connu et ce qui est dit.

19 février 2008

Hépatite B : l’Académie veut effacer les conséquences de ses erreurs !

Dans un communiqué daté du mardi 12 février l’Académie de Médecine regrette la relance médiatique de l’affaire de la vaccination hépatite B. Mais qui est responsable de cette relance ? Tous ceux qui ont œuvré pour empêcher les victimes possibles de cette vaccination d’être reconnues et correctement soutenues par la collectivité, tout particulièrement les personnels de santé vaccinés de façon obligatoire et qui, contraints d’abandonner leur métier en raison de leur état de santé, se trouvent aujourd’hui dans des situations impossibles. Ce sont ces situations qui contraignent, bon gré mal gré, des plaignants à poursuivre leur combat, non pour le plaisir de jouter avec les labos mais parce qu’il s’agit de leur survie immédiate. Nos comités de haut niveau qui définissent la politique de santé publique comme l’Académie de Médecine ne l’ont toujours pas compris…Affligeant !

Ce communiqué de l’Académie commence ainsi :

« Une campagne médiatique sur les effets adverses graves de la vaccination contre l’hépatite B se développe à nouveau en France à la suite de la mise en examen des laboratoires producteurs du vaccin. Bien qu’elle concerne leur action publicitaire en 1994, l’accent est mis, par les médias, sur la responsabilité du vaccin dans la survenue de cas de sclérose en plaques (SEP) .

L’Académie de médecine s’inquiète de ces allégations, qui réveillent une fois encore l’inquiétude et les hésitations des médecins vaccinateurs et des personnes à vacciner. Elle rappelle ses prises de positions antérieures, en date du 4 février 1997, du 30 juin 1998 et du 3 décembre 2002. En 2002, déjà, l’évaluation du rapport bénéfices/risques du vaccin faite par l’InVS dans une cohorte d'adolescents et d’adultes à risques montrait que le nombre de porteurs chroniques du virus, de cirrhoses et de cancers du foie évité par la vaccination était très supérieur à celui des éventuels effets secondaires imputés. »

On croît rêver ! Nos académiciens de la médecine seraient-ils incapables de comprendre que si la campagne de vaccination s’était déroulée sans incidents ni accidents personne ne porterait plainte aujourd’hui. N’ont-ils pas compris que la qualification de tromperies aggravées concernant la campagne publicitaire de 1994 est une qualification juridique pour permettre aux plaintes déposées d’être recevables et que si les subtilités juridiques distingueront l’un de l’autre, tout le monde et les médias pensent d’abord aux très graves conséquences imputées à cette campagne de vaccination par les plaignants mais systématiquement niées par les diverses composantes de l’autorité vaccinale.

On croit rêver quand on lit que l’Académie de médecine semble considérer qu’un rapport bénéfice-risque positif serait un argument suffisant pour escamoter le problème des effets secondaires et donc pour laisser les victimes et leurs familles à leur souffrance. Que la vaccination puisse éviter un certain nombre de cirrhose et de cancers du foie est une chose qui ne change rien au fait que des personnes, même peu nombreuses, aient pu souffrir très gravement de cette vaccination imposée à certaines en tant que personnel de santé par exemple. La moindre des choses serait qu’elles soient correctement traitées et indemnisées. Car enfin, si l’affaire rebondit ainsi au niveau de la justice c’est UNIQUEMENT en raison du refus délibéré de prendre ces quelques cas en considération. Le rapport bénéfice-risque est favorable, tant pis pour les victimes ! On veut nous enterrer vivantes disait l’une d’elles.

L’Académie et autres comités de vaccination récoltent ce qu’ils ont semé depuis longtemps et bien avant l’existence du vaccin hépatite B. On retrouve en effet dans ces attitudes et prises de positions celle qui prévalait au temps de la vaccination antivariolique où les très graves victimes de cette vaccination, par encéphalite par exemple, n’avaient qu’à souffrir en silence ainsi que leurs familles sans aucun soutien de la collectivité puisque le rapport bénéfice-risque était jugé favorable…Puisque ces victimes étaient considérées comme devant être fort rares elles n’auraient pas coûté bien cher à la collectivité. En 1975 j’ai rencontré la mère d’un tel enfant : son fils, vacciné tout jeune contre la variole, était devenu épileptique à raison de 4 crises par jour. Il a vécu ainsi 20 ans. Sa mère a dû abandonner son métier pour s’occuper de lui à temps plein. A cette époque aucune loi ne permettait la prise en charge de victimes de vaccinations obligatoires…Cette famille a vécu un véritable calvaire dont pourtant cette femme m’a paru sortir grandie. L’attitude de l’autorité vaccinale n’a guère évolué depuis cette époque. Les SEP du vaccin hépatite B valent en gravité les encéphalites du vaccin antivariolique. D’ailleurs cette affaire me rappelle à plus d’un titre l’époque des années 60-70 avec la bataille sur la fréquence des encéphalites post vaccinales. A l’époque elles étaient jugées fort rares en France, 1 cas pour 1 à 2 millions de vaccinations. Mais le rapport de l’InVS rédigé en octobre 2001 par les experts Daniel Lévy-Bruhl (InVS) et Nicole Guérin (Comité technique des vaccinations) sur le sujet était beaucoup plus pessimiste, ce qui fit dire au ministre de l’époque, Bernard Kouchner, qu’une campagne généralisée de vaccination antivariolique en France ferait au moins 300 morts. 

On retrouve aujourd’hui avec la vaccination hépatite B les mêmes problématiques, les mêmes attitudes, les mêmes souffrances balayées avec le même mépris. Tout comme d’ailleurs dans l’affaire de l’hormone de croissance. Il n’y avait qu’une seule solution pour éviter que cette affaire de l’hépatite B s’auto-entretienne et rebondisse : reconnaître au bénéfice du doute et indemniser correctement les victimes possibles de cette vaccination, même en l’absence de preuves irréfutables. Ce fut la politique menée par le professeur Lucien Abbenhaïm quand il était Directeur général de la santé. Il avait ainsi facilité l’indemnisation d’un certain nombre de personnes. Sont-elles plaignantes aujourd’hui ? Non bien sûr. Si des personnes portent plainte maintenant c’est parce qu’elles n’ont pas bénéficié de ce dispositif rapidement abandonné au profit d’une attitude intransigeante : pas de preuve = coïncidence afin de soutenir l’innocuité du vaccin plutôt que de faire la part du feu. On voit les conséquences de ce choix qui se voulait tactique et habile et est en réalité désastreux. Ceux qui l’ont fait se plaignent de l’enfant qu’ils ont eux-mêmes engendré ! J’ai entendu un expert de l’Afssaps, Mme A. Castot, dire aux journées de veille sanitaire de novembre 2007 « nous avons un réel problème de communication. Nous n’avons pas été formé pour cela. » C’est le moins qu’on puisse dire !

L’Académie conclut son communiqué ainsi :

« L’Académie de médecine constate que la couverture vaccinale du nourrisson et de l’enfant demeure très faible en France (25%), contrairement aux autres pays européens et du continent nord-américain. En 2003-2004 on observait 600 nouveaux cas d’hépatite B annuels, dont la moitié aurait pu être évitée si les recommandations de vaccination avaient été suivies, et l’on estimait à 280000 le nombre de porteurs de l’Ag HbS en France. Les craintes actuelles à l’égard de la vaccination, injustifiées, vont encore aggraver cette situation. L’Académie nationale de médecine affirme à nouveau l’importance de la vaccination contre l’hépatite B, souligne la cohérence en terme d’efficacité et de sécurité des recommandations de vaccination contre l’hépatite B des nourrissons avec rattrapage jusqu’à 13 ans, rappelle les données scientifiques montrant son absence d’imputabilité dans la SEP chez les enfants et les adolescents et insiste sur le risque qu’il y a, pour la France, à laisser persister une protection aussi faible contre cette redoutable maladie. »

 Dans toute cette affaire c’est moins le vaccin qui est en cause que l’attitude des différentes composantes de  l’autorité vaccinale. Le vaccin mérite peut-être mieux que cette attitude. Les premiers adversaires des vaccins ne sont pas ceux qu’on croit mais leurs plus grands zélateurs. S’ils se désolent de voir que la vaccination des nourrissons est en panne dans notre pays et que cela pourrait entretenir l’hépatite B chronique ils en portent la principale responsabilité. Si le vaccin est une arme efficace dans cette guerre contre le virus de l’hépatite B, les morts et les blessés du combat ont droit à un minimum d’égards. C’est pour avoir oublié ce principe fondamental d’humanité que l’affaire rebondit aujourd’hui.

Posté par BernardGue à 16:59 - L'hépatite B - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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