28 juin 2007
Fièvre Jaune : une seule solution, la vaccination !
C’est bien ce qui ressort du dernier BEH (Bulletin
épidémiologique hebdomadaire) de l’InVS (Institut de veille sanitaire) qui consacre le n° 25-26 du 19 juin
2007 aux maladies du voyageur et donc en particulier à la fièvre jaune,
maladie sous le contrôle du RSI (règlement sanitaire international). Certains
pays peuvent exiger la vaccination contre la fièvre jaune pour des voyageurs en
provenance d’une zone d’endémie.
Ce BEH fait donc le point sur l’épidémiologie de la
maladie ainsi que de sa prévention par la vaccination. Il signale par exemple
qu’entre 1996 et 2002, 10 cas ont été rapportés chez des personnes
non-vaccinées d’Europe et des États-Unis, avec une issue fatale dans 100 % des
cas, dont 2 cas français en 1979 au retour du Sénégal, hors de tout contexte épidémique. L’estimation du risque
chez le voyageur est jugée complexe et peu fiable, sous la dépendance de
nombreux paramètres : intensité de circulation du virus, durée du séjour,
effectivité de l’exposition, fluctuations annuelles et saisonnières de la
maladie, couverture vaccinale locale et défauts de la surveillance. En dehors
des épidémies le virus circule, provoquant des cas isolés ou des micro-foyers,
souvent non identifiés ou sous-déclarés. Le rôle attribué au vaccin est exprimé
sans ambiguïté :
« En
l’absence de thérapeutique spécifique, la vaccination, parfaitement tolérée
dans l’immense majorité des cas, reste la seule protection efficace.
Cette vaccination, régie par le Règlement Sanitaire International, est valable
pour une durée de 10 ans. »
La lutte contre les moustiques et leurs larves est
totalement passée sous silence. C’est pourtant elle qui avait permis à
l’Amérique du Sud et Centrale de se débarrasser de la fièvre jaune il y a 50
ans (voir l’article sur ce sujet). Ce type de lutte aurait-il été
abandonné ? Non ! Ainsi, l’Institut de recherche pour le développement, l’IRD, écrit sur son site :
« Malgré
l'existence d'un vaccin préventif efficace, la fièvre jaune est en
recrudescence depuis les années 1980 et, au cours de cette dernière décennie,
25 000 cas environ ont été enregistrés dans le monde dont la majorité en Afrique.
Cet état de fait est dû à un relâchement de la couverture vaccinale et de la
lutte contre le moustique vecteur de la fièvre jaune à l'homme, Aedes
aegypti. »
L’IRD
décrit alors une expérience menée sur le terrain au Sénégal. Elle établit qu’en
milieu naturel le moustique femelle peut transmettre directement le virus à sa
descendance alors qu’on pensait auparavant que le moustique devait s’infecter
en piquant des personnes ou animaux infectés. Cette transmission, dite
verticale, peut permettre une diffusion très rapide du virus parmi les
moustiques et rend encore plus indispensable la lutte contre les larves
conduisant l’IRD à la conclusion suivante :
« De ce fait, ce mode
de transmission joue probablement un rôle majeur dans la propagation de
l'épidémie, rendant impératifs une bonne couverture vaccinale ainsi qu'une
lutte contre Aedes aegypti (destruction des larves) dans les zones à
risque. »
Cette transmission
verticale était connue auparavant mais avait été seulement établie dans des
conditions de laboratoire. On sait maintenant qu’elle exista aussi en milieu
naturel. On apprend aussi qu’un équipe internationale a réalisé le séquençage
du génome du moustique responsable de la propagation de la fièvre jaune et
aussi de la dengue. Il s’agit, bien évidemment, de trouver des méthodes plus
efficaces pour lutter contre le moustique. L’une des conséquences de cette
transmission verticale du virus est que la vaccination, si elle peut protéger
les individus, ne peut éviter la propagation du virus puisqu’il n’est pas
nécessaire que les moustiques s’infectent sur un malade pour assurer cette
transmission. Cette découverte rend donc plus indispensable encore une lutte
rationnelle et efficace contre les moustiques et leurs larves.
Le
conflit entre la vaccination et la lutte contre les moustiques n’est pas
nouveau. En 1952 le Centre International de l’Enfance a publié une série de
conférences faites à Paris fin 1951. L’ouvrage de 530 pages s’intitule
« vaccinations contre les maladies contagieuses de l’enfance ». Sur
la fièvre jaune c’est le Médecin-Général Marcel Vaucel, alors Inspecteur
général des Instituts Pasteur d’Outre-Mer qui est intervenu par un exposé de 9
pages. Il conclut ainsi :
« Que
penser des dispositions (rendant la vaccination obligatoire) qui témoignent
encore de l’épouvante causée naguère par la fièvre jaune ? Cette frayeur a
été justifiée par l’importance des épidémies urbaines. Or de telles épidémies
sont actuellement combattues par les seules mesures d’hygiène et par la lutte
contre les moustiques. Ainsi, pour la prévention de ces épidémies, la
vaccination certes désirable, n’est pas en définitive réellement indispensable.
Quant à l’obligation de la vaccination, réclamée trop souvent sans esprit
critique par les Services Sanitaires de certains pays pour les passagers en
transit, elle peut être remplacée avantageusement par d’autres mesures et avant
tout par une lutte efficace contre les moustiques. »
En
1977 j’avais rencontré un médecin-général en retraite qui, voyant que je
formulais des critiques sur la vaccination antivariolique et le BCG, m’attaqua
vertement sur la fièvre jaune. Je lui ai alors présenté cet ouvrage. Il m’a dit
que Marcel Vaucel avait été son patron. Je lui montre le passage que je viens
de citer. Il atténue alors sa critique, paraît un peu décontenancé puis finira
pas me dire que quand il était en fonction à Dakar il avait donné l’ordre de
boucher les trous des arbres avec du ciment. Cette anecdote est très
significative. Si je n’avais pas disposé de cet ouvrage il ne m’aurait sans
doute jamais dit cela. Cette attitude est très répandue : alors que des moyens
très importants sont mobilisés pour lutter contre les moustiques on ne parle
que de la vaccination.
En
juillet et août 1959 j’ai passé 2 mois à Bamako, ce qui m’a valu d’être vacciné
contre la fièvre jaune. J’ai vu passer à plusieurs reprises les services de
démoustication qui aspergeaient un insecticide sur les murs. Plusieurs équipes
passaient dans toute la ville puis recommençaient…Que la vaccination ait son
efficacité et son utilité, il ne s’agit pas de le nier. Mais pourquoi passer
systématiquement sous silence les autres mesures de lutte ?
27 juin 2007
1960 : la fièvre jaune avait presque disparu aux Amériques
Fièvre jaune, comment éviter la piqûre du vaccin ?
En évitant celle du moustique ! Monsieur de Lapalisse en eut dit tout
autant. Et cela avait réussi en Amérique du Sud et Centrale, y compris le
Mexique. Oui, « entre les 2 guerres s’est joué au Brésil une campagne
mémorable contre la fièvre jaune », écrit la revue La Recherche dans son
n° spécial 300 ans de sciences (n° 300, juillet-août 1997. L’article de 5 pages
a été écrit par Ilana Löwy historienne des sciences et directeur de recherche à
l’Inserm. Elle menait ses travaux (à l’époque de l’article) dans le laboratoire
« Savoir et pratiques dans le champ médical : histoire, sociologie et
psychanalyse » Inserm Unité 158 à l’hôpital des enfants malades à Paris.
Voici la présentation donnée à son article :
« La réussite de l’entreprise, menée par les
agents de la fondation Rockfeller, a dépassé toutes les espérances. Son
principal architecte sera nommé après guerre à un haut poste de la nouvelle
Organisation mondiale de la santé. Exploit de la science ? La consultation
des archives dévoile des méthodes plus musclées : mise sur pied d’une
véritable police sanitaire pour surveiller les populations, amendes et même
occasionnellement peines de prison…L’exemple édifiant de l’un des premiers
grands programme de lutte contre les maladies transmissibles. »
L’idée est simple : la fièvre jaune est
transmise par un moustique, aedes aegypti, qui vit à proximité des habitations.
L’élimination de ce moustique requiert la coopération des populations. Mieux
vaut, pense le responsable de l’opération, Soper, restreindre temporairement
quelques libertés individuelles qu’exposer la majorité de la population à la
tyrannie permanente de la maladie. La stratégie de Soper va reposer sur 3
éléments : d’abord pister le virus en recherchant sa présence sur les
morts suspectes par une viscérectomie (examen du foie par prélèvement d’un
échantillon directement par la paroi abdominale) ; puis élimination des
larves de moustiques là où le virus est présent (par la participation active de
la population, ce qui exige aussi son contrôle) ; et pour ce faire, une
législation rendant obligatoire la pratique de ces 2 activités avec sanctions
en cas de transgressions.
L‘auteur note que « le développement du vaccin, utilisé en masse au Brésil depuis 1937, ne change pas grand chose car il reste trop cher et trop fragile ». L’un de ses inventeurs, Max Theiller, ayant obtenu le prix Nobel en 1951, I. Löwy note que cela pourrait donner le change et laisser croire que les succès obtenus contre la maladie y seraient associés. Rien de tel cependant. C’est la lutte sur le terrain contre tout ce qui permet aux larves de se développer qui sera à l’origine de la réussite : boites de conserves, éléments de façades des habitations et des immeubles, terrains vagues…En 1960 le virus disparaît du continent américain à une exception près qui ruinera toute l’entreprise, les Etats Unis. En effet, les citoyens américains, plus individualistes, sont très hostiles à ce que leurs maisons et jardins puissent être visitées par des inspecteurs sanitaires. Ainsi, depuis le sud des Etats Unis le moustique va progressivement réinfecter l’Amérique Centrale puis du Sud. Aujourd’hui la fièvre jaune fait à l’occasion des victimes au Brésil alors qu’elle avait totalement disparu. La dengue, maladie tropicale transmise par le même moustique y sévit par de grandes épidémies. Tous les efforts consentis ont été ainsi anéantis et la formule classique est maintenant partout proclamée : « une seule solution, la vaccination » alors qu’il a été démontré par les faits qu’une autre solution était possible.
Voir aussi un autre article sur ce blog sur ce problème de la fièvre jaune relancé par le BEH du 26 juin 2007 sur les maladies du voyageur ( www.invs.sante.fr ) : Fièvre jaune : une seule solution, la vaccination
26 juin 2007
H5N1 : faut-il croire à la pandémie ?
Après la découverte le 23 juin 2007 en Allemagne, de 7 oiseaux morts contaminés par le H5N1 on s'interroge : serions-nous proches d'une pandémie humaine provoquée par ce virus ? Les laboratoires s'y préparent activement en élaborant des vaccins et des protocoles de préparation au cas où. La compétition est féroce et se fait aussi à coup de subventions des états.
Invitée par Europe 1 sur cette affaire allemande, Madame Brugère Picoux, célèbre professeur à l'école vétérinaire d'Alfort. Pour elle c'est d'abord une maladie animale. Le virus ne s'est pas adapté à l'homme malgré de multiples opportunités avec des êtres humains régulièrement contaminés par un contact particulier avec l'animal. Mais aucune transmission interhumaine.
Elle déclarera qu'elle ne croyait pas que le virus de la prochaine pandémie sera le H5N1.
Plus d'informations sur le sujet sur http://www.influenza-h5n1.org/
22 juin 2007
Le nouveau règlement sanitaire international
Le nouveau
règlement sanitaire international (RSI) [1]
est entré en vigueur depuis le 15 juin 2007. Il fait 63 pages en ligne sur le
site de l’OMS. J’en propose ici quelques extraits pouvant concerner le voyageur
au prise avec les exigences sanitaires du pays visité et de ses fonctionnaires
qui n’assimileront sans doute pas instantanément tous les éléments de ce
règlement.
D’abord un peu de vocabulaire (je n'ai fait aucun commentaire):
« invasif » s’entend de l’effraction ou de l’incision cutanée ou de l’introduction d’un instrument ou d’un corps étranger dans l’organisme ou de l’examen d’une cavité. Aux fins du présent Règlement, l’examen médical de l’oreille, du nez ou de la bouche, la prise de la température au moyen d’un thermomètre auriculaire, buccal ou à contact cutané, ou au moyen de dispositifs d’imagerie thermique, l’inspection, l’auscultation, la palpation externe, la rétinoscopie, le recueil externe d’échantillons d’urine, de selles ou de salive, la mesure externe de la pression sanguine et l’électrocardiogramme ne sont pas considérés comme ayant un caractère invasif ;
« mesure sanitaire » s’entend des moyens utilisés pour prévenir la propagation des maladies ou la contamination ; une mesure sanitaire ne comprend pas des mesures d’application de la loi ni de sécurité ;
« observation à des fins de santé publique » s’entend de la surveillance de l’état de santé d’un voyageur dans le temps afin de déterminer le risque de transmission d’une maladie ;
« principes scientifiques » s’entend des lois fondamentales et des faits acceptés et connus grâce aux méthodes scientifiques ;
« recommandation
permanente » s’entend de l’avis non
contraignant émis par l’OMS en vertu de l’article 16 concernant l’application
systématique ou périodique de mesures sanitaires appropriées face à certains
risques persistants pour la santé publique, afin de prévenir ou de réduire la
propagation internationale des maladies en créant le minimum d’entraves au
trafic international ;
« recommandation temporaire » s’entend de l’avis non contraignant émis par l’OMS en vertu de l’article 15 aux fins d’une application limitée dans le temps et en fonction du risque, pour faire face à une urgence de santé publique de portée internationale, de manière à prévenir ou à réduire la propagation internationale des maladies en créant le minimum d’entraves au trafic international ;
« risque pour la santé publique » s’entend de la probabilité d’un événement qui peut nuire à la santé des populations humaines, plus particulièrement d’un événement pouvant se propager au niveau international ou présenter un danger grave et direct ;
Article 2 Objet et portée
L’objet et la portée du présent Règlement consistent à
prévenir la propagation internationale des maladies, à s’en protéger, à la
maîtriser et à y réagir par une action de santé publique proportionnée et
limitée aux risques qu’elle présente pour la santé publique, en évitant de créer
des entraves inutiles au trafic et au commerce internationaux.
Article 3 Principes
1. Le présent Règlement est mis en oeuvre en respectant pleinement la dignité des personnes, les droits de l’homme et les libertés fondamentales.
3. La mise en oeuvre du présent Règlement est guidée
par le souci de son application universelle en vue de protéger l’ensemble de la
population mondiale de la propagation internationale des maladies.
4. En application de la Charte des Nations Unies et des principes du droit international, les Etats ont le droit souverain de légiférer et de promulguer la législation en vue de la mise en oeuvre de leurs politiques en matière de santé. Ce faisant, ils doivent favoriser les buts du présent Règlement.
Article 18 Recommandations relatives aux personnes,
bagages, cargaisons, conteneurs, moyens de transport, marchandises et colis postaux
1. Les recommandations adressées par l’OMS aux Etats Parties en ce qui concerne les personnes peuvent inclure les conseils suivants :
- aucune mesure sanitaire spécifique n’est préconisée ;
- examiner les antécédents de voyages dans des zones affectées ;
- examiner la preuve qu’un examen médical et des analyses en laboratoire
ont été effectués ;
-
exiger des examens médicaux ;
- examiner la preuve des vaccinations ou autres mesures prophylactiques ;
- exiger une vaccination ou une mesure prophylactique ;
- placer les personnes suspectes en observation à des fins de santé
publique ;
- placer en quarantaine les personnes suspectes ou leur appliquer
d’autres mesures sanitaires ;
- isoler ou traiter si nécessaire les personnes
affectées ;
- rechercher les contacts des personnes suspectes ou
affectées ;
- refuser l’entrée des personnes suspectes et affectées ;
- refuser l’entrée de personnes non affectées dans des
zones affectées ;
- et soumettre à un dépistage les personnes en provenance de zones affectées
et/ou leur appliquer des restrictions de sortie.
Article 23 Mesures sanitaires à l’arrivée et au départ
1. Sous réserve des accords internationaux applicables
et des articles pertinents du présent Règlement, un Etat Partie peut, à des
fins de santé publique, à l’arrivée ou au départ :
a) s’agissant des voyageurs :
i) les interroger au sujet de leur destination afin de
pouvoir les contacter ;
ii) les interroger au sujet de leur itinéraire afin de
vérifier s’ils ont séjourné dans une zone affectée ou à proximité, ou sur leurs
autres contacts éventuels avec une infection ou une contamination avant leur
arrivée, et vérifier les documents sanitaires de ces voyageurs s’ils sont
exigés aux termes du présent Règlement ; et/ou
iii) exiger un examen médical non invasif,
c’est-à-dire l’examen le moins intrusif possible pour atteindre l’objectif de
santé publique ;
b) exiger l’inspection des bagages, cargaisons, conteneurs, moyens de transport, marchandises, colis postaux et restes humains.
3. Les voyageurs ne sont soumis à aucun examen
médical, aucune vaccination ni aucune mesure sanitaire ou prophylactique en vertu du présent
Règlement sans que leur consentement exprès et éclairé, ou celui de leurs parents ou tuteurs, n’ait
été obtenu au préalable, excepté en application du paragraphe 2 de l’article 31, et conformément à la
législation et aux obligations internationales de l’Etat Partie.
4. Les voyageurs qui doivent être vaccinés ou à qui
une mesure prophylactique doit être proposée en l’application du présent
Règlement, ou leurs parents ou tuteurs, sont informés de tout risque associé à
la vaccination ou la non-vaccination, et à l’utilisation ou la non-utilisation
de la mesure prophylactique conformément à la législation et aux obligations
internationales de l’Etat Partie. Les Etats Parties informent les médecins de
cette obligation conformément à la législation de l’Etat Partie.
5. Tout examen médical, acte médical, vaccination ou autre mesure de prophylaxie qui comporte un risque de transmission de maladie n’est pratiqué sur un voyageur ou ne lui est administré que conformément aux normes et aux principes de sécurité reconnus aux niveaux national et international, de façon à réduire ce risque au maximum.
Article 31 Mesures sanitaires liées à l’entrée des
voyageurs
1. L’entrée d’un voyageur sur le territoire d’un Etat Partie n’est pas subordonnée à un examen médical invasif, une vaccination ou une autre mesure de prophylaxie. Sous réserve des dispositions des articles 32, 42 et 45, le présent Règlement n’interdit toutefois pas aux Etats Parties d’exiger un examen médical, une vaccination ou une autre mesure de prophylaxie ou la preuve des vaccinations ou des autres mesures de prophylaxie :
a) lorsque cela est nécessaire pour déterminer s’il
existe un risque pour la santé publique ;
b) comme condition d’entrée pour tout voyageur qui
sollicite la résidence temporaire ou permanente ;
c) comme condition d’entrée pour tout voyageur, en
application de l’article 43 ou des annexes 6 et 7 ; ou
d) applicable en vertu de l’article 23.
2. Si un voyageur pour qui un Etat Partie peut exiger
un examen médical, une vaccination ou une autre mesure de prophylaxie en vertu
du paragraphe 1 du présent article refuse de donner son consentement, ou
refuse de fournir les informations ou les documents visés au paragraphe 1.a) de
l’article 23, l’Etat Partie concerné peut, sous réserve des dispositions des
articles 32, 42 et 45, refuser l’entrée à ce voyageur. Si l’existence d’un
risque imminent pour la santé publique est établie, l’Etat Partie peut,
conformément à sa législation nationale et dans la mesure nécessaire pour
lutter contre ce
risque, obliger
le voyageur à, ou lui conseiller de, conformément au paragraphe 3 de
l’article 23 :
a) se soumettre à l’examen médical le moins invasif et
le moins intrusif possible pour atteindre l’objectif de santé publique visé ;
b) se faire
vacciner ou se soumettre à une autre mesure de prophylaxie ; ou
c) se soumettre
à des mesures sanitaires établies supplémentaires qui permettent de prévenir ou d’endiguer la
propagation de la maladie, y compris l’isolement, la quarantaine ou le
placement en observation à des fins de santé publique.
Article 32 Traitement des voyageurs
Lorsqu’ils appliquent les mesures sanitaires prévues
par le présent Règlement, les Etats Parties traitent les voyageurs dans le
respect de leur dignité et des droits humains fondamentaux afin de réduire au
maximum l’inconfort ou la gêne pouvant être associés à ces mesures, notamment :
a) en traitant tous les voyageurs avec courtoisie et
respect ;
b) en tenant compte du sexe de la personne et des
préoccupations religieuses ou socio-culturelles des voyageurs ; et
c) en fournissant ou en prenant des dispositions pour
que soient fournis aux voyageurs placés en quarantaine ou en isolement, ou soumis à des examens médicaux ou à
d’autres mesures de santé publique, de la nourriture et de l’eau en quantité
suffisante, un hébergement et des vêtements appropriés, une protection pour
leurs bagages et autres effets personnels, un traitement médical approprié, les
moyens de communication nécessaires si possible dans une langue qu’ils
comprennent et toute autre assistance appropriée.
Article 42 Mise en oeuvre des mesures sanitaires
Les mesures sanitaires prises en vertu du présent Règlement sont mises en oeuvre et menées à bien sans retard et appliquées de manière transparente et non discriminatoire.
Article 45 Traitement des données à caractère
personnel
1. Les informations sanitaires recueillies ou reçues
par un Etat Partie d’un autre Etat Partie ou de l’OMS en application du présent
Règlement et qui se rapportent à une personne identifiée ou identifiable sont
tenues confidentielles et traitées de façon anonyme comme le prévoit la
législation nationale.
2. Nonobstant le paragraphe 1, les Etats Parties
peuvent divulguer et utiliser des données à caractère personnel si cela est
nécessaire pour évaluer et gérer un risque pour la santé publique, mais les
Etats Parties, conformément à la législation nationale, et l’OMS veillent à ce
que ces données :
a) soient traitées en toute impartialité et dans le
respect de la légalité et ne soient pas utilisées d’une manière incompatible
avec ce but ;
b) soient adéquates, pertinentes et n’excèdent pas ce
qui est nécessaire dans ce but ;
c) soient exactes et, s’il y a lieu, actualisées ; toutes les dispositions raisonnables doivent être prises pour garantir que les données inexactes ou incomplètes sont effacées ou rectifiées ; et
d) ne soient pas conservées plus longtemps qu’il n’est
nécessaire.
3. L’OMS fournit, dans la mesure du possible, à
l’intéressé qui en fait la demande les données à caractère personnel le concernant visées au présent article, sous
une forme intelligible, sans délais ou frais excessifs, et, si nécessaire,
permet d’y apporter des corrections.
Et si vous voulez plus d’information,
[1] http://www.who.int/gb/ebwha/pdf_files/WHA58/WHA58_3-fr.pdf
Polio : des illusions perdues à la quadrature du cercle
Selon la définition adoptée par l’Assemblée mondiale de la Santé en 1988, l’éradication de la polio signifiait l’élimination des types 1, 2 et 3 du poliovirus sauvage ainsi que l’interruption des moyens de lutte, c’est à dire la vaccination. Délibérément, cette définition écartait les 2 risques liés au vaccin polio oral (VPO), le seul utilisé pour la campagne d’éradication : le premier risque étant l’apparition de paralysies chez des vaccinés, le second étant lié à la circulation du poliovirus vaccinal capable de contaminer d’autres personnes et de redevenir paralysant. On considérait à l’époque que le virus vaccinal disparaîtrait rapidement de lui-même après l’arrêt de la vaccination orale… Cette croyance perdurera longtemps puisqu’en 2000 un numéro spécial polio du Bulletin de l'OMS émettait encore les trois opinions suivantes :
1- Le
virus transmis par le VPO ne circule probablement dans la population que pendant
une durée limitée, au maximum trois mois selon les données disponibles à
l'époque.
2- Les foyers épidémiques étaient toujours dus à des souches sauvages, et non à des souches dérivées des vaccins, suggérant que ces virus dérivés se transmettaient moins facilement que les souches sauvages.
3- Lorsqu'il y avait recombinaison avec d'autres entérovirus, c'est-à-dire échange de matériel génétique avec des virus de la même famille que le virus de la polio, ces virus recombinants devaient être peu virulents et « ne pas représenter une menace pour le programme d'éradication »
Les opinions sont une chose, la réalité en est une autre :
Alors que l'ensemble des Amériques était reconnu
indemne de polio depuis 1994, 21 cas de polio dont deux mortels ont été
déclarés en 2000 et en 2001 en république Dominicaine et à Haïti. Il fut établi
que les virus descendaient d'une seule dose de VPO administrée fin 1998. D'où
la conclusion que le virus issu du vaccin pouvait circuler au moins un an et
demi avant de redevenir pathogène, soit nettement plus longtemps que ce qu'on
croyait jusque là.
L'analyse génétique a renversé une autre
certitude : tous les virus analysés provenaient d'une recombinaison entre la
souche vaccinale et un entérovirus : le virus vaccinal s'était re-combiné
avec « au moins quatre différents entérovirus ». Contrairement aux attentes,
cette recombinaison a produit des virus qui, d'une part, étaient redevenus
pathogènes et, d'autre part, avaient retrouvé la capacité de se
transmettre facilement d'une personne à l'autre.
Des
chercheurs étudièrent d’anciens prélèvements de selles de malades atteints de
paralysie associée à la vaccination. Des virus provenant de prélèvements
effectués en Egypte chez 32 personnes victimes de poliomyélite associée à la
vaccination de 1988 à 1993 ont été analysés génétiquement. Le virus dérivé du
VPO avait commencé à circuler approximativement en 1982 et s'était donc propagé
pendant cinq ans dans la population avant de retrouver son pouvoir
pathogène. Ce virus a ensuite été transmis pendant cinq autres années avant
que des campagnes de vaccination n’en viennent à bout. Les cas de paralysie
correspondaient à dix chaînes de transmission.
Les cas égyptiens sont dus au type 2 du virus vaccinal, type dont la circulation sous forme sauvage a cessé dans le pays en 1979. Ils préfigurent le scénario auquel se prépare l'OMS pour les trois types de virus : quand les souches sauvages de type 1 et 3 auront été éliminées, comme le type 2 l'est à l'échelle planétaire, les cas de polio qui se produiront encore seront tous dus à des virus dérivés du VPO.
Selon les experts, en Egypte comme en république Dominicaine et en Haïti, la transmission du virus pendant des années a été possible parce que la couverture vaccinale de la population était faible. Ils affirmaient alors que dans une communauté bien vaccinée, le virus issu du VPO était dans l'impossibilité de trouver une chaîne d'individus susceptibles de transmettre l'infection. Pour eux, ces pays cumulaient deux handicaps expliquant ce phénomène: de mauvaises conditions d'hygiène et une couverture vaccinale insuffisante. D’autres épidémies dues à des poliovirus vaccinaux circulants ont été observées à Madagascar (2002) et en Chine (2004), pays qui étaient indemnes de polio à virus sauvage depuis plusieurs années.
Le Comité
consultatif sur l’éradication de la poliomyélite ( Genève, 22/09/04) reconnaît qu’“après l’éradication du poliovirus sauvage,
l’utilisation continue du vaccin antipoliomyélitique oral (VPO) pourrait
compromettre l’objectif d'un monde exempt de poliomyélite car l’utilisation
continue du VPO entraînera une augmentation prévisible de la poliomyélite due
aux poliovirus circulants dérivés d'une souche vaccinale. »
La stratégie
post-éradication vient d’être arrêtée : il a été décidé d’interrompre la
vaccination orale aussitôt après la proclamation de l’éradication de la polio à
virus sauvage. Si le recours au vaccin injectable(VPI) avait été envisagé pour
poursuivre les activités de vaccination, le coût et la difficulté d’emploi de
ce vaccin (utilisation d’aiguilles et personnel qualifié au lieu de
bénévoles formés en une heure pour le VPO) y ont fait renoncer pour les pays actuellement
endémiques : « l’OMS préconise aux pays utilisant le
VPO de ne pas commencer à utiliser le VPI pour la vaccination
systématique. »
Les campagnes de vaccination dans ces pays devraient donc se limiter à des campagnes ponctuelles et localisées autour des cas qui seraient observés, ce qui nécessite le maintien ou l’implantation d’une surveillance adéquat sur d’immenses régions. Les campagnes ponctuelles de vaccination se feront avec le VPO qui provoquera ainsi des polio chez des vaccinés et relancera la circulation du virus vaccinal, circulation contre laquelle il sera censé lutter…Après avoir affirmé qu’une couverture vaccinale insuffisante était à l’origine des épidémies par le virus vaccinal, l’OMS organise maintenant elle-même, par ses recommandations aux Etats concernés, la réduction de cette fameuse couverture vaccinale pour la phase post-éradication… L’OMS le sait et, confrontée à la quadrature du cercle, paraît presque déjà résignée à l’inévitable :
« Alors que le faible
taux de couverture de la vaccination systématique contribue probablement aux
conditions favorables à l’émergence des poliovirus circulants dérivés d’une
souche vaccinale et que les campagnes de vaccination de masse par le VPO ont
finalement arrêté chaque épidémie signalée, il semblerait que même les
progrès majeurs en matière de taux de couverture vaccinale systématique de la
poliomyélite ne permettront pas d'éviter les épidémies futures de poliomyélite
dues à ces facteurs »
La transmission du poliovirus sauvage ou vaccinal se fait, pour l’essentiel, par l’eau souillée par des excréments humains. Le pari lancé en 1988 était de vaincre ce virus par la seule vaccination sans chercher à maîtriser le problème des eaux usées. Ce pari pourra-t-il être gagné ? La question attend toujours sa réponse. En effet, en 2006 l’OMS a enregistré 1998 cas de polio à virus sauvage dans le monde dont 1124 au Nigeria et 676 en Inde.
Il a beaucoup été dit, y compris par l’OMS, que c’était l’opposition manifestée par des états du nord du Nigeria aux campagnes de vaccinations en 2003 qui avait empêché l’OMS d’annoncer la fin de la polio dans le monde. Mais les épidémies de polio au nord de l’Inde dans l’Uttar Pradesh notamment, la région la plus pauvre de l’Inde, sont sans rapport avec les épidémies au Nigeria. Les vaccinations dans ce pays n’auraient pas eu le pouvoir d’arrêter les épidémies du nord de l’Inde.
Mon propos n’est pas d’approuver pour autant les arguments qui ont été utilisés par les chefs de ces états du Nigeria pour justifier leur position antivaccinal comme par exemple de vouloir stériliser les populations ou de leur donner le sida par cette vaccination. Le vaccin polio oral présente par lui-même des inconvénients suffisamment importants pour ne pas aller chercher de tels arguments. Il peut en effet remettre en cause la possibilité d’éradiquer la polio avec en particulier des conséquences financières graves : en lançant son programme l’OMS faisait espérer aux états les plus pauvres de se libérer d’un fléau et de la charge financière associée aux moyens de lutte comme les vaccinations, la surveillance et les séquelles de la maladie. Même si l’OMS affirme toujours l’espérer, et on pourrait le souhaiter, rien ne permet de dire aujourd’hui que le pari financier sera gagné d’ici quelques années.
21 juin 2007
L'éradication de la variole
On croit généralement que la variole a été vaincue par la
vaccination. C’est très loin d’être vrai. On a voulu la vaincre par de vastes
campagnes de vaccination qui se sont avérées être des échecs. Il fallut
recourir à une stratégie bien différente qui consistait à pister le virus
individu par individu. Comment ? D’abord recherche active des malades en
interrogeant la population et en montrant des affiches de varioleux. Puis en
isolant le plus tôt possible les malades de façon rigoureuse. Puis en
recherchant les personnes contacts, généralement celles qui s’étaient rendu au
chevet du malade. On les surveillait et si leur température dépassait 38° on
les isolait. La maladie ne devenant contagieuse qu’à la phase d’éruption les
malades étaient ainsi isolés avant de devenir contagieux. Voilà la vraie clé de
l’éradication de la variole.
Pour
plus d’informations et de références lisez l’article sur l'éradication
de la variole [1].
Cette
stratégie ne fut pas au départ le fruit de recherches approfondies mais fut constatée fortuitement à la suite
d’une pénurie de vaccins : une équipe de vaccinateurs était en place en
Afrique pour mener des campagnes de vaccination contre la variole quand elle
fut appelée dans une région où sévissait une épidémie. Elle disposait de très
peu de vaccins, environ 2000 pour 250000 personnes. Le chef d’équipe décida
alors de palier à la pénurie en isolant les malades et en faisant de la surveillance
au lieu de passer partout pour vacciner. Quand les doses de vaccins arrivèrent
il n’y avait plus de variole.
Le chef
d’équipe en parla à un épidémiologiste du CDC d’Atlanta, Donald Henderson qui
en parla à l’OMS. C’est ainsi que naquit la stratégie dite de
surveillance-endiguement qui a permis à Henderson d’être considéré comme étant
celui qui a vaincu la variole.
[1] http://www.infovaccin.fr/l-eradication-de-la-variole.html
17 juin 2007
Méningite : un vaccin pour l'Afrique ?
Vaccins spécifiques pour la méningite en Afrique
La méningite pour tout dire je n’y
connais pas grand chose mais l’OMS vient de donner à cette maladie un relief
tout particulier en annonçant que dans quelques temps elle pourrait disposer
d’un vaccin très efficace et peu coûteux pour lutter contre la maladie là où
elle fait le plus de dégâts c’est à dire dans ce que les spécialistes nomment la ceinture africaine de la
méningite. Cette espérance a été annoncée par des communiqués
[1] et des publications
[2]. C’est donc une opportunité offerte à chacun de s’informer sur cette
maladie, son épidémiologie et sa préventions vaccinale. De plus, il va devenir
très intéressant de suivre cette affaire sur plusieurs années et de vérifier,
sans parti pris ni a priori, si les espérances affichées seront bien
concrétisées. Dans ce domaine beaucoup d’espoirs ont été déçus. Ainsi le
programme d’éradication de la polio : lancé en 1988 il promettait
l’éradication mondiale pour l’an 2000 ; elle fut d’abord repoussée à 2002
puis 2005 pour être réévaluée à la baisse en l’espérance d’une simple
élimination chaque année repoussée. J’aborderai ce sujet de l’éradication de la
polio dans quelques temps. Voici donc pour le moment l’affaire de la méningite
et de son futur vaccin destiné à l’Afrique.
Le méningocoque
L'aide mémoire [3] n°141 de l’OMS sur la méningite à méningocoques, c’est à dire celle
provoquée par une bactérie alors que d’autres méningites sont d’origine virale,
décrit la maladie, son mode de
transmission, son diagnostic, son traitement, son épidémiologie (elle touche
qui et où ?), la ceinture africaine de la méningite, la prévention par la
vaccination, la stratégie de l’OMS et les recommandations aux voyageurs.
La méningite est donc une
infection du liquide céphalorachidien qui entoure le cerveau et la moelle
épinière. La gravité de la maladie est très différente selon qu’il s’agit d’un
virus ou d’une bactérie : généralement peu grave, la méningite virale
disparaît sans nécessiter de traitement particulier ; par contre la
méningite bactérienne peut être très grave, causer des lésions cérébrales, une
surdité ou des troubles d’apprentissage.
Avant les années 1990,
l’Haemophilus influenzae tybe b (Hib) était la bactérie à l’origine du plus
grand nombre de cas. Les nouveaux vaccins utilisés assez massivement ont fait chuter leur nombre et ce sont
maintenant le Streptococcus pneumoniae et la Neisseria meningitidis
(méningocoque) qui sont les principaux agents responsables des méningites
bactériennes. Une question se pose alors : est-ce que ces 2 bactéries
occupent la première place simplement parce que la bactérie Hib l’a abandonnée
ou est-ce que ces 2 bactéries ont profité du vide laissé par la première pour
se développer ? Autrement dit y a-t-il plus de méningite aujourd’hui par
ces 2 bactéries qu’il n’y en avait par elles du temps de la prédominance du
Hib ? La réponse serait importante et intéressante. Je la pose donc.
Peut-être aurons-nous un jour une réponse.
Le méningocoque peut causer la
mort chez le nourrissons, l’enfant et le jeune adulte. Malgré le traitement
antibiotique, 10% des patients décèdent dans les 48 heures qui suivent
l’apparition des premiers symptômes. 10 à 20% des autres gardent des séquelles
permanentes telles que troubles neurologiques ou surdité.
Les méningites à méningocoque sont présentes dans
tous les pays de façon endémique, les principales victimes étant les enfants de
moins de 5 ans. Certains pays, dont la plupart sont classés « en voie de
développement » souffrent d’épidémies occasionnelles ou répétées. Les
principaux groupes pathogènes du méningocoque sont les types A, B, C,
W135 et Y. Si les groupes A, B et C sont responsables de la majorité des cas de
méningite dans le monde, le groupe A occasionne des flambées épidémiques dans ce
que l’on appelle la ceinture africaine de la méningite qui s’étend de
l’Ethiopie à l’est au Sénégal à l’ouest, avec une population à risque
supérieure à 400 millions de personnes. Ces épidémies peuvent atteindre des
proportions énormes. Lors des principales épidémies africaines, on peut
observer entre 100 et 800 cas pour 100 000 habitants, mais certaines
communautés fermées ont signalé des taux atteignant 1 cas pour 100. En
comparaison, l’incidence dans les pays développés est faible : elle se situe
en moyenne entre 1 et 3 pour 100 000 habitants.
C’est ce qu’on peut lire dans les documents précités
qui laissent penser que les causes seraient liées au développement insuffisant
de ces pays. Mais ils font état par ailleurs du lien avec la saison sèche et les
vents sahariens qui propagent l'agent pathogène sur de grande distances, donc des causes
physiques qu’aucun développement prévisibles ne pourra supprimer.
Limites des vaccins actuels
La prévention et le contrôle des épidémies de méningite, nous disent-ils, reposent actuellement sur une détection rapide de la maladie et sur la vaccination de masse de la population avec des vaccins polyosidiques. Ces interventions sont massives, coûteuses et perturbatrices car elles détournent des ressources déjà maigres qui pourraient être utilisées pour le contrôle d’autres maladies. Malheureusement, des observations récentes montrent que la vaccination de masse après le début d’une épidémie a peu de chance de prévenir plus de la moitié des cas. Ces vaccins ont en effet bien des limites : leur efficacité est très relative chez les enfants en bas âge, le groupe le plus à risque ; la durée de la protection est courte ; ils n’empêchent pas la transmission de la maladie dans la population ; ils peuvent être inefficace en cas de transmission par voie naso-pharyngienne ; des doses répétées de ces vaccins peuvent engendrer une hyporéactivité.
C’est dans ce contexte qu’est intervenu le communiqué
OMS du 8 juin 2007 faisant état de nouvelles données concernant les effets d'un
vaccin expérimental contre la méningite chez les enfants en Afrique de l'Ouest,
vaccin "qui devrait protéger les enfants africains et leur
communauté bien plus efficacement que tout autre vaccin actuel. Les
résultats préliminaires de leur étude, un essai de vaccin de phase 2, révèle
que le vaccin pourrait au bout du compte réduire considérablement l'incidence
des épidémies dans la "ceinture de la méningite,” qui regroupe les 21 pays
de l'Afrique sub-saharienne affectés. Conçu pour bloquer la transmission du dangereux
méningocoque du sérogroupe A, ce vaccin devrait étendre la protection aux
sujets non vaccinés, phénomène appelé immunité collective."
“Les projets d'avenir sont fort ambitieux, poursuit
le Dr LaForce directeur du Projet Vaccin Méningite en partenariat avec l’OMS et
le laboratoire, une fois l'étude de phase 2 terminée et le financement assuré,
nous prévoyons de procéder à une étude de démonstration l'année prochaine dans
un pays hyper-endémique où nous donnerons au vaccin une dimension de santé
publique en vaccinant la totalité de la population âgée de 1 à 29 ans. Si tout
continue à aller bien au cours de l'expérimentation et de l'étude de
démonstration, le nouveau vaccin, dont le prix sera de l'ordre de 40 cents la
dose, pourrait être introduit en Afrique d'ici deux ou trois ans.”
Des
vaccins spécifiques pour l’Afrique
Des recherches ont montré que si l’on associe une
protéine telle qu’une anatoxine diphtérique ou tétanique à un antigène
polyoside, le vaccin qui résulte de la conjugaison est plus efficace et procure
une plus longue protection. Ce procédé a déjà été utilisé dans la production de
trois vaccins contre le méningocoque du groupe C qui se trouvent actuellement
sur le marché britannique. Ces vaccins furent brevetés en 1999 et de récents
rapports affirment leur sûreté et leur efficacité à réduire le taux d’incidence
de la méningite C au Royaume-Uni. L’utilisation de cette technologie de
conjugaison permettrait de développer pour l’Afrique des vaccins polyosidiques
conjugués à une protéine porteuse qui auraient les propriétés qui font cruellement défaut aux vaccins non
conjugués : ils seraient immunogènes chez les jeunes enfants ;
procureraient une protection de longue durée ; créeraient une immunité de
groupe.
Prenant en compte ces différents facteurs, y compris
le fait que les méningocoques de serogroupe A sont en ce moment la cause
principale des méningites épidémiques et endémiques dans la ceinture
sub-saharienne, le Projet Vaccins Méningite (MVP) a décidé de développer un vaccin antiméningococcique conjugué contre le sérogroupe A
utilisable lors de campagnes de vaccination en Afrique.
Le vaccin n’a pas de marché en dehors de l’Afrique et ne pourrait être développé sans l’appui de MVP. Selon les estimations, il faudra produire 250 millions de doses de ce vaccin au cours d’une période de 10 ans afin de pouvoir immuniser toutes les personnes âgées de 1 à 29 ans.
Espérons
Je constate un fois de plus l’enthousiasme et la
grande confiance manifestés en faveur d’un vaccin encore en l’état de
préparation. L’éradication de la polio piétine alors qu’elle a été engagée avec
un excellent vaccin qui lui était reconnu avoir fait ses preuves.
L’éradication de la variole par un célèbre vaccin a connu bien des vicissitudes
et fut en définitive obtenue par une autre méthode
visant à rechercher activement les malades ainsi que leurs contacts et à les
isoler. Ce futur nouveau vaccin contre la méningite en Afrique aura sans doute
sa part d’inconvénients. Souhaitons seulement pour les populations africaines
qu’elle ne sera pas trop importante et que le jeu en vaudra la chandelle.
Affaire à suivre… sur une longue durée…
Liens
http://www.who.int/mediacentre/news/releases/2007/pr28/fr/print.html communiqué OMS 8/06/07
http://www.meningvax.org/francais/fr-limitations-vaccines.htm MPV Projet Vaccins Méningite en partenariat avec l'OMS
http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs141/fr/ aide mémoire OMS n° 141
http://www.meningvax.org/files/press-0603-improved-fr.htm Communiqué OMS, MVP 15/03/ 06
http://www.seruminstitute.com/ Laboratoire Serum Institut of India LTD
13 juin 2007
Autisme et vaccins : débat relancé
Entendu ce matin 13 juin 2007 sur Europe 1 : alors que l’augmentation de l’autisme chez les enfants américains est très importante puisqu’il touche aujourd’hui 1 enfant sur 150 et que les scientifiques ont soutenu qu’il n’y avait aucun lien avec les vaccins pédiatriques, 3 juges ont été saisi de 5000 plaintes de familles. Ils ont décidé de traiter les 5000 plaintes ensemble dans un gigantesque procès où des dizaines de scientifiques vont débattre pendant des mois pour savoir s’il existe un lien entre le mercure contenu dans le thimerosal contenu dans les vaccins jusqu’en 1999.
Les vaccinations pédiatriques sont obligatoires aux Etats-Unis pour la scolarisation des enfants et s’il existe un lien, même ténu, les juges condamneront l’état fédéral à payer pendant toute leur vie les soins nécessaires à ces enfants.
La décision des trois juges d'une cour spéciale de Washington,
compétente pour juger la responsabilité du gouvernement fédéral,
pourrait conduire de nombreux parents aux Etats-Unis, voire dans le
reste du monde, à décider de ne pas faire vacciner leurs jeunes enfants
contre la rougeole, les oreillons et la rubéole, les trois vaccins
incriminés.
En revanche, pour les Centres de contrôle et
de prévention des maladies (CDC), une victoire des plaignants pourrait
rendre malades, voire tuer des dizaines de milliers d'enfants.
L'un
des trois juges, Gary Golkiewicz, a expliqué à des médias américains
qu'il mesurait les implications de cette affaire. Mais, a-t-il dit, la
mission de ce tribunal est seulement de décider si les plaignants
établissent ou non un lien plausible entre les vaccins et l'autisme.
Cependant, nombre de parents affirment que leurs enfants ont commencé à présenter des symptômes après la vaccination.
A contrario le lecteur pourra se rendre par exemple sur http://autisme-info.blogspot.com/search/label/mercure
pour apprécier la défense de ceux qui soutiennent la coïncidence.
L'association
"Autism Society of America" soulignait lundi sur son site internet que
même les CDC ont des doutes puisqu'ils se sont prononcés pour effectuer
des recherches supplémentaires sur cette question.
09 juin 2007
BCG : communiqué important de la SFSP
Le 8 juin la Société française de santé
publique (SFSP), association reconnue d’utilité publique tenait son assemblée
générale. Elle fut ponctuée par une conférence-débat sur l’audition BCG et la
levée de l’obligation. Elle était animée par François Bourdillon, médecin à la
Salpétrière, président réélu de la SFSP, organisateur de l’audition de novembre
sur le BCG, co-rapporteur de la commission d’audition et par Jean-Louis San
Marco, professeur de santé publique à la Timone à Marseille, président de cette
commission.
Cette conférence a été ponctuée par un communiqué
de presse de la SFSP destiné à demander
instamment aux pouvoirs publics de prendre très rapidement une décision
concernant l’obligation de la vaccination BCG. Voici ce communiqué :
Vaccination par le BCG, il est
urgent de prendre une décision et de communiquer
La Société française de santé publique (SFSP) a
organisé les 13 et 14 novembre 2006 une audition publique sur la levée de
l’obligation vaccinale par le BCG chez les enfants. Un rapport de synthèse et
des recommandations ont été remis au Directeur général de la santé et au
ministre de la Santé. Ce rapport prenait en compte de nombreux éléments :
l’utilisation depuis janvier 2006 d’un nouveau vaccin : le BCG SSI, l’analyse
bénéfice – risque de la vaccination, les contraintes opérationnelles de cette
vaccination, les données épidémiologiques de tuberculose, les politiques
vaccinales européennes, les avis d’experts, enfin les avis éthiques du CCNE
et de la HALDE. Ce rapport a été présenté au comité technique des vaccinations
et au conseil supérieur d’hygiène publique de France qui ont émis,
le 9 mars 2007, un nouvel avis tenant en compte des nouvelles propositions.
La Société française de
santé publique considère que cet avis doit permettre au ministre de prendre une
décision. Les experts se sont réunis, des débats publics ont été organisés. Il
faut dorénavant trancher. La situation actuelle dans laquelle prévalent une
obligation vaccinale, une couverture vaccinale par le BCG qui chute et
l’absence d’information des parents et des professionnels de santé, est
délétère en termes de santé publique.
La société française de santé publique qui consacre
le thème de son assemblée générale du 8 juin 2007 à la question de la levée de
l’obligation vaccinale demande au nouveau ministre de la Santé de prendre
très rapidement une décision concernant l’organisation et le cadre légal de la
vaccination par le BCG. Elle demande également que le programme de lutte contre
la tuberculose élaboré en 2006 par la Direction générale de la santé en
partenariat avec de nombreux experts soit annoncé et mis en œuvre.
Ce programme donne de la cohérence à la lutte
antituberculeuse ; ces axes et actions permettront de réduire l’incidence de la
tuberculose qui reste dans notre pays, une affection préoccupante.
Rappelons que la loi de santé publique d’août 2004 a placé la
lutte contre la tuberculose parmi les
priorités de santé publique, en l’inscrivant parmi ses
100 objectifs. Il s’agissait d’ici à 2008 de « stabiliser
l’incidence globale de la tuberculose en renforçant
la stratégie de lutte sur les groupes et zones à risque ».
06 juin 2007
Coqueluche : Pourquoi faut-il vacciner les adultes ?
D'abord un bonjour tout particulier aux premiers
visiteurs de ce blog. Pourquoi l'avoir crée ? D'abord sur l'insistance d'une
amie qui, recevant par mail les informations que je glane depuis plusieurs
années, insistait pour que je les mette en ligne.
Hier, au magazine de la santé, sur la Cinq, la coqueluche
était le thème principal et cet événement m'a fait franchir le pas. Une représentante de l'Institut Pasteur va exposer
très clairement le phénomène devenu maintenant classique avec les vaccinations
contre la rougeole, la rubéole,l es oreillons et qui se produirait aussi avec la
varicelle si on vaccinait trop : on prendrait alors le risque de provoquer des zonas à l'âge
adulte. Comme disait un expert aux journées de veille sanitaire des 29-30
novembre 2005 : "avec la vaccination contre la varicelle on joue avec
le feu".
Mais avec la coqueluche et sa vaccination beaucoup plus ancienne on a peut-être aussi joué avec le feu et le premier résultat est que des nourrissons sont contaminés très jeunes, avant d'avoir pu être vaccinés, et sont ainsi mis en danger de mort en risquant de s'étouffer au cours d'une quinte : c'est ce que racontait une maman sur leblogbebe (Aude 29 avril [1]), son enfant ayant fait une coqueluche à 2 mois et ayant failli en mourir. La maman culpabilisait de ne pas l'avoir fait vacciné mais ce n'était pas possible et, épidémiologiquement parlant, ce sont les vaccinations collectives qui ont crée ce phénomène. Comment ?
Avant la vaccination, le bacille de la coqueluche
circulait parmi les enfants scolarisés qui faisaient des coqueluches
désagréables, parfois suivies de complications pouvant certes être graves. Les
adultes étaient ainsi régulièrement recontaminés par le bacille circulant parmi
les enfants. Ils restaient ainsi immunisés toute leur vie. Après un épisode
vaccinal pratiqué sur plusieurs décennies et où le vaccin contre la coqueluche a aussi provoqué de graves complications, le bacille a moins circulé parmi les
enfants, les adultes étaient ainsi plus rarement recontaminés et certains ont pu
perdre leur immunité. Ils peuvent ainsi faire des coqueluches particulièrement
redoutables pour les vieillards et peuvent contaminer les nourrissons (souvent
leur propre enfant). C'est très grave pour les nourrissons et imparable, il faut
les hospitaliser pour les assister par une aide respiratoire pendant les
quintes, les médicaments n'étant efficaces que s'ils sont administré très tôt.
La solution : vacciner les adultes ! Cette vaccination est maintenant systématiquement pratiquée sur le personnel médical. Bientôt on en arrivera à la recommander dans les maisons de retraite...quand nous y serons !!! Il fut dit à cette émission qu'il a fallu produire un autre vaccin pour les adultes car celui pour les enfants était beaucoup trop dangereux pour eux.
Une chose est claire : la vaccination n'a nullement éliminé le bacille. Elle a déplacé le problème.
Même phénomène avec la vaccination contre la rougeole qui conduira inexorablement, tôt ou tard, à préconiser des rappels à l'âge adulte. En vaccinant les enfants on augmente dans un premier temps l'immunité collective car l'immunité vaccinale s'ajoute à celle acquise par la maladie pour les plus âgés. Mais au bout d'un moment tout change quand le vaccin doit assurer seul l'immunité de toute la population de zéro à 100 ans. On sait qu'il ne pourra pas le faire. "Nous n'atteindrons pas le seuil d'éradication de la rougeole" affirma un expert aux journées veille sanitaire 2005.
Voici un lien en correspondance : http://maladiedegaucher.canalblog.com/archives/vaccins/index.html
Voilà donc ce premier message. Vos commentaires
permettront de l'étoffer et de le préciser. Alors MERCI d'avance à tous pour
votre participation !
Bernard