30 septembre 2007
Le vaccin mettra-t-il l'éradication de la polio en échec ?
Le
28 septembre 2007 l’OMS publie le REH de la semaine
(Relevé épidémiologique hebdomadaire, publication en anglais et en français)
sur les effets pervers des poliovirus vaccinaux véhiculés par le vaccin polio
oral, le VPO. Le vaccin oral est le seul considéré comme adapté pour
l’éradication de la maladie.
Ce
REH fait le bilan des poliovirus dérivés des souches vaccinales (les PVDV)
entre janvier 2006 et août 2007. Ces virus, qui sont devenu la hantise de
l’OMS, se forment par recombinaison d’un virus polio vaccinal avec un autre
entérovirus, les virus polio étant eux-mêmes des entérovirus. Ces nouveaux
virus peuvent alors circuler pendant 10 ans à bas bruit puis se révéler soudain
en provoquant des paralysies analogues à celles des poliovirus sauvage (PVS).
Ils peuvent aussi avoir la même capacité de circulation que les PVS, on les
nomme alors PVDVc, c comme circulants. Autrement dit ils peuvent devenir aussi
redoutables que les virus sauvages. En fait, le seul moyen de distinguer les PVDV des PVS est l’examen
micro-biologique fin réalisé par un laboratoire de haut niveau. L’examen
clinique des manifestations observées ne permet pas de différencier ces virus.
L’épidémie de
polio vaccinale au Nigeria
Ce
REH révèle en particulier, page 338, que 69 cas confirmés de paralysie associés
à un PVDVc de type 2 ont été détectés dans 9 Etats du nord du Nigeria. C’est
d’autant plus navrant que le poliovirus sauvage de type 2 ne circule plus
depuis de nombreuses années et est pratiquement considéré comme éradiqué de la
planète. Mais comme le vaccin utilisé contient encore le type 2 devenu inutile
ce type est ainsi réintroduit sous sa forme vaccinale et à donc provoqué une
épidémie d’origine vaccinale qui aurait pu être évitée. L’OMS a réussi à faire
produire par l’industrie des vaccins polio monovalents mais leur usage n’a pas
été suffisamment généralisé et leur introduction trop tardive. Cela se paie
comptant.
D’ailleurs,
les conséquences de cette épidémie pourraient aller bien au delà car le nord du
Nigeria est très sensible aux inconvénients du VPO : en août 2003 les
Etats du nord et en particulier l’Etat de Kano avaient refusé une campagne de
vaccination polio organisée par l’Unicef, affaire qui avait fait très grand
bruit et avait été considérée à l’époque comme pouvant remettre en cause le
programme d’éradication de la polio. Elle avait provoqué une mobilisation
générale au plus haut niveau afin de contraindre les Etats récalcitrants à
rentrer dans le rang. Il est vrai qu’ils avaient avancé des arguments douteux
sans faire usage des arguments sérieux à l’encontre de cette vaccination et qui
sont ceux qui apparaissent ici et étaient déjà connus à l’époque. Il est
également vrai que si la vaccination pourrait ne pas permettre de venir à bout
de la polio dans le monde, l’absence de vaccination ne sera pas suffisante non
plus ! Petit détail que les Etats du nord du Nigeria avaient un peu
oublié…Cependant, il est évident que cette épidémie vaccinale pourrait relancer
la méfiance des autorités et des populations à l’encontre de ce vaccin avec
toutes les conséquences pour le programme de vaccination de l’OMS et pas
seulement contre la polio.
D’autant
plus que cette épidémie ne se limite pas aux 69 cas confirmés de paralysie
puisque le REH nous apprend que 24 isolements supplémentaires de type 2 ont été
recueillis et que tout indique qu’il y aura d’autres cas qui seront confirmés
bientôt car tous étaient très proche de la souche vaccinale Sabin de type 2.
Près de la moitié des PVDVc isolés au cours de ce malheureux épisode ont été
observés dans l’Etat de Kano où circulent les PVS de type 1 et 3 mais pas le
type 2 qui ne semble plus exister que sous forme vaccinale ou dérivé de cette
forme. Deux cas ont également été observé au Niger dans la zone frontalière
avec le Nigeria.
Très
préoccupant : de nouvelles lignées de virus
Mais
plus inquiétant encore, des études poussées ont mis en évidence l’existence
d’au moins 7 lignées génétiquement distinctes parmi ces PVDVc. Autrement dit la
formation de ces virus se serait
produite au moins 7 fois de façon indépendante en 2005 et 2006, ce qui
prouve que le phénomène n’aurait rien d’exceptionnel et que l’on doit donc
s’attendre non seulement à d’autres cas provenant des lignées en cours mais à
la formation de nouvelles lignées. Et c’est bien cela le plus préoccupant. Le
cas le plus récent est apparu le 17 août 2007. Des campagnes de vaccination par
le VPO trivalent ont été menée en février et novembre 2006 ainsi qu’en janvier,
mars et septembre 2007. On peut s’étonner de l’entêtement des vaccinateurs à
poursuivre l’utilisation de ce vaccin trivalent aujourd’hui inutile et ce
malgré ses conséquences désastreuses parfaitement identifiées. Certes, les
vaccins monovalents de type 1 et de type 3 ont aussi été utilisés mais ils
n’ont pas le pouvoir de supprimer les PVDV de type 2 que le trivalent aura pu lâcher encore tout récemment dans la
nature pour, peut-être, provoquer de nouvelles lignées qui deviendront
dangereuses dans quelques temps… Il y a là une irresponsabilité notoire de la
part de l’OMS alors que le phénomène est connu depuis longtemps et a été à l’origine
de la création des vaccins monovalents. L’OMS avait pourtant beaucoup insisté
pour cela malgré les réticences de l’industrie.
Deux cas ont également été
observé au Cambodge avec un PVDVc de type 3 et quatre cas au Myanmar avec un
PVDVc de type 1.
Les
virus vaccinaux chez les immunodéprimés
Mais
un autre problème est apparu avec les PVDV qui se développent sur des individus
ayant des déficits immunitaires. L’intestin de ces personnes devient ainsi une véritable
usine à virus qui sont chaque jour lâchés dans la nature par les eaux usées et
peuvent contaminer d’autres personnes n’appartenant pas forcément à
l’entourage. On
nomme ces virus PVDVi et comme certains procèdent des 2 catégories on les
désigne alors comme ambigus avec le sigle PVDVa.
Des
PVDVi de type 2 et 3 ayant entraîné un décès ont été observés en Chine en 2005
et 2006 alors qu’il n’y a plus de polio à virus sauvage dans ce pays. Deux
enfants originaires d’Egypte ont été infectés par des PVDVi de type 3, l’un en
est mort. Deux décès liés à des PVDVi ont été notifiés en Iran. Enfin, des
PVDVa ont été observés en Chine et en Israël dans la région de Tel Aviv.
Pour
l’OMS la cause de tous ces cas provoqués par des virus issus des campagnes de
vaccination par le VPO est une couverture vaccinale insuffisante et la réplique
consiste à lancer de nouvelles campagnes par le VPO ! Eh oui, pourquoi y
a-t-il des PVDV ? Parce qu’on utilise le VPO. Et comment remédier aux
méfaits des PVDV ? En utilisant le VPO ! Les Shadocks n’auraient pas
dit mieux !!!
Ainsi, l’OMS est conduite à
recommander une stratégie quelque peu contradictoire :
1- limitation du risque d’émergence et de propagation de PVDV par
un renforcement de la vaccination systématique dans les pays peu
performants.
2- mise au point de stratégies d’élimination des infections à
PVDVi à travers la mise en place de nouveaux médicaments antiviraux.
3- perfectionnement de stratégies visant l’arrêt définitif de
tous les usages du VPO de manière synchronisée, dès que possible après
l’éradication dans le monde entier du poliovirus sauvage.
Différence entre les PVDVc et les PVDVi
L’OMS
note que les premières descriptions de PVDVi sont venues de pays à haut revenu
(Europe occidentale, Amérique du Nord et Japon) et que plus récemment des pays
à revenu moyen comme la Syrie, l’Argentine, le Kazakhstan, l’Iran et la
Thaïlande ont détecté des cas. Pour l’OMS,
« la
détection répétée de PVDV souligne les risques permanents d’émergence de PVDV
aussi longtemps qu’on utilisera le VPO. A la différence des PVDVc, dont
l’émergence peut être prévenue par de forts taux de couverture par le VPO, un
PVDVi peut théoriquement apparaître à chaque fois qu’une personne atteinte d’un
déficit immunitaire primaire est exposée au VPO en recevant ce vaccin ou en
étant en contact avec une personne vaccinée. La seule façon de prévenir
de nouvelles infections à PVDVi est de mettre fin à l’usage du VPO. »
L’OMS
tente aussi, dans sa communication médiatique, de minimiser le problème. Ainsi,
la porte-parole de l’OMS pour la polio, Sona Bari a déclaré :
« Le risque du
poliovirus sauvage est tellement plus élevé pour nos enfants que le risque
associé à la vaccination. Le vaccin peut provoquer une paralysie, mais le
risque en est minime. La flambée (en cours au Nigeria) est certes plus
importante que ce que l’on aurait imaginé. Il y a 69 cas, il ne faut pas
oublier qu’au même moment, le Nigeria est confronté à 2 000 cas de
poliomyélite due au virus sauvage ».
Notons simplement que selon le site officiel consacré
à l’éradication de la polio, le nombre de cas notifiés au Nigeria de janvier
2007 au 25 septembre est de 191.
Pourra-t-on
arrêter le VPO ?
La condition posée par l’OMS est l’élimination du
poliovirus sauvage, ce qui permettrait d’envisager l’arrêt coordonné du VPO.
Espérons que cela se réalise bientôt, mais que va-t-il alors se produire ?
L’OMS le sait bien, les virus vaccinaux abondamment répandus dans les intestins
des êtres humains par les énormes et incessantes campagnes de vaccination -et
ce n’est pas fini- vont continuer de circuler entre les individus ou de se
multiplier chez les personnes immunodéprimées. Elle sait que ces opérations
peuvent se dérouler silencieusement pendant 10 années et peut-être plus, pour
voir soudain émerger des virus aussi dangereux que les virus sauvages qu’elle
aura eu tant de difficultés à éradiquer. Ces virus pourront provoquer des
épidémies qui toucheront des populations d’enfants qui n’auront pas été
vaccinés par le VPO et seront donc vulnérables selon les critères de l’OMS.
Il existe le vaccin injectable, le VPI, qui n’est pas à virus
vivant, mais il coûte beaucoup plus cher, pose le problème de la piqûre et des
seringues et interdit l’usage de bénévoles pour mener les campagnes de
vaccination. Aussi, en cas d’épidémies de PVDV, il est prévu de recourir à des
campagnes localisées de vaccination par le VPO qui pourront donc relancer de
nouvelles lignées de PVDV etc. Ce cercle infernal pourra-t-il s’arrêter un
jour ? Rien n’est moins sûr. En 1988 l’OMS avait fait miroiter aux Etats
du monde l’espérance que l’éradication de la polio, prévue pour l’an 2000,
permettrait de faire de substantielles économies en n’ayant plus la charge
d’enfants paralysés et en interrompant la vaccination polio comme cela fut fait
pour la vaccination antivariolique. Rien ne permet de dire que cela sera possible à terme.
En fait, la seule façon de traiter en profondeur le problème de la
polio et des entérovirus est le traitement des eaux usées pour éviter aux
populations d’avoir à consommer de l’eau polluée par des excrément humains
véhiculant ces virus. C’est de plus en plus clair et le programme d’éradication
de la polio est visiblement en train de s’enliser.
Articles sur le même thème :
Voir les articles de la catégorie polio sur ce blog ainsi que http://www.wikio.fr/news/Vaccination
28 septembre 2007
Non, le vaccin ROR n'est pas obligatoire !
Lu sur un blog important :
"il faudrait une couverture de 90% de personnes vaccinées pour pouvoir empêcher le développement d'épidémie à l'âge adulte, âge où la varicelle est plus dangereuse. Or, la France n'a pas atteint ce taux pour un vaccin depuis longtemps obligatoire , Rougeole -oreillons-rubéole."
Non, c'est faux !
Selon les messages lus dans les blogs et les questions posées aux moteurs de recherche, beaucoup semblent se poser cette question : le ROR est-il devenu obligatoire depuis la levée de l’obligation du BCG en juillet ? On peut comprendre que des familles se posent la question puisque certains ont fait courir le bruit que le ROR était devenu obligatoire à la place du BCG…d’autres, ou les mêmes, affirmant que le BCG restait obligatoire en Île de France et en Guyane ! Faux, archi-faux ! La levée de l’obligation du BCG (sauf pour certains professionnels) est sur tout le territoire et si le ROR reste recommandé par le calendrier vaccinal il n’est en aucun cas obligatoire.
Mais certains diront : « oui mais comme la fréquentation d’une crèche n’est pas obligatoire les directeurs de crèche peuvent exiger des vaccinations non obligatoires ». Faux ! Des preuves ? Sur le site www.service-public.fr , site officiel de la République française, on trouve cette page relative à cette question très souvent posée par le public :
« La vaccination contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR) est-elle obligatoire pour qu'un enfant soit admis en crèche ? »
« La vaccination ROR (rougeole, oreillons, rubéole) n'est pas obligatoire mais fortement recommandée pour les enfants des deux sexes âgés de moins de deux ans vivant en collectivité.
De ce fait, l'admission en crèche ne peut être
subordonnée à une attestation de vaccination.
Néanmoins, la vaccination ROR constitue un acte de solidarité dans la lutte pour l'éradication de ces maladies susceptibles de provoquer de graves séquelles sur certains enfants.
A noter : depuis le 24 juin 2005, la rougeole est à nouveau une maladie à déclaration obligatoire en France.
Le calendrier vaccinal 2006 résume les recommandations générales : notamment tous les enfants âgés de 24 mois doivent avoir reçu deux doses du vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole.
La première dose est recommandée à l'âge de 12 mois et la seconde entre 13 et 24 mois (il faut respecter un délai d'au moins un mois entre les deux vaccinations).
La seconde dose peut être administrée plus tard si elle n'a pu être effectuée au cours de la deuxième année.
Les enfants peuvent être vaccinés par un vaccin trivalent dès l'âge de 9 mois (recommandé en cas d'entrée en collectivité), dans ce cas la deuxième dose entre 12 et 15 mois est recommandée et suffit.
Si le vaccin monovalent contre la rougeole est utilisé entre 6 et 8 mois dans le cadre de la vaccination autour d'un cas ou de cas groupés, deux doses de vaccin trivalent seront ensuite nécessaires pour obtenir une immunité efficace contre les oreillons.
Le vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole est gratuit. »
La même page de ce service public donnait une explication complémentaire dans sa version d’août 2004 que j’ai conservée :
« De ce fait, l’admission en crèche ne peut être subordonnée à une attestation de vaccination (Conseil d’Etat, 29 juillet 1994, n°102334, Courty c/département des Pyrénées-Atlantique). »
Effectivement, à cette époque, un médecin des Pyrénées-Atlantique refusait l’admission d’un enfant Courty dans une crèche en raison de l’absence de vaccination ROR. Mais le père était juriste et est allé devant le Conseil d’Etat qui a rendu son verdict en précisant qu’il n’existe aucun dispositif législatif autorisant un directeur de crèche à exiger un vaccin que le législateur n’aurait pas rendu obligatoire. C’est le décret du Conseil d’Etat n° 102334.
Cette précision est très importante et très intéressante : on pourrait en effet concevoir qu’un établissement privé puisse exiger à l’entrée telle ou telle vaccination seulement recommandée par le calendrier vaccinale. Cela ne serait possible que si une loi l’autorisait à agir ainsi. Ce n’est pas le cas. Cela signifie aussi que la vaccination contre la coqueluche par exemple ne peut être exigée pour l’entrée en crèche, de même que le vaccin Hib contre certaines méningites ou le vaccin contre les pneumocoques ou le vaccin hépatite B.
Le calendrier vaccinal
Il est disponible dans sa version officielle sur le site de l'InVS (BEH du 24 juillet 2007). Il recommande si fortement cette vaccination qu’il en arrive à utiliser le mot "doit" mais dans le sens d’une injonction et non dans le sens juridique de l’obligation. Ainsi il écrit : « Tous les enfants âgés de 24 mois doivent avoir reçu deux doses. La première est recommandée à l’âge de 12 mois et la seconde entre 13 et 24 mois. » C’est sans doute cette injonction pas forcément involontaire qui alimente la polémique et les doutes en pouvant laisser croire que ce vaccin serait obligatoire. Il n’en est rien.
25 septembre 2007
La coqueluche dans une maison de retraite
La coqueluche n’est pas qu’une maladie de l’enfant. L’InVS a mis en ligne le 14 septembre le résumé d'une enquête documentée (également en ligne) sur une épidémie de coqueluche dans une maison de retraite de Gironde.
« Au total, 13 cas confirmés ont été recensés entre le 15 mai et le 11 juillet, dont 5 résidents et 8 membres du personnel, avec des taux d’attaque respectifs de 7 % et 17 %. Les 5 résidents malades étaient âgés de 84 à 94 ans, 3 d’entre eux présentant une dépendance élevée. Parmi les 8 membres du personnel malades, 4 étaient directement en contact avec les résidents malades lors de la pratique de leur activité (personnel soignant ou agents de services hospitaliers réalisant des tâches de personnel soignant). Les autres faisaient partie du personnel d’hôtellerie et n’étaient pas particulièrement en contact étroit avec les résidents. Chez les résidents, la maladie se caractérisait par une toux quinteuse et persistante, parfois productive dans un contexte de toux chronique rendant le diagnostic de coqueluche difficile.
Pour enrayer l’épidémie dans l’établissement les mesures suivantes ont été prises :
1- Isolement des malades pendant les 5 premiers jours de traitement
2- Limitation des contacts avec les autres résidents ensuite
3- Traitement curatif présomptif par azithromycine pour tout autre résident présentant une toux même banale (5 jours) et tritement préventif pour d’autres résidents asymptomatiques.
4- Port de masques pour le personnel de l’établissement ainsi que d’autres mesures de protection.
Pour éviter l’extension de l’épidémie au delà de l’établissement :
1- Information écrite des médecins libéraux des environs sur la situation.
2- Information des visiteurs de l’établissement par une affiche à l’entrée
3- Recommandation explicite que les enfants incomplètement vaccinés ne rendent pas visite aux résidents.
Les limites de la
vaccinations contre la coqueluche
Le document de l’InVS précise à propos de l’impact épidémiologique de la vaccination contre la coqueluche :
« Le calendrier vaccinal émis par le Conseil supérieur d’hygiène publique de France (CSHPF) préconise une vaccination chez le jeune enfant et recommande également une vaccination des futurs parents et des professionnels de santé en contact avec des nourrissons. La généralisation de la vaccination a permis une diminution de la morbidité et de la mortalité coquelucheuse. Pour autant, la protection vaccinale, comme celle acquise après la maladie, est de durée limitée. Le risque potentiel de contamination est donc réel dans les populations adultes, même chez celles anciennement vaccinées. Cet événement confirme qu’en dépit des niveaux de couverture vaccinale infantile élevés en France, la bactérie circule encore et peut être à l’origine d’épidémies dans les collectivités d’adultes. Il apparaît alors important d’y penser, afin de mettre en place rapidement les mesures de contrôle spécifiques et d’enrayer l’épidémie. »
Une fois de plus nous
le constatons, la vaccination ne permet pas de se reposer uniquement sur elle.
L’isolement et le traitement des malades, la surveillance des cas possibles, la
protection du personnel soignant par des masques et pas uniquement par la
vaccination dont les rappels sont pourtant recommandés pour ces personnels,
l’information et la mise en alerte du corps médical au voisinage de l’épidémie,
la réduction des visites … sont parmi les mesures préconisées pour pallier aux
défaillances épidémiologique de la vaccination. Pour ma part j’approuve
l’ensemble de ces mesures, du moins dans leur principe, car elles visent à
limiter les risques de propagation par des moyens qui paraissent raisonnables
et acceptables.
Un bémol
cependant
Aucun vaccin n’est
efficace à 100% et celui contre la coqueluche ne faillit pas à la règle.
Pourquoi limiter la recommandation de non visite aux seuls enfants
incomplètement vaccinés en laissant prendre un risque à ceux qui, bien que
correctement vaccinés, ne seraient pas réellement immunisés ? Ne serait-il pas plus sage d’étendre cette
recommandation à tous les enfants, indépendamment de leur statut
vaccinal ? Et si un jeune enfant vacciné contracte la coqueluche au
contact de son grand-père séjournant dans l’établissement et restait avec de
sérieuses séquelles, comme cela est possible (voir § suivant), quelle serait la
responsabilité des rédacteurs de ces recommandations ?
Une fois de plus on
retrouve dans cette rédaction quelque peu sectaire et irresponsable le sceau de
l’idéologie vaccinaliste : le vaccin c’est la potion magique qui rend
invulnérable. J’ai pris ma potion, je peux affronter les Romains et les
microbes ! Il y a loin du mythe à la réalité comme les Gaulois en ont fait
l’expérience à Alésia… ainsi que nombre de vaccinés…
Des enfants vaccinés font la coqueluche
Le BEH n° 44 du 26/10/2004 consacre 2 pages à la surveillance de la coqueluche en 2002. Le réseau Renacoq (réseau national coqueluche) a étudié 180 cas avec suspicion de coqueluche (ce ne sont pas tous les cas bien entendu). 81 de ces cas ont été documenté par une fiche pédiatrique ; 69 de ces cas furent confirmés en laboratoires et les 12 autres étaient des cas clinique.
« Parmi
les 81 cas documentés, 66 avaient moins de 1 an dont 39 moins de 3 mois, 71 ont
été hospitalisés et il n’y eut aucun décès. 2 cas étaient correctement vaccinés et étaient âgés de 10 et 14 mois. Ils ont débuté leur toux 6 et 10 mois
après leur 3e dose et répondaient respectivement à une définition
biologique et clinique de cas. »
L’étude note encore que 36% des cas de moins d’un an se produisent chez des vaccinés. En 2002, sur 78 enfants étudiés par le réseau Renacoq et ayant fait une coqueluche il y avait 17 enfants de moins de 2 mois trop jeunes pour recevoir le vaccin, 31 entre 2 et 4 mois étaient encore trop jeunes pour être immunisés même si certains avaient reçu une dose. La couverture vaccinale est estimée à 87% à 2 ans (3 doses et un rappel) et à 97% pour 3 doses
21 septembre 2007
Vaccin grippal : Y-en aura pas pour tout le monde !
Le vaccin antigrippal pour l’hiver 2007-2008 sera
mis à la disposition du public le 28 septembre. Beaucoup se demanderont s’il
faut ou non se faire vacciner. Les arguments en faveur ou en défaveur pleuvent
de toutes parts mais on en oublie généralement un qui est pourtant
fondamental : il n’y a pas assez de vaccins pour tout le monde !
La production est mondiale, la France recevant une part définie qui ne peut
être renouvelée au cours de l’hiver, les laboratoires étant alors occupés à
préparer les vaccins pour l’hémisphère sud. On en a fait l’expérience en
2005 : souvenez-vous, en août les Français découvrent qu’une pandémie
aussi redoutable que la grippe espagnole de 1918 se profilerait à l’horizon avec
pour nom H5N1. Aussitôt, la France prend les devants et annonce l’achat d’un
antiviral, le Tamiflu, pour 150 millions d’euros et ce n’est qu’un début. En
prévision, tout le monde est très fortement incité à se faire vacciner contre
la grippe saisonnière bien qu’il soit dit et répété que ce vaccin n’aura aucune
action contre le H5N1. L’incitation fut si forte qu’au 1er novembre
il n’y avait plus de doses disponibles ! Le ministère devra faire un
communiqué quelque peu grotesque... Beaucoup de personnes âgées n’ont pu être
vaccinées en raison de la précipitation des autres qui, inquiètes du spectre de
1918, se firent vacciner avant elles alors qu’elles ne le faisaient auparavant.
Pourtant, la France avait reçu 11 millions de doses contre 7 millions les années
précédentes. On peut d’ailleurs penser que c’est ce supplément de 4 millions
qui avait conduit à intensifier considérablement la propagande. Au delà de
toutes les espérances…Il n’est pas si facile de maîtriser les comportements
collectifs !
Cinq français sur six ne peuvent être vaccinés
Je ne connais pas le nombre de doses allouées à la
France pour 2007-2008 mais il pourrait y avoir de l’ordre de 50 millions de
français qui ne pourront se faire vacciner faute de vaccin. Et que dit-on à ces
personnes ? Qu’elles devraient se faire vacciner ! Et si elles font
la grippe cet hiver on leur dira aimablement que si elles s’étaient fait
vacciner ça ne leur serait pas arrivé ! Bien sûr, nominativement parlant,
pour une personne donnée, on aurait toujours pu trouver un vaccin pour elle
dans une pharmacie du territoire. Et puis, elle n’avait qu’à se faire vacciner
dès le début d’octobre, avant qu’il n’y ait plus de vaccins…Oui, mais
collectivement cela ne tient pas la route, ce doit être très clair !
Les 50 millions de français qui ne pourront donc
bénéficier du vaccin ont parfaitement le droit de se demander comment ils
pourraient faire pour éviter la grippe ou, si ce n’est pas possible, de
supporter cet épisode de la meilleure façon. Quel que soit les mérites du vaccin,
ce serait le devoir de nos instances de santé publique de faire des efforts de
recherches et d’éducation dans des directions autre que le vaccin et la
vaccination afin d’aider les cinq
sixième de la population à se protéger contre la grippe plutôt que de les
culpabiliser avec des arguments simplistes. Ce serait la moindre des choses
mais nous sommes très loin du compte !
A titre d’exemple voici le communiqué de presse de
la Sfsp (Société française de santé publique) du 13 octobre 2006 (à partir de la page d’accueil, dans
"récentes prises de position" sur http://www.sfsp.info/
) :
"Prévention de la grippe,
attention aux ambiguïtés ?"
« Alors que débute la campagne de vaccination contre la grippe, la Société française de santé publique est préoccupée par l’existence de préparations homéopathiques dont l’indication est les états grippaux et qui jouent sur une certaine ambiguïté de prévention. Ainsi pour l’Oscillococcimium® des laboratoires Boiron, on peut lire dans la rubrique « indications » :
« Etats grippaux » et dans la rubrique
posologie :
« La posologie varie
selon le moment où l'on intervient :
-
à titre préventif : une dose par semaine pendant la période d'exposition
grippale ;
- à titre curatif : une
dose le plus tôt possible ».
Les vaccins antigrippaux ont prouvé leur efficacité dans la prévention de la morbidité et de la mortalité liées à la grippe dans les populations à risque et ont obtenu une autorisation de mise sur le marché au niveau européen dans cette indication. Ce n'est pas le cas de ces préparations homéopathiques. Elles n'ont jamais cherché à prouver leur efficacité dans cette indication et l'autorisation de mise sur le marché qu'elles ont obtenue, repose d'un point de vue réglementaire uniquement sur l'existence d'une "tradition homéopathique".
L'absence de vaccination antigrippale efficace constituant une perte de chance chez les personnes à risque de complications, la Société française de santé publique souhaite rappeler à ces personnes que seule l'utilisation d'un vaccin antigrippal peut les mettre à l'abri de telles complications. »
Il y a aussi l’avis du CSHPF (Conseil supérieur d'hygiène publique) du 24 novembre 2006 qui reprend le même thème et est accessible par exemple à partir du site de la Sfsp avec son communiqué :
AVIS DU CONSEIL SUPERIEUR D’HYGIENE PUBLIQUE DE FRANCE
SECTION MALADIES
TRANSMISSIBLES
Relatif aux vaccins anti-grippaux (séance du 24 novembre 2006)
CET AVIS NE PEUT ETRE DIFFUSE QUE DANS SON INTEGRALITE, SANS SUPPRESSION, NI AJOUT
Considérant :
- qu'il existe des vaccins anti-grippaux ayant obtenu
une autorisation de mise sur le marché au niveau européen,
- que ces vaccins ont prouvé leur efficacité dans la
prévention de la morbidité et de la mortalité liées à la grippe dans les
populations à risque,
Considérant d'autre part :
- qu'il existe des médicaments homéopathiques ayant
une indication dans la prévention des états grippaux,
- que
l'autorisation de mise sur le marché octroyée à ces médicaments homéopathiques
ne nécessite pas l’existence de preuves scientifiquement établies, l’existence
d’une tradition homéopathique étant suffisante [1],
- qu’il peut arriver que ces médicaments
homéopathiques soient présentés comme étant des « vaccins homéopathiques »,
- que
l'utilisation de ces médicaments homéopathiques à la place du vaccin
anti-grippal constitue une perte de chance, notamment chez les personnes à
risque de complications,
Le Conseil supérieur d’hygiène publique de France, section des maladies transmissibles, ne recommande, pour la prévention de la grippe, que l'utilisation des vaccins anti-grippaux et rappelle que les médicaments homéopathiques ne peuvent se substituer à ces vaccins dans cette indication, notamment pour les personnes appartenant aux groupes pour lesquels cette vaccination est recommandée.
Le Conseil supérieur d’hygiène publique de France, émet le souhait que cet avis soit largement diffusé, y
compris à l'ordre des pharmaciens, tous les ans en période de vaccination
anti-grippale.
1 Article R5121-29 4° du code de la santé publique : "Pour un médicament homéopathique soumis à autorisation
de mise sur le marché, compte tenu de la spécificité de ce médicament, le demandeur est dispensé de produire
tout ou partie des résultats des essais pharmacologiques, toxicologiques et cliniques lorsqu'il peut démontrer par
référence détaillée à la littérature publiée et reconnue dans la tradition de la médecine homéopathique pratiquée
en France que l'usage homéopathique du médicament ou des souches homéopathiques le composant est bien
établi et présente toutes garanties d'innocuité"
Laisser le vaccin pour ceux qui en ont besoin
Observons bien la nuance
dans le communiqué de la Sfsp comme dans l’avis du Cshpf, d’ailleurs fort
semblables : ils sont destinés aux personnes à risque visées par les recommandations
du calendrier vaccinal. D’ailleurs le président du Cshpf et du CTV (Comité
technique de vaccinations) qui établit le calendrier vaccinal sont une seule et
même personne, en l’occurrence le professeur Christian Perronne. Ils savent
bien qu’il n’y a pas assez de vaccins pour tout le monde mais une lecture
rapide pourrait laisser croire que ces communiqués s’adressent à tous. Pourquoi
s’en prendre, en effet, à tous ceux qui, n’étant pas vaccinés et débutant une
grippe, tenteraient d’en réduire les inconvénients par des préparations
homéopathiques ? Puisque de toute façon la société ne leur offre pas,
collectivement parlant, la possibilité d’être vaccinés ils ont bien le droit,
et on peut les comprendre, de tenter leur chance et à leurs frais par d’autres
moyens. C’est clair, si ces communiqués limitent formellement leurs champs
d’application, ils laissent malgré tout la place à l’ambiguïté en laissant plus
ou moins croire que tout le monde devrait se faire vacciner, faute de souligner
explicitement le problème que je soulève ici, à savoir : ceux qui ne sont
pas à risque devraient laisser le vaccin disponible aux autres afin d’éviter de
renouveler la lamentable expérience de fin 2005, expérience organisée par
l’incroyable propagande vaccinale qui s’est soudain abattue sur la France en
octobre 2005.
Précisons encore que les
vaccins grippaux sont interdits aux personnes allergiques aux œufs. Si ces
personnes sont en plus à risque de complications en cas de grippe elles doivent
rechercher d’autres protections. Nos spécialistes de la santé publique
pourraient y penser un peu plus et leur faire d’autres propositions.
Les recommandations vaccinales du calendrier 2007
Elles se résument ainsi : pour les plus de 65 ans ; pour les personnes à risque d’exposition en milieu professionnel ; pour les personnes de plus de 6 mois et atteintes de certaines pathologies (la liste est donnée dans le calendrier vaccinal, BEH du 24/07/07 page 275 sur le site de l’Invs). Disons, pour simplifier, asthme, mucoviscidose, insuffisance cardiaque grave, diabète insulino-dépendant, déficits immunitaires cellulaires…
Et pour les frustrés de la vaccination ?
Pour tous ceux, de loin les plus nombreux, qui de
toute façon ne pourront être vaccinés, qu’ils le souhaitent ou non, que fait
notre santé publique ? Il faut bien le dire, pas grand’ chose. Enfin si,
quand même, fin 2006 l’Inpes ( Institut national d’éducation pour la santé) a
fait un effort louable en lançant une campagne de prévention pour tenter de
réduire les risques de transmission des maladies par voies aériennes, tout
particulièrement la grippe, les rhumes
et les bronchiolites. Par exemple, elle recommande l’usage du mouchoir jetable
à usage unique, du masque chirurgical, d’éviter de rendre visite aux malades
etc. Voir à ce sujet l’article sur ce blog et le lien vers le document de l'Inpes.
Une fois de plus nous constatons que, quel que
soient les mérites des vaccins, il y a nécessité de lutter contre les maladies
contre lesquelles on vaccine en usant aussi d’autres moyens.
18 septembre 2007
Les Gastro-entérites et les vaccins à Rotavirus
Les gastros
Qui n’en a jamais eu, tout particulièrement au
moment des fêtes de fin d’années particulièrement propices aux
contaminations par les virus responsables ?
On reconnaît d’abord les diarrhées d’origine
bactérienne dont le célèbre choléra attribué au vibrion cholérique, les
salmonelloses majeures que sont les fièvres typhoïdes et paratyphoïdes devenues
rares en France, les salmonelloses mineures responsables d’infections
alimentaires et enfin les nombreuses bactéries digestives type escherichia coli
dont certaines provoquent la diarrhée du voyageur, plus connue sous le nom de
turista.
Puis il y a les gastros virales. Ce sont elles qui
empoisonnent les fêtes de fin d’année. Dans les pays industrialisés les
diarrhées aiguës virales sont de loin les plus fréquentes. Les principaux virus
responsables des cas pédiatriques sont les rotavirus (un tiers des cas hospitalisés),
les calcivirus (Norovirus et Sapovirus), les astrovirus et les adénovirus.
Deux vaccins contre les rotavirus ont reçu récemment
leur AMM en France. L'avis
du CSHPF (Conseil supérieur d’hygiène publique) du 22 septembre et 5
décembre 2006 recommande de ne pas recommander pour le moment la vaccination
par rotavirus pour les enfants de moins de 6 mois. Comme ces vaccins ne peuvent
être utilisés au delà de 6 mois cela revient à dire « pour tous ».
Par ailleurs, cet avis donne des renseignements très intéressants sur la
maladie, son épidémiologie et les raisons des réticences de nos experts à
recommander cette vaccination.
La maladie
Quand elle frappe des nourrissons la gastro-entérite
aiguë peut s’avérer mortelle en raison de la déshydratation qu’elle entraîne.
On estime que dans les pays en voie de développement elle est la principale
cause de mortalité infantile. En France
on estime qu’il se produit 300 000 épisodes infectieux par an chez les moins de
5 ans dont la moitié sont sévères, avec en moyenne 13 à 14 décès. Ces épisodes
infectieux, surtout observés pendant la période hivernale, conduisent à 138 000
consultations et 18 000 hospitalisations pour un coût annuel de 28 millions
d’euros.
Il existe plusieurs souches de rotavirus (nom donné
en raison de la forme ronde du virus), G1 étant la plus fréquente en France,
suivie de G4 et de G2. L’immunité est spécifique à chaque virus mais celle
acquise contre un virus contribuera, après plusieurs contacts, à l’immunité
contre les autres. Autrement dit, la spécificité initiale devient moins
spécifique après une série de contacts.
Chaque année les bronchiolites, les gastro-entérites
et la grippe mettent la pédiatrie française en grosses difficultés. Si on nous
affirme que le rotavirus est la principale cause d’infections nosocomiale en
pédiatrie, il est aussi dit qu’ils sont responsables de seulement un tiers des
hospitalisations pour gastro-entérites aiguës virales. Les autres principaux
virus de la gastro (calcivirus
(Norovirus et Sapovirus), astrovirus et adénovirus) en provoqueraient donc les
deux tiers.
Ces données épidémiologiques montrent bien que, même
si la vaccination par les rotavirus parvenait à éviter 50% des cas provoqués
par ces virus, cela ne ferait que le sixième des gastro-entérites virales.
L’impact de cette vaccination ne pourra donc être que limité. Il n’est
d’ailleurs pas possible d’exclure qu’une réduction de la circulation des
rotavirus s’accompagne d’une circulation plus intense des autres virus. Une
étude des conditions de transmission de ces virus (par des mains mal lavées par
exemple) ainsi que des campagnes d’information et d’éducation à l’hygiène
pourraient être beaucoup plus efficaces.
Les vaccins
Il existe 2 vaccins à virus vivants ayant obtenu une AMM en 2006, le Rotarix [1] et le Rotateq [2]. Ces vaccins, administrés uniquement par voie orale, sont proposés chez le nourrisson à partir de 6 semaines en 2 ou 3 doses. Il est précisé que la dernière dose doit être administrée avant 24 semaines pour le Rotarix et même, de préférence, avant 16 semaines et 26 pour le Rotateq. On doit s’interroger sur la signification de ce "doit" : il est impératif en raison des complications pouvant survenir chez les enfants plus âgés. La plage de vaccination est donc très réduite.
Très souvent, la vaccination s’accompagne de perte de l’appétit et d’irritabilité, de fièvre, de fatigue, de vomissements, de diarrhées, régurgitation alimentaire et parfois une infection des voies respiratoires.
Selon le blog
bébé « la vaccination s'arrête à 6 mois parce qu'il y a eu des cas de
complications lors des vaccinations d'enfants plus âgés. Il faut espérer que
les laboratoires qui travaillent actuellement sur d'autres types de vaccins
contre le rotavirus arriveront à produire des vaccins efficaces au delà de
l'âge de 6 mois. »
Il y a peu, la société BioProtein Technologies, en association avec l'Institut National de Recherche Agronomique (INRA), a annoncé la mise au point d'un vaccin contre le rotavirus, produit par la recombinaison de protéines issues du lait d'une lapine transgénique. Ce vaccin a été testé sur des souris. Mais les inventeurs doivent encore franchir le seuil de l'industrialisation de leur vaccin et la procédure, longue et fastidieuse, conditionnant sa mise sur le marché.
Attention :
le vacciné est contagieux !
La
transmission des virus vaccinaux vivants à des personnes contacts est possible.
Dans son avis, le CSHPF souligne la nécessité d’administrer ces vaccins avec
précaution chez des sujets en contact étroit avec des personnes
immunodéprimées.
La transmission des virus
Avec le Rotarix on a retrouvé le virus vaccinal
dans les selles avec un maximum vers le 7ème jour après la
vaccination. Les particules antigéniques virales détectées par ELISA ont été
retrouvées dans 50 % des selles après la 1ère dose et dans
4% des selles après la seconde dose. Quand la présence de souche vaccinale
vivante a été recherchée dans les selles, seules 17 % des selles étaient
positives.
Des cas de transmission de ces virus vaccinaux
excrétés ont été observés chez des sujets contacts sans symptôme clinique
associé.
La notice recommande que Rotarix® soit administré avec prudence
chez les personnes en contact proche avec des patients
immunodéprimés, tels que des patients atteints
d’affections malignes ou des patients sous traitement immunosuppresseur.
Les personnes en contact avec des sujets récemment
vaccinés doivent observer des règles d’hygiène personnelle (tel que se laver
les mains après avoir changé les couches du nourrisson).
Le lait maternel, un très bon vaccin !
Le lait maternel est considéré comme assurant une très bonne protection du nourrisson contre le rotavirus pendant toute la durée d’un allaitement intégral. Malheureusement, le taux d’allaitement reste trop faible en France, constate le CSHPF. Il estime que si nous faisions aussi bien que la Norvège où plus de 40% des enfants sont encore allaités à l’âge de neuf mois, nous pourrions éviter 8000 cas de diarrhées et 1000 hospitalisations par an.
Un vaccin trop cher
Le rapport coût-efficacité chez le nourrisson a été étudié par l’InVS avec l’appui du Centre Hospitalier de Tourcoing. La modélisation réalisée indique qu’avec une couverture vaccinale de 75% le vaccin permettrait d’éviter 89 000 cas de diarrhée aiguë, 10 500 hospitalisations et 8 décès par an chez les enfants de moins de 3 ans. L’ensemble des doses vaccinales coûte 150 euros. En ajoutant au coût de la vaccination le coût des cas non évités par elle, la charge financière est évaluée à 95 millions d’euros, soit un surcoût de 68 millions d’euros par rapport aux dépenses actuelles pour la prise en charge des cas. L’étude conclut qu’à moins de réduire de façon importante le coût du vaccin cette stratégie a un rapport coût-efficacité peu favorable.
Plutôt réhydrater que vacciner
Aussi, la recommandation du CSHPF dans son avis du 5/12/2006 recommande de différer la vaccination systématique des enfants de moins de 6 mois mais d’assurer la prise en charge optimale des gastro-entérites aiguës dont le financement devra être prévu, la réhydratation orale, la réalimentation dans les premières heures.
Il recommande aussi d’améliorer les conditions d’hospitalisation
pour limiter le risque nosocomial ainsi que le temps d’attente des nourrissons
chez les médecins libéraux.
Effets indésirables individuels et épidémiologiques
Ils sont sans doute encore mal connus puisque le CSHPF recommande, avant d’envisager la recommandation systématique, d’avoir un recul suffisant sur les effets indésirables éventuels d’une vaccination de masse qui est actuellement proposée aux USA, au Venezuela, au Brésil, à Panama et en Autriche. Il recommande aussi d’avoir des données sur l’évolution écologique des rotavirus à la suite de la mise en place de cette vaccination généralisée.
Faire échec à la transmission
La transmission se fait en consommant de la nourriture ou des boissons contaminées ou lorsqu’on entre en contact avec les selles ou vomissements d’une personne malade et qu’ensuite on prépare un repas sans s’être lavé soigneusement les mains. Elle peut se faire directement de personne à personne ou par le relais de jouets, d’objets ou de surfaces contaminés.
Constatons une fois de plus que la lutte contre une maladie ne demande pas forcément de devenir résistant à la contamination par un moyen ou un autre (vaccin ou lait maternel par exemple) mais de s’efforcer aussi et peut-être d’abord et surtout, de réduire les risques de transmission en sachant comment elle se produit le plus souvent. Il ne faut pas oublier que la seule maladie humaine ayant été éradiquée, la variole, le fut davantage en réduisant les contaminations par l’isolement des malades et des contacts qu’en rendant les individus résistants par la vaccination (voir l’article catégorie variole). Il en va de même chez l’animal pour la tuberculose, la fièvre aphteuse etc.
[1] http://www.gsk.fr/gsk/medicament/rotarix.htm Infos sur le Rotarix
[2] http://www.merckfrosst.ca/mfcl/fr/corporate/products/rotateq.html Infos sur le Rotateq
11 septembre 2007
Eviter la grippe, les rhumes, la bronchiolite...
L’Inpes (Institut national de prévention et d’éducation pour la
santé) a préparé un dossier très intéressant de 13 pages exposant des moyens
pour réduire la propagation des maladies respiratoires. Je ne peux qu’inciter à
aller le consulter.
Pour une fois que nos agences de santé proposent autre chose que des vaccins,
on aurait tort de bouder notre plaisir !
D’une manière très générale, c’est le même
problème qu’avec les virus propagés par l’eau : il existe des vaccins plus
ou moins efficaces et non dépourvus d’inconvénients contre quelques uns d’entre
eux, mais il en existe beaucoup plus contre lesquelles il n’y a pas de vaccin.
Or, les mêmes méthodes de prévention peuvent permettre de réduire les risques
de contamination contre les uns et les autres. On l’a vu pour
l'eau et c’est l’OMS elle-même qui l’exposait. Voici un bref extrait de ce
que propose l’Inpes contre les maladies se propageant par voies aériennes :
2. L’utilisation du mouchoir
jetable à usage unique
Toujours en vue de limiter
efficacement la contamination de l’entourage et de l’environnement, certains
réflexes s’imposent :
· Eternuer ou tousser dans un mouchoir jetable ou, à défaut, mettre la main
devant la bouche.
· Utiliser un mouchoir jetable à usage unique au moment de
cracher ou de se moucher.
· Jeter le mouchoir usagé dans une poubelle.
· Se laver les mains ensuite.
Il est important d’apprendre
ces gestes aux enfants.
3. Le port du masque
Lorsqu’une personne infectée
par un virus respiratoire tousse, elle émet des millions de particules
infectieuses. Or une
partie infime suffit à
contaminer l’air
de toute une pièce non aérée pour plusieurs heures.
Ces deux exemples suffisent
à démontrer l’importance de la transmission par gouttelettes respiratoires et
justifie l’intérêt
que représente le port du
masque dit « chirurgical » quand
il s’agit d’éviter la propagation de la maladie.
Le masque chirurgical permet
en effet de limiter à la fois la contamination de l’entourage et de
l’environnement du malade. Pour une réelle
efficacité, il doit être porté par le malade en présence de tierces personnes.
Il doit être attaché
derrière la tête, moulé sur la racine du nez et abaissé sous le menton.
Le masque doit être changé
environ toutes les 4 heures ou quand il est mouillé. Il faut alors le jeter
dans une poubelle couverte et se laver les
mains après.
Ces mesures seraient
indispensables en cas de pandémie, mais sont essentielles par rapport aux virus
respiratoires.
Lors de la crise du SRAS,
l’utilité du masque a été largement démontrée.
Les masques dits «
chirurgicaux » sont en vente dans les pharmacies.
Selon une enquête récente de
l’INPES 6, 45 % des Français seraient
d’accord pour porter un masque chez eux afin de
protéger leur entourage
lorsqu’ils sont grippés, 33 % seraient d’accord pour porter un masque à
l’extérieur afin de protéger les autres.
4. Précautions
complémentaires applicables au quotidien
Dans l’idéal, d’autres
gestes de prévention permettent de limiter la diffusion des virus respiratoires
:
· dans la mesure du possible, éviter de rendre
visite à des personnes malades.
· en cas de contact avec une personne malade,
penser :
o à rester à une distance de un mètre de cette
personne,
o à éviter certains gestes : serrer les mains
ou embrasser pour dire bonjour, toucher directement les yeux, la bouche et le
nez, sans s’être d’abord lavé les mains,
o porter un masque de protection,
o aérer la pièce après le départ de cette
personne.
Quand on a un enfant en bas
âge :
Penser à :
· se laver systématiquement les mains avec du
savon avant de s’occuper de l’enfant, et particulièrement si c’est un bébé,
· aérer sa chambre tous les jours,
· porter un masque en présence de l’enfant, si
l’on est malade.
Eviter :
· d’échanger dans la famille les biberons,
sucettes, couverts non nettoyés,
· d’emmener un nourrisson dans les lieux
publics où il pourra entrer en contact avec des personnes infectées (transports
en commun, centres commerciaux, hôpitaux…).
Et beaucoup d’autres conseils pas toujours faciles à appliquer ! Il faut bien faire les courses et il n’est pas toujours possible de les faire sans bébé…Ne pas emmener bébé à l’hôpital : si c’est pour une visite on peut s’arranger mais si c’est bébé qui est malade, c’est une autre histoire ! Personne ne souhaite être obligé de l’emmener en un tel lieu ! Allez, je vais remuer le couteau dans la plaie : beaucoup de mamans furent contraintes de faire hospitaliser leur enfant à cause des complications du BCG SSI imposé pendant 18 mois sans véritable raison puisque sa pratique obligatoire et généralisé a été officiellement abandonnée depuis le 19 juillet. L’Inpes serait bien inspirée de donner aussi des conseils qui réduisent les risques d’hospitalisation.
Un très bon point quand même à l'Inpes !
10 septembre 2007
L'eau, trésor de vie
Voici
un extrait du long
communiqué mis en ligne sur le site de l’OMS www.who.int/fr sur le problème crucial de l’eau potable et
de l’assainissement des eaux usées dans le monde. J’en ai souvent parlé dans ce
blog à propos de la polio (voir catégorie polio). Ce communiqué parle de
certaines maladies qui pourraient être vaincues ou du moins considérablement réduites
si le problème de l’eau était mieux traité (paludisme par exemple) mais ne fait
aucune allusion à la polio alors que l’essentiel de sa propagation est lié à
l’eau souillée par des excréments humains.
Qu’il
soit une fois de plus permis de penser et d’écrire que si les sommes
considérables et les trésors de dévouements et d’énergies qui ont été et seront encore mobilisés
dans les campagnes d’éradication de la polio par la vaccination avaient été
investies dans « l’eau, source de vie » la santé mondiale aurait
accompli un pas immense et des centaines de millions de gens vivraient beaucoup
mieux aujourd’hui.
Extrait communiqué OMS :
Célébration de la décennie internationale d'action "L'eau, source de vie", 2005-2015
« Nous ne pourrons venir à bout du SIDA, de la tuberculose, du paludisme
et des autres maladies infectieuses qui affligent le monde en développement que
lorsque nous aurons remporté la bataille de l’eau potable, de l’assainissement
et des soins de santé primaires. »
Kofi Annan, Secrétaire général des Nations Unies
La décennie 2005 - 2015 doit impérativement être mise à profit pour focaliser l’attention du monde sur cette évidence qui devrait aller de soi : l’eau, source de vie. Vous témoignerez de votre engagement personnel en organisant des manifestations autour de la Journée mondiale de l’eau mais tout devra aussi être fait dans les années 2005 à 2015 pour sensibiliser l’opinion à l’urgence des objectifs à réaliser. Il est essentiel que toutes les manifestations et les voix qui se feront entendre dans toutes les occasions contribuent à renverser une situation devenue inacceptable en mobilisant de nouvelles énergies et des engagements nouveaux.
Chaque année, plus d’un milliard d’être humains n’ont guère d’autre choix que d’utiliser de l’eau potentiellement dangereuse. Ainsi se perpétue sans bruit une crise humanitaire qui fait chaque jour 3900 victimes parmi les enfants et compromet la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Notre échec collectif face à ce problème amenuisera les perspectives d’avenir des milliards de personnes saisies dans une spirale de pauvreté et de maladie.
Les causes de cette catastrophe sous-jacente résident dans ces simples chiffres et les faits terribles qu’ils recouvrent : 4 personnes sur 10 dans le monde n’ont pas accès ne serait-ce qu’à de simples latrines à fosse et près de 2 personnes sur 10 sont privées d’eau potable. Pour aider à mettre fin à cette situation choquante, l’une des cibles (n° 10) incluses dans les OMD consiste à Réduire de moitié, d’ici à 2015, le pourcentage de la population qui n’a pas accès de façon durable à un approvisionnement en eau potable et à des services d’assainissement de base. Le groupe spécial sur l’Eau et l’assainissement du projet du Millénaire des Nations Unies a en outre reconnu récemment que le succès ou l’échec de tous les OMD dépendait du développement et de la gestion intégrés des ressources en eau car les personnes défavorisées, si elles sont privées d’eau, ne peuvent assurer leur subsistance.
La Décennie, L’eau, source de vie commence le 22 mars, Journée mondiale de l’eau 2005 ; c’est l’occasion ou jamais, en rappelant l’ampleur du problème, d’amener l’ensemble des acteurs concernés à appliquer des solutions valables. Quel que soit le type de manifestations que vous organiserez, nous espérons que le présent document, si modeste soit votre budget, contribuera à en accroître au maximum les effets.
Le site web de la Décennie www.un.org/waterforlifedecade est disponible.
L’eau, source de vie, grâce à votre action, marquera un tournant !
Pour les habitants de nombreuses régions du monde, comme en Europe et en Amérique du nord, il est naturel de faire couler l’eau de l’eau sûre et propre du robinet pour boire, cuisiner et se laver. Pourtant, plus d’un milliard d’êtres humains n’ont guère d’autre possibilité que d’utiliser de l’eau potentiellement dangereuse. Chaque année, les célébrations du 22 mars – Journée mondiale de l’eau – témoignent de l’action continue menée pour promouvoir l’accès à de l’eau potable et à des installations sanitaires. Elles servent de tremplin aux mesures destinées à sensibiliser l’opinion aux problèmes relatifs à l’eau, à stimuler le débat et à appeler l’attention sur les dangers qui résultent du manque d’accès à une eau sûre et à des services d’assainissement de base.
Les années de 2005 à 2015 seront déterminantes : le moment est venu d’intensifier les mesures de sensibilisation et l’action sur le terrain. L’Assemblée générale des Nations Unies a proclamé cette période Décennie internationale d’action, L’eau, source de vie, à compter du 22 mars, Journée mondiale de l’eau 2005. La décennie aura pour objectif d’appeler davantage l’attention sur les problèmes liés à l’eau dans le monde, tout en visant à garantir la participation des femmes aux activités de développement concernant l’eau, et la poursuite de la coopération à tous les niveaux.
L’eau et l’assainissement
- Quelque 2,6 milliards de personnes n’ont pas accès à des services d’assainissement de qualité, soit 42% de la population mondiale.
- Plus de la moitié des personnes privées d’installations sanitaires de qualité – près d’1,5 milliard – vivent en Chine et en Inde.
- En Afrique subsaharienne, 36% de la population au plus ont accès à des installations sanitaires.
- Dans les pays en développement, 31% seulement des ruraux ont accès à des installations sanitaires de qualité, contre 73% des urbains.
- Pour atteindre la cible fixée concernant l’assainissement, 370 000 personnes supplémentaires par jour devront avoir accès à des installations sanitaires de qualité d’ici à 2015.
L’eau et l’égalité des sexes
- En réduisant le temps perdu, en améliorant la santé et en réduisant les soins à dispenser aux malades, l’amélioration des services d’approvisionnement en eau laisse plus de temps aux femmes pour pratiquer des activités productives, suivre des cours pour adultes et avoir des loisirs.
L’eau, la pauvreté et la faim
- La sécurité des moyens de subsistance d’un ménage dépend de la santé de ses membres ; des adultes malades ou obligés de soigner des enfants malades sont moins productifs.
- Les maladies dues à de l’eau contaminée et l’inadéquation des installations sanitaires entraînent des dépenses de santé importantes par rapport au revenu des personnes démunies.
- Les personnes en bonne santé métabolisent mieux les nutriments présents dans les aliments que les personnes atteintes de maladies d’origine hydrique, en particulier les helminthiases, qui privent les malades de leur énergie.
- Le temps perdu en raison des distances à parcourir pour aller puiser de l’eau et de la mauvaise santé est un facteur de pauvreté et d’insécurité alimentaire.
L’eau et la santé
- 1,8 million de personnes, dont 90% sont des enfants de moins de 5 ans, meurent chaque année de maladies diarrhéiques (et notamment du choléra), principalement dans les pays en développement.
- 88% des maladies diarrhéiques sont imputables à de l’eau contaminée, à l’inadéquation des installations sanitaires et à une hygiène insuffisante.
- L’amélioration de l’approvisionnement en eau réduit la morbidité due à la diarrhée de 6 à 25% ; si l’on tient compte des cas graves, l’amélioration des installations sanitaires réduit la morbidité due à la diarrhée de 32%.
- Les interventions telles que l’éducation en matière d’hygiène et les mesures pour encourager les gens à se laver les mains peuvent entraîner une réduction des cas de maladies diarrhéiques pouvant atteindre 45%.
- L’amélioration de la qualité de l’eau de boisson moyennant le traitement de l’eau à usage domestique, comme la chloration avant l’utilisation, peut se traduire par une réduction de 35 à 39% des épisodes de diarrhée.
- L’amélioration de l’accès à des sources d’eau sûre et l’amélioration de l’hygiène peuvent réduire la morbidité liée au trachome de 27%.
- Le paludisme fait chaque année 1,3 million de victimes, dont 90% sont des enfants de moins de 5 ans ; une meilleure gestion des ressources en eau réduit la transmission du paludisme et d’autres maladies à transmission vectorielle.
- On estime à 160 millions le nombre des personnes atteintes de schistosomiase ; des mesures d’assainissement de base peuvent entraîner une réduction de la maladie pouvant atteindre 77%. En Afrique, irrigation et transmission de la schistosomiase vont quasiment de pair.
- Au Bangladesh, entre 28 et 35 millions de personnes consomment de l’eau de boisson à forte teneur en arsenic. Pour remédier à cela, il convient de trouver d’autres sources d’eau pauvres en arsenic ou de traiter l’eau.
- Le manque de fiabilité des systèmes d’approvisionnement en eau potable a encouragé le stockage d’eau à domicile, ce qui favorise souvent la reproduction des moustiques Aedes, vecteurs de la dengue. Des flambées de dengue se sont ainsi rapidement propagées dans le monde, passant des milieux ruraux aux établissements ruraux.
- Le traitement et l’évacuation
appropriée des eaux usées favorisent la conservation de l’écosystème et
réduisent la pression sur les ressources peu abondantes en eau douce. Une
utilisation responsable des ressources en eau prévient la contamination
des eaux souterraines et aide à réduire au maximum le coût de l’épuration
des eaux.
- L’eau potable et les installations sanitaires
de base aident à prévenir les maladies transmises par l’eau, et notamment
les maladies diarrhéiques, la schistosomiase, la filariose, le trachome et
les helminthiases.
- La fiabilité de l’approvisionnement en eau de boisson et l’amélioration de la gestion de l’eau dans les établissements humains réduisent les risques de transmission du paludisme et de la dengue*.
* J’ajoute que la dengue (où les dengues car il y a 5 virus de la dengue) a le même processus de diffusion que la fièvre jaune par les mêmes moustiques. S’il n’existe pas de vaccin contre la dengue, il y en a un contre la fièvre jaune. Est-ce pour cette raison que la fièvre jaune n’est pas mentionnée ici ? Voir aussi sur ce blog les articles de la catégorie fièvre jaune.
06 septembre 2007
Les vaccinations dans les prochains colloques
Les 29 et 30 novembre 2007 l’Institut de veille sanitaire (InVS)
organise, comme chaque année, les journées de veille sanitaire à la Cité des
Sciences à Paris. Cette année il y sera
largement question de vaccinations. Voici un extrait du programme prévu relatif
à cette question. Programme complet sur www.invs.sante.fr
De la disponibilité de
nouveaux vaccins à leur absence d’intégration dans le calendrier vaccinal
C. Perronne
Haut-Conseil de la santé
publique, Paris
Attitude vis-à-vis de la
vaccination du grand public et des médecins libéraux : résultats de l’enquête
Nicolle
N. Nicolay1, D. Lévy-Bruhl1, A. Gautier2, L. Fonteneau1, C. Jestin2,
M. Jauffret-Roustide1
1/ InVS, Saint-Maurice – 2/
Inpes, Saint-Denis
Politique vaccinale et
démocratie sanitaire
D. Torny
Transformations sociales et
politiques liées au vivant, Inra, Ivry-sur-Seine
La pharmacovigilance des
vaccins aujourd’hui et les leçons de la vaccination contre l’hépatite B
A. Castot1, A. Jacquet2, C. Kreft-Jaïs2
1/ Département de la
surveillance du risque, du bon usage et de l’information sur les médicaments,
Afssaps,
Saint-Denis – 2/ Unité de
pharmacovigilance, Afssaps, Saint-Denis
Évolutions récentes et
perspectives pour le suivi de la couverture vaccinale chez l’enfant
J.-P Guthmann1, L. Fonteneau1, D. Antona1, A. Vilain2, N. Guignon2, D. Lévy-Bruhl1
1/ InVS, Saint-Maurice – 2/
Drees, Paris
Qui sont les bébés à
risque de transmission verticale d’hépatite B qui ne sont pas vaccinés ? Londres, 2004-2006
I. Giraudon1, N. Permalloo2, J. Forde1, H. Maguire1,3
1/ Health Protection Agency, London Regional Epidemiology Unit, London –
2/ Antenatal Screening Coordination London Region
Westminster PCT, London – 3/ Saint George’s Hospital Medical School,
London
Campagne de vaccination
ROR de rattrapage dans une aire de santé primaire de Londres, hiver 2004-2005 :
caractéristiques des parents non répondants ou ayant refusé la vaccination de
leurs enfants
E. Kissling1, N. Verlander2, C. Howers3, A. Howers3, G. Fraser1
1/ Epidemiology Unit, Health Protection Agency London region, United
Kingdom – 2/ Statistic Unit, Centre for Infections, Health
Protection Agency, United Kingdom – 3/ Sutton and Merton Primary Care
Trust, London, United Kingdom
Une semaine
auparavant se tiendra à Montpellier le colloque de la Sfsp, Société française
de santé publique, qui a joué un rôle très important dans la levée de l’obligation
du BCG, en particulier en organisant sur 2 jours l’audition publique sur le
BCG, en mettant en ligne de nombreux documents relatifs à cette audition, en
éditant un ouvrage de 380 pages sur cette audition, reproduisant toutes les
interventions, y compris celles faites depuis la salle, travail particulièrement
fastidieux. Donc, grand merci à cette
association reconnue d’utilité publique pour ce formidable travail.
Au cours de ce
colloque organisé en l’honneur des 130 ans de cette association, il est prévu
un retour sur cette audition BCG comme l’atteste cet extrait du programme :
L’audition
publique dans la levée de l’obligation vaccinale du BCG
Date : 22/11/2007 (14H00 à
15H30) - Auditorium Einstein Responsable
: François Bourdillon, Président de la SFSP
Animateurs : François
Bourdillon, Président de la SFSP et Catherine Bernard, Médecin inspecteur (DASS
Paris, SFSP) Joëlle Kivits - La construction de la
décision : entre expertise épidémiologique et expertise publique
Joëlle Kivits est membre du comité d’organisation et du comité
scientifique du colloque. François Bourdillon était membre et rapporteur de la
commission d’audition sur le BCG. Plus d’infos sur le site de la Sfsp www.sfsp.info
04 septembre 2007
Polio au Congo par un virus indien
Dernière nouvelle : pendant plusieurs années l’OMS a répété que c’était l’interruption des campagnes de vaccination* au nord du Nigeria en 2003-2004 qui était responsable du fait qu’elle n’avait pu annoncer la fin de la transmission du virus polio sauvage dans le monde. En 2006 un virus d’origine indienne a provoqué plusieurs cas de polio en Angola et il continue encore aujourd’hui à se propager en Afrique, au delà de l’Angola, puisqu’il a fait officiellement 28 victimes en date du 28 août :
Rapport
de situation mensuel de l' Initiative mondiale pour l'éradication de la
polio: 28 août 2007
« Angola
et République démocratique du Congo : En 2007, 10 cas ont été signalés en Angola et 28 en
République démocratique du Congo car le poliovirus sauvage d’origine
indienne se transmet toujours. Les deux pays entreprennent des activités de
vaccination supplémentaires, les plus récentes ayant eu lieu le 25 juillet. Des
améliorations s’imposent en ce qui concerne la qualité des campagnes et la
surveillance de la PFA dans les deux pays. » (PFA paralysie flasque aiguë)
*
*Je ne soutiens pas pour autant l’initiative très
malheureuse lancée en 2003 par certains dirigeants du nord du Nigeria, en
opposition avec le président du Nigeria. Ils soutenaient que ces campagnes de
vaccination étaient orchestrées par l’Occident et tout particulièrement les
Américains et étaient dirigées contre les musulmans. Ils ont d’abord avancé que
les vaccins contenaient des substances pour leur donner le cancer ou le sida
puis pour stériliser les populations…Les vaccins antipolio oraux utilisés au
cours des campagnes d’éradication ont de graves défauts, tout particulièrement
en pouvant donner de nombreuses années après des virus capables de déclencher
des polios paralysantes et de circuler comme les virus sauvages. L’OMS n’est
pas la dernière à l’avoir souligné et
cette propriété pourrait faire capoter le programme d’éradication. Ces
dirigeants du nord du Nigeria ont eu le grand tort d’inventer des arguments qui
n’existaient pas et ont été incapables de faire usage des arguments sérieux à
l’encontre de ce vaccin et qui pourraient faire préférer une véritable action
en faveur du traitement des eaux usées. Vaste programme, mais programme
INDISPENSABLE et sans cesse repousser.
Des sommes considérables ont été et vont être investies dans les campagnes
d’éradication contre 3 virus alors que le traitement de l’eau éviterait la
contaminations des enfants et des adultes par des dizaines d’entérovirus responsables de nombreuses maladies
redoutables contre lesquelles il n’existe pas de vaccins. A-t-on fait le bon
choix ?
03 septembre 2007
Evaluation du tétanos néonatal : d'étranges lacunes
L’un des grands objectifs poursuivis par l’OMS est l’élimination du tétanos néonatal partout dans le monde. C’est celui dont le bébé est victime dans les premières semaines de la vie, souvent à cause du cordon ombilical. Les moyens de lutte sont double : d’une part généraliser la pratique de l’accouchement médicalisé, ou au moins par un personnel qualifié ; d’autre part la vaccination systématique des futures mères. Le premier moyen a évidemment pour objectif de supprimer les causes du tétanos néonatal et le second cherche à palier les défaillances du premier. L’une des questions qui se posent est de savoir si le second moyen reste utile lorsque l’accouchement est pratiqué par un personnel expérimenté.
Pour l’UNICEF le tétanos néonatal est une maladie le plus souvent mortelle ; 70% des bébés atteints en meurent au cours de leur premier mois d’existence. Cette agence de l’ONU estime qu’il est le résultat d’une hygiène insuffisante lors de l’accouchement : des spores de tétanos contaminent le cordon ombilical au moment où il est coupé ou lorsqu’on le panse après l’accouchement. La maladie survient en général trois jours après la naissance et le nourrisson cesse de téter à cause d’une rigidité des muscles de la mâchoire. Il est ensuite saisi de convulsions douloureuses, tombe dans le coma et finit par mourir.
« Avec une vaccination efficace et des méthodes d’accouchement sûres, les femmes et les enfants ne devraient plus mourir du tétanos, a fait valoir Mme Bellamy (UNICEF). Mais cela nécessitera une forte volonté politique et des ressources financières afin de traduire nos programmes en actions visant à éliminer cette maladie. »
Mais l’UNICEF ne s’embarrasse pas toujours de subtilités. Ainsi, cette page de son site ne fait pas dans la nuance : pour éliminer le tétanos maternel et néonatal une seule solution, la vaccination…Les conditions de l’accouchement et de la coupure du cordon, on n’en parle pas !
Plusieurs enquêtes ont été menées dans divers pays et certaines ont déjà donné lieu à des publications de l’OMS dans le REH (Relevé épidémiologique hebdomadaire). La dernière date du 31 août 2007. L’enquête s’est déroulée au Mali en avril 2007.
Définition de l’élimination
« L’élimination du tétanos néonatal (TN)
est un objectif mondial; elle se définit par une incidence inférieure à 1 cas
de tétanos néonatal pour 1000 naissances vivantes dans chaque district d’un
pays. Le TN peut être prévenu par la vaccination des femmes et la
pratique d’accouchements médicalisés. Une enquête en communauté a été
menée dans un district où les nourrissons étaient considérés comme étant
exposés à un risque plus élevé de TN. »
« Au Mali, la politique
en matière de vaccination par anatoxine tétanique précise que toutes les femmes
enceintes doivent recevoir cette vaccination aux intervalles définis par les
recommandations de l’OMS. L’OMS et UNICEF estiment qu’en 2005, la protection à
la naissance par l’anatoxine tétanique s’élevait à 75%. Le district où
l’incidence du TN était estimée être parmi les plus élevées du pays a donc été
sciemment sélectionné afin de démontrer que s’il y avait une élimination du TN
dans ce district, on pouvait conclure que le TN avait aussi été éliminé dans
les districts ayant de meilleurs résultats. »
Protocole d’enquête
« La méthode d’enquête a été adaptée à partir d’un protocole de l’OMS.
Le plan choisi a
été un plan d’échantillonnage unique destiné à enquêter sur 1352 naissances
vivantes. Si on observe au plus un cas de TN on considérera que le TN a été
éliminé.
Les naissances vivantes
survenues entre 1 et 13 mois avant l’enquête (c’est-à-dire entre le 23 mars
2006 et le 22 mars 2007) ont été retenues dans l’enquête. En outre, celle-ci a
évalué la couverture de la vaccination par l’anatoxine tétanique et les
circonstances de l’accouchement »
« Les
questionnaires et les instructions ont été adaptés à partir du protocole de
l’OMS et traduits en français. Quatre formulaires ont été employés au total
pour recueillir les données. Le formulaire 1 a servi à enregistrer le nombre de
ménages visités, la taille de chacun d’eux, le nombre de femmes en âge de
procréer, le nombre de femmes enceintes et le nombre de naissances vivantes
survenues entre le 23 mars 2006 et le 22 mars 2007. Le formulaire 2 a servi à
noter les renseignements relatifs à chaque naissance vivante remplissant les
conditions voulues (nom du parent, puis date de naissance, sexe et survie de
l’enfant). Il a également servi à enregistrer des renseignements sur les
circonstances de l’accouchement des 3 premières mères de chaque grappe pour des
naissances vivantes retenues (lieu de l’accouchement, présence ou non d’un
accoucheur) et des informations sur le statut vaccinal de la mère.
Le formulaire 3 a servi à enregistrer les caractéristiques des décès
néonatals au moyen de techniques d’autopsie verbale (informations sur les
signes cliniques qui précédaient la mort de l’enfant, les soins prodigués aux
nouveau-nés, les circonstances des décès et les facteurs de risque qui ayant
prévalu).
Quant au formulaire 4, il servi à enregistrer des informations
concernant le statut vaccinal par VAT des 3 premières femmes en âge de procréer
de chaque grappe n’ayant pas donné naissance à un enfant vivant au cours de la
période étudiée. »
Résultats de l’enquête
Au total 3023 foyers ont été visités, soit 17432
résidants. En tout, 1352 naissances vivantes ont été identifiées, ce qui
correspond à un taux de natalité brut de 77,6/1000 habitants; 666 (49%)
nourrissons étaient de sexe masculin. Dans l’ensemble, 28 enfants sont décédés
au cours de la période néonatale (taux de mortalité néonatale, 20,7/1000
naissances vivantes); 6 de ces décès ont d’abord été imputés au tétanos
néonatal mais suite à de nouvelles investigations menées par des superviseurs
de second niveau, le tétanos comme cause de décès a été confirmé chez seulement
4 d’entre eux. Au total, 141 (45%) naissances vivantes d’un sous-échantillon en
comptant 312 ont eu lieu avec l’aide d’un agent de santé qualifié. Ce nombre
comprend les 124 (39%) naissances qui ont eu lieu dans un établissement de
santé.
Note de la rédaction (OMS).
« Cette enquête
a permis d’établir que 4 décès sont imputables au tétanos néonatal, ce qui est
supérieur au niveau d’acceptation de =1/1000. Par conséquent, le tétanos
néonatal ne peut pas être considéré comme ayant été éliminé de la zone de Gao
au moment de l’enquête. Cette découverte est étayée par la constatation que 50%
seulement des femmes ont reçu 2 doses protectrices d’AT, et que seulement 45%
des accouchements ont été assistés par du personnel de santé qualifié. Il
semblerait également que la qualité des 3 tournées d’activités de vaccination
supplémentaire qui ont lieu à Gao entre 2003 et 2004 n’ait pas été suffisante
pour élever le niveau de protection des femmes et ramener l’incidence à <1
cas de tétanos néonatal/1000 naissances vivantes. »
Une
étrange lacune
Cette enquête, dont je ne donne pas ici tous les détails
exposés dans le REH, pourrait paraître très sérieuse aux yeux du profane en
statistiques. Cependant, elle pêche étrangement sur le point crucial :
puisque 4 enfants ont été identifiés comme morts d’un tétanos il serait
évidemment essentiel de connaître le statut vaccinal de leurs mères ainsi que
les conditions de l’accouchement. Ces 2 caractéristiques ont été recherchées
par l’enquête mais les résultats ne nous sont pas communiqués !
Pourtant, chacun comprendra aussitôt que l’appréciation de l’affaire ne
pourra être la même selon que ces mères auraient toutes été vaccinées et
auraient accouché dans des conditions médicalisées ou, au contraire, si aucune
de ces 2 conditions n’avaient été réalisées ; ou encore si ces 4 mères
avaient été vaccinées mais avaient enfanté à même le sol et sans assistance
d’une personne formée etc. L’enquête pourrait nous donner des informations sur
ces points comme par exemple, dire qu’une mère avait été vaccinée, que 2 autres
ne l’étaient pas et que le statut vaccinal de la quatrième était inconnu. C’est
une certitude absolue : ceux qui ont dirigé cette enquête savent à quoi
s’en tenir à ce sujet. POURQUOI ne nous communiquent-ils pas ces
informations capitales ? Car enfin, supposons qu’une au moins de ces 4
mères ait été vaccinée. Devrait-on penser que si son enfant a fait un tétanos
ce serait parce que la couverture vaccinale n’était pas suffisante, autrement
dit parce que les autres mères n’avaient pas été suffisamment vaccinées alors
que pour le tétanos, la vaccination des uns ne peut protéger les autres (sauf
la mère et son enfant)?
Ils préfèrent en effet nous amuser avec des tableaux sur les couvertures vaccinales et leurs intervalles de confiance ainsi que sur les proportions de mères ayant une carte de vaccination ou ayant accouché dans des conditions