La Question des Vaccins

Moins parler des vaccins et des vaccinations que du discours fait sur eux. Mettre l'expertise à la portée de chacun en montrant le décalage entre ce qui est connu et ce qui est dit.

23 décembre 2007

BCG SSI : peut-on réussir la vaccination ciblée ?

Pendant 18 mois la vaccination généralisée et obligatoire par le SSI remplaçant le Monovax a été une catastrophe. L’impréparation fut totale, médecins et familles étaient désemparés, abandonnés par les institutions vaccinales qui n’avaient pas su anticiper malgré l’expérience des autre pays. Avec 2 ans de retard l’Afssaps tente de réagir pour essayer de mieux gérer la pratique de la vaccination BCG SSI. Dans ce but elle propose en effet :

 1- une fiche « Mon enfant a été vacciné par le BCG », qui sera distribuée aux familles lors de la délivrance d’une dose du vaccin BCG.

 2- une affichette qui résume les principaux messages à destination des patients. Les médecins sont invité à la mettre en évidence dans leur cabinet ou salle d’attente. Cette affichette reprend la fiche précédente avec les « les 7 règles d’or » à respecter après une vaccination BCG SSI.

 3- une mise au point sur la prise en charge des abcès locaux et des adénopathies consécutifs à la vaccination BCG.

Tous ces documents sont en ligne sur le site de l’Afssaps. Dans leur principe, de tels documents étaient indispensables. Dans leur principe, c’est à dire avec l’intention de fournir aux familles et aux médecins des informations sur les problématiques de cette vaccination. Ces documents seront-ils suffisants et satisfaisants ? Permettront-ils de vacciner dans de bonnes conditions les enfants considérés comme devant l’être par les recommandations ? Cet article veut apporter des éléments d’appréciation :

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21 décembre 2007

Vaccination BCG : l’Afssaps se réveille !

 

Mieux vaut tard que jamais !


BCG : l’Afssaps vient de mettre en ligne une lettre aux prescripteurs où elle présente sa campagne d’information sur les complications locales et régionales de cette vaccination. Ce, 2 ans après le début de l’utilisation exclusive du BCG SSI dans le cadre d’une vaccination obligatoire exigée pour l’entrée en crèche ! A croire qu’il s’agissait d’un nouveau vaccin et qu’on ne savait pas !

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18 décembre 2007

Entre l'obsession de la couverture vaccinale et la démocratie sanitaire

La nécessité d’évoluer rapidement vers la démocratie sanitaire est prise très au sérieux par nos experts de la santé publique qui considèrent l’obligation vaccinale comme un archaïsme hérité de la première moitié du XXe  siècle, injuste, car ne prenant pas en compte un gradient de risque, et sans souplesse, car incapable de s’adapter rapidement à l’évolution épidémiologique. Mais une obsession les taraude : et si cela faisait chuter la couverture vaccinale ?

Dans ce nouvelle article je vais essayer de rendre compte de 3 communications faites aux journées de veilles sanitaire organisées par l’InVS les 29 et 30 novembre 2007 à la Cité des Sciences à La Villette (Paris). Il s’agit :

1- Politique vaccinale et démocratie sanitaire par Didier Torny sociologue à l’Inra (le résumé).

2- Attitude vis à vis de la vaccination du grand public et des médecins libéraux par N.Nicolay de l’InVS (le résumé).

3- Evolutions récentes et perspectives pour le suivi de la couverture vaccinale chez l’enfant par J.P Guthmann de l’InVS (le résumé).

En effet, ces 3 thèmes peuvent se recouper et se compléter utilement. J’ai pris des notes à la volée et il ne m’est pas possible de reconstituer l’ensemble de ces communications pour lesquelles il existe des résumés.

Politique vaccinale et démocratie sanitaire

Didier Torny, semble avoir eu un parcours un peu atypique : après avoir obtenu son diplôme d’Ingénieur de l’Ecole Centrale de Lille, il s’oriente vers la sociologie pour obtenir le titre de docteur en sociologie pour intégrer l’INRA en 2003 après un post-doctorat à l’INSERM. Il est le seul sociologue à s’être intéressé à la sociologie de la politique vaccinale et à « ses tensions internes ». Il est l’auteur d’une étude sur l’obligation vaccinale : « Libertés individuelles et santé collective » C’est une étude socio-historique de l’obligation vaccinale publiée au Cermes, le centre de recherche en médecine, sciences santé société, en novembre 2004.

C’est sans doute pour cette raison qu’il était devenu membre du CTV et du CSHPF sous la présidence de Christian Perronne qui présentait aussi une communication. Daniel Lévy-Bruhl, modérateur du débat, nous dira qu’au CTV il est  "notre poil à gratter".

D. Torny nous dira qu’en France « la mobilisation sociale autour des vaccinations reste relativement limitée » et qu’elles donnent lieu « à très peu de discussions dans l’espace publique », ce qu’il semble regretter. Dans son analyse de la politique vaccinale il note :

 

1- Les vaccins sont-ils des médicaments comme les autres ?

Ils sont un peu spécifiques car destinés à des personnes saines qui vont avoir un contact volontaire avec une substance toxique, d’où une attention toute particulière portée aux effets secondaires et néfastes et aux victimes du vaccin.

2- L’infantilisation de la population par des obligations qui font des adultes non responsables. L’obligation, en apparence égalitaire, est en réalité injuste car ne prenant pas en compte un gradient de risque.

3- L’action collective des vaccinations avec le rôle moteur de la puissance publique pour mettre en œuvre des schémas de vaccination à effet collectif avec des vaccins altruistes. Mais l’obligation manque de souplesse en ne permettant pas l’adaptation à l’évolution épidémiologique.

4- La visée d’éradication : pour la variole, son éradication « a été vendue comme ça », c’est à dire obtenue par la vaccination. Il sait très bien que ce n’est pas le cas. Aussi, l’efficacité partielle est perçue comme un échec (grippe, BCG).

5- « Le pouvoir magique du geste vaccinale » : contre le cancer et le sida on espère un vaccin…

De ce point de vue j’ajouterai que le vaccin a récupéré la fonction psychosociale jouée par l’amulette ou le talisman dans d’autres cultures. Je ne dis pas que le vaccin n’a pas plus d’efficacité qu’une amulette, je dis seulement que les populations attendent inconsciemment de lui qu’il protège comme d’autres populations le pensaient pour l’amulette. Il a ce pouvoir magique de libérer de nos angoisses face à la maladie : "si on avait un vaccin contre le sida cela éviterait xxx milliers de morts par an en Afrique " (citation authentique avec un nombre xxx que j’ai oublié). On pourrait tout aussi bien dire " si on avait une amulette contre le sida cela éviterait…" En 1984, après la découverte du virus du sida, le professeur Montagnier dira : "maintenant qu’on a le virus on peut espérer un vaccin dans 10 ans". On attend toujours…

6- Un acteur commun, les firmes productrices : elles inspirent le soupçon de l’intérêt financier. Le Texas voudrait rendre obligatoire le Gardasil ! Cela a déclenché une intense campagne d’opposition où le Viox, de sinistre mémoire, et le Gardasil, produit par la même firme (Merck), sont associés sur des affiches hostiles qui nous ont été présentées et qui circulent au Texas.

7- Une expérimentation de grande envergure sur la nature où l’immunité naturelle est remplacée par une immunité artificielle avec pour objectif le contrôle de la nature.

8- Une expérimentation sociale avec les obligations vaccinales et l’indemnisation des victimes. Avec aussi les inévitables débordements de la promotion vaccinale (VHB, Gardasil). Ou encore rester au milieu du gué avec une couverture vaccinale suboptimale (rougeole).

9- La critique de l’obligation vaccinale : le choix du patient et le choix du médecin sont court-circuités.

Cela conduit à la recherche d’alternatives à l’obligation vaccinale avec des recommandations graduées et une mobilisation sociale de santé publique. La question :

« Comment s’assurer, dans un cadre démocratique, que médecins et patients feront ce qu’on leur recommandera de faire ? »

Il ne peut pas y avoir d’assurance de cette nature qui soit à 100%. Pour les enfants, en population générale, 4 injections de DTP restent encore obligatoires. On dit souvent qu’il n’y a plus qu’un seul vaccin obligatoire et cela fut dit au cours de cette journée de veille sanitaire. Et si c’était un hexavalent ? Non, le DTP c’est 5 vaccins avec la diphtérie, le tétanos et les polios types 1, 2 et 3, ce qui fait 20 vaccinations obligatoires en tout entre l’âge de 3 mois et 18 mois.

Devant les difficultés rencontrées pour l’éradication de la polio et constatant que le type 2 avait disparu, l’OMS a obtenu, après quelques réticences, que les laboratoires produisent des vaccins oraux monovalents de type 1 et de type 3. Elle les considère comme plus efficaces que le trivalent. On pourrait donc très bien supprimer la valence de type 2 dans le composé vaccinal imposé aux petits Français. On pourrait alors avoir un vaccin plus efficace et un peu moins nocif car plus on ajoute de valences et plus le vaccin est agressif, quoi qu’on nous dise. Ce n’est pas l’affaire des vaccins hexavalents en Allemagne qui va nous persuader du contraire.

De plus, pourquoi lier la diphtérie et les polios au tétanos ? Pourquoi n’est-il pas possible de vacciner un enfant contre le tétanos sans le vacciner aussi contre la diphtérie et 3 types de polio ? Pour la commodité des laboratoires ! Le vaccin contre le tétanos ne devrait pas être obligatoire selon nos normes juridiques fondamentales, celui-ci ne pouvant assurer une protection mutuelle, seule condition en accord avec nos principes juridiques, comme nous l’avait exposé le professeur de droit Didier Truchet à l’audition sur le BCG (voir en annexe de cet article un extrait de son intervention).

Alors, pourquoi ne pas supprimer, dans un premier temps, l’obligation du vaccin antitétanique pour se mettre en conformité avec notre Droit ? Une incitation vaccinale analogue au port du casque en vélo, "pas obligatoire, juste indispensable" pourrait être acceptable. Il est même probable que si les labos proposaient un vaccin pour enfant contre le seul tétanos, la couverture vaccinale deviendrait plus importante qu’avec le DTP.

D. Torny présente l’obligation vaccinale comme ayant été une idée de gauche, pour assurer le remboursement, alors que la politique libérale serait de rembourser les vaccins recommandés.

« Nous payons l’héritage de la vaccination hépatite B dont l’objectif était l’arrêt de la transmission en vaccinant une génération complète alors que la vaccination a été vendue comme égoïste. Aussi, le bénéfice-risque individuel est seulement discuté. »

Je ne suis pas convaincu que ce soit le bénéfice-risque individuel qui alimente l’essentiel du débat sur cette vaccination. La propagande de lancement a exagéré les risques de la maladie au delà de toute décence :

 " L’hépatite B tue en un jour plus que le sida en un an". "L’hépatite B se propage par la salive". Les statistiques sur le nombre de cas et leur gravité ont été gonflées à l’hélium. Quand les premiers cas graves sont apparus on nous a dit qu’il était prouvé que le vaccin était sans danger. Quand l’accumulation des cas est devenue trop importante on nous a dit qu’il n’était pas prouvé que le vaccin était dangereux, notez la nuance ! Puis, après nous avoir dit que les adultes devaient se faire vacciner tous les 10 ans en raison de la transmission sexuelle, on nous annonce que le vaccin est efficace toute la vie s’il est réalisé avant l’âge de 13 ans (alors qu’on n’a pas un recul de 30 ans depuis sa découverte) et qu’en conséquence les rappels chez l’adulte, même exposé, ne sont plus nécessaires… Et j’en passe…Et "ils" voudraient qu’on leur garde notre confiance…Un vendeur d’aspirateurs a réussi à nous vendre un de ses appareils qui nous pète à la figure en nous crevant un œil. Le vendeur se représente pour nous proposer un fer à repasser dernier cri et nous devrions lui acheter en toute confiance !!! Il y a des limites à tout et sur cette affaire elles ont été très largement dépassées.

NON ! Le problème majeur posé par la vaccination hépatite B en France est celui d’une très importante et profonde crise de confiance entre la population et les acteurs de notre santé publique. Cette confiance ne se rétablira pas par un passage en force qui ne fait qu’aggraver la crise, mais en disant la vérité, en reconnaissant les victimes, en les indemnisant correctement (et ce n’est pas du luxe vu l’état dans lequel elles sont), y compris au bénéfice du doute.

Attitude vis-à-vis de la vaccination

Sur le second exposé je vais être plus bref, d’abord parce que j’ai pris moins de notes, ensuite parce que l’enquête ici relatée, dite enquête Nicolle, sur l’attitude du public et des médecins vis à vis de la vaccination, sera bientôt publiée. Il y avait de nombreux tableaux statistiques que je n’ai pu noter mais il sera possible d’y revenir.

Le résumé nous dit que plus de 50% des personnes interrogées (4112 participants) sont en faveur de l’obligation vaccinale. Cependant, cela ne dépasse pas 60 %, dépend de l’âge, de la région et du niveau d’étude : les âges les plus favorables à l’obligation sont les 18-24 ans (parce qu’ils sortent du moule de l’école et n’ont pas encore l’expérience avec leurs enfants ? NDLR) et les plus de 64 ans ( question d’âge ou de générations ? NDLR). L’enquête a montré que plus le niveau d’études était élevé et moins les personnes interrogées étaient en faveur de l’obligation : à bac+ 5 on descend à 45,9% (fait constamment vérifié par d’autres enquêtes mais non relaté dans le résumé qui, tout en faisant allusion à cette cause de variation, ne donne aucune indication sur son orientation …Le même phénomène a été observé à Londres selon les enquêtes relatées au cours de ces journées de veille sanitaire). A bac+ 5, 54% des personnes interrogées sont donc en faveur de la suppression de l’obligation et toutes classes d’âges confondues c’est environ 45%.

Le résumé conclut ainsi :

« si la vaccination reste largement acceptée par la population et les professionnels de santé, elle ne s’impose plus comme une intervention indiscutable. »

« Il apparaît donc prioritaire de poursuivre les efforts entrepris pour améliorer l’accès à une information adaptée et transparente sur les justifications et les enjeux des stratégies vaccinales recommandées. »

La couverture vaccinale chez les enfants

Pour le troisième exposé sur la couverture vaccinale, l’enquête est en ligne dans le BEH n°6 du 13 février 2007 sur le site de l’InVS. Elle est déjà ancienne : menée en 2001-2002 en CM2, en 2002-2003 en maternelle et en 2003-2004 en classe de 3e.  C’est bien le constat fait par l’intervenant : « délai long entre l’acte vaccinal et la disponibilité de l’information », elle est ainsi «  très peu réactive aux changements du calendrier ».

Pour avoir des informations dans de meilleurs délais il y a les achats et ventes par les pharmacies, les grossistes et les labos, par mois et par départements. Mais cela ne donnera aucun renseignement sur l’âge des personnes vaccinées. Dans les réunions internationales, les données de la France sont toujours en blanc, contrairement aux autres pays. Cela irrite Christian Perronne qui demande que l’on communique les données de l’année n-2 et non pas celles de l’année n-1 comme le font sans doute les autres pays.

Pour les données de la couverture vaccinale à 5-7 ans, le BCG est à 99,9%, le DTP à 96%, la coqueluche à 92,3, le Hib à 63,5 ; l’hépatite B à 33,5 (42,4 à 15 ans), le ROR à 93% pour une dose.

Ainsi, on est ravi d’apprendre que la CV pour le BCG atteint les 99,9% !!! Mais ce qui serait intéressant c’est la CV en 2006 et 2007 avec le SSI. D’ailleurs 99,9% de vaccinés à 5-7 ans c’est déjà beaucoup avec les inévitables contre-indications. C’est un taux d’élection dite démocratique dans un pays qui ne l’est pas. Un médecin à la retraite me racontait qu’il n’avait jamais fait un seul BCG et qu’il vaccinait avec le stylo quand la famille était sûre ou dans le coton quand les familles réclamaient le vaccin !!! On devrait donc s’interroger sur la réalité de ces taux exceptionnels de vaccination. La PMI de Paris par exemple exigeait le BCG pour toute entrée en crèche ou garderie, la contre-indication n’étant pas acceptée : « la contre-indication ne relève pas du mode de garde collectif » déclarait une responsable de la PMI de Paris à l’audition BCG tout en nous présentant l’enquête de ses services sur les simulacres de vaccination et les faux certificats…(diaporama de Véronique Dufour, diapos 17 et 18). Voilà l’effet délétère produit pas des contraintes excessives et en l’occurrence illégales. Les nombres ne veulent plus rien dire et ici, pour le BCG, c’est plus que hautement vraisemblable. D’autant que la couverture pour le DTP est de 96% au même âge. Y-aurait-il plus de contre-indications pour le DTP que pour le BCG Monovax ? C’est fort douteux.

La vaccination hépatite B est considérée comme « la plus problématique avec une couverture qui a nettement diminuée par rapport à celle estimée lors de la précédente enquête menée en 2000-2001 en classe de 3e auprès de générations d’enfants qui avaient bénéficiés des campagnes de vaccination en classe de 6e : la couverture est passée de 62,4% à 42,4%. Les données pour les enfants âgés de 11 ans ne montrent pas de mise en œuvre d’un rattrapage comme le préconise le calendrier vaccinal. »

J’aime à dire qu’en football on ne gagne pas un match en demandant à ceux qui tiennent le panneau d’affichage de le modifier en notre faveur, mais en allant sur le terrain pour jouer, en s’entraînant pour progresser et marquer les buts nécessaires. Ce principe fondamental s’applique à tous et pour toutes choses. Si nos experts en vaccination veulent que la CV de l’hépatite B remonte, il leur faudra descendre dans l’arène pour venir s’expliquer devant la population sur leurs incroyables affirmations et contre-affirmations dont ils nous ont abreuvés depuis octobre 1994. Ce sera une autre affaire que de formuler une recommandation dans un calendrier… Allons, un peu de courage !

La couverture vaccinale : une mesure de la santé de la population ?

Tous ces experts semblent être obnubilés par la CV et ses variations. C’est l’obsession absolue. Mais que vaut ce thermomètre pour évaluer si la santé de la population s’améliore ou se détériore ? Ils ne se posent pas la question. Ils ont une mission : évaluer la couverture et proposer des solutions pour la faire progresser. Ils ont l’œil rivé sur la fameuse couverture comme d’autres sur la courbe des ventes ou sur la ligne Maginot. Mais les virus pourraient bien se jouer de cette fortification comme cela se produit actuellement avec la polio en Inde et au Nigeria.

A l’audition BCG, après une journée et demi d’interventions d’experts, un médecin de terrain est venu nous dire la réalité du médecin de ville et de campagne (diaporama médecin traitant). Auparavant, il était venu me dire quelques mots tout en prenant son café. Il nous a fait du bien en nous remettant les pieds sur Terre et la tête face à la réalité du malade. Je me suis alors demandé qui étaient les meilleurs : les experts de haut niveau qui jouent avec les chiffres devant leurs ordinateurs ou ces médecins de terrain, seuls face à la souffrance de leurs malades et qui n’ont pas droit à l’erreur. Quelques semaines plus tard, à la télé régionale, j’ai revu ce médecin suivi par la caméra dans sa tournée de campagne, allant de malades en malades alors que les grands experts vont de colloques en colloques...C’est un médecin allopathe et qui vaccine, mais c’est un homme de valeur, un vrai médecin se fiant à son expérience plutôt qu’aux statistiques des experts.

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15 décembre 2007

L’Afssaps cherche à tirer les leçons de la vaccination hépatite B

« Il existe une sous notification très nette des effets indésirables des vaccins. Le calcul bénéfice-risque de la vaccination hépatite B a été très contesté en France. Mais avait-on toutes les données pour soutenir ce discours ? » Tels furent les propos tenus par la représentante de l’Afssaps le 30 novembre 2007 aux journées de veille sanitaire organisées par L’InVS.

Au cours de cette seconde journée à laquelle j’ai assisté il y eut plusieurs communications sur le thème des vaccinations dont celle de Mme A.Castot du département de l’Afssaps chargé de la surveillance du risque ainsi que du bon usage et de l’information sur les médicaments. Le titre de sa communication dont on peut lire le résumé « La pharmacovigilance des vaccins aujourd’hui et les leçons de la vaccination contre l’hépatite B ». J’ai pris quelques notes à la volée et, en m’aidant du résumé, je propose cet article.

L’Europe et le rôle de l’Assaps

Mme A.Castot va d’abord rappeler que l’Afssaps (l’agence de sécurité sanitaire des produits de santé) est la seule agence à disposer d’un pouvoir de décision : elle peut délivrer des AMM et pénaliser un laboratoire par exemple. Le principe fondamental de son fonctionnement est « Indépendance et transparence ». Depuis 2 ans, tous les avis, décisions ou autres sont sur le site de l’agence. C’est une obligation européenne. Depuis 1995 la gestion du médicament, le terme médicament incluant le vaccin, est européenne. Les AMM sont délivrées au niveau de l’Europe, la règle étant « l’harmonisation à tout prix. Tout doit remonter à l’Europe et être discuté à l’Europe. »

Historique de la vaccination hépatite B en France

Mme A. Castot va présenter quelques grandes étapes de cette vaccination dans notre pays.

 1991 : lancement par l’OMS de la campagne d’éradication mondiale de l’hépatite B

 1993 : le CSHPF recommande la vaccination des nourrissons et des adolescents

 1994 : lancement de la campagne chez les enfants scolarisés.

Il s’agissait, nous dira t-elle, de vacciner toute une génération pour stopper la transmission du virus. Mais, ajouta-t-elle, il y a « une absence de données épidémiologiques précises sur l’hépatite B en France. Il ne sera donc pas aisé de mesurer l’impact de la vaccination sur une durée aussi courte ».

Pourtant, souvenons-nous, à l’époque des chiffres nous ont été présentés d’une façon très assurée et apparemment il y avait suffisamment de données pour pouvoir affirmer par exemple « que l’hépatite B tuait en un jour plus que le sida en un an !»

De 1994 à 1998 elle indiqua qu’il y a eu 22 millions de vaccinations dont 6 à 7 millions chez les moins de 16 ans.

Le rejet de l’Europe

Mme A. Castot nous dira « que les premiers cas d’atteintes neurologiques ont été rapportés au réseau pharmacovigilance dès fin 1993 » soit donc un an avant le grand lancement de la campagne contre l’hépatite B par le ministre en octobre 1994. La France a alors présenté à l’Europe ses premières constatations sur les risques du vaccin hépatite B qui apparaissaient dans notre pays. Mais, nous dira-t-elle, les observations et propositions françaises ont été fermement rejetées par les autres pays et tout particulièrement par l’Allemagne ?

L’expression "Rejet de l’Europe" apparaît alors en rouge sur l’écran reproduisant les grandes lignes de son exposé.

J’ajoute que l’Allemagne, moins échaudée que nous vis à vis du vaccin hépatite B, connaîtra un peu plus tard une douloureuse expérience avec l’utilisation assez importante des vaccins hexavalents. Mme Castot y fera d’ailleurs allusion. 

La crise sanitaire

Nous allons alors entrer en France, poursuit Mme A. Castot, dans une véritable crise sanitaire avec une campagne médiatique, des témoignages publiques de victimes, l’interpellation de l’Etat et les premiers procès au tribunal de Nanterre. Elle tente alors « d’expliquer ce dérapage » :

1- « On a compris qu’il existait un risque mal identifié. » Il y avait « obligation d’aller à l’Europe mais on n’a pas été suivi au niveau européen ».

2- Elle parle « d’incidents en milieu scolaire avec l’utilisation du vaccin HbVax 10 µg/ml qui était mal toléré et en fait mal adapté alors qu’il aurait fallu utiliser un vaccin dosé à 5 µg/0,5ml non disponible malgré une AMM européenne ».

3- Insuffisance du dispositif mis en place : la première étude commence en octobre 1997 et débouche sur « une association causale mal établie, avec des enquêtes épidémiologiques qui ont tardé. Si les résultats sont convergents, ils ne sont pas significatifs. Quand le Revahb (réseau vaccination hépatite B) sera crée en 1997 pour recueillir les témoignages des victimes, l’Afssaps rencontrera cette association et étudiera les témoignages recueillis. Pour l’Afssaps, la conclusion principale de ces enquêtes sera qu’on ne peut écarter un risque faible ».

Ce fut d’ailleurs la conclusion de la réunion de consensus de novembre 2004, présidée par le professeur Marc Brodin.

 Octobre 1998

Pour Mme Castot, en octobre 1998, soit 4 ans exactement après le lancement de la campagne, « il y avait urgence pour les pouvoirs publics de prendre une décision. Le vaccin restera recommandé chez le nourrisson et sera réservé aux adultes à risque »

Mai 2007

La commission nationale réunie à ce sujet conclura :

« Toutes les données recueillies depuis plus de 10 ans chez les adultes et les enfants ne s’opposent pas aux recommandations actuelles en matière de vaccination contre l’hépatite B. »

La leçon retenue

Les études préliminaires, avant l’obtention de l’AMM, étant réalisées sur un nombre limité de personnes, elle ne peuvent exclure des effets nocifs pouvant apparaître sur des populations plus importantes. Aussi, « on doit admettre la possibilité de risque émergent après l’obtention de l’AMM » ; Mme Castot souligne aussi « la nécessité de connaître l’épidémiologie de la maladie prévenue par le vaccin » et reconnaît d’une manière générale « une sous notification très nette des effets indésirables des vaccins » ainsi que la nécessité « de faire de la détection de signal » afin de dépister le plus tôt possible « un risque émergent après AMM ». Elle souligne la nécessité d’avoir « une démarche plus prospective » pour capter « un signal faible, pour ne pas attendre trop longtemps ».

Un problème de communication

Au cours du débat qui suivi il fut observé que la communication avait un grand rôle à jouer. Mme A.Castot a honnêtement reconnu « qu’on a vraiment un problème pour gérer les crises sanitaires ; on n’est pas formé pour ça ».

Un aveu qui faisait plaisir à entendre. L’autorité se méprend souvent lourdement sur les réactions que pourraient avoir les populations. Ces dernières comprennent fort bien qu’on ne peut gagner une bataille sans qu’il y ait des morts et des blessés. Elles en ont souvent fait l’expérience. Mais elles n’acceptent pas que les morts et les blessés soient mis au compte de la coïncidence et ne soient jamais reconnu. Il faut aussi que l’enjeu et la stratégie de la bataille soient expliqués. En 1917 des poilus se révoltèrent dans les tranchées : ce n’étaient pas des déserteurs, ils ne refusaient ni de se battre ni de mourir mais ils refusaient de se faire massacrer pour rien. Il en va de même dans les grandes opérations de santé publique, il faut que les objectifs, les stratégies et les risques soient clairs. Vouloir éradiquer l’hépatite B est une chose, avoir les moyens de le faire en est une autre. 

Communiquer = dire la vérité ?

La technique de communication c’est quoi ? L’art de faire accepter ce qu’on souhaite faire croire et penser ! L’un des problèmes avec les vaccinations est qu’il faut réaliser cet objectif avec un seul et même discours destiné à une population extrêmement variée avec des niveaux culturels très différents. Le même discours pour le charcutier, le jardinier, l’ouvrière, l’immigré, le chercheur scientifique, le professeur d’université et l’homme d’affaire, autant résoudre la quadrature du cercle. Cela pouvait fonctionner avec de vieux vaccins comme le DTP, mais avec les nouveaux vaccins et le vaccin hépatite B sur les bras c’est une autre affaire…

Au cours de la même journée de veille sanitaire, une Britannique, E.Kissling, nous a présenté en excellent français les résultats d’une campagne de vaccination ROR de rattrapage réalisée à Londres pendant l’hiver 2004-2005. Il est apparu que si les familles qui ne renvoyaient pas le questionnaire de consentement résidaient le plus souvent dans des quartiers déshérités, celles qui le renvoyaient en refusant la vaccination étaient les plus souvent dans des quartiers favorisés, avec des enfants plus jeunes que les consentants et souvent dans des écoles privées. La crainte de l’autisme revenait très souvent. La liaison ROR-Autisme, " une très mauvaise publicité" nous a dit l’intervenante.

Une autre étude les bébés à risque d’hépatite B à Londres et qui ne sont pas vaccinés nous a également été présentée. L’un des objectifs était d’identifier les facteurs de non vaccination. L’un des principaux mis en évidence : les informations données à la maman dans une langue qu’elle puisse comprendre.

L’objectif de ces études est de mieux cerner les causes des échecs des campagnes de vaccination et de rechercher un discours permettant une meilleure adhésion. De ce point de vue, la campagne menée en France à partir d’octobre 1994 en faveur de la vaccination hépatite B est un modèle du genre puisqu’elle entraîna l’adhésion immédiate et massive de 22 millions de Français. On connaît la suite…Encore faut-il que le produit soit à la hauteur de l’annonce si on veut s’inscrire dans la durée.

Quand l’improbable devient certitude

Pour expliquer une des causes de cet échec il faut savoir que quand une AMM est délivrée, le vaccin a alors été expérimenté en essai de phase 3 sur seulement quelques centaines, tout au plus quelques milliers de personnes. Ainsi, un risque de décès de 1/10 000 peut fort bien ne pas apparaître. Un accident ayant un risque inférieur à 1/10 000 et d’au moins 1/1000 est classé rare selon les normes de la pharmacovigilance; à partir de 1/10 000 il est considéré comme très rare. Mais tout dépend du nombre de vaccinations effectuées. Si on vaccine 1 millions de personnes par an on pourrait avoir une centaine de décès par an alors que l’événement est considéré comme très rare ! A titre indicatif, l’avis du CSHPF du 9 mars 2007 sur la vaccination à papillomavirus (Gardasil) précise que les essais réalisés à ce jour ne permettent pas de dépister un risque inférieur à 1/4000 alors que ce sont 400 000 jeunes filles par an, sans parler d'un éventuel rattrapage, qui sont candidates à cette vaccination :

 « la tolérance de ce vaccin a été satisfaisante mais les effectifs ne permettaient pas de détecter un effet indésirable dont l’incidence serait inférieure à 1/4000 » ( www.hcsp.fr ).

 

Une telle classification faite sur la probabilité est aberrante et témoigne, une fois de plus, de l’incompétence des experts épidémiologistes en statistique : en effet, une telle classification qualitative doit se faire sur le nombre moyen de cas attendus, ce qu’on appelle aussi l’espérance mathématique du nombre de cas, et non pas sur la probabilité d’apparition de ces cas. C’est absolument élémentaire. Si je lance 10 fois une pièce équilibrée, l’espérance mathématique du nombre de piles sera 5 ; si je la lance 1 milliard de fois elle sera 500 millions.

La probabilité à elle seule ne donne aucune information et peut au contraire être trompeuse. On pourrait penser qu’un événement ayant une chance sur 14 millions de se réaliser ne se produira pratiquement jamais. Pourtant c’est celle d’avoir les 6 bons numéros au loto. Si chaque semaine il y a 28 millions de bulletins validés, il y aura en moyenne 2 gagnants. Une probabilité de 1 sur 10 à la puissance 1 milliard paraît quasi nulle, mais si elle correspond à des combinaisons d’atomes pouvant se produire dans les étoiles, ces combinaisons aussi improbables pourraient fort bien se produire 1 milliard de fois par seconde sur l’ensemble de l’univers. Ce que nous jugeons comme totalement improbable en appréciant la seule probabilité à notre échelle peut devenir une certitude quasi absolue à une autre échelle.

Pour revenir aux vaccinations, un accident de vaccination jugé très rare doit être rapporté au nombre de vaccinations envisagées et non pas à sa probabilité. Si l’apparition d’une SEP après vaccination hépatite B est estimée à 1/10000 et qu’on se contente de vacciner une centaine de personnes, le nombre de décès attendus sera de 0,01 et l’événement pourra être qualifié de rare. Mais si on lance une campagne de vaccination portant sur 25 millions de personnes en quelques années, comme cela fut fait en France, l’espérance mathématique du nombre de SEP sera de 2500. On a alors la CERTITUDE d’avoir sur les bras un très grave problème de santé publique. Peut-on considérer comme très rare un événement qui, dans ces conditions, conduit à coup sûr à une crise sanitaire de grande ampleur ?

Le pire ennemi des vaccins : l’excès de zèle

Faut-il être antivaccinaliste pour juger de telles méthodes comme totalement inacceptables ? Faut-il, parce qu’on serait provaccinaliste, fermer les yeux sur ces procédés ? J’espère qu’il sera possible de dépasser de tels clivages qui n’ont pas leur raison d’être. D’ailleurs, de tels procédés, fondamentalement erronés, ont conduit à retourner la population française contre la vaccination hépatite B qu’elle avait pourtant très largement adopté. Ainsi, dans un article du 12 décembre 2007 le Parisien annonçait la très probable mise en examen des 2 laboratoires ayant élaboré le vaccin : « Les interrogations se concentrent sur la pertinence d’une campagne massive. Il n’existait pas d’intérêt de santé publique à vacciner toute une population ».

 Et si les vaccins méritaient mieux que d’être ainsi maltraités par leur plus zélés défenseurs ?

Vacciner, pourquoi pas, mais en restant dans les limites connues du vaccin et en élargissant très progressivement le cercle des vaccinés afin de déceler les problèmes avant de créer une affaire nationale qu’on tentera d’étouffer par tous les moyens en se compromettant avec de faux arguments et en faisant inutilement souffrir la population. Eviter de passer soudainement, dès l’AMM obtenue, d’une expérience très limitée à une vaccination généralisée. On renouvelle la même erreur avec le Gardasil. Quand j’étais jeune on m’enseignait que la prudence et la circonspection étaient des vertus, la précipitation un bien vilain défaut…

 

Les populations françaises et allemandes sont-elles comparables ?

Une des raisons souvent avancée pour nier ou minimiser la relation de cause à effet entre la vaccination hépatite B et la SEP (entre autres) est que le phénomène serait trop spécifique à la France. Il y a au moins 2 raisons à cela :

1- La France a massivement vacciné sa population en très peu d’années, contrairement aux autres pays. C’est l’accident d’autocar faisant d’un coup 50 victimes contre 50 cyclistes fauchés le même jour dans 50 départements différents. Le premier événement alertera les médias nationaux ; pour le second, les journaux locaux mentionneront chacun un seul cas à la rubrique des faits divers.

2- Français et Allemands sont-ils biologiquement comparables ? Non ! Et cela au moins pour une raison : les Français ont reçu le BCG, pas les Allemands. Quand on fait ce vaccin, des millions de colonies s’implantent en divers points de l’organisme, foie, poumons, rate, ganglions…Ces foyers peuvent perdurer très longtemps dans l’organisme, peut-être toute la vie. Un autre vaccin pourrait fort bien réactiver ces foyers de mycobactéries et c’est peut-être ce qui pourrait se produire avec le vaccin hépatite B.

Un médecin homéopathe me disait avoir très significativement amélioré une patiente avec une SEP apparue après une vaccination hépatite B : une première amélioration s’est manifestée après des doses à hautes dilutions du vaccin lui-même, puis nouvelle amélioration avec des hautes dilutions de BCG. Je n’ai aucune raison de mettre en doute son témoignage. De façon indépendante, un correspondant m’a dit avoir recueilli le témoignage d’un architecte très amélioré d’une SEP apparue aussi après vaccination hépatite B : son médecin homéopathe avait aussi utilisé des dilutions homéopathiques de BCG, affirmant que le vaccin avait réactivé le bacille.

Quoi qu’il en soit sur ce point, qu’on pense cela possible ou non, on doit reconnaître que nous ne sommes pas tous biologiquement identiques en raison en particulier des vaccins et des médicaments utilisés au cours de notre vie, ou même par notre mère, comme on l’a constaté avec le distylbène. Aussi, prétendre que les cas s’étant produits en France seraient des coïncidences parce que l’Allemagne n’aurait pas connu le même phénomène n’est pas forcément un argument aussi recevable qu’il y paraît. 

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11 décembre 2007

Rougeole : Mortalité réduite de 91% en Afrique ! Trop beau pour être vrai ?

Dans un communiqué daté du 29 novembre 2007 l’OMS annonce que

« Le nombre de décès dus à la rougeole en Afrique a diminué de 91% entre 2000 et 2006, étant ramené, selon les estimations, de 396 000 à 36 000, ce qui a permis d’atteindre, quatre ans avant la date fixée, l’objectif des Nations Unies pour 2010, à savoir une réduction de 90% de la mortalité rougeoleuse. Ces progrès spectaculaires obtenus en Afrique ont largement contribué au recul de 68% de la mortalité rougeoleuse mondiale au cours de la même période – de 757 000 à 242 000 décès , selon les estimations. »

Selon les estimations, et c’est bien là le problème. Chacun pense sans doute que la comparaison entre 2000 et 2006 s’appuie sur les décès enregistrés au cours de ces 2 années. Le problème est que les pays d’Afrique ne disposent pas de telles statistiques et que l’estimation repose en réalité sur la couverture vaccinale. C’est ce qu’on apprend dans le REH du 30 novembre 2007 : (le relevé épidémiologique hebdomadaire est une publication de l’OMS).

« Estimations de la mortalité pour 2006

Malgré les progrès réalisés concernant la surveillance et la notification de la rougeole au niveau mondial, des données de surveillance complètes et fiables font encore défaut concernant le nombre de décès dans de nombreux pays, notamment ceux dont la charge de morbidité est la plus élevée. Pour estimer la mortalité rougeoleuse, l’OMS a utilisé le modèle de l’histoire naturelle récemment publié et l’a mis à jour à l’aide des données en population obtenues dans les séries chronologiques les plus récentes, les estimations systématiques de la couverture vaccinale de l’OMS-UNICEF et la couverture signalée des activités de vaccination supplémentaires, ainsi que l’incidence de la rougeole signalée à l’OMS. Cette procédure a permis d’aboutir aux estimations de la mortalité en 2006 et de mettre à jour les estimations pour les années 2000 à 2005. »

Je ne connais pas le modèle en question mais puisqu’il s’appuie sur la couverture vaccinale il doit fonctionner en admettant a priori une efficacité donnée de la vaccination pour réduire la mortalité. Autrement dit on admet ce qu’il faudrait démontrer ! Il est parfaitement établi, car observé dans tous les pays qui utilisent cette vaccination depuis longtemps, qu’elle provoque un déplacement de la maladie vers des personnes plus âgées qui font des formes plus graves et donc plus facilement mortelles. Ce phénomène, qui joue aussi pour les oreillons, la varicelle et la coqueluche, s’explique par l’efficacité du vaccin qui en réduisant la circulation du virus chez les enfants réduit aussi les rappels naturels chez les adultes. Aussi, se fonder sur un modèle et non sur les cas comporte quelques risques dont l’OMS est certainement consciente en reconnaissant 

« l’absence de systèmes de surveillance fondés sur les cas dans un quart des pays et d’une notification nationale incomplète dans de nombreux pays».

Ne pouvant donc se fonder sur des données sûres l’OMS construit des modèles et annonce triomphalement des chiffres spectaculaires sur la mortalité mais pas sur le nombre de cas alors que le modèle prévoit l’évaluation de la mortalité en s’appuyant aussi sur le nombre de cas. Ce nombre est très mal connu en France, alors en Afrique…

Si ces nombres sont pour le moins à prendre avec des pincettes, à quoi peuvent-ils servir ? J’y vois un soutien psychologique pour entraîner dirigeants et populations dans de vastes campagnes de vaccination en accréditant l’idée que l’éradication mondiale de la rougeole par la vaccination serait possible.

L’éradication de la polio par la seule vaccination piétine depuis de nombreuses années et le succès n’est nullement assuré. Si l’éradication de la variole a été obtenue, ce ne fut pas, pour l’essentiel, par la vaccination mais par l’isolement des malades et de leurs contacts. Celle de la rougeole pourrait-elle réussir ? Les 29 et 30 novembre 2005 j’ai assisté aux journées de veille sanitaire organisées par l’InVS. Un expert de haut niveau nous a dit à propos de la rougeole : « Nous n’atteindrons pas le seuil d’élimination ». Il parlait pour la France. Alors en Afrique…A défaut on se gargarise sur des chiffres de mortalité impossibles à vérifier.

Ceci dit, tant mieux si c’est vrai, et surtout si ç’était durable. Je me refuse à souhaiter la souffrance des populations pour le seul plaisir d’avoir raison, même si mes souhaits ne changeront rien à la situation. Aux récentes journées de veille sanitaire de 2007 le président du CTV (Comité technique des vaccinations) parlait des lunes de miel ayant suivi les premières campagnes de vaccination contre la varicelle aux USA, mais après…c’est devenu pire qu’avant…(voir mon article). En France on refuse de se lancer dans cette aventure vaccinale avec la varicelle ; aux USA on double les vaccinations pour ne pas reculer. Pour la rougeole on est au milieu du gué, alors, ne pouvant plus reculer on doit avancer, c’est à dire vacciner toujours plus alors que l’épidémiologie de ces 2 maladies est pratiquement la même.

D’ailleurs, ce qui rend méfiant c’est que l’objectif de réduction de 90% de la mortalité a été obtenu 4 ans avant la date fixée de 2010. Ce serait bien la première fois qu’un objectif de santé publique mondiale serait atteint bien avant la date !

Les carences dans la surveillance des cas

L’OMS précise :

« Au niveau mondial, le nombre des cas signalés de rougeole en 2006 (373 421) a diminué de 56% par rapport à 2000 (852 937). Le nombre des cas notifiés dans la Région européenne de l’OMS est toutefois passé de 37 421 en 2000 à 53 344 en 2006, principalement en raison d’importantes flambées en Roumanie et en Ukraine. En outre, le nombre de cas signalés dans la Région de l’Asie du Sud-Est est passé de 78 574 en 2000 à 94 562 en 2006, principalement du fait de l’amélioration de la surveillance en Inde et en Indonésie.

Néanmoins, les données sur les cas de rougeole signalés doivent être interprétées avec précaution en raison de la notification incomplète des données à l’OMS, de la détection incomplète des cas et de la notification nationale incomplète dans de nombreux pays, ainsi que de l’absence de systèmes de surveillance fondés sur les cas dans un quart des pays. »

CONSTAT

Nous constatons donc d’une part que beaucoup de pays n’ont pas de système de surveillance des cas de rougeole et d’autre part que dès que cette surveillance s’améliore le nombre de cas augmente de façon très importante. Donc, la prudence s’impose…

Pour plus d’infos sur la rougeole il y a l’aide mémoire 286 de l’OMS (4 pages).

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10 décembre 2007

Des vaccins disponibles mais non recommandés, pourquoi ?

Plusieurs vaccins, tout en étant disponibles sur le marché français, n’ont pas été intégrés au calendrier vaccinal. Médecins et parents se demandent souvent pourquoi les vaccins contre la varicelle et le rotavirus ne sont pas recommandés. Christian Perronne a fait une communication sur ce thème aux journées de veille sanitaire, le 30 novembre 2007. Comme il a été président du CTV (Comité technique des vaccinations) pendant plusieurs années et ce jusqu’en septembre dernier et qu’à ce titre il a présidé à l’élaboration annuelle du calendrier vaccinal, il sait de quoi il parle.

J’ai assisté à cette journée où j’ai pris quelques notes. Nous disposons de plus des résumés en ligne sur le site de l’InVS (ensemble des communications) ainsi que de nombreux avis ou rapports émanant du CSHPF (Conseil supérieur d’hygiène publique de France) sur ces vaccinations et comme le CSHPF était aussi présidé par Christian Perrone...

D’abord, comment un vaccin est-il validé ?

Christian. Perronne va d’abord rappeler la procédure générale de validation d’un vaccin qui est un médicament à part entière et est géré selon les mêmes règles. En particulier, des études cliniques doivent précéder toute obtention d’AMM (autorisation de mise sur le marché) qui ne se fait plus au niveau national mais européen. C’est l’agence européenne du médicament, l’EMEA, ayant son siège à Londres, qui délivre les AMM pour toute l’Europe. Ce point est très important et nous en avons fait récemment l’expérience avec le BCG SSI :

C’est en effet cette normalisation européenne qui avait conduit Sanofi à abandonner le Monovax au profit du BCG SSI : le Monovax disposait d’une AMM seulement en France et n’était utilisé qu’en France. Le laboratoire aurait alors dû présenter les études nécessaires pour l’obtention d’une AMM européenne et même envisager de construire une autre usine comme cela fut dit au cours de l’audition BCG par le représentant de Sanofi. Devant le coût prohibitif, pour un vaccin dont on savait que la vaccination généralisée en France allait être abandonnée, le laboratoire a renoncé.

Les critères retenus pour l’AMM sont l’activité préventive du vaccin et sa tolérance. Avec une AMM le vaccin peut être commercialisé sans remboursement. Il y a alors une saisine du CTV (Comité technique des vaccinations) pour définir son utilité en santé publique et envisager ou non sa recommandation qui reste à l’initiative des Etats. Depuis mars 2007 l’avis du CTV sur l’utilisation d’un vaccin sur le territoire doit être validé par la Commission spécialisée de sécurité sanitaire du HCSP (Haut conseil de santé publique) qui aura l’initiative d’inclure les recommandations du HCSP pour alimenter la publicité du produit auprès des médecins. Si Ch. Perronne n’est plus président du CTV il est devenu président de cette commission spécialisée. Il garde donc la main haute sur toutes les recommandations vaccinales en France.

Parmi les vaccins non recommandés

Le vaccin contre l’encéphalite à tiques

Ch. Perronne insiste pour dire que ce vaccin ne protège en aucune manière contre la maladie de Lyme contrairement à ce que certains pensent, ce qui les conduit à demander de se faire vacciner, et que si l’encéphalite à tiques est une maladie à risque pour celui qui s’aventure dans les forêts des pays de l’Est, elle est pratiquement absente du territoire, avec de très rares cas en Alsace. Il ajoute que le Rhin joue son rôle de frontière car le risque est au contraire très présent en Forêt Noire. Bon, c’est pas comme avec le nuage de Tchernobyl…Il est vrai que les tiques n’ont ni ailes ni nageoires…

 

La varicelle :

L’orateur mentionne l’expérience de la vaccination généralisée des enfants aux USA : d’abord « une lune de miel » suivie d’un accroissement du nombre de cas de varicelle avec déplacement de la maladie vers des personnes plus âgées faisant des formes plus sévères. Visiblement il préfère que la France ne se lance pas dans l’aventure…

Une question est posée : « si on revaccinait plus tard, ça marcherait peut-être ? » Un grand classique : plutôt que de reculer, doublons la mise ! Perronne répondra : « ça marcherait peut-être, mais plus une maladie est bénigne et moins la couverture vaccinale est élevée. On rame sur la rougeole, alors…avec la varicelle… »

Pour plus de détails, voir l’avis de la Commission sécurité sanitaire du HCSP du 5 juillet 2007, commission présidé par le même Christian Perronne, ainsi que les recommandations du CTV sur cette vaccination, toujours présidé par Ch. Perronne, sur cette vaccination (77 pages…) et aussi l’avis du 19 mars 2004 du CSHPF.

Le Zona :

Oui, il existe un vaccin contre le zona, doté d’une AMM en Europe. Le zona se manifeste par une atteinte périphérique des terminaisons nerveuses, ce qui est très douloureux et défigure le malade. Comme c’est une manifestation du même virus que celui de la varicelle on pourrait penser que le même vaccin pourrait faire pour les deux. Au contraire, la vaccination contre la varicelle, en raison même de son efficacité, réduit la circulation du virus chez les enfants et de fait réduit pour les adultes les opportunités de réactiver leur immunité en étant régulièrement recontaminés par des enfants. Il s’opère ainsi des rappels naturels. En perdant leur immunité, le virus de la varicelle peut alors déclencher des zonas chez l’adulte, et même en accroître la fréquence et la gravité. Comme l’avait dit un experts 2 ans auparavant, aux mêmes journées de veille sanitaire, avec cette vaccination on joue avec le feu à cause de l’effet zona. C’est sans doute aussi pourquoi un vaccin spécifique contre le zona a été inventé…

Christian Perronne fait remarquer qu’en vaccinant à 50 ans contre le zona on risquerait de déplacer la maladie vers des personnes plus âgées avec de graves complications comme les algies post zona. Il ajoute aussi qu’aux USA il y a eu doublement du zona chez les personnes âgées depuis la campagne contre la varicelle.

Pour plus de détails voir l’avis du CSHPF du 22 septembre et 5 décembre 2006 sur la vaccination contre le zona.

Méningocoque type C

Avec cette vaccination on a observé en Grande Bretagne une augmentation de la mortalité chez les non vaccinés, ce qui obligea à élargir la campagne pour endiguer le phénomène.

En Belgique l’épidémie était sur le déclin plusieurs mois avant le début de la campagne.

Afrique Sahélienne : on a observé l’émergence du redoutable type W135 dans une population vaccinée contre le méningocoque de type A. Voir mon article « Méningite : un vaccin pour l’Afrique ? ».

Voir aussi l’avis du CSHPF du 27 juin 2003 sur la vaccination contre le méningocoque de type C ainsi que celui du 15 novembre 2002 et du 8 mars 2002.

Voici un lien (au Québec) très intéressant donnant des indications sur les effets indésirables de ce vaccin.

Rotavirus

Ce vaccin n’a pas d’un bon rapport coût-efficacité et aurait en France un impact extrêmement marginal : il y a seulement 5 décès par an par le rotavirus qui n’est responsable que d’un tiers des diarrhées. Il existe d’autres moyens de lutte qu’il faut promouvoir alors que la vaccination inciterait à en faire mauvais usage : il faut penser à un effet délétère de la vaccination qui inciterait à négliger les bonnes règles contre la diarrhée. On a aussi un manque de recul sur la tolérance. Un premier vaccin avait du être retiré car il était responsable d’invaginations de l’intestin.

Pour plus d’informations voir l’avis du CSHPF du 22 septembre et 5 décembre 2006 sur la vaccination contre le rotavirus.

BCG

Il y a de nouvelle recommandations et « la communication dans les médias a eu un effet catastrophique » note Christian Perronne qui s’en prend à un pédiatre (non nommé, mais très facile à reconnaître…) qui avait lancé des bruits catastrophiques sur le BCG SSI dès janvier 2006, avant même qu’il soit sur le marché français et qu’on ait ainsi la preuve de sa problématique.

Cette critique me paraît très injuste car le SSI n’est pas un nouveau vaccin, loin de là ! La Suède par exemple avait opté pour le SSI en 1979 mais pour l’utiliser uniquement sur des enfants non suédois, comme la Suisse par exemple…Sans parler de nos nombreux voisins qui ont totalement renoncé au BCG comme l’Allemagne où il n’est plus commercialisé depuis 1998. La Finlande utilisait encore le BCG en vaccination généralisée et a opté pour le SSI en août 2002. Les désagréments de l’expérience furent tels qu’elle fut contrainte d’abandonner la vaccination généralisée en 2005. Cette expérience fut une prise de conscience par les médecins et la population comme le rapporta Epi Salo dans une communication à ce sujet publiée par Eurosurveillance en mars 2006 (résumé en français, texte complet en anglais).

Tout cela était parfaitement connu. Il n’était donc nullement nécessaire de faire la même expérience en France pendant 18 mois en infligeant aux nourrissons et à leurs familles des ennuis tout à fait inutiles et dont nos voisins ne voulaient plus, certains depuis longtemps. Mais les expériences des uns n’étant jamais celles des autres…Dans son résumé, Christian Perronne mentionne, parmi les motifs de restriction de l’usage d’un vaccin, « l’expérience d’autres pays ayant une expérience plus ancienne » et l’illustre avec la varicelle. Il aurait été bien inspiré de mentionner aussi le BCG SSI.

Le gouvernement est-il le seul responsable de ce retard de décision qui fut la source d’une intense polémique ? Le gouvernement ne pouvait prendre aucune décision avant l’avis du CSHPF que Perronne présidait. Cet avis est sorti le 30/09/05, trois mois avant l’échéance du SSI. Il demandait de ne supprimer l’obligation et la pratique généralisée du BCG qu’à terme, une fois le plan tuberculose mis en place. A terme signifiant qu’il fallait attendre au moins un an ou deux afin de mesurer les effets du plan avant de supprimer l’obligation de ce vaccin…Le moins qu’on puisse dire est que le CSHPF a beaucoup traîner avant de remettre son avis, s’éternisant en discussions sans fin sur la façon de sortir du BCG, « ferraillant » les uns contre les autres comme nous dira l’un d’entre eux à l’audition BCG, retardant jusqu’à la dernière limite la publication de son avis et plaçant le gouvernement dans une situation impossible. Pour mieux comprendre certains aspects de cette affaire vous pouvez lire mon article « Le BCG : une brindille dans le Plan Tuberculose ! »

Quand le Directeur général de la santé nommera en février 2006 une commission d’experts chargée d’élaborer un plan tuberculose pour juin, cela laissa espérer la levée de l’obligation pour juillet 2006, avec la publication du calendrier vaccinal. Mais il fallut accorder à cette commission une rallonge de 6 mois et c’est seulement en janvier 2007 que le plan sera enfin prêt...

Pendant que les experts poursuivaient ainsi leurs querelles stériles et anachroniques, les nourrissons et leurs familles continuaient de souffrir... C’est devant cette incapacité des experts à se mettre d’accord que le ministère confiera à la Sfsp (Société française de santé publique) le soin d’organiser une audition publique sur la levée d’obligation du BCG en novembre 2006, audition qui révélera l’étendue du problème...S’il n’y avait que le problème de la lutte contre la tuberculose, ça pourrait aller, mais cette audition révélera, pour celui qui avait l’oreille affûtée, les incroyables carences de l’expertise épidémiologique, sans parler de l’anachronisme de certaines analyses juridiques, sociologiques ou éthiques. Pour préciser ces points vous pouvez voir plusieurs articles dont les liens sont donnés dans « L’affaire du BCG : une thérapie psychologique ? » et aussi « Cas évités par le BCG : un calcul très simpliste ! » et « Descendue du Sinaï, l’expertise était dans la Lune ! ». Enfin, si vous avez du temps car c’est quand même assez long à lire, mais c’est instructif ! Croyez-moi, j’ai aussi passé beaucoup de temps pour les écrire ! Mais j’ai ainsi beaucoup appris…

Le jour de la publication du rapport de la commission d’audition, le 22 décembre 2006, le ministère publia un communiqué disant que le CSHPF avait été saisi et que son avis serait ajouté au plan tuberculose en janvier. L’avis sera daté du 9 mars 2007 et publié le 20…Qui a traîné les pieds, le ministère ou le CSHPF ? Certes, on devra encore patienter jusqu’au 11 juillet avec la conférence de presse de Roselyne Bachelot, puis enfin le décret publié le 19 juillet. C’est fait mais que ce fut dur et combien révélateur de l’état d’esprit qui règne dans notre santé publique. Espérons que cela aura contribué à une certaine évolution…

Pourtant, le 13 décembre 2005, l’Académie de médecine ne l’avait pas envoyé dire dans son communiqué voté à l’unanimité en séance plénière sur le BCG et intitulé « difficultés de la vaccination dans un avenir proche ». De façon à peine voilée, l’Académie réclamait la levée de l’obligation pour janvier 2006 sous peine de connaître une nouvelle crise de confiance de la population dans la vaccination. Ce qui fut confirmé par les faits.

Vaccins pneumococcique

Il parlera aussi de ce vaccin connu sous le nom de Prévenar bien que depuis 2006 il soit recommandé en vaccination généralisée des enfants en France. L’orateur mentionne qu’on a sur ce vaccin une expérience limitée dans le temps avec 800 000 vaccination par an aux USA où on a observé une décroissance de la mortalité (30 cas en moins par an) par infection invasive à pneumocoque. Mais aussi une perte du bénéfice chez les Inuits d’Alaska après quelques années d’utilisation : absence de diminution de la mortalité globale par les infections invasives à pneumocoques avec accroissement de l’incidence chez les sujets jeunes immunodéprimés.

En France on a noté une réduction de 7 cas chez l’enfant mais avec une légère augmentation des infections à pneumocoques tous âges confondus.

Dans son résumé en ligne Christian Perronne mentionne qu’un des motifs pour restreindre l’utilisation d’un vaccin ou pour ne pas le recommander est l’existence de sérogroupes multiples : en l’absence de couverture sur l’ensemble des sérogroupes on risque d’assister au déplacement de souches microbiennes dans la population qui pourrait faire perdre le bénéfice de la vaccination comme par exemple pour les pneumocoques et les méningocoques. Il souligne aussi dans son résumé que la morbidité et la mortalité par le zona, le méningocoque C et le rotavirus sont faibles en France, ce qui constitue une raison de ne pas recommander leur utilisation.

Pour plus d’informations voir l’avis du CSHPF du 19 mai 2006 sur la vaccination contre le pneumocoque ainsi que l’avis du CSHPF du 17 janvier 2003 sur le prévenar, du 8 mars 2002 et du 14 septembre 2001.

Sur le site du HCSP (hcsp.fr) on trouvera facilement tous les avis et rapports du HCSP et du CSHPF relatifs aux vaccinations (maladies transmissibles). Le HCSP a remplacé le CSHPF à partir du 14 mars 2007.

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06 décembre 2007

Vaccins hexavalents : le scoop d'Arte confirmé par l'Afssaps



Aux journées de veille sanitaire de novembre 2007 une représentante de l’Afssaps a déclaré : « Les vaccins hexavalents ont aussi fait du mal en Allemagne ». Trois jours auparavant, un documentaire d’Arte présentait un véritable scoop sur ce thème : « Presque chaque jour, des nourrissons morts d’un œdème cérébral de cause inconnue à Munich ». Accusés : les vaccins hexavalents dont l’un deux sera plus tard retiré du marché. L’autre poursuit sa route, mais est-il meilleur ?

Le scoop d’Arte

« Le vaccin, un geste anodin ? » Tel était le titre du documentaire tourné pour l’essentiel en Allemagne par Valentin Thurn et diffusé pour la première fois le 27 novembre 2007 sur Arte dans le cadre d’un Thema sur les virus. Quand le documentaire aborde les vaccins hexavalents ce sera un véritable scoop, du moins pour nous en France :

«Presque chaque jour, des corps d’enfants sont transférés à l’Institut médico-légale de Munich pour y être autopsiés à la demande du ministère public. »

Un professeur de médecine légale, Randolf Penning, parle calmement. En 25 ans de carrière il a autopsié plus de 10 000 corps. Il a soudain constaté une multiplication de cas d’œdèmes cérébraux chez les nourrissons comme il n’en avait jamais vu auparavant :

« En 2002 nous avons procédé par hasard, en l’espace d’un mois, à l’examen de plusieurs corps d’enfants qui avaient été vaccinés quelques temps auparavant. Nous avons observé que le cerveau était très dur. C’est pour nous un signe d’une mort possible par asphyxie. Ni notre institut ni la police criminelle ne pensions qu’il pouvait s’agir d’homicides. Néanmoins les décès étaient suspects. Sur 120 enfants examinés, 6 d’entre eux étaient décédés le jour même ou le lendemain de la vaccination. Cette multiplication des cas nous a alerté. Il y a environ 300 médecins légistes en Allemagne, on se connaît entre nous. J’ai parlé avec certains de mes collègues qui avaient observé de tels cas. D’après eux, tout semble indiquer qu’il y a un lien entre le vaccin hexavalent et les décès survenus le jour même ou dans les 48 h suivant la vaccination »

« On s’est fait incendier par des personnes en lien étroit avec la vaccination. Il s’agissait de membres de la commission permanente aux vaccins (l’équivalent du comité technique des vaccinations en France) et de personnes qui n’acceptent pas que l’on dise quoi que ce soit sur leurs vaccins. Pourtant, à aucun moment nous n’avons mis en cause des vaccins. Ce que nous avons pointé du doigt c’est la combinaison de certains vaccins. C’est décourageant. Vous essayer d’engager une discussion scientifique et on vous met au rancard de la profession en vous faisant passer pour un trublion…ou pour un cinglé… »

Un vaccin hexavalent retiré du marché

Un scientifique, Klaus Hartmann, ancien collaborateur de l’Institut Paul Ehrlicht va exprimer un point de vue intéressant :

« Je travaillais encore à l’Institut Paul Ehrlicht quand le premier décès dû à l’hexavac a été signalé. D’après moi il n’y avait pas à tergiverser, le vaccin aurait dû être immédiatement retiré du marché. Alerté par la multiplication des cas de mort subite inexpliqués, l’EMEA (l’agence européenne du médicament) et l’institut allemand de recherche Paul Ehrlicht décident de mener l’enquête. L’EMEA a réuni un groupe d’experts qui a jugé qu’on ne disposait pas de données suffisantes pour prendre une mesure aussi drastique. L’Institut a donc décidé de lancer une grande étude épidémiologique pour recenser tous les cas de mort subite du nourrisson. Une semaine avant le début de l’enquête, en 2005, l’EMEA a publié un communiqué. Quand je l’ai lu j’ai été très surpris. Ce communiqué stipulait que la protection à long terme contre l’hépatite B était insuffisante. Sur les recommandations de l’EMEA le fabricant va retirer, plus ou moins de sa propre initiative, le vaccin du marché. La véritable raison de ce retrait est qu’ils ne veulent pas prendre le risque que d’autres cas se produisent.  Au final ces cas de mort subite du nourrisson n’ont donc jamais été éclaircis mais il existe de nombreux indices pouvant laisser penser qu’ils étaient liés à un problème de vaccination. »

Cette déclaration de Klaus Hartmann est quel que peu ambiguë : après avoir déclaré que le vaccin aurait dû être retiré du marché beaucoup plus tôt, il paraît regretter sa suppression qui interdirait désormais d’avoir une chance de comprendre comment cela a pu se produire car il aurait fallu disposer de nouveaux cas pour les étudier plus précisément. On peut d’ailleurs noter que, selon le commentaire d’Arte, l’autre vaccin hexavalent est resté très largement commercialisé et a lui aussi été mis en cause par des médecins légistes allemands et pour les mêmes raisons. On peut alors s’étonner que l’enquête, qui doit se terminer fin 2007, n’ait été dirigée qu’à l’encontre de l’hexavac produit par Sanofi. Pourrait-il s’agir d’un règlement de compte entre laboratoires ? On peut d’ailleurs constater que si à aucun moment le médecin légiste ne désigne un vaccin plutôt qu’un autre, parlant des vaccins hexavalents, le chercheur de l’Institut P. Ehrlich ne cite que l’hexavac. De plus, s’il y a eu réduction du nombre de cas observés après le retrait de ce vaccin, ce devrait être un élément à prendre en considération et qui aurait dû déjà être observé. Ce point important n’a pas été mentionné.

L’hexavalent de GSK frappe à son tour

Le témoignage des parents du petit Fabian vient confirmer que l’hexavac de Sanofi n’est pas le seul coupable mais que son frère jumeau, l’infanrixHexa de GSK, y participe encore :

Fabian est né en Allemagne le 24 février 2006, après que l’hexavac ait été retiré du marché fin septembre 2005. Selon sa maman, pendant ses 5 premiers mois il avait toujours été en parfaite santé. Il sera vacciné un lundi de juillet par le seul vaccin hexavalent disponible. Dans la soirée il va avoir une forte fièvre qui oscillera dans les jours suivants. Il décèdera une semaine après, le lundi 24 juillet, d’un œdème du cerveau que l’autopsie classera d’origine inconnue. Le médecin-chef dira que la vaccination remonte à trop longtemps pour être incriminée ! Mais la notice mentionne que ce type de complication peut survenir 7 jours après la vaccination… Preuve que ce n’était pas le premier cas pour ce vaccin. Voilà donc un cas qui devrait intéresser l’enquête de l’Institut P. Ehrlich, mais elle ne semble pas avoir prévu de s’occuper des enfants vaccinés par le vaccin de GSK…Comprenne qui pourra…

Un épisode de la guerre franco-allemande autour de Sanofi ?

Souvenez-vous : 1999, le français Rhône-Poulenc et l’allemand Hoechst fusionnent pour créer Aventis qui équilibre parfaitement les intérêts français et allemands. Le mariage est fêté par les 2 gouvernements. Mais, en octobre 2004, Nicolas Sarkozy, alors en place à Bercy, impose l’absorption d’Aventis par le groupe français Sanofi où les Allemands deviennent alors minoritaires. Les Allemands sont furieux et le feront savoir 3 ans plus tard, quand Nicolas Sarkosy retournera à Berlin en qualité de président de la République. L’affaire sera encore dans tous les esprits et dans tous les commentaires.

Or, l’enquête décidée par le laboratoire allemand Paul Ehrlicht sur les effets des vaccins hexavalents semble en fait dirigée uniquement contre le vaccin de Sanofi, selon ce qui ressort du documentaire d’Arte et des déclarations de Klaus Hartmann. Comme ce dernier l’expliquait, ce serait la perspective de cette enquête, prévue pour débuter en octobre 2005, qui aurait précipité le retrait du vaccin par le laboratoire, laissant seul en piste celui de GSK qui ne paraît pourtant pas moins dangereux, selon le témoignage des parents de Fabian et les constatations de médecins légistes rapportées dans le documentaire.

Faut-il penser que sans cette épisode politico-financier le vaccin de Sanofi poursuivrait sa route en toute quiétude, de concert avec son concurrent de GSK, protégés l’un et l’autre par des comités d’experts indépendants mais compréhensifs ?

Des vaccins parfaitement sûrs

On entendra aussi le président de la Commission permanente aux vaccinations, le professeur Heinz-Josef Schmidt :

« je sais que nos vaccins sont sûrs et qu’autant d’un point de vue scientifique que pratique leur innocuité ne fait aucun doute. Pour prouver qu’ils sont nocifs, encore faudrait-il que les méthodes de recensement des effets indésirables tiennent la route. Et très franchement c’est loin d’être le cas pour le moment. Il y aurait donc des améliorations considérables à faire mais tout cela coûte de l’argent. »

Soyons clairs : si la certitude de la sûreté des vaccins est acquise, inutile de faire de nouvelles études complexes et coûteuses. S’il y a des améliorations considérables à faire c’est qu’il existe des zones d’ombre et donc une certaine incertitude.

Confirmation aux journées de veille sanitaire

Comme chaque année désormais, l’InVS (Institut de veille sanitaire) organisait les 29 et 30 novembre 2007 les journées de veille sanitaire. J’ai assisté à la seconde journée consacrée à la santé de l’enfant avec de nombreuses communications sur le thème des vaccinations. L’une d’elle était présentée par Mme A. Castot du département de la gestion du risque, du bon usage et de l’information sur les médicaments, à l’Afssaps, l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (voir le résumé). Après avoir rappelé que la Grande Bretagne avait son problème avec le ROR lié à l’autisme et la France le sien avec les SEP attribuées au vaccin hépatite B, elle ajouta :

 « Les vaccins hexavalents en Allemagne ont aussi fait du mal. Chacun des pays a son dossier… »

confirmant ainsi la réalité du scoop d’Arte. Si la population allemande est sortie marquée par cette affaire et si, malgré le retrait de l’hexavac, la méfiance persiste, rien ou bien peu avait filtré en France.

Les vaccins hexavalents en France

La population française a t-elle pu être touchée par le problème ainsi que celle d’autres pays ? L’intérêt porté aux vaccins hexavalents en France était de relancer la vaccination hépatite B des nourrissons en l’associant aux autres. Mais notre problème avec cette vaccination a probablement contribué à limiter son utilisation, ce qui a pu sauver la vie de quelques nourrissons. On nous a dit qu’en France il y eut 150 000 vaccinations par le vaccin hexavalent, surtout dans les PMI, et que notre vaccinovigilance n’a rien observé (Dr A.Castot Journées de veille sanitaire). Ce dernier point ne prouve rien, celle-ci nous ayant habitué à une forme de vigilance quelque peu assoupie…à croire qu’une mouche tsé-tsé l’aurait piquée ! Hypothèse d’ailleurs confirmée aux journées de veille sanitaire du 30 novembre  par le Dr A. Castot (Afssaps) qui reconnaît « une sous notification très nette des effets indésirables des vaccins » ainsi que la nécessité « de faire de la détection de signal » afin de dépister le plus tôt possible « un risque émergent après AMM ». Elle souligne la nécessité d’avoir « une démarche plus prospective » pour capter « un signal faible, pour ne pas attendre trop longtemps ». Autrement dit, gens de l’Afssaps et de l’InVS, réveillez-vous !

Il faut en effet savoir que quand une AMM est délivrée, le vaccin a alors été expérimenté en essai de phase 3 sur seulement quelques centaines, tout au plus quelques milliers de personnes. Ainsi, un risque de décès de 1/10 000 peut fort bien ne pas apparaître. Un accident ayant un risque inférieur à 1/10 000 et d’au moins 1/1000 est classé rare selon les normes de la pharmacovigilance; à partir de 1/10 000 il est considéré comme très rare. Mais tout dépend du nombre de vaccinations effectuées. Si on vaccine 1 millions de personnes par an on pourrait avoir une centaine de décès par an alors que l’événement est considéré comme très rare ! A titre indicatif, l’avis du CSHPF du 9 mars 2007sur la vaccination à papillomavirus (Gardasil) précise que les essais réalisés à ce jour ne permettent pas de dépister un risque inférieur à 1/4000 :

« la tolérance de ce vaccin a été satisfaisante mais les effectifs ne permettaient pas de détecter un effet indésirable dont l’incidence serait inférieure à 1/4000 » ( www.hcsp.fr ).

Selon la notice de 43 pages concernant l’hexavac, les essais cliniques ont porté sur « plus de 3 900 nourrissons et 4 400 jeunes enfants (âgés de 12 à 20 mois) vaccinés avec HEXAVAC ».


 

Historique de l’affaire, vu de France

16 mai 2002, l’usage des vaccins hexavalents est recommandé

 C’est l’avis du CSHPF :

« Considérant 

- Que la disponibilité d’un vaccin hexavalent pour le nourrisson serait de nature à faciliter l’acceptation par les parents de la vaccination contre l’hépatite B, administrée dans le même geste vaccinal que les autres vaccins et permettre ainsi d’augmenter la couverture vaccinale dans cette tranche d’âge.

- Que le profil de tolérance des vaccins hexavalents est considéré comme satisfaisant.

Le Comité technique des vaccinations recommande :

- Pour les nourrissons dont les parents souhaitent qu’ils soient vaccinés contre l’hépatite B , l’utilisation du calendrier suivant :

- 2 mois : vaccin hexavalent,

- 3 mois : pentavalent,

- 4 mois : hexavalent,

- 16-18 mois : rappel hexavalent »

 Puis, plusieurs avis, décision et lettre d’information ont jalonné cette affaire. On peut trouver l’ensemble de ces textes sur

http://agmed.sante.gouv.fr/htm/10/hexavac/sommaire.htm . En voici quelques uns :

Communiqué de presse de l’Afssaps du 28 avril 2003

« Le Comité des Spécialités Pharmaceutiques (CSP) de l'Agence européenne pour l'évaluation des médicaments (EMEA) vient de ré-examiner le profil de sécurité d'emploi des vaccins hexavalents, InfanrixHexa® (GSK) et Hexavac® (Aventis Pasteur MSD), autorisés depuis 2000 selon une procédure européenne et commercialisés dans la majorité des pays européens. Le CSP a conclu que le rapport bénéfice / risque de ces vaccins demeure inchangé.

Cette réévaluation a été conduite suite à 5 cas de décès inexpliqués, en Allemagne et en Autriche, rapportés entre novembre 2000 et mars 2003, chez des enfants dans les 24 heures suivant l'administration de ces vaccins.

Sur la base des données existantes, il n'est pas possible d'établir une relation de causalité entre la vaccination et les décès rapportés; d'autres causes ne peuvent en effet être écartées (virales et métaboliques en particulier). »

Communiqué de presse de l’Afssaps du 9 décembre 2003

« Le 28 avril 2003, l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) avait fait part des conclusions de l’agence européenne (EMEA) et de son Comité des Spécialités Pharmaceutiques (CSP) sur la réévaluation de la sécurité d’emploi des vaccins hexavalents InfanrixHexa® (GSK), Hexavac® (Aventis Pasteur MSD), autorisés depuis 2000 selon une procédure européenne et commercialisés dans la majorité des pays européens. La réévaluation faisait suite au signalement de plusieurs cas de décès survenus chez des nourrissons, en Allemagne, au décours d’une vaccination hexavalente. Le CSP concluait que le rapport bénéfice/risque de ces vaccins demeurait inchangé, mais continuait l’évaluation et réexaminait toutes les données toxicologiques, pharmaceutiques et de pharmacovigilance relatives à ces 2 vaccins. En terme de qualité pharmaceutique, il n’a pas été mis en évidence de problème particulier, notamment de différence entre les deux vaccins hexavalents pouvant expliquer un potentiel plus allergisant ou cytotoxique d’Hexavac® par rapport à InfanrixHexa®.

Une analyse exhaustive, portant