28 novembre 2007
ARTE et les vaccinations : des erreurs manifestes...
« Vaccin,
un geste anodin ? », documentaire diffusé sur ARTE dans le cadre
d’un Thema sur les virus, vient de se terminer. J’ai relevé quelques erreurs
manifestes, les voici :
Sur
la variole
C’est
un grand classique : la variole a été vaincue par la vaccination. C’est
loin d’être vrai ! Les grandes campagnes de vaccination menées dans le
cadre du programme d’éradication lancé en 1958 ont été la plupart du temps des
échecs reconnus. Ils conduisirent l’OMS a changer de stratégie : recherche
active des malades avec isolement rigoureux de ceux-ci ; recherche et
surveillance des personnes ayant été en contact proche avec le malade. En les
isolant à la première fièvre, avant qu’ils ne deviennent contagieux, la
transmission était interrompue. Ce fut la véritable clé de la victoire sur la
variole. Pour
plus de détails.
Il
a également été affirmé à son propos que « rares étaient ceux qui en
réchappaient ». Il y a cependant beaucoup d’exemples célèbres comme Mirabeau mais aussi Louis XV qui en est mort,
mais quand il contracta la maladie pour la seconde fois. Il existe aussi une
statistique française de Duvillard du Léman portant sur l’examen de 11 671
décès varioliques enregistrés au XVIII ième siècle et d’autres documents, alors
que la vaccination jennerienne n’existait pas. Les résultats sont rapportés par
l’historien de la médecine Pierre Darmon dans « La longue traque de la
variole » page 216 (Librairie académique Perrin). Les taux de mortalité
rapportés sont de 66,8% avant 3 ans ; de 15,4% de 3 à 5 ans ; de 8,6%
entre 5 et 10 ans ; de 5,5% de 10 à 20 ans ; de 3,7% de 20 à 50 ans.
Sur
la polio
De
même, il a été affirmé dans la présentation que la vaccination avait vaincu la
polio et dans le film que cela était pour bientôt. Pourtant, rien n’est moins sûr. Le programme d’éradication de la
polio a été lancé en 1988 et devait aboutir à l’interruption de la transmission
en l’an 2000, la proclamation de l’éradication devant se faire 3 ans plus tard.
La première étape fut d’abord repoussée à 2002, puis pour 2005…Depuis, l’OMS ne
donne plus de date butoir et, en début
d’année, des experts de l’OMS ont même proposé d’abandonner le projet
d’éradication pour se contenter de contrôler la maladie. Le Directeur général
de l’OMS, Margaret Chan, a dû reprendre l’affaire en main en publiant un
communiqué vigoureux maintenant le cap vers l’éradication. Pourtant, les
difficultés s’amoncellent et l’affaire paraît de plus en plus difficile. Pour
l’essentiel, le virus se propage par l’eau souillée par des excréments humains
contaminés. Il apparaît de plus en plus clairement que tant que le problème
posé par les eaux usées ne sera pas suffisamment amélioré dans certaines
régions du monde comme le nord de l’Inde, il sera impossible d’éliminer le
virus de la polio ou ceux qui dériveront des souches vaccinales en se
recombinant avec d’autres entéro-virus. Cela ne signifie pas que le vaccin n’est
pas efficace mais signifie simplement que lorsque les contaminations sont trop
fréquentes et trop massives le vaccin est débordé. Voir mes différents articles
sur le sujet dans
la catégorie Polio. Ces difficultés obligent aussi à s’interroger sur les
causes de la disparition de la polio dans nos régions : quel rôle pour le
vaccin, quel rôle pour le traitement des eaux usées ?
Pasteur
et la rage
En
1885, Pasteur traita avec son vaccin le petit Joseph Meister qui avait été
mordu par un chien. L’enfant ne fit pas la rage. Il a été affirmé dans le
film que l’enfant avait guéri et que « la terrible maladie était
vaincue ». L’enfant n’a pas guéri de la rage pour la simple raison qu’il
n’est pas tombé malade ! Quand Pasteur lui a inoculé les cultures du virus
de la rage sur moelle de lapin l’enfant était peut-être infecté par le virus de
la rage mais il ne manifestait aucun symptôme confirmant l’infection. Il faut
savoir qu’il n’existe pas de preuves formelles que ce chien était réellement
enragé. Que même en pareil cas, le virus de la rage est localisé dans le bulbe
rachidien et n’est pas toujours présent dans la salive. Une analyse de salive
d’un animal suspecté de rage est tout à fait insuffisante. Il faut prélever et
analyser le bulbe. Autrement dit, même mordu par un chien enragé on peut très
bien ne pas être contaminé. Pour illustrer cela il existait à l’époque une
statistique du ministère de l’agriculture enregistrant 350 déclarations
annuelles faites par des vétérinaires sur des morsures d’hommes par des animaux
pouvant être enragés. Or, il y avait seulement 30 cas de rage par an en France, tous
mortels. Par rapport à cette statistique, Joseph Meister avait une chance sur
11 de faire partie des 30. De plus, quand Pasteur a poursuivi ses traitements
sur des personnes mordues il a connu de nombreux échecs, c’est un fait établi.
24 novembre 2007
L'enterrement d'une étude défavorable au vaccin DTC
Dans une page mise à
jour le 30 janvier 2007, l’OMS revient sur l’éventualité d’une augmentation
de la mortalité chez les enfants vaccinés simultanément contre la diphtérie, le
tétanos et la coqueluche (DTC).
« Une augmentation de la mortalité dans
les six mois qui ont suivi la vaccination a été rapportée chez les enfants
vaccinés par le DTC.
La question des effets délétères potentiels de
la vaccination DTC sur la survie de l’enfant a déjà fait l'objet de plusieurs
délibérations et revues par le Comité consultatif mondial sur la Sécurité des
Vaccins de l’OMS (GACVS), qui a commissionné la mise en place d'études au Bangladesh,
au Burkina Faso, en Indonésie et en Papouasie Nouvelle Guinée pour rechercher
des éléments tendant à confirmer cette hypothèse.
Lors de sa réunion de juin 2004, informé par le rapport du groupe de travail spécial, le GACVS a décidé que les données ne permettaient pas de conclure à un effet nuisible de la vaccination par le DTC sur la survie de l'enfant (en fait l'ensemble des données fournit des arguments sérieux à l'encontre d'une telle hypothèse) et que la question serait mise de côté à moins que des arguments nouveaux et convaincants n'émergent dans le futur. »
Dans le rapport
du groupe de travail spécial, les
experts font preuve d’un esprit critique qu’on aimerait retrouver plus souvent.
Cela change en tout cas des analyses statistiques navrantes qui nous ont été
proposées par l’expertise collective Inserm de novembre 2004 et au cours de
l’audition sur le BCG (voir par exemple certains de mes
articles sur ce sujet).
On y lit en particulier :
« L’une
des caractéristiques communes à tous ces documents est que les résultats
signalés provenaient d’études d’observation. De ce fait, les résultats
pouvaient avoir été fortement influencés par la sélection et par des facteurs
de confusion. Bien que dans certaines études on se soit efforcé de neutraliser
les facteurs de confusion, on ne peut affirmer avec certitude que les résultats
n’ont pas été influencés par des facteurs de confusion non mesurées. »
Voilà une restriction qui mériterait d’être plus souvent rappelée
et pas uniquement quand il s’agit d’études défavorables à des vaccins.
« Dans
la plupart des cas, des effets attribués à la vaccination DTC auraient aussi
bien pu être attribués au vaccin antipoliomyélitique oral (VPO) puisque ces
deux vaccins avaient, bien souvent, été administrés en même temps. Dans
certains programmes de vaccination, le BCG et le DTC1 avaient été administrés
simultanément et il n’était pas possible d’examiner les effets respectifs de
ces vaccins dans les études portant sur ces programmes. »
Eh bien, si les vaccins polio et BCG avaient aussi pu participer au
phénomène il faudrait le dire plutôt que de considérer cela comme un argument pour
que "la question soit mise de côté" comme cela fut fait …
« Tous les documents ont décrit
des études dans lesquelles les individus vaccinés étaient comparés avec des
individus non vaccinés. En général, les enfants vaccinés se sont présentés dans
des centres de vaccination pour recevoir les vaccins. Ces enfants-là ne sont
probablement pas les mêmes que ceux qui ne se font pas vacciner ou proviennent
de milieux différents. Ces différences ont peut-être une incidence sur le risque
de mortalité de ces enfants, indépendamment de leur état vaccinal. Des facteurs
de confusion comme ceux-ci sont inhérents à des études d’observation et ils
peuvent être impossibles à neutraliser complètement. »
Excellente remarque ! On ne peut comparer que des groupes
comparables. C’est bien cela qui a été oublié par exemple pour le calcul des
cas évités par le BCG par l’expertise Inserm : les enfants faiblement
exposés sont beaucoup plus vaccinés que les enfants fortement exposés très tôt
dans la vie car, en dehors d’une vaccination très précoce, ils ne sont plus
vaccinables ensuite. Voir un calcul
très simpliste.
« La forte corrélation entre
l’administration de deux vaccins différents soulève deux principaux problèmes ;
le premier est d’ordre statistique et le second d’ordre épidémiologique.
En cas de forte corrélation entre
deux facteurs de risque éventuels, l’instabilité des modèles statistiques
s’accroît. Dans certaines études examinées par le groupe spécial, les valeurs
étaient très différentes si un ou deux cas étaient exclus. En cas d’erreur de
classification, fût-elle minime, de faibles modifications
d’une
série de données se rapportant à plusieurs milliers d’individus peuvent altérer
considérablement la signification statistique. Cela vaut pour toute méthode
d’analyse multivariée.
Le
problème épidémiologique est que ces petits effectifs appartiennent des
sous-groupes dont les caractéristiques présentent parfois des différences
considérables qui ne sont pas mesurées. Les sujets recevant un seul vaccin ne
sont en général guère représentatifs de l’ensemble de la population. En
d’autres termes,
même
si une association était statistiquement stable (ce qui n’est pas le cas), la
possibilité d’explications non-causales du schéma observé dans les données
serait plus forte que dans le cas où la corrélation entre les facteurs examinés
est plus faible. »
Tout ceci est bel et bien mais, faut-il le rappeler, l’analyse
de données statistiques obéit à des règles indépendantes de la conclusion. Or,
on est bien obligé de constater qu’une étude concluant dans "le bon
sens" est toujours beaucoup mieux traitée. Inutile d’aller bien loin
puisque ce rapport en donne lui-même l’illustration. Il ajoute en effet :
La
qualité des études provenant d’autres sources que le groupe responsable des
recherches en Guinée Bissau a été jugée inégale mais certaines se signalaient
par une bonne évaluation des décès et de l’état vaccinal et d’autres par
une bonne neutralisation de quelques facteurs de confusion importantes,
et l’emploi de méthodes analytiques valables. Ces considérations augmentent
la confiance dans la validité des résultats signalés.
Aucune de ces études n’a conclu à des effets délétères de la vaccination DTC/VPO et
toutes ont montré que cette vaccination induisait une réduction de la
mortalité. »
Pourtant, comme ils le reconnaissent en partie, ces études
ont les mêmes défauts majeures que les autres :
« Cela
dit, il s’agissait dans tous les cas d’études d’observation et pouvaient
présenter des biais dus à des facteurs de confusion non maîtrisés. Ceci peut
expliquer, au moins en partie, les effets protecteurs apparents de la
vaccination DTC/VPO contre la mortalité. »
Ce qui ne changera rien à la conclusion, impitoyable pour les
études défavorables aux vaccins et plutôt complaisante pour les autres :
« Le
Groupe spécial a estimé à l’unanimité que la totalité des résultats mis en
évidence dans les documents examinés ne permettaient pas de conclure à un effet
délétère de la vaccination DTC mais qu’ils tendaient au contraire à réfuter
cette hypothèse »
« Le
Groupe spécial a estimé que si certains documents ont présenté des résultats
compatibles avec l’hypothèse d'un effet délétère du DTC sur la survie, la force
de la preuve était faible et insuffisante, de l’avis du Groupe spécial, pour
justifier des essais randomisés afin de vérifier cette hypothèse. Il a même
estimé que certains types d’essais, comme des essais contre placebo ou des études
visant à retarder la vaccination DTC seraient contraires à l’éthique. »
Pourquoi contraire à l’éthique ? Une telle étude, qui
conduirait à seulement retarder volontairement la vaccination de certains enfants afin de pouvoir
établir une comparaison, serait non éthique car elle les priverait d’une protection alors que le but de l’étude est justement de vérifier s’il
s’agit bien d’une protection ou de l’effet inverse, du moins sur le critère de
la mortalité. Les études n’ont pas été menées correctement mais Il est jugé
contraire à la morale de les reprendre dans de meilleures conditions…
Dengue et chikungunya : mobilisation générale contre le moustique
Rappelons une
fois de plus que c’est le même moustique qui véhicule les virus du chikungunya,
de la dengue (4 types de virus) et de la fièvre jaune. Pendant longtemps la
lutte contre la fièvre jaune était centrée sur le moustique et avait connue
ainsi de remarquables succès. Cette lutte a été quelque peu délaissée au profit
du vaccin. On en paie aujourd’hui les conséquences avec le retour en force dans
de vastes régions du monde de la dengue et du chikungunya.
La France est
directement concernée par le chikungunya dans l’île de la Réunion et par la
dengue en Guyane, Martinique et
Guadeloupe notamment. En Martinique et Guadeloupe une épidémie de dengue de
très grande importance sévit depuis l’été et a fait de très nombreuses
victimes comme on peut le lire sur le site de l’InVS www.invs.sante.fr :
Le
point sur l’épidémie au 21/11/07 :
« Depuis le début de
l’épidémie en Martinique, (fin août), le nombre total de personnes ayant
consulté un médecin généraliste pour un syndrome clinique évocateur de dengue
est estimé à 14000. Au cours de la semaine 46 (du 12 au 18 novembre 2007), 1188
personnes ont consulté un médecin généraliste pour un syndrome clinique
évocateur de dengue. » Depuis le début de l’épidémie 208 personnes ont été
hospitalisées pour une dengue biologiquement confirmée. En Guadeloupe, le
nombre de cas est estimé à 8400.
Aussi, le
ministère de la santé est contraint de se mobiliser pour lutter contre les
moustiques comme en témoignent le récent déplacement de la ministre en
Martinique et en Guadeloupe (18/10/2007) ainsi que les moyens supplémentaires
débloqués pour cette lutte.
Voici, extrait du communiqué du ministère sur le sujet (sante.gouv.fr), la partie relative à la lutte contre les moustiques (16/11/07).
« Roselyne BACHELOT-NARQUIN, ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports effectuera le dimanche 18 novembre un déplacement en Guadeloupe et en Martinique, départements touchés depuis le mois de septembre dernier par une forte épidémie de dengue.
► La ministre visitera les centres de lutte anti-vectorielle de la Martinique et de la Guadeloupe qui ont mis en place des actions pour renforcer la prise en charge sanitaire et la communication auprès de la population, et le centre de veille épidémiologique qui surveille l’évolution de l’épidémie.
► Roselyne Bachelot-Narquin rencontrera également les associations locales mobilisées autour de la question des pesticides, et notamment du chlordécone aux Antilles.
La ministre se rendra compte sur le terrain de la mise en place des moyens mobilisés ces dernières semaines pour faire face à l’épidémie, et notamment des moyens humains et financiers supplémentaires débloqués par le ministère de la Santé, de la Jeunesse et des Sports :
• des moyens financiers supplémentaires : le ministère a débloqué 220 000 euros pour faire face aux besoins de matériels supplémentaires des services de lutte anti-vectorielle. Ces moyens supplémentaires renforcent le programme de surveillance, d’alerte et de gestion des épidémies de dengue (PSAGE) élaboré aux Antilles. »
De plus,
l’InVS organise les 3 et 4 décembre 2007 à Saint-Pierre, dans l’île de la
Réunion, un important colloque sur le sujet (voir sur son site).
23 novembre 2007
Chikungunya : l'OMS décrit la lutte contre les moustiques
Le
dernier Relevé
épidémiologique hebdomadaire de l’OMS, en date du 23 novembre 2007 porte
essentiellement sur le chikungunya. L’article reprend toute l’historique
récente de cette maladie qui flambe actuellement et en expose les raisons.
Rappelons que le virus est exclusivement transmis par des moustiques et que ce
sont surtout ceux de type Aedes,
tout particulièrement A.albopictus et A. aegypti. Voici la partie de l’article
relative aux mesures de lutte. Rappelons que ce sont les mêmes moustiques qui
véhiculent aussi la dengue et la fièvre jaune et comme je l’ai montré dans
différents articles (voir catégorie Maladies
tropicales), si la seule solution contre le chikungunya et la dengue,
maladies contre lesquelles il n’existe pas de vaccins, est la lutte contre les
moustiques, la seule solution contre la fièvre jaune est…la vaccination…
« Mesures de lutte
Un facteur clé de l’aire et de
la prévalence croissantes d’A. albopictus a été la mondialisation des échanges commerciaux, en particulier le
transport de pneus usagés d’un pays ou d’un continent à l’autre. Les œufs d’A. aegypti et d’A. albopictus résistent à la sécheresse et
peuvent rester viables pendant plusieurs semaines, ce qui leur permet de survivre
à un
transport prolongé par voie
maritime, aérienne ou routier sur de longues distances. C’est pour cela que
certains pays ont interdit l’importation de pneus usagés.
Les
deux espèces de moustiques sont aussi les vecteurs efficaces d’autres
arboviroses, notamment la dengue, ce qui explique les préoccupations de santé
publique plus larges liées au transfert accidentel de ces espèces entre les
pays et les continents. Les techniques dont on dispose actuellement ne
suffiront pas pour éliminer A. albopictus dans les zones où il est bien établi (Amériques, Cameroun, Italie
et Nigéria). Dans ces régions, les efforts pour diminuer le risque de
transmission viseront à réduire la densité du vecteur. Là où une population d’A. albopictus nouvellement arrivée est détectée
assez tôt, des efforts concertés, y compris l’utilisation d’insecticide,
s’impose pour éviter une implantation de l’espèce; cette approche a déjà été
appliquée avec succès. Dans des zones à haut risque d’introduction d’A. albopictus, une bonne surveillance
vectorielle s’impose car il faut agir vite pour éliminer les nouveaux foyers
avant que l’implantation ne devienne effective.
Une
fois qu’une flambée est déclarée, le chikungunya pose des problèmes
considérables pour les responsables de santé publique. Les principales mesures
environnementales utilisées pour réduire les gîtes larvaires ne peuvent parfois
être pleinement appliquées pendant la durée d’une flambée. Peu de programmes de
santé publique sont en mesure de faire face à d’importantes épidémies
d’arboviroses mais les pays disposant de bons programmes systématiques de
surveillance et de lutte antivectorielle sont mieux armés pour atténuer les
effets d’une flambée.
Les mesures visant à diminuer le
nombre de récipients contenant de l’eau peuvent aussi contribuer de manière
sensible à une
réduction
des moustiques émergents, mais une telle mesure doit être fondée sur une bonne
connaissance de l’écologie des stades immatures du moustique dans un lieu
déterminé. Au cours d’une flambée d’arbovirose, une réduction de la
transmission peut nécessiter le recours à des insecticides, (pulvérisations
spatiales, applications à effet rémanent sur les surfaces à l’intérieur et
autour de conteneurs où les moustiques se posent et larvicides contre les
stades immatures). La réduction des sources de moustiques est particulièrement
difficile à obtenir en milieu rural, où les gîtes larvaires naturels ou dus à
l’hommepeuvent être nombreux. Néanmoins, la réduction du nombre de conteneurs
dans et autour des habitations doit être encouragée et les messages les plus
importants en direction du public concernent les mesures qui peuvent être
prises pour réduire les biotypes favorables aux moustiques.
En
milieu urbain, les décharges de pneus usagés favorisent la reproduction à grande
échelle, notamment dans le cas d’A. albopictus et nécessitent des mesures de lutte ciblées, y compris
la pulvérisation d’insecticide. A plus long terme, il faudrait encourager des
investissements en faveur de programmes de recyclage des pneus usagés.
Dans
les hôpitaux et les autres établissements de santé publique où peuvent être
soignés des malades du chikungunya (et de la dengue), il convient d’appliquer
systématiquement les mesures de lutte antivectorielle et de les intensifier
pendant les flambées. Les patients virémiques doivent être soignés dans des
pièces protégées par des écrans ou sous des moustiquaires. Les risques potentiels de transmission par le don du
sang ou d’organes doivent également être pris en considération.
Protection personnelle
Il
est conseillé de porter des vêtements qui réduisent dans toute la mesure du
possible l’exposition de la peau aux vecteurs qui piquent de jour pendant les
flambées de chikungunya. On appliquera des répulsifs sur les vêtements ou sur
les parties du corps qui restent exposées, en suivant scrupuleusement les
instructions. Ces répulsifs doivent contenir du DEET (N, N-diéthyl-
3-méthylbenzamide), de l’IR3535 (ester éthylique de l’acide
3-[N-acétyl-N-butyl]-aminopropionique) ou de l’icaridine (acide 1-piperidinecarboxylique,
2-(2-hydroxyéthyl)-1-méthylpropylester). Les moustiquaires imprégnées
d’insecticide offrent une bonne protection à ceux qui dorment pendant la
journée, surtout les jeunes enfants. Pour réduire le nombre de piqûres à
l’intérieur des habitations ont peur recourir à des serpentins ou autres
vaporisateurs. »
22 novembre 2007
La décision en santé publique : avec les citoyens ?
A
l’occasion de son congrès qui se tient à Montpellier du 22 au 24 novembre, la
Société française de santé publique a publié un Communiqué
de presse.
Il débute par une analyse brève mais
intéressante qui témoigne d’une prise de conscience d’au moins une partie du
monde médical. Il y a en effet ce qui est scientifiquement connu, mais c’est ce
qui est dit au public qui construit cette perception sociale en décalage très
prononcé, tout particulièrement sur le problème des vaccinations. Le poids des
lobbies n’est que trop évident, c’est bien de l’avoir souligné. Enfin, les
responsables de la Sfsp, association sans but lucratif reconnue d’utilité
publique et organisatrice de l’audition sur la levée de l’obligation du BCG,
reconnaissent que la santé publique n’est pas la propriété des professionnels mais
qu’elle est le bien commun de tous, l’un des plus
précieux, sinon le plus précieux, et qu’il est donc indispensable d’associer
les patients et les citoyens aux décisions.
Extraits :
Congrès 2007 de la Société française de santé publique
« La décision en santé
publique » 22 – 23 – 24 novembre 2007
La Société française de
santé publique tient son congrès à Montpellier du 22 au 24 novembre 2007 sur le
thème de la décision en santé publique.
C’est
l’occasion pour elle de souligner :
- l’importance de la notion de perception sociale qui
explique souvent le décalage entre la connaissance, le diagnostic et la
décision ;
- le poids des lobbies et la nécessaire vigilance pour gérer en
toute transparence les conflits d’intérêts des experts ;
- le besoin croissant
d’associer à la décision le point de vue et des citoyens et des patients.
La Sfsp fait aussi la
proposition d’une audition publique sur le problème de l’amiante. Voilà
des initiatives très positives et qui témoignent d’un changement d’attitude qui
devra se concrétiser rapidement dans les faits.
Pourquoi pas une audition publique sur les obligations
vaccinales ? Chiche !
21 novembre 2007
ARTE : le vaccin, un geste anodin ?
Voici le descriptif de l'émission sur ARTE qui diffusera en particulier un film sur les vaccinations et qui est intitulé : Le Vaccin, un geste anodin ?
Thema 20h40 22h45 le mardi 27 novembre
Virus et bactéries, les envahisseurs invisibles
En dépit de technologies médicales de pointe, les
chercheurs sont engagés dans une course contre la montre face à des agents
pathogènes jusqu'alors inconnus. Avec la mondialisation des échanges, leur
pouvoir de nuisance s’accroît, comme le montre la propagation de la grippe
aviaire ou avant elle, du SRAS.
Soirée présentée par Andrea Fies
20.40
La mondialisation des virus
Réalisation : Hanna Solberger
(Allemagne/Suède, 2007, 52mn)
Comment virus et bactéries parviennent-ils à se propager
aussi rapidement à la surface du globe ? Que savons-nous de leurs modes de
transmission ? Enquête, de l’Europe à Taiwan.
Après un tour d’horizon des grandes maladies contagieuses,
cette enquête entreprend d’analyser l’air que nous respirons dans des bâtiments
publics, notamment les écoles et les hôpitaux. Puis elle nous emmène jusqu’à
Taiwan et présente les mesures adoptées en 2003 lors de l’épidémie de SRAS (Syndrome
respiratoire aigu sévère). Sur un marché aux volailles de Taipei, un lieu
considéré comme l’un des foyers principaux du dangereux virus H5N1, ou grippe
aviaire, l’équipe d’experts rassemblée autour des chercheurs Rolf Nybom et Lennart
Svensson tente d’identifier les particules présentes dans l’air à l’aide d’un
microscope ionique. Les scientifiques s’interrogent : que se passerait-il
si le virus mutait effectivement et devenait transmissible par voie
aérienne ? Beaucoup croient à l’imminence d’une épidémie à grande échelle.
Le virologue Albert Osterhaus, par exemple, souligne que selon les statistiques,
il s’en produit une tous les 27 ans…
21.40
Le vaccin, un geste anodin ?
Réalisation : Valentin Thurn et Sabine Goette
(Allemagne, 2007, 1h)
Des pandémies telles que la variole ou la poliomyélite
ont été enrayées par la vaccination. Beaucoup plus sûr qu’il y a vingt ans, ce
geste médical a parfois des effets
secondaires méconnus, dont on ne parle qu’à demi-mot.
Ce reportage passe en revue les bienfaits de la vaccination,
mais aussi les risques qu’elle peut induire. Ainsi, la famille Schomaker, en Westphalie,
est convaincue que la mort d’un fils, il y a six ans, a été causée par un
vaccin hexavalent (qui protège simultanément contre six maladies, dont la
poliomyélite, la diphtérie, le tétanos, la coqueluche et l’hépatite B). À l’inverse, le petit Joel, faute de vaccin, a
contracté en 2006 une encéphalite chronique, incurable et, à terme, mortelle, à
la suite d’une rougeole. Il a été victime de l’épidémie de cette maladie
prétendument bénigne qui a ravagé la Ruhr, en raison d’un recul significatif
des vaccinations.
Si, jusqu’ici, il n’a pas pu être prouvé que les
combinaisons vaccinales mettent en danger les enfants inoculés, la controverse
fait néanmoins son chemin. Peut-être parce que le corps médical hésite à parler
ouvertement des risques induits par les effets secondaires, de peur de voir diminuer
les vaccinations, et augmenter ainsi le risque d’épidémie. Faut-il continuer à
taire certaines des conséquences négatives, même si elle sont infiniment
moindres que les bénéfices du vaccin ? L’institut Max Planck, à
Berlin, a ainsi développé un nouveau vaccin contre la tuberculose, dont on
espère qu’il va permettre de combattre la maladie infectieuse, qui, après le
sida, fait le plus grand nombre de victimes à travers le monde.
L’ensemble de la "Thema" est multidiffusé le 28
novembre à partir de 9.55
19 novembre 2007
Les "experts-profanes" de l'audition BCG sous le microscope de la sociologie !
Il y a un an, des associations et des citoyens
participaient activement à l’audition sur le BCG. Une sociologue s’est penchée
sur leurs interventions et leur participation au débat public pour tenter de
savoir qui ils étaient, quelles furent leurs motivations et leur influence sur
les thèmes débattus et sur la décision finale. Elle présentera ses premières
analyses exploratoires le jeudi 22 novembre à Montpellier au cours d’un
colloque.
Voir la suite de l'article sur vaccin BCG
16 novembre 2007
L'Inde, ultime bastion de la polio ?
A
la fin de l’année 2005 l’OMS se montrait très optimiste pour l’élimination de
la polio en Inde : constatant qu’il avait été observé seulement 67 cas de
polio dans cet immense pays, tous concentrés dans les Etats les plus pauvres du
nord, l’Uttar Pradesh et le Bihar, l’OMS pronostiquait cette élimination pour
2006 et avançait qu’il faudrait une année supplémentaire au Nigeria pour faire
de même afin de compenser l’année où la vaccination avait été interrompue. Un
an plus tard, il fallut déchanter : l’Inde comptait 676 cas de polio et un
virus venu de ce pays allait même provoquer une épidémie en Angola avec
extension vers le Congo. Au 13 novembre 2007 on dénombre 367 cas de polio et,
compte tenu des délais d’analyse par les laboratoires, il faudra sans doute
attendre la fin février 2008 pour avoir le bilan définitif de l’année 2007 qui
pourrait approcher les 450 cas. Bien
sûr, ce sera sans doute nettement moins que les 676 cas de 2006 mais beaucoup
plus qu’en 2005 et rien ne permet de dire que l’élimination des virus polio
sauvage en Inde serait proche.
Malgré tout, l’OMS veut y croire, a l’obligation d’y
croire, pour ne pas décourager les donateurs et les nombreux bénévoles.
L’éradication de la polio, qui devait être définitivement bouclée en 2003, n’a
que trop traîné et l’OMS sait qu’elle ne pourra indéfiniment maintenir son
dispositif à bout de bras. Alors, elle se donne du courage et espère le
transmettre. C’est ce qui ressort du dernier article publié dans le REH du 16 novembre 2007,
« Progrès vers l’éradication de la poliomyélite : Inde, janvier
2006-septembre 2007. » Observez les dates choisies : elle évite
d’incorporer l’année 2005 qui ferait apparaître ce progrès comme très relatif.
Pour contenir l’épidémie de 2006, essentiellement
provoquée par le poliovirus de type 1, l’Inde avait utilisé le vaccin oral
monovalent de type 1 (le VPOm1) jugé beaucoup plus efficace que le vaccin
trivalent VPOt. L’OMS note avec satisfaction une diminution de 80% des cas de
type 1 au cours du premier semestre 2007 par rapport à 2006 mais doit aussi
reconnaître l’apparition d’une flambée par le poliovirus de type 3 avec 241 cas
notifiés à ce jour. A croire qu’un virus chasserait l’autre ?
Dans un communiqué
du 5 novembre, l’OMS considère cependant que le vrai challenge pour
l’éradication de la polio est d’éliminer le poliovirus de type 1 de l’état de
l’Uttar Pradesh au nord de l’Inde : « Si le type 1peut être
éliminé de l’Uttar Pradesh, nous pourrons définitivement affirmer que la guerre
contre la polio peut être gagnée ». C’en est donc fini à l’OMS de considérer
le Nigeria comme le mauvais élève de la classe, le fauteur de trouble qui
aurait empêché d’annoncer plus tôt la fin de la polio. La difficulté
essentielles est bien concentrée au nord de l’Inde.
Un virus polio sauvage tout
près du siège de l’OMS !!!
L’éradication des virus polio risque d’être encore
plus difficile que prévue puisque les autorités suisse viennent de faire
connaître qu’un virus polio sauvage avait été découvert dans des eaux usées à
Genève, siège de l’OMS, au cours d’un prélèvement effectué le 13 août 2007.
L’OMS, dans un communiqué
du 12/11/07, reste convaincue qu’il n’existe pratiquement pas de risque
épidémique mais cette découverte confirme bien que la disparition totale de ces
virus ne sera pas chose aisée. Le virus est apparenté au virus circulant au
Tchad.
En juillet 2007 un virus polio sauvage avait été
isolé en Australie chez un étudiant pakistanais qui avait été infecté au Pakistan.
En 2006, un enfant originaire du Nigeria et infecté dans son pays s’était
déplacé à Singapour où son infection avait été découverte. Ces 2 cas n’ont
donné lieu à aucune épidémie locale.
12 novembre 2007
Dengue, fièvre jaune, chikungunya, même combat !
Oui, le même combat contre le même moustique de type Aedes.
La dengue peut être très grave, tout comme la fièvre jaune ou même le chikungunya. Les virus responsables étant transmis par le même moustique, toutes les recommandations faites pour se protéger de ces moustiques sont valables pour chacune de ces 3 maladies. Or justement, le ministère de la santé a mis en ligne le 4 octobre 2007 un texte de 6 pages pour tout savoir sur la dengue. On peut trouver l’ensemble des informations du ministère sur la dengue en allant sur www.sante.gouv.fr et en cherchant Dengue dans la rubrique "Accès à tous les dossiers" sur la gauche. La page est sans adresse particulière.
Le ministère donne des explications fort intéressantes sur le fameux moustique, ses mœurs et les façons d’en limiter sa propagation ou de s’en protéger. Preuve que les autorités sanitaires ont conscience qu’il est possible d’avoir ainsi une action efficace et qu’elle ne doit pas être négligée. Mais pourquoi ne pas proposer aussi ces mesures pour réduire le risque de la fièvre jaune, même si elles devraient être insuffisantes ? J’espère que ce n’est pas parce qu’il existe un vaccin contre la fièvre jaune et pas contre la dengue !
Voici quelques extraits :
La maladie
« La
dengue est une maladie due à un virus transmis par la piqûre d’un moustique du
genre Aedes (principalement Aedes aegypti, plus rarement Aedes albopictus).
L’Aedes est aussi vecteur d’autres arboviroses notamment la fièvre jaune et le
chikungunya. »
« La dengue sévit sur un mode
endémo-épidémique dans les Caraïbes et sur le continent latino-américain, en
Océanie, dans les îles du Pacifique Sud et de l’Océan Indien, en Asie du Sud et
du Sud-est, et, à un moindre degré, dans les pays de l’Afrique intertropicale.
On recense plus de 70% de la charge de morbidité en Asie du Sud-Est et dans le
Pacifique occidental.
Des cas isolés ou groupés de dengue sont observés dans les départements
français des Amériques (Martinique, Guadeloupe, Guyane), dans les îles
françaises du pacifique et de l’océan indien, ainsi que parfois chez les
personnes de retour de zones endémiques.
Des épidémies sont observées régulièrement dans les départements et territoires
français d’outre-mer.
Les symptômes sont le plus souvent de type grippal (fièvre, maux de tête,
courbatures) se manifestent dans les 3 à 14 jours (4 à 7 jours en moyenne) qui
suivent la piqure par le moustique. La dengue touche indifféremment les
nourrissons, les jeunes enfants et les adultes. L’hospitalisation est parfois
nécessaire. Dans les cas de formes hémorragiques, qui restent rares, la maladie
peut être grave voire entrainer le décès. »
« Il
n’existe aujourd’hui ni vaccin, ni médicament contre la dengue. Pour les
personnes se trouvant dans une zone susceptible d’être concernée par une
endémie ou une épidémie de dengue, il est donc nécessaire d’adopter des
attitudes de prévention individuelle – en se protégeant des piqûres de
moustiques – et collective – en luttant contre la prolifération des
moustiques. »
Le moustique et ses moeurs
« Aedes aegypti, principal moustique vecteur de la dengue, a une
activité hématophage (se nourrit de sang) habituellement diurne : les femelles
piquent le jour, de l’aube jusqu’au crépuscule ; il dispose d’un faible rayon
de vol (en moyenne 30 à 50 mètres), mais la dispersion peut être plus
importante grâce au vent ou à tout autre type de transport incluant l’avion ou
le bateau. Il est très lié à l’urbanisation : les moustiques adultes se
reposent dans les zones sombres (sous les lits et dans les placards des
maisons) et se reproduisent en pondant surtout dans les gîtes créés par l’homme
(tout récipient ou tout objet contenant de l’eau non polluée) ou parfois dans
les gîtes artificiels (trou d’arbres contenant de l’eau).
La saison des pluies est donc propice à sa
prolifération. La multiplication des échanges humains et commerciaux, le climat
tropical et le réchauffement climatique, la poussée démographique et
l’urbanisation non maîtrisée sont des facteurs favorables à l’implantation
durable et à la propagation de ce moustique.
Tous les moustiques se nourrissent de nectar de
fleurs et de fruits. Seules les femelles sont hématophages (qui consomment du
sang), non pas pour se nourrir, mais pour obtenir la source de protéines
nécessaire à la fabrication des œufs (ovogenèse). L’ovogenèse dure entre 3 et 4
jours.
La femelle
Aedes aegypti se reproduit dans des réserves d’eau, de préférence à l’abri de
la lumière. Les lieux de ponte sont aussi appelés « gîtes larvaires ». Environ
80 % des gîtes sont créés par l’homme (gîtes domestiques et péri-domestiques).
Le moustique Aedes est sédentaire : il ne s’éloigne pas de plus de 100 mètres
de son gîte d’origine. Les femelles pondent leurs œufs dans les collections
d’eau douce et peu chargée en matière organique (eau claire). Les œufs peuvent
résister à la sécheresse pendant plusieurs mois.
La reproduction
peut se faire :
A l’intérieur
des maisons et des lieux de travail (gîtes domestiques), le moustique pond ses
œufs dans tout récipient pouvant stocker de l’eau : vases d’appartement,
soucoupes sous les pots de fleurs...
A proximité des
maisons et des lieux de travail (gîtes péri-domestiques), tout récipient
contenant de l’eau peut devenir un gîte larvaire :
- vases à
fleurs, coupelles des plantes vertes, ornements de jardin et bassins de plante
aquatique, vases à boutures, etc.,
- gouttières,
regards, chenaux, bacs de climatisation, vides sanitaires,
- vieux pneus,
poubelles,
- puits,
réserves d’eau (citernes mal fermées, bassins, fûts, etc.), piscines
abandonnées, bassins,
- abreuvoirs
pour animaux, écuelles,
- récipients
abandonnés aux intempéries (boîtes de conserves, pots de peinture, bouteilles,
emballages
divers, noix de coco…).
Dans la nature
(gîtes naturels)
- trous d’arbre,
plantes à feuilles engainantes, noix de coco, … »
Comment lutter contre le moustique ?
« Outre les mesures de protection individuelle, la lutte contre la maladie passe par la prévention de la prolifération des moustiques, c’est à dire par la réduction de toutes les sources potentielles de gîtes larvaires constituées par les eaux stagnantes et tout récipient capable de retenir les eaux de pluie (pots de fleurs, pneus usagés, gouttières de toits, etc…) et par l’application de traitements larvicides lorsque la suppression de cette source n’est pas possible.
Cette lutte est également axée contre le moustique adulte au moyen de pulvérisations d’insecticide en zone infectée. La prévention dans l’habitat local repose sur l’utilisation d’insecticides autour des ouvertures de portes et des fenêtres, ainsi que l’utilisation de moustiquaires. »
Comment réduire
la présence des moustiques autour des habitations ?
« Pour réduire la présence de moustiques autour de son habitation, il faut détruire les gîtes larvaires, c’est à dire les lieux de ponte du moustique. Après chaque pluie, il est conseillé d’effectuer une visite autour de la maison, et de supprimer tous les récipients, objets divers, déchets, végétation, qui contiennent de l’eau, car c’est dans ces rétentions d’eau que le moustique va pondre.
Les récipients de stockage d’eau de pluie doivent être fermés hermétiquement ou recouverts d’une moustiquaire, les soucoupes sous les pots de fleurs doivent être supprimées, l’eau des vases à boutures doit être renouvelée une fois par semaine. Les récipients exposés à la pluie doivent être retournés ou mis à l’abri de la pluie, les pneus ou détritus abandonnés doivent être éliminés ou remplis de terre, les gouttières bouchées avec stagnation d’eau doivent être réparées, les piscines abandonnées et les bassins doivent être chlorés ou remplis de sable, les bateaux doivent être retournés ou mis sous une bâche bien tendue. Les réservoirs derrière les frigidaires doivent être protégés. Les jouets doivent être ramassés, les boites ramassées ou jetées. »
Et en cas de
maladie ?
« Pendant les cinq premiers jours de la maladie, il faut éviter
soi-même de se faire piquer par les moustiques : utiliser des anti-moustiques
(répulsifs cutanés) ou rester sous une moustiquaire. En effet, pendant les cinq
premiers jours de la dengue, la personne malade est porteuse du virus dans son
sang : Si l’on réside dans une zone où le moustique vecteur est présent (Aedes), chaque moustique
qui piquera une personne atteinte durant cette période se contaminera en
prélevant le sang. Il pourra à son tour transmettre le virus à une autre
personne à l’occasion d’une piqûre ultérieure (et participer ainsi à
l’implantation locale de la maladie et à sa diffusion). »
Recommandations
aux voyageurs.
D’abord se protéger des
piqûres de moustique !
« La prévention
individuelle repose sur les moyens de protection contre les piqûres de
moustique en utilisant différents moyens physiques et chimiques.
Il est recommandé aux
voyageurs se rendant dans les régions touchées par la dengue :
- de porter des vêtements
amples et longs couvrant également les bras et les jambes jusqu’aux chevilles,
surtout le matin et en fin d’après-midi, période d’intense activité du
moustique vecteur ;
- d’imprégner les vêtements
avec un produit insecticide spécial pour tissus, notamment dans les zones de
prolifération intense des moustiques ;
- d’utiliser des répulsifs
sur les zones de la peau découvertes ;
- d’utiliser des
moustiquaires, des diffuseurs électriques à l’intérieur des maisons et des
tortillons fumigènes à l'extérieur des maisons.
Pour les jeunes nourrissons, les moyens de protection contre les piqûres de moustiques sont limités (impossibilité d’utiliser des répulsifs corporels avant 2 mois, seule la moustiquaire imprégnée de perméthrine et le port de vêtements couvrant les membres peuvent les protéger), mais surtout ces derniers peuvent être fragilisés du fait des conditions climatiques et parfois d’hygiène selon les conditions du séjour. Il appartient donc aux familles, en lien avec le médecin traitant, de se
déterminer sur l’intérêt
d’un séjour touristique avec un jeune nourrisson dans les zones où des maladies
transmises par les moustiques sont endémiques ou épidémiques. »
Comment se transmet le virus de la
dengue ?
« La
transmission du virus s’effectue uniquement par la piqûre du moustique
vecteur du genre Aedes. Ce sont des moustiques qui
piquent essentiellement le jour. Pour transmettre la maladie, le moustique doit
être porteur du virus de la dengue. Le moustique se contamine en en piquant et
en prélevant le virus d’une personne atteinte de la maladie pendant la brève
phase où le virus est présent dans son sang (virémie). Le développement du
virus chez le moustique dure en moyenne 10 jours : il comporte une
multiplication virale dans son abdomen puis le virus gagne ses glandes
salivaires. Lors d’une piqûre ultérieure, il pourra transmettre à son tour le
virus à une personne saine. On considère qu’un moustique reste infectant toute
sa vie. »
Y a-t-il une transmission du virus
d’homme à homme ?
« Il n’y a pas de transmission naturelle du virus directement d’homme à homme. La transmission se fait uniquement par le biais du moustique vecteur. Les personnes atteintes de la dengue ne sont donc contagieuses ni par contact, ni par le biais des postillons. Néanmoins, la transmission artificielle par la transfusion sanguine et la greffe apparaissent théoriquement possibles. »
Pour plus de
renseignements vous pouvez aller sur le site du ministère. Je suis obligé de
constater que s’il y a un dossier dengue il n’y en a pas pour la fièvre jaune.
Par contre il y en a un sur le chikungunya où on lit ceci :
« Traitement
Uniquement symptomatique (anti-inflammatoires non stéroïdiens, antalgiques non salicylés).
Prévention
Au niveau individuel, la prévention passe préférentiellement par l’utilisation de moyens de protection physiques (vêtements, moustiquaires…). L’utilisation de répulsifs est recommandée avec des précautions à respecter chez la femme enceinte et l’enfant de moins de 12 ans (dans ce cas, il est indispensable de prendre conseil auprès d’un médecin ou d’un pharmacien). Pour les nouveau-nés de moins de deux mois, il est recommandé de n’utiliser aucun produit répulsif et de privilégier l’emploi de moustiquaires imprégnées.
Au niveau communautaire, des
actions de lutte contre le vecteur diurne et urbain doivent être mises en œuvre
:
- la mesure la plus efficace à moyen et long terme est la
réduction du nombre de gîtes larvaires par suppression de toutes les réserves
d'eau stagnante dans et à proximité des maisons et, lorsque cette suppression
n’est pas possible, par application de traitements larvicides.
- en période épidémique, des pulvérisations spatiales
d'insecticide permettent à court terme, de lutter contre la prolifération des
moustiques adultes et de réduire les risques de transmission par piqûres.
De 1954 à 1972, des recherches ont été effectuées par l’armée américaine sur un vaccin anti-chikungunya, mais la mise en évidence d’effets indésirables graves et d’une durée de protection insuffisante conférés par ce produit l’ont fait rayer des listes vaccinales possibles.
En 2000, un nouvel essai vaccinal contre le chikungunya a été mis en oeuvre par l’armée américaine avec un vaccin vivant atténué Il a inclus des tests sur 73 volontaires, dont 59 vaccinés. Ce vaccin a semblé être bien toléré, toutefois, il entraînait des arthralgies dans un nombre non négligeable de cas. Aucune suite n’avait été donnée à cet essai. L'Inserm étudie actuellement la possibilité de continuer les recherches sur ce vaccin américain.
Il n’existe donc pas à l’heure actuelle de vaccin anti-chikungunya disponible ayant une autorisation de mise sur le marché dans quelque pays que ce soit, et l'utilisation d'un vaccin expérimental ne peut pas constituer un élément de réponse à court ou moyen terme pour contrôler une épidémie de Chikungunya. »
Donc, pas de vaccin et pas vraiment de traitement. Même motif, même punition, il faut lutter contre les moustiques. Bien ! C’est effectivement ainsi que Soper, soutenu pas la Fondation Rockefeller, avait réussi à éliminer totalement le moustique d’Amérique du Sud, Centrale, Mexique qui avait disparu de ces contrées en 1960 alors que la fièvre jaune fut l'une des causes majeures qui mirent fin, en 1888, à la tentative française de construction du canal de Panama*. Il restait le sud des Etats-Unis et là, la population s’est opposée aux mesures à accepter : contrôle des jardins, modification des façades des maisons…Le moustique a pu ainsi reconquérir progressivement le terrain perdu, propageant avec lui la dengue et la fièvre jaune qui avaient disparu. Voir mes articles "1960 : la fièvre jaune avait presque disparu aux Amériques" et "Fièvre jaune : une seule solution, la vaccination !" (catégorie maladies tropicales) où le lecteur constatera aussi que contre la fièvre jaune on en arrive aujourd’hui à oublier l’importance de la lutte contre le moustique pour ne parler que du rôle du vaccin. Comme quoi l’existence d’un vaccin peut être un obstacle pour une vraie lutte contre des maladies car il fait oublier les véritables causes. D’ailleurs le texte cité du ministère l’exprime très bien :
« Il n’existe aujourd’hui ni vaccin, ni médicament contre la dengue. Il est donc nécessaire d’adopter des attitudes de prévention individuelle – en se protégeant des piqûres de moustiques – et collective – en luttant contre la prolifération des moustiques. »
Autrement dit, s'il existait un vaccin cela ne serait pas nécessaire...et on n'en parlerait pas... Fort heureusement il s’agit du même moustique et la lutte menée contre lui pour raison de dengue et de chikungunya devrait aussi réduire le risque de fièvre jaune. A se demander s’il faut vraiment souhaiter "qu’ils" trouvent des vaccins contre ces maladies…
*Après l’échec français pour réaliser le canal de Panama, les USA reprendront les travaux en mai 1904. A cette époque, il n’y avait pas de vaccin contre la fièvre jaune. De plus, le paludisme sévissait également dans la région. Le colonel Gorgas résoudra ces 2 problèmes en faisant couvrir les flaques d’eau de pétrole dans la zone du canal.
08 novembre 2007
Evaluation vaccinale : les parlementaires s'interrogent
Le 6 juin 2007 : l ‘Opeps (Office
parlementaire d’évaluation des politiques de santé) était réuni autour du
président de séance Jean-Michel Dubernard, député et chirurgien de profession.
Il déclarera au cours
de cette réunion « qu'il
manque des données scientifiques permettant d'apprécier l'utilité des
vaccins ». De
quoi faire rebondir l’auditoire constitué non seulement de parlementaires très
motivés par le sujet mais aussi de très hauts représentants de l’Industrie
pharmaceutique. Selon le compte-rendu, le débat s’est alors poursuivi
ainsi :
« M. Nicolas About, sénateur,
vice-président, a fait valoir qu'il est important, dans le cadre du projet
de loi de financement de la sécurité sociale, de disposer d'une veille portant
sur tous les inconvénients qui découlent des vaccins. Il a demandé s'il existe
une banque de données réellement opposable, qui permettrait de définir une
politique de la vaccination plus efficace. Il a également souhaité savoir s'il
existe une politique de vaccination des personnes immigrées.
M. Eric Lecocq, directeur général France
de Sanofi Pasteur MSD, a rappelé que le conseil supérieur d'hygiène
publique a récemment souligné la nécessité de mettre en place des outils
épidémiologiques, dont l'absence est particulièrement dommageable en France. Il
a considéré que l'association française de sécurité sanitaire et des produits
de santé (Afssaps), la direction générale de la santé (DGS) et la caisse
nationale d'assurance maladie (Cnam) devraient créer un outil épidémiologique
commun. Il a indiqué que la psychose autour du vaccin contre l'hépatite B est
si puissante que l'une des craintes que suscite la mise en place d'un vaccin
contre le papillomavirus est qu'une jeune fille vaccinée ne soit ensuite
atteinte d'une sclérose en plaques.
Or, les autorités sanitaires ne sont pas
capables de dire combien de scléroses en plaques touchent la population
générale, ce qui permettrait pourtant d'établir une comparaison avec le nombre
de cas qui surviendraient au sein d'une population vaccinée.
L'une des raisons pour lesquelles la vaccination contre le rotavirus ne
se développe pas est que l'on ne connaît pas exactement le nombre d'invaginations
intestinales dans la population générale. »
Pourtant, à
propos du lien qui a fait polémique entre la vaccination hépatite B et la
sclérose en plaques on nous a assuré que la fréquence des SEP était
suffisamment bien connue pour pouvoir affirmer qu’aucune étude faite à ce jour
ne pouvait établir de lien, ce qui fut aussitôt transformé en « il n’y a
pas de lien entre la vaccination et l’apparition d’une SEP ». On reconnaît
aujourd’hui que la fréquence des SEP n’est pas suffisamment bien connue pour
affronter sereinement la vaccination contre le papillomavirus…
Pour les
vaccins contre le rotavirus, responsable de certaines gastros, on a observé des
invaginations intestinales chez des enfants vaccinés. Elles ont fait craindre
que le vaccin en soit la cause.
« M. Bertrand Alexandre, directeur de la BU de GSK France, a déploré que l'invocation du principe de précaution ne soit pas accompagnée des outils permettant de mesurer l'impact de telle ou telle vaccination.
M. Eric Lecocq a rappelé que l'institut de veille sanitaire (InVS) a rendu un avis sur un vaccin contre le rotavirus, en considérant que son coût était trop élevé, sans apporter aucune confrontation d'idées, ni aucune proposition d'un prix différent, ni aucune précision sur les bases épidémiologiques qui ont été utilisées pour évaluer le vaccin. Par exemple, il n'est tenu aucun compte des arrêts maladie et cela, parce que chaque organisme payeur refuse de prendre en considération l'ensemble des prises en charge.
M. Nicolas About, sénateur, vice-président, s'est étonné de la couverture vaccinale moyenne de la France, alors qu'il s'agit de l'un des pays les plus contraignants en matière d'obligation vaccinale.
M. Claude Le Pen, membre du comité d'experts, a estimé que ce
résultat est plutôt le fait d'un lobby anti-vaccinal plus fort que dans les
autres pays. »
Peut-être,
mais pourquoi un lobby anti-vaccinal plus fort qu’ailleurs ? En raison
d’abord des obligations vaccinales et de pressions liées depuis très longtemps
à la situation particulière de la France en matière de vaccins : ce n’est
pas le hasard si la France est numéro 1 pour la production de vaccins. Il a
d’abord fallu pour cela soutenir le développement de cette industrie sur notre
territoire. Comment ? En vaccinant massivement notre population et plus
qu’ailleurs. Il n’y a pas de secrets, si la France occupe une place aussi
privilégiée dans le commerce mondial du vin et des alcools, c’est d’abord parce
que sa population en a beaucoup consommé, ce qui a permis un développement
suffisant de la production, du savoir-faire et d’une certaine culture pour
ensuite permettre l’exportation mondiale. Ce ne fut pas sans excès et sans
drames. Tout cela a aussi engendré une réaction de nature hygiéniste. Il en est
allé de même avec les vaccins. On peut d’ailleurs observer que le DTP, de
production nationale, est obligatoire alors que le ROR, qui est une production
américaine, ne l’est pas comme cela fut rappelé au cours de cette réunion
:
M. Fabian Wild, Inserm, a fait
valoir que les enfants sont vaccinés en France avec des vaccins américains
comme le ROR (rougeole-oreillons-rubéole).
Quand on
pense aux difficultés récemment rencontrées pour abandonner l’obligation du
BCG. Quand on constate que la France fut un des derniers pays à avoir abandonné
la vaccination antivariolique et qu’elle s’était même fait tirer l’oreille en
1978 par un haut représentant de l’OMS qui était venu à Lyon pour tenir une
conférence de presse où il demandait instamment aux autorités françaises
d’abandonner cette vaccination fort dangereuse et devenue inutile. Quand on
pense que la France n’a pas hésité à précipiter sa population dans une
gigantesque et ruineuse campagne de vaccination contre l’hépatite B, ce
qu’aucun autre pays n’a fait. Quand on constate le mépris dans lequel on tient
les victimes de ces vaccinations. Quand…(on n’en finirait pas !).
Comment
s’étonner qu’il y ait eu une réaction ? L’antivaccinalisme est une
réaction au vaccinalisme qui est l’idéologie de la vaccination. Toute action
engendre une réaction. C’est une loi en Physique. Elle régit aussi les
comportements humains. On ne supprimera pas l’antivaccinalisme en bombardant
avec des B52 mais en éliminant le vaccinalisme, c’est aussi simple que cela.
Selon le
compte-rendu, le débat s’est poursuivi ainsi :
M. Alain Sabouraud, pharmacien responsable de Sanofi Pasteur, a ajouté qu'il n'existe pas en France de promotion de la politique vaccinale, à la différence de celle menée au niveau mondial par l'OMS ou aux Etats-Unis par le Center for Disease Control. Il a estimé que, face au lobby anti-vaccinal, les laboratoires sont mal placés pour faire la promotion du vaccin. Ce rôle pourrait en revanche être confié au comité technique des vaccins (CTV).
M. Eric Guez de Novartis Vaccines, a considéré que la défiance à l'égard du vaccin relève, en France, d'un manque de confiance dans les résultats.
Jean-Michel Dubernard en a convenu, rappelant qu'il n'existe pas de preuve scientifique sur l'utilité des vaccins.
M. Nicolas About, a constaté la meilleure pénétration des vaccins dans les autres pays.
M. Bertrand Alexandre a estimé que l'épisode de l'hépatite B explique pour beaucoup cette situation particulière. Un effort de communication de la part des pouvoirs publics est donc particulièrement nécessaire.
Le président
de séance, député et chirurgien, a donc confirmé et réaffirmé son propos « il
n’existe pas de preuve scientifique sur l’utilité des vaccins ». Le
compte-rendu ne fait état d’aucune contestation de cette affirmation par les
personnalités présentes. Cette affirmation, reprise sur le site AgoraVox par le
journaliste d’investigation Jean-Luc Martin-Lagardette y fait couler beaucoup de salive…